Une régate à la rame en aviron qui s’apparente à une course du souvenir de la part des organisateurs peut susciter de la nostalgie coloniale. Avec un départ de la Rochelle, port des négriers, où les armateurs faisaient édifier leur navire de commerce esclavagiste, avec ses musées de la marine, où trône les négriers. Puis la course continue avec un appareillage au Sénégal au Fort Saint Louis, nom donné en hommage au roi Louis, qui octroya sa grâce en 1702 à la déportation de Nègres pour l’Amérique. Puis, elle se termine à Cayenne, la plus belle des gratitudes de la part de l’aspect positif de la colonisation, à l’instar du 10 mai 2006, date de la commémoration de l’abolition de la Servitude. L’organisateur se réjouit sur le choix des lieux, la Rochelle lieu d’embarquement des bagnards de la République, en partance pour la Nouvelle-Calédonie et bien sûr pour la Guyane. Il insiste sur l’aspect d’une organisation folklorique autour de la gastronomie et les épices, les saveurs exotiques pour cette manifestation. Il est plus facile d’obtenir l’organisation d’une course en mémoire des bagnards, subventionné par les collectivités, qu’une date officielle pour la célébration d’une journée de souvenir de l’esclavage. Pour la petite histoire, il y a -970 avant J.C, plus de trois cents pirogues quittaient la Gambie avec hommes, femmes et enfants à la rame qui les conduirent par hasard sur le continent Sud Américain au grès des courants. Les pirogues s’échouèrent sur les rives du bassin des Guyanes. Cette population pour certains sont restées près des côtes comme celles identifiées au Surinam, ils furent appelées les « Accorys » où « Yorica ». Les « Accorys » sont des Nègres à deux doigts, aux mains et pieds palmés, des opercules en guise d’oreilles et reconnus comme étant des hommes poissons. Les premiers aventuriers des siècles les plus fantaisistes les baptisèrent, les habitants de l’Atlantide que l’on retrouve dans l’Ouvrage « légende et mystère du monde ». Pour d’autres, ils sont identifiés sur les gravures précolombiennes comme étant ceux venus de la Gambie. Il y a 3000 ans, on a retrouvé sur les vestiges Aztèque, une caractéristique étonnante des hommes aux pieds et aux mains palmés. Les mains avaient quatre doigts, les orteils étaient très longs, et les dissemblables disposaient de doigts analogues à des griffes d’écrevisses. Ils étaient près de 700 à 800 habitants de la peuplade identifiée avec ces spécificités, en 1673 sur les rives du Maroni. La dernière mission sur le Maroni remonte à 1881. Pour revenir à la compétition, après les ravitaillements, le départ sera donné au Fort Saint Louis du Sénégal, à 5000 Km de Cayenne, 35 à 60 jours de mer pour les rameurs, une arrivée prévue aux Ilets « la mère » .

                        

Il y aussi un autre aspect de ce challenge avec des individus clairement identifiables aux rouages d'un système parfaitement exogène de l’esclavage. plus agitateur sur la liste des participants, Le Nabourg, un nom qui se lie à l’armateur négrier des siècles derniers et celui de l’auteur « Une mère exemplaire ». Un livre sur la mère de Napoléon. Le plus surprenant, Malapert, un armateur de Nantes, il fit sa fortune avec la traite des Nègres, des noms évocateurs qui gravitent autour de l’esclavage négrier et négociant. Bien que la compétition soit parrainée par le ministre délégué au tourisme Monsieur Léon Bertrand, l’épreuve frise le favoritisme, car plus étonnant encore, la remise des prix s’effectuera à Saint Laurent du Maroni. Les compétiteurs devront s’y rendre en bus et non à la rame.

                        

Quoiqu’il en soit, cette régate est endoctrinée sur le dur labeur de la traversée de l’Atlantique par les bagnards, les condamnés au budget, les recluses, les avortants, les criminels de la République. Enfin, ils devront cesser d’une part d’affluber les bagnards de tous les maux de la terre, axés sur une traversée de souvenir post-communard. Un package promotionnel de la Région Poitou Charente, présidé par Ségolène Royal, fille de colon, née au Sénégal. La promotion de la compétition est de communiquer les retombées médiatiques pour la Guyane, avec en prévision 50 heures de télé en Europe sur la traversée et moins 2 heures en Guyane. Après la fusée, le carnaval, les quelques films tournés par si par là sur le bagne, « Papillon, Seznec, Dreyfus, Galmot, Cayenne palace », et les autres protagonistes. Le promoteur insiste sur l’aspect populaire d’identification, ce qui laisse à penser, qu’en Europe, ils devront découvrir des Nègres non civilisés, dans un contexte d’exotisme des tropiques, bonne bouffe et bamboula. Selon les organisations, il faudra décompter 35 à 60 jours de traversée en solitaire, au milieu de l’océan, cela s’apparente à 180 jours de traversée en fond de cale d’un négrier. L’unique retombée de la régate pour la Guyane, l'approche pour cette première qui se situe dans l’intervalle carnavalesque de 2007, d’une arrivée sur le vieux port de Cayenne, en saison, de marée basse, où le vieux port est envahi de boue, ce qui rend utopique l’accostage des navires. Pour une première, qui débute à Saint Martin de Ré d'où partaient les bagnards, de la citadelle la Martinaise avec une visite du musée Ernest Cognac, qui relate l’expédition des bâtards de la France envoyée dans les colonies françaises d’Outre-mer. Enfin, après le tolet de cette fin d’année 2005, sur la loi des bienfaits de la colonisation, la course n’est qu’une épice dans la mêlasse des idées reçues du bien fondé de la régate dans un département comme la Guyane, qui traverse la lourde période esclavagiste, le post-colonialisme, enfin à sans aboutissement à la départementalisation.

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