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L'Afrique dans la tourmente du cours du pétrole
25/03/2008
 

Solutions pour contenir l'impact de la hausse du pétrole
 
Par African Business Club
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© Station de forage au Nigéria  

Mercredi 12 Mars 2008, le cours du pétrole brut établit un nouveau record à $109 le baril après avoir atteint le niveau record de 100$ à la fin de l’année 2007. Le constat est clair : la hausse du prix du pétrole sur les marchés internationaux, commencée en mars 1999 continue sa remontée rapide. Désormais, toutes les prévisions sont à reconsidérer, car très peu de personnes peuvent aujourd’hui donner des prévisions précises sur l’évolution de prix de “l’or noir”.

Si cette envolée réjouit les grands pays producteurs, et reste supportable pour les pays développés, elle suscite des troubles en divers endroits du globe en particulier dans les pays en voie de développement. Notamment dans les pays africains où les économies sont déjà parmi les plus faibles au monde.

La consommation des pays africains demeure modérée (3% de la production totale selon les statistiques 2006 de British Petroleum). Cependant, même si le pétrole semble abondant en Afrique (10% des réserves mondiale), il constitue une matière première vitale sur laquelle repose directement ou indirectement le système économique africain. En effet, selon des études menées par l’Agence Internationale de l’Energie (AIE/IEA), les besoins énergétiques croissent de 2 à 3% par an dans le monde entier.

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Malgré la forte compétition entre les sources d’énergie, le secteur du transport en Afrique, qui dépend à 97% du pétrole subit la répercussion de la hausse vertigineuse du prix du carburant. De plus avec une population représentant environs 15% de la population mondiale, l’Afrique n’est pas en marge des bouleversements économiques voir sociaux que pourrait engendrer la situation actuelle des pays africains déjà fragilisés par diverses conjectures. C’est le cas du Cameroun où la cherté de la vie a récemment crée des remous pendant plusieurs jours.

Les factures pétrolières de la majorité des pays africains représentaient déjà en 2006, entre 1,61% (pour le Mali) et 25% (pour Djibouti) de leur richesse mesurées par la Produit National Brut (PNB). Si cette flambée de prix de “l’or noir” continue, les troubles sociaux, pourraient se multiplier, et mettre en périls les efforts de développement déjà difficile du continent.

Quelques solutions :
 
 

Les nations unies, déjà saisies par la question, se sont vues proposer plusieurs solutions. Les pays du nord ont également entrepris de mettre en place des aides directes ou indirectes, allant jusqu’à réduire voire annuler la dette de certains pays africains. Malgré toutes ces actions, le constat est clair, le prix du pétrole continue de croître.

Les analystes les plus pessimistes pensent que cette hausse ne s’arrêtera pas et pourrait atteindre les 200$ d’ici à 2015. En fait ils annoncent le “Peak oil” ou l’épuisement des réserves mondiales entre 2015 et 2025. Aussi, comme l’a montré le célèbre prix Nobel d’économie J. M. Keynes, tout bien rare est cher. Ce qui pourrait justifier que, tant que le pétrole sera rare et sans une augmentation du niveau actuel de la production, il est légitime de penser que le prix de l’or noir continuera de croitre.


En Afrique, pour faire face à cette situation qui ne cesse de se détériorer depuis le début des années 2000, des comités se sont mise en place. On compte parmi eux "l’Union Africaine des Ministres en Charge des Hydrocarbures" qui réfléchit sur des recommandations régionales et continentales en vue de bâtir des politiques et des stratégies cohérentes en matière d’énergie.

Aussi, dans les pays africains et particulièrement, dans les pays africains non producteur de pétrole (PANPP), jusqu’à récemment, l’une des stratégies les plus communes consistait à octroyer des subventions. Ces subventions qui visent à conserver un certain niveau de stabilité ont cependant de graves inconvénients. Elles auraient pu servir à financer des projets de développement prioritaires. Ainsi, lorsque le prix du pétrole dans un pays devient inférieur à celui des pays limitrophes, on assiste au développement de contrebandes et plusieurs autres problèmes (corruption, mauvaise qualité des dérivées produits,….).

Le président Abdoulaye Wade, allant dans ce sens à donc proposé depuis septembre 2006, sa célèbre formule, connu sous le nom de “Formule Wade”. Cette formule qu’il défend pour le compte des PANPP met en valeur le superprofit réalisé par les pays producteurs auprès des pays non producteurs et particulièrement en Afrique. Ce superprofit est exprimé par : St = Qt(Pt – 29$). Selon cette formule qui est encore discutée, les pays riches et les majors pétroliers doivent reverser au PANPP la part élevée qu’ils payent quand le prix du pétrole dépasse le prix de référence de 29$.


Ce surplus qui représente en fonction des pays une part importante du PNB sera utilisé selon Abdoulaye Wade pour financer le développement et la construction d’infrastructures indispensables aux Pays Africains Non-Producteurs de Pétrole. Une analyse plus poussée de cette formule nous montre qu’elle ne tient compte que de l’évolution du prix du pétrole qui elle à son tour est fonction de plusieurs facteurs exogènes dont l’inflation et les coûts d’investissements de plus en plus élevés en amont de l’économie pétrolière.

Nous pensons à notre niveau que dans un tel contexte, en attendant que les pays du nord, et les pays producteurs réagissent, nous proposons que l’Afrique mette à profit ses atouts climatiques et environnementaux majeurs. Ceci par le développement de nouvelles sources d’énergie telles que le solaire, l’énergie hydroélectrique, l’éolienne et le biofuel qui sont aussi des énergies dites propres respectant les nouvelles normes et réglementations environnementales.


L’Afrique doit aussi encourager les unions entre Etats visant à la recherche sur ces nouvelles sources d’énergie, et surtout mener des campagnes de sensibilisation sur la consommation en énergie. Enfin les différents chefs d’Etat doivent se servir de l’expérience de la situation actuelle, pour la mise en place d’un fond souverain de stabilisation pour compenser les hausses de prix qui pourraient avoir un impact considérable sur la consommation et l’économie des pays africains.

Nous restons convaincus que ces quelques solutions pourraient réduire le superprofit réclamé aux pays producteur et aux majors pétrolieres à travers la formule Wade. Cette formule quelque peu controversée pourrait devenir St = (Qt – Q’t) x (Pt – 29$), où Q’t représentera la quantité des énergies nouvelles, substituant en partie la consommation du pétrole et réduisant par la même occasion St la surcharge subi par les pays africains et particulièrement les PANPP.


www.africanbusinessclub.org

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