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KULUMBIMBI ; UNE PISTE POUR L'INDEPENDANCE SPIRITUELLE DE L'

 
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kalembamanzo
Grioonaute


Inscrit le: 19 Sep 2011
Messages: 23
Localisation: Portugal

MessagePosté le: Mer 02 Mai 2012 23:35    Sujet du message: KULUMBIMBI ; UNE PISTE POUR L'INDEPENDANCE SPIRITUELLE DE L' Répondre en citant

KULUMBIMBI : UNE PISTE POUR L’INDEPENDANCE SPIRITUELLE DE L’AFRIQUE, EN PARTICULIER, ET DE L’HUMANITÉ, EN GENERAL.

Le 03 Octobre 2011 à Mbanza-Ngungu, Son Éminence SIMON KIMBANGU KIANGANI, Chef Spirituel et Représentant Légal de l’Eglise Kimbanguiste, brandissant le dossier qui lui a été remis, dossier portant sur la conclusion de la révision du procès de condamnation de papa Simon Kimbangu et déclarant innocence de ce dernier devant tous les faits portés contre lui lors du verdict du 03 Octobre 1921 ; Oui, en ce jour-là du 03 Octobre 2012, papa Simon Kimbangu Kiangani a déclaré : « …cette fois-ci, nous allons à Kulumbimbi… ». S’est-il agi d’un effet d’émotion ou bien avons-nous là des paroles d’un connaisseur ?

Pour répondre à cette question, nous sommes appelés à remonter l’histoire. En effet, nous sommes en 1482, Diego Cão, l’explorateur Portugais découvre l’embouchure du fleuve Congo et longe le fleuve pour débarquer à Soyo. Les Noirs qui voient pour la première fois un Blanc croient avoir affaire à un revenant et c’était la panique. Il revenait donc à Diego Câo de prouver qu’il n’en été pas le cas. Et par la suite, les émotions se sont calmées. Diego Cão fut conduit auprès du ManiSoyo, le gouverneur de l’un des six provinces (la province de Soyo) que composait le Royaume Kongo. Devant le Gouverneur du Soyo, Diego Câo sera informé sur le Royaume Kongo dont la Capitale se trouvait à Mbanza-Kongo où résidait le Roi, le Mani Kongo. Après avoir recueilli toutes les informations nécessaires, Diego Cão, décide de rentrer au Portugal pour faire un rapport de sa découverte au Roi du Portugal tout en promettant de revenir pour arriver jusqu’à Mbanza- Kongo.

Comme promis, Diego Cão rentre en 1491 au Kongo et emmène, dans ses bagages, des missionnaires avec comme mission d’apporter le salut annoncé par l’Evangile aux nouveaux peuples. Toutefois, cette bonne intention, s’il en été le cas, n’a pas manqué d´être entaché de préjugés. Devant, le contraste qui existe entre la lumière (représentait souvent par la blancheur) et les ténèbres (représentait souvent par l’obscurité, le noir) (1); en présence des Noirs, les missionnaires se sont cru devant des fils de ténèbres donc des fils du Diable. Donc pour les convertir, comme il s’agit de leur demander d’abandonner leur viel homme pour reprendre l’expression de l’apôtre Paul, les missionnaires ont cru qu’il leur revenait de demander aux Noirs d’abandonner non seulement la vie du péché mais aussi leur identité. D’où l’expression « Tabula rasa » pour caractériser l’attitude des missionnaires occidentaux devant la mission qu’ils ont réalisés vis-à-vis des autres peuples surtout en Afrique. Ainsi fut fait avec le ManiSoyo en 1491 et quelques mois après avec le ManiKongo, le Roi Nzinga Nkuwu.

Ce passage obligé des autres peuples par la culture occidentale est le grand tort commis par l’Occident à l’humanité entière, en général et à l’Afrique, en particulier. Ce tort méritait d’être corrigé. Car, non seulement il a défiguré le christianisme mais en plus, a déraciné pas mal de peuples. Or. Le christianisme, de par son essence, est la rencontre où Dieu vient à la recherche de l’homme et l'accepte dans son état pour le conduire ensuite vers la transformation où seulement ce qui n’est pas compatible avec l’Evangile sera appelé à disparaitre. Voilà pourquoi Kimbangu est venu, à qui Christ a dit :
« Mbuene vo bantu bame bena kaka muna tombe kia nkobo. Minsamuni mia nsamu wambote biatekila kabatuadisanga nsikudusu zame ye basadilanga mavangu ma bau kibeni. Bubu nkutu ngeye nsolele mpasi vo wasingika salu kiokio. Sikama wadiatisa zimpangi zaku mukubasonga ntemo wa mpuluzu, Mpasi vo wabakatuka mu kiwayi ye bakota um kimpuanza”(2)

Ce ministère lorsqu’il a été déclenché par papa Simon Kimbangu, a suscité pas mal de réactions contradictoires tant du côté des dominants de l’époque c’est-à-dire les blancs tout comme du côté des dominés c’est-à-dire ses frères noirs. Papa Simon Kimbangu a reçu toutes les qualifications du monde jusqu’à être condamné à mort. Maintenant que la révision du procès a conclut sur innocence de papa Simon Kimbangu, voilà pourquoi papa Simon Kimbangu Kiangani n’a pas pu contenir sa joie et a projeté Kulumbimbi c’est-à-dire un retour à la case de départ d’où notre déviation spirituelle est partie. Car, effectivement, c’est ça qui s’est produit du choc entre le christianisme apporté par les missionnaires et la religiosité spontané du royaume Kongo. Puisque, la religion qui était quelque chose d’innée chez les Kongo devenait désormais quelque chose d'apprentissage et plus tard motif de séparation (catholicisme, protestantisme). Pire, Nsaku ne Vunda qui orientait le Royaume en la matière comme qui dirait le Ministre du Culte Kongo, lui qui plaçait le Royaume sous la protection de « Nzambi’a Mpungu » à travers les « nkulu » et avait pour mission d’oindre les rois, a vu son ministère être remplacé par celui des Missionnaires qui, par le fait, devenaient les véritables pères spirituels du Royaume.

Toutefois, bien qu’il y a eu déracinement, celui-ci n’a pas rencontré l’assentiment de tous. D’où le grand conflit qui s’est engendré dans le royaume ; conflit qui est parfois vu comme la cause du déclin du royaume. Pire est que pour n’y avoir pas adhéré beaucoup y ont laissé leur peau. C’est le cas de :
1. Nzinga Mpanzu, le ManiMbata (Gouverneur de la province de Mbata), l’un des concurrents au trône lors de la mort du Roi Nzinga Nkuwu en 1506, s’est vu empêché pour ses attaches à la tradition par une complicité fomenté par leur mère Dona Leonora sous l’influence des missionnaires au profit de son frère Nzinga Nvemba, le maniNsundi (Gouverneur de la province de nsundi). Il trouvera la mort dans cette guerre de succession qui l’opposera à son Frère Nzinga Nvemba. Dieu écrivant droit sur des lignes tordues, Nzinga Nvemba aurait vu Jésus lui garantir la victoire pendant cette bataille. Voilà pourquoi en honneur du Christ Nzinga Nvemba erigera un temple à Mbanza-kongo qui sera baptisé San Salvador ; ce temple qui est connu sous le nom de KULUMBIMBI.
2. Ironie du sort, Dona Leonora qui a comploté pour que Nzinga Nvemba prenne le pouvoir laissera aussi sa peau dans cette affaire pour avoir guéri traditionnellement au moment où Nzinga Nvemba avait interdit tout recours à la tradition. Pour prouver à tous la sévérité des mesures prises, Dona Leonora fut enterrée vif.
3. Plus tard en 1706, Kimpa Vita payera aussi cher pour ses convictions sur la nécessité d’une inculturation de l’Evangile dans le Royaume. Elle sera brûlée vif en compagnie de son fils.

Ces quelques exemples prouvent à suffisance que des coups sérieux ont été portés contre notre spiritualité. Ce qui s’est produit chez les Kongo a des échantillons partout en Afrique et pourquoi pas dans le monde. Voilà pourquoi une réparation est nécessaire au lieu de continuer à faire semblant. Kulumbimbi, pris comme le premier lieu du rendez-vous du donner et du recevoir, constitue bien l’endroit comme disent les bakongo : « vana tuadil’e wiki, ivana tuasisila nkutu’a ngangu ».

Ainsi se justifie une descente à Kulumbimbi. « Kadi ntekolo i muana nzole. Vua dia Nkulu, ntekolo udianga wo »


Rendons-nous tous à Kulumbimbi au mois de juillet 2012 !






Lisbonne, le 01 Mai 2012.

KALEMBA MANZO CONSTANTINO.

__________________________________

(1) Cfr. La chanson de Kiamuangana Mateta, « Nakomitunaka, Moto moindo awuta
Wapi »
(2) Cfr, Diangienda Kuntima, “Nsikudusu ye ntuadusulu a dibundu”, 1970, p.1
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