
Barack Obama, candidat à l'investiture démocrate, bénéficie de la protection des services secrets américains depuis mai 2007, protection qui s'est renforcée au fil des primaires, alors que s'affirmaient ses chances de remporter les élections. D'ordinaire, seul un président en exercice est ainsi couvé.
Beaucoup s'inquiètent : cela cache-t-il une menace spécifique sur le sénateur de l'Illinois ? Il a beau tenter de rassurer ses supporters – « n'ayez pas peur, j'ai la meilleure protection possible » –, ce ne serait pas la première fois que le pays serait le témoin d'un assassinat politique... Chacun se souvient de 1968, année noire s'il en fut, au cours de laquelle Martin Luther King et Robert Kennedy ont été éliminés à deux mois d'intervalle. En demandant sa protection spéciale, le Démocrate noir Bennie Thompson, président de la commission de la sécurité intérieure à la Chambre des représentants, avait précisé qu'il le faisait « en tant qu'Afro-américain témoin, en son temps, lors du mouvement pour les droits civiques, des manifestations de haine qui avaient conduit à l'assassinat de Martin Luther King et du candidat Robert Kennedy ». C'est d'ailleurs l'assassinat de ce dernier qui avait amené le Congrès à autoriser la protection des principaux candidats à la présidence et à la vice-présidence US.
Robert Kennedy était le ministre de la Justice et le plus proche collaborateur de John F. Kennedy, lorsque ce dernier a été assassiné le 22 novembre 1963 à Dallas (Texas). Cinq ans plus tard, en 1968, il s'était lancé dans les primaires du Parti démocrate. Le 5 juin 1968, le soir d'une victoire en Californie, il fut la cible de plusieurs coups de feu et ne survécut pas. Deux mois auparavant, le 4 avril, Martin Luther King avait été tué à Memphis (Tennessee).
Après les primaires dans l'Oregon et dans le Kentucky, Barack Obama a revendiqué la majorité absolue des délégués élus lors des votes dans le camp démocrate. Il n'est plus très loin de l'investiture du parti en vue de la présidentielle. De son côté, la sénatrice de New York Hillary Clinton ne cesse de répéter que « les résultats sont parmi les plus serrés de l'histoire des primaires démocrates ». |