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Bamako a vraisemblablement perdu le Nord. Et ce, au sens propre comme au sens figuré du terme. C’est le moins que l’on puisse dire au regard de la débandade qui a fait suite aux attaques des rebelles touareg. Même des dignitaires du pays vont mettre leurs proches à l’abri dans des pays voisins. Il faudra trouver les moyens de faire face à la crise humanitaire qui se profile à l’horizon surtout au regard des limites de nos Etats en matière de prise en charge de ce genre de situations.
Cet exode prouve, si besoin en est encore, qu’il y a vraiment péril en la demeure. De deux choses l’une : soit l’Etat malien prépare une vigoureuse riposte et les populations civiles quittent la zone en prélude à cela, soit les rebelles en imposent par leur force de frappe au point que les populations, se sentant en danger, préfèrent se mettre sagement à l’abri.
La première hypothèse semble la plus plausible même si la seconde n’a rien de loufoque. Le Mali ne devrait pas plier si facilement l’échine face au Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). On est, de ce fait, fondé à penser que le Mali va durcir le ton contre ces rebelles. ATT avait jusque-là privilégié le dialogue. Cela est compréhensible. Mais, face aux attaques du MNLA, avec les morts qui en découlent, force est de reconnaître qu’il y a lieu de changer le fusil d’épaule. Même la négociation a ses limites objectives. |
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Cette indépendance, ces rebelles touareg la veulent par tous les moyens. Et ils sont probablement sûrs de leurs forces. N’attaque pas un camp militaire qui veut ! On ne le dira jamais assez : à la faveur de la crise libyenne, ces rebelles ont acquis des armes et de l’expérience. Ils ont donc les moyens de placer la barre très haut.
De leur côté, les autorités maliennes, ATT en tête, n’ont pas su faire preuve d’anticipation : avec ce qui s’est passé en Libye, il fallait s’attendre à cela. Le moins qu’elles auraient pu faire, c’était de renforcer la présence militaire aux zones frontalières, surtout au Nord du pays, tant en hommes qu’en moyens logistiques. Cela n’a visiblement pas été fait.
En témoigne le fait peu honorable pour l’armée malienne que certains de ces hommes ne disposant pas de moyens pour faire face au feu nourri de l’ennemi, en ont été réduits à prendre la poudre d’escampette vers des pays frontaliers pour sauver leur vie. Cela prouve que la capacité d’action et de réaction de l’armée malienne laisse à désirer. Il faut croire que ATT a tiré toute la leçon de cette débandade symptomatique et que l’armée malienne saura tout mettre en œuvre pour non seulement laver l’affront, mais aussi sécuriser durablement le territoire. |

C’est entre autres, une question d’honneur. Certes, il est difficile pour le Mali de sécuriser la bande sahélo-saharienne à lui tout seul. Un renfort militaire de la communauté internationale, notamment de tous ses voisins géographiques, ne lui serait pas de trop. Mais il faut avouer qu’à ce niveau, le Mali n’a pas été assez opportuniste au moment où la lutte contre AQMI dans la bande sahélo-saharienne faisait beaucoup d’émules.
Il aurait dû mieux saisir l’occasion pour se faire appuyer par tous ceux qui ont un quelconque intérêt dans cette lutte en vue de sécuriser autant que faire se peut, sa partie Nord. Le Mali paye ainsi le prix de sa relative passivité. Maintenant que ces combattants regroupés au sein du MNLA, parlent de « révolution », de besoin d’autonomie et non de rébellion, il devient difficile pour le Mali, d’obtenir un soutien extérieur contre eux. Ses partenaires pourraient avoir tendance à se réfugier derrière l’argument de la non-ingérence dans les affaires intérieures d’un autre Etat pour ne pas intervenir, du moins à visage découvert.
Mais tous les pays voisins sont conscients du danger qui les guette tous avec ce qui arrive au Mali. Ce pays n’est, pour ces rebelles, qu’une sorte de porte d’entrée. S’ils y prospèrent, il faudra s’attendre à ce qu’ils évoluent dans leurs revendications. Les autres pays devront donc se préparer au pire dans l’avenir. Il faut espérer que la dernière conférence d’Alger saura trouver une solution à la hauteur de l’urgence.
« Le Pays »
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