Grioo.com   Grioo Pour Elle       Village   TV   Musique Forums   Agenda   Blogs  
   Samedi 4 Juillet 2009 RECHERCHER : Sur Grioo.com  Sur Google 
 Accueil  News  Archives  Par pays  Contact   Qui sommes-nous ?    
Le clip du jour



  News
News pays
Afrique
Caraïbes
Monde
Société
Sports
Santé
Insolite
Bloc Notes
  Economie
Management
  Culture
Histoire
Médias & Société
Musique
  Hommes illustres
Success stories
Interviews
Parcours
Initiatives
  Célébrités
Quizzs
Galeries Photos
Bons Plans
Musique
  Opinions
Conseils B2B
Forum


Pour recevoir notre lettre d'information, veuillez saisir votre email








AccueilRubriquesOpinionsArticle
Ethnisme et violences en Afrique
10/03/2008
 

De multiples ethnies au sein d'un Etat ne constituent pas en soi un handicap à une cohabitation pacifique. L'environnement économique et politique dans lequel a été transplanté le multipartisme et la "démocratie" en Afrique explique aussi les crises à répétition
 
Par Nouh El Harmouzi
Imprimer
Envoyer à un ami
Réagir
 Publicité 
 
 
 

Le déchaînement de violence qu’a connu dernièrement le Tchad et le Kenya est révélateur du profond malaise qui touche de nombreux pays africains. Ces événements rappellent tristement que la transition vers l’après guerre dans ces pays reste difficile et fragile et que les risques de rechute dans des violences sont quasi-permanents.

Les guerres ont ravagé la plupart des pays africains après la vague d’indépendance des années 1950. Rares furent les pays qui y ont échappé. Plusieurs régions de l’Afrique continuent d’être traversées par des conflits de "haute intensité" selon le Baromètre de décembre 2007 du Heidelberg Institute for International Conflict Research.

Du nord de l’Afrique (conflit du Sahara, Algérie, Soudan) en passant par la zone poudrière des Grands Lacs (Rwanda, Burundi, Ouganda, Kenya et République démocratique du Congo), du lac Kivu au lac Tanganyika, la région de la corne de l’Afrique (Somalie, Éthiopie, Érythrée), puis l’Afrique centrale (Tchad), l’Afrique de l’Ouest et le Golfe de Guinée (Niger et Nigeria), la quasi-totalité des sous-régions africaines sont le théâtre de multiples conflits. Actuellement, un déporté et un réfugié sur deux dans le monde sont africains.

Après les massacres accompagnant les élections de 2007 au Nigeria et les dernières élections au Kenya, la même question revient toujours : pourquoi ces guerres civiles à répétition ? Certains observateurs expliquent que cette instabilité est due au caractère fractal, multiethnique et tribal de ces sociétés où des populations hétérogènes ont été sommées de cohabiter dans des Etats aux frontières souvent artificielles, arbitrairement tracées par le colonisateur.

 Publicité 
 

L’explication de la différence ethnique comme origine des conflits ne résiste pourtant pas à l’épreuve de l’histoire. Le fait qu’un Etat soit composé de multiples entités (ethnies) ne constitue pas en soi un handicap à une cohabitation harmonieuse. La Nouvelle Zélande, la Malaisie, le Canada, la Suisse, etc. sont elles aussi des pays à sociétés multiethniques mais ne connaissant pas pour autant des massacres interethniques.

D’autres pays africains comme le Maroc, le Sénégal, la Tunisie, etc., n’ont pas connu de guerres ethniques après leur décolonisation en dépit de leur structure multiethnique et tribale. En réalité, le prétexte ethnique et identitaire, à l’instar du prétexte religieux, a souvent (et de tous temps) été mobilisé, utilisé et attisé à des fins d’appropriation du pouvoir. Ces facteurs peuvent être des éléments aggravant d’une crise, mais en aucun cas l’élément déclencheur.

Après la chute du mur de Berlin, l’effondrement de l’URSS et des certitudes communistes, les pays africains ont été contraints (afin de continuer de profiter des aides, et des rééchelonnements de la dette) d’instaurer le multipartisme après plus de 50 années de parti unique ou de dictature militaire. Un "semblant de démocratie" a vu le jour dans la plupart des pays africains. Mais la "technique de la démocratie" a été importée sans le mode d’emploi, sans la culture démocratique et sans les institutions garantissant son bon fonctionnement.

Kofi Annan en compagnie de Mwai Kibaki et Raila Odinga, acteurs de la crise kenyane  
Kofi Annan en compagnie de Mwai Kibaki et Raila Odinga, acteurs de la crise kenyane
© ap
 

La démocratie s’est ainsi implantée dans une société civile appauvrie, fragilisée par des décennies de guerre et de pandémies, le tout sur fond d’inculture dans des zones de (quasi) non droit. Le multipartisme comme "gage" de démocratie exigée par les bailleurs de fonds s’est ainsi implanté sur de mauvaises bases. Les partis politiques se sont brusquement démultipliés du jour au lendemain. Les leaders politiques se sont souvent axés sur les clivages ethniques et identitaires (plutôt que sur des clivages philosophiques résultant d’un débat d’idées) pour attirer les sympathisants, asseoir leur autorité et atteindre le pouvoir.

Dans un contexte d’absence d’Etat de droit brimant l’esprit d’entreprise et décourageant l’effort et l’initiative individuels, seul le pouvoir politique et le contrôle de l’appareil de l’Etat garantissent l’accès à la richesse et l’ascension sociale. Les ressources naturelles (hydrocarbures, diamants et or, uranium, etc.) et les débouchés qu’offre le marché de 800 millions d’africains n’ont jamais cessé d’attiser les convoitises des acteurs nationaux et internationaux.

L’accès à la tête de l’Etat permet au leader d’organiser et de consolider le pouvoir autour de sa tribu ou de son clan. Les richesses de l’Etat, les rentes de situation et la confiscation des biens (terres, capitaux) permettent de contrôler la société, de nouer des alliances, de "remercier" les fidèles via la distribution de postes administratifs et de portefeuilles ministériels "juteux", et enfin d’acheter des armes pour réduire au silence et/ou écraser les dissidents les plus récalcitrants.


Les problèmes ethniques se manifestent lorsque les membres d’une entité opposante s’estiment lésés, discriminés, et privés d’accès aux ressources. L’absence de possibilité de contestation pacifique et le climat d’oppression les poussent souvent à se révolter violemment contre l’ordre en place jugé injuste. Les leaders au pouvoir préfèrent souvent combattre tout changement jugé compromettant et synonyme le plus souvent de perte de richesse voire même de la vie du leader et de sa communauté.

C’est ainsi que ces sociétés rentrent dans un cercle vicieux de violence dans lequel les fractions sont en perpétuels conflits de pouvoir usant des richesses locales pour acheter des armes entretenant ainsi le cycle de la violence. Une violence qui ne profite en fin de compte qu’aux trafiquants d’armes et aux "seigneurs de la guerre".

La clé de l’explication de l’échec de la transition démocratique et des violences intercommunautaires à répétition en Afrique réside moins dans le caractère hétérogène et multiethnique des ces pays. Ces populations vivent et interagissent souvent dans un cadre de non droit où tous les ingrédients de l’instabilité sont réunis : pauvreté, analphabétisme élevé, corruption, spoliation et monopole des richesses, climat de peur et d’oppressions, etc. En conséquence, un simple sentiment de mécontentement global (fraude électorale au Kenya par exemple) pourrait déclencher une déflagration générale dans plusieurs Etats d’Afrique.


Nouh El Harmouzi docteur-chercheur en économie
Associé au projet
www.UnMondeLibre.org
CATO INSTITUTE, Washington DC.

Mots-clés
afrique   burundi   nigeria   rwanda   senegal   tchad   
 
 Donnez votre opinion ou lisez les 4 réaction(s) déjà écrites
 Version imprimable de l'article
 Envoyer l'article par mail à une connaissance

Partager sur: Partager sur Facebook Facebook   Partager sur Google Google   Partager sur Yahoo Yahoo   Partager sur Digg Digg   Partager sur Delicious Delicious  
 
 
Les dernières photos publiées sur Grioo Village
 
Les derniers articles Grioo Pour Elle

 Grioo Pour Elle, le site des femmes noires et métissées
 
Les derniers billets sur nos blogs
  Michael Jackson en Live
  Kelly Rowland ne voulait pas «être aussi noire»
  s’il avait bien servi les intérêts de la France » notamment par « la manne pétrolière », Omar Bongo n'avait pas « le souci de ses citoyens ».
  Hymne national congolaise !
  Questions
  L ' HOMME AFRICAIN
  MISS DOMINIQUE A TROUVE SON DOUDOU
  la transformation de la couleur de la peau n’est pas essentielle pour reussir en europe.
  Souvenir d'une enfance heureuse au congo!
  Hervé Morin : "Michael Jackson était une espèce de dégénéré"
 
 
 
 
Top
 
 
 
 
Le clip du jour


 Serena Williams s'impose à Wimbledon face à Venus
 Décès de Michael Jackson : Joe Jackson défendu par un de ses proches
 Haïti : Première mission d’information et d’évaluation de Bill Clinton
 Crash de l'A310 aux Comores : peu de progrès dans les recherches
 Paradoxe : richesses minières et pauvreté en Guinée
 Un journaliste aurait été menacé suite aux révélations sur Biya
 Opération coup de poing en Afghanistan
 Michael Jackson : des hommages auront lieu au Staples Center mardi
 Niger: Le coup de force de Mamadou Tandja
 Kobe et Vanessa Bryant au parc d'attraction Six Flags Magic Mountain
 
Afrique      Arnold Klein      Barack Obama      Benin      Cameroun      Célébrités      Cote D'ivoire      Debbie Rowe      Décès Michael Jackson      Football      France      Gabon      Ghana      Joe Jackson      Michael Jackson      Niger      Nigeria      Omar Bongo      Paul Biya      Présidentielles Gabonaises      Quincy Jones      Senegal      Serena Williams      Togo      Venus Williams     
 



   
 
Partenaires: Rap et RNB sur Rap2k | Le Faso.net
Le site des femmes noires et métissées | Grioo Village | English version