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Mohammed Juldeh Jalloh, analyste chez International Crisis Group à Dakar
07/09/2009
 

Le parcours de la semaine est celui de Mohammed Juldeh Jalloh, africain originaire de la Sierra Leone et passé par le Nigeria, la France, le Kosovo et le Sénégal, doctorant et analyste chargé de quatre pays chez International Crisis Group, basé à Dakar
 
Par Paul Yange
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Mohammed Jalloh  
Mohammed Jalloh
© grioo.com
 

Vous travaillez actuellement pour International Crisis Group à Dakar. Pouvez-vous nous dire quel type d’études vous avez accomplies et où vous avez grandi ?

Je suis né dans la ville de Koidu en Sierra Leone, dans le district de Kono, dans la province de l’Est. Je suis allé à l’école dans le district de Kono, puis au collège Fulbe, et à l’université de Sierra Leone, qui est la plus ancienne université d’Afrique subsaharienne créée en 1827. J’y ai obtenu un bachelor en sciences politiques, avant de partir pour l’université d’Ibadan au Nigeria où j’ai obtenu un Master en sciences politiques. De là, je suis parti pour le Centre d’Etudes d’Afrique Noire (CEAN) de l’Université de Bordeaux où j’ai fait un DEA (Diplôme d’études approfondies) en études africaines, et je me suis inscrit en doctorat. Je dois soutenir la thèse d’ici la fin de l’année.

Je pense qu’à un certain moment, les africains de la diaspora doivent retourner sur le continent soutenir le changement
Mohammed Jalloh


Quel est le sujet de votre doctorat ?

La thèse porte sur la reconstruction en Sierra Leone. Je travaille sur cette thèse depuis longtemps car j’ai mixé des activités universitaires et professionnelles...La thèse examine le rôle de la communauté internationale dans la construction de l’Etat, afin de voir jusqu’à quel point elle peut aider les Etats qui ont connu des conflits et qui se sont effondrés à se reconstituer.

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Mohammed Jalloh avec l'ex-président zambien Kenneth Kaunda  
Mohammed Jalloh avec l'ex-président zambien Kenneth Kaunda
 

Après votre DEA, vous avez travaillé au Kosovo. Pouvez-vous nous dire pourquoi et comment ?

Après mon DEA, je me suis inscrit en thèse, et je me suis dit que j’avais besoin d’acquérir de l’expérience professionnelle et académique étant donné la nature de mon doctorat et le sujet sur lequel il portait. J’ai cherché un job, et j’ai trouvé une mission pour les Nations-Unies au Kosovo où j’ai travaillé pendant deux ans. Je travaillais pour l’OSI (Organization for Security and Cooperation in Europe) dans leur département chargé des élections. Après cela, j’ai travaillé pour une ONG en Afrique du Sud et je suis retourné en France pendant quelques temps, avant de repartir travailler en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée.

Que faisiez-vous dans ces pays ?

En Sierra Leone, je dirigeais un projet initié par l’Union Européenne ("European Human Rights and Democracy") visant à sensibiliser la société civile et améliorer sa capacité à plaider auprès de l'Etat pour une amélioration de culture des droits humains dans le pays. Après avoir été en Afrique du Sud et au Kosovo, je voulais travailler dans mon pays. L’objectif du projet était d’aider les organisations de la société civile (...) et était divisé en trois thèmes :

-aider à travailler sur les plaidoyers (les former)

-Les aider à retrouver les capacités à faire de la recherche car la plupart des organisations de la société civile en Afrique ne font pas de travail de recherche, et elles ne peuvent pas faire de plaidoyers de façon efficace si elles ne font pas de recherche.

En tant que représentant de la Sierra Leone lors d'une conférence internationale  
En tant que représentant de la Sierra Leone lors d'une conférence internationale
 

-Les former : nous avons fait beaucoup de travail de formation, en amenant des organisations internationales, des ONG comme Amnesty International ou le centre d’études des violences politiques en Afrique du Sud. J’ai amené beaucoup d’ONG pour former les ONG sierra Léonaises à la gestion de projet. Cela a duré deux ans.

J’ai également facilité une rencontre intra société civile, entre les ONG au Liberia, en Guinée et en Sierra Leone et j’ai eu l’opportunité d’aller en Guinée voir des organisations représentant la société civile, d’aller au Liberia, afin que nous soyons capables de partager des expériences.

Le grand conseil que je donnerais à tout jeune africain, qu’il soit comptable, avocat, ingénieur, c’est d’être un citoyen engagé. Nous avons besoin de ces citoyens engagés à tous les niveaux qui reviennent travailler en Afrique et s’attaquent aux problèmes, afin que nous puissions construire les Etats dont nous avons besoin pour être compétitifs au 21ème siècle
Mohammed Jalloh


Comment avez commencé à travailler pour International Crisis Group ?

Après deux ans au Kosovo, après des séjours en Sierra Leone, en Guinée au Liberia etc, je suis revenu à Bordeaux et j’ai publié beaucoup d’articles de recherche sur la Sierra Leone, sur le thème des sociétés "post conflits" dans des revues internationales. J’ai décidé de travailler sur mon doctorat. Celui-ci étant pratiquement achevé, j’ai décidé de postuler chez Crisis Group du fait de mon expérience en Afrique de l’Ouest, mon background en sciences politiques, mon expérience concernant les sociétes post conflits, ainsi que mes publications. Crisis Group est une organisation que je suivais depuis quelques temps, et dont je lisais les rapports. J’ai été recruté pour venir travailler ici à Dakar.

L'assassinat du président Nino Vieira témoigne de la culture de la violence politique en Guinée Bissau  
L'assassinat du président Nino Vieira témoigne de la culture de la violence politique en Guinée Bissau
© daylife
 

En quoi consiste votre job ici ?

Je suis analyste, et je couvre quatre pays d’Afrique de l’Ouest. La Guinée Bissau, la Sierra Leone, le Liberia et la Guinée. Je dois analyser et surveiller les événements politiques dans ces quatre pays, aider International Crisis Group à faire un rapport et faire des recommandations aux décideurs concernant les problèmes politiques.

Par exemple, la Guinée Bissau est un pays qui doit faire face à beaucoup de défis, la violence politique y est élevée. J’y ai séjourné pendant un certain temps, et j’ai écrit un rapport sur la violence politique en Guinée Bissau.

En dehors d’écrire des rapports, qui donnent un aperçu de ce qui se passe dans les pays que nous surveillons, nous faisons des plaidoyers pour pousser nos recommandations et sensibiliser les gens sur ce qui se passe dans ces pays. Cela représente environ 20% de mon travail. J’ai ainsi été à Bruxelles, en France, en Angleterre pour parler de ce qui se passait en Guinée et en Guinée Bissau.

Nous parlons également à la presse. J’ai été interrogé par la BBC, Reuters, African Democracy Radio, Deutsche Welle, au sujet de ce qui se passait en Guinée Bissau et expliquer comment il fallait faire face à la situation...

Mohammed Jalloh en compagnie de Salim Ahmed Salim, ex secrétaire général de l'OUA  
Mohammed Jalloh en compagnie de Salim Ahmed Salim, ex secrétaire général de l'OUA
 

Votre dernier rapport sur la Guinée Bissau a reçu un excellent accueil. Pouvez-vous l’évoquer ?

Le rapport sur la Guinée Bissau a été bien accueilli car il est arrivé à point nommé, à un moment où beaucoup de choses se passaient dans le pays. En mars le président Nino Vieira a été assassiné, ainsi que le chef d’Etat major de l’armée. En juin, un ex ministre et candidat à l’élection présidentielle a été assassiné, ainsi que le ministre de la défense. Tous ces événements ont montré que la Guinée Bissau était dans un état de chaos et de violence politique qui s’accroissait.

Il faut un fort soutien international à la Guinée Bissau car elle n’a pas les moyens financiers, matériels et humains pour relever seule les défis auxquels elle doit faire face
Mohammed Jalloh


Le rapport avait plusieurs buts :

-expliquer le contexte des événements qui se déroulaient en Guinée Bissau)
-Expliquer les implications de ces événements sur l’Etat de Bissau et sur la sous région, et ce que ces événements signifiaient pour la stabilité du pays
-Expliquer ce qu’il fallait faire pour que la Guinée Bissau se remette dans le droit chemin

Dans le rapport, nous avons souligné le fait que la violence politique fait partie de la vie politique en Guinée Bissau et qu'il faut que cela prenne fin. Comment ? En réformant l’armée, et en remettant sur pied un système judiciaire qui s’est effondré dans le pays.

Nous avons réalisé qu’en Guinée-Bissau, l’Etat n’était plus fonctionnel. Il faut le remettre sur pied, notamment le système judiciaire, qui est seul capable de mettre fin à l’impunité. La Guinée Bissau connaît également des problèmes de trafic de drogue, et on ne peut pas y remédier sans un système judiciaire fonctionnel.

La Sierra Leone  
La Sierra Leone
 

Nous avons recommandé une réforme et une reconstruction du système judiciaire. Nous avons également souligné qu’il fallait un fort soutien international à la Guinée Bissau car ces défis sont énormes, et elle n’a pas les moyens financiers, matériels et humains pour les relever seule. La communauté internationale doit soutenir la Guinée Bissau, ou elle tombera dans une instabilité encore plus grande.

Comment vous voyez vous dans quelques années ?

Pour l’instant, je compte voir comment mon travail chez Crisis Group se déroule, y passer quelques années. Mon objectif à long terme est de retourner en Sierra Leone participer au processus politique là-bas. J’ai travaillé en Sierra Leone, j’ai représenté la société civile sierra léonaise dans des conférences internationales, donc je pense qu’à un moment, il faudra s’établir là bas et participer au processus politique et au développement du pays. D’une façon ou d’une autre, il faudra faire avancer la Sierra Léone car je pense qu’à un certain moment, les africains de la diaspora doivent retourner sur le continent soutenir le changement. C’est que je désire faire dans les années à venir.

Avec des membres de l'équipe d'International Crisis Group à Dakar  
Avec des membres de l'équipe d'International Crisis Group à Dakar
© grioo.com
 

Quels conseils donneriez-vous à un jeune professionnel africain qui voudrait suivre votre parcours professionnel ?

Schématiquement je dirais que si on regarde mon background et ma trajectoire, on comprend qu’au fil des années, mon background et ma trajectoire professionnelle sont les reflets des défis auxquels l’Afrique doit faire face. J’ai travaillé sur les thématiques de conflits, de droits de l’homme, de promotion de la démocratie.

Jusqu’à ce que nous soyons capables d’établir des Etats stables et démocratiques en Afrique, nous ne pourrons pas parler de développement. Je pense que les jeunes africains qui travaillent dans les sciences sociales devraient garder cela à l’esprit. Le défi des Africains est d’avoir un Etat qui marche. Si on construit sa carrière, il faut le faire autour de ces thématiques clés qui touchent le continent africain.

Pour les jeunes filles par exemple, Il y a des problématiques concernant les femmes sur lesquelles nous sommes en retard, comme les droits de la femme, l'épanouissement des femmes. Quelque soit la carrière qu’un Africain décide de suivre, il doit être un citoyen engagé. Le grand conseil que je donnerais à tout jeune africain, qu’il soit comptable, avocat, ingénieur, c’est d’être un citoyen engagé. Nous avons besoin de ces citoyens engagés à tous les niveaux qui reviennent travailler en Afrique et s’attaquent aux problèmes. Afin que nous puissions construire les Etats dont nous avons besoin pour être compétitifs au 21ème siècle.


La seule façon pour l’Afrique d’être compétitive est de construire des Etats stables et démocratiques grâce à des citoyens engagés. Tout jeune africain devrait essayer de rendre l’Etat plus démocratique, moins corrompu, et plus tolérant.

Merci Mohammed Jalloh

C'est moi qui vous remercie



Vous pouvez lire un résumé du rapport de l'International Crisis Group sur la Guinée Bissau, qui est intitulé "Guinée Bissau, dépasser la logique des armes" en cliquant Ici



       
Mots-clés
afrique   bordeaux   cean   dakar   guinée bissau   international crisis group   mohammed jalloh   senegal   sierra leone   
 
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