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France : Trop de commémorations pour peu de symbolismes ?
12/11/2008
 

C’est la conclusion à laquelle doit aboutir la commission chargée d’élaborer le rapport sur les lois mémorielles dirigée par l'historien André Kaspi.
 
Par Rachel Kesseng
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André Kaspi  
André Kaspi
© ouest-france.fr
 

La commission travaillant sur rapport sur les commémorations nationales devrait être remis ce mercredi au secrétaire d'Etat aux Anciens combattants Jean-Marie Bockel par André Kaspi, à la tête de ce groupe de travail. Sur l’effervescence qu’ont suscité les résultats attendus de ce document, au sein de l’opinion, l’historien a voulu lever toute ambiguïté sur les conclusions réelles des travaux. Aussi selon ce dernier, le rapport sur les lois mémorielles, ne recommande aucun abandon des dates aujourd’hui commémorées en France. Il rapport suggère simplement de mieux étalonner le déferlante de ces souvenances observée depuis 1999.

Pour André Kaspi, c’est une "véritable inflation", dont le choix de quelques unes de ces dates, relève pour certains du "communautarisme" ou du "clientélisme". "Je pense qu'il faut que trois d'entre elles revêtent une signification particulière: le 11 novembre, le 8 mai et le 14 juillet (…) Le 11 novembre, ça peut être le moment où l'on commémore tous les morts pour la France, que ce soit la Grande guerre, les guerres postérieures et les guerres à venir. Le 8 mai, c'est la victoire sur le totalitarisme nazi, la victoire de la liberté, de la démocratie. Quant au 14 juillet, c'est la fête de la nation tout entière, des valeurs de la Révolution française", a affirmé l’historien.

Des affirmations qui n’ont pas laissé la classe politique de marbre. De nombreuses réactions ont également fusées des organisations de différents bords. La constante étant que, les propos d’André Kaspi, sont perçus comme un appel voilé à la suppression au final de certaines dates de commémorations. Jean-François Copé a par exemple jugé que : "C'est un contresens vraiment très fort d'imaginer qu'on puisse "fouler aux pieds des éléments majeurs de notre histoire". Patrick Lozès président du Cran (Conseil représentatif des associations noires) a avoué redouter le début d'une "concurrence des mémoires". Esclavage, déportation des juifs, harkis... car selon lui, il y a "de la place pour tous ces rappels publics de notre histoire", dont le rôle n'est pas "d'accuser ou d'excuser mais d'expliquer".

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Sur ces sous-entendus, l’historien a tenu à réitérer que : "Les autres commémorations ne doivent pas être supprimées (...) mais pourraient revêtir un "un statut régional" ou "communautaire". Et "de temps à autre, avoir un statut national, par exemple tous les 5, tous les 10 ans, ou dans des circonstances particulières", a-t-il précisé. Pour André Kaspi, multiplier "les journées de repentance pour satisfaire un groupe de victimes (...) serait affaiblir la conscience nationale".

L’historien, note : "le risque de désintérêt de la jeunesse pour ces commémorations" et espère "ouvrir un débat" menant à la réactualisation des "rituels" pour intéresser "tous ceux qui, jusqu'à maintenant, ne participent pas vraiment aux cérémonies commémoratives". Pour Kaspi, "Cela passe par l'école, par les médias, les municipalités. Il n'y a pas de quoi enflammer les foules!", atténue-t-il. C’est en cela que le président de la commission pour le rapport sur les lois mémorielles, rejoint l’approche du président français sur le sujet. Nicolas Sarkozy avait en effet déclaré en début d’année : "Les cérémonies doivent évoluer (...) pour toucher un public plus jeune qui n'a pas connu ce que nous commémorons".

Tout cela entraîne néanmoins quelques questions : les cérémonies doivent-elles forcément "toucher un public plus jeune" ? Que vient faire le terme "repentance", popularisé par Nicolas Sarkozy à des fins politiques dans la bouche d'André Kaspi ? Pourquoi s'applique t-il seulement à des cérémonies concernant des groupes "communautaires" qui après des années de lutte avaient enfin obtenus une reconnaissance de la part de la république française de leur place dans l'histoire de France ? Autant de questions au sujet desquelles M. Kaspi devra donner des explications plus claires et plus convaincantes.

Mots-clés
andré kaspi   france   histoire   société   
 
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