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| Droits de l'homme en Tunisie : Nicolas Sarkozy crée la polémique, Rama Yade fait profil bas
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En visite d'État chez son homologue tunisien Zine el Abidine ben Ali les 28, 29 et 30 avril 2008, le président français Nicolas Sarkozy a estimé lundi que « l'espace des libertés [progressaient] en Tunisie » à la grande satisfaction de son hôte. Réflexion qui n'a pas été au goût de tout le monde. Quant à la secrétaire d'État aux droits de l'homme, Rama Yade, elle n'a finalement rencontré qu'une seule ONG. |
| Par Audrey Brière |
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Bouche bée, les défenseurs des droits de l'homme ! Pour peu qu'ils aient écouté religieusement le discours tenu lundi 28 avril par le chef de l'État en Tunisie, tous se demandent un peu ce qui lui est passé par le tête. En effet, alors que la France paraphait un accord de partenariat dans le nucléaire civil avec le plus petit pays du Maghreb, Nicolas Sarkozy a accordé au président Ben Ali un brevet de bonne conduite en matière de droits de l'homme. « L'espace des libertés progresse en Tunisie », a-t-il déclaré dans un toast prononcé lors d'un dîner offert en son honneur par son hôte tunisien.
« Je ne vois pas au nom de quoi je me permettrais, dans un pays où je suis venu en ami et qui me reçoit en ami, de m'ériger en donneur de leçons », a-t-il poursuivi. Le chef de l'Etat a ajouté vouloir rendre hommage à la « lutte déterminée » de Zine el Abidine ben Ali contre le terrorisme, « qui est le véritable ennemi de la démocratie ». D'où l'idée de développer le nucléaire civil, d'ailleurs. Seule énergie à peu près bon marché, elle permettra de lutter contre le sous-développement, ce qui réduira la misère et donc le terrorisme. Fastoche. |
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Rama Yade, Nicolas Sarkozy, Zine El Abedine Ben Ali et Abdelwahab Abdallah
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reuters |
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Les organisations de défense des droits de l'homme sont immédiatement montées au créneau, pour dénoncer ce "brevet de respectabilité" attribué au président tunisien de façon intempestive. En effet, elles accusent les autorités de Tunis d'attenter aux libertés fondamentales sous couvert de lutte contre le terrorisme – au nom de laquelle un millier de personnes auraient été arrêtées depuis 2003, selon des avocats. Khadija Chérif, présidente d'une ONG qui lutte pour le droit des femmes, s'est insurgée contre les arguments élyséens : "Il y en a marre d’effrayer les gens avec ce genre d’arguments. Ce qui fait monter l’extrémisme et le radicalisme - et non pas les talibans, il ne faut pas exagérer quand même-, c’est l’absence de libertés et de démocratie".
Amnesty International et Human Rights Watch ont dénoncé les restrictions à la liberté de la presse et les emprisonnements d'opposants politiques. A Paris, l'organisation de défense de la liberté de la presse Reporters sans frontières (RSF) a estimé que les propos du chef de l'État étaient "inadmissibles". "La liberté d’expression reste une utopie en Tunisie. La presse n’y fait que glorifier le bilan du président Zine el-Abidine Ben Ali et les journalistes indépendants et leurs familles sont victimes d’un harcèlement continu".
"Sarkozy a esquivé la question des droits de l'homme et de la démocratie en Tunisie pour privilégier les intérêts commerciaux", a rétorqué mardi 29 avril Rachid Kechana, rédacteur en chef de l'hebdomadaire d'opposition Al Mawqaf. "Cela a choqué les militants des droits civiques ici car ils attendaient une prise de position différente de la France, la patrie des droits de l'homme et des libertés", a-t-il ajouté. Eh oui, M. Sarkozy n'aura pas mis longtemps avant de réduire à néant leurs illusions.
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Nicolas Sarkozy et le président Ben Ali
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daylife |
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"Je suis déçue. Il ne s’agit pas de donner des leçons mais de reconnaître la réalité. Je vois que le président Sarkozy ne s’intéresse pas à la réalité de ce pays", a déclaré de son côté Khadija Chérif. La Tunisie est peut-être un modèle de stabilité et de développement par rapport à ses voisins du Maghreb, puisque c’est l’un des seuls pays à compter une classe moyenne. Mais justement, les atteintes aux droits de l’homme et à la liberté d’expression n’en sont que plus inacceptables et constituent un frein au développement. "La coopération entre États ne doit pas se limiter à l’économie. Le développement, c’est aussi la démocratie. Il est dommage et regrettable que les libertés soient autant marginalisées", a-t-elle poursuivi.
Le président tunisien lui-même n'a pu s'empêcher de faire remarquer que "dans ce domaine [les droits de l'homme, ndlr], comme dans d’autres, nous sommes conscients que beaucoup reste à faire", c'est dire. Sans aller trop loin dans l'autocritique cependant ; s'il accepte volontiers les critiques, n'oublions pas "les réalisations [...] déjà nombreuses et l'évolution réelle" en matière de droits de l'homme. Il ne faut pas exagérer, quand même. |
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Rama Yade se fait toute petite |

Pour sa part, Rama Yade devait rencontrer, mardi 29 avril, des opposants au régime de Ben Ali. Que nenni. La secrétaire d'État aux droits de l'homme – et s'il y en a une qui devrait s'exprimer sur le sujet, c'est quand même elle – n'a rencontré qu'une seule ONG, faisant l'impasse sur les "gestes forts" annoncés par son entourage. Khadija Chérif, qui devait recevoir sa visite au siège de son association, a appris à la dernière minute que le rendez-vous était annulé. "Ce geste est une manifestation de mépris pour la société civile. C’est une concession de plus pour marginaliser la demi-douzaine d’associations encore indépendantes du pouvoir", a-t-elle estimé. Ajoutons que l’association est surveillée par des policiers et qu'elle n’a plus accès à ses emails depuis dix jours.
Pour ce qui est du second rendez-vous de Rama Yade, celui-ci s'est déroulé avec une discrétion exemplaire. Elle a reçu pendant quarante-cinq minutes le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, Mokhtar Trifi, harcelé par la justice et l'administration de son pays, à son hôtel, à l'abri des regards. Là non plus, il ne s'agit pas à proprement parler d'un geste fort.
Alors, rupture avec la politique extérieure chiraquienne ? Pas sûr. Les enjeux économiques pèsent assurément plus lourds que les belles promesses de rétablir la priorité des droits de l'homme, qui devaient figurer au cœur de la politique extérieure de la France, rappelons-le. "Nicolas Sarkozy a encore une fois montré que sa politique en matière de droits de l’homme fluctue en fonction du tiroir-caisse", a déclaré la porte-parole des députés PS, Aurélie Filippetti. |
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Droits de l'homme en Tunisie : Nicolas Sarkozy crée la polémique, Rama Yade fait profil bas |
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Sarkosy |
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Diggolo (
30/04/2008 17:10 ) |
Sarkosy ne doit pas etre critique'; a mon avis, il n'y est pour rien. C'est plus tot Rama Yade qui ne sert
a rien. Le poste de Secretaire d'Etat aux droits de l'homme doit etre supprime', car il ne sert a rien. |
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C'est vrai Sarkozy est Innocent! |
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wildcat (
30/04/2008 20:00 ) |
Cette photo fait plaisir a voir. Voir cette dame représenter le Grand pays des Grands droits de L'Homme. Une Idée de Génie par un grand homme de 1,68m. Mais bon comme disait Coluche: la bonne taille c'est quand les pieds touchent le sol (même à Talonettes). Ramatoulaye: Wallaye je ne comprends pas!!!! |
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01/05/2008 01:35 ) |
La classe à la française : Sarkozy débarque avec Rama et Carla ... les droits de l'homme attendront ... |
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Salut (
01/05/2008 15:39 ) |
Quand Mme Yade a parlé sur Khadafi en disant au sujet des droits de l'homme que "la visite d'un chef d'état ne doit pas se résumer à la signature de contrats", moi j'ai trouvé que c'était des critiques faciles, et hypocrites, car consensuelles et qui lui permettait de faire des appels du pieds a "certains"...
là elle donne la preuve de l'hypocrisie de ses prises de positions : "est que que la visite d'un chef d'état doit se résoudre à la signature de contrats" pour reprendre ton discours partout sauf en Tunisie ?
Rama Yade is a Joke, et les personnes qui la soutienne ont de moins en moins d'arguments pertinents
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