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Travailleurs sans papiers en Île-de-France : il n'y aura pas de régularisation massive, selon le gouvernement
25/04/2008 |
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Alors que près de 800 dossiers de travailleurs sans papiers ont été déposés dans les préfectures d'Île-de-France en vue d'une régularisation, le ministre de l'Immigration, Brice Hortefeux, a déclaré, jeudi 24 avril 2008, qu'il n'y aurait pas de « régularisation massive ».
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Par
Audrey Brière |
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Le 24 avril, le ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement Brice Hortefeux a annoncé sur la station RTL que "quelques centaines de dossiers" [de travailleurs sans papiers, ndlr], "aux alentours de 800" avaient été déposés dans les préfectures d'Île-de-France en vue de possibles régularisations. Le ministre a cependant précisé qu'il n'y aurait pas de régularisation massive et générale, car "ce ne serait ni juste, ni utile, ni efficace".
Interrogé jeudi par le Figaro, Brice Hortefeux a affirmé qu'il ne pouvait y avoir "qu'un examen au cas par cas en fonction de la réalité d'un contrat de travail, de la situation de l'emploi dans un secteur en tension ou d'un département". En outre, il a répété que la loi serait strictement appliquée : "la loi que j'ai fait voter prévoit d'ailleurs de permettre à titre exceptionnel de régulariser au cas par cas dans des secteurs connaissant de graves pénuries de main d'oeuvre. La loi s'applique donc".
En l'occurrence, l'article 40 de la loi sur l'immigration de novembre 2007 et la circulaire du 7 janvier 2008 autorisent les préfets à régulariser les étrangers en situation irrégulière, à condition qu'ils aient un "engagement ferme de l'employeur" et qu'ils exercent des métiers en pénurie de main d'oeuvre. Des dispositions limitant fortement le nombre de bénéficiaires. |
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Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a confirmé la position gouvernementale en affirmant, dans son intervention télévisée du 24 avril, qu'il n'y aurait "pas de régularisation globale", car cela conduirait "à la catastrophe". "Ça conduit à un appel d'air qui profite aux trafiquants, on fait la politique des trafiquants", a-t-il expliqué. "On ne devient pas français parce qu'on travaille dans la cuisine d'un restaurant, aussi sympathique soit-il", a-t-il poursuivi. Il a par ailleurs suggéré aux patrons en pénurie de main d'œuvre d'embaucher parmi les immigrés au chômage en situation régulière.
En réaction aux déclarations du gouvernement, de nombreuses voix se sont élevées de part et d'autre du paysage politique pour réclamer une révision des critères de régularisation des salariés sans papiers en France.
Ainsi, le maire de Paris, Bertrand Delanoë (PS), a appelé jeudi le préfet de police, Michel Gaudin, à faire preuve "d'humanité" dans son examen des dossiers. "Je vous demande d'examiner avec humanité la situation de ces travailleurs, dont nombre d'entre eux participent depuis plusieurs années à l'économie de la capitale", a-t-il écrit dans une lettre adressée au préfet de police. |

"Ce mouvement de grève qui concerne plusieurs entreprises parisiennes révèle une situation préoccupante", a-t-il poursuivi. "La politique migratoire restrictive menée par le gouvernement conduit, d'une part, à des difficultés pour les entreprises et, d'autre part, à des risques pour les salariés".
"Si le travail clandestin doit être combattu, car il constitue une source d'abus insupportables, il faut s'interroger sur les conséquences économiques du durcissement des politiques migratoires: difficultés de recrutement et développement de pratiques condamnables", pouvait-on encore lire dans la lettre du maire de Paris.
En outre, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a estimé qu'il était "normal" de régulariser les salariés sans papiers en grève. Par ailleurs, il s'est joint à la Cimade pour appeler à une "conférence" sur les règles de régularisation. "Nous ne sommes pas sur une régularisation générale. Là, on a des salariés qui sont embauchés, avec un contrat de travail et un salaire en fonction de la convention collective, qui paient des impôts et on ne trouve personne pour faire leur emploi, c'est normal qu'il soient régularisés", a-t-il expliqué.
Depuis le 15 avril, des travailleurs sans-papiers sont en grève, pour réclamer leur régularisation. Certains chefs d'entreprise leur ont apporté leur soutien. Le mouvement de grève coordonnée a été lancé par la CGT et de l'association Droits Devant ! |
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