
Le chef d’Etat zimbabwéen, Robert Mugabe, a tenu un discours contre la Grande-Bretagne au stade de Gwanzura à Highfield, une banlieue d’Harare, lors du 28ème anniversaire de l’indépendance (18 avril 1980). Accueilli par 15 000 militants et sympathisants, Mugabe accuse l’Etat britannique de soudoyer une partie de la population pour qu’elle se retourne contre lui et d’imposer une loi néocolonialiste.
A la limite de la propagande, le président affirme avoir instauré un régime démocratique et défendu les droits de l’homme au Zimbabwe, ancienne colonie britannique, en mettant fin à l’oppression des "bourreaux". Même s’il reste dans le collimateur de la communauté internationale pour son refus de publier les résultats de l’élection présidentielle du 29 mars dernier, Robert Mugabe gagne des points en terme de popularité. Dans une ambiance festive, la foule a acclamé son héros en langue shona, certains arboraient les couleurs de l’union nationale Africaine du Zimbabwe Front patriotique (Zanu-PF) ou le t-shirt officiel diffusé par le parti pendant la campagne électorale.
C’était la première apparition en public du plus vieux président d’Afrique (84 ans) depuis les élections controversées du 29 mars au Zimbabwe (Mugabe n'a pas parlé pendant son discours du résultat des présidentielles, toujours non publié). Au pouvoir depuis 1980, date de l’indépendance du pays, Robert Mugabe voit son parti s’effriter peu à peu après une défaite à la chambre des députés à l’issue des élections générales contre le Mouvement pour le Changement Démocratique (MDC). Mugabe reproche au leader de l’opposition Morgan Tsvangirai d'être une marionnette de la Grande-Bretagne et de comploter avec Londres pour renverser le régime en place.
L’opposition l’accuse de fomenter les violences et les actes d’intimidation pour s’assurer une victoire en cas de deuxième tour des présidentielles. Tsvangirai qui a revendiqué la victoire, a appelé à Thabo Mbeki à abandonner son rôle de médiateur. Il estime en effet que le président sud-africain est trop attentiste vis-à-vis de Mugabe et a en outre été choqué par la déclaration de Mbeki lors de son arrêt à Harare le week-end dernier, qui disait qu’il "n’y avait pas de crise au Zimbabwé". L’ANC, le propre parti de Mbeki, a pris le contrepied du président en disant qu’il y avait bien une crise au Zimbabwe, tandis que Jacob Zuma appelait à une publication des résultats... |