MONGO BETI L'AFRIQUE OU L'AFRIQUE DU NEGRE...
Par jpdemars, mercredi 13 décembre 2006 à 12:22 :: Général :: #1557 :: rss
Analyse de Edouard Eliet en 1965. Mongo Beti L’écrivain camerounais connu successivement sous les pseudonymes d’Eza Boto et de Mongo Beti, s’appelle, en réalité, Alexandre Biyidi. Il est né en 1932 d’une souche bantoue établie aux environs de Yaoundé. Sans roman « Le pauvre Christ de Bomba » Le roman retrace l’histoire d’un échec missionnaire, c’est-à-dire d’un échec de la bonne volonté des Blancs qui n’ont pas compris l’Afrique Négrotype et qui ont fait indûment confiance à des subordonnés pervertis par la civilisation, celle d’Europe. C’est peut-être moins le procès de l’effort missionnaire catholique que celui de l’administration coloniale qu’on trouve dans l’œuvre de Mongo Beti. En effet, la collusion insidieuse entre pères et Administration coloniaux est dévoilée sans ambages.
Avec le temps, certains devinrent têtus, sourds, coléreux. Mongo Beti, au fond, est un réaliste. Les Négros-Africains de plusieurs régions (des années 40/50) crurent pouvoir assimiler le prête des blancs au sorcier des Nègre. L’un et l’autre, par des rites et dans l’atmosphère d’un certain mystère, apparaissaient comme les gardiens de la force de leurs sociétés respectives. Les blancs, qui s’étaient installés et qui manifestaient leur puissance par l’étalage des attributs de leur civilisation, passaient dès lors aux yeux des Nègres pour les plus efficaces. Or, ces Blancs semblaient être chrétiens.
Malheureusement, ce raisonnement pour logique qu’il soit ne correspondait à nulle réalité ! Si le Nègre avaient pu savoir que l’église avait, naguère, persécuté les savants et brûlés les novateurs, pionniers et découvreurs de la science, ils seraient demeuré attaché à leur société. Idem dans « Mission Terminée.» Dès les premières pages, l’esprit frondeur et bon enfant à la fois du jeune Medza se fait jour en même temps que Mongo Beti, d’une plume légère, pose le problèmes colonial dans toute son ampleur et avec toutes ses implications culturelles et psychologiques.
Mongo Beti entend-il faire le procès de la « civilisation » occidentale ? A vrai dire, véritable moraliste, il constate que l’intrusion d’une culture nouvelle dans les modes de penser et d’agir traditionnels ne pouvait engendrer que trouble de l’esprit africaine (nous somme en 1956.)
On imagine le conflit : Medza, le héros de l’aventure, qu’il ignore encore le moyen de s’affilier à la civilisation étrangère. Cependant, Mongo Beti se place à un carrefour et Meza cherche à s’orienter. Il a perdu la sagesse des anciens ; il n’a pas acquis le sens de l’adaptation européenne parce que la société dont il est issu demeure ce qu’elle fut tandis que lui a changé. L’errance c’est la quête d’une évidence qui soit commune à la Négritude et à l’occident. Dans les écrits de Mongo Beti des années 50, on y rencontre des scènes crues, à base de sexualité ; des expressions assez familières. Et définit les Nègres collaborateur de la mission, de profiteurs immoraux, des fornicateurs, des entremetteurs qui corrompent les femmes. Le Nègre à l’image du Blanc, n’est autre qu’un copier coller du système colonial, Mongo Beti avec « Le pauvre Christ de Bomba » sera interdit de publication en 1956 au Cameroun, preuve de sa valeur…Evidement, les événements qu’il relate se situent dans une période coloniale antérieure, vers 1938.
Mongo Beti…/…








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