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Clandestins noyés au large d'Al Hoceima : une ONG marocaine publie un rapport d'enquête
14/05/2008 |
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Le 13 mai 2008, l'organisation non gouvernementale marocaine l'Association Amis et Familles de l'Immigration Clandestine (AFVIC) a rendu public un rapport d'enquête sur le naufrage, le 29 avril au large des côtes marocaines, de deux pateras, entraînant la mort par noyade de 29 personnes.
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Par
Audrey Brière |
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une pateras, embarcation de fortune
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blogspot.es |
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Note de Grioo.com: le rapport de l'AFVIC cité dans l'article est consultable en toute fin d'article au format PDF.
Le 13 mai 2008, l'organisation non gouvernementale marocaine l'Association Amis et Familles de l'Immigration Clandestine (AFVIC) a rendu public un rapport d'enquête sur le naufrage, le 29 avril au large des côtes marocaines, de deux pateras, entraînant la mort par noyade de 29 personnes. Selon les témoignages des rescapés, la marine royale est responsable de ce drame : « La marine nous suivait, et pour arrêter la pateras, elle a utilisé un instrument tranchant, un couteau attaché à un bâton, qui a perforé le canot pneumatique, ce qui a provoqué la noyade de 29 personnes », a déclaré un ivoirien de 39 ans.
En outre, le 7 mai dernier, le quotidien espagnol EL PAIS avait rapporté que « des soldats marocains [avaient] été accusés par des clandestins africains d'avoir délibérément fait couler fin avril leur embarcation alors qu'ils tentaient la traversée du Maroc vers l'Espagne, provoquant la noyade d'une trentaine de passagers ».
L'AFVIC, en tentant de faire la lumière les évènements de cette fameuse nuit et de déterminer les responsabilités de chacun, a rencontré plusieurs difficultés. En effet, les rescapés ont été expulsés par les autorités marocaines dans les plus brefs délais, interdisant ainsi à l'association de rencontrer la majeure partie des survivants. Par ailleurs, un grand nombre de migrants se trouvent à présent dans les « tranquillos », ces zones d'attente dans lesquelles les passeurs prohibent tout contact avec l'extérieur. Le Ministère de l'Intérieur marocain a refusé de répondre aux questions de l'AFVIC, se bornant à renvoyer au communiqué de presse officiel. |
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Embarcation de migrants clandestins accostée par la police espagnole
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aufaitmaroc.com |
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L'association est parvenir à recueillir les témoignages de huit rescapés. Voici, selon eux, comment les évènements se sont déroulés. Le 28 avril à 23 heures, deux pateras ont quitté Al Hoceima (Nord-Est du Maroc) avec 60 personnes sur chaque embarcation. Elles devaient gagner Alméria, en Espagne. Trois heures plus tard, la marine royale a intercepté les deux pateras, et remorqué la première sans difficulté vers les côtes marocaines. Mais la seconde a refusé d'obtempérer aux sommations des militaires. Ces derniers auraient alors percé le cannot pneumatique avec un objet tranchant, provoquant le chavirement de la pateras et la noyade de dizaines de personnes. « Nous nous sommes comptés à notre arrivée à Al Hoceima, nous étions 31 survivants ». 29 morts, donc. 10 corps auraient été repêchés, mais 19 autres personnes sont toujours portées disparues à ce jour.
L'AFVIC dénonce fermement les refoulements des rescapés dans des conditions dégradantes et exige que soit ouverte une enquête publique, afin que les responsables soient traduits en justice. D'autre part, l'association condamne les politiques européennes responsables de ces tragédies, et appellent les pays du Nord et du Sud à œuvrer pour y mettre fin. Enfin, elle exprime son soutien aux victimes de l'immigration clandestine ainsi qu'à leurs familles.
Des organisations internationales ont également insisté sur l’ouverture d’une enquête. Amnesty International a appelé, le 8 mai, Rabat à lancer « une enquête indépendante et impartiale » sur les accusations portées contre les soldats marocains. Le lendemain, Human Rights Watch (HRW) a demander au gouvernement de « lancer immédiatement une enquête sur les allégations selon lesquelles ses forces navales auraient coulé un bateau d’immigrés en Méditerranée ».
Par ailleurs, l'AFVIC rappelle que, malgré la très forte médiatisation de certains évènements dramatiques, tel celui de Ceuta et Melilla en octobre 2005, de nombreux autres sont malheureusement passés sous silence. En 2007, le nombre de migrants noyés en tentant de gagner clandestinement les côtes européennes s'élèverait à près d'un millier. |
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