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Jean-Jacques Konadje : ''Abidjan est une poudrière à ciel ouvert''
10/05/2011
 

Docteur en Science Politique, consultant en géopolitique et relations internationales, expert en maintien de la paix et spécialiste de la défense et de la sociologie militaire, figurant dans l’annuaire du gotha noire de France 2010-2011, auteur d’une thèse sur « l’intervention de l’ONU dans la résolution du conflit intraétatique ivoirien », Jean Jacques Konadje revient pour grioo.com sur les révolutions arabes, les processus électoraux en Afrique subsaharienne et le conflit post-électoral en Côte d’Ivoire
 
Par Paul Yange
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Jean Jacques Konadje  
Jean Jacques Konadje
 

La Tunisie et l’Egypte ont vu souffler chez elles un vent révolutionnaire au début de ce qu’on a appelé le "printemps arabe". Dans quel contexte ce genre de révolution s’opère t-il ?

Une révolution pareille ne peut naître que dans des Etats-nations comme l’Egypte et la Tunisie. Et pour que cette révolution soit effective, il faut que plusieurs conditions soient réunies de façon concomitante et cela à plusieurs niveaux. J’en citerai par exemple quatre. D’abord, le désir de changement de régime doit naître dans la conscience collective d’un peuple, éduqué et mature sur le plan politique. Il faut ensuite qu’il y ait une opposition forte, audacieuse dont les actions s’inscrivent dans l’intérêt supérieur de la nation. Il faut également une jeunesse ambitieuse qui sait ce qu’elle veut. Il faut enfin une armée qui soit neutre, républicaine et surtout à la solde de personne.

Mais pourquoi un souffle de ce type ne se répand-il pas en Afrique subsaharienne où certains régimes durent depuis 20 ou 30 ans ?

Il faut dire que les pays d’Afrique au sud du sahara sont loin d’être des Etats-nations. Ce sont plutôt de jeunes Etats très fragiles qui n’ont pas encore de repères. Et il est souvent difficile de réunir les conditions pouvant provoquer une révolution à la tunisienne ou à l’égyptienne. Le peuple, au lieu d’être uni est divisé par les entrepreneurs politiques qui ethnicisent ou tribalisent les débats politiques car ces hommes ont compris que dans nos pays, un individu appartient d’abord à son ethnie, à sa tribu à sa région avant d’appartenir à la nation.

En Afrique subsaharienne, les Etats sont jeunes et très fragiles


Dans nos pays, les partis politiques de l’opposition sont souvent démagogues. Vous savez, il existe des personnes qui créent des partis politiques, juste pour avoir des postes. Il suffit de nommer un farouche opposant à un poste de Ministre pour qu’il devienne aussitôt le laudateur en chef du Président de la République qui l’a nommé, et qu’il critiquait auparavant. Il y a même des gens qui deviennent des opposants par aigreur, tout simplement parce qu’ils ont été virés d’un gouvernement. Il faut souligner que dans certains pays d’Afrique noire, On a souvent affaire à une jeunesse endoctrinée, inculte et manipulée par les hommes politiques.

Enfin il faut retenir que dans nos pays d’Afrique noire, la plupart du temps, l’armée nationale, au lieu d’être républicaine et neutre est inféodée au parti au pouvoir. Cela s’explique par le fait que bon nombre de hauts gradés de l’armée sont parents proche du président de la république ou doivent à ce dernier, toute leur carrière. Quelle attitude voulez-vous qu’un chef d’Etat major des armées ou un Ministre de la défense qui est à la fois le neveu du Président de la République ait vis-à vis du pouvoir ? Vous convenez avec moi que dans de telles conditions, il est difficile que le souffle du monde arabe se répande en Afrique subsahrienne. Même si ces mouvements ont inspiré certains pays, les résultats escomptés n’ont pas été atteints.

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Au début des années 90, l’Afrique francophone avait connu l’avènement du multipartisme suite à la chute du mur de Berlin et aux conférences nationales. Mais n’a-t-on pas fait l’erreur de croire que multipartisme était obligatoirement équivalent à démocratie ?

C’est totalement aberrant de faire ce genre de raccourci. Si la Démocratie est une finalité, le multipartisme n’est qu’un chemin pour y parvenir. Je tiens qu’en même à rappeler que dès leur accession à la souveraineté nationale en 1960, la quasi-totalité des pays africains francophones avaient opté pour un régime démocratique et inscrit le multipartisme dans leur constitution. Cependant, cela ne sera jamais appliqué par nos premiers dirigeants qui évoquaient des raisons de cohésion sociale, de développement et d’"unité nationale".

L'avènement du multipartisme a bouleversé le paysage dans nos pays africains, mais ce n'est pas suffisant


Nos chefs d’Etat d’alors ont été contraints de restaurer le multipartisme dans les années 90 pour plusieurs raisons. D’abord, à la suite de la 16eme conférence des chefs d’Etat de France et d’Afrique en juin 1990 au cours de laquelle le fameux discours de la Baule fut prononcé, Mitterrand a dit aux chefs d’Etat africains que la France n’octroierait l’aide au développement qu’aux pays africains qui appliqueraient le multipartisme.

Ensuite, il faut dire que la plupart de ces pays africains étaient confrontés à de graves crises économiques et faisaient face à des contestations sociales qui réclamaient un pluralisme politique. Enfin, le monde venait de connaître un bouleversement géopolitique profond avec la chute du mur de Berlin. Il fallait donc s’inscrire dans cette dynamique. D’où la restauration du multipartisme.

François Mitterrand prononça le discours de La Baule en juin 1990  
François Mitterrand prononça le discours de La Baule en juin 1990
 

Le multipartisme a-t-il vraiment représenté une avancée en Afrique ?

L’avènement du multipartisme a incontestablement bouleversé le paysage politique dans les pays africains. Cela a favorisé par exemple le pluralisme médiatique. La parole s’est un peu démocratisée et les gens osent aujourd’hui critiquer des régimes en place. Mais cela n’est pas suffisant. Le multipartisme devrait normalement favoriser une alternance démocratique dans les pays africains. Ce qui est loin d’être le cas excepté quelques pays comme le Sénégal, Ghana, le Mali, le Bénin etc.

Sur le continent, il existe encore des présidents de la république qui sont au pouvoir depuis plus de 20 ans. Plusieurs régimes autocratiques ont usé d’autres stratégies pour se maintenir au pouvoir. Pour employer une expression marketing, je dirai que ces régimes politiques ont changé d’emballage tout en conservant leur même produit. Donc avec l’avènement du multipartisme, on a eu affaire à une Démocratie de façade dans certains pays africains. Mais il faut reconnaître que quelques rares pays ont su tirer leur épingle du jeu.

Sur le continent africain, la gestion de l’Etat est souvent une gestion clanique, néo-patrimoniale. Cela explique t-il la difficulté que le continent africain connait à avoir des alternances démocratiques lors des élections présidentielles ?

Evidemment que oui ! La gestion clanique ou néo-patrimoniale de l’Etat pose avant tout un problème de gouvernance, de transparence et d’éthique politique. Vous savez, dans ce genre de situation, le président de la République en exercice gère l’Etat comme son patrimoine personnel ou comme un gros village en s’appuyant sur des fidèles, des courtisans et des serviteurs qui constituent en gros un Etat-major administratif.


Ainsi, il personnalise les relations politiques et transforme les ressources politiques en ressources économiques. La gestion néo-patrimoniale ou clanique de l’Etat engendre une course à l’accumulation des ressources politico-économiques et laisse place à des pratiques telles que le clientélisme, le népotisme, le tribalisme, etc. Vous savez, dans nos pays, les gens pensent qu’il faut avoir le pouvoir pour être riche et être riche pour avoir le pouvoir.

Vous savez, dans nos pays, les gens pensent qu’il faut avoir le pouvoir pour être riche et être riche pour avoir le pouvoir


Et puisque la gestion de l’Etat constitue une source de revenu conséquente, c'est-à-dire une sorte de "caverne d’Ali Baba", il est clair que le Président en exercice et son entourage n’auront aucune envie de quitter le pouvoir. Cela pose un problème d’alternance démocratique et souvent toutes les dispositions sont prises pour s’accrocher au pouvoir : tripatouillage de la Constitution et des commissions électorales, changement de mode de scrutin, suppression du deuxième tour des élections etc.

Vous parlez de clientélisme, de favoritisme. Pensez-vous que la compétence n’est pas assez valorisée dans les pays africains ?

La valeur d’un homme doit toujours se mesurer par son travail et par la preuve qu’il fait dans l’exercice de ses fonctions. Cela doit aller de soi. Notre continent regorge d’hommes et de femmes valables qui sont prêt(e)s à apporter leur contribution au développement de l’Afrique. Mais souvent, parce que ces personnes là n’ont pas le bon patronyme ou n’ont pas de parents dans un tel ou un tel gouvernement, elles ne sont jamais sollicitées. Ce qui n’est pas normal.

Je dirai même que c’est un gâchis et c’est notre chère Afrique qui en pâtit. Comment expliquez-vous que ce soit toujours "les fils de", "les amis de", "les fils des amis de" qui occupent les plus hauts postes, parfois en dépit de leur incompétence ? Trouvez-vous normal que quelqu’un qui est agent de sécurité de formation soit nommé Ambassadeur pendant qu’il existe des diplomates de carrière ? Est-il juste qu’un paysan analphabète soit bombardé à la tête d’une grande société d’Etat alors qu’il existe des énarques dans le pays? N’est-il pas absurde de confier quatre portefeuilles ministériels à une seule personne ?

 
© reuters  

Tous nos pays africains ou presque sont des Républiques. Et être dans une République, c’est reconnaître la place de chacun en fonction de ses mérites et non en fonction du nom que l’on porte. Nos pays doivent faire la promotion de leurs élites par l’école et non par la filiation. Il faut mettre fin aux privilèges des naissances, au favoritisme, au népotisme et au tribalisme. Cela veut dire que désormais ce qui devrait le plus compter dans nos pays africains pour réussir, ce n’est pas d’être bien né ou d’être "fils de", mais plutôt de travailler dur et avoir fait la preuve par ses études, par son travail et de sa valeur.

La crise post-électorale ivoirienne et son dénouement sont le signe d’un échec total de la classe politique ivoirienne, des institutions ivoiriennes, de la communauté internationale et du processus de paix en cours dans le pays depuis quelques années


Le processus démocratique qui devait conduire à la prise de fonction du nouveau président ivoirien lors des élections de novembre 2010 a finalement vu la conquête du pouvoir par les armes. Qu’en pensez-vous?

La guerre qu’a connue la Côte d’Ivoire pendant la crise postélectorale n’est rien d’autre que la continuation de la politique par d’autres moyens. Après l’imbroglio autour du verdict des urnes, les différents antagonistes se sont engagés dans un bras de fer politique, diplomatique et enfin militaire qui devait absolument se solder par la victoire de l’un sur l’autre. Ce qu’on constate, c’est qu’il y a eu usage de la force pour faire respecter le verdict des urnes.

Je trouve que c’est quand même dommage qu’on en soit arrivé là. Cette crise post-électorale en Côte d’Ivoire et son dénouement sont le signe d’un échec total de la classe politique ivoirienne, des institutions ivoiriennes, de la communauté internationale et du processus de paix en cours dans le pays depuis quelques années. On a perdu tant de temps, d’énergie et gaspillé tant d’argent pour en arriver là. Quel gâchis ! Cette élection présidentielle qui devait sceller la paix durable et célébrer la démocratie a été source de malheur pour les ivoiriens qui ont vécu l’enfer. Le bilan est lourd et parle de lui-même.

Malgré tous les évènements douloureux, je pense qu’une réconciliation est possible à condition de ne pas brûler les étapes


D’énormes pertes en vie humaines, des personnes handicapées à vie, une jeunesse endoctrinée, des infrastructures dont des Universités détruites, une insécurité galopante avec une prolifération et une circulation anarchique des armes. On assiste aussi à des actes de pillage dans des administrations et chez des particuliers, à des règlements de compte, à des exécutions sommaires etc. En gros, avec cette crise, la Côte d’Ivoire a accusé des années de retard et le pays se trouve aujourd’hui dans le chaos total. Malgré l’arrestation de monsieur Gbagbo, la situation humanitaire et sécuritaire demeurent préoccupantes. Plusieurs défis s’imposent aux nouvelles autorités. J’espère qu’après ces évènements douloureux, les ivoiriens pourront se pardonner les uns les autres et regarder ensemble dans la même direction pour bâtir une Côte d’Ivoire plus forte, plus solidaire et plus prospère qui fera le bonheur de tous.


Pensez-vous qu’il sera véritablement possible de procéder à une réconciliation en Côte d’Ivoire? Les rancœurs et les frustrations accumulées au fil des années ne risquent-elles pas de prendre le dessus ?

Malgré tous les évènements douloureux, je pense qu’une réconciliation est possible à condition de ne pas brûler les étapes. Il faudrait avant tout que la lumière soit faite sur tous les crimes qui ont été commis depuis ces dernières années et situer les responsabilités des uns et des autres. Il ne faut surtout pas chercher de bouc émissaire. Pour qu’il y ait réconciliation, tous les individus impliqués dans les crimes, quelque soit leur appartenance politique et leur obédience religieuse devraient être inculpés et être jugés conformément aux normes internationales des droits de l’homme. Etablir la vérité et mettre en œuvre la justice de façon indépendante sont les conditions préalables à une réconciliation concrète.

La lutte contre l’insécurité doit être la plus grande des priorités. La ville d’Abidjan est aujourd’hui une poudrière à ciel ouvert. Il va falloir prendre des mesures idoines pour éradiquer cette circulation illégale et anarchique des armes


Par ailleurs, cette réconciliation doit être tout azimut. Il s’agit de réconcilier les ivoiriens avec eux-mêmes, de réconcilier les ivoiriens avec les communautés étrangères vivant en Côte d’ivoire. Il faut également réconcilier les ivoiriens avec l’armée. Mais ce qui est très important, c’est de réconcilier l’armée avec elle-même. Dans ce processus de réconciliation, il ne faut surtout pas qu’il ait de laissé pour compte. Il ne faut pas non plus qu’il ait de chasse aux sorcières. Je suis persuadé que les ivoiriens pourront relever ce défi. Vous savez, la Côte d’Ivoire, a connu de graves crises sociopolitiques comme l’affaire du Sanwi en novembre 1969 et l’affaire du Guébié (Krabé Gnagbé) en octobre 1970, mais cela n’a pas empêché les ivoiriens de se pardonner et de vivre ensemble.

Que vous inspire l’arrestation du Président Laurent Gbagbo ?

Je pense que l’arrestation du Président Gbagbo met une fin symbolique à la crise post-électorale en Côte d’Ivoire. Cependant, je trouve que les conditions de son arrestation et la façon dont celle-ci a été théâtralisée sont déplorables et constituent une humiliation infligée symboliquement à la Côte d’Ivoire et à toute l’Afrique.


Quoi qu’on dise et quelque soit ce que l’on lui reproche, il ne faut pas oublier que monsieur Gbagbo a été Président de la République de Côte d’Ivoire. C’est aussi une figure politique qui a joué un rôle majeur dans les bouleversements politiques qui se sont opérés dans son pays. Je pense que la moindre des choses, comme le Président Ouattara l’a dit lui même, est de le traiter avec dignité et respect. Les images humiliantes de son arrestation qui ont fait le tour du monde n’étaient pas opportunes au moment où l’on parle de réconciliation nationale.

Quels sont les défis qui attendent Alassane Ouattara et pensez-vous qu’il pourra les relever dans l’intérêt de la Côte d’Ivoire ?

Les défis qui attendent le Président Alassane Ouattara sont énormes et multiples. Je pense que son plus grand challenge, c’est de pouvoir appliquer son programme de société qu’il a présenté pendant la campagne électorale. Cependant, vu l’état dans lequel il prend la tête du pays, plusieurs programmes d’urgence ad hoc doivent être mis sur pied afin d’instaurer un Etat de droit en Côte d’Ivoire le plus rapidement possible. C’est vrai que le Président Ouattara place son mandat sous le signe de la réconciliation et de la reconstruction, mais cela ne peut être concret que dans un Etat de droit.

Pour cela, je pense que la lutte contre l’insécurité doit être la plus grande de ses priorités. Comme le dirait l’autre, la ville d’Abidjan est devenue aujourd’hui une poudrière à ciel ouvert. N’importe qui possède une arme et fait sa petite loi. Il va falloir prendre des mesures idoines pour éradiquer cette circulation illégale et anarchique des armes. Il est également urgent de remettre en marche la justice ivoirienne. Le nouveau Président de la République doit par ailleurs redresser une économie au point au mort, créer des milliers d’emplois pour les jeunes afin que ceux-ci puissent s’insérer dans le tissu social du pays. Voilà des défis parmi tant d’autres auxquels monsieur Ouattara devra faire face. Bien sûr qu’il pourra les relever, à condition qu’il se fasse entourer des personnes compétentes qui maîtrisent leurs domaines.

Avec la crise que vit la Côte d'Ivoire, le désarmement est devenu un terme à la mode


Vous décrivez Abidjan comme une poudrière à ciel ouvert. Mais comment peut-on parvenir à mettre fin à la circulation anarchique des armes en ce moment ?

En Côte d’Ivoire, il existe une Commission nationale de lutte contre la prolifération et la circulation illicite des armes légères et de petit calibre (ComNat-CI). Le gouvernement ivoirien doit donc mandater dans les meilleurs délais, cette institution afin qu’elle initie des programmes pouvant favoriser un désarmement de la population civile et plus particulièrement des groupes cibles. L’Etat ivoirien et les différents bailleurs de fonds internationaux doivent attribuer des moyens financiers et matériels conséquents à cette commission nationale afin qu’elle puisse s’acquitter rapidement et de façon efficace de sa mission.


Vous savez, avec la situation que vit la Côte d’Ivoire, le désarmement est devenu aujourd’hui un terme à la mode. On constate que c’est l’armée ivoirienne et les forces dites impartiales qui procèdent au désarmement. Ce n’est pas mauvais en soi. Mais, il faut que les gens sachent que le désarmement des civils est un processus parfois de longue haleine qui passe par des programmes ad hoc et des actions concrètes comme des campagnes de sensibilisation. Aucune étape ne doit être brûlée. Vous savez, le désarmement est avant tout spychologique et nécessite un travail en amont. Les gens ne désarment que dans un climat de confiance et surtout lorsqu’on leur donne des garanties nécessaires pour leur sécurité. Des civils désarment plus facilement lorsqu’ils ont en face d’eux, des interlocuteurs civils. En un mot, le désarmement des populations doit être piloté par une structure civile qui est la ComNat-CI.

Le désarmement coercitif n'est que symbolique et ne produit pas toujours les effets escomptés


Le désarmement coercitif n’est qu’est que symbolique et ne produit pas toujours les effets escomptés. La preuve, le vendredi 29 avril dernier, il a été annoncé que des miliciens déposaient des armes à Yopougon, une commune d’Abidjan. Cela a même donné lieu à une cérémonie en présence de la presse. Mais quelques jours après, on a entendu des tirs à l’arme lourde dans la zone où les groupes cibles ont procédé au désarmement. Cela montre que le message n’est pas passé et que certaines étapes ont dû être brûlées. Cela peut aussi vouloir dire que les initiateurs de ces programmes ne sont pas les vraies références.

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le désarmement est donc une affaire de spécialistes ?

Bien sûr que c’est une affaire de spécialistes ! En Côte d’Ivoire, la seule structure de référence dont les compétences en matière de désarmement des populations civiles sont reconnues aussi bien au niveau national qu’à l’échelle internationale est bel et bien la ComNat-CI. Je pense donc qu’il revient de droit à cette structure, seule experte dans ce domaine, de piloter tous les programmes d’urgence relatifs au désarmement des populations en Côte d’Ivoire, à commencer par le district d’Abidjan.

Les gens ne désarment que dans un climat de confiance et surtout lorsqu’on leur donne des garanties nécessaires pour leur sécurité





D’ailleurs, la résolution 1980 du 28 avril 2011 du Conseil de sécurité de l’ONU le rappelle en son paragraphe 4 et conforte la ComNat-ci dans cette position. Ainsi, en tant que maître d’ouvrage, la ComNat-CI saura mieux impliquer des acteurs ivoiriens clés comme l’armée et la société civile dans la mise en œuvre de ces programmes. Elle pourra par ailleurs solliciter des structures techniques comme le programme de service civique national (PSCN) et le programme national de réinsertion et de réhabilitation communautaire (PNRRC) pour la réinsertion socio-économique des groupes cibles concernés par le désarmement.

Combien de temps faudra t-il pour parvenir à un désarmement total ?

En matière de désarmement des populations civiles, il n’y a pas de date butoir. Je pense même qu’il serait utopique de parler de désarmement total avec toutes ces caches d’armes qu’on découvre au fil des jours. Retenez que le désarmement passe essentiellement par la sensibilisation. Et cette sensibilisation doit être inscrite dans la durée et surtout dans l’air du temps. Le désarmement est donc une affaire de tous les jours. Le défi qui s’impose aujourd’hui, c’est de parvenir à réduire de manière drastique la circulation anarchique des ALPC sur toute l’étendue du territoire ivoirien. Il faut que nos autorités se dotent de moyens matériels adéquats qui leur permettent de contrôler des ALPC dans le pays. Car, c’est à travers un désarmement concret qu’on pourra instaurer un environnement de sécurité.







       
Mots-clés
abidjan   afrique   alassane ouattara   côte d'ivoire   crise ivoirienne   laurent gbagbo   présidentielles ivoiriennes   union africaine   
 
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