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Joe Biden © Mark Wilson/AFP
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Affectueusement appelé Joe Biden, le nom du sénateur du Delaware, vétéran du sénat, a été fraîchement rendu public par le candidat Démocrate Barack Obama, qui a fait de lui son colistier dans la course à l’investiture américaine.
Comme tous les candidats à la Maison-Blanche, Obama n’a pas dérogé à la règle et a choisi un candidat à la vice-présidence plutôt âgé et expérimenté, blanc, catholique, spécialisé dans les affaires internationales. Voici l’homme à travers :
Une trajectoire…
A 65 ans, le sénateur du Delaware est aussi professeur de droit constitutionnel. Il préside depuis l’an dernier la Commission des Affaires Etrangères du Sénat américain. Réputé conservateur, il est partisan d’un protectionnisme économique.
Des atouts…
Joe Biden pèse lourd dans le paysage politique américain dont il maîtrise parfaitement les rouages de la machine législative. Il est lui même élu au Sénat depuis 1972.
Stratégiquement, il pourrait séduire un électorat indécis, voire la frange des républicains qui ne se reconnaîtraient pas en John McCain.
S’il est un ami proche du candidat républicain John McCain, Biden n’en reste pas moins un démocrate, réputé pour sa loyauté. Il peut constituer un renfort de poids pour Obama, tout en ne risquant pas de lui faire de l’ombre. en plus, le fait pour lui d’être catholique, pourrait séduire une partie de cet électorat, jusqu’ici peu concernée par le candidat démocrate. Le vote latino, par exemple, pourrait faire pencher la balance.
Mais aussi des faiblesses…
Ses changements d’opinion sur la guerre en Irak. Il a d’abord apporté son soutien sur l’administration Bush dans le conflit irakien, avant de faire un revirement et de devenir l’un des plus virulents, dans ses critiques sur la gestion du conflit.
Ses adversaires pourraient aussi ressortir de vieilles histoires de plagiat. Candidat aux primaires démocrates de 1988, il avait dû abandonner, accusé d’avoir plagié un discours de l’homme politique britannique Neil Kinnock. Ses opposants avaient découvert une autre affaire de plagiat, alors qu’il était encore étudiant.
Des phrases phares…
Joe Biden est réputé pour pour ses discours prolixes, loin de la prudence coutumière en politique.
Pourtant, ses attaques outrancières n’avaient pas épargné Obama. Pendant la première partie de la campagne 2008, Biden affirme que le sénateur de l’Illinois était
"le premier Afro-Américain qui soit éloquent, brillant et propre" - une remarque condescendante, qui fit hurler les électeurs noirs américains.Cette anecdote est classée, c’est donc de l’histoire ancienne.
Il a rectifié le tir à propos d'Obama : « C’est un homme que je suis fier d’appeler ‘mon ami’. C’est le futur président de la République… Voici… Barack… America ! »
Si Joe Biden", avait jugé l'an dernier qu'Obama n'était pas encore prêt pour la Maison Blanche, charismatique, impétueux, il apporte donc à Barack Obama une certaine forme d’expérience.
Egalement réputé pour ne pas avoir la langue dans sa poche et pour mener des campagnes politiques sans merci, il n'a pas épargné John McCain samedi. Evoquant la table de cuisine autour de laquelle sont discutées les difficultés dans les foyers, le sénateur a brocardé son rival, propriétaire de plusieurs maisons.
"John McCain n'a pas ce genre de préoccupations. Il doit se demander autour de laquelle de ses sept tables de cuisine il doit s'assoir", a-t-il lancé.
Né en 1942 à Scranton, en Pennsylvanie, dans une famille catholique originaire d’Irlande, la personnalité combative affichée par Biden contrebalance le style mesuré et apaisé d’Obama.
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