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A quel jeu se livrent les autorités ghanéennes ? Personne ne le sait vraiment. Leur attitude a pour le moins quelque chose d’équivoque. La décision de justice rendue, le 25 septembre 2012, jugée approximative, suscite des conjectures. Il se susurre hélas, avec insistance, que le politique a une fois de plus mordu dans le champ de la justice.
Qu'à cela ne tienne, la vérité est là, implacable. Le porte-parole de l’ancien président ivoirien, Justin Katinan Koné, ne sera pas extradé vers la Côte d’Ivoire, ou du moins, pour l’instant. Son sort devrait être fixé, le 11 octobre prochain. En attendant, il peut souffler. Dans son cœur rempli de joie, devrait germer des fleurs d’espérance. |
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Ce, d’autant plus qu’il a remporté une victoire personnelle qui le conforte dans ses positions. Il a, pour de vrai, quitté l’ombre chaude grâce à une liberté sous caution, moyennant la somme de 13 200 000 francs CFA.
Or, il y a peu seulement, la même justice l’avait envoyé balader, donnant l’impression qu’elle voulait le contraindre à purger, ce que certains, en Côte d’Ivoire, appellent son incurie. Il s’agit, ni plus, ni moins, que de l’affaire du détournement des 300 milliards de FCFA des caisses de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) et des incessantes attaques perpétrées contre le pays d’Houphouët Boigny, depuis plusieurs mois.
La justice ghanéenne a surpris plus d’un observateur, car bon nombre de personnes et les autorités ivoiriennes, en particulier, s’attendaient à l’extradition du sieur Koné. A défaut, qu’il soit confiné en prison en attendant que de nouvelles preuves viennent étayer sa culpabilité. Le problème, c’est que l’on se demande si les autorités ivoiriennes disposent de preuves accablantes, en dehors de celles remises par le procureur de la République, Ange Kessy, au président ghanéen, à l’occasion de son passage en Côte d’Ivoire, au début du mois de septembre. |

Encore qu’il est difficile d’éventrer ce que les autorités ivoiriennes cachent dans le tréfonds de leurs ventres, on se bornera à dire que la visite de John Dramani Mahama n’a apparemment pas servi à grand chose. A part des déclarations de bonnes intentions. Sinon, comment expliquer l’empressement du porte-parole du gouvernement, Bruno Koné, à demander aux autorités ghanéennes de réduire la mobilité et de contrôler la « nocivité » de Justin Katinan Koné ? En tous les cas, l’homme est assimilé à la peste par le gouvernement d’Alassane Ouattara qui redoute qu’il n’infecte la phalange modérée de la bulle socialiste exilée au Ghana.
Reste à savoir si les autorités ghanéennes, qui ont opéré un revirement spectaculaire, l’entendront de cette oreille. A l’heure qu’il est, on continue de se demander si elles ont agi par humanisme ou par snobisme ? Cette dernière option est largement partagée par des observateurs avertis qui suivent de près l’évolution de la situation politique de la sous région. Pour eux, les responsables ghanéens ont réagi par rapport à la fermeture unilatérale des frontières terrestres, maritimes et aériennes qui séparent ces deux pays.
Les Ghanéens n’ont, selon toute vraisemblance, pas agi en vue d’entretenir un climat d’incertitude permanent, histoire de rendre le Ghana plus attractif. Des experts ont déjà démontré que les bénéfices tirés de la guerre qui a déchiré le pays est très marginal. Fort de ce constat, il n’est pas excessif d’avancer que l’on est soumis à un microclimat fait d’egos, à la limite de la démesure. |

Une conjoncture bien inquiétante, susceptible d’être savamment entretenue par des pontes du National democratic congress (NDC), qui ont pris fait et cause pour les proches de Laurent Gbagbo, au nom de la lutte contre l’impérialisme international. Il faut compter avec eux, surtout leurs influences au sommet de l’appareil de l’Etat et de l’armée. Cela dit, il paraît presqu’illusoire de croire que l’emballement instantané de la situation va s’estomper avec la satisfaction entière de la partie ivoirienne.
Elle ne devrait pas s’attendre à recevoir, dans les délais les plus brefs, l’increvable viatique de l’ex-homme fort d’Abidjan et ses compagnons, au nombre d’une dizaine qui sont sous le coup d’un mandat d’arrêt international de la justice ivoirienne. En plus de cela, il faudrait que le gouvernement ivoirien cravache dure pour obtenir de celui du Ghana, la mise en place d’unités mixtes opérationnelles aux fins de patrouiller le long de la frontière, longue de 700 kilomètres, comme cela s’est passé avec le Liberia.
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