Retrouvez Grioo.com sur votre mobile: http://m.grioo.com
Grioo.com   Grioo Pour Elle       Village   TV   Musique Forums   Agenda   Blogs  
   Mercredi 19 Juin 2013 RECHERCHER : Sur Grioo.com  Sur Google 
 Accueil  Rubriques  Archives  Forum     Qui sommes-nous ?     

  News
News pays
Afrique
Caraïbes
Monde
Société
Sports
Santé
Insolite
Bloc Notes
  Economie
Management
  Culture
Histoire
Médias & Société
Musique
  Hommes illustres
Success stories
Interviews
Parcours
Initiatives
  Célébrités
Quizzs
Galeries Photos
Bons Plans
Musique
  Opinions
Conseils B2B
Forum


Pour recevoir notre lettre d'information, veuillez saisir votre email








AccueilRubriquesOpinionsArticle
Détournements de fonds publics : où en est le Cameroun ?
18/02/2011
 

Entre 1998 et 2004, les détournements de fonds publics ont atteint des sommets faramineux et auraient pu permettre de financer certains projets structurants et de nombreuses initiatives socio-agricoles
 
Par Romuald Camliso
Imprimer
Envoyer à un ami
Réagir
 Publicité 
 
Le Cameroun  
Le Cameroun
 

Alors que la croissance mondiale est en berne et que la tendance générale en matière de politique budgétaire est à la restriction des dépenses publiques, le Cameroun, comme souvent, donne l'impression d'avancer à contre courant. Trustant chaque année les sommets du palmarès de l’ONG "Transparency International" sur la corruption, fléau qui a indiscutablement fait son lit dans le pays, le chef de l'État Paul Biya avait entamé en 2004, sous la pression des bailleurs de fonds, une opération de nettoyage baptisée "Épervier", espérant endiguer ce mal qui nuisait à la bonne gestion des affaires publiques.

Malheureusement, les récentes informations extraites du document de stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) et remises au goût du jour par la presse internationale (elles datent de 2007 et ne sont pas nouvelles au demeurant) mettent en lumière l'ampleur qu'avait prise et qu'a certainement toujours eue la corruption au Cameroun, au regard de l'indécence des montants distraits du circuit des fonds publics. Près de 1845 milliards de francs CFA entre 1998 et 2004, soit près de 2.8 milliards d'euros, qui se sont ainsi évaporés des caisses de l'État camerounais.

Ces sommes, qui posent par ailleurs l’éternelle question de la gouvernance dans ce pays, ne sont pas seulement extravagantes dans l'absolu. Elles sont surtout scandaleuses eu égard des impératifs nationaux qu'elles auraient permis de juguler en termes de santé, d'éducation et d'infrastructures, améliorant ainsi le quotidien de nombreux Camerounais. 40% des habitants de ce pays continuent de vivre, faut-il encore le rappeler, dans une indigence inacceptable avec moins de 2 dollars par jour, soit moins de 1200 francs CFA.

Les sommes détournées montrent l'ampleur prise par la corruption. Près de 2,8 milliards d'euros se sont évaporés des caisses de l'Etat camerounais entre 1998 et 2004


 Publicité 
 
 
 

Et en l'espèce, 1845 milliards de CFA, à défaut d'enrichir une poignée de citoyens véreux et quelques fonctionnaires embourgeoisés, auraient pu financer une bonne part des projets structurants qui font actuellement l’actualité économique du Cameroun (comme si la manne pour les lancer nous était subitement tombée du ciel). A titre d’exemple, et en se basant sur les chiffres rendus publics dans le Document de Stratégie pour la Croissance et l'Emploi en début d’année dernière, le Cameroun aurait été capable, depuis sept ans, de mettre en œuvre les chantiers suivants :

1– la construction du deuxième pont sur le Wouri à hauteur de 85 milliards de francs CFA, projet dont on parle depuis plus de 20 ans déjà. On aurait ainsi désengorgé le tronçon qui sépare Douala et sa banlieue de Bonabéri, casse tête quotidien pour les transporteurs et les particuliers, et fluidifié le transport de marchandises avec les zones rurales.

2– la construction de l’autoroute Douala-Yaoundé pour un montant de 600 milliards de francs CFA. Ce projet, datant de plusieurs années lui aussi, aurait permis d’avoir enfin une route de qualité entre les deux plus importantes métropoles du pays. L’insécurité routière aurait par ailleurs considérablement diminué compte tenu de la disparition de l’axe lourd tel qu’il est conçu actuellement.

Pourquoi la commission de lutte anti-corruption n'a t-elle pas présenté les chiffres postérieurs à l’année 2004 pour que l'opinion puisse se rendre compte de l’évolution de la lutte contre les malversations financières au Cameroun ?


 
 

3– la construction du barrage hydroélectrique de Memve’ele pour 145 milliards de francs CFA et celui de Lom Pangar, dont on parlait déjà en 1993, pour un montant de 140 milliards de francs CFA. A titre de rappel, malgré le potentiel hydroélectrique du Cameroun, qui est le troisième d’Afrique derrière la RDC et l’Ethiopie, il reste l’un des pays où l’électricité est la moins bien distribuée et où les coupures sont encore intempestives, cela même dans les deux grandes villes que sont Douala et Yaoundé.

4– la construction du port en eaux profondes de Kribi pour un montant de 300 milliards de francs CFA, permettant d’augmenter les capacités portuaires en désengorgeant le port de Douala et en accueillant le trafic maritime lié aux projets industriels déployés dans le sud du pays et ses environs.

En outre, hormis le financement de ces chantiers qui représentent la bagatelle de 1270 milliards de francs CFA (encore loin du montant de 1845 milliards), les fonds détournés auraient évité la fastidieuse phase de recherche de financements et la signature de partenariats aux conditionnalités parfois restrictives et pas toujours avantageuses pour la partie camerounaise, notamment en matière d’emploi de la main d’œuvre locale pour les projets soutenus par la Chine.

 
 

L’emprunt obligataire de 200 milliards de francs CFA, souscrit par l’Etat auprès de partenaires privés et dont s’est félicité le gouvernement il y a quelques temps, n’aurait pas eu de raison d’être tandis que les fonds restants auraient pu financer de nombreuses initiatives en faveur de l'agriculture, l'un des maillons faibles de la stratégie de développement mise en place par le gouvernement et incarnée dans le DSCE.

Autre point important à noter, au delà des chantiers socio-économiques : ces 1845 milliards de CFA auraient pu simplement servir à éponger la totalité de la dette publique du Cameroun qui s'élevait, à la fin du dernier trimestre 2010, à 1510 milliards de FCFA selon la dernière note de conjoncture publiée par la caisse autonome d'amortissement.

Il serait loisible, aussi, de s’interroger sur la publication du document de stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) seulement en ce début d’année alors que la CONAC (Commission nationale anti-corruption) est un organisme qui existe depuis cinq ans bientôt et effectivement opérationnel depuis Mars 2007. Elle avait par ailleurs déjà recensé la perte de 1845 milliards pour les périodes allant de 1998 à 2004.

 
© cnn.com  

Pourquoi n’a-t-elle, dans son document rendu public ce mois de février 2011, présenté les chiffres postérieurs à l’année 2004 pour que l'opinion puisse se rendre compte de l’évolution de la lutte contre les malversations financières au Cameroun depuis le démarrage de l’opération "Epervier" ? Quelles ont été les résultats du gouvernement en la matière depuis sept ans ? La corruption a-t-elle diminué ou s’est-elle transformée et quelles en sont désormais les manifestations le cas échéant ?

A ces questions, nous n’avons malheureusement pas de réponse précise. Tout porte à croire cependant, avec la présentation de ce document de stratégie par Dieudonné Massi Gams, Vice-président de la CONAC, que le combat contre ce fléau ne fait que commencer.

Si on peut toujours s’en réjouir malgré tout (il n’est jamais trop tard dit l'adage), on ne peut s’empêcher de questionner le timing de cette sortie – à quelques mois de l’élection présidentielle – et les délais qui se sont écoulés, depuis la création de la commission, pour élaborer cette fameuse stratégie qui est pourtant au cœur de la rénovation de notre rapport aux biens publics. Tous les indices laissent donc penser qu’il s’agit, là encore, d’une énième manœuvre pré-électorale du Président Biya.




       
Mots-clés
afrique   cameroun   conac   corruption   paul biya   présidentielles camerounaises   
 
 Donnez votre opinion ou lisez les 9 réaction(s) déjà écrites
 Version imprimable de l'article
 Envoyer l'article par mail à une connaissance


Partager sur: Partager sur Facebook Facebook   Partager sur Google Google   Partager sur Yahoo Yahoo   Partager sur Digg Digg   Partager sur Delicious Delicious  
 
 
Les dernières photos publiées sur Grioo Village
 
Les derniers articles Grioo Pour Elle

 Grioo Pour Elle, le site des femmes noires et métissées
 
Les derniers billets sur nos blogs
  Jean-Pierre Thystère-Tchicaya naît le 7 janvier 1936 à Pointe-Noire, de parents vili.
  ___Inauguration des voiries urbaines de la ville de Nkayi--Betou mé yamb’ ngue na Congo ! (munukutuba)
  ____La ville de Nkayi sera entièrement électrifiée Jeudi 3 Mai 2012 - 12:41 VILLAGE NATALE in PSYCHISME NEEGRIIER
  ___Qui est à plaindre la victime ou l'assasin?? mardi-gras descendres Au pays des larmes___ici est mort le seigneur loué soit le seigneur. Croire que Dieu est le Maître et le Seigneur de toute chose - Loué soit Dieu, Maître de l'univers! ... La haine!
  __Mensonge pour vérité, Incompétence pour erreur de la nature, Irresponsabilité pour accident.. Symptôme et creuset de la région des grand lacs ». La problématique FIN des partis politiques après la mort ou la retraite des président-fondateurs
  ___Tableau de bord d'une douce croisière Républica Centra-Africaine après le M23 (rdc) et les FDLR (rwandais) voici venir :"SELEKA" (coalition, en sango, la langue usuelle en République centrafricaine) Centrafrique: pour qui roule la Seleka?
  ___Médiation Nguesso - Centrafrique: de réelles chances d'un accord aux pourparlers de Libreville. Merci Sassou, le pompier pyromane..«un risque difficile à détecter - « Les Congolais ont la fortune à portée de main et pourtant, ils restent pauvres
  Prédateurs et sadiques: L'Afrique et ses guerres qui n'en finissent pas. Des chefs charismatiques aux guérilleros sans vision. Pourparlers stériles. Y'a-t-il un intérêt mili-politique à pénétrer une femme avec un fusil d'assaut et appuyer sur la détente?
  __Centre Afrique : Le président François Bozizé, candidat à sa propre succession, est lui-même arrivé au pouvoir par les armes. Il a renversé en 2003 le président Ange Félix Patassé avant de se faire élire en 2005.
  ___UA et Société civile: Le droit d'exister.. Paix et Sécurité en Afrique : La Facilité de Paix pour l'Afrique. Gestion des flux ... UA et Société civile: Le droit d'exister en afrique l’expression d’une nausée postcoloniale .
 
 
 
 
Top
 
 
 
 
 Belgique: Profondes divergences entre l'Union Européenne et les ACP sur les APE
 Allemagne: Le Botswana va ouvrir une représentation diplomatique
 Eliminatoires Mondial 2014 zone Afrique 5ème journée : Egypte, Côte d'Ivoire, Algérie au second tour
 Finales NBA : Le ''Big Three'' a frappé
 Ouverture de la 2ème édition du New York Forum Africa
 Patrick Fomethe présente Bridge Consulting
 TICAD : on se bouscule pour l’Afrique
 Marc Emane Biteghe : ''j'ai créé Otem Bcg pour me mettre au diapason de l'Afrique''
 Eliminatoires Mondial 2014 zone Afrique 4ème journée : résultats et classement
 Roland Garros : Après Yannick Noah, toujours pas de victoire française : 8ème victoire de Nadal
 
Afrique      Afrique Du Sud      Barack Obama      Benin      Burkina-faso      Cameroun      Caraïbes      Célébrités      Cote D'ivoire      Coupe Du Monde 2010      Coupe Du Monde 2014      Diaspora Africaine      Diversité      éliminatoires Zone Afrique      Forum Mondial Des Femmes Francophones      France      Francophonie      Gabon      Ghana      Mali      Nigeria      Présidentielles Ivoiriennes      Rdc      Senegal      Togo     
 
 



   
 
Le site des femmes noires et métissées | Grioo Village | English version