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  <title>Africa blues</title>
  <description><![CDATA[Africa blues]]></description>
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<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/07/10/2473-mugabe-le-revelateur-de-nos-hypocrisies">
  <title>Mugabe : le révélateur de nos hypocrisies</title>
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  <dc:date>2008-07-10T16:15:33+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>Il ne viendrait à personne l’idée de défendre ce personnage ubuesque et grossier, dont le triste bilan est catastrophique à maintes égards. Ne parlons pas du taux d’inflation de 165 000%, ce chiffre n’a plus aucun sens, mais plutôt du peuple affamé et soumis au caprice de l’ogre.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Il ne viendrait à personne l&#8217;idée de défendre ce personnage ubuesque et grossier, dont le triste bilan est catastrophique à maintes égards. Ne parlons pas du taux d&#8217;inflation de 165 000%, ce chiffre n&#8217;a plus aucun sens, mais plutôt du peuple affamé et soumis au caprice de l&#8217;ogre.</p> <p>Depuis des semaines, Mugabe et sa sinistre comédie du pouvoir attirent l&#8217;attention des journaux et des télévisions. Certes les réactions outragées de nos vertueuses démocraties justifie cette couverture, mais un tel succès médiatique peut s&#8217;expliquer aussi par le fait que Mugabe se rapproche des vieux clichés tenaces sur les dictateurs africains, toujours folkloriques et forcément très cruels. On ne l&#8217;a pas encore accusé de cannibalisme mais cela ne saurait tarder. Ne rions pas, beaucoup ont eu droit à cet aimable vocable ! Il rejoint le club médiatiquement très vendeurs des Bocassa, Mobutu, Amin Dada et autres truculents dictateurs africains. Mais à l&#8217;inverse de ces derniers, lui a décidé de faire bande à part. Et c&#8217;est une faute impardonnable au yeux de la communauté internationale. Pour cela il ne lui sera rien pardonné.</p>


<p>Osons la question de fond : pourquoi les médias et les gouvernements occidentaux tirent à boulets rouges sur Mugabe ? Parce que ce n&#8217;est pas un démocrate ? Parce qu&#8217;il affame son peuple ? A cause des 15 000 personnes tués par la guérilla en sept ans ? Ou bien parce qu&#8217;il s&#8217;en est pris à la minorité blanche (1200 tués) qui s&#8217;accaparait les richesses du pays ?</p>


<p>Allons donc, la terre africaine est un continent où les dictateurs sont choyés et même reçu en grande pompe dans la patrie des droits de l&#8217;homme. Pourquoi ne s&#8217;attaque t-on pas par exemple à Sassou Nguesso, Omar Bongo, Paul Biya, Idriss déby pour ne citer que des francophones ? Ils ne brillent pas pour leur sens démocratique ni pour leur bilan économique. Mais poser la question c&#8217;est déjà y répondre : ils font parti du pré carré. Il y a les dictateurs fréquentables, c&#8217;est à dire ceux qui servent nos intérêts et les autres&#8230; Au fond n&#8217;est-ce pas plutôt parce que Mugabe ne fait pas semblant, qu&#8217;il ne se conforme pas à la pittoresque comédie des urnes et du jeu démocratique qu&#8217;il est voué aux gémonies ? Il est de bon ton de jouer le simulacre démocratique en Afrique si l&#8217;on veut faire de vieux os comme Omar Bongo. Mais à l&#8217;inverse de ce dernier, Mugabe est un tyran qui s&#8217;assume. C&#8217;est un fait suffisamment rare pour être souligné.</p>



<p>Il dérange parce que son bras d&#8217;honneur nous renvoie à la figure toute l&#8217;hypocrisie des pseudos discours généreux sur l&#8217;Afrique. La comédie du G8 ne trompe personne. Pour les multinationales comme Bolloré, Elf, Bouygues pour ne parler que des françaises (mais le sont-elles vraiment ?), l&#8217;Afrique doit rester cette zone de non-droit avec des états clients où toutes les magouilles sont permises.</p>



<p>C&#8217;est peu de dire que le continent est sous tutelle internationale. Hier nous avions les réseaux Foccart et ses succédanées (Nébuleuse Pasqua, Mitterrand&#8230;), cette françafrique dont on peine à signer l&#8217;acte de décès (voir la récente éviction de Bocquel sous la pression d&#8217;Omar Bongo). Aujourd&#8217;hui le système néocolonial prend d&#8217;autres formes plus insidieuses (rôle du FMI, ONG à l&#8217;action douteuse, l&#8217;U.E et maintenant la Chine&#8230;). L&#8217;Afrique moderne avec ses réussites et ses désastres est un maillon essentiel de la mondialisation. C&#8217;est notre « créature » tout autant que celle des africains qu&#8217;on ne peut exonérer de toutes responsabilités. Mais tout est fait pour culpabiliser l&#8217; « l&#8217;homme africain » incapable de « rentrer dans l&#8217;histoire », dixit le discours de Dakar. Le désastre annoncé au Zimbabwe est paradoxalement un signe d&#8217;espoir. Cet état (je n&#8217;ose dire « ce peuple » car celui-ci n&#8217;a jamais eu droit au chapitre) veut s&#8217;affranchir de toute tutelle. Aujourd&#8217;hui avec Mugabe, c&#8217;est pour le pire. Mais demain ? Sankara, Mounié, Nyobe, Lumumba, Olympio étaient des hommes d&#8217;états qui avaient le sens du « bien commun » mais nul ne saurait dire ce que leurs pays seraient advenu sous leur action. Et pour cause, nous les avons assassiné ! C&#8217;est aux africains de reprendre le flambeau pour que Mugabe ne soit pas le seul et pitoyable symbole de l&#8217;indépendance en Afrique. Mais laisserons nous faire ces hommes providentiels quand ils apparaîtront ? La juge Eva Joly a montré dans son dernier ouvrage que pour un dollar qui rentre en Afrique, deux en sortent pour alimenter l&#8217;économie monde et les paradis fiscaux. Et l&#8217;on s&#8217;étonne que les peuples africains soient pauvres ?</p>

<pre></pre>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/06/05/2450-comment-sortir-de-la-francafrique">
  <title>Comment sortir de la Françafrique?</title>
  <link>http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/06/05/2450-comment-sortir-de-la-francafrique</link>
  <dc:date>2008-06-05T19:04:16+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>Le procès de la Françafrique est déjà largement instruit : guerres secrètes, assassinats politiques, barbouzerie, trafic d’armes, pillage des ressources naturelles, corruption, soutien actif aux dictateurs en place et j’en passe. Cependant une large partie de nos concitoyens sont encore ignorants de ces faits (les grands médias ne font pas leur boulot) et plus grave nos élus sont à l’écart de ce qu’il est convenu d’appeler le domaine réservé de la présidence. Il n’y a jamais eu sous la Vème république un contrôle démocratique de la politique africaine française.

Au vu du bilan catastrophique de cette politique, tant au niveau Français qu’africain, il serait naïf de penser que nous pourrions nous

désengager après plus de 150 ans de colonialisme et de néocolonialisme, bien que la chose soit tentante. Aussi ma question est la suivante : comment assainir les relations franco africaines ?</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Le procès de la Françafrique est déjà largement instruit : guerres secrètes, assassinats politiques, barbouzerie, trafic d&#8217;armes, pillage des ressources naturelles, corruption, soutien actif aux dictateurs en place et j&#8217;en passe. Cependant une large partie de nos concitoyens sont encore ignorants de ces faits (les grands médias ne font pas leur boulot) et plus grave nos élus sont à l&#8217;écart de ce qu&#8217;il est convenu d&#8217;appeler le domaine réservé de la présidence. Il n&#8217;y a jamais eu sous la Vème république un contrôle démocratique de la politique africaine française.</p>

<pre>Au vu du bilan catastrophique de cette politique, tant au niveau Français qu&#8217;africain, il serait naïf de penser que nous pourrions nous</pre>

<p>désengager après plus de 150 ans de colonialisme et de néocolonialisme, bien que la chose soit tentante. Aussi ma question est la suivante : comment assainir les relations franco africaines ?</p> <p>Comment peut-on ne pas faire l&#8217;impasse sur le nerf de la guerre à savoir d&#8217;une part les véritables enjeux politiques, économiques et militaires et d&#8217;autre part les nombreux réseaux mafieux qui gravitent autour dans lesquels intérêts nationaux et privés se confondent. Sachant que les fortunes personnelles de certains dirigeants excèdent la dette de ces pays comment alors dissocier une vrai politique de co-développement avec la lutte contre la grande corruption ? Très concrètement, ne s&#8217;agirait-il pas au niveau européen de s&#8217;attaquer aux paradis fiscaux ?</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/06/05/2447-pour-quelques-degres-de-plus-dans-la-desinformation">
  <title>"pour quelques degrés de plus" ... dans la désinformation.</title>
  <link>http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/06/05/2447-pour-quelques-degres-de-plus-dans-la-desinformation</link>
  <dc:date>2008-06-05T18:58:13+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>L’émission « pour quelques degrés de plus » animée par Marie Drucker approche de quelques degrés le zéro absolu du foutage de gueule. Le comble de la malhonnêteté est atteint lors du reportage sur la forêt tropicale au Cameroun.
On commence par un portrait presque idyllique d’une société de bois européenne : souci écologique, traçabilité ect...Pourquoi pas ?
Ensuite zoom sur le port de Douala où on apprend que 60% de l’exportation des essences précieuses se fait de façon occulte. Ce n’est pas un scoop. On sait depuis bien avant le procès ELF que les circuits illégaux de matières premières africaines (Hydrocarbures et bois au Cameroun) ont contribué à financer les partis politiques français par le biais des rétrocommissions et autres malversations. Cette mafiafrique, dont les paradis fiscaux européens et les élites africaines sont les pivots, est très bien décrite dans les livres de F.X.Verschave et la juge Eva Joly, j’y renvoie pour plus de détails. J’ai d’ailleurs des contacts qui travaillent dans les statistiques économiques Camerounaises et qui m’ont bien décrit les arcanes du système de détournement.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;émission « pour quelques degrés de plus » animée par Marie Drucker approche de quelques degrés le zéro absolu du foutage de gueule. Le comble de la malhonnêteté est atteint lors du reportage sur la forêt tropicale au Cameroun.
On commence par un portrait presque idyllique d&#8217;une société de bois européenne : souci écologique, traçabilité ect...Pourquoi pas ?
Ensuite zoom sur le port de Douala où on apprend que 60% de l&#8217;exportation des essences précieuses se fait de façon occulte. Ce n&#8217;est pas un scoop. On sait depuis bien avant le procès ELF que les circuits illégaux de matières premières africaines (Hydrocarbures et bois au Cameroun) ont contribué à financer les partis politiques français par le biais des rétrocommissions et autres malversations. Cette mafiafrique, dont les paradis fiscaux européens et les élites africaines sont les pivots, est très bien décrite dans les livres de F.X.Verschave et la juge Eva Joly, j&#8217;y renvoie pour plus de détails. J&#8217;ai d&#8217;ailleurs des contacts qui travaillent dans les statistiques économiques Camerounaises et qui m&#8217;ont bien décrit les arcanes du système de détournement.</p> <p>Donc le port de Douala. Mais qui le gère ? Le groupe Bolloré ! Evidemment cette information capitale pour comprendre la déforestation sauvage au Cameroun n&#8217;est pas dite dans le reportage.</p>


<p>Mais on tombe dans l&#8217;abject quand les plans suivants montrent de simples camerounais qui coupent quelques arbres (dont certains sont précieux) pour construire des cabanes ou des ponts en bois. Le montage tend ainsi à rendre coupable les Africains eux-mêmes de la déforestation et par conséquence du réchauffement planétaire. Un comble quand on connaît la consommation énergétiques des occidentaux et celle des africains ! Déjà Stephen Smith dans son livre « Négrologie p 36 » accusait 85 % des africains de cuisiner au feu de bois et de défricher la foret primaire !</p>


<p>Rien n&#8217;est dit de la noria des innombrables grumiers qui drainent illégalement vers le port des millions de mètres cubes de bois. Ce n&#8217;est pas pour la cuisine ! La France est le premier importateur du bois venu du bassin du Congo. Les entreprises européennes coupent en Afrique en un jour ce que les moyens traditionnels les plus intensifs ne pourraient couper en plusieurs années. Voici un extrait du rapport des amis de la terre sur la société italienne FIPCAM « Hold up dans les forêts du Cameroun », « il demeure possible de couper illégalement l&#8217;équivalent de plus d&#8217;un million d&#8217;Euros de bois et le revendre sur le marché européen en toute impunité. La dénonciation de ce nouveau cas d&#8217;exploitation forestière illégale illustre une pratique de plus en plus courante, à savoir l&#8217;adhésion à un organisme de protection permettant à l&#8217;entreprise de &#8217;verdir son image&#8217; ». En effet, selon les Amis de la Terre, la FIPCAM, au-delà de ses déclarations de bonnes intentions, serait membre de la fondation européenne pour la préservation des ressources forestières de la forêt africaine. Toutefois, cette société ne serait pas la seule à profiter de ce paravent &#8217;vert&#8217;, les pratiques douteuses de plusieurs de membres de la fondation ayant déjà été, par le passé, mises en avant par des associations. « L&#8217;exploitation forestière au Cameroun profite toujours aux mêmes : les forêts se vident de leurs bois précieux, les animaux disparaissent sous la pression des braconniers et les populations locales se retrouvent au bout du compte encore plus pauvres, dans un environnement dégradé, dont elles ne pourront plus tirer aucun bénéfice. »</p>


<p>Je ne mets pas en cause l&#8217;évidente sincérité de Marie Drucker dans ses choix éditoriaux. Déjà elle n&#8217;avait pas brillé dans son droit d&#8217;inventaire sur le Général de Gaulle en omettant ses deux grandes « &#339;uvres » : la foccartisation des indépendances africaines et la bombe atomique française. Mais j&#8217;ai tout de même envie de lui dire ceci, en paraphrasant un vieil adage : dans le journalisme, il n&#8217;y a pas d&#8217;indépendance, il n&#8217;y a que des preuves d&#8217;indépendances.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/05/21/2434-les-dessous-des-emeutes-de-la-faim-ce-quon-ne-nous-dit-pas">
  <title>Les dessous des « émeutes de la faim » : ce qu’on ne nous dit pas !</title>
  <link>http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/05/21/2434-les-dessous-des-emeutes-de-la-faim-ce-quon-ne-nous-dit-pas</link>
  <dc:date>2008-05-21T18:36:16+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>Voici un excellent article d'Odile Tobner qui nous sort un petit peu de la pensée unique ....</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Voici un excellent article d'Odile Tobner qui nous sort un petit peu de la pensée unique ....</p> <p>Autant les graves atteintes aux droits de l&#8217;homme, qui sont commises en ce moment au Tchad et au Cameroun, trouvent peu d&#8217;échos dans les médias - la disparition au Tchad de Ibni Oumar Mahamat Saleh, leader d&#8217;un parti d&#8217;opposition, et de bien d&#8217;autres victimes de la répression de la population civile, l&#8217;emprisonnement au Cameroun des artistes Joe la Conscience et Lapiro de Bango et de nombreux autres Camerounais, qui n&#8217;ont fait qu&#8217;user de leur liberté de protestation, n&#8217;émeuvent pas les voix officiellement chargées de la défense des droits humains - autant les « émeutes de la faim » ont fait un tabac médiatique.
On retrouve là en effet tous les traits de l&#8217;Afrique qu&#8217;on aime, naturellement misérable et victime d&#8217;on ne sait quelle malédiction. Tous les poncifs sont au rendez-vous : « Ils sont trop nombreux, ils ne savent pas cultiver ». Tous les messies se sont précipités pour apporter leurs bons conseils. On a claironné le montant des aumônes de l&#8217;aide alimentaire. Selon Le Figaro du 18 avril : « Face la crise alimentaire mondiale, Nicolas Sarkozy annonce que l&#8217;aide française sera portée à 60 millions d&#8217;euros <a href="défense de rire">défense de rire</a> dès 2008. » Seule manquait au rendez-vous la description de réalités occultées.
Non seulement l&#8217;Afrique peut nourrir ses habitants mais elle nourrit, entre autres, notre continent. D&#8217;immenses surfaces sont consacrées en Afrique au thé, au café, au cacao, à la banane, à l&#8217;arachide, toutes productions destinées à l&#8217;exportation. Ces productions enrichissent d&#8217;une part les grosses entreprises, étrangères pour la plupart, qui détiennent d&#8217;immenses plantations, d&#8217;autre part toute la chaîne de la spéculation sur les marchés internationaux, tandis qu&#8217;elles laissent les populations dans la plus grande pauvreté. Le salaire d&#8217;un ouvrier agricole au Cameroun, sur une bananeraie exploitée par une société française, est de 25 000 FCFA, 38 euros mensuels. Soit moins de 1000 FCFA pour dix heures quotidiennes de travail, tandis que le carburant au Cameroun, pays producteur de pétrole, est à 600 FCFA le litre à la pompe. La bouteille de gaz de 30 kg est à 6000 FCFA, le sac de ciment également. L&#8217;électricité est à 70 FCFA le kW (deux fois plus cher que le prix moyen en France). Autant dire que l&#8217;accès à ces modestes biens est réservé à une minorité. Le marché du gaz, du ciment, de l&#8217;électricité, produits localement, est possédé majoritairement par des sociétés étrangères qui dictent les prix.
Les productions vivrières locales sont concurrencées par l&#8217;invasion des sous-produits de l&#8217;industrie agroalimentaire française : farine, poulets. Le pain, de très basse qualité, est consommé au détriment du bâton de manioc, bien plus nourrissant, facile à produire localement, et qui serait à l&#8217;abri des fluctuations du marché mondial. Bien loin d&#8217;aider les producteurs locaux, tout est fait pour les racketter, les décourager. Le transport intérieur est pénalisé par toutes sortes de prélèvements qui s&#8217;ajoutent au prix prohibitif des carburants. Mais l&#8217;Aide française au développement vient de subventionner au Cameroun la production de haricots verts pour l&#8217;industrie agroalimentaire de la conserverie française.
Avec les salaires qu&#8217;elles touchent, les ouvrières de la mise en boîte ne peuvent pas subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. La liste des aberrations économiques que subit l&#8217;Afrique serait infinie. Mais les peuples qui en sont victimes sont sans voix, muselés par des pouvoirs féroces pour leur population mais sans courage, sans intelligence, sans imagination, quand il s&#8217;agit d&#8217;être asservis aux intérêts de l&#8217;ancienne puissance coloniale et des organismes économiques internationaux représentant ceux des grandes puissances mondiales. Ressent-on, dans ces conditions, l&#8217;injure que constitue l&#8217;aide, particulièrement dérisoire et méprisante, avec quelques larmes en prime pour s&#8217;apitoyer sur ceux qui ont faim ?
Odile Tobner</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/02/01/2317-la-fortune-des-chefs-detats-africains">
  <title>La fortune des chefs d'états africains</title>
  <link>http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2008/02/01/2317-la-fortune-des-chefs-detats-africains</link>
  <dc:date>2008-02-01T17:19:27+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>Voici un article très interressant paru dans le monde:



C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Voici un article très interressant paru dans le monde:</p>



<p>C'est un monde enchanté où l'on vogue d'une villa de 9 pièces avec piscine à Nice à un hôtel particulier de l'Ouest parisien. Un univers surréaliste peuplé de Bugatti payées cash plus de 1 million d'euros. Un microcosme constellé d'une myriade de comptes bancaires. Oligarques russes? Rois du pétrole saoudiens? Stars d'Hollywood ? Non : chefs d'Etat africains producteurs de pétrole pour la plupart, mais dont les populations comptent parmi les plus pauvres de la planète.</p> <p>Le fait que des dirigeants du continent noir investissent dans l'immobilier en France, qu'ils séjournent à Paris dans un luxe inouï, que leurs familles bénéficient de largesses financées dans la plus grande opacité n'est pas une révélation. Mais, cette fois, l'inventaire de ce patrimoine vertigineux n'est pas dressé par des militants tiers-mondistes en lutte contre la "Françafrique". Il se lit dans les 34 procès-verbaux rédigés entre juin et novembre 2007 par les policiers de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF).</p>


<p>Cette enquête policière, dont Le Monde a pu prendre connaissance, a été ouverte par le parquet de Paris en juin 2007. Elle faisait suite à une plainte pour "recel de détournement d'argent public" déposée en mars par trois associations françaises, visant cinq chefs d'Etat : le Gabonais Omar Bongo Ondimba, le Congolais Denis Sassou Nguesso, le Burkinabé Blaise Compaoré, l'Angolais Eduardo Dos Santos, et le Guinéen Teodoro Obiang.</p>


<p>Au fil des centaines de pages du dossier se dessine une singulière carte du Paris africain, sorte de Monopoly où les présidents auraient jeté leur dévolu sur les artères les plus huppées. Foisonnant et cossu, le patrimoine immobilier est surtout localisé "dans des quartiers à forte valeur marchande, soulignent les policiers. Paris 16e, 8e et 7e arrondissements pour Omar Bongo et son épouse, Paris 16e et Neuilly-sur-Seine pour Jeff Bongo <a href="un des fils d&#039;Omar Bongo">un des fils d'Omar Bongo</a>, Le Vésinet pour le frère de Denis Sassou Nguesso, Courbevoie pour Wilfrid Nguesso <a href="neveu du président du Congo">neveu du président du Congo</a> ou Paris 16e pour Chantal Compaoré <a href="épouse du président burkinabé">épouse du président burkinabé</a>".</p>


<p>La découverte la plus spectaculaire se situe entre les Champs-Elysées et la plaine Monceau, dans le 8earrondissement de la capitale. Là, un hôtel particulier a été acquis le 15 juin 2007 pour la somme de 18,875 millions d'euros par une société civile immobilière (SCI). Celle-ci associe deux enfants du président gabonais, Omar Denis, 13 ans, et Yacine Queenie, 16ans, son épouse Edith, qui se trouve être la fille du président congolais Denis Sassou Nguesso, et un neveu de ce dernier, Edgar Nguesso, 40 ans.</p>


<p>Au total, sont répertoriés 33 biens (appartements, hôtel particulier et maisons) appartenant au Gabonais Omar Bongo ou à sa famille, et 18 autres dont le président congolais et ses proches sont propriétaires. Le patrimoine de loin le plus imposant concerne M.Bongo lui-même. Son nom est associé à pas moins de 17 propriétés immobilières, dont deux appartements avenue Foch (88 m2 et 210 m2) et un de 219 m2 lui aussi situé dans le 16e arrondissement. A Nice, une propriété "est constituée de deux appartements (170 m2 et 100 m2), trois maisons (67,215 m2 et 176 m2) et d'une piscine", précise le procès-verbal. "Un chef d'Etat, en fonctions depuis quarante ans dans un pays pétrolier et qui a des revenus officiels importants, peut économiser suffisamment d'argent pour acheter plusieurs appartements à Paris, explique Me François Meyer, avocat d'Omar Bongo et de sa famille. Surtout avec les prix très bas de l'immobilier pratiqués il y a vingt ou trente ans."</p>


<p>Selon les policiers, le président Bongo dispose de quatre adresses distinctes à Paris. Ali Bongo, qui est son fils et aussi son ministre de la défense depuis 1999, est également propriétaire avenue Foch tandis que son épouse Edith possède deux immenses logements dans le 7earrondissement, non loin de la tour Eiffel. De Nice à Neuilly-sur-Seine en passant &#8211; souvent &#8211; par le 16e arrondissement parisien, l'enquête recense aussi les propriétés de Jean Ping, ex-gendre d'Omar Bongo et actuel ministre des affaires étrangères, et d'autres fils du président gabonais comme Omar-Denis junior et Jeff, ainsi que de filles comme Audrey, Yacine Queenie, ou petite-fille comme Nesta Shakita.</p>


<p>En comparaison de ce petit empire immobilier, les autres chefs d'Etat visés apparaissent comme de petits propriétaires. Discret, le président congolais Denis Sassou Nguesso ne fait qu'"utiliser", selon les policiers, la Villa Suzette du Vésinet (Yvelines). Cette coquette demeure de 485 m2 était juridiquement la propriété de son frère Valentin, jusqu'à ce que, quelques semaines avant le décès de ce dernier à la fin 2004, elle soit cédée à une société de droit luxembourgeois aux actionnaires anonymes.</p>


<p>Les enquêteurs ont également répertorié un appartement de 9 pièces acheté à Paris (17e) en 2007 pour 2470000 euros par l'épouse du président congolais Antoinette Sassou Nguesso. Ils mentionnent aussi le logement de 10 pièces à 1 600 000 euros acquis en 2005 à Paris par leur fils Denis Christel, ainsi que l'hôtel particulier de 7 pièces avec piscine intérieure à Neuilly-sur-Seine acheté 3,15 millions d'euros en 2006 par Julienne, leur fille cadette.</p>


<p>Les mêmes policiers n'ont découvert aucun bien immobilier appartenant au président angolais Dos Santos ni au Burkinabé Blaise Compaoré. Seule la déclaration d'impôt sur la fortune de Chantal, l'épouse de ce dernier, a montré qu'elle possède deux biens immobiliers à titre personnel dans le 16e arrondissement. Dans le même quartier, le président guinéen Teodoro Obiang est propriétaire d'un appartement. Epluchant les fichiers fiscaux et bancaires, les enquêteurs de l'OCRGDF ont non seulement dressé la liste des biens immobiliers, mais aussi des comptes bancaires accueillant en France les avoirs de dirigeants africains et de leur famille.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2007/12/18/2271-le-scandale-de-larche-de-zoe">
  <title>le scandale de l'Arche de Zoé</title>
  <link>http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2007/12/18/2271-le-scandale-de-larche-de-zoe</link>
  <dc:date>2007-12-18T17:03:01+00:00</dc:date>
  <dc:language>ab</dc:language>
  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>L’affaire de l’Arche de zoé et son traitement médiatique révèle, si on accepte de voir les choses dans son contexte historique et géopolitique, des pans entiers et peu reluisants de notre vision néocolonialiste et plus généralement du mépris considérable que nous portons à l’Afrique. Grossissons le trait au risque de choquer : après les trafics d’armes et de matières premières dont le Tchad est l’une des plaques tournantes, vient maintenant le trafic d’enfants. Les ambiguïtés de l’action humanitaire n’est pas un phénomène nouveau, je renvoie à la lecture de Brauman très instructive à ce sujet.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>L&#8217;affaire de l&#8217;Arche de zoé et son traitement médiatique révèle, si on accepte de voir les choses dans son contexte historique et géopolitique, des pans entiers et peu reluisants de notre vision néocolonialiste et plus généralement du mépris considérable que nous portons à l&#8217;Afrique. Grossissons le trait au risque de choquer : après les trafics d&#8217;armes et de matières premières dont le Tchad est l&#8217;une des plaques tournantes, vient maintenant le trafic d&#8217;enfants. Les ambiguïtés de l&#8217;action humanitaire n&#8217;est pas un phénomène nouveau, je renvoie à la lecture de Brauman très instructive à ce sujet.</p> <p>L&#8217;affaire de l&#8217;Arche de zoé et son traitement médiatique révèle, si on accepte de voir les choses dans son contexte historique et géopolitique, des pans entiers et peu reluisants de notre vision néocolonialiste et plus généralement du mépris considérable que nous portons à l&#8217;Afrique. Grossissons le trait au risque de choquer : après les trafics d&#8217;armes et de matières premières dont le Tchad est l&#8217;une des plaques tournantes, vient maintenant le trafic d&#8217;enfants. Les ambiguïtés de l&#8217;action humanitaire n&#8217;est pas un phénomène nouveau, je renvoie à la lecture de Brauman très instructive à ce sujet.</p>


<p>Oui, bien sûr, les gens emprisonnés actuellement à N&#8217;djamena sont des gens comme nous. Cet engagement dans une action qui s&#8217;autoproclame humanitaire force le respect. Ils pourraient être nos frères, nos cousins. Nous aimons nous identifier à eux. L&#8217;illégalité de leur action (apparemment assumé) est mis au service d&#8217;une noble cause. Mais est-ce si simple ? Ils me font penser à ces touristes occidentaux dans le Kérala indien qui croyant bien faire donnaient 50 dollars à un jeune enfant pour un menu service, participant ainsi à la destruction du fragile artisanat local à base de feuilles de cocotiers. Pourquoi travailler et envoyer les enfants à l&#8217;école quand la mendicité peut rapporter plus ! Leur aveuglement n&#8217;avait d&#8217;égal que leur bonne conscience. Les déclarations du fondateur de l&#8217;Arche de Zoé sont, sur ce thème, un véritable cas d&#8217;école lorsqu&#8217;il justifie son action sur le « il n&#8217;y a qu&#8217;à voir comme ils vivent ». Edifiant.</p>


<p>L&#8217;enquête judiciaire autour de cette affaire n&#8217;est pas ici mon propos. Je questionne juste notre regard sur ces gens là, sur les enfants tchadiens et leur famille et plus généralement sur le peuple africain.</p>


<p>C&#8217;est peu de dire que les bons sentiments affichés de part et d&#8217;autres, empêchent toute tentative de compréhension de ce qui est en jeu derrière cette affaire. La charité, cette fausse vertu héritée de notre histoire judéo-chrétienne, est mère de nombreux vices comme le paternalisme et la condescendance. Ceux-ci sont les mamelles du racisme contemporain, ce racisme bien pensant, altruiste (que Gaston Kelman a bien illustré) éminemment insidieux et destructeur car il nie à autrui la capacité à se tenir droit et dignement sans le concours et l&#8217;aide de l&#8217; « homme blanc ». Honnêtement combien d&#8217;entre nous n&#8217;ont pas pensé que ces enfants tchadiens pauvres avaient une chance inouïe de pouvoir être adopté ? Mais alors quid du droit des parents ? En effet il faut le dire avec force : c&#8217;est le peuple tchadien qui est la première victime de ce trafic. Sarkozy a dit l&#8217;autre jour à la télévision française qu&#8217;il ramènerait les français emprisonnés au Tchad lui-même, quoiqu&#8217;ils aient fait, pour qu&#8217;ils soient jugés en France. Quel mépris et quelle arrogance à l&#8217;égard des Tchadiens ! C&#8217;est une humiliation, une de plus. Pensez donc, outre une situation de guerre civile larvée (voir les récents bombardements français sur les colonnes « rebelles »), les expropriations et spoliations due à l&#8217;exploitation des matières premières (Construction du gazoduc Doba-Kribi), on leur vole les cerveaux (immigration choisi !) et maintenant les enfants dont on sait que peu étaient réellement orphelins (voir plus bas). C&#8217;est peu de dire que les tchadiens n&#8217;ont pas la parole dans les médias français. Ils ne l&#8217;ont nulle part. Celle-ci est plutôt donnée aux membres de Children Rescue, volontiers présentés comme les vraies victimes de cette affaire, animés bien entendu des meilleures intentions du monde. Imaginez un seul instant que la situation soit inversée. Des enfants occidentaux sont enlevés à destination de l&#8217;Afrique par un réseau qui les jugent maltraités (Consumérisme, obésité, stress excessif, éclatement de la cellule familiale et j&#8217;en passe&#8230;). Imaginez le tollé !!! Absurde ? Pourquoi ? Les enfants français sont les plus heureux au monde ? Parce que l&#8217;Afrique est considéré comme un vrai merdier ? La question sous jacente n&#8217;est-elle pas : les droits inaliénables des enfants et des parents sont-ils solubles dans la pauvreté ? Autre élément de compréhension : le Tchad ne reconnaît pas l&#8217;adoption puisque comme un ministre tchadien l&#8217;a rappelé, le statut d&#8217;orphelin n&#8217;existe pas au Tchad, en ce qu&#8217;il relève d&#8217;une conception occidentale de la famille. Les anthropologues ne cessent de nous rappeler que les systèmes culturels de parenté africains ont prévu des modalités locales de prise en charge des enfants dont les parents sont morts : le rôle de la famille élargie (oncles, tantes, etc.) est fondamental dans l&#8217;accueil des « orphelins » de père et de mère. D&#8217;ailleurs, dans de nombreuses cultures, un enfant qui est accueilli chez sa tante ou son oncle n&#8217;est pas considéré comme un orphelin ! Doit-on rappeler qu&#8217;actuellement, le principal obstacle au fonctionnement de cette solidarité familiale est la misère économique dans laquelle se trouvent les familles africaines ? Ayant une belle famille africaine je suis bien placé pour savoir que la solidarité africaine s&#8217;appuie quand elle peut sur les membres les plus aisés. Je sais qu&#8217;en France, dans les familles africaines, il y a parfois des adoptions de complaisance, ce qui ne choque que nous. Certains humanitaires ne voient les choses sur le terrain qu&#8217;à travers le prisme de leurs propres représentations et plus grave ils sont persuadés que celles-ci sont universelles ! C&#8217;est tout le problème de l&#8217;action humanitaire. Sur quelles bases aidons-nous les autres ? Suis je capable de prendre en compte les réalités locales et me décentrer par rapport à mon identité (qu&#8217;il ne s&#8217;agit pas de renier pour autant !) ?</p>


<p>Maintenant les questions géopolitiques. Il y en a t-il un seul parmi vous pour penser que Idriss Déby a libéré les journalistes français pour les Ray bans de Sarkozy (sa femme n&#8217;étant plus là, c&#8217;est à lui de mouiller sa chemise) ? Prise d&#8217;otage ? Plutôt un moyen de pression. N&#8217;étant pas dans les petits papiers de la cellule africaine de l&#8217;Elysée, je ne saurais dire l&#8217;enjeu des tractations mais il est clair qu&#8217;il y a eu des négociations. Après la Libye, espérons que ce ne soit pas une nouvelle centrale nucléaire&#8230; Restons sérieux, les enjeux économiques et stratégiques du Tchad sont de premier ordre.</p>


<p>L&#8217;autre jour j&#8217;ai bondi quand un député réclamait que l&#8217;on aille sensibiliser le chef d&#8217;état tchadien à la présomption d&#8217;innocence. D&#8217;abord, après Outreau et de nombreuses autres affaires, je doute que la France soit la mieux placée pour donner des leçons dans ce domaine. Cette attitude, toute empreinte de paternalisme post coloniale me donnerait la nausée si elle n&#8217;était pas d&#8217;abord l&#8217;illustration d&#8217;un aveuglement et d&#8217;une naïveté surprenante vis à vis du régime de Ndjamena. Beaucoup parlent du droit des états bafoués dans cette affaire de trafic d&#8217;enfants. Le problème est que le Tchad n&#8217;est pas un état de droit. Je m&#8217;excuse auprès des quelques magistrats tchadiens qui l&#8217;ont pensé un instant. Ils ont été vite limogés. C&#8217;est d&#8217;ailleurs à mon sens la meilleure ligne de défense pour les accusés (dans le cas probable où ils seraient jugés en France) que de souligner que le contexte tchadien pousse à l&#8217;illégalité. Le Tchad n&#8217;est pas même un état tout court au sens où nous l&#8217;entendons généralement, les institutions (écrites par les français) n&#8217;étant là que pour donner le change, adoucir la dictature et servir de trompe l&#8217;&#339;il au chaos qui y règne. Ce pays est d&#8217;abord une plateforme militaire (la deuxième après Djibouti) sensé garantir la stabilité du pré-carré françafricain et la chasse gardé de consortiums pétroliers. Citons Loïc Le Floch Prigent (Express du 12/12/1996) : « Les tâches administratives qui me sont confiés en Afrique <a href="&#8230;">&#8230;</a> sont de m&#8217;intéresser à la présence française au Cameroun et au Tchad. C&#8217;est la raison pour laquelle Elf entre dans le consortium pétrolier tchadien aux cotés d&#8217;Exxon. ». "La France a confiance en l&#8217;Etat tchadien et en la justice tchadienne", a assuré le chef de l&#8217;état. "La justice tchadienne a ses procédures et ses calendriers et la France les respecte", a-t-il encore ajouté. Surtout ne pas faire de vagues&#8230; Ne rien faire qui puisse mettre en question les relations franco-tchadiennes&#8230;</p>


<p>D&#8217;ailleurs, c&#8217;est tout de même curieux que personne ne s&#8217;interroge sur un état, qui par des accords de coopération (de 1976, Foccart n&#8217;étant pas allé aussi loin !), délègue à un autre état le droit de juger des crimes commis sur son sol . Un état où l&#8217;armée française va ou bon lui semble et dont les agissements locaux sont loin d&#8217;être irréprochables. En 92, des coopérants Français ont été promptement renvoyés en métropole pour avoir dénoncé le soutien de la France au régime criminel d&#8217;alors. L&#8217;affaire a été étouffée. Depuis Déby a pris le pouvoir en 96 et avec la découverte des gisements pétroliers dans la région de Doba la situation sociale et économique du pays n&#8217;a cessé de se dégrader. Mais tant que le pétrole coule&#8230; Aucun grand média à ma connaissance n&#8217;a brossé un portrait sérieux du seigneur de guerre Idriss Déby. Aucun mot des déportations, des exactions sur les populations civiles, des pillages, de la fraude électorale systématique&#8230; On a beau jeu alors de faire l&#8217;éloge de la nécessaire mais ambivalente action humanitaire dans un pays que nous occupons militairement depuis 1900 et avons largement contribué à délabrer. Et si avant d&#8217;aider&#8230; on se contentait de ne pas nuire ? De ne pas soutenir un régime de prédation indéfendable ? De cesser de mépriser les peuples ? Et de poser enfin un regard lucide sur les relations franco-africaines dans leur réalité, hors du double langage habituel.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2007/11/15/2236-sarkozy-bollore-des-connivences-africaines">
  <title>Sarkozy-Bolloré, des connivences... africaines</title>
  <link>http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2007/11/15/2236-sarkozy-bollore-des-connivences-africaines</link>
  <dc:date>2007-11-15T17:20:31+00:00</dc:date>
  <dc:language>ab</dc:language>
  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>Il est désormais établi que Sarkozy a menti sur l’absence de marchés publics du groupe Bolloré. Mais ce n’est que la partie immergée des intérêts de la multinationale. Sarkozy est une pièce maîtresse dans la stratégie du groupe car il sera dans quelques jours le chef des armées et de la diplomatie française, un homme qui, s’il suit la longue tradition française, pourra peser sur les élections en Afrique, au nez et à la barbe des électeurs (voir «la Françafrique, le plus long scandale de la République» de Verschave et le récent «Histoire secrète de la Ve République» de Robert Faligot). Les troupes françaises et les réseaux françafricains sont toujours présents dans le pré carré africain, là où précisément les intérêts du groupe Bolloré sont très présents. Coïncidence?</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Il est désormais établi que Sarkozy a menti sur l&#8217;absence de marchés publics du groupe Bolloré. Mais ce n&#8217;est que la partie immergée des intérêts de la multinationale. Sarkozy est une pièce maîtresse dans la stratégie du groupe car il sera dans quelques jours le chef des armées et de la diplomatie française, un homme qui, s&#8217;il suit la longue tradition française, pourra peser sur les élections en Afrique, au nez et à la barbe des électeurs (voir «la Françafrique, le plus long scandale de la République» de Verschave et le récent «Histoire secrète de la Ve République» de Robert Faligot). Les troupes françaises et les réseaux françafricains sont toujours présents dans le pré carré africain, là où précisément les intérêts du groupe Bolloré sont très présents. Coïncidence?</p> <p>Quelques exemples. Bolloré gère les ports de Douala et Abidjan. Le bois fait aussi la fortune du groupe (1 milliard de chiffre d&#8217;affaires en 2004). Meubles en Okoumé, planchers en Azobé, escaliers et portes en Sapelli ou Moabi, toutes ces essences menacées de disparition sont largement utilisées en France, premier importateur européen de bois africain et grand déforestateur.</p>


<p>De plus, avec ou sans l&#8217;aide de l&#8217;Etat français, le groupe est loin d&#8217;être irréprochable : en effet l&#8217;état-major du groupe Bolloré a été placé en garde à vue à Lomé en février 2006, inculpé et placé sous contrôle judiciaire pour « corruption de magistrat » dans une affaire l&#8217;opposant à une société espagnole, Progosa. L&#8217;instruction se poursuit...</p>


<p>Cette collusion entre intérêts privés et nationaux se trouve parfaitement incarnée en la personne du vice-président de Bolloré, Michel Roussin. Un homme au parcours étonnant mais très cohérent quand on connaît le « cocktail » de la Françafrique, vaste système de prédation des richesses africaines. Ancien n°2 de la DGSE, directeur de la Générale des Eaux, directeur du cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris (et à ce titre mis en cause dans la gigantesque razzia sur les marchés publics franciliens), ministre de la Coopération en 1993, &#8220;monsieur Afrique&#8221; du MEDEF, administrateur d&#8217;une compagnie minière au Gabon, membre du conseil de surveillance de « Sécurité sans frontière ». Services secrets, industries implantées en France et en Afrique, parti politique, &#8217;&#8217;développement&#8217;&#8217;, mercenariat ...</p>


<p>Examinons maintenant les positions de Nicolas Sarkozy. Il a un discours contradictoire vis-à-vis de l&#8217;Afrique . On peut déceler ici et là des éléments de rupture et de continuité avec la politique africaine de la France. Les textes de référence sont : un discours de Nicolas Sarkozy au Bénin en mai 2006, un interview donné au magazine Jeune Afrique en novembre 2006, le discours du meeting UMP de Toulon et un discours sur la politique internationale en février 2007.</p>


<p>D&#8217;un coôté il déclare sa volonté de « se débarrasser des réseaux d&#8217;un autre temps, des émissaires officieux qui n&#8217;ont d&#8217;autre mandat que celui qu&#8217;ils s&#8217;inventent. Le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur les circuits officieux qui ont fait tant de mal par le passé. » Il souhaite « cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures » et critique en ce sens la politique africaine de Jacques Chirac.</p>


<p>De l&#8217;autre, il a un discours offensif : « L&#8217;Amérique et la Chine ont déjà commencé la conquête de l&#8217;Afrique. Jusqu&#8217;à quand l&#8217;Europe attendra-t-elle pour construire l&#8217;Afrique de demain ? Pendant que l&#8217;Europe hésite, les autres avancent. » Quant à son discours sur le passé colonial : « Le rêve européen a besoin du rêve méditerranéen. Il s&#8217;est rétréci quand s&#8217;est brisé le rêve qui jeta jadis les chevaliers de toute l&#8217;Europe sur les routes de l&#8217;Orient, le rêve qui attira vers le sud tant d&#8217;empereurs du Saint Empire et tant de rois de France, le rêve qui fut le rêve de Bonaparte en Egypte, de Napoléon III en Algérie, de Lyautey au Maroc. Ce rêve qui ne fut pas tant un rêve de conquête qu&#8217;un rêve de civilisation. Cessons de noircir le passé. L&#8217;Occident longtemps pécha par arrogance et par ignorance. Beaucoup de crimes et d&#8217;injustices furent commis.</p>


<p>Mais la plupart de ceux qui partirent vers le Sud n&#8217;étaient ni des monstres ni des exploiteurs. Beaucoup mirent leur énergie à construire des routes, des ponts, des écoles, des hôpitaux. Beaucoup s&#8217;épuisèrent à cultiver un bout de terre ingrat que nul avant n&#8217;eux n&#8217;avait cultivé. » Nicolas Sarkozy a également déclaré lors du meeting de Caen, le 9 mars 2007 : « La vérité, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;y a pas eu beaucoup de puissances coloniales dans le monde qui aient tant oeuvré pour la civilisation et le développement et si peu pour l&#8217;exploitation. On peut condamner le principe du système colonial et avoir l&#8217;honnêteté de reconnaître cela. ». Et dans l&#8217;Afrique néocoloniale d&#8217;aujourd&#8217;hui, tiendrait-il le même discours ?</p>


<p>De plus, on s&#8217;en doutera, Nicolas Sarkozy soutient les multinationales françaises : « Il n&#8217;y a en réalité qu&#8217;un petit nombre de grands groupes français qui réalisent une part importante de leurs activités en Afrique. <a href="...">...</a> Bouygues, Air France, Bolloré, n&#8217;ont pas besoin de la diplomatie française pour exister et se développer en Afrique. S&#8217;ils y sont dynamiques, c&#8217;est grâce à l&#8217;ancienneté de leur implantation, ils ont cru à l&#8217;Afrique avant beaucoup d&#8217;autres. C&#8217;est au talent de leur management et de leurs collaborateurs qu&#8217;ils le doivent et à eux seuls. »</p>


<p>Pas besoin de la diplomatie française ? A voir... A la lumière de ce qui s&#8217;est passé en Côte d&#8217;Ivoire où les grands groupes précités ont, conjointement à l&#8217;action diplomatique et militaire de la France, joué un rôle non négligeable, on peut en douter...</p>


<p>Dernière interrogation ? Quels sont les relations personnelles de Sarkozy avec les dictateurs africains, principaux partenaires d&#8217;affaires de gens comme Bolloré ?</p>


<p>Selon La lettre du continent, une publication essentiellement destinée aux diplomates et aux industriels opérant en Afrique, Nicolas Sarkozy a rencontré au moins sept fois Omar Bongo depuis 2004, la plupart du temps dans l&#8217;hôtel particulier parisien du dirigeant gabonais. Récemment, dans le Nouvel Observateur de février 2007, Omar Bongo déclarait : « Avec Nicolas Sarkozy, il y a une différence parce qu&#8217;on est amis. Si demain il me renie parce qu&#8217;il est président, je lui dirai : &#8217;&#8217;ce n&#8217;est pas sérieux Nicolas&#8217;&#8217;. <a href="...">...</a> Je crois que le fondement même de la Françafrique restera, quitte à l&#8217;améliorer. »</p>


<p>Nicolas Sarkozy est un ami de Denis Sassou N&#8217;Guesso, le chef d&#8217;Etat du Congo-Brazzaville. Il soutient la monarchie marocaine de Mohammed VI. Notons que son bras droit Brice Hortefeux soutient d&#8217;ailleurs la colonisation marocaine du Sahara occidental. Nicolas Sarkozy est également proche du président Bouteflika et des milieux militaires algériens. Depuis 2003, il s&#8217;est rendu une à trois fois par an en Algérie. En juillet 2004, il a signé un accord économique France/Algérie de 2 milliards d&#8217;euros, l&#8217;un des plus grands accords français avec un pays du Sud, pour développer des projets industriels algériens, au bénéfice de sociétés françaises. Cette décision est quelque peu contradictoire avec les grandes déclarations de Nicolas Sarkozy sur le rôle des multinationales en Afrique. Ce dernier a récemment affirmé qu&#8217;il souhaitait apporter la technologie nucléaire en Algérie, en échange d&#8217;accords sur l&#8217;exploitation du gaz algérien par la France.</p>


<p>Nicolas Sarkozy a également critiqué l&#8217;accession au pouvoir du fils d&#8217;Eyadéma au Togo. Cependant, en tant que ministre de l&#8217;Intérieur, il n&#8217;a pas mis fin à l&#8217;équipement et l&#8217;encadrement de la politice togolaise par la France.</p>


<p>Pour terminer, voici dans le journal La lettre du continent une information sibylline : pour la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, son ami Martin Bouygues « a mis à sa disposition son conseiller Afrique, Michel Lunven, ancien ambassadeur de France au Gabon et en Centrafrique et ex-conseiller de Jacques Foccart ». Pourquoi le patron d&#8217;une des plus grandes entreprises de BTP met-il à disposition de Nicolas Sarkozy un ancien conseiller de l&#8217;architecte de la Françafrique, pour une campagne présidentielle ?</p>


<p>Il serait bien naïf de penser que les « amis » fortunés du président n&#8217;attendent rien d&#8217;un président dont ils ont probablement financé la campagne indirectement via le système des rétrocommissions versées par les chefs d&#8217;Etats africains. Rien ne permet de penser aujourd&#8217;hui que ces pratiques (mises en lumière lors du procès ELF) ont disparu. Lorsqu&#8217;il a été convoqué par la juge Eva Joly, l&#8217;ancien PDG d&#8217;Elf Loik Le Floch-Prigent a affirmé avoir abordé le fond du dossier Elf pour préparer sa défense avec de nombreuses personnalités, dont Nicolas Sarkozy, ministre du Budget à l&#8217;époque. Que se sont-ils dits ? Pourquoi Loik LeFloch-Prigent est-il allé rencontrer Nicolas Sarkozy ?</p>


<p>Quels sont les liens de Sarkozy avec les réseaux Pasqua dont il est l&#8217;héritier politique ? Un indice : en mars 2006, Robert Feliciaggi, homme d&#8217;affaires à la tête d&#8217;un empire des jeux de hasard et des casinos en France et en Afrique, souvent cité dans les ouvrages de François-Xavier Verschave à propos de blanchiment d&#8217;argent, a été assassiné en Corse. Nicolas Sarkozy a demandé au préfet d&#8217;Ajaccio de participer en grande tenue aux obsèques de Robert Feliciaggi.</p>


<p>Voilà qui nous donne une idée de la « république irréprochable » de notre ami Nicolas.</p>]]></content:encoded>
</item>
<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2007/11/10/2234-pierre-mesmer-et-la-guerre-contre-lupc">
  <title>Pierre Mesmer et la guerre contre l'UPC</title>
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  <dc:date>2007-11-10T10:59:25+00:00</dc:date>
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  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>Pierre Messmer est mort. Paix à son âme. Doutons seulement que les médias éclaire la part sombre du « légionnaire », de « l’Africain » qui de 1956 à 1958 contribua à lancer, sous l’impulsion de Foccart,  une guerre secrète qui ravagea le Cameroun faisant plusieurs centaines de milliers de morts.  Le pays en porte encore les stigmates d’autant que les gouvernements successifs d’Ahidjo et Biya n’ ont jamais cessé de pourchasser les membres de l’UPC, le mouvement indépendantiste Camerounais, et en particulier les Bamilékés qui avaient l’impudence de penser l’indépendance de leur pays sans les Français.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Pierre Messmer est mort. Paix à son âme. Doutons seulement que les médias éclaire la part sombre du « légionnaire », de « l&#8217;Africain » qui de 1956 à 1958 contribua à lancer, sous l&#8217;impulsion de Foccart,  une guerre secrète qui ravagea le Cameroun faisant plusieurs centaines de milliers de morts.  Le pays en porte encore les stigmates d&#8217;autant que les gouvernements successifs d&#8217;Ahidjo et Biya n&#8217; ont jamais cessé de pourchasser les membres de l&#8217;UPC, le mouvement indépendantiste Camerounais, et en particulier les Bamilékés qui avaient l&#8217;impudence de penser l&#8217;indépendance de leur pays sans les Français.</p> <p>Mesmer fut Haut-commissaire au Cameroun (1956-1958) puis en Afrique équatoriale française (1958), enfin haut-commissaire général en Afrique occidentale française (1958-1959). Chemin faisant, il est passera par un cabinet ministériel en 1956, à la France d'outre-mer, dont Gaston Defferre est le ministre. Pierre Messmer travaillera sur une loi-cadre préparant l'évolution de l'Afrique française. Plus tard il deviendra ministre des Armées le 6 février 1960, fonction qu'il conservera, d'un gouvernement à l'autre, jusqu'à une autre secousse, celle de Mai 68... C&#8217;est dire que son rôle fut central dans la mise sous tutelle du Cameroun et dans les mécanismes désormais bien connu de la françafrique.</p>


<p>Dès l&#8217;après guerre les conditions de l&#8217;indépendance furent posées par l&#8217;UPC, Union des Populations du Cameroun, premier parti indigène nationaliste créé le 10 avril 1948. Une telle évolution ne plut pas à tout le monde. Les colons français furent les premiers à manifester leur mécontentement par rapport aux conclusions de Brazzaville. Le 15 avril 1945 à Yaoundé, ils créèrent l&#8217;Association des Colons du Cameroun, AS COCAM. Cette association organisa à Douala le 5 septembre 1945 les États Généraux de la colonisation française dont la principale conclusion était de s&#8217;opposer à l&#8217;application des résolutions de Brazzaville. Ce fut l&#8217;escalade qui se termina par des massacres d&#8217;indigènes, à Douala, les 24,25 et 26 septembre 1945.</p>


<p>Dès la fin des années quarante, Jacques Foccart tisse en Afrique ses réseaux gaullistes, si conservateurs qu'ils en agacent le général De Gaulle lui-même, pourtant très attaché à l'Empire français. Au Cameroun, le parti gaulliste, le RPF ne jure que par la répression . Il est en concurrence avec la coalition au pouvoir à Paris, la « troisième force » ni communiste, ni gaulliste. Mais celle-ci est tout aussi hostile que le RPF aux revendications de l'UPC.
Le Haut-commissaire Soucadaux introduit les socialistes de la SFIO, tandis que Louis-Paul Aujoulat, secrétaire d'État à la France d'Outre-Mer, missionne les démocrate-chrétiens du MRP. Les deux partis suscitent ensemble un « Bloc des démocrates camerounais ». Ils l'arriment aux structures coutumières conservatrices, aux régions (le Nord, le Centre) ou aux ethnies (les Doualas par exemple) sensibles à l'épouvantail bamiléké . Le corps électoral étant très restreint et la fraude systématique, le « Bloc » devance l'UPC aux élections de 1951 et 1952.
En 1957, le nouveau Haut-commissaire Pierre Messmer, tout en réaffirmant « le maintien de la tutelle confiée à la France », tente une médiation via un prélat camerounais : Mgr Thomas Mongo rencontre Um Nyobé le leader UPCiste. La négociation tourne court. L'UPC, ancrée dans le mouvement mondial de refus du colonialisme, n'est pas prête à céder sur l'essentiel : l'indépendance.
Après cet échec, le gouvernement français par l&#8217;entremise de son ministre des colonies Gaston Defferre propose de dissoudre l&#8217;Assemblée territoriale du Cameroun (ATCAM) et d&#8217;organiser de nouvelles élections sous l&#8217;égide de la loi cadre Defferre. Ruben Um Nyobè dira à ce sujet : « Je pourrais seulement lui <a href="Charles Assalé">Charles Assalé</a> dire et par cela à MM. Gaston Defferre et Pierre Messmer que la tentative d&#8217;intégrer le Cameroun par la force dans l&#8217;Union Française ne date pas d&#8217;aujourd&#8217;hui. L&#8217;expérience Roland a échoué, celle de Gaston Defferre échouera plus lamentablement car, non seulement le peuple camerounais n&#8217;ira pas aux urnes le 23 décembre, mais également nous nous opposerons de toutes nos forces à toute tentative de la France à mettre des marionnettes en place pour faire du Cameroun un second Togo. » En 1960, cette marionnette aura un nom : Ahidjo.
L'UPC constate ainsi l'inanité de la lutte sur le plan légal et Um Nyobé prend le maquis. Des émeutes, suivies de répression, éclatent en 1955. L'UPC est interdite le 13 juillet 1955. Les élections camerounaises sont fixées au 23 décembre 1956 de telle façon que l'UPC ne puisse s'y présenter. Le 9 décembre 1957, André-Marie Mbida, premier ministre, appelle les troupes françaises pour « rétablir l'ordre » dans la Sanaga maritime (pays Bassa). La « campagne de pacification » va durer onze mois. Le 3 septembre 1958, Ruben Um Nyobé est tué près de son village natal de Boumnyebel. L'ordre de le liquider aurait, selon Pierre Péan, été donné par Maurice Delauney qui laisse à son départ en décembre 1958 « une situation détendue ». Le 19 février 1958, Ahmadou Ahidjo devient Premier ministre à la place de Mbida. Le 19 octobre 1958, le haut-commissaire Xavier Torre annonce à la radio que la France est prête à accorder l'indépendance au Cameroun. Elle sera effective le 1er janvier 1960, mais ne mettra pas un terme à la répression de l'UPC par les troupes françaises. En 1959, les troubles reprennent en pays bamiléké. De février à octobre 1960 une « campagne de pacification » est faite par l'armée française.
En 2000, dans son émission "un siecle d'histoire" diffusé à la télévision d'Etat camerounaise (CRTV), Charles Ndongo recevait Pierre Messmer, ancien Premier Ministre français et haut commissaire au Cameroun à l'époque des faits. Il avoue qu'il avait pour mission en arrivant au Cameroun de "casser du nationaliste UPC". Il révèle que André Marie MBIDA, Premier ministre camerounais en 1958, lui aurait proposé de rassembler les bassa village par village et de les brûler au napalm. Il aurait refusé.
Mongo Beti dans Main basse sur le Cameroun témoigne.  « Pour réduire la révolte de l'UPC, Jacques Foccart, artisan de la politique africaine du général De Gaulle, crée le SDECE Afrique dont il confie la direction à Maurice Robert. La filiale camerounaise, le SEDOC, est dirigé par Jean Fochivé . Enfin, pour « casser » la rébellion bamiléké, Foccart envoie, à la demande du gouvernement camerounais, un corps expéditionnaire français sous la direction du général Max Briand, qui a commandé durant deux ans en Indochine le 22ème RIC « les casseurs de Viets ». Pour « éradiquer » l'UPC, Briand applique les méthodes utilisées en Indochine et Algérie : camps de regroupement, politiques de la terre brûlée, bombardements au napalm, destruction des villages. En gare de Douala, un groupe de cinquante deux détenus, hommes, femmes et enfants est embarqué tôt le matin, le 1er février 1962, dans un wagon métallique dont la porte est verrouillée. Quand le train arrive à Yaoundé au début de la soirée, l'asphyxie a fait son oeuvre: le gendarme qui ouvre le wagon découvre vingt-cinq cadavres. Des officiers français admettront par la suite avoir frappé trop fort. »
Constantin Melnik a été, dans les mêmes années 60, un haut responsable de l&#8217;état Francais. Il était conseiller des services secrets de Michel Debre, alors Premier Ministre de France, sous la présidence de Charles de Gaulle. Dans un livre qu'il a publie en 1996 aux Editions Plon, intitule " La mort était leur mission ", Melnik raconte, page 195, l&#8217;épopée sanglante du Corps expéditionnaire français au Cameroun.
" Apres la décolonisation orchestrée par le Général de Gaulle, des troubles avaient éclaté au Cameroun. Ou se situait, a propos ce putain de pays et quelles étaient son histoire et sa singularité? Une fraction extrémiste regroupant les BAMILEKE s&#8217;était soulevée. Selon une tradition africaine qui n&#8217;était pas encore relayée par la télévision, des massacres avaient eu lieu, suivis d'une répression ou les forces gouvernementales, épaulées par des Conseillers militaires français, n'avaient fait preuve d'aucune réserve. Tentés par une aventure africaine, des camarades du Colonel Martineau étaient partis piloter des hélicoptères et ils étaient revenus lourds de récits de cadavres flottant au fil de l'eau ou pourrissant dans la foret "
Un de ces pilotes témoignera : « En deux ans l'armée régulière a pris le pays Bamiléké du Sud jusqu'au Nord et l'a complètement ravagé. Ils ont massacré de 300 à 400 000 personnes. Un vrai génocide. Ils ont pratiquement anéanti la race. Sagaies contre armes automatiques. Les Bamilékés n'avaient aucune chance. A la fin de la guerre, j'ai fait une prospection d'un mois avec un administrateur général du nom de Coudret. Il était indigné. Ce n'est pas possible tous ces villages morts, où sont les habitants ? Les villages avaient été rasés un peu comme Attila. Peu de français sont intervenus directement. J'en ai connu 3 ou 4. La presse n'en a pas parlé. On faisait plaisir au président Ahidjo parce qu'il fallait que le Cameroun garde ses liens avec la France. »
(Max Bardet, OK Cargo, Grasset)
Charles Van de Lanoitte, qui fut de longues années correspondant de Reuter à Douala, parle de 40 000 morts en pays bassa, en 1960-61 : 156 Oradour, autant de villages totalement détruits avec ceux qui n'avaient pu les fuir .
Le journaliste décrit aussi « le régime effroyable des camps de tortures et d'extermination » dont il a été « le témoin horrifié »
Côté police, un redoutable professionnel français, Georges Conan, démontre ses talents - dont celui de multiplier les aveux et dénonciations. Pour les affaires militaires, deux conseillers viennent encadrer le président Ahidjo : le colonel Noiret et le capitaine Leroy . L'ancien ministre des Armées Pierre Guillaumat confirme : « Foccart a joué un rôle déterminant dans cette affaire. Il a maté la révolte des Bamilékés avec Ahidjo et les services spéciaux ». Au passage, on notera la présentation ethnique d'une révolte politique...</p>

<pre></pre>

<p>L&#8217;hostilité de Pierre MESSMER est encore vivace ; plus de 50 ans après, on peut lire dans les extraits de son livre : « les blancs s&#8217;en vont. Récit de la décolonisation » publié en 1998, reproduits dans le Messager n°823 du 05 octobre 1998 :
«Contrairement à d&#8217;autres territoires francophones où le RDA devient bientôt le premier parti politique, au Cameroun, l&#8217;UPC va échouer. Elle peut réunir des manifestants, déclencher des grèves, pousser à des affrontements sanglants, mais elle n&#8217;a pas d&#8217;élus. Comme toujours, on imputera cet échec aux man&#339;uvres de l&#8217;administration coloniale, à l&#8217;habilité du haut commissaire Soucadaux à la brutalité de son successeur Roland Pré ». Pour Pierre MESSMER qui a succédé à Roland Pré, il était tout à fait normal qu&#8217;un parti de l&#8217;envergure de l&#8217;UPC n&#8217;ait pas d&#8217;élus. L&#8217;échiquier politique de l&#8217;époque ne comptait pas de parti pouvant sérieusement rivaliser avec l&#8217;UPC ; et ce parti était implanté dans les zones à forte population du croissant fertile : Alors pourquoi l&#8217;UPC n&#8217;avait-elle pas d&#8217;élus ? Pierre MESSMER qui récuse la fraude électorale et les man&#339;uvres de l&#8217;administration coloniale nous la donne : Le tribalisme. « la vérité est simple. L&#8217;UPC a été impuissant devant le tribalisme. Le Nord musulman, dominé politiquement par les chefs traditionnels est imperméable à l&#8217;influence upéciste, sudiste, communiste, combattue par l&#8217;administration. Au Sud, en dehors de Douala et des pays Bassa tout proche, l&#8217;UPC s&#8217;est heurté à des barrages presque partout. Les Bulus les Ewodos disent leurs hommes, pas ceux de UM NYOBE. Même dans le pays bamiléké ou l&#8217;UPC recrute une grande partie de ses cadres, les chefs traditionnels sont assez forts pour lui résister. »
L&#8217;instinct tribal, le péril rouge &#8230;. Des poncifs qui lui feront justifier le meurtre de Mounier leader UPCiste. Il fut empoisonné au thalium par un agent français du SDECE le 15 octobre 1960.
L&#8217;ethnicisation de combats politiques est une vieille tradition, Lyautey ne disait-il pas :  ."S'il y a des moeurs et des coutumes a respecter, il y a aussi des haines et des rivalités qu'il faut démêler et utiliser a notre profit, en opposant les unes aux autres, en nous appuyant sur les unes pour mieux vaincre les autres".</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2007/02/17/1761-paternalisme-et-cooperants">
  <title>Paternalisme et coopérants</title>
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  <dc:date>2007-02-17T15:52:02+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>A l’occasion du 24ème  sommet France Afrique, il n’y a guère eu que les guignols de l’info pour nous rappeler à quel point c’est une mascarade. Comme toujours les médias nous assènent les mêmes clichés sur ce continent, ne donnent aucun éclairage sur la nature des relations françafricaines et se garde bien de ternir l’image des « amis personnels » du président, 
les Idriss Deby, Omar Bongo, Sassou Nguesso et autres Paul Biya.</description>
  <content:encoded><![CDATA[A l’occasion du 24ème  sommet France Afrique, il n’y a guère eu que les guignols de l’info pour nous rappeler à quel point c’est une mascarade. Comme toujours les médias nous assènent les mêmes clichés sur ce continent, ne donnent aucun éclairage sur la nature des relations françafricaines et se garde bien de ternir l’image des « amis personnels » du président, 
les Idriss Deby, Omar Bongo, Sassou Nguesso et autres Paul Biya. A l’occasion du 24ème  sommet France Afrique, il n’y a guère eu que les guignols de l’info pour nous rappeler à quel point c’est une mascarade. Comme toujours les médias nous assènent les mêmes clichés sur ce continent, ne donnent aucun éclairage sur la nature des relations françafricaines et se garde bien de ternir l’image des « amis personnels » du président, 
les Idriss Deby, Omar Bongo, Sassou Nguesso et autres Paul Biya. 
 Pourtant quelques images issus des JT déboulonnent en arrière plan les discours convenus. Il y a certes plus corrosif que 
de montrer les chefs d’états africains assoupis pendant la messe du grand frère Chirac. 
 Retenons une seule image volé au JT de France3: celle de ces deux sénégalais qui aident nos dynamiques coopérants français à retirer les balles des trous d’un magnifique parcours de golf.  Au passage, qui a dit que le problème majeur en Afrique était l’eau ? Ne soyons pas médisants, ces gens là, nous explique t-on, sont  les forces vives du pays, ils 
fournissent la plupart des emplois et des recettes fiscales et cela depuis fort longtemps. D’ailleurs ne fréquentent-ils 
pas le même club fondée il y a 80 ans ? Du reste, ils ressemblent aux coopérants que j’ai pu croiser à Yaoundé. Ils ne 
se déplacent que dans leur 4x4 rutilants aux vitres teintés pour rejoindre leur résidence bunkerisée à Bassos. Ils affichent 
une indécrottable bonne conscience  et débitent les mêmes clichés  sur les africains (qu’ils adorent cela va sans dire) que 
les métropolitains. Ils fréquentent toujours les mêmes personnes, les mêmes marchés locaux et ne voient pas le quart de l’activité de subsistance qui se cache derrière chaque échoppe, chaque ruelle et qui contribue à alimenter de vastes 
réseaux de solidarités, à défaut des circuits économiques officiels (c’est tout le problème des états africains). Les 
africains résistent encore et toujours devant leurs potentats locaux, les administrations corrompues et les instances internationales censées les aider. Mais il y a une chose auquel hélas ils ne peuvent échapper : c’est le paternalisme 
bien pensant de certains de nos concitoyens, dirigeants et institutions.]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/tiptop/index.php/2006/03/25/896-artem-et-levon-2-enfants-emprisonnes">
  <title>Artem et Levon: 2 enfants emprisonnés</title>
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  <dc:date>2006-03-25T10:35:14+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>tiptop</dc:creator>
  <dc:subject>Général</dc:subject>
  <description>Levon 7 ans un élève de ma classe d'origine russo arméniene a été brutalement arraché à sa classe par la police pour être emprisonné avec ses parents et son frère au centre de rétention de Saint Exupery. Un avion les y attend pour la russie (où ils sont persécutés) via la suède (leur 1er pays d'accueil).  Leurs papiers sont en règle.  Leur tort? Demander un dossier pour pouvoir éventuellement bénéficier du statut de réfugié politique. Ils en ont le droit, le préfet ne veut rien entendre malgré le battage médiatique local et piétine la circulaire Sarkozy demandant à ce que tous les enfants puissent terminer l'année scolaire avant d'être expulsé.</description>
  <content:encoded><![CDATA[<p>Levon 7 ans un élève de ma classe d'origine russo arméniene a été brutalement arraché à sa classe par la police pour être emprisonné avec ses parents et son frère au centre de rétention de Saint Exupery. Un avion les y attend pour la russie (où ils sont persécutés) via la suède (leur 1er pays d'accueil).  Leurs papiers sont en règle.  Leur tort? Demander un dossier pour pouvoir éventuellement bénéficier du statut de réfugié politique. Ils en ont le droit, le préfet ne veut rien entendre malgré le battage médiatique local et piétine la circulaire Sarkozy demandant à ce que tous les enfants puissent terminer l'année scolaire avant d'être expulsé.</p> <p>Les parents d'élèves et les enseignant sont très choqués et ont constitués un comité de soutien très actif dont voici le blog.
Merci de leur apporter leur soutien. La place des enfants n'est pas la prison mais l'école&nbsp;!</p>

<pre></pre>

<p>http://artemetlevon.blog.20minutes.fr/</p>]]></content:encoded>
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