__________existence - liberté / déterminisme - responsabilité - valeur - nature humaine - délaissement - initiation - existentialisme - Dieu - homme - humanité - passion - Faut-il renoncer à l´idée que l´homme a une nature ?
Par Children of the Street ( children soldiers), vendredi 5 février 2010 à 22:40 :: Spiritisme, Occultisme..spiritualité parapsychologie "Anthée" :: #3094 :: rss
" Si Dieu n'existait pas, tout serait permis ". C'est là le point de départ de l'existentialisme. En effet, tout est permis si Dieu n'existe pas, et par conséquent l'homme est délaissé, parce qu'il ne trouve ni en lui, ni hors de lui une possibilité de s'accrocher.
Il ne trouve d'abord pas d'excuses. Si, en effet, l'existence précède l'essence, on ne pourra jamais expliquer par référence à une nature humaine donnée et figée ; autrement dit, il n'y a pas de déterminisme, l'homme est libre, l'homme est liberté. Si, d'autre part, Dieu n'existe pas, nous ne trouvons pas en face de nous des valeurs ou des ordres qui légitimeront notre conduite. Ainsi, nous n'avons ni derrière nous, ni devant nous, dans le domaine lumineux des valeurs, des justifications ou des excuses. Nous sommes seuls, sans excuses. C'est ce que j'exprimerai en disant que l'homme est condamné à être libre. Condamné, parce qu'il ne s'est pas créé lui-même, et par ailleurs cependant libre, parce qu'une fois jeté dans le monde il est responsable de tout ce qu'il fait. L'existentialiste ne croit pas à la puissance de la passion. Il ne pensera jamais qu'une belle passion est un torrent dévastateur qui conduit fatalement l'homme à certains actes, et qui, par conséquent, est une excuse.
Il pense que l'homme est responsable de sa passion. L'existentialiste ne pensera pas non plus que l'homme peut trouver un secours dans un signe donné, sur terre, qui l'orientera ; car il pense que l'homme déchiffre lui- même le signe comme il lui plaît. Il pense donc que l'homme, sans aucun appui et sans aucun secours, est condamné à chaque instant à inventer l'homme.
LE VISIBLE ET L'INVISIBLE
Avec la première vision, le premier contact, le premier plaisir, il y a initiation, c'est-à-dire, non pas position d'un contenu, mais ouverture d'une dimension qui ne pourra plus être refermée, établissement d'un niveau par rapport auquel désormais toute autre expérience sera repérée.
L'idée est ce niveau, cette dimension, non pas donc un invisible de fait, comme un objet caché derrière un autre, et non pas un invisible absolu, qui n'aurait rien à faire avec le visible, mais l'invisible de ce monde, celui qui l'habite, le soutient et le rend visible, sa possibilité intérieure et propre, l'Etre de cet étant.A l'instant où l'on dit "lumière", à l'instant où les musiciens arrivent à la "petite phrase", il n'y a nulle lacune en moi; ce que je vis est aussi "consistant", aussi "explicite" que pourrait l'être une pensée positive, -- beaucoup plus même: une pensée positive est ce qu'elle est, mais précisément, n'est que cela, et dans cette mesure elle ne peut nous fixer. Déjà la volubilité de l'esprit le mène ailleurs.
Les idées musicales ou sensibles, précisément parce qu'elles sont négativité ou absence circonscrite, nous ne les possédons pas, elles nous possèdent. Ce n'est plus l'exécutant qui produit ou reproduit la sonate: il se sent, et les autres le sentent, au service de la sonate, c'est elle qui chante à travers lui, ou qui crie si brusquement qu'il doit "se précipiter sur son archet" pour la suivre. Et ces tourbillons ouverts dans le monde sonore n'en font enfin qu'un seul où les idées s'ajustent l'une à l'autre. (....)
Il y a une idéalité rigoureuse dans des expériences qui sont expérience de la chair: les moments de la sonate (Proust, Du côté de chez Swann, II, p.192), les fragments du champ lumineux, adhèrent l'un à l'autre par une cohésion sans concept qui est du même type que la cohésion des parties de mon corps, ou celle de mon corps et du monde. Mon corps est-il chose, est-il idée? Il n'est ni l'un ni l'autre étant le mesurant des choses. Nous aurons donc à reconnaître une idéalité qui n'est pas étrangère à la chair, qui lui donne ses axes, sa profondeur, ses dimensions.
http://www.cafe.edu/genres/e-visinv.html







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