vendredi 13 juin 2008
[AMERIQUE NOIRE & CONTRE-CULTURE] Melvin Van Peebles, une vieille bobine...
vendredi 13 juin 2008 à 01:11 :: CULTURE ET RENAISSANCE
La gueule hirsute et la stature taillée dans l’ébène d’un vieux pirate. Dégingandé. De toute éternité, engoncé dans son pardock, un cigare calé dans le bec. Quelques tatouages… Les raisins ternes (dont l’un est pratiquement mort, mais ne le répétez pas !) qui lui font le regard passablement blasé de ceux qui ont par trop vu du pays… Ce perroquet là, n’a que quelques mots dans son vocabulaire : « sueur », « sperme », « sang », … et accessoirement « révolution. » Quand il émerge de son inextinguible silence c’est toujours pour ratiociner en boucle : « Sueur ! Sperme ! Sang ! Révolution !... ». Et s’il lance « Action ! » comme on crie « A l’abordage ! » c’est que pour lui, c’est tout un.








La tradition occidentale de Platon (et son dialogue de l’ Hippias Majeur) à Derrida, les illustres penseurs "mystiques" que furent Plotin, Augustin, Pseudo-Denys, les "sciences" et philosophies "modernes" de l’art de Hegel, Kant, Hume, Heidegger, etc. et l’Esthétique de depuis Baumgarten se sont tous employés avec la difficulté qu’on sait, à tenter de tailler un costume honorable au « Beau », assimilant tour à tour, outre les très hautes aspirations des catégories "sensibles" , le concept aux notions de Bien, Juste, Vrai, Utile ... Voici maintenant que l’artiste africain vient de construire la beauté du « Faux ».
Le savoir anthropologique est la base sur laquelle s’est définitivement édifiée, la méta-structure fantasmatique - profondément ancrée dans l’inconscient occidental et qui s’invite à l’occasion des tête à tête – qui raidit (dans tous les sens du terme), corromps et défini les règles de la perception. Le manque d’innocence (la quête exotique) qu'elle provoque - caractéristique de l’approche occidentale des œuvres d’art africains - se cristallise en une complexité du « oui léger » qui est certainement un danger plus grand. L’habillage ethnologique consacrée en science s’érige en une supra-culture indiscutée qui nuit à une certaine autonomie de l’art...