ABOLITION DE LA SERVITUDE ou ABOLITION DE L'ESCLAVAGE?
Par jpdemars, jeudi 10 mai 2007 à 12:08 :: Général :: #1920 :: rss
Un jeune habitant du Bourg du Mas, Monsieur Davy un ancien militaire, confiait depuis trois ans la direction de sa maison. La direction tout entière à une Négresse forte intelligente, Lisette, maîtresse, femme et capable de porter le poids de cette lourde tâche. Lisette commandait à la fois les domestiques de l’intérieur et les Nègres de l’atelier.
LISETE & MERYDOR VERSION ORIGINALE ADAPTATION
Un jeune habitant du Bourg du Mas, Monsieur Davy un ancien militaire, confiait depuis trois ans la direction de sa maison. La direction tout entière à une Négresse forte intelligente, Lisette, maîtresse, femme et capable de porter le poids de cette lourde tâche. Lisette commandait à la fois les domestiques de l’intérieur et les Nègres de l’atelier. Quoiqu’elle fût une déportée, les autres déportés avaient en elle une confiance égale à celle de leur maître blanc et lui montrait la plus grande déférence jointe à une obéissance aveugle. Lisette tenait les rênes de ce petit gouvernement tel un ministre habile et fort puissant. Monsieur Davy lui annonça son prochain mariage. Craignant, avec raison, que les habitudes d’autorités et de dominations que Lisette avait contractées dans la maison ne constituèrent une flagrante atteinte aux droits de sa jeune femme. Monsieur Davy voulu faire comprendre à Lisette la nécessité pour elle d’abdiquer ses pouvoirs et de déposer son sceptre. Lisette ne pu s’y résoudre, tout ce qu’elle vit dans l’abdication qui lui était commandée, c’était l’abdication elle même, sans tenir compte des causes toutes naturelles qui rendaient cette suprême résolution indispensable. Monsieur Davy lui répondit : "Je sais si bien apprécier ta bonne conduite Lisette, que je la veux récompenser". Elle se plaignit amèrement en s’écriant que ce n’était pas la récompense que méritaient ses services. Lisette haussa les épaules et secoua la tête comme pour signifier à l’avance à son maître qu’elle refusait tout ce qu’il pourrait lui offrir. "D’abord, reprit Monsieur Davy, je te donne ta liberté”. Mais Lisette le la lui refusa. Monsieur Davy lui proposa alors cinquante doublons (le doublon est une pièce d’or qui vaut 13 euros) pour élever son enfant et un magasin au bourg. Elle ne voulait ni de ces doublons, ni de magasin. Il fallait que la résolution de Lisette fût bien forte, car elle venait de refuser ce qui est une grande ambition pour les femmes déportées à la campagne, la possession d’un magasin et le droit de faire commerce. Dans un pays où le commerce avait été, pendant bien longtemps un privilège exclusivement réservé aux blancs. Devenir négociant, avoir un magasin où trôner, c’était toucher au nec plus ultra de la joie et de l’orgueil, bien après même, qu’il ne s’agisse plus d’un privilège. Les femmes surtout y ont mis une extrême ardeur. La liberté n’était rien à côté de cela ! Quelle liberté d’ailleurs, quelle espérance de fortune pouvaient équivaloir pour Lisette à cette toute puissance, dont le mariage de son maître, lui imposait le renoncement ? "Je ne veux rien, répéta-t-elle avec une énergique telle une obstination, de ce que vous m’offrez. Je suis Négresse, je suis fille d'un et d’une déportée d'Afrique et je dois retourner au travail". Monsieur Davy insista à nouveau sur le bienfait et sur la récompense généreuse qu’il lui octroyait, mais Lisette persista et refusa avec une telle hauteur, avec une telle insolence de paroles et de tels mouvements d’épaules. Monsieur Davy pu oublier jusqu’à l’indulgence, jusqu’à la reconnaissance ce qu'il devait à Lisette, l’enfant. Il l'a condamna à recevoir vingt-neuf coups de fouet de la main du commandeur, en la renvoyant prendre place momentanément dans l’atelier de l’habitation. Cette fille se résigna en apparence, mais elle tomba bientôt dans une mélancolie profonde, indice certain d’une tentative de suicide opérée par du poison. Le suicide était assez commun chez les Nègres déportés et il ne se pratiquait généralement que par le poison. Il était rare qu’un Nègre né sur le sol des Antilles, (ce qu’on appelle dans les départements d’Outre-mer seulement un Négro-Antillais), se suicide par la strangulation, par le charbon, par l’eau, par le fer ou par les armes à feu. Les Négro-africains ceux qui naissaient en Afrique et déportés étaient les seuls qui se donnaient la mort par la pendaison et leur conviction en se suicidant était de retourner en Afrique dans leur patrie. Le poison des nègres dans les cas de suicide n’était pas le même que celui qui s'appliquait sur les animaux ou sur les personnes. Le poison était donc de deux sortes. Le poison des vengeances et le poison des afflictions. Ce dernier n’était autre que de la terre que le Nègre absorbait par petites quantités, particulièrement pendant la nuit. Il choisissait de préférence du plâtre ou du salpêtre. Ainsi, dans presque toutes les maisons, on pouvait constater quelques dégradations aux murailles, dans les coins obscurs et perdus, sous les nattes et dans les pièces carrelées ou marbrées. On trouvait souvent un carreau déchaussé sous lequel l’épiderme de la terre était égratigné par des ongles avides. Cette étrange absorption détériore les organes digestifs et produits ce qu’on appelait dans le pays « le mal d’estomac », à la suite duquel vient inévitablement l’hydropisie, presque toujours incurable. Le premier symptôme de la maladie se révélait chez le Nègre par une grande tristesse, une nonchalance invincible de corps et d’esprit, puis les gencives enflaient et les dents désertaient leur alvéole. La mort alors n’était jamais loin. Elle venait même quelquefois plus promptement que le Nègre ne le voulait. Dès qu’on remarquait quelques accès de spleen chez un déporté, le premier mouvement était de lui saisir les mains et d’examiner ses ongles, sous lesquels on découvrait presque certainement la présence de la terre. C’était là un signe infaillible. Souvent il était trop tard pour prévenir la catastrophe. Lisette dans son désespoir avait donc eut recours à la terre. Sa première pensée avait été le suicide et elle tombait du haut d’un grand rôle, au niveau de l’abjection. C’était une ambition déçue, une autorité brisée. Monsieur Davy absent de l’habitation, ne put assister aux premiers effets du poison sur ce corps qui s’était voué à la mort. Le désespoir et la rage de Lisette étaient sincères. Il lui importait donc peu que l’on s'aperçoive ou non des ravages de la terre sur sa beauté. Ce n’était plus un avertissement qu’elle donnait, elle cherchait un fatal, dénouement. Si elle lui apporta la lenteur que nous avons décrite, c’était par habitude plutôt que par calcul. Aussi, quand on annonça l’arrivée prochaine de Monsieur Davy revenant avec sa jeune femme, Lisette eut la pensée d’en finir tout de suite, pour ne point assister à cette dernière insulte faite à son bonheur passé, et à la fin des privilèges laissés à l’enfant mulâtre dont elle était si fière. Mais tout à coup, elle se sentit mordue au cœur par l’orgueil, qui poursuit toutes les victimes d’étaler leur agonie aux yeux de leurs bourreaux et de leur léguer ce spectacle des tortures endurées comme une expiation. Lisette arrêta le travail de la mort. Elle se regarda dans un miroir et se fit peur à elle-même, tant la décomposition de son visage était complète. Elle sourit à ce masque hideux, à cette maigreur effrayante, à cette vieillesse qui avait remplacé sa beauté, ses chaires pleines, sa jeunesse heureuse. L’atelier tout entier se préparait à recevoir en grande pompe les nouveaux mariés. Lisette intrigua pour être la première à présenter les paniers de fleurs et de fruits que l’on se proposait d’offrir à la nouvelle madame. C’était dans sa pensée, une manière de verser quelques gouttes d’absinthe dans la coupe du jeune ménage. Lisette ne s’était pas trompée. Au milieu de ce bataillon de Nègres endimanchés, joyeux, chantants, chargés de rameaux en guise de drapeaux, Lisette couverte de ses plus beaux bijoux, de ses madras les plus éclatants, apparut comme un spectre et produisit une impression pénible sur la jeune mariée. Monsieur Davy avait pâli, un peu par pressentiment. Selon l’usage, la nouvelle madame passa en revue tout l’atelier et distribua à chacun une somme d’argent et une journée de largesses, accompagnées d’une permission pour animer la soirée en fanfare. Ce qui fut accueilli par des cris de joie, de bénédictions et de souhaits de bonheur qui éclatèrent de toutes parts. Seul l’enfant de Lisette était resté dans l’atelier à jouer à l’escrimeur, à l’aide d’un morceau de bois bien aiguisé. Il sautait de table en table dans un esprit tourmenté. Quand Madame Davy arriva devant Lisette, celle-ci ne pue retenir ses larmes. Ce fut, il faut le dire, des larmes de rage… Lisette ne connaissait pas la femme qu’avait choisie son maître et ne se l’imaginait pas si belle. En la voyant souriante, heureuse, un projet infernal avait mûri dans la tête de Lisette. Le dîner fut simple et court contrairement aux usages des colonies. Une gêne paralysait les convives et le rire semblait mort. Un petit mot de Madame Davy ranima la fête. Le bal champêtre commença au son des tambours et de danses. Des lumignons pendus aux branches illuminaient le jardin. Les serviteurs sautaient en hurlant un air de danse africaine, accompagné du son des tambours juchés sur une table en estrade. Des barriques de rhum donnaient à boire aux convives et des serviteurs rinçaient incessamment les verres et les bols dans un baquet. La table était couverte de galettes de maniocs, de poulets et poissons boucanés, de fruits exotiques, de pain où chacun venait prendre une bouchée de temps en temps. La fête battait son plein. Lisette spectatrice à l’écart de tous, son enfant en collier dans ses bras, ne voulait plus mourir, ou du moins elle demanda à dieu de vivre assez de temps pour accomplir sa vengeance. Huit jours, après, Madame Davy commença à sentir les atteintes d’un mal inconnu. Elle demanda à Monsieur Davy de faire venir de l'habitation de son père, Merydor, un soigneur de la plantation, acheté sur le marché des serviteurs du Bourg du Mas. Il pratiquait la médecine avec des plantes. Monsieur Davy l'envoya le chercher. Il arriva quelques heures plus tard et fut accueilli par Monsieur Davy sur le perron de sa demeure. Il le conduisit sans tarder auprès de sa femme mourante. Les domestiques avaient les yeux rivés sur ce très beau jeune homme paré d’un accoutrement de sorcier Vaudou, de clochettes à sortilèges, de bijoux de pacotilles et de gris-gris en tout genre. Lorsqu'il fit son entrée sous la coupole de la maison, Merydor dévisagea l'ensemble des domestiques, du premier au dernier, de gauche à droite. Il se dirigea vers sa maîtresse allongée sur le lit, au visage qui n'exprimait aucune merveille. En la voyant sur son lit, il comprit qu'il ne pouvait plus rien pour elle. Il s'agenouilla à son chevet. Dans ses mains, trois billes de calbas et une petite fiole qui contenait un breuvage connu que de son préparateur. Il lui versa une dose dans un verre, le tendit à Madame Davy qui en avala tout le contenue. L'arrivée du Nègre Merydor surprit toute l'habitation. C'était bien évidemment la première fois que des domestiques, tout comme Monsieur Davy eut affaire à un nègre pour médecin. Merydor sortit un collier de pierres et pratiqua sur sa maîtresse une sorte de friction, accompagné de quelques incantations, sûrement des prières Vaudou, puis ils laissèrent Madame Davy se reposer seule dans sa chambre. Monsieur Davy se rendit sur la véranda. Il demanda de se faire servir une citronnade. Il avait le cœur serré de voir sa jeune épouse entre la vie et la mort, et craignait de rendre son habitation un lieu de malheur et de tristesse. Une domestique interpella alors Monsieur Davy : "Monsieur, madame souhaiterait votre présence auprès d'elle". Il confia Merydor à Félicien en lui demandant de lui faire visiter la propriété. Tous deux visitèrent le potager, puis l'atelier, la maison des serviteurs, les chambres des femmes où dormaient des enfants et celui des couples, pas plus grandes avec juste un peu d’intimité. Lorsque le regard de Merydor croisa celui d'une veille Négresse, qui avait les bras encombrés d'un être, tel un enfant. Il découvrit alors la silhouette de Lisette. Elle était aussi mourante que sa maîtresse. Les membres faibles, le corps fébrile et maigre, avec les yeux qui lui sortaient presque des orbites. Les mêmes symptômes se diagnostiquaient. Il s'approcha de plus près de la veille dame, qui n'avait pas l'air surpris par l'accoutrement de Merydor. La veille dame lui fît une place. Merydor regarda ce corps presque nu de Lisette, vêtu d'une petite toile qui lui cachait que le sexe, tel le christ dans son in seuil. C’est ainsi que les serviteurs étaient enterrés très peu vêtus, par souci d'économie vestimentaire car à la charge du maître. La chambrette où se trouvait Lisette était peu éclairée, l’enfant regardait sa mère agonir. Elle cru un instant être dans les bras du seigneur. Elle lui adressa quelques mots à peine audible et demanda pardon au seigneur pour le mal qu'elle avait perpétré sur l'épouse de son maître. Merydor, Félicien et la veille dame se regardèrent. Elle confia l’enfant à la vielle dame. Merydor prit Lisette dans ses bras. Aussi misérables et dévêtue que soit Lisette, Merydor ne voyait que la Lisette du Mas, dont on avait tant parlé dans les plantations. Il ne restait plus grand chose de cette « Mam’zelle du Mas ». Dans le regard de Lisette une soudaine envie de vivre, de s'accrocher à la vie et de rester éternellement dans les bras de Merydor. En ce jour de tristesse, tous les serviteurs avaient eu un jour de repos forcé, seul travaillaient ceux qui étaient affectés aux travaux domestiques et aux soins de madame qui semblait de plus en plus épuisée par les effets du poison qui lui dévoraient les entrailles. Ses gestes long et imprécis laissaient planer le doute sur une guérison possible. Toute la beauté de la jeune Madame Davy avait disparu. Sa peau blême, son visage ridé en peu de temps et ses mains ne cessèrent de trembler comme des feuilles mortes. Puis vînt une forte fièvre. Elle était allongée sur le lit comme un corps sans vie, sur le grand oreiller blanc. Sa force était rompue et Madame Davy perdit tout espoir. Son mari posa la tasse d'infusion sur la table de nuit et s'installa auprès de sa femme, sans plus trop d'espoir. Il ne lui restait plus qu’à prier. Lisette, allongée sur son lit de paille et de vieux chiffon, vomissait à son tour dans une moitié de calbas, de la glaire mélangée au breuvage de Merydor, qui demanda aussi tôt de l'eau. Lisette en sueur tendit les bras pour saisir un grand bol d'eau, mais Merydor lui versa l’eau à grands flots dans la gorge en lui renversant la tête. Elle avala une bonne quantité d'eau, mais elle n’était pas sortie d'affaire pour autant. La nuit s'approcha très vite. On alluma les lampes à pétrole, mais les bougies firent leurs apparitions, un peu plus que d'habitude, car on faisait des prières et le christ sur une croix en bois trônait au milieu du séjour. Le soleil se coucha et les domestiques vaquèrent à leurs occupations. La nuit dans la propriété s'illumina en ce début de soirée comme un envol de lucioles. Monsieur Davy resta auprès de son épouse malade, dans un moment d’endormissement, il ressentit comme une douleur dans le dos, qui le réveilla de sa pénitence. Un vent glacial remplit la chambre, lorsqu'il se redressa de sa chaise, Madame Davy avait rendu l'âme. Aussitôt, Lucienne la domestique de maison rentra dans la chambre et reparti de sitôt faire sonner la cloche des Marrons pour donner l'alerte aux autres serviteurs de la plantation, éparpillés dans la propriété. La mort envahie la plantation. Tous les serviteurs accouraient vers la maison du maître. Monsieur Davy resta agenouillé devant la dépouille de sa jeune épouse, les larmes aux yeux, le corps meurtri. Monsieur Davy ne pouvait rien faire d'autre que de pleurer. Félicien et la veille dame coururent comme les autres serviteurs laissant Lisette et Merydor dans la chambrette. Les deux vieux serviteur s'esquivèrent d'un "Yé cric, Yé crac". Lisette, elle, souffrait encore plus, de la mort de sa nouvelle maîtresse et de l'inévitable mal qui la rongeait. Elle n’avait plus de force, trop affaiblie de se rendre à son tour devant la dépouille de sa maîtresse. La maison du maître se remplit de tous les serviteurs rassemblés autour du maître priant avec lui dans sa douleur. Il ne manquait plus que la présence de Lisette et de Merydor. Merydor lui redoutait la fin de ses privilèges et sa semi-liberté, que sa maîtresse lui avait octroyé. Il prit Lisette dans ses bras vêtus d'une fine toile qui cachait à peine sa maigreur, se dirigea pas à pas vers la maison du maître, l’enfant suivait le cortège morbide que donnait Lisette. Le silence pesa dès qu’elle pénétra dans la maison dans les bras de Merydor qui souffrait silencieusement de la mort de sa maîtresse. Monsieur Davy ne se préoccupa point de la présence de Lisette dans la pièce. Son regard croisa celui de l’enfant, qu’il fixa quelques secondes, mais qui paraissait une éternité. Devant Lisette, le corps de Madame Davy, étendue sur son lit de mort était aussi blanc que le plâtre qu'avait avalé Lisette. Seul le vent fit bouger sa fine lingerie, recouvrant son corps presque sans âme et son visage de Belle-Cabresse, caché sous une coiffe. Lisette savait que la jeune épouse de son maître avait peu de chance d'échapper à la mort. Elle savait aussi que le maître ne lui pardonnerait jamais la mort de sa jeune épouse. Lisette rêvait d’un meilleur sort pour son fils, qui n’était autre que le fils du maître, tous les habitants du Bourg lui tenait respect et gratitude. Son fils vaquait de maison en plantation en toute quiétude, car il était le fils de la Lisette du Mas. Merydor lui, comprit à cet instant qu’il redeviendrait un simple serviteur des champs, se sachant méprisé par le père de la défunte maîtresse Madame Davy. Il eut une pensée macabre devant le corps de sa maîtresse. Il songea à la mort, mais pas n’importe quel mort. Il voulut mourir dans les bras de la Belle-Cabresse. Lisette tendit la main dans un ultime effort vers le corps de Madame Davy, pour l‘atteindre une dernière fois. Elle vit apparaître Madame Davy qui semblait l’attendre quelque par dans les Cieux, la peur s’était emparée de Lisette et elle demanda qu’on la reconduise dans sa chambrette. Son fils resta pour la première fois auprès de monsieur Davy, à veiller la dépouille de la défunte épouse. Lisette s’entrelaça dans les bras de Merydor et ils quittèrent la maison du maître donnant dos aux autres serviteurs. Un événement incroyable se produisit dans la propriété de Monsieur Davy. Alors que les serviteurs et le maître se préparaient à veiller pour prier toute la nuit, les deux vieux serviteurs se mirèrent à jouer aux tambours en relatant la vie du maître, de la propriété et aussi de leurs sorts, celui de leurs ancêtres et de cette Terre lointaine laissée un jour, après des mois de traversée. Cela dura jusqu’au petit matin. Plus personne ne revit Lisette et Merydor. Au petit matin brumeux, on découvrit leurs corps sans vie, mort par empoisonnement. Alors Monsieur Davy comprit que l'auteur de l'empoisonnement de sa jeune épouse venait de mourir. Il prit son fusil pour ne rien devoir à la famille de sa jeune épouse, il tira plusieurs coups de feu vers le ciel et demanda à Félicien d’enterrer le corps de sa défunte épouse, celui de Lisette et Merydor. Il fît venir l’enfant, demanda à Lucienne la domestique de maison, de le baigner et de l’habiller, car il devait se rendre à la capitale dès l'inhumation des corps et rendre compte aux autorités. Monsieur Davy remit à Félicien une lettre de recommandation d’affranchissement de tous les Serviteurs de la plantation. Une fois la liturgie terminée, il demanda de préparer quelques affaires personnelles et fît venir la vielle guimbarde. Il confia la maison à Félicien et remit quelques doublons à chacun de ses15 Serviteurs. Il partit pour la ville accompagné du jeune Alexandre. Après une journée de route, ils arrivèrent à la capitale et se rendirent près des autorités. Puis sur le conseil du consul, monsieur Davy se rendit auprès de l’archevêché pour y reconnaître l’enfant sous le nom d’Alexandre Dumas. Chose faite, monsieur Davy et l’enfant s’installèrent chez des amis pour leur unique nuit dans la capitale avant d’embarquer au petit matin sur la Brestoise navire, qui se naviguait pour la France. La maison et la plantation furent mises à sec par les serviteurs. Félicien remit aux autorités local la lettre qui déclarait libre les serviteurs. Certains restèrent, d’autres retournèrent en Afrique. Ils recouvrèrent la liberté au Bénin. Quand au jeune Alexandre Dumas, il devînt général dans l’armée du Dragon auprès de Napoléon et aura un fils le célèbre écrivain, Alexandre Dumas Davy de la P.








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