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Barack Obama (né en 1961), 44ème président des Etats-Unis d’Amérique (2/2)
03/02/2009
 

Né d’un père kenyan et d’une mère américaine, élevé à Hawaii et en Indonésie, travailleur social, avocat devenu sénateur des Etats-Unis, Barack Hussein Obama est officiellement devenu le premier président noir des Etats-Unis le 20 janvier 2009. Un accomplissement qui le place d’ores et déjà à une place d’exception dans l’histoire. Ce second volet retrace les étapes de son ascension du sénat local jusqu'à la maison blanche
 
Par Paul Yange
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1996 : l'entrée au sénat local de l'Etat de l'Illinois et la brouille avec Alice Palmer
Barack Obama dans le South Side lors de sa première campagne pour le sénat local  
Barack Obama dans le South Side lors de sa première campagne pour le sénat local
 

Cette même année 95, un scandale touche Mel Reynolds un représentant de l’Illinois au congrès. Pressentant sa démission prochaine, plusieurs personnalités politiques locales sont candidates à son remplacement. Parmi ces candidats figure une afro-américaine du nom d’Alice Palmer. Cette dernière est une sénatrice locale, au sein du sénat de l’Etat de l’Illinois et aspire à un mandat sur le plan national. Barack Obama va voir Toni Preckwinkle, une afro-américaine membre du conseil municipal de la ville de Chicago et lui fait part de son envie de remplacer Alice Palmer.

Je ne me rappelle plus exactement ce qui m'avait frappé, mais j'ai été époustouflée et j'ai dit à plusieurs personnes que ce jeune qui avait à l'époque 30 ans, serait un jour président, notre premier président noir
Bettylu Saltzman, citée dans le New Yorker, juin 2008


Preckwinkle apporte rapidement son soutien à Obama. Cependant, l’aventure tourne court pour Alice Palmer (Jesse Jackson Jr emporte le siège) qui est battue et désire revenir sur la promesse faite à Obama de lui céder son siège de sénatrice d’Etat. Plusieurs personnalités de la communauté noire de Chicago proches de Palmer demandent à Barack Obama de lui "rendre" son siège. Ce dernier contre toute attente refuse. Palmer maintient sa candidature et arrive à rassembler en peu de temps assez de signatures pour être candidate. Obama et son équipe vont vérifier les signatures et constatent qu’un grand nombre d’entre elles peuvent être invalidées car l’identité des signataires est douteuse.

La candidature de Palmer est effectivement invalidée. Dans la foulée, Obama vérifie également les signatures rassemblées par les autres candidats. La conclusion est la même que pour Alice Palmer. Il arrive à faire invalider les autres candidatures. Au final, il est élu sénateur local au sénat de l’Illinois en étant le seul candidat. Si cet épisode lui vaut un certain respect dans les cercles politiques de Chicago (il montre que dans une certaine mesure, il n’est pas prêt à se laisser faire), ses relations avec Alice Palmer se détériorent (cette dernière sera aperçue aux côtés du clan Clinton lors des primaires démocrates). Cependant, Palmer reconnaitra dans un entretien au Chicago Tribune qu'Obama lui avait demandé si elle souhaitait garder ouverte l'option de pouvoir se représenter au sénat local, proposition qu'elle avait décliné lui assurant qu'elle était candidate au congrès.

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2000 : la défaite cuisante face à Bobby Rush dans la course au congrès des Etats-Unis : ''le black panther contre le professeur''
Dans le sens des aiguilles d'une montre : Toni Preckwinkle, Carol Mosely Braun, Bobby Rush et Alice Palmer  
Dans le sens des aiguilles d'une montre : Toni Preckwinkle, Carol Mosely Braun, Bobby Rush et Alice Palmer
 

En 1999, Barack Obama décide de se porter candidat au poste de représentant de l’Illinois au congrès des Etats-Unis. Il a en effet cru voir une opportunité dans la défaite de Bobby Rush, le titulaire du poste, lors de la course à la mairie de Chicago. Bobby Rush est un ancien black panther que plus de 40 années de militantisme ont rendu très populaire dans la communauté noire, ce qui lui a permis de se reconvertir en politique. (Rush a pris la succession de Fred Hampton à la tête des black panthers de l’Illinois lorsque celui-ci fut abattu par la police et le FBI en 1969). S’il s’est fait battre lors de la course à la mairie de Chicago, il demeure bien implanté dans son district du South Side, très largement composé d’une population afro-américaine qui lui est acquise.

Obama se lance dans la bataille. Mais la campagne est difficile. Lorsqu’il entre dans la course, il s’aperçoit après un sondage que le taux de notoriété de Bobby Rush auprès des électeurs est de 90% alors que le sien n’est que de 11%. Par ailleurs, Obama qui est assez idéaliste, n’a sollicité le soutien d’aucune personnalité politique, ce qui est un handicap d’autant qu’il est inconnu. Le duel entre les deux hommes est rapidement présenté comme le duel entre le "black panther" et le "professeur". Rush questionne l’expérience d’Obama qui n’a que 38 ans, son engagement en faveur de la communauté noire et sa connaissance du combat menés par les Noirs : "Qu’a-t-il déjà fait" dit-il au sujet d’Obama dans un débat qui les oppose sur une chaîne de télévision locale.

je garde un souvenir cuisant de ma seule défaite à ce jour en politique, une raclée face au sortant démocrate Bobby Rush en 2000
Barack Obama, L'audace d'espérer


Autre thème complémentaire utilisé par Rush et qui réapparaitra plus tard est celui du "Is he black enough" ("est-il assez noir ")...Il est vrai que le contraste entre un Rush autodidacte et ancien Black Panther et un Barack Obama chez qui les électeurs ne voient qu’un diplômé de Harvard est assez saisissant. Les accusations d’élitisme pleuvent, et les soutiens de Rush iront même jusqu’à dire d’Obama : "il est vu comme un homme blanc à la peau noire parcequ’il est lié à Harvard et à l’université de Chicago, deux bastions du pouvoir blanc".

Une défaite instructive
Barack Obama reconnaissant sa défaite face à Bobby Rush en mars 2000  
Barack Obama reconnaissant sa défaite face à Bobby Rush en mars 2000
© ap
 

La thématique utilisée par Rush trouve un écho auprès de ses électeurs et Obama est littéralement écrasé en mars 2000 : Bobby Rush conserve son siège de représentant du district au congrès des Etats-Unis avec environ 65% des voix. Le coup est sévère pour Barack Obama qui songe un moment à arrêter la politique. A postériori cependant, certains de ses proches disent qu’être battu n’a finalement pas été une mauvaise chose pour lui. Selon Dan Shomon, son directeur de campagne lors de cette élection, une victoire dans ce district aurait pu le cantonner dans la défense de thématiques afro américaines et réduire sa capacité à attirer une base plus large d’électeurs.

De plus, malgré la défaite, il a fait preuve d’une bonne capacité à lever des fonds (600 000 dollars levés pour un débutant), et a aussi pu constater que son profil passait bien auprès d’électeurs blancs. Sa capacité d’attraction va donc au-delà de la communauté noire. L’épisode révèle aussi selon le New York Times sa grande confiance en lui, son impatience et la frustration d’être cantonné au sénat local, de même que la capacité d’apprendre de ses erreurs. En 2003, Obama qui s’est remis de sa défaite, souhaite cette fois-ci se présenter au sénat des Etats-Unis. Il pense qu’il peut battre le sénateur sortant Peter Fitzgerald. Une réunion se tient avec ses proches et ses relations au sein de la communauté noire (Marty Nesbitt, Valerie Jarett, John Rogers...), au cours de laquelle il apprend à tout le monde son désir de se porter candidat au sénat des Etats-Unis.

Sur les premiers 500 000 dollars que j’ai collectés pendant la primaire, près de la moitié provenait d’hommes d’affaires et de membres noirs des professions libérales
Barack Obama, au sujet de sa candidature au sénat des Etats-Unis


Les premières réactions sont empreintes de scepticisme. Valerie Jarrett, à la fois amie et mentor d’Obama, qui a embauché Michelle Obama à la mairie de Chicago une dizaine d’années plus tôt, lui dit que s’il perd à nouveau, il sera difficile pour lui de poursuivre une carrière politique. Les autres personnes présentes (Marty Nesbitt, Quentin E Primo III etc) sont du même avis. Finalement, Obama réussit à les convaincre, et ces derniers mettent la main à la poche, ce qui lui permet de réunir les premiers fonds nécessaires à sa course au sénat. Une aide capitale pour lui. Dans son livre "L’audace d’espérer", Obama écrira d’ailleurs : "Sur les premiers 500 000 dollars que j’ai collectés pendant la primaire, près de la moitié provenait d’hommes d’affaires et de membres noirs des professions libérales".

2004 : la campagne pour l'élection au sénat des Etats-Unis
Trois amis proches de Barack Obama : Marty Nesbitt, Valerie Jarrett, et Eric Whitaker. Jarrett est actuellement conseillère de Barack Obama à la Maison Blanche  
Trois amis proches de Barack Obama : Marty Nesbitt, Valerie Jarrett, et Eric Whitaker. Jarrett est actuellement conseillère de Barack Obama à la Maison Blanche
 

Mais pour pouvoir se présenter, Obama a besoin d’être certain que Carol Mosely Braun, qui a montré qu’être noir et devenir sénateur était possible en étant élue sénatrice des Etats-Unis en 1992, ne se représente pas. Sa présence serait en effet un handicap quasi insurmontable pour lui : elle est plus connue, ils auraient la même base de donateurs, la même base d’électeurs dont les voix seraient divisées. Après quelques mois de réflexion, Mosely Braun annonce qu’elle est candidate...à la course à la Maison Blanche. La voie est donc libre pour Barack Obama. Entre temps, il a revu certains de ses principes. Extrêmement critique vis-à-vis de la classe politique de Chicago, Obama a compris qu’il doit néanmoins se rapprocher d’elle pour être élu sans néanmoins perdre son indépendance. D’autant que le système politique de Chicago est fait d’alliances, de réseaux difficiles à pénétrer pour quelqu’un qui n’est pas recommandé. Ainsi, l'actuel maire de Chicago Richard M Daley, est le fils de l'ex-maire de Chicago, Richard J Daley.


-Vous avez le pouvoir de faire de quelqu'un un sénateur des Etats-Unis.
-Ah Bon, et connaissez-vous quelqu'un dont je pourrais faire un sénateur ?
-Moi
Conversation entre Barack Obama et Emil Jones Jr


Emil Jones Jr, un homme politique afro-américain président du sénat local, devient ainsi un mentor pour Obama, et l’aide à faire passer certaines lois importantes, comme celle qui rend obligatoire l’enregistrement en vidéo de confessions de criminels. En avril 2003, Fitzgerald, le sénateur sortant, annonce qu’il ne se représente pas, ce qui signifie qu’il n’y a pas de candidat sortant et que la course à l’investiture démocrate pour ce siège de sénateur est très ouverte. De fait, sept candidats démocrates y compris Obama se présentent. Deux se démarquent : Dan Hynes et Blair Hull un ancien banquier extrêmement riche. Sa présence permet à Obama de bénéficier d’une loi qui relève à 12 000 dollars (au lieu de 2000) le plafond de dons qu’il peut recevoir de la part d’un seul donateur.

Le discours de la convention démocrate de 2004
Barack Obama en campagne en 1996  
Barack Obama en campagne en 1996
© http://graphics8.nytimes.com
 

En février 2004, Blair Hull est accusé de violence domestique lorsque des extraits de procès verbaux de son divorce sont publiés. Hull ne renonce par à la course pour autant et finit avec 10% des votes. Dan Hynes est devancé par Obama qui arrive en tête avec 53% des votes. Un des éléments remarquables de sa victoire dans la primaire au sénat est qu’il se comporte bien avec toutes les catégories d’électeurs. Il arrive ainsi en tête dans des quartiers de Chicago où il n’y pas d’électeurs noirs, et où Harold Washington (le premier maire noir de Chicago ndlr) avait été très mal accueilli et ne s’était pas imposé malgré sa victoire en 1983. Après la primaire, Obama doit maintenant affronter le républicain Jack Ryan. Le parti démocrate prend note et envisage de donner la possibilité à Obama de s’exprimer lors de la convention démocrate 2004 qui doit investir John Kerry, le candidat démocrate.

On dit ouvertement de lui à Chicago qu'il sera le premier président noir du pays
Richard Norton Smith commentant le discours de Barack Obama à la convention démocrate de 2004 sur la chaine PBS


Lorsqu’il apprend que son nom circule comme possible orateur lors de cette convention démocrate, Obama se montre sceptique. Mais son nom figure effectivement sur la liste et John Kerry qui a eu l’occasion de le voir à l’œuvre lorsqu’il faisait campagne dans l’Illinois en cette année 2004 a donné son feu vert. David Axelrod qui conseille Obama a plaidé sa cause auprès de l’establishment du parti en disant qu’il était une figure "transcendante" qui pouvait prôner un message d’unité et venait de remporter une victoire spectaculaire dans la primaire sénatoriale.

D’autres personnalités comme la consultante afro-américaine Donna Brazile (ex-directrice de campagne de Al Gore) ont fait un lobbying discret pour qu’il puisse être choisi. Par ailleurs, les républicains à cette époque avaient la majorité des sièges au sénat (51 contre 48) et les démocrates avaient besoin du futur siège d’Obama au sénat. De son côté, Obama avait besoin de soutien du parti face au candidat républicain. Tous ces éléments contribuèrent à sa désignation comme orateur lors de la convention.

En compagnie d'un de ses mentors, Emil Jones Jr, président du sénat local dans l'Illinois. Jones aida Obama à faire passer des lois importantes  
En compagnie d'un de ses mentors, Emil Jones Jr, président du sénat local dans l'Illinois. Jones aida Obama à faire passer des lois importantes
 

Le jour "J" il prononce un discours mémorable de 17 minutes qui lui vaut les acclamations des ténors du parti démocrate massés dans les tribunes, comme Hillary Clinton ou Jesse Jackson. Obama évoque son parcours personnel, ses origines, parle de l’Amérique comme du pays où tout est possible et prône l’union quand l’heure est à la division. En à peine un quart d’heure, il se fait connaitre des Américains et des dirigeants du parti. Neuf millions de personnes l’ont vu s’exprimer grâce à la télévision.

A la fin du discours, une brochette de journalistes spécialisés commentant le discours s’extasient devant la performance d’Obama qui est comparée à celle d'un Tiger Woods sur les terrains de golf. Certains n’en reviennent pas que celui qui a réalisé cette prestation étourdissante ne soit qu’un sénateur local. Un autre commentateur évoquant la région de Chicago affirme qu’on y parle ouvertement de Barack Obama comme du "premier président noir" et ajoute qu’Obama "va aller loin".

Une fois que Barack Obama a prononcé son discours de la convention démocrate 2004, nous n'avons plus jamais eu à lui ouvrir de porte
Donna Brazile, Ebony, janvier 2009


Ce discours donne à Obama le coup de pouce dont il avait besoin pour être connu. L’affluence à ses meetings s’accroit et il devient le favori. Lors des premiers meetings suivant son discours, plus de 500 personnes au lieu des 100 attendues se pressent pour l’écouter. Craig Robinson, son beau-frère confiera au Washington Post qu’après ce discours, "marcher avec Barack c’était comme marcher avec Michael Jackson". Un consultant politique ajoutera qu’après le discours, il ne s’agissait plus pour Obama de lever des fonds, mais simplement de les collecter.

La victoire finale à l'élection sénatoriale avec 53% des voix
Le fameux discours de la convention démocrate 2004  
Le fameux discours de la convention démocrate 2004
 

Après un nouveau rebondissement (Jack Ryan, le candidat républicain quitte la course au sénat à la suite d’un scandale sexuel) le parti républicain, qui n’a personne sous la main, envoie à un mois du vote un candidat noir diplômé d’une grande université, Alan Kayes qui a donc en apparence un profil similaire à celui d’Obama. Il est certes intelligent, mais arrogant et parachuté à la dernière minute, il ne pourra pas faire barrage à Barack Obama qui est élu haut la main sénateur de l’Etat de l’Illinois avec 70% des votes. Sa belle victoire fait de lui une star au sein du parti démocrate, et les médias ne tardent pas à le qualifier "d’étoile montante" du parti.

Maintenant c'est à vous de reprendre le flambeau
Ethel Kennedy, veuve de Robert Kennedy, à Barack Obama lors des funérailles de Coretta Scott King en 2006


George Bush reçoit les sénateurs nouvellement élus parmi lesquels Barack Obama à qui il dit qu’il est promis à un très brillant avenir. Dans les sondages, les mots qui reviennent désormais à l’évocation du nom "Barack Obama" sont "neuf, jeune, charismatique, intelligent". Le fait qu’Obama soit noir, assume son héritage noir sans y être limité, et le fait qu’il puisse représenter une réconciliation raciale au sein d’une société américaine en proie à des conflits raciaux est également attractif pour les électeurs.

Obama prend ses fonctions au sénat, avec une stratégie bien arrêtée sur deux ans. Tom Daschle, ex-leader du parti démocrate au sénat, lui "prête" son ancien directeur de cabinet, Pete Rouse, qui du fait de son expérience des arcanes de l’illustre chambre est souvent surnommé le 101ème sénateur. La stratégie d’Obama, consiste durant les deux premières années à faire son apprentissage, se présenter comme un sénateur sérieux, à capitaliser sur l’intérêt que lui portent les médias et le public sans être individualiste, à éviter les sujets controversés, à éviter de faire "du Al Sharpton", c'est-à-dire être le porte-parole de la communauté noire et à voir s’il y a une ouverture pour lui pour une candidature à la présidence.

La candidature à la présidentielle
 
 

L’année 2006, sa deuxième année au sénat, se révèle faste pour lui avec la publication de son livre "l’audace d’espérer", qui est un bestseller tandis que sa côte de popularité est à son zénith, aussi bien chez ses collègues que dans l’opinion. On commence à parler de lui comme d’un possible vice-président des Etats-Unis. Lors de ses déplacements, ce sont des foules en délire qui assistent à ses meetings. Obama profite de sa popularité pour aider certains de ses collègues qui doivent se faire réélire. Il se rend sur le continent africain, au Kenya, puis en Afrique du Sud, au Soudan et au Tchad. A Nairobi, il est suivi par des milliers de personnes à chacun de ses déplacements.

Sa popularité le pousse à envisager sérieusement de se porter candidat à la présidence. Il prend donc conseil auprès de diverses personnalités. Tom Daschle l’encourage à se présenter et à ne pas laisser passer son tour car, lui dit-il, une configuration pareille ne se reproduira pas forcément quatre ans plus tard. De plus, pour Daschle, le fait de passer peu d'années au sénat est un avantage car son bilan ne pourra pas être utilisé contre lui. Daschle lui demande également de s’interroger sur les conséquences : est-il prêt à voir sa femme être attaquée par les républicains ? Vernon Jordan, avocat influent proche de Bill Clinton de son côté conseille à Obama de ne pas se présenter.

J'ai toujours su que Barack Obama possédait le tempérament et les qualités pour être un bon président. La question était de savoir s'il serait un bon candidat
David Plouffe, directeur de la campagne de Barack Obama


Pour lui, il y a un temps pour tout et le temps d’Obama n’est pas encore venu. Il dit cependant à Obama qu’il le soutiendra si jamais il gagne la primaire. A un de ses amis qui lui dit qu’il pense que les Américains ne sont pas prêts à élire un président noir, Obama répond que s’ils ne sont pas prêts maintenant, ils ne le seront pas de son vivant. Conclusion : il ne sert à rien de reporter sa candidature et autant y aller le plus tôt possible.

Penny Pritzker a été directrice des finances de la campagne de Barack Obama  
Penny Pritzker a été directrice des finances de la campagne de Barack Obama
© http://latimesblogs.latimes.com
 

Obama rencontre également Penny Pritzker via son ami Marty Nesbitt. Cette dernière est une femme d’affaires de Chicago, classée 135ème fortune américaine par Forbes en 2007 (la fameuse chaîne d’hôtels américaine Hyatt appartient par exemple à la famille Pritzker). Elle dit sans ambages à Obama que ses points faibles sont son inexpérience en matière de sécurité nationale et le fait qu’il n’ait pas occupé de poste de direction de grande envergure. Elle accepte néanmoins de le soutenir et de lui ouvrir son carnet d’adresses. Elle jouera un rôle important dans la campagne présidentielle puisqu’elle sera la directrice des finances de la campagne de Barack Obama.

Le révérend Alvin Love qu’Obama connaît depuis ses années à Chicago l’encourage à se présenter en lui disant qu’il faut battre le fer tant qu’il est chaud. "Le fer n’a jamais été aussi chaud" répond ce dernier. Il en discute avec son épouse Michelle (initialement sceptique) et ses conseillers, et finalement, la décision est prise. Axelrod, Gibbs et Plouffe estiment notamment qu’il sera plus facile pour lui d’être candidat alors qu’il a de jeunes enfants qui seront peu affectés par l’événement.

Ma candidature n'est pas une candidature symbolique. Il y a déjà eu des candidatures symboliques par le passé, ça ne m'intéresse pas
Barack Obama annonçant lors d'une interview en octobre 2007 qu'il était là pour gagner


David Plouffe, directeur de la campagne d’Obama, donnera un aperçu complémentaire de la situation à l’époque dans une interview post campagne présidentielle : "j’ai toujours cru qu’il –Barack Obama- avait les capacités intellectuelles, la personnalité et le tempérament pour être un bon président. La grande question était en fait de savoir s’il pouvait être un bon candidat car c’est quelque chose de très éprouvant. Il ne s’était jamais rendu dans l’Iowa, ni dans le New Hampshire, n’avait pas de base pour lever des fonds. Il avait de jeunes enfants qu’il ne verrait pas très souvent".

Avec sa (demi) soeur Auma et sa grand-mère Sarah Obama  
Avec sa (demi) soeur Auma et sa grand-mère Sarah Obama
 

En février 2007, Barack Obama annonce officiellement à Springfield, capitale de l’Illinois, qu’il est candidat à la présidence des Etats-Unis. Il reconnaît lui-même qu’il est "un peu présomptueux de se lancer dans la course à la maison blanche" tant l’écart qui le sépare d’Hillary Clinton (entre 20 et 30 points y compris chez les électeurs noirs), favorite logique, est abyssal dans les sondages. Mais il sait aussi que la campagne n’a pas vraiment commencé, et qu’il dispose donc d’une marche de progression.

Lors d’un entretien avec le journaliste Tavis Smiley en octobre 2007, Barack Obama précisera que sa candidature n’est pas une candidature symbolique ("il ya déjà eu des candidatures symboliques dans le passé dit-il et ça ne m’intéresse pas"). Il ajoute qu’il a réfléchi aux conséquences pour sa famille ("ma famille imploserait t-elle dans cette course à la présidence ?") Dans la même émission, Obama se montre confiant même s’il est largement derrière Hillary Clinton dans les sondages.

Avec Michelle Obama lors de la campagne présidentielle  
Avec Michelle Obama lors de la campagne présidentielle
 

Selon lui, les électeurs ne le connaissent pas encore et lorsqu’ils le connaitront avec le travail fait sur le terrain et la médiatisation entourant la campagne, ses sondages vont s’améliorer. "Hillary Clinton a toujours été considéré comme la candidate par défaut (...) nous savions en entrant dans cette course que nous ne serions pas les favoris. Et la clé pour nous a toujours été que si les gens me connaissaient aussi bien qu’ils connaissaient Hillary Clinton, alors nous gagnerions" dit encore Obama à Tavis Smiley. A l’époque, même chez les afro-américains, Obama est devancé par Clinton.

David Plouffe expliquera plus tard qu’en s’engageant dans la course présidentielle, Obama et son équipe savaient qu’ils n’avaient qu’une seule voie menant à la victoire lors des primaires là où le camp Clinton en avait plusieurs : "nous devions gagner dans l’Iowa [1er Etat de la campagne ndlr] et gagner la bataille des délégués si la course se prolongeait".

Je craignais d'avoir renoncé aux idéaux de ma jeunesse, d'avoir passé un compromis avec les dures réalités de l'argent et du pouvoir : le monde tel qu'il est et non plus le monde tel qu'il devrait être
Barack Obama, L'audace d'espérer


Grace à une levée de fonds excellente, une organisation à toute épreuve, la mobilisation de bénévoles et volontaires, la bonne ambiance et la qualité de son équipe, Barack Obama aborde la première élection de l’Iowa avec de réelles chances de l’emporter. Il a aussi bénéficié entretemps de renforts de poids comme le soutien d’Oprah Winfrey, l’animatrice vedette de la télévision américaine qui met tout son poids dans la balance, et organise des levées de fonds pour son favori. Elle se déplace même avec lui dans des meetings précédant la première primaire prévue dans l’Etat de l’Iowa.

La victoire dans l'Iowa, les 11 victoires consécutives et la crise avec le pasteur Wright
La dream team : Robert Gibbs, David Plouffe, et David Axelrod, principaux conseillers de Barack Obama pendant la campagne  
La dream team : Robert Gibbs, David Plouffe, et David Axelrod, principaux conseillers de Barack Obama pendant la campagne
 

Le 3 janvier 2008, la victoire d’Obama dans l’Iowa, un Etat avec une très faible population afro-américaine montre qu’Obama est un candidat sérieux et qu’il faudra compter avec lui. La victoire d’Hillary Clinton dans le New Hampshire permet à cette dernière de survivre alors qu’une défaite aurait quasiment condamné sa candiature. S’ensuit une bataille épique entre les deux candidats démocrates. Alors que les observateurs pensent que le "Super Tuesday" sera décisif, Barack Obama en sort à égalité avec Hillary Clinton. Mais surtout, il enchaine 11 victoires consécutives face à une Hillary Clinton qui refuge de jeter l’éponge.

Tout semble aller pour le mieux lorsque la télévision américaine diffuse de vieux extraits (ils datent de 2001) de sermons du pasteur Jeremiah Wright, de l’église unie du Christ. Ce dernier n’est pas n’importe qui puisqu’il a baptisé les deux filles d’Obama, célébré son mariage avec Michelle, et inspiré le titre de son livre "l’audace d’espérer". La crise avec son ex pasteur Jeremiah Wright, dont les propos, soigneusement découpés par les médias, sont diffusés en boucle à la télévision américaine menace de faire dérailler la campagne de Barack Obama. Il avait demandé au cours de la campagne à ses conseillers de vérifier les sermons de ce dernier pour que ses propos ne lui soient pas attribués. Mais cela n’a été fait et l’équipe se retrouve prise au dépourvu.

L’Amérique et les partisans de Barack Obama se demandent combien il va bien pouvoir se sortir de cette impasse. Après réflexion, il décide de faire un discours sur les relations raciales à Philadelphie le 18 mars 2008. En une quarantaine de minutes, il redéfinit les relations raciales aux Etats-Unis. Il évoque le pêché originel que constitue l’esclavage qui a souillé la constitution américaine, redit sa croyance en la capacité du pays changer, se prononce en faveur de l’affirmative action tout en cernant les limites de cette politique. Dit qu’il ne peut pas plus rejeter le révérend Wright que sa grand-mère blanche à qui il est arrivé de manifester des préjugés à l’égard des noirs qui l’ont fait bondir.

Lors d'une interview avec Oprah Winfrey en 2005  
Lors d'une interview avec Oprah Winfrey en 2005
© oprah.com
 

Extrêmement bien accueilli par la presse et le public, le discours est considéré comme un des discours les plus pertinents sur le sujet depuis des années, voire des décennies. Ce discours a tellement d’effet qu’à la fin de l’allocution, Michelle Obama est en pleurs, de même que certains des ses amis comme Valerie Jarrett et Marty Nesbitt. Il permet à Obama de rebondir, même s’il sera obligé un peu plus tard de couper définitivement les ponts avec le pasteur Wright qui a poursuivi dans la surenchère lors d’une conférence de presse au lieu de calmer le jeu. Valerie Jarrett, conseillère et amie de Barack Obama, confiera plus tard que l’expérience a été douloureuse pour Barack et Michelle. Cette dernière dira qu’elle pressentait que la relation avec le pasteur allait mal se terminer, mais que ça n’a pas rendu l'événement moins douloureux pour autant.

Les primaires sont presque mathématiquement gagnées pour Barack Obama après ses 11 victoires consécutives dans de petits Etats. A la mi-mai, il compte plus de 155 délégués d’avance sur Hillary Clinton, un retard mathématiquement impossible à combler car l’allocution de délégués après chaque victoire est proportionnelle. Mais Hillary Clinton ne renonce pas et se bat jusqu’au bout. Finalement, Le 4 juin, Barack Obama l’emporte car les leaders du parti et les super délégués qui se prononcent en sa faveur lui permettant ainsi de franchir la barre fatidique des 2118 délégués nécessaires pour être investi candidat chez les démocrates.

Après l’investiture à la convention du parti démocrate en août s’enclenche alors la bataille contre John McCain qui l’a emporté chez les républicains. Elle tourne à l’avantage d’Obama qui surclasse son adversaire en matière de levée de fonds, mais qui bénéficie aussi d’une conjoncture favorable : l’impopularité de George Bush rend les Américains plus sensibles à son message d’unité et de changement. Le "Yes we can", son slogan, est plus que jamais ancré chez les électeurs.

La victoire finale face à John McCain
La prestation de serment le 20 janvier 2009  
La prestation de serment le 20 janvier 2009
© daylife
 

Lorsque la crise s’aggrave, John McCain qui est considéré comme moins crédible que son rival démocrate dans ce domaine perd du terrain. Bien que le choix de Sarah Palin comme vice-présidente lui ait permis de rebondir un peu avant la convention du parti républicain, McCain est définitivement distancé avec la crise. Ainsi, à la veille du jour "J", les 160 derniers sondages effectués au cours des dernières semaines donnent Obama gagnant.

Toutefois, certains analystes évoquent un possible "effet Bradley", selon lequel les électeurs qui disent être prêts à voter pour Barack Obama mentiraient et s’apprêteraient en fait à voter pour John McCain. Mais rien de tout cela ne se produit et le 4 novembre 2008, Barack Obama est élu 44ème président des Etats-Unis avec plus de 52% des voix. Cette nuit là, Jesse Jackson bouleverse le monde en versant quelques larmes. "Je pensais à tous ceux qui n’étaient plus là" dira plus tard le pasteur qui fut l’un des lieutenants de Martin Luther King. Ce 4 novembre marque aussi l’aboutissement du rêve de ce dernier, qui disait dans son discours "I have a dream" qu’il espérait qu’un jour en Amérique, on jugerait les gens sur ce qu’ils sont et non sur la base de la couleur de leur peau.

Le 20 janvier 2009, le lendemain du Martin Luther King’s day (jour férié en l’honneur du leader noir NDRL), Barack Obama prête serment et devient officiellement le 44ème président des Etats-Unis. Il entre dans l’histoire aux côtés de ses prédécesseurs à la Maison Blanche, mais c’est aussi un jour de triomphe, pour tous ceux disparus ou non, qui se sont battus pour mettre fin à l’esclavage, puis à la ségrégation raciale, qui ont milité pour les droits civiques. C’est aussi le passage de témoin entre la génération de la lutte pour les droits civiques et une nouvelle génération de leaders afro-américains, désormais présents dans tous les domaines (affaires, politique) de la société américaine.


Au sujet de son élection aux sénat des Etats-Unis : Mon élection n'a pas simplement été facilitée par la nouvelle attitude d'électeurs blancs de l'Illinois. Elle reflète aussi le changement de la communauté afro-américaine de l'Etat. On peut prendre la mesure dans le type de soutien de la première heure que ma campagne a reçu. Sur les premiers 500 000 dollars que j'ai collectés pendant la primaire, près de la moitié provenait d'hommes d'affaires et de membres noirs des professions libérales. C'est une station de radio noire, WVON, qui a parlé la première de ma candidature sur les ondes de Chicago et c'est un hebdomadaire noir, N'Digo, qui a été le premier à publier ma photo en couverture. L'une des premières fois où j'ai eu besoin d'un jet d'entreprise pour ma campagne, c'est un ami noir qui m'a prêté le sien (cité dans "L'audace d'espérer").

Cette élection compte beaucoup de premières et beaucoup d'histoires seront racontées pendant des générations. Mais il y en a une que j'ai à l'esprit ce soir au sujet d'une femme âgée de 106 ans, Ann Nixon Cooper. Elle est né juste une génération après l'esclavage (...) quand quelqu'un comme elle ne pouvait pas voter pour deux raisons, parcequ'elle était une femme et à cause de la couleur de sa peau (...) et cette année, au cours de cette élection, elle a pu voter parcequ'après 106 ans, au travers des meilleurs moments et des heures les plus sombres, elle sait que l'Amérique peut changer. Oui nous le pouvons. (Cité dans le discours victorieux du 4 novembre 2008)

"Je traversais une période difficile de transition dans ma vie. Je m'étais inscrit en faculté de droit après avoir travaillé trois ans comme coordonnateur communautaire et si ces études me plaisaient, j'avais encore des doutes sur ma décision. Je craignais d'avoir renoncé aux idéaux de ma jeunesse, d'avoir passé un compromis avec les dures réalités de l'argent et du pouvoir : le monde tel qu'il est et non plus le monde tel qu'il devrait être". (Cité dans "L'audace d'espérer")

Vous pouvez accéder à la première partie de la biographie de Barack Obama en cliquant Ici

Vidéo : documentaire PBS "the choice 2008" sur la campagne présidentielle américaine



Quelques liens

Kezia Obama, belle-mère de Barack Obama et première épouse de Barack Obama Sr évoque son enfance (en anglais)

Le blog de Lynn Sweet, journaliste de Chicago qui a suivi Barack Obama dès le début de sa carrière


       
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Mots-clés
barack obama   diaspora africaine   harvard   présidentielles américaines   tiger woods   
 
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