Retrouvez Grioo.com sur votre mobile: http://m.grioo.com
Grioo.com   Grioo Pour Elle       Village   TV   Musique Forums   Agenda   Blogs  
   Vendredi 24 Mai 2013 RECHERCHER : Sur Grioo.com  Sur Google 
 Accueil  Rubriques  Archives  Forum     Qui sommes-nous ?     

  News
News pays
Afrique
Caraïbes
Monde
Société
Sports
Santé
Insolite
Bloc Notes
  Economie
Management
  Culture
Histoire
Médias & Société
Musique
  Hommes illustres
Success stories
Interviews
Parcours
Initiatives
  Célébrités
Quizzs
Galeries Photos
Bons Plans
Musique
  Opinions
Conseils B2B
Forum


Pour recevoir notre lettre d'information, veuillez saisir votre email








AccueilRubriquesOpinionsArticle
Lutte contre la corruption au Cameroun : et si on commençait par l’article 66 de la constitution ?
29/06/2012
 

Ces derniers temps au Cameroun, les autorités mènent une campagne d’arrestations spectaculaire contre les anciens barons du régime politique en place. S’agit-il d’une vraie campagne d’assainissement et de moralisation de la vie publique au Cameroun ou d’un simple règlement de comptes contre des prétendants potentiels au pouvoir suprême?
 
Par Sali Bouba Oumarou
Imprimer
Envoyer à un ami
Réagir
 Publicité 
 
Le président camerounais Paul Biya  
Le président camerounais Paul Biya
 

L’actualité Camerounaise reste dominée depuis un certain temps par la série d’arrestations spectaculaires des anciens barons du régime politique en place. Ces mises en détention participeraient selon la thèse officielle à l’assainissement des mœurs dans le processus de gestion des ressources publiques.

Ainsi celles-là s’inscriraient en droite ligne avec la volonté affirmée (dans les discours officiels) de lutter contre la corruption et spécifiquement contre les détournements des deniers publics. Face à cette thèse officielle, se dresse la thèse selon laquelle ces arrestations participeraient plutôt à une forme d’épuration politique contre les prétendants au pouvoir suprême. Il s’agirait alors selon ce point vue, de la réponse politique d’un système à bout de souffle aux prétentions internes au système.

La volonté affirmée de lutter contre la corruption dans les discours est mise à mal par la non mise en œuvre de certains mécanismes constitutionnels. A l’instar de l’article 66, relatif à la déclaration des biens. Et si on commençait par là ?


S’il est difficile pour nous de voir clair dans les intentions manifestes et/ou latentes des acteurs dans ce remue ménage politico et/ou judiciaire, il reste certain que la volonté affirmée de lutter contre la corruption dans les discours est mise à mal par la non mise en œuvre de certains mécanismes constitutionnels. A l’instar de l’article 66, relatif à la déclaration des biens. Et si on commençait par là ?

 Publicité 
 
L'ancien premier ministre Inoni Ephraim, a été arrêté  
L'ancien premier ministre Inoni Ephraim, a été arrêté
 

L’article 66 de la constitution Camerounaise prévoit le système de déclaration des biens au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction pour une catégorie de personnalités politiques et certains fonctionnaires. Il concerne en substance, le chef de l’Etat, le premier ministre, les membres du gouvernement, les députés, les directeurs généraux, pour ne citer que ceux-là.

C’est dire que cet article de la loi fondamentale touche le cœur de la « boite noire » du système politique. L’un des buts visés par celui-ci est alors sans conteste la lutte contre la patrimonialisation des ressources publiques. D’ailleurs pour la banque Mondiale, les systèmes de déclaration des informations financières restent essentiels pour la lutte contre la corruption et contribuent à créer un climat d’intégrité [1] au sein de l’administration et peuvent permettre de détecter l’emploi à des fins privés des ressources publiques. Ainsi donc l’article 66 de la constitution Camerounaise se révèle être d’une importance irréfutable.

L’article 66 de la constitution Camerounaise prévoit le système de déclaration des biens au début et à la fin de leur mandat ou de leur fonction pour une catégorie de personnalités politiques et certains fonctionnaires : président, premier ministre...etc


Cependant, malgré l’importance manifeste de cette disposition constitutionnelle, il a fallu 10 ans (1996-2006) pour voir naître la loi n°003/2006 relative à l’application de cette disposition constitutionnelle. Et depuis maintenant 5 ans, elle attend toujours le décret d’application qui permettra sa mise en œuvre effective. Or dans le même temps le régime en place procède à des arrestations massives en son propre sein selon un timing, des procédés et des objectifs n’ayant pas une visibilité apparente.

Marafa Hamidou Yaya est la dernière victime d'importance de l'opération Epervier...  
Marafa Hamidou Yaya est la dernière victime d'importance de l'opération Epervier...
 

C’est ainsi par exemple que certains hauts fonctionnaires se retrouvent derrière les barreaux pour certains faits alors que d’autres ayant commis des faits similaires sont simplement invités à effectuer des restitutions. Dès lors la tentation est grande de penser que ces arrestations sont à la tête du client et n’auraient pas que des objectifs d’amélioration de l’éthique professionnelle au sein de la fonction publique.

Car tous les hauts fonctionnaires supposés indélicats ne sont pas traités de la même manière comme l’exigerait par exemple l’application de l’article 66 qui est indispensable pour crédibiliser le travail politique contre la corruption.

Tous les hauts fonctionnaires supposés indélicats ne sont pas traités de la même manière


En effet, la crédibilité du travail politique contre la corruption passe nécessairement par l’application effective de l’article 66 de la constitution. Il est certes évident que l’application de cet article ne saurait être la panacée pour la lutte contre la corruption. Cependant il reste un instrument fondamental pour celle-ci. La mise en application de cette disposition constitutionnelle pourra d’une part servir de mise en garde contre la patrimonialisation des ressources de l’Etat par les hauts fonctionnaires dans leurs ensembles y compris le chef de l’Etat.

 
 

D’autre part elle pourra permettre de détecter des conflits d’intérêts (réels et apparents [2] et les potentiels d’enrichissement illicite. C’est certainement pourquoi Joseph R.A. Ayee considère la déclaration des biens comme l’un des instruments clés pour conserver l’intégrité au sein de la fonction publique [3]. L’application de l’article 66 de la constitution pourra être utilisée aux deux niveaux complémentaires que sont la prévention et la répression de la corruption.

Elle peut servir de base pour détecter et éviter les conflits d'intérêts potentiels avant qu'ils ne surviennent et fournir dans le même temps une base pour relever les incohérences dans le patrimoine des personnalités politiques et des fonctionnaires visés. Autrement dit, fournir la preuve probante de revenus illicites et servir de base à d’éventuelles poursuites judiciaires.

Le principe de déclaration des biens peut augmenter de façon significative la responsabilité publique


Les enjeux fondamentaux liés à l’application de cette disposition constitutionnelle sont à relier à la transparence et la responsabilisation des dirigeants politiques et administratifs dans le processus de gestion de la chose publique. Il reste constant que le principe de déclaration des biens peut augmenter de façon significative la responsabilité publique, ce qui entraîne nécessairement la reddition des comptes sur les actes posés par les uns et les autres. Si l’on s’accorde à reconnaître que la lutte contre la corruption est un impératif de développement, il convient alors de mettre en application l’article 66 au plus tôt.

Sali Bouba Oumarou est analyste sur www.UnMondeLibre.org

[1] Banque mondiale, Fiche d’information sur: le rapport intitulé "Public Office, Private Interests: Accountability through Income and Asset Disclosure".

[2] Voir le site de la Banque Mondiale consulté le 25 juin 2012

[3] Joseph R.A. AYEE, « La Fonction publique en Afrique : Ethique »,Cafrad/ONU 13-15 décembre 1998,p.10

Publié en collaboration avec www.UnMondeLibre.org




       
Mots-clés
afrique   cameroun   corruption   opération épervier   paul biya   
 
 Donnez votre opinion ou lisez les 1 réaction(s) déjà écrites
 Version imprimable de l'article
 Envoyer l'article par mail à une connaissance


Partager sur: Partager sur Facebook Facebook   Partager sur Google Google   Partager sur Yahoo Yahoo   Partager sur Digg Digg   Partager sur Delicious Delicious  
 
 
Les dernières photos publiées sur Grioo Village
 
Les derniers articles Grioo Pour Elle

 Grioo Pour Elle, le site des femmes noires et métissées
 
Les derniers billets sur nos blogs
  Jean-Pierre Thystère-Tchicaya naît le 7 janvier 1936 à Pointe-Noire, de parents vili.
  ___Inauguration des voiries urbaines de la ville de Nkayi--Betou mé yamb’ ngue na Congo ! (munukutuba)
  ____La ville de Nkayi sera entièrement électrifiée Jeudi 3 Mai 2012 - 12:41 VILLAGE NATALE in PSYCHISME NEEGRIIER
  ___Qui est à plaindre la victime ou l'assasin?? mardi-gras descendres Au pays des larmes___ici est mort le seigneur loué soit le seigneur. Croire que Dieu est le Maître et le Seigneur de toute chose - Loué soit Dieu, Maître de l'univers! ... La haine!
  __Mensonge pour vérité, Incompétence pour erreur de la nature, Irresponsabilité pour accident.. Symptôme et creuset de la région des grand lacs ». La problématique FIN des partis politiques après la mort ou la retraite des président-fondateurs
  ___Tableau de bord d'une douce croisière Républica Centra-Africaine après le M23 (rdc) et les FDLR (rwandais) voici venir :"SELEKA" (coalition, en sango, la langue usuelle en République centrafricaine) Centrafrique: pour qui roule la Seleka?
  ___Médiation Nguesso - Centrafrique: de réelles chances d'un accord aux pourparlers de Libreville. Merci Sassou, le pompier pyromane..«un risque difficile à détecter - « Les Congolais ont la fortune à portée de main et pourtant, ils restent pauvres
  Prédateurs et sadiques: L'Afrique et ses guerres qui n'en finissent pas. Des chefs charismatiques aux guérilleros sans vision. Pourparlers stériles. Y'a-t-il un intérêt mili-politique à pénétrer une femme avec un fusil d'assaut et appuyer sur la détente?
  __Centre Afrique : Le président François Bozizé, candidat à sa propre succession, est lui-même arrivé au pouvoir par les armes. Il a renversé en 2003 le président Ange Félix Patassé avant de se faire élire en 2005.
  ___UA et Société civile: Le droit d'exister.. Paix et Sécurité en Afrique : La Facilité de Paix pour l'Afrique. Gestion des flux ... UA et Société civile: Le droit d'exister en afrique l’expression d’une nausée postcoloniale .
 
 
 
 
Top
 
 
 
 
 Niger : trois jours de deuil national suite aux attentats suicide
 Union Africaine : menace d'une crise budgétaire
 Union Africaine : seulement 17 pays à jour de leurs cotisations
 Les Obsèques de Chinua Achebe ont eu lieu jeudi au Nigeria
 Commémoration de l’abolition de l’esclavage : Où en sont les Noirs de France ?
 Goodluck Jonathan annule sa visite d'Etat en Namibie
 Ethiopie: Un ministre déplore la publicité négative faite à l'Afrique
 Madagascar/présidentielle: l'Afrique australe demande aux trois principaux candidats de se retirer
 Le CRAN porte plainte contre la Caisse des Dépôts pour avoir profité de l'esclavage
 Enlèvement au Nigeria d'un ex-ministre du Pétrole
 
Afrique      Afrique Du Sud      Barack Obama      Benin      Burkina-faso      Cameroun      Caraïbes      Célébrités      Cote D'ivoire      Coupe Du Monde 2010      Diaspora Africaine      Diversité      Droits Civiques      Forum Mondial Des Femmes Francophones      France      Francophonie      Gabon      Ghana      Haïti      Mali      Nigeria      Présidentielles Ivoiriennes      Rdc      Senegal      Togo     
 
 



   
 
Le site des femmes noires et métissées | Grioo Village | English version