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Ecrans Noirs : Patricia Moune : "Nous ne tomberons pas dans le piège des compétitions classiques"
  Coordinatrice de l’Association Ecrans Noirs, qui organise le festival international de cinéma du même nom, Patricia Moune a bien voulu répondre à nos questions et ainsi dévoilé un certain pan de la 12e édition qui se tiendra à Yaoundé, du 14 au 21 juin prochain.
Par Zouhour Harbaoui
 
 
Patricia Moune
 

Pourquoi organiser le festival international de cinéma, Ecrans Noirs ?

Le festival Ecrans Noirs avait lors de sa création trois objectifs : diffuser le cinéma africain au Cameroun et dans le reste de la sous-région d’Afrique Centrale aussi bien dans les grandes villes que dans l’arrière pays et les zones rurales, les établissement scolaires et les universités, et contribuer accessoirement à la diffusion sur ce territoire de certaines cinématographies peu diffusées en Afrique et alliées objectives de notre cinéma, dont particulièrement le cinéma francophone et européen ;

contribuer à poser les bases d’une évolution du cinéma en Afrique Centrale, par l’encouragement à la coproduction et à la coopération entre professionnels. Un objectif qui va nous mener au troisième, désormais développé de manière spécifique à savoir contribuer à la formation, au perfectionnement, à l’encadrement des postulants et des professionnels du cinéma et des métiers annexes (réalisateurs, techniciens, critiques, projectionnistes, exploitants etc.)
Nous espérons être sur la bonne voie...


La nouveauté de cette 12e édtion est la compétition entre certains films. La compétition est-elle nécessaire ? Pourquoi ?

Le festival a été pendant onze ans un événement sans compétition où tous les types et genres pouvaient s’exprimer en toute liberté. Les compétitions plombent bien souvent des manifestations dédiées au cinéma africain, parce qu’elles réunissent presque toujours et les mêmes films, et les mêmes concurrents. Mais en même temps, sur la durée, il nous est apparu que l’intérêt pour les discussions autour des films ne passionnaient pas tant les cinéastes. Nous avons donc dû, pour entretenir le grand intérêt des grands cinéastes, pour cesser d’entendre le «je serais venu s’il y avait une compétition», céder à l’idée de compétition. Mais nous ne tomberons pas dans le piège des compétitions classiques. Ce sera une compétition très libre.

Quels thèmes doivent être développés dans les films pour que ceux-ci soient en compétition ?

Il n’y a pas de thème ciblé. Il faut juste qu’il s’agisse d’un film africain récent. Les films fiction de toutes les catégories sont sélectionnés. Le jury ne juge pas les thèmes mais la qualité du scénario, de la mise en scène et la qualité technique du film.

 
 

Cela ne va-t-il pas créer une sorte de polémique, comme faire des films non plus pour le public mais pour concourir ?

Nous sommes conscients du fait que bon nombre de films africains ne trouvent pas leur public et sont considérés comme "exotiques" par les Occidentaux qui les sélectionnent pour leurs festivals. Personnellement, je crois que tous les types de cinéma ont leur place et le public africain en général et camerounais en particulier (public que je connais mieux) a besoin du cinéma populaire pour retrouver le chemin des salles mais pour avoir un film sélectionné par exemple en compétition officielle au festival de Cannes (comme ce fût l’unique cas en Afrique noire de "Yelen" de Souleymane Cissé), il faut une toute autre approche du cinéma.

Pourquoi le thème de "Femmes, cinéma et audiovisuel" pour le colloque ?

Le thème choisi pour le colloque et le festival, "Femmes, cinéma et audiovisuel", permettra d’évaluer la place des femmes africaines dans la profession et dans la création cinématographique et audiovisuelle aujourd’hui. Une expression de plus en plus grande des préoccupations et de la sensibilité féminine dans les thèmes abordés et la manière de le faire nous semble en effet de nature à influencer favorablement l’évolution des sociétés africaines.

 
Séance de projection pour étudiants à l'Université de Soa
 

Vous proposer un prix pour le meilleur scénario d’Afrique Centrale. Comptez-vous élargir, un jour ou l’autre, cette section, ou en créer une autre, pour tout le continent africain ?

Nous comptons évidemment, d’ici deux ans, ouvrir la compétition pour le meilleur scénario au reste du continent. C’est notre première année et compte tenu des budgets, nous préférons débuter modestement, sur une zone que nous pouvons facilement contrôler.

Le Cameroun a connu récemment quelques tensions, pensez-vous que, malgré leurs problèmes, les gens font s’intéresser à votre festival ?

Le peuple camerounais est un peuple essentiellement optimiste, sinon, il y a longtemps que tout allait dégénérer. Le festival est malheureusement l’un des rares moments pendant lequel le public oublie ses déboires. Nous avons une forte population de jeunes qui ont besoin de rêver, et à défaut, de s’expatrier, de rencontrer des cultures et des gens qui viennent d’ailleurs.

 
 

Qu’est-ce qui différencie Ecrans Noirs d’autre festivals de cinémas sur le continent comme les Journées Cinématographiques de Carthage (Tunisie) ou le Fespaco (Burkina Faso) ?

Tous les trois sont des festivals internationaux mais ne sont pas comparables. Ecrans Noirs n’a que 12 ans cette année et reste donc le Petit Poucet de la bande mais nous sommes le seul festival international d’Afrique centrale, ce qui en fait un événement essentiel pour la survie du cinéma dans la sous région.

Forts d’une expérience de onze éditions, qu’espèrent les Ecrans Noirs pour cette 12e ?

Plus de beaux films, plus de partenaires, ce qui impliquera plus de d’invités et surtout un public dont les attentes seront comblées.




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Ecrans Noirs : Patricia Moune : "Nous ne tomberons pas dans le piège des compétitions classiques"

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( 14/03/2008 10:59 )

Pat,, bon courage
S.
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