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Livre : "La férocité blanche" de Rosa Amelia Plumelle Uribe (2001)
14/10/2009
 

Retour sur un livre paru en 2001, déjà devenu un classique et qui demeure est l'un des plus pertinents jamais écrits sur les dégâts que causèrent les théories de la suprématie raciale blanche au fil des siècles, jusqu'au point culminant que constitua la seconde guerre mondiale
 
Par Iphri.net
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''La férocité blanche'' de Rosa Amelia Plumelle-Uribe  
''La férocité blanche'' de Rosa Amelia Plumelle-Uribe
 

Extrait : Dans sa requête pour un adoucissement des lois d’exception appliquées aux non-blancs dans la partie française de l’Amérique, Morenas rapporte le cas suivant :

"Un tribunal de la Guadeloupe, par jugement du 11 brumaire an XI (1803), a condamné Millot de Girardière à être exposé sur la place de Pointe-â-Pitre dans une cage en fer jusqu’à ce que mort s’en suive. La cage qui sert à ce supplice a huit pieds de haut. Le patient qu’on y enferme est à cheval sur une lame tranchante; ses pieds portent sur des espèces d’étriers et il est obligé de tenir les jarrets tendus pour éviter d’être blessé par la lame.

Devant lui, sur une table qui est à sa portée, on place des vivres et de quoi satisfaire sa soif; mais un garde veille jour et nuit pour l’empêcher d’y toucher. Quand les forces de la victime commencent à s’épuiser, elle tombe sur tranche de la lame qui lui fait de profondes et cruelles blessures. Ce malheureux, stimulé par la douleur, se relève et retombe à nouveau sur la lame acérée qui le blesse horriblement. Ce supplice dure trois à quatre jours."


Peut-être faut-il déjà avant toute chose énoncer le titre de ce livre dans son intégralité: "La férocité blanche, des non-blancs aux non-aryens: génocides occultés de 1492 à nos jours"Comme le précise Louis Sala-Molins dans son excellente préface à l’oeuvre, l’afro-colombienne Rosa Amelia Plumelle-Uribe est avocate de formation: là reside justement la force de son style. Car ici, point d’émotivité gratuite, d’accusations à l’emporte-pièce, de tirades éloquemment vaines; point d’affirmations sans preuves. Dans ce livre, il n’y a que des faits, des faits et encore des faits, tous se basant sur des sources fiables et clairement identifiées. Le plaidoyer est donc en béton: et il met à nu une vérité honteuse, laide, atroce.

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La grande aventure de la suprématie blanche commence comme tout le monde le sait en 1492, date de la découverte (sic) de l’Amérique. Très rapidement, l’Europe blanche se donna pour mission de christianiser les indigènes, d’assumer son fardeau évangelisateur:

“Des chrétiens rencontrèrent une Indienne qui portait dans ses bras un enfant qu’elle était en train d’allaiter; et comme le chien qui les accompagnait avait faim, ils arrachèrent l’enfant des bras de la mère et, tout vivant, le jetèrent au chien qui se mit à le dépecer sous les yeux mêmes de sa mère.” Autre témoignage, celui de l’aumonier espagnol Las Casas: “Arrivés au village après ce déjeuner sur l’herbe, les Espagnols ont une nouvelle idée: c’est de vérifier si les epées sont aussi tranchantes qu’elles paraissent. (…) En un rien de temps, il ne reste aucun survivant de ceux qui se trouvaient là.”

Résultats des courses: 50 ans après l’arrivée de Colomb, la population autochtone de l’Amérique était passée de 80 à 10 millions d’habitants; Au Mexique en particulier, la population passa entre 1492 et 1600 de 25 à 1 million d’habitants. Un génocide approchant globalement les 90%. A peine croyable, le plus grand génocide de l’Histoire de l’Humanité est depuis resté, de très loin, le plus anonyme.

(...) Malgré ma prise de conscience plutôt précoce quant à l’aliénation économique et aux inégalités sociales, je suis arrivée à l’âge adulte sans toujours savoir ce qu’aliénation raciale voulait dire. Je dois à Amir Smith ainsi qu’à Vicente Murrain et Amilkar Ayala de m’avoir fait découvrir, en 1977 à Bogotá, le Discours sur le colonialisme d’Aimé Césaire, les livres de Frantz Fanon, l’autobiographie de Malcolm X et Tambores del Destino, l’ouvrage de Peter Bourne sur la révolution haïtienne. C’est alors seulement que j’ai pris conscience de notre singulière position dans l’humanité. Position qui, comme le dit Césaire, remonte à l’époque où des millions de femmes, d’hommes et d’enfants, chassés de chez eux et enchaînés comme des bêtes, furent obligés de traverser l’Atlantique pour être dépouillés de leur dignité humaine sous le ciel d’Amérique
Rosa Amelia Plumelle-Uribe


L’étape suivante de cette grande aventure fut la traite négrière. Ici les choses furent faciles: l’horreur fut institutionnalisée, codifiée et appliquée par des tribunaux au nom de la justice. Au hasard: “Un jugement du Conseil supérieur de Martinique a condamné, le 17 juin 1679, plusieurs nègres à subir l’amputation d’une jambe, plusieurs négresses à avoir le nez coupé et tous à être marqués d’une fleur de lys empreinte sur le front avec un fer rouge pour avoir cherché à s’évader.” Inutile de s’attarder sur des banalités quotidiennes comme le viol systématique des femmes Noires, les tortures les plus diverses et les plus raffinées, l’émasculation, ou la flagellation à mort des récalcitrants.

Lothar Von Trotha  
Lothar Von Trotha
© missionaridafrica.org
 

A Saint-Domingue par exemple, les Nègres se révoltent. Et pour les mater, on envoie en renfort les fameux chiens mangeurs de Nègres. Témoignage: “On a désigné d’avance une victime, et choisi pour le lieu de l’exécution la cour d’un couvent de religieuses (…) Le Noir est attaché au poteau; les chiens stimulés par une faim dévorante ne sont pas plus tôt lâchés qu’ils mettent en lambeaux ce malheureux.” C’est le triomphe du siècle des Lumières. En 1901, on s’en souvient encore: “Retracer l’histoire de la traite des Noirs, c’est donc retracer l’histoire d’une des pages les plus brillantes de notre histoire commerciale.” Ainsi soit-il.

La mission civilisatrice se déplace ensuite vers l’Afrique. En Namibie par exemple, tout est clair dès le départ: “N’epargnez aucun homme, aucune femme, aucun enfant, tuez-les tous.”, dixit le Roi Guillaume II de Prusse en 1904. Il fut entendu, et obéi à la lettre par son General en Chef, Lothar Von Trotha: “A l’intérieur des frontières allemandes, tout Herero, qu’il soit trouvé avec ou sans fusil, avec ou sans bétail, sera abattu.”. Voilà qui a le mérite d’être clair.

Au final, une extermination des Hereros à 90%, qui préfigurait déjà de ce qui se passerait 40 ans plus tard.Au Congo du Roi Léopold, ce sont des mains que l’on tranche et que l’on fume (sic) pour les conserver; ce sont des têtes que l’on coupe et dont le squelette crânien est utilisé pour entourer des parterres de fleurs; ce sont des dizaines de milliers d’africains qui crèvent sous le fouet et la rigueur des travaux forcés. Mais ce sont aussi d’inoubliables souvenirs.

Les dégâts causés par la colonisation belge au Congo  
Les dégâts causés par la colonisation belge au Congo
 

Tenez: “La potence est dressée. La corde est attachée trop haut. On soulève le moricaud et on lui passe le noeud coulant. La corde tourne quelques instants, et puis crac, l’individu est à terre qui gigote. Un coup de feu dans la nuque et le tour est joué. Pas la moindre impression cette fois! Et dire que la première fois que j’ai vu administrer la chicotte, j’en ai pâli d’éffroi. L’Afrique a du bon tout de même. J’irai maintenant au feu comme à une noce.” Les mêmes causes produisant les mêmes effets, pas de surprise donc: la population de l’Afrique sub-saharienne passera de 200 à 130 millions d’habitants entre 1860 et 1930.

Puis ce qui devait arriver arriva: la Bête se retourna contre elle-même; elle chercha parmi les Blancs ceux qui étaient les moins Blancs, décida que c’était les Juifs, et les sacrifia sur l’autel de la pureté de la race. Lente descente aux enfers qui se solda par la spoliation, la déshumanisation et l’extermination de 6 millions de Juifs, dans des conditions cauchemardesques, infra-humaines. Et contrairement au cliché commode qui a vu en ce drame la folie paranoïaque d’une minorité fasciste, l’auteur démontre ici, fort brillamment, que la Shoah fut non seulement l’aboutissement d’une philosophie qui germa des siècles auparavant, mais surtout que le peuple allemand lui-même fut plus que complice; nous dirons acteur.

A la fin de la seconde guerre mondiale, pourtant, la blanchitude se réconcilie et recommence à fouetter les chats d’avant. En Afrique du Sud, la suprématie blanche est légalement réinstaurée, avec l’appui de la France, des Etats-Unis d’Amérique, d’Israël même. Aux Etats-Unis, ce sont les Nègres qu’on lynche entre deux barbecues. Dans le reste de l’Afrique, ce sont des “maquisards” et des “rebelles” qu’on nettoie méthodiquement.

 
 

Impressionnant tour de force, La férocité blanche d’Amelia Plumelle-Uribe est sans doute l’un des documents les plus incontournables et les plus complets sur les crimes commis sur les sous-hommes au nom de la civilisation et de la suprématie raciale blanche. Car au delà des faits rapportés qui sont par essence indiscutables, le lecteur objectif ne peut que s’incliner devant la limpidité du style, la pertinence des analyses et la profondeur de la réflexion qu’offre ce travail titanesque mais toujours fluide, facile à lire.

Elle aura évité la compilation de drames, l’anecdotique et la superficialité du fait brut, pour proposer une oeuvre dont le but est non pas de décrire pour susciter l’émotion, mais d’expliquer pour permettre la compréhension vraie. Le ton dépassionné et sans complaisance donne encore plus de dignité à ces pages sombres de l’Histoire qu'une certaine bien-pensance occidentale veut déchirer en petits morceaux et balayer sous le tapis.

Déjà un classique.

       
Mots-clés
afrique   colonialisme   colonisation   diversité   esclavage   la férocité blanche   livre   racisme   rosa amelia plumelle uribe   traite négrière   
 
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