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Le président sénégalais Abdoulaye Wade revient sur la hausse des prix alimentaires et met en cause la FAO
19/05/2008 |
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En tournée promotionnelle pour vendre son dernier livre, le président sénégalais Abdoulaye Wade s'est arrêté quelques jours à Paris. Temps qu'il a mis à profit pour revenir sur la hausse des prix alimentaires qui frappe le monde entier, accusant notamment la FAO de mauvaise gestion de la crise.
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Par
Audrey Brière |
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« Héritage de la colonisation » |
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Le président sénégalais Abdoulaye Wade
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seneweb.com |
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Au journaliste de Libération qui lui demandait, samedi 17 mai 2008, d'expliquer les raisons de la dépendance du pays au riz, le président sénégalais Abdoulaye Wade a invoqué « l'héritage de la colonisation ». En effet, le riz cultivé par les Français en Indochine étant exporté au Sénégal, ce dernier l'aurait adopté, se spécialisant dans la monoculture d'arachide – exportée en France – pour payer les importations de riz. Venu le temps de l'indépendance, les exportations vers l'ancien colonisateur se seraient arrêtées, sans que stoppe la dépendance au riz. D'où les quelques 600 000 tonnes importées chaque année.
La culture locale du riz fut un échec, a ajouté le président Wade. « L'Union européenne a dépensé beaucoup d'argent, sans tenir compte des réalités locales. Si bien que le riz produit au Sénégal coûtait plus cher que le riz importé ». Alors le président, qui occupe sa fonction depuis huit ans, a cherché à diversifier l'approvisionnement, faisant de l'Inde le premier fournisseur en riz du Sénégal. « Les Indiens sont capables de prêter de l'argent à long termes aux pays africains. Beaucoup plus que l'Union européenne ». Il s'agirait là, selon lui, d'une forme de solidarité entre pays en voie de développement, comme avec la Chine. Et non une tentative pour s'assurer un accès aux matières premières, voyons. |
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Diatribes contre la FAO |
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Le chef de la FAO, Jacques Diouf
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com |
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Le président Wade a par ailleurs déclaré que ses concitoyens n'avaient pas subi de plein fouet la hausse des prix du riz, celui-ci étant en grande partie subventionné. « Je ne dis pas que tout le monde est satisfait de la situation actuelle, mais il n'y a pas de tension aujourd'hui au Sénégal », a-t-il assuré. Rappelons quand même que plusieurs milliers de personnes – 5 à 6000, selon les organisateurs, 6 à 7000, selon la police – s'étaient rassemblés le 26 avril à Dakar. Les manifestants avaient dénoncé la vie chère ainsi que le report des élections locales, défilant dans le calme en scandant des slogans hostiles au président Abdoulaye Wade, tels que « le riz est cher, va-t’en ! ». Alors tout le monde ne semble pas satisfait, effectivement.
En outre, la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture) serait responsable de la crise. « Il y a une dizaine d’années, entre 70 et 80 % du budget de la FAO était avalé par des dépenses de fonctionnement contre seulement un peu plus de 20 % dévolues à des actions sur le terrain. Et aujourd’hui les choses n’ont quasiment pas bougé » s'est insurgé M. Wade. D'autant plus que les experts financés par l'organisme onusien sont européens et n'apportent « pas grand-chose à nos pays ». « La réalité, c’est que l’aide pour notre continent fait vivre beaucoup de monde, mais pas beaucoup d’Africains », a-t-il accusé. En d'autres termes, il n'y a pas de famine qui menace, mais s'il y en avait une, ce serait la faute de la FAO.
D'ailleurs, il avait réclamé, dimanche 4 mai, à Dakar, la suppression pure et simple de l'organisme, estimant que la crise alimentaire était « largement son échec ». « En dépit de tous les mérites de son directeur général [Jacques Diouf, NDLR], c'est l'institution FAO qui doit être mise en cause », avait-il affirmé. « Cette institution aux activités dupliquées par d'autres, apparemment plus efficaces (...), est un gouffre d'argent largement dépensé en fonctionnement pour très peu d'opérations efficaces sur le terrain ». Ce qu'il faut faire ? « Dissoudre la FAO et la remplacer par un nouvel organisme de l’ONU qui serait le Fonds international pour le développement agricole ». Rien de moins. Mais doit-on rappeler que la FAO n’a qu’un rôle de conseil, de soutien et d’assistance technique en matière d’expertise ?
Jacques Diouf, le chef de la FAO, n'avait pas manqué de répondre à cette diatribe, le jeudi suivant, dénonçant une « polémique motivée par des raisons de politique intérieure sénégalaise ». La FAO a notamment fait valoir que le budget bisannuel de la FAO était « équivalent à celui du ministère de l’Agriculture de l’Afrique du Sud ». Elle a rappellé que les ressources de la FAO avaient « baissé en termes réels de 22 % tandis que le personnel de la FAO a diminué de 24,6 % entre 1994 et 2007 bien que le nombre des États membres soit passé de 169 à 191 ». D'où, peut-être, certaines difficultés ? |
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