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Le 23 mai reconnu date officielle du souvenir des victimes de l'esclavage colonial
04/05/2008 |
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Le 23 mai 2008 aura donc lieu la journée nationale du souvenir des victimes de l'esclavage colonial. En officialisant cette date, une circulaire du 2 mai 2008 met fin à la contestation du 10 mai comme journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage. Le Comité de Marche du 23 mai 1998 (CM98)1 et le Collectifdom2 saluent cette décision du président de la République Nicolas Sarkozy.
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Par
Audrey Brière |
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En instituant le 23 mai comme journée nationale du souvenir des victimes de l'esclavage, la circulaire n° 5294/SG, publiée au Journal Officiel le 2 mai 2008 et signée par le Premier ministre François Fillon, est venue mettre un terme à la contestation du 10 mai comme journée nationale de commémoration de l'abolition de l'esclavage par les principales associations de Français originaires d’outre-mer. En effet, elles estimaient que cette date rendait hommage aux abolitionnistes, et non pas aux victimes.
Dans un communiqué de presse, la délégation interministérielle pour l'égalité des chances des Français d'outre-mer (DIMECFOM), a précisé qu'à côté du 10 mai, érigé en « journée nationale sur l’histoire de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, coexisteront 5 dates en outre-mer (le 27 mai en Guadeloupe, le 10 juin en Guyane, le 22 mai en Martinique, le 20 décembre à La Réunion et le 27 avril à Mayotte) et une date, le 23 mai, pour l’hexagone ».
Patrick Karam, Délégué interministériel pour l’égalité des chances des Français d’outre-mer, « se réjouit de cette réconciliation à laquelle il a activement contribué en recherchant une solution satisfaisante pour tous à cet égard », conclut le communiqué.
De son côté, le Collectifdom (Collectif des Antillais, Guyanais, Réunionnais et Mahorais) a remercié le président de la République, « qui permet désormais à notre communauté vivant en métropole de considérer la date du 23 mai comme journée du souvenir des victimes de l'esclavage colonial ». Non sans rappeler au passage que ce changement de calendrier n'est que justice, puisque qu'il faisait partie de l'engagement de M. Sarkozy quand il était candidat à l'élection présidentielle de 2007.
L'association a aussi adressé ses félicitations à Patrick Karam et Serge Romana, président du Comité de Marche du 23 mai 1998 (CM98), qui n'ont pas ménagé leur peine pour aboutir à ce résultat. « La mémoire de nos ancêtres sera enfin honorée, ce de façon officielle. La communauté antillaise vivant en métropole aura désormais cette date bouclier du 23 mai de façon à la protéger contre toute forme de récupération », a conclu Daniel Dalin, président du Collectifdom, dans un communiqué.
Par ailleurs, le CM98 s'est également félicité de la publication de la circulaire. « Le CM98 se réjouit que la République reconnaisse la nécessité et le besoin impérieux qu’éprouvent les Français originaires d’outre-mer d’honorer le passé douloureux de leurs aïeux, qui ne doit pas être oublié. Ce faisant, la République accepte leur identité spécifique de Français descendants d’esclaves et ouvre la voie à une citoyenneté apaisée des Antillais, des Guyanais et des Réunionnais vivant en France hexagonale », a déclaré l'association dans un communiqué.
Ainsi, le 23 mai 2008, les « Français descendants d'esclaves » assisteront à la cérémonie officielle aux jardins du Luxembourg aux côtés de Serge Romana et de Patrick Karam. |
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Rendre hommage aux victimes |

Jour anniversaire de commémoration de l'abolition de l'esclavage officialisé par Jacques Chirac le 30 janvier 2006, le 10 mai était loin de faire l'unanimité. C'est le comité pour la mémoire de l’esclavage (CPME), présidé par l'écrivain guadeloupéen Maryse Condé, qui déclencha cette polémique mémorielle en 2005, en proposant cette date. Or, elle ne correspondait historiquement à aucun moment clef de la lutte contre l'esclavage. L'idée était de rappeler le 10 mai 2001, date de l'adoption définitive par le Parlement de la loi « Taubira » reconnaissant la traite et l'esclavage comme des crimes contre l'humanité.
C'était sans compter Serge Romana – à l’origine de la grande marche silencieuse du 23 mai 1998 qui lança le débat national aboutissant à la loi « Taubira ». Pour la plupart des associations Outre-mer, la date du 23 mai aurait dû être retenue, et ce pour une triple raison: ce fut le 23 mai 1848 que les esclaves martiniquais vécurent leur premier jour de liberté, ce fut le 23 mai 1998 que plus de 40.000 descendants d'esclaves marchèrent silencieusement dans les rues de Paris, et ce fut le 23 mai 2001 que fut publiée la loi « Taubira » au journal officiel. « La date du 23 mai s'imposait, car il s'agit de commémorer les victimes de l'esclavage, et non les abolitionnistes », avait expliqué en février 2008 Victorin Lurel, secrétaire national du PS à l'Outre-mer et président du Conseil régional de la Guadeloupe. |
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