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La Françafrique selon SARKOZY : quelle rupture ?
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TjenbeRed
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 09:21    Sujet du message: La Françafrique selon SARKOZY : quelle rupture ? Répondre en citant

J'ai entendu ce matin à la radio (France-Info) [de courts extraits du] discours prononcé par SARKOZY hier à Dakar.

Je suis resté ébahi.

De son côté, i-télé préfère retransmettre l'extrait de la conférence de presse portant sur le Tour de France, dans lequel SARKOZY apporte son soutien à la direction du Tour. Où est passée la rédaction d'i-télé qui montrait les tirs de l'armée française en Côte d'Ivoire ?

Je vais essayer de transcrire l'extrait pertinent (sur la traite, l'esclavage, la colonisation, l'amertume des Français qui ont tout donné à l'Afrique Exclamation Evil or Very Mad , etc...).

Rolling Eyes
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"Qui a peur de peuples noirs développés ?"
(Mongo BETI, La France contre l'Afrique)


Pour éviter tout malentendu, je précise que je suis blanc.
Pour les "anciens" du Forum, mon prénom n'est pas François. Enfin, je ne suis pas lié à l'association "Tjenbé Rèd".[/color]


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TjenbeRed
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 09:33    Sujet du message: Répondre en citant

metis68, citant Le Monde, ici : http://www.grioo.com/forum/viewtopic.php?t=9563 , a écrit:
Le président français Nicolas Sarkozy a exposé, jeudi 26 juillet à Dakar, sa vision d'un nouveau "partenariat" entre la France et l'Afrique, appelant celle-ci à s'engager vers la bonne gouvernance et à ne pas "ressasser le passé", tout en reconnaissant que la colonisation avait été une "grande faute".

[...] [coupé par TjenbéRèd, par respect du droit d'auteur ; voir l'intégralité sur le site du Monde http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-939586,0.html?xtor=RSS-3208 ]

"REGARDER ENSEMBLE (...) AU-DELÀ DE CETTE DÉCHIRURE"

Lors de cette visite au Sénégal – la première depuis son élection en mai – le chef de l'Etat a reconnu que la colonisation avait été une "grande faute", tout en estimant que l'Afrique avait "sa part de responsabilité dans son propre malheur". "Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes, car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes", a-t-il déclaré, qualifiant la traite négrière et l'esclavage de"crime[s] contre l'homme, contre l'humanité toute entière".

"Le colonisateur est venu, il a pris, il s'est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas." Mais "la colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique, a estimé Nicolas Sarkozy. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux", ni des "génocides", des "dictateurs", du "fanatisme", "de la corruption et de la prévarication (...), des gaspillages, de la pollution."

Il a de nouveau déclaré que nul ne pouvait demander aux générations d'aujourd'hui d'"expier ce crime perpétré par les générations passées", tout en affirmant qu'il n'était pas venu à Dakar parler de "repentance" mais proposer aux Africains de "regarder ensemble (...) au-delà de cette déchirure et de cette souffrance".

[...] [coupé par TjenbéRèd, par respect du droit d'auteur ; voir l'intégralité sur le site du Monde]

Source:
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-939586,0.html?xtor=RSS-3208


Ce n'est pas vraiment ce que j'ai entendu sortir de la bouche de SARKOZY. Il y a comme un filtrage, les passages les plus absurdes n'étant pas cités. Mais nous savons tous que Le Monde n'est plus le journal de référence qu'il fut (s'il le fut un jour du point de vue de l'Afrique !).
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TjenbeRed
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 10:09    Sujet du message: Re: La Françafrique selon SARKOZY : quelle rupture ? Répondre en citant

TjenbeRed a écrit:
De son côté, i-télé préfère retransmettre l'extrait de la conférence de presse portant sur le Tour de France, dans lequel SARKOZY apporte son soutien à la direction du Tour. Où est passée la rédaction d'i-télé qui montrait les tirs de l'armée française en Côte d'Ivoire ?

i-télé a corrigé le tir dans son édition de 11h, mais se cale en gros sur la ligne du Monde et fait la promo de la prétendue rupture sarkozienne.

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Maryjane
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 10:14    Sujet du message: Répondre en citant

http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=49675&2238

Le président Nicolas Sarkozy a lancé jeudi de Dakar un appel à la jeunesse africaine, qu'il a exhortée à dépasser les séquelles de la colonisation afin de bâtir "l'Eurafrique" avec la France et l'Europe.

"Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est préparer l'avènement de l'Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique", a-t-il lancé dans un discours prononcé à l'université sénégalaise de Cheikh Anta Diop, à Dakar.Arrow Rolling Eyes

"Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une alliance, c'est l'alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur", a ajouté le chef de l'Etat français.
Arrow Rolling Eyes Rolling Eyes

Cette intervention, après un premier entretien avec le président du Sénégal Abdoulaye Wade, avait initialement été annoncée par l'Elysée comme un discours sur le développement.

Dans la capitale de cette ancienne colonie française, Nicolas Sarkozy a en fait en grande partie consacré ce discours de près de 50 minutes aux accents parfois lyriques aux rapports douloureux des Africains et des Français avec la colonisation.

La colonisation "fut une grande faute", la traite négrière et l'esclavage "un crime contre l'humanité toute entière", a reconnu le chef de l'Etat français. "Nul ne peut faire comme si cette faute n'avait pas été commise."

Il a cependant ajouté qu'il n'était pas venu parler de "repentance" mais proposer aux jeunes d'Afrique, "non de ressasser ensemble le passé mais d'en tirer ensemble les leçons afin de regarder ensemble vers l'avenir."

La colonisation "n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique", qui a "sa part de responsabilité dans son propre malheur", a fait valoir Nicolas Sarkozy, avant de dresser un diagnostic parfois sévère. Arrow Rolling Eyes Rolling Eyes Rolling Eyes

L'Afrique doit prendre conscience "que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé", a-t-il notamment dit. "Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres."
Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad Mad Mad Mad Mad

"RENAISSANCE AFRICAINE"

Le défi de l'Afrique est de "s'approprier les droits de l'homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice (...), la science et la technique modernes", a-t-il ajouté.

Nicolas Sarkozy, qui a reçu plus tard des opposants au président Wade dans son hôtel, s'est abstenu de reprendre à son compte le principe défini en juin 1990 par le président François Mitterrand à La Baulle, dans un discours resté fameux, de "conditionnalité" de l'aide au développement de l'Afrique.

"Conditionnalité renvoie souvent à une exigence extérieure que certains, en Afrique, assimilent à une ingérence", dit-il dans une interview publiée à Dakar par le quotidien Le Soleil.

Il a en revanche exhorté la jeunesse africaine à ne pas céder à la "maladie de l'intelligence" qu'est "la tentation de la pureté" et à résister au fanatisme : "Ne vous laissez pas (...) voler votre avenir par ceux qui ne savent opposer à l'intolérance que l'intolérance et au racisme que le racisme."

Il l'a invitée à ne pas se couper de la part d'héritage occidental qui l'enrichit : "Jeunes d'Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de vos ancêtres mais désormais elle vous appartient aussi."

Il a promis le soutien de la France pour aider le continent à s'engager dans la voie d'une "Renaissance africaine".

"Cette Renaissance, je suis venu vous proposer que nous l'accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de l'Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l'Europe et la Renaissance du monde", a-t-il dit.

La France, a-t-il précisé, veut ainsi mettre sur pied avec l'Afrique un "développement partagé", une "stratégie commune dans la mondialisation", des universités, laboratoires, projets et pôles de compétitivité communs, une politique d'immigration "négociée" et "décidée ensemble".

Il a exhorté à ce propos les jeunes Africains formés en Europe à revenir dans leur pays pour "bâtir l'Afrique" : "Il faut mettre un terme au pillage des élites africaines dont l'Afrique a besoin pour se développer", a-t-il souligné.

Une préoccupation partagée par Abdoulaye Wade. "Je ne donne pas des bourses pour que les gens restent en France. Je préfère à ce moment-là investir cet argent en Afrique", a déclaré le président sénégalais lors d'une conférence de presse commune avec Nicolas Sarkozy.
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Benny Da B'
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 10:21    Sujet du message: Répondre en citant

Ce discours de Sarkozy a des relents de Rama YADE, ma main a coupé qu'elle a aidé sa team à en écrire une grande partie !
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TjenbeRed
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 10:38    Sujet du message: Répondre en citant

Maryjane a écrit:
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=49675&2238
[Extrait de l'Express :]
L'Afrique doit prendre conscience "que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé", a-t-il notamment dit. "Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres."[ Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad Mad Mad Mad Mad

Encore une pièce du puzzle.

Mais toujours pas de trace écrite des énormités que j'ai entendues sur France Info dans la bouche de l'Hyper-Président.

Au demeurant, France Info a "adouci" son reportage dans sa dernière édition, en supprimant les énormités du style : "la colonisation a beaucoup pris à l'Afrique, mais elle a beaucoup apporté aussi" [cette dernière phrase n'est pas une citation exacte mais mon souvenir].

Le problème, c'est que maintenant que VILLEPIN a été mis en examen, le discours de SARKOZY à Dakar va un peu passer à la trappe.

Des Grioonautes vivant en Afrique ont-ils de meilleures chances d'obtenir la retranscription intégrale (ou presque) du discours de SARKOZY ?
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Dekimbirila
Grioonaute


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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 10:39    Sujet du message: Le langage du mensonge Répondre en citant

Bien que je n'ai pas espéré grand chose de l'élection de Monsieur Sarkozy à la présidence de la République Française, notamment quant à la tournure qu'il donnera à la politique africaine ... je suis écoeurée par ce discours .. et surtout par la complaisance adoptée par son homologue sénégalais.

Son discours reste paternaliste et surtout est empreint d'un certain révisionniste historique !!!

Monsieur le Président déclare : "Elle [la France ] n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux", ni des "génocides", des "dictateurs", du "fanatisme", "de la corruption et de la prévarication (...), des gaspillages, de la pollution." Les derniers événements en Côte d'Ivoire prouvent le contraire !!!

Si notre Président est enclin comme il le sous entend à rendre sa souveraineté à l'Afrique après plusieurs siècles d'oppression ... dans ce cas qu'il rende à l'Afrique toutes les richesses qu'il lui ont été volées ... qu'il stoppe toute cette hypocrisie latente autour de la dette de l'Afrique ... qu'il annule toutes les contrats usuriers franco-africains commerciaux de télécom , pétroliers .... !!!

... Enfin tout ça pour dire que la "France - Afrique" est loin d'avoir disparue !

PS : de mon côté, je n’attends rien des pays occidentaux … l’initiative doit venir de nous ! … comment ? … ca je ne le sais pas encore.

Dekimbirila
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Benny Da B'
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 10:42    Sujet du message: Répondre en citant

sur ce site sénégalais forcément on en parle beaucoup,

http://www.seneweb.com/

et aussi ici:

http://www.rewmi.com/

selon les tendances politiques les traitement sont différents
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Benny Da B'
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 10:59    Sujet du message: Re: Le langage du mensonge Répondre en citant

Dekimbirila a écrit:


Si notre Président est enclin comme il le sous entend à rendre sa souveraineté à l'Afrique après plusieurs siècles d'oppression ... dans ce cas qu'il rende à l'Afrique toutes les richesses qu'il lui ont été volées ... qu'il stoppe toute cette hypocrisie latente autour de la dette de l'Afrique ... qu'il annule toutes les contrats usuriers franco-africains commerciaux de télécom , pétroliers .... !!!


PS : de mon côté, je n’attends rien des pays occidentaux … l’initiative doit venir de nous ! … comment ? … ca je ne le sais pas encore.

Dekimbirila


Paradoxal Dekimbirila,

D'un côté tu dis que tu n'attends rien de la France et de l'autre tu attends en fait que Sarkozy démonte la Francafrique...

Ce n'est pas à lui de le faire, il ne le peut, ni le veut.

C'est à NOUS ! De manière concertée, pragmatique et intelligente.
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Dekimbirila
Grioonaute


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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 11:11    Sujet du message: Répondre en citant

Non il n'y a rien de paradoxal dans mes propos.
En fait, il ne s'agissait pas de réelles demandes mais plus de demandes "rhétoriques" ou "ironiques" Je voulais juste mettre en avant la propre contradiction de Sarkozy .. juste pour dire que s'il était vraiment convaincu et sincère dans son soi disant discours de "renaissance Africaine "... il saurait où commençer.

Je le redis l'initiative doit venir de nous et exclusivement de nous ! ... je suis d'accord avec toi à ce sujet.

DEkimbirila.
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Benny Da B'
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 11:19    Sujet du message: Répondre en citant

OK c'est noté Wink
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TjenbeRed
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 12:43    Sujet du message: Répondre en citant

Mince, l'Hyper-Président hyper-actif étant déjà en route pour le Gabon, on est obligé de suivre au rythme de la "Blitzkrieg" médiatico-politique.

Voici le mail que je viens d'envoyer à i-télé :

Citation:
Bonjour,

Par pitié, arrêtez d'affirmer à l'antenne qu'Omar BONGO est "l'une des dernières figures de la Françafrique".

La Françafrique se renouvelle en permanence et un pouvoir françafricain succcède à un autre.

Un exemple : le Togo, où le fils Faure GNASSINGBE a récemment succédé, avec l'appui de la France, à son père Gnassingbé EYADEMA. Pour combien d'années encore ?

etc.

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Panafricain
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Messages: 1043

MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 14:32    Sujet du message: Répondre en citant

Au final, personne ne sait ce qu'a dit Nicolas Sarkozy exactement, dans son discours qui a tout de même duré une heure...
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hormheb
Grioonaute 1


Inscrit le: 31 Déc 2005
Messages: 137

MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 14:52    Sujet du message: le discours complet - une insulte a Cheikh Anta Diop Répondre en citant

http://www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=27234


Voici 2 extraits du lien ci-dessus (Merci au brother qui a fourni ce lien en reponse a la une de Grioo)

Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d’autres Africains. Et l’on s’est entretué en Afrique au moins autant qu’en Europe. "
ou encore:

"Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

Il a pris mais il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Car tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs."

Alors pourquoi les journaux francais ne font pas mention de ces passages ?
Cette manipulation/censure prouve au moins que Sarko etait vraiment hors-jeu la !.

Et grioo,, lui-meme qui reprend cette manipulation en une.
La une de Grioo devraite etre: SArko recidive en Afrique avec Les 'bienfaits de la colonisation". Juste de quoi se demarquer du mainstream et surtout d'attirer l'attention de son public sur l'eternel double discours du sieur de l'elysee.

Franchement, quand allons-nous arreter d'etre naifs ? c'est evident que meme les panafricains les plus organises et determines au Senegal n'ont pas prepare cete venue comme il se doit.
Ils savaient pourtt longtemps en avance que Sarko allait faire un dicours a UCAD. Messieurs, vous aurez du preparer soigneusement vos etudiants ou un groupe suffisamment nombreux et efficaces qui doit purement et simplement se lever et quitter la salle devant les cameras si jamais Sarko dit des choses de ce genre. Puis accompagne-ca d'une conference de presse explicative. Le tout parfaitement synchro et organise. Et croyez-moi, ca aurait fait tache.
Et pourtant le"resume" de Sarko comme on dit en anglais parle de lui-meme. Il etait a 99.99% sur que ce sieur allait sortir ce genre de sornettes la-bas. Et il vous la fait dans l'universite CHeikh Anta Diop en personne, la ou a enseigne celui-la meme qui a combattu et vaincu toutes les theses en ligne avec ce que Sarko repris-la. Quelle Honte !!!!!!!!!! et Quelle INSULTE !!!!!!!!.
Et ca sous vos yeux, en plein dans le mille !!!!!
Et vous croyez que ca ete fait par hasard, connaissant le personnage ?
Arretons d'etre naifs !!

Note: je sais qu'il y a des sbires sur ce forum qui vont bondir et dire que j'exagere, que Sarko n'a pas dit que ca.
Oui, le pb est qu'il l'a dit et avec toute la symbolique (detaille plus haut) cela aneanti tout le discours. Ca c'est ce qu'un africain engage et panafricain devrait penser.
Vous imaginer un discours-hymne contre l'antisemitisme, mais avec un passage ou vous dites que apres tout il y a qques juifs qui ont ete complices ? que croyez-vous que les organisations en charge de la memoire de ce crime contre l'humanite vont retenir ? ce passage-la uniquement ! Bien sur, il ya des malins qui diront que je fais la concurrence des victimes. Non, j'attire simplement l'attention sur le fait que nous devons nous prendre en main, comme l'a dit Sarko lui-meme, et que la venue de Sarko offarit une bonne opportunite de le lui-montrer. une fois encore on est passe a cote....
C'est vraiment lamentable ... Evil or Very Mad

La question concrete que je pose aux gars de ce forum, c'est comment reagir sur place en Afrique (attitude civique et responsable) ? si de tels propos sont tenus en Afrique par le president en personne ? il ira ailleurs et sortira la meme m...

A vous...
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zingh2006
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Inscrit le: 04 Jan 2006
Messages: 1693

MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 15:33    Sujet du message: Répondre en citant

Phase 1:DISCOURS DE M. Nicolas Sarkozy, président de la République française


« Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est préparer l’avènement de l’Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique »

Permettezmoi de remercier d’abord le gouvernement et le peuple sénégalais de leur accueil si chaleureux. Je veux aussi remercier l’université de Dakar qui me permet de m’adresser pour la première fois à l’élite de la jeunesse africaine en tant que président de la République française.

Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l’on doit à des amis que l’on aime et que l’on respecte. Entre le Sénégal et la France, l’histoire a tissé les liens d’une amitié que nul ne peut défaire. Cette amitié du Sénégal et de la France, elle est grande et belle. Elle est forte. Elle est sincère. C’est pour cela que j’ai souhaité adresser de Dakar le salut fraternel de la France à l’Afrique tout entière.

Je veux m’adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue maternelle, pas la même religion, pas les mêmes coutumes, pas la même culture, pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains.

Oui, je veux m’adresser à vous, habitants de ce continent meurtri et aux jeunes en particulier, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères dans la souffrance et dans l’humiliation, frères dans la révolte et dans l’espérance, frères par le sentiment que vous éprouvez d’une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, qui se transmet de génération en génération et que l’exil luimême ne peut effacer.

Je ne suis pas venu, jeunesse africaine, pour pleurer avec toi sur les malheurs de l’Afrique. Car l’Afrique n’a pas besoin de mes pleurs.

Je ne suis pas venu, jeunesse africaine, pour m’apitoyer sur ton sort parce que ton sort est entre tes mains. Que feraistu fière jeunesse de ma pitié ?

Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s’efface pas.

Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.

Il y a eu la traite négrière, il y a eu l’esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l’homme, un crime contre l’humanité,

Et l’homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit d’un qu’on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s’empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir a le visage de tous les hommes. Cette souffrance de l’homme noir c’est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l’âme de l’homme noir est une blessure ouverte dans l’âme de tous les hommes.

Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.

Jeunesse d’Afrique, je ne suis pas venu te parler de repentance. Je suis venu te dire que je ressens la traite et l’esclavage comme des crimes envers l’humanité. Je suis venu te dire que ta déchirure et ta souffrance sont miennes. Je suis venu te proposer de regarder ensemble, Africains et Français, audelà de cette déchirure et de cette souffrance.

Je suis venu te proposer, jeunesse d’Afrique, non d’oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.

Je suis venu te proposer, jeunesse d’Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d’en tirer ensemble les leçons et de regarder ensemble vers l’avenir.

Je suis venu, jeunesse d’Afrique, regarder en face avec toi notre histoire commune. L’Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d’autres Africains. Et l’on s’est entretué en Afrique au moins autant qu’en Europe. Mais il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de tes ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de tes pères. Ils ont dit à tes pères ce qu’ils devaient penser, ce qu’ils devaient croire, ce qu’ils devaient faire. Ils les ont coupé de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l’Afrique.

Ils ont eu tort.

Ils n’ont pas vu la profondeur et la richesse de l’âme africaine. Ils ont cru qu’ils étaient supérieurs, qu’ils étaient plus avancés, qu’ils étaient le progrès, qu’ils étaient la civilisation.

Ils ont eu tort.

Ils ont voulu convertir l’homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu’ils avaient tous les droits, ils ont cru qu’ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l’Afrique, plus puissants que l’âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d’Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.

Ils ont eu tort.

Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.

Ils ont eu tort.

Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre, Ils ont nourri la haine. Ils ont rendu plus difficile l’ouverture aux autres, l’échange, le partage parce que pour s’ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être assuré de son identité, de ses valeurs, de ses convictions. Face au colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l’autre, par la crainte de l’avenir.

Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

Il a pris mais il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Car tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs.

Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien, des hommes généreux et courageux. Ils se trompaient mais ils étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l’aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l’obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c’étaient les esprits, c’étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l’amour sans voir qu’ils semaient la révolte et la haine.

La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption et de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages, de la pollution.

Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait tant.

La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé l’estime de soi et fit naître dans son coeur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres.

La colonisation fut une grande faute mais de cette grande faute est né l’embryon d’une destinée commune.

La colonisation fut une faute qui a changé le destin. de l’Europe et le destin de l’Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.

Et la France n’oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté.

Nul ne peut faire comme si rien n’était arrivé.

Nul ne peut faire comme si cette faute n’avait pas été commise.

Nul ne peut faire comme si cette histoire n’avait pas eu lieu.

Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a transformé l’homme africain et l’homme européen.

Jeunesse d’Afrique, tu es l’héritière des plus vieilles traditions africaines et tu es aussi l’héritière de tout ce que l’Occident a déposé dans le coeur et dans l’âme de l’Afrique.

Jeunesse d’Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de tes ancêtres, mais désormais elle t’appartient aussi.

Ne cède pas à la tentation de la pureté qui est une maladie de l’intelligence et qui est ce qu’il y a de plus dangereux au monde.

Ne te coupe pas de ce qui t’enrichit, ne t’ampute pas d’une part de toimême. La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme. Je veux te dire, jeunesse d’Afrique, que le drame de l’Afrique n’est pas dans une prétendue infériorité de son art ou de sa pensée, ou de sa culture. Car, pour ce qui est de l’Art, de la pensée et de la culture, c’est l’Occident qui s’est mis à l’école de l’Afrique. Car l’art moderne doit presque tout à l’Afrique. Car l’influence de l’Afrique a contribué à changer non seulement l’idée de la beauté, non seulement le sens du rythme, de la musique, de la danse, mais même dit Senghor, la manière de marcher ou de rire du monde du XXème siècle.

Je veux te dire, Jeunesse africaine, que le drame de l’Afrique ne vient pas de ce que l’âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen. C’est en puisant dans l’imaginaire africain que t’ont légué tes ancêtres, c’est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui depuis l’aube des temps se transmettent et s’enrichissent de génération en génération que tu trouveras l’imagination et la force de t’inventer un avenir qui te soit propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où tu te sentiras enfin libre, libre d’être toimême, libre de décider pour toimême.

Je suis venu te dire que tu n’as pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu’elles ne te tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu’elles sont un antidote au matérialisme et à l’individualisme qui asservissent l’homme moderne, qu’elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l’aplatissement du monde.

Je suis venu te dire que l’homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l’homme africain qui vit en symbiose avec elle depuis des millénaires.

Je suis venu te dire que cette déchirure entre ces deux parts de toimême est ta plus grande force et ta plus grande faiblesse selon que tu t’efforceras ou non d’en faire la synthèse.

Mais je suis aussi venu te dire qu’il y a en toi deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l’Afrique et celle de l’Europe.

Je suis venu te dire que cette part africaine et cette part européenne de toimême forment ton identité déchirée.

Je ne suis pas venu, jeunesse d’Afrique, te donner des leçons.

Je ne suis pas venu te faire la morale.

Mais je suis venu te dire que la part d’Europe qui est en toi est le fruit d’un grand péché d’orgueil de l’Occident mais qu’elle n’est pas indigne.

Car elle est l’appel de la liberté, de l’émancipation et de la justice.

Car elle est l’appel à la raison et à la conscience universelles.

Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais il reste immobile au milieu d’un ordre immuable ou tout est écrit d’avance.

Jamais il ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin. Le problème de l’Afrique est là. Le défi de l’Afrique, c’est d’entrer davantage dans l’histoire. C’est de puiser en elle l’énergie, la force, l’envie, la volonté d’écouter sa propre histoire.

Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas parce qu’il n’a jamais existé. Le problème de l’Afrique, c’est qu’elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l’enfance. Le problème de l’Afrique, c’est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter. Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de s’inventer un passé plus ou moins mythique pour s’aider à supporter le présent mais de s’inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres. Le problème de l’Afrique, ce n’est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de le conjurer.

Le défi de l’Afrique, c’est de rester fidèle à ellemême sans rester immobile. Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à regarder son accession à l’universel non comme un reniement de ce qu’elle est mais comme un accomplissement. Le défi de l’Afrique, c’est d’apprendre à se sentir l’héritière de tout ce qu’il y a d’universel dans toutes les civilisations humaines. C’est de s’approprier les droits de l’Homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes.

C’est de s’approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l’intelligence humaine.

Le défi de l’Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s’enfermer parce qu’ils savent que l’enfermement serait mortel.

Les civilisations sont grandes à la mesure de leur participation au grand métissage de l’esprit humain.

La faiblesse de l’Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher ce désengagement du monde qui l’a rendue si vulnérable. Mais de ses malheurs, l’Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l’Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale.

La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, audelà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les coeurs et les mentalités africaines à l’universel et à l’histoire. Ne te laisse pas, jeunesse d’Afrique, voler ton avenir par ceux qui ne savent opposer à l’intolérance que l’intolérance, au racisme que le racisme.

Ne te laisse pas, jeunesse d’Afrique, voler ton avenir par ceux qui veulent t’exproprier d’une histoire qui t’appartient aussi parce qu’elle fut l’histoire douloureuse de tes parents, de tes grandsparents et de tes aïeux.

N’écoute pas, jeunesse d’Afrique, ceux qui veulent faire sortir l’Afrique de l’histoire au nom de la tradition parce qu’une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.

N’écoute pas, jeunesse d’Afrique, ceux qui veulent t’empêcher de prendre ta part dans l’aventure humaine, parce que sans toi l’aventure humaine sera moins belle.

N’écoute pas non plus, jeunesse d’Afrique, ceux qui veulent te déraciner, te priver de ton identité, faire table rase de tout ce qui est africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce que pour parler aux autres il faut avoir quelque chose à leur dire.

Ecoute plutôt, jeunesse africaine, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l’histoire avaient placé l’Afrique.

Il disait, lui l’enfant de Joal, l’enfant qui avait été bercé par les rhapsodies des Griots, il disait : « nous sommes des métis culturels et si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à vocation universelle, que notre message s’adresse aussi aux Français et aux autres hommes ».

Il disait aussi : « le français nous a fait don de ses mots abstraits si rares dans nos langues maternelles. Chez nous les mots sont naturellement nimbés d’un halo de sève et de sang ; les mots du français eux rayonnent de mille feux, comme des diamants. Des fusées qui éclairent notre nuit ». Ainsi parlait Léopold Senghor, ce grand poète et ce grand Africain qui voulait que l’Afrique se mit à parler à toute l’humanité et qui écrivait en français des poèmes pour tous les hommes.

Des poèmes qui étaient des chants et qui parlaient à tous les hommes des êtres fabuleux qui gardent les fontaines, chantent dans les rivières et se cachent dans les arbres. Des poèmes qui leur faisaient entendre les voix des morts du village et des ancêtres. Des poèmes qui leur faisaient traverser des forêts de symboles et remonter jusqu’aux sources de la mémoire ancestrale, que chaque peuple garde au fond de sa conscience comme l’adulte garde au fond de la sienne le souvenir du bonheur de l’enfance.

Car chaque peuple a connu ce temps de l’éternel présent, où il cherchait non à dominer l’univers mais à vivre en harmonie avec lui. Temps de la sensation, de l’instinct, de l’intuition. Temps du mystère et de l’initiation. Temps mystique ou le sacré était partout, où tout était signes et correspondances. Temps des magiciens, des sorciers et des chamanes. Temps de la parole qui se répète de génération en génération et transmet de siècle en siècle des légendes aussi vieilles que les dieux. L’Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu’ils avaient partagé la même enfance. Elle en a réveillé les joies simples, les bonheurs éphémères et ce besoin de croire plutôt que de comprendre, de ressentir plutôt que de raisonner, d’être dans l’harmonie plutôt que dans la conquête. Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceuxlà ont oublié que la Grèce antique, qui nous a tant appris sur l’usage de la raison, avait aussi ses sorciers, ses devins, ses cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore un inestimable trésor de sagesse humaine.

L’Afrique, qui a aussi ses grands poèmes dramatiques et ses légendes tragiques en écoutant Sophocle, a entendu une voix plus familière qu’elle ne l’aurait crû et l’Occident a reconnu dans l’art africain des formes de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu’il éprouvait le besoin de ressusciter. Entends, Jeunesse africaine, combien Rimbaud est africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en mettaient sur leurs masques, « masque noir, masque rouge, masque blancetnoir ». Ouvre les yeux, Jeunesse d’Afrique et ne regarde plus, comme l’ont fait trop souvent tes aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour ton identité mais comme quelque chose qui t’appartient aussi. Dès lors que tu reconnaîtras dans la sagesse universelle une part de la sagesse que tu tiens de tes pères et que tu auras la volonté de la faire fructifier, alors commencera la Renaissance africaine.

Dès lors que tu proclameras que l’homme africain n’est pas voué à un destin qui serait fatalement tragique et que partout en Afrique il ne saurait y avoir d’autre but que le bonheur, alors commencera la Renaissance africaine. Dès lors que tu déclareras qu’il ne saurait y avoir d’autres finalités pour une politique africaine que l’unité de l’Afrique et l’unité du genre humain, alors commencera la Renaissance africaine.

Dès lors que tu regarderas bien en face la réalité de l’Afrique et que tu la prendras à bras le corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l’Afrique, c’est qu’elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause.

Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l’Afrique. La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.

La réalité de l’Afrique, c’est encore trop de famine, trop de misère. La réalité de l’Afrique, c’est la rareté qui suscite la violence. La réalité de l’Afrique, c’est le développement qui ne va pas assez vite, c’est l’agriculture qui ne produit pas assez, c’est le manque de routes, d’écoles, d’hôpitaux.

La réalité de l’Afrique, c’est un grand gaspillage d’énergie, de courage, de talents, d’intelligence.

La réalité de l’Afrique, c’est celle d’un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu’il n’arrive pas à se libérer des mythes. La Renaissance dont l’Afrique a besoin, toi seule Jeunesse, tu peux l’accomplir parce que toi seule en auras la force. Cette Renaissance, je suis venu te proposer que nous l’accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de l’Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l’Europe et la Renaissance du monde.

Je sais l’envie de partir qu’éprouvent un si grand nombre d’entre vous confrontés aux difficultés de l’Afrique. Je sais la tentation de l’exil qui pousse tant de jeunes Africains à aller chercher ailleurs ce qu’ils ne trouvent pas ici pour faire vivre leur famille.

Je sais ce qu’il faut de volonté, ce qu’il faut de courage pour tenter cette aventure, pour quitter sa patrie, la terre où l’on est né, où l’on a grandi, pour laisser derrière soi les lieux familiers où l’on a été heureux, l’amour d’une mère, d’un père ou d’un frère et cette solidarité, cette chaleur, cet esprit communautaire qui sont si forts en Afrique. Je sais ce qu’il faut de force d’âme pour affronter le dépaysement, l’éloignement, la solitude.

Je sais ce que la plupart d’entre eux doivent affronter comme épreuves, comme difficultés, comme risques. Je sais ce que seront leurs souffrances. Je sais qu’ils iront parfois jusqu’à risquer leur vie pour allerjusqu’au bout de leur rêve. Mais je sais que rien ne les retiendra. Rien ne retient jamais la jeunesse quand elle est portée par ses rêves. Rien ne retient jamais la jeunesse quand elle veut partir à la découverte du monde. Je ne crois pas que la jeunesse africaine ne soit poussée à partir que pour fuir la misère. Je ne crois pas que les difficultés de l’Afrique soient la seule raison qui pousse la jeunesse africaine à partir. Je crois que la jeunesse africaine s’en va parce que, comme toutes les jeunesses, elle veut conquérir le monde. Comme toutes les jeunesses, elle a le goût de l’aventure et du grand large. Comme toutes les jeunesses, elle veut aller voir comment on vit. comment on pense, comment on travaille, comment on étudie ailleurs. Comme toutes les jeunesses, elle veut échapper à la pesanteur des habitudes, elle veut s’émanciper, elle veut voler de ses propres ailes. L’Afrique n’accomplira pas sa Renaissance en coupant les ailes de sa jeunesse. La Renaissance de l’Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser.

La Renaissance de l’Afrique commencera quand la jeunesse africaine aura le sentiment que le monde lui appartient comme à toutes les jeunesses de la terre. La Renaissance de l’Afrique commencera quand la jeunesse africaine aura le sentiment que tout deviendra possible comme tout semblait possible aux hommes de la Renaissance. Jeunesse africaine, tu ne dois pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Tu ne dois pas être la seule jeunesse du monde qui n’a le choix qu’entre la clandestinité et le repliement sur soi. Jeunesse africaine, tu dois pouvoir acquérir hors d’Afrique la compétence et le savoir que tu ne trouverais pas chez toi.

Tu dois aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents que tu auras développés. Il faut revenir bâtir l’Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence le dynamisme de ses cadres.

Tu n’as pas besoin qu’on te prenne par la main. Tu n’as pas besoin que l’on te fasse la charité. Ce que tu veux, c’est avoir les moyens de réaliser tes rêves. Ce que tu veux, c’est que l’on te respecte, c’est que l’on te comprenne. Ce que tu veux, c’est ne pas être à la merci des passeurs sans scrupules qui jouent avec ta vie. Ce que tu veux, c’est que ta dignité soit préservée. Ce que tu veux, c’est pouvoir faire des études, c’est pouvoir travailler, c’est pouvoir vivre décemment. C’est au fond, ce que veut toute l’Afrique. L’Afrique ne veut pas de la charité, elle ne veut pas d’aide, elle ne veut pas de passe droit. Ce que veut l’Afrique et ce qu’il faut lui donner, c’est la solidarité, la compréhension et le respect. Ce que veut l’Afrique, ce n’est pas que l’on prenne son avenir en main, ce n’est pas que l’on pense à sa place, que l’on décide à sa place. Ce que veut l’Afrique, ce que veut la France, c’est la coopération, c’est l’association, c’est le partenariat. Jeunesse africaine, tu veux la démocratie, tu veux la liberté, tu veux la justice, tu veux le Droit ? C’est à toi d’en décider. La France ne décidera pas à ta place. Mais si tu choisis la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France est prête à s’associer à toi pour les construire. Jeunesse africaine, la Mondialisation telle qu’elle se fait ne te plaît pas. L’Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire. Jeunesse africaine, tu crois que le libre échange est bénéfique mais que ce n’est pas une religion. Tu crois que la concurrence est un moyen mais que ce n’est pas une fin en soi. Tu ne crois pas au laissez-faire. Tu sais qu’à être trop naïve l’Afrique serait condamnée à devenir la proie des prédateurs du monde entier. Et cela tu ne le veux pas. Tu veux une autre Mondialisation, avec plus d’humanité, avec plus de justice, avec plus de règles. La France la veut aussi. Elle veut se battre avec l’Europe, elle veut se battre avec l’Afrique, elle veut se battre avec tous ceux qui dans le monde veulent changer la Mondialisation. Jeunesse africaine, tu veux le développement, tu veux la croissance, tu veux la hausse du niveau de vie.

Mais le veuxtu vraiment ? Veuxtu que cesse l’arbitraire, la corruption, la violence ? Veuxtu que la propriété soit respectée, que l’argent soit investi au lieu d’être détourné ? Veuxtu quepartout l’Etat se remette à faire son métier, qu’il soit allégé des bureaucraties qui l’étouffent, qu’il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu’il domine les féodalités, qu’il domine les corporatismes ? Veuxtu que partout règne l’État de droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu’il peut attendre des autres ?

Si tu le veux, alors la France est prête à le faire avec toi. Tu veux qu’il n’y ait plus de famine sur la terre africaine ? Tu veux que sur la terre africaine il n’y ait plus jamais un seul enfant qui meure de faim ? Alors cherche l’autosuffisance alimentaire. Alors développe les cultures vivrières. L’Afrique a d’abord besoin de produire pour se nourrir. Si c’est ce que tu veux, Jeunesse africaine, qui tient entre tes mains l’avenir de l’Afrique, alors la France est prête à y travailler avec toi. Tu veux lutter contre la pollution ? Tu veux que le développement soit durable ? Tu veux que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Tu veux prendre des précautions ? Tu veux que chacun paye le véritable coût de ce qu’il consomme ? Tu veux développer les technologies propres ? C’est à toi de décider. Mais si tu le décides, la France le fera avec toi.

Tu veux la paix sur le continent africain ? Tu veux la sécurité collective ? Tu veux le règlement pacifique des conflits ? Tu veux mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? Décidele et la France sera là.

Tu veux l’unité africaine ? La France le souhaite aussi. La France souhaite l’unité de l’Afrique qui rendra l’Afrique aux Africains. Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est regarder en face les réalités. C’est faire la politique des réalités et non plus la politique des mythes. Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le codéveloppement, c’estàdire le développement partagé. Ce que la France veut faire avec l’Afrique, ce sont des projets communs, ce sont des pôles de compétitivité communs, ce sont des universités communes, ce sont des laboratoires communs. Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est élaborer une stratégie commune dans la Mondialisation. Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une politique d’immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse africaine puisse être accueillie en France et dans toute l’Europe avec dignité et avec respect.

Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur.

Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est préparer l’avènement de l’Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique. A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand projet de l’union méditerranéenne que la France a proposée à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux dire que dans l’esprit de la France il ne s’agit nullement de mettre à l’écart l’Afrique qui s’étend au sud du Sahara mais qu’au contraire, il s’agit de faire de cette union le pivot de l’Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prospérité qu’Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble. Alors l’enfant noir de Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura qu’il peut lever la tête et regarder avec confiance vers l’avenir. Et il sentira réconcilié en lui les deux parts de luimême. Et il se sentira enfin un homme comme tous les hommes.

http://www.senepresse.com/senegal-lesoleil.htm
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 15:34    Sujet du message: Re: le discours complet - une insulte a Cheikh Anta Diop Répondre en citant

hormheb a écrit:
"Le colonisateur est venu, il a pris, il s’est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

Il a pris mais il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Car tous les colons n’étaient pas des voleurs, tous les colons n’étaient pas des exploiteurs."

C'est je crois ce passage-là que j'ai entendu sur France-Info et qui m'a fait bondir, outre, me semble-t-il, un passage où il met en parallèle les souffrances des Africains et l'amertume du pays colonisateur qui a tant donné et à qui on demande repentance.

Je n'ai pas encore réussi à retrouver les extraits diffusés par France Info avant 9h40. J'ai commencé à enregistrer à partir de cette heure-là, mais il me semble que France-Info a ensuite modifié son commentaire. Je n'ai pas eu le temps de réécouter davantage que 30 minutes.
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 15:42    Sujet du message: Répondre en citant

Maryjane a écrit:
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=49675&2238
[Extrait de l'Express :]
L'Afrique doit prendre conscience "que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé", a-t-il notamment dit. "Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres."[ Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad Mad Mad Mad Mad

Quand je pense qu'il a déclaré ça dans le pays de Cheikh Anta DIOP, et peut-être même dans les murs de l'Université Cheikh Anta DIOP (je ne sais pas où il a donné sa conférence de presse, et d'où cet extrait est issu) Exclamation Exclamation Exclamation

Quelle honte Exclamation

Si l'injure publique n'était pas un délit, je me lâcherais Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 15:51    Sujet du message: Répondre en citant

zingh2006 a écrit:
Phase 1:DISCOURS DE M. Nicolas Sarkozy, président de la République française
[...]
http://www.senepresse.com/senegal-lesoleil.htm

Merci Zingh, je n'ai plus à m'inquiéter de l'adaptation opérée par France-Info.

Cela étant, je vais quand même essayer de voir s'il y a eu des différences intéressantes entre le discours remis à la presse sénégalaise et le discours effectivement prononcé par SARKOZY.

Au fait, c'est quoi la phase 2 ?
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 15:57    Sujet du message: Répondre en citant

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hormheb
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 16:05    Sujet du message: relis mon post Répondre en citant

TjenbeRed a écrit:
Maryjane a écrit:
http://www.lexpress.fr/info/infojour/reuters.asp?id=49675&2238
[Extrait de l'Express :]
L'Afrique doit prendre conscience "que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter ne reviendra pas pour la raison qu'il n'a jamais existé", a-t-il notamment dit. "Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres."[ Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad Mad Mad Mad Mad

Quand je pense qu'il a déclaré ça dans le pays de Cheikh Anta DIOP, et peut-être même dans les murs de l'Université Cheikh Anta DIOP (je ne sais pas où il a donné sa conférence de presse, et d'où cet extrait est issu) Exclamation Exclamation Exclamation

Quelle honte Exclamation

Si l'injure publique n'était pas un délit, je me lâcherais Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad


Eh oui, relis mon post.
il faut arreter de ceder a l'emotion.
Ce discours est une attaque directe a Cheikh Anta Diop et surout tout ce qu'il represente. C-a-d une afrique libre, debout, souverraine et confiante face a son avenir.
Et comme j'ai dit, personne a Dakar parmi les diopistes et les panafricains n'avait prepare cette venue.
Comme j'ai dit que faire pour eviter que cela se reproduise, car il va la resortir celle-la et en Afrique encore !!!
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TjenbeRed
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 17:34    Sujet du message: Re: relis mon post Répondre en citant

hormheb a écrit:
TjenbeRed a écrit:
Quand je pense qu'il a déclaré ça dans le pays de Cheikh Anta DIOP, et peut-être même dans les murs de l'Université Cheikh Anta DIOP (je ne sais pas où il a donné sa conférence de presse, et d'où cet extrait est issu) Exclamation Exclamation Exclamation

Quelle honte Exclamation

Si l'injure publique n'était pas un délit, je me lâcherais Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad


Eh oui, relis mon post.
il faut arreter de ceder a l'emotion.

Oui, en effet, et nous sommes d'accord. Mais je suis quelqu'un d'émotif.
_________________
"Qui a peur de peuples noirs développés ?"
(Mongo BETI, La France contre l'Afrique)


Pour éviter tout malentendu, je précise que je suis blanc.
Pour les "anciens" du Forum, mon prénom n'est pas François. Enfin, je ne suis pas lié à l'association "Tjenbé Rèd".[/color]
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 20:11    Sujet du message: Re: La Françafrique selon SARKOZY : quelle rupture ? Répondre en citant

TjenbeRed a écrit:
J'ai entendu ce matin à la radio (France-Info) [de courts extraits du] discours prononcé par SARKOZY hier à Dakar.

Je suis resté ébahi.

De son côté, i-télé préfère retransmettre l'extrait de la conférence de presse portant sur le Tour de France, dans lequel SARKOZY apporte son soutien à la direction du Tour. Où est passée la rédaction d'i-télé qui montrait les tirs de l'armée française en Côte d'Ivoire ?

Je vais essayer de transcrire l'extrait pertinent (sur la traite, l'esclavage, la colonisation, l'amertume des Français qui ont tout donné à l'Afrique Exclamation Evil or Very Mad , etc...).

Rolling Eyes



Voici donc tout l'intégral du discours

Sénégal: Discours de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République française
Le Soleil (Dakar)

DOCUMENT 27 Juillet 2007 Publié sur le web le 27 Juillet 2007


« Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est préparer l'avènement de l'Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique »

Permettez moi de remercier d'abord le gouvernement et le peuple sénégalais de leur accueil si chaleureux. Je veux aussi remercier l'université de Dakar qui me permet de m'adresser pour la première fois à l'élite de la jeunesse africaine en tant que président de la République française.


Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l'on doit à des amis que l'on aime et que l'on respecte. Entre le Sénégal et la France, l'histoire a tissé les liens d'une amitié que nul ne peut défaire. Cette amitié du Sénégal et de la France, elle est grande et belle. Elle est forte. Elle est sincère. C'est pour cela que j'ai souhaité adresser de Dakar le salut fraternel de la France à l'Afrique tout entière.

Je veux m'adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n'ont pas la même langue maternelle, pas la même religion, pas les mêmes coutumes, pas la même culture, pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains.

Oui, je veux m'adresser à vous, habitants de ce continent meurtri et aux jeunes en particulier, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères dans la souffrance et dans l'humiliation, frères dans la révolte et dans l'espérance, frères par le sentiment que vous éprouvez d'une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, qui se transmet de génération en génération et que l'exil luimême ne peut effacer.

Je ne suis pas venu, jeunesse africaine, pour pleurer avec toi sur les malheurs de l'Afrique. Car l'Afrique n'a pas besoin de mes pleurs.

Je ne suis pas venu, jeunesse africaine, pour m'apitoyer sur ton sort parce que ton sort est entre tes mains. Que feraistu fière jeunesse de ma pitié ?

Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s'efface pas.

Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.

Il y a eu la traite négrière, il y a eu l'esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l'homme, un crime contre l'humanité,

Et l'homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit d'un qu'on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s'empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir a le visage de tous les hommes. Cette souffrance de l'homme noir c'est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l'âme de l'homme noir est une blessure ouverte dans l'âme de tous les hommes.

Mais nul ne peut demander aux générations d'aujourd'hui d'expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.

Jeunesse d'Afrique, je ne suis pas venu te parler de repentance. Je suis venu te dire que je ressens la traite et l'esclavage comme des crimes envers l'humanité. Je suis venu te dire que ta déchirure et ta souffrance sont miennes. Je suis venu te proposer de regarder ensemble, Africains et Français, audelà de cette déchirure et de cette souffrance.

Je suis venu te proposer, jeunesse d'Afrique, non d'oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.

Je suis venu te proposer, jeunesse d'Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d'en tirer ensemble les leçons et de regarder ensemble vers l'avenir.

Je suis venu, jeunesse d'Afrique, regarder en face avec toi notre histoire commune. L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d'autres Africains. Et l'on s'est entretué en Afrique au moins autant qu'en Europe. Mais il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de tes ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de tes pères. Ils ont dit à tes pères ce qu'ils devaient penser, ce qu'ils devaient croire, ce qu'ils devaient faire. Ils les ont coupé de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l'Afrique.

Ils ont eu tort.

Ils n'ont pas vu la profondeur et la richesse de l'âme africaine. Ils ont cru qu'ils étaient supérieurs, qu'ils étaient plus avancés, qu'ils étaient le progrès, qu'ils étaient la civilisation.


Ils ont eu tort.

Ils ont voulu convertir l'homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu'ils avaient tous les droits, ils ont cru qu'ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l'Afrique, plus puissants que l'âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d'Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.

Ils ont eu tort.

Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.

Ils ont eu tort.

Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre, Ils ont nourri la haine. Ils ont rendu plus difficile l'ouverture aux autres, l'échange, le partage parce que pour s'ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être assuré de son identité, de ses valeurs, de ses convictions. Face au colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l'autre, par la crainte de l'avenir.

Le colonisateur est venu, il a pris, il s'est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.

Il a pris mais il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Car tous les colons n'étaient pas des voleurs, tous les colons n'étaient pas des exploiteurs.

Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien, des hommes généreux et courageux. Ils se trompaient mais ils étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l'aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l'obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c'étaient les esprits, c'étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l'amour sans voir qu'ils semaient la révolte et la haine.

La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption et de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages, de la pollution.

Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l'amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait tant.

La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé l'estime de soi et fit naître dans son coeur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres.

La colonisation fut une grande faute mais de cette grande faute est né l'embryon d'une destinée commune.

La colonisation fut une faute qui a changé le destin. de l'Europe et le destin de l'Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.

Et la France n'oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté.

Nul ne peut faire comme si rien n'était arrivé.

Nul ne peut faire comme si cette faute n'avait pas été commise

Nul ne peut faire comme si cette histoire n'avait pas eu lieu.

Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a transformé l'homme africain et l'homme européen.


Jeunesse d'Afrique, tu es l'héritière des plus vieilles traditions africaines et tu es aussi l'héritière de tout ce que l'Occident a déposé dans le coeur et dans l'âme de l'Afrique.

Jeunesse d'Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de tes ancêtres, mais désormais elle t'appartient aussi.

Ne cède pas à la tentation de la pureté qui est une maladie de l'intelligence et qui est ce qu'il y a de plus dangereux au monde.

Ne te coupe pas de ce qui t'enrichit, ne t'ampute pas d'une part de toimême. La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme. Je veux te dire, jeunesse d'Afrique, que le drame de l'Afrique n'est pas dans une prétendue infériorité de son art ou de sa pensée, ou de sa culture. Car, pour ce qui est de l'Art, de la pensée et de la culture, c'est l'Occident qui s'est mis à l'école de l'Afrique. Car l'art moderne doit presque tout à l'Afrique. Car l'influence de l'Afrique a contribué à changer non seulement l'idée de la beauté, non seulement le sens du rythme, de la musique, de la danse, mais même dit Senghor, la manière de marcher ou de rire du monde du XXème siècle.

Je veux te dire, Jeunesse africaine, que le drame de l'Afrique ne vient pas de ce que l'âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l'homme africain est aussi logique et raisonnable que l'homme européen. C'est en puisant dans l'imaginaire africain que t'ont légué tes ancêtres, c'est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui depuis l'aube des temps se transmettent et s'enrichissent de génération en génération que tu trouveras l'imagination et la force de t'inventer un avenir qui te soit propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où tu te sentiras enfin libre, libre d'être toimême, libre de décider pour toimême.

Je suis venu te dire que tu n'as pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu'elles ne te tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu'elles sont un antidote au matérialisme et à l'individualisme qui asservissent l'homme moderne, qu'elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l'aplatissement du monde.

Je suis venu te dire que l'homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l'homme africain qui vit en symbiose avec elle depuis des millénaires.

Je suis venu te dire que cette déchirure entre ces deux parts de toimême est ta plus grande force et ta plus grande faiblesse selon que tu t'efforceras ou non d'en faire la synthèse.

Mais je suis aussi venu te dire qu'il y a en toi deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l'Afrique et celle de l'Europe.

Je suis venu te dire que cette part africaine et cette part européenne de toimême forment ton identité déchirée.

Je ne suis pas venu, jeunesse d'Afrique, te donner des leçons.

Je ne suis pas venu te faire la morale.

Mais je suis venu te dire que la part d'Europe qui est en toi est le fruit d'un grand péché d'orgueil de l'Occident mais qu'elle n'est pas indigne.

Car elle est l'appel de la liberté, de l'émancipation et de la justice.

Car elle est l'appel à la raison et à la conscience universelles.

Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais il reste immobile au milieu d'un ordre immuable ou tout est écrit d'avance.

Jamais il ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. Le problème de l'Afrique est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter sa propre histoire.

Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas parce qu'il n'a jamais existé. Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. Le problème de l'Afrique, c'est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter. Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres. Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de le conjurer.

Le défi de l'Afrique, c'est de rester fidèle à ellemême sans rester immobile. Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à regarder son accession à l'universel non comme un reniement de ce qu'elle est mais comme un accomplissement. Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à se sentir l'héritière de tout ce qu'il y a d'universel dans toutes les civilisations humaines. C'est de s'approprier les droits de l'Homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes.

C'est de s'approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l'intelligence humaine.

Le défi de l'Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s'enfermer parce qu'ils savent que l'enfermement serait mortel.

Les civilisations sont grandes à la mesure de leur participation au grand métissage de l'esprit humain.

La faiblesse de l'Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher ce désengagement du monde qui l'a rendue si vulnérable. Mais de ses malheurs, l'Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l'Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale.

La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, audelà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les coeurs et les mentalités africaines à l'universel et à l'histoire. Ne te laisse pas, jeunesse d'Afrique, voler ton avenir par ceux qui ne savent opposer à l'intolérance que l'intolérance, au racisme que le racisme.

Ne te laisse pas, jeunesse d'Afrique, voler ton avenir par ceux qui veulent t'exproprier d'une histoire qui t'appartient aussi parce qu'elle fut l'histoire douloureuse de tes parents, de tes grandsparents et de tes aïeux.

N'écoute pas, jeunesse d'Afrique, ceux qui veulent faire sortir l'Afrique de l'histoire au nom de la tradition parce qu'une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.

N'écoute pas, jeunesse d'Afrique, ceux qui veulent t'empêcher de prendre ta part dans l'aventure humaine, parce que sans toi l'aventure humaine sera moins belle.

N'écoute pas non plus, jeunesse d'Afrique, ceux qui veulent te déraciner, te priver de ton identité, faire table rase de tout ce qui est africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce que pour parler aux autres il faut avoir quelque chose à leur dire.

Ecoute plutôt, jeunesse africaine, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l'histoire avaient placé l'Afrique.

Il disait, lui l'enfant de Joal, l'enfant qui avait été bercé par les rhapsodies des Griots, il disait : « nous sommes des métis culturels et si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à vocation universelle, que notre message s'adresse aussi aux Français et aux autres hommes ».

Il disait aussi : « le français nous a fait don de ses mots abstraits si rares dans nos langues maternelles. Chez nous les mots sont naturellement nimbés d'un halo de sève et de sang ; les mots du français eux rayonnent de mille feux, comme des diamants. Des fusées qui éclairent notre nuit ». Ainsi parlait Léopold Senghor, ce grand poète et ce grand Africain qui voulait que l'Afrique se mit à parler à toute l'humanité et qui écrivait en français des poèmes pour tous les hommes.


Des poèmes qui étaient des chants et qui parlaient à tous les hommes des êtres fabuleux qui gardent les fontaines, chantent dans les rivières et se cachent dans les arbres. Des poèmes qui leur faisaient entendre les voix des morts du village et des ancêtres. Des poèmes qui leur faisaient traverser des forêts de symboles et remonter jusqu'aux sources de la mémoire ancestrale, que chaque peuple garde au fond de sa conscience comme l'adulte garde au fond de la sienne le souvenir du bonheur de l'enfance.

Car chaque peuple a connu ce temps de l'éternel présent, où il cherchait non à dominer l'univers mais à vivre en harmonie avec lui. Temps de la sensation, de l'instinct, de l'intuition. Temps du mystère et de l'initiation. Temps mystique ou le sacré était partout, où tout était signes et correspondances. Temps des magiciens, des sorciers et des chamanes. Temps de la parole qui se répète de génération en génération et transmet de siècle en siècle des légendes aussi vieilles que les dieux. L'Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu'ils avaient partagé la même enfance. Elle en a réveillé les joies simples, les bonheurs éphémères et ce besoin de croire plutôt que de comprendre, de ressentir plutôt que de raisonner, d'être dans l'harmonie plutôt que dans la conquête. Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceuxlà ont oublié que la Grèce antique, qui nous a tant appris sur l'usage de la raison, avait aussi ses sorciers, ses devins, ses cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore un inestimable trésor de sagesse humaine.

L'Afrique, qui a aussi ses grands poèmes dramatiques et ses légendes tragiques en écoutant Sophocle, a entendu une voix plus familière qu'elle ne l'aurait crû et l'Occident a reconnu dans l'art africain des formes de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu'il éprouvait le besoin de ressusciter. Entends, Jeunesse africaine, combien Rimbaud est africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en mettaient sur leurs masques, « masque noir, masque rouge, masque blancetnoir ». Ouvre les yeux, Jeunesse d'Afrique et ne regarde plus, comme l'ont fait trop souvent tes aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour ton identité mais comme quelque chose qui t'appartient aussi. Dès lors que tu reconnaîtras dans la sagesse universelle une part de la sagesse que tu tiens de tes pères et que tu auras la volonté de la faire fructifier, alors commencera la Renaissance africaine.

Dès lors que tu proclameras que l'homme africain n'est pas voué à un destin qui serait fatalement tragique et que partout en Afrique il ne saurait y avoir d'autre but que le bonheur, alors commencera la Renaissance africaine. Dès lors que tu déclareras qu'il ne saurait y avoir d'autres finalités pour une politique africaine que l'unité de l'Afrique et l'unité du genre humain, alors commencera la Renaissance africaine.

Dès lors que tu regarderas bien en face la réalité de l'Afrique et que tu la prendras à bras le corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l'Afrique, c'est qu'elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause.

Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l'Afrique. La réalité de l'Afrique, c'est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible.

La réalité de l'Afrique, c'est encore trop de famine, trop de misère. La réalité de l'Afrique, c'est la rareté qui suscite la violence. La réalité de l'Afrique, c'est le développement qui ne va pas assez vite, c'est l'agriculture qui ne produit pas assez, c'est le manque de routes, d'écoles, d'hôpitaux.

La réalité de l'Afrique, c'est un grand gaspillage d'énergie, de courage, de talents, d'intelligence.

La réalité de l'Afrique, c'est celle d'un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu'il n'arrive pas à se libérer des mythes. La Renaissance dont l'Afrique a besoin, toi seule Jeunesse, tu peux l'accomplir parce que toi seule en auras la force. Cette Renaissance, je suis venu te proposer que nous l'accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de l'Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l'Europe et la Renaissance du monde.


Je sais l'envie de partir qu'éprouvent un si grand nombre d'entre vous confrontés aux difficultés de l'Afrique. Je sais la tentation de l'exil qui pousse tant de jeunes Africains à aller chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent pas ici pour faire vivre leur famille.

Je sais ce qu'il faut de volonté, ce qu'il faut de courage pour tenter cette aventure, pour quitter sa patrie, la terre où l'on est né, où l'on a grandi, pour laisser derrière soi les lieux familiers où l'on a été heureux, l'amour d'une mère, d'un père ou d'un frère et cette solidarité, cette chaleur, cet esprit communautaire qui sont si forts en Afrique. Je sais ce qu'il faut de force d'âme pour affronter le dépaysement, l'éloignement, la solitude.

Je sais ce que la plupart d'entre eux doivent affronter comme épreuves, comme difficultés, comme risques. Je sais ce que seront leurs souffrances. Je sais qu'ils iront parfois jusqu'à risquer leur vie pour allerjusqu'au bout de leur rêve. Mais je sais que rien ne les retiendra. Rien ne retient jamais la jeunesse quand elle est portée par ses rêves. Rien ne retient jamais la jeunesse quand elle veut partir à la découverte du monde. Je ne crois pas que la jeunesse africaine ne soit poussée à partir que pour fuir la misère. Je ne crois pas que les difficultés de l'Afrique soient la seule raison qui pousse la jeunesse africaine à partir. Je crois que la jeunesse africaine s'en va parce que, comme toutes les jeunesses, elle veut conquérir le monde. Comme toutes les jeunesses, elle a le goût de l'aventure et du grand large. Comme toutes les jeunesses, elle veut aller voir comment on vit. comment on pense, comment on travaille, comment on étudie ailleurs. Comme toutes les jeunesses, elle veut échapper à la pesanteur des habitudes, elle veut s'émanciper, elle veut voler de ses propres ailes. L'Afrique n'accomplira pas sa Renaissance en coupant les ailes de sa jeunesse. La Renaissance de l'Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser.

La Renaissance de l'Afrique commencera quand la jeunesse africaine aura le sentiment que le monde lui appartient comme à toutes les jeunesses de la terre. La Renaissance de l'Afrique commencera quand la jeunesse africaine aura le sentiment que tout deviendra possible comme tout semblait possible aux hommes de la Renaissance. Jeunesse africaine, tu ne dois pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Tu ne dois pas être la seule jeunesse du monde qui n'a le choix qu'entre la clandestinité et le repliement sur soi. Jeunesse africaine, tu dois pouvoir acquérir hors d'Afrique la compétence et le savoir que tu ne trouverais pas chez toi.

Tu dois aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents que tu auras développés. Il faut revenir bâtir l'Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence le dynamisme de ses cadres.

Tu n'as pas besoin qu'on te prenne par la main. Tu n'as pas besoin que l'on te fasse la charité. Ce que tu veux, c'est avoir les moyens de réaliser tes rêves. Ce que tu veux, c'est que l'on te respecte, c'est que l'on te comprenne. Ce que tu veux, c'est ne pas être à la merci des passeurs sans scrupules qui jouent avec ta vie. Ce que tu veux, c'est que ta dignité soit préservée. Ce que tu veux, c'est pouvoir faire des études, c'est pouvoir travailler, c'est pouvoir vivre décemment. C'est au fond, ce que veut toute l'Afrique. L'Afrique ne veut pas de la charité, elle ne veut pas d'aide, elle ne veut pas de passe droit. Ce que veut l'Afrique et ce qu'il faut lui donner, c'est la solidarité, la compréhension et le respect. Ce que veut l'Afrique, ce n'est pas que l'on prenne son avenir en main, ce n'est pas que l'on pense à sa place, que l'on décide à sa place. Ce que veut l'Afrique, ce que veut la France, c'est la coopération, c'est l'association, c'est le partenariat. Jeunesse africaine, tu veux la démocratie, tu veux la liberté, tu veux la justice, tu veux le Droit ? C'est à toi d'en décider. La France ne décidera pas à ta place. Mais si tu choisis la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France est prête à s'associer à toi pour les construire. Jeunesse africaine, la Mondialisation telle qu'elle se fait ne te plaît pas. L'Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire. Jeunesse africaine, tu crois que le libre échange est bénéfique mais que ce n'est pas une religion. Tu crois que la concurrence est un moyen mais que ce n'est pas une fin en soi. Tu ne crois pas au laissez-faire. Tu sais qu'à être trop naïve l'Afrique serait condamnée à devenir la proie des prédateurs du monde entier. Et cela tu ne le veux pas. Tu veux une autre Mondialisation, avec plus d'humanité, avec plus de justice, avec plus de règles. La France la veut aussi. Elle veut se battre avec l'Europe, elle veut se battre avec l'Afrique, elle veut se battre avec tous ceux qui dans le monde veulent changer la Mondialisation. Jeunesse africaine, tu veux le développement, tu veux la croissance, tu veux la hausse du niveau de vie.

Mais le veuxtu vraiment ? Veuxtu que cesse l'arbitraire, la corruption, la violence ? Veuxtu que la propriété soit respectée, que l'argent soit investi au lieu d'être détourné ? Veuxtu quepartout l'Etat se remette à faire son métier, qu'il soit allégé des bureaucraties qui l'étouffent, qu'il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu'il domine les féodalités, qu'il domine les corporatismes ? Veuxtu que partout règne l'État de droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu'il peut attendre des autres ?

Si tu le veux, alors la France est prête à le faire avec toi. Tu veux qu'il n'y ait plus de famine sur la terre africaine ? Tu veux que sur la terre africaine il n'y ait plus jamais un seul enfant qui meure de faim ? Alors cherche l'autosuffisance alimentaire. Alors développe les cultures vivrières. L'Afrique a d'abord besoin de produire pour se nourrir. Si c'est ce que tu veux, Jeunesse africaine, qui tient entre tes mains l'avenir de l'Afrique, alors la France est prête à y travailler avec toi. Tu veux lutter contre la pollution ? Tu veux que le développement soit durable ? Tu veux que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Tu veux prendre des précautions ? Tu veux que chacun paye le véritable coût de ce qu'il consomme ? Tu veux développer les technologies propres ? C'est à toi de décider. Mais si tu le décides, la France le fera avec toi.


Tu veux la paix sur le continent africain ? Tu veux la sécurité collective ? Tu veux le règlement pacifique des conflits ? Tu veux mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? Décidele et la France sera là.

Tu veux l'unité africaine ? La France le souhaite aussi. La France souhaite l'unité de l'Afrique qui rendra l'Afrique aux Africains. Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est regarder en face les réalités. C'est faire la politique des réalités et non plus la politique des mythes. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est le codéveloppement, c'estàdire le développement partagé. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, ce sont des projets communs, ce sont des pôles de compétitivité communs, ce sont des universités communes, ce sont des laboratoires communs. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est élaborer une stratégie commune dans la Mondialisation. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une politique d'immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse africaine puisse être accueillie en France et dans toute l'Europe avec dignité et avec respect.

Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur.

Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est préparer l'avènement de l'Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique. A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand projet de l'union méditerranéenne que la France a proposée à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux dire que dans l'esprit de la France il ne s'agit nullement de mettre à l'écart l'Afrique qui s'étend au sud du Sahara mais qu'au contraire, il s'agit de faire de cette union le pivot de l'Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prospérité qu'Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble. Alors l'enfant noir de Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura qu'il peut lever la tête et regarder avec confiance vers l'avenir. Et il sentira réconcilié en lui les deux parts de luimême. Et il se sentira enfin un homme comme tous les hommes.
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hormheb
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 20:37    Sujet du message: 3 fois le discours dans ce post ????? Répondre en citant

Bon sang,

Lisez les posts avant de poster les votres...

Le discours de Sarko a deja ete poste 3 fois ici...
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zingh2006
Super Posteur


Inscrit le: 04 Jan 2006
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MessagePosté le: Ven 27 Juil 2007 23:20    Sujet du message: Répondre en citant

phase2: Lettre d'un opposant gabonais au president français:


C'est un peu long, mais ça a le mérite d'être clair


Citation:
Lettre ouverte du Dr. Daniel Mengara à Nicolas Sarkozy, Président de France : " Si la dictature ne peut être tolérée en France, elle ne doit pas être tolérée au Gabon "
Catégorie: Communiqués BDP
Source: BDP-Gabon Nouveau
Mardi 31 Juillet 2007 à 00:00


Communiqué de presse, pour diffusion immédiate


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Dr. Daniel Mengara
(BDP-Gabon Nouveau, 26 juillet 2007) - Lettre ouverte du Dr. Daniel Mengara à Nicolas Sarkozy, Président de France : " Si la dictature ne peut être tolérée en France, elle ne doit pas être tolérée au Gabon ". Vous conviendrez avec nous, Monsieur le Président, qu'une situation de dictature, aussi bénigne qu'elle puisse paraître, ne pourrait être tolérée dans un pays démocratique comme le vôtre. Elle ne doit pas non plus être tolérée au Gabon.


A Monsieur Nicolas Sarkozy, Président de la République française.

Monsieur,

Au nom du mouvement " Bongo Doit Partir - Pour la construction d'un Gabon Nouveau " (BDP-Gabon Nouveau), mouvement gabonais d'opposition en exil dont je suis le leader, je vous transmets les salutations du peuple gabonais.

Au moment où vous rendez visite à notre pays sous votre nouveau statut de Président de la république française, nous ne pouvons que féliciter non seulement le peuple français, mais également votre propre personne, pour votre élection bien méritée le 6 mai dernier après un scrutin mené selon les règles de l'art.

Nous vous félicitons, Monsieur, parce que nous croyons fermement aux valeurs inaliénables de la démocratie et de l'état de droit. Dans votre élection au poste de président de la République française, nous voyons la décision souveraine d'une France qui a décidé, librement, de vous confier la direction de sa destinée. Nous nous garderons bien alors, quelles que soient les vues politiques parfois controversées qui ont été les vôtres de par le passé, de vouloir ici remettre en cause le verdict de la démocratie tel qu'il s'est majestueusement exprimé en terre française par le biais du vote populaire libre. De quel droit nous permettrions-nous de douter de la capacité de vos compatriotes à décider pour eux-mêmes ce qui est bon pour la France ? Les Français ont choisi Nicolas Sarkozy; nous respectons le choix souverain des Français.

Donc, félicitations !

Il est cependant hautement regrettable de constater, Monsieur le Président, que la France n'ait jamais voulu rendre à l'Afrique francophone ce genre de politesse souveraine. La France a plutôt mille fois découragé, et même mille fois compromis, l'éclosion en terre africaine des valeurs cardinales de la démocratie dont la France se clame et se proclame pourtant inspiratrice depuis le 18ème siècle. Il apparaît en effet que l'action débilitante de ses dirigeants, restés fossilisés comme ils le sont de manière héréditaire dans une vieille conception du monde, ait consisté à systématiquement bafouer toute possibilité d'affirmation des droits de l'Homme en Afrique et à semer chez nous, non pas ces valeurs universelles et démocratiques qui élèvent l'Homme et le libèrent, mais celles-là même qui l'animalisent. La vieille France dont nous parlons ici est celle qui ne voit en l'Afrique nègre qu'incapacité, infantilisme et animalité. Et c'est, en dernière analyse, cette vieille France des de Gaulle, des d'Estaing, des Chirac et autres Mitterrand qui, avec sa vieille vision de l'Afrique, a fait de votre pays une terre de contradictions.

De quelles contradictions parlons-nous ? De celles-là même qui se dessinent déjà dans votre propre discours et qui rappellent aux observateurs avertis que nous sommes la vieille maxime africaine selon laquelle en France, gauche ou droite au pouvoir, c'est bonnet blanc-blanc bonnet.

Vous dites, Monsieur, représenter la jeunesse des idées françaises et une nouvelle manière de faire qui serait une cassure d'avec les paroles en l'air de vos prédécesseurs. Soit !

Expliquez-nous cependant, Monsieur le Président, pourquoi, à peine élu le 6 mai dernier, vous receviez déjà dans le sacro-saint symbole démocratique de la France libre, un dictateur de la trempe d'Omar Bongo qui, depuis 1967, c'est-à-dire, quarante longues années, tyrannise son pays ?

Expliquez-nous également pourquoi, en ce mois de juillet, vous décidez de rendre visite au même dictateur, alors même que vous savez qu'il n'hésitera pas à utiliser votre visite comme une légitimation de sa dictature et de sa gestion désastreuse du Gabon, au moment même où le rapport 2007 de l'Institut de la Banque mondiale montre l'effondrement au Gabon de toutes les valeurs qui promeuvent la bonne gouvernance.

Monsieur le Président,

Dans l'équation de drames humains qui lient historiquement la France à l'Afrique, vous nous permettrez de douter de vos bonnes intentions. Pour nous Africains en général, et Gabonais en particulier, la France s'est souvent distinguée par le verbe qui crée l'espoir et l'action qui tue immédiatement cet espoir dans l'œuf. Le Général de Gaulle donna jadis aux Africains les indépendances d'une main, mais les reprit immédiatement de l'autre en imposant aux Nègres que nous étions des dirigeants qui, avec l'appui direct de la France, semèrent au sein de leurs peuples la dictature, l'arbitraire et la pauvreté. François-Xavier Verschave, un compatriote à vous, appela " Françafrique " cette politique déshumanisante de la France vis-à-vis de l'Afrique. Quelques décennies plus tard, François Mitterrand prononça à La Baule un discours libérateur empli d'espoirs nouveaux pour le continent noir, mais quand déferla sur l'Afrique le tsunami des revendications démocratiques, la France de Mitterrand s'empressa de sauver ses marionnettes, faisant ainsi le choix des compromissions mafieuses qui meurtrissent encore aujourd'hui tout un continent. Votre prédécesseur immédiat, ci-devant Jacques Chirac, a tout simplement fini de tuer en Afrique tout espoir de renouveau, réussissant même l'exploit de s'aliéner toute l'Afrique francophone. Aujourd'hui, vous n'en douterez pas, il y a cassure irrémédiable entre l'Afrique et la France.

Pour ce qui est de l'histoire des rapports entre la France et l'Afrique, votre refus de repentance, hélas, ne peut que nous faire douter de la possible finalité humaniste de votre visite au Gabon. Qu'est-ce qui nous permettrait, en effet, de croire que votre passage dans notre pays se situerait dans une dynamique autre que celle qui consiste à apporter le soutien politique traditionnel de la France au tyran gabonais, ce qui veut dire la perpétuation des misères de notre peuple ? Savez-vous, Monsieur, que des visites comme celle que vous faites aujourd'hui au Gabon sont exactement ce qui perpétue le désillusionnement des Africains vis-à-vis de la France ? Pour les Gabonais, cette démarche semble non seulement se situer aux antipodes de vos discours de campagne, mais également prononcer le deuil d'un pays qui n'en peut plus du subir le dictat de la Françafrique depuis 47 ans.

Pourquoi la France semble-t-elle s'obstiner à être cruelle, Monsieur le Président?

Ce qui nous préoccupe, nous Gabonais, ce n'est pas votre refus d'accueillir en France tous les miséreux du monde. On peut vous concéder, sur ce point, le raisonnement selon lequel les Africains ont besoin de rester chez eux pour y contribuer au développement de leurs propres pays. Ce qui reste problématique et qui nous pousse à nous interroger, c'est le décalage notoire et historique entre le discours " humaniste " des dirigeants de France quand ils arrivent au pouvoir et la duplicité qui semble toujours caractériser leurs actes une fois bien installés au pouvoir.

A lire, par exemple, l'interprétation naïvement euphorique faite par le journal mauricien L'Express du 8 mai 2007 à propos de votre élection, on aurait en effet été tenté de croire aux vertus de vos promesses de changement d'attitude de la France vis-à-vis de l'Afrique. L'article de ce journal disait que " La France de Nicolas Sarkozy fait peur. Surtout à ses partenaires africains qui voient dans le nouveau locataire de l'Elysée une menace pour les relations confortables tissées avec ce pays au fil du temps. (...) Nicolas Sarkozy lui-même ne croit pas au "réseautage", si l'on se fie à son discours, notamment lors de sa tournée en Afrique francophone en mai 2006. On se souviendra de cette phrase assassine lâchée à Bamako (Mali) et qui lui a valu l'ire des dirigeants africains francophones : Economiquement, nous n'avons pas besoin de l'Afrique." Sarkozy prône des relations plus classiques avec les pays du continent, au même titre qu'avec les autres nations. Lors du débat télévisé à quelques jours du deuxième tour de la présidentielle, il avait insisté sur la réciprocité dans les relations futures de la France avec les autres pays. Les observateurs de la politique française décodent. En somme, Sarkozy sonne le glas pour la "Françafrique", concept cher à Jacques Chirac et qui est un mélange de paternalisme et de réseaux ".

Nous nous permettrons, pour le moment, de mettre un bémol à une telle euphorie. Pour nous, il est hautement important de se poser la question suivante: quel intérêt aurait Nicolas Sarkozy, Président de France, à chambouler l'héritage colonial de la France ? Et doit-on le croire sur parole quand il déclara, par exemple, qu'économiquement, la France n'avait pas besoin de l'Afrique ?

Il nous semble, hélas, Monsieur le Président, que par refus de mémoire ou par cécité mémorielle, vous êtes en train de vous priver de l'opportunité d'étudier un peu plus profondément l'histoire de votre propre pays. Si vous l'aviez fait, vous auriez vu qu'il existe bel et bien un lien ombilical entre la pauvreté et l'instabilité chroniques de l'Afrique aujourd'hui et le rôle hautement néfaste que les nations européennes jouèrent sur le continent noir depuis le Moyen Age. Si vous aviez vraiment été élève de l'histoire de votre propre pays, vous auriez découvert que:

- Quand un esclavage tel que celui qui fut alimenté en Afrique par les Européens depuis le 15e siècle enlève à un continent plus de 30 millions d'âmes pour les transplanter à l'autre bout du monde, c'est tout un continent qui s'en retrouve déstabilisé politiquement, culturellement et économiquement, et ceci de manière durable vu que le dépeuplement qui en a résulté a mené à un déficit humain, donc économique, conséquent.

- La France a, en réalité, toujours eu besoin de l'Afrique. C'est l'Afrique qui a fait la France au prix de son sang. Savez-vous que le commerce des esclaves et l'exploitation inhumaine des Africains comme esclaves dans les possessions antillaises de la France représenta, vers la moitié du 18ème siècle, près de 25% de l'économie française, à un moment où cette économie était secouée par des crises financières successives qui en avaient pratiquement vidé les coffres ? Savez-vous que c'est grâce à la traite négrière et à l'exploitation des colonies que la France avait pu se construire une économie capable de rattraper, tant bien que mal, le retard accusé par rapport à l'Angleterre, elle aussi engagée dans le commerce colonial ?

L'économie française, osons-nous affirmer, Monsieur le Président, s'est construite sur le sang des Africains. Nous en voulons pour preuve ces lignes tirées d'un article intitulé " Dossier : La France qui s'exporte " publié sur le site du ministère des affaires étrangères (diplomatie.gouv.fr) par votre propre gouvernement. Cet article dit : " Au début des années 60, la France n'avait pas ou peu de vocation exportatrice. Longtemps tourné vers ses anciennes colonies d'Afrique et d'Asie qui constituaient un marché captif, son commerce extérieur avec les pays industrialisés ne s'est en effet développé que progressivement avec la décolonisation, puis la suppression du protectionnisme et l'instauration du Marché commun européen. Mais cela n'a pas été sans mal. "

Comme vous le voyez, cet article reconnaît au moins que les marchés coloniaux " captifs " de votre pays furent, jusqu'aux années 1960, la principale source de richesses extérieures pour la France et que la France eut grand mal à se recentrer sur l'Europe après tant d'années de dépendance vis-à-vis des richesses tirées des " marchés captifs " coloniaux. Il n'y a aucune raison de croire que les marchés captifs que la France contrôle encore aujourd'hui en terre africaine ne continuent de contribuer à la survie économique de la France, surtout quand on considère les compagnies françaises installées en Afrique et les monopoles mafieux dont ils jouissent encore, sans compter les fuites de capitaux que la mafia françafricaine n'a cessé d'organiser et qui saignent toujours à blanc le continent noir !

Non, Monsieur Sarkozy, l'Afrique ne veut plus être " aidée ". L'Afrique n'a plus vraiment besoin ni de l'aide de la France, ni de sa présence, surtout si cette présence continue à soutenir l'animalisation du continent par dictateurs interposés. L'Afrique n'a que trop souffert de ces paternalismes qui, sous prétexte d'aide, l'ont enfoncée un peu plus. Ce qu'elle veut, c'est qu'on la laisse en paix et qu'on arrête de la prendre pour une Afrique mendiante en constante quête d'aumône. Les aumônes de l'Occident ont semé sur le continent encore plus de pauvreté que si on avait laissé ce continent se débattre dans ses propres problèmes et les résoudre par lui-même. Où en sont aujourd'hui les fameux ajustements structurels imposés par le FMI et la Banque mondiale? Où en sont les exigences de démocratisation ? Tout ce qui en a résulté, finalement, c'est une dette encore plus débilitante et des sociétés encore plus pauvres.

Et vous savez pourquoi ces ajustements structurels n'ont pas marché ? C'est parce que les Occidentaux ont tendance à parler avec la langue fourchue. Ils aiment appliquer à l'Afrique des solutions au rabais qu'ils n'accepteraient jamais pour eux-mêmes. Dans leurs propres théories économiques, ils ont depuis des siècles démontré qu'aucune économie ne pouvait se développer si elle contenait en elle des vices comme la corruption, le népotisme, l'autoritarisme despotique et le manque de libertés politiques et économiques. Or, ce sont ces mêmes occidentaux qui ont voulu faire croire aux Africains que le développement pouvait se passer dans des contextes où la dictature et la corruption régnaient et annihilaient la créativité citoyenne ; ils ont voulu faire croire aux Noirs que dictature et développement pouvaient cohabiter, alors que tout le monde savait que seule la démocratie véritable pouvait créer les conditions pertinentes à un développement durable. Et aujourd'hui, il est clair que la Banque mondiale et le FMI, les porte-voix des nations qui dominent le monde, n'ont fait qu'accentuer les malheurs de l'Afrique en n'insistant pas sur l'obligation de démocratie, alors même que l'équation était simple : démocratie d'abord, développement après.

Non, Monsieur Sarkozy. L'Afrique francophone ne veut plus être aidée par la France. Ce dont cette Afrique a besoin, c'est véritablement que la France la laisse en paix pour que, toute seule, elle retrouve les équilibres politiques et économiques naturels qui lui permettraient de sortir de la pauvreté et de l'instabilité politique grâce à son propre génie. L'aide de la France, dans ce contexte, est une aide empoisonnée. Elle rappelle l'histoire de ce pompier qui provoqua volontairement lui-même un incendie qu'il s'activa par la suite à éteindre, tout cela dans le but de se faire acclamer en héros. La misère de l'Afrique francophone ayant pour cause la France, il nous apparaît contradictoire que cette France continue à vouloir jouer les pompiers sur des terres qu'elle aura elle-même calcinées.

Les exemples sont légions qui montrent, Monsieur le Président, que la France est non seulement cause de guerres civiles et d'instabilités politiques en Afrique, mais aussi source de pauvreté.

Dites-nous alors comment, dans ce cas, vous comptez être différent de Jacques Chirac et de tous vos prédécesseurs, Monsieur Sarkozy, si vous commencez votre règne par la légitimation en bonne et due forme de régimes que vous devriez plutôt aider à démanteler en demandant aux récalcitrants de laisser la démocratie suivre son libre cours sous peine de sanctions diverses ? Votre présence chez " papa Bongo " sonne déjà, hélas, comme le glas qui va sceller, sur le dos ensanglanté des Gabonais, le pacte de meurtrissures nouvelles.

Vous aviez pourtant, lors de votre campagne électorale, affirmé que vous étiez prêt à défendre les " valeurs de tolérance, de liberté, de démocratie et d'humanisme " au profit de tous ceux qui sont " persécutés par les tyrannies et par les dictatures " à travers le monde. Nous osons vouloir vous croire, Monsieur le Président, mais savez-vous au moins, ou feignez-vous d'ignorer, que vous avez déjà, après juste trois mois de pouvoir, non seulement reçu les pires dictateurs d'Afrique (Omar Bongo et Denis Sassou Nguesso), mais aussi été légitimer, sur leurs propres sols, les systèmes de mafia qu'ils ont comme gouvernements ? Il faudra donc convenir avec nous, Monsieur, que de sérieux doutes subsistent. Si pour Jacques Chirac, la démocratie fut un luxe pour les Africains, comme le montre d'ailleurs son manque d'engouement tout au long de son règne à pousser les dictateurs amis à réformer et à démocratiser, nous craignons bien que les liens qui lient déjà le nouveau président français que vous êtes à ces mêmes dictatures ne viennent contredire vos belles paroles.

La France s'est, nous le savons, historiquement sentie dotée d'une mission " civilisatrice " et paternaliste qui avait poussé l'Abbé Raboisson à écrire en 1877 que " partout où le Français a mis le pied, ne fût-ce qu'un instant, il a rendu français le sol qu'il a foulé. Partout il a laissé des sympathies obstinées qui ont résisté à toutes les destructions, celles des révolutions et des temps ". Et Jean Jaurès de renchérir en 1881 en déclarant que " Là où la France est établie, on l'aime; là où elle n'a fait que passer, on la regrette; partout où sa lumière resplendit, elle est bienfaisante; là où elle ne brille plus, elle a laissé derrière elle un long et doux crépuscule où les regards et les cœurs restent attachés ". Et Onésime Reclus de conclure: " En Afrique, nous sommes Rome par la paix française, par la langue, par l'unité des efforts contre la confusion des élans sans but, bref par une supériorité prodigieuse ".

Au vu de telles déclarations nationalistes, comment s'étonner que le virus héréditaire du paternalisme, du préjugé et du racisme ait imprégné des générations de dirigeants français qui n'arrêtent point de proclamer, sans mentionner le crime de l'esclavage et du colonialisme, que la France ne fit que du bien aux Africains, et que ces Africains en seraient donc, à leurs yeux, éternellement reconnaissants?

Non, Monsieur Sarkozy.

L'Afrique en a assez d'être aidée. De l'aide de la France, elle ne veut plus. Il n'y a plus aucun pays en Afrique francophone aujourd'hui qui n'ait assez d'intellectuels ou de cadres qui ne soient capables de maîtriser les rouages des économies modernes. Il n'y a aucun pays en Afrique francophone où les citoyens ne veuillent d'une démocratie où l'on respecte les institutions et la voix du peuple. Il n'y a aucun pays en Afrique francophone où l'on ne souhaite la fin de l'hégémonie économique et politique de la France. Ce n'est donc pas de l'aide de la France dont l'Afrique a besoin aujourd'hui, mais de son désengagement.

La solution aux problèmes politiques et économiques de l'Afrique passe nécessairement par un désengagement politique de la France, afin de permettre, à terme, l'émergence de vrais partenariats bénéfiques à tous. Mais pour qu'un tel partenariat puisse s'instaurer, les conditions suivantes doivent être remplies :

1) Consignation à bases de l'armée française, de manière à ne plus en faire un instrument de protection et de restauration des régimes dictatoriaux qui seraient mis en difficulté par des révoltes citoyennes; ceci suppose la cessation immédiate de tout soutien politique, économique et militaire aux dictateurs africains ;

2) Laisser les Africains, par des soulèvements populaires ou autres, défaire eux-mêmes les dictatures réfractaires et ériger, à leur place, des institutions plus adaptées aux besoins démocratiques de chacun de nos pays selon un esprit bien africain ;

3) Respecter la souveraineté des peuples, leur droit inaliénable à désigner leurs propres dirigeants et leur capacité à décider pour eux-mêmes de la destinée de leurs pays.

4) Ne plus apporter de soutien politique aux hommes politiques africains en période électorale. La France est connue pour déclarer, et donc, valider, la victoire des dictateurs africains après des élections truquées alors même que de tels résultats ne passeraient pas le test de la démocratie en France. Pourquoi accepter pour l'Afrique ce que la France serait incapable d'accepter pour elle-même?

5) Déclarer la suspension des relations diplomatiques et économiques avec tout pays africain qui aurait à sa tête un président élu dans des conditions douteuses et qui se refuserait à la transparence électorale. Vous en avez une pléthore: Gabon, Togo, Cameroun, Congo Brazza, etc.

6) Déclarer un embargo économique immédiat contre tout pays avec un président ayant passé plus de 15 ans au pouvoir qui se refuserait à le quitter immédiatement et sans conditions. Ceci impose de faire une liste exhaustive de tous les pays incriminés. Nous pourrions vous aider à faire une telle liste si vous le désirez. Mais quoique vous fassiez, commencez par le Gabon où " papa Bongo " est aujourd'hui détenteur du honteux palmarès de plus ancien président du monde (40 ans au pouvoir !).

7) Geler les fonds et investissements que les dictateurs ont détournés de leur pays et déposés dans des banques françaises et étrangères. Cet argent appartient aux Africains et il doit être retourné aux gouvernements respectifs de ces pays dès lors que l'alternance démocratique aura été avérée.

Voilà, Monsieur, le type d'aide que l'Afrique attend de la France, c'est-à-dire un désengagement clair et net des affaires africaines tant sur le plan politique qu'économique. Nous en avons assez de voir le continent décrit comme un continent mendiant alors que l'Afrique est tout sauf pauvre. La pauvreté africaine est systémique et non systématique. Elle est conjoncturelle et non structurelle. Tout ce dont l'Afrique a besoin, c'est de démocratie et d'état de droit. Et ceci n'est pas possible tant que la France télécommandera de Paris les affaires africaines.

Vous conviendrez avec nous, Monsieur le Président, qu'une situation de dictature, aussi bénigne qu'elle puisse paraître, ne pourrait être tolérée dans un pays démocratique comme le vôtre. Elle ne doit pas non plus être tolérée au Gabon. Autrement dit, la mesure de l'engagement de votre pays dans le cadre de la protection et de la promotion des droits humains au Gabon se doit d'être faite sur la base d'une seule considération : si le peuple français que vous représentez trouverait inacceptable, voire intolérable, de vivre sous les mêmes conditions de privations politiques et/ou économiques que le peuple gabonais, alors votre choix est simple, vous devez, comme nous, exiger d'Omar Bongo qu'il démocratise ou qu'il parte. On ne peut ni contorsionner la démocratie ni la calculer, ni même la négocier. Elle doit s'imposer à tous comme la seule voie vers la paix et la prospérité pour le Gabon.

Autrement dit, il est temps que la France accepte la nature incontournable des aspirations démocratiques des peuples africains. Il est temps qu'elle accepte les vertus de la démocratie qu'elle-même dit avoir inspirées au monde civilisé. La démocratie, Monsieur, n'est pas un vain mot. Parce que c'est le seul système politique qui, tout en garantissant et protégeant les droits des citoyens, galvanise les énergies qui travaillent et le génie qui innove, la démocratie ne peut que transformer positivement l'Afrique. En 10 ans, l'Afrique sera capable, si démocratisée, d'éliminer par ses propres forces la corruption, le militarisme, la dictature, les détournements, le sectarisme, le tribalisme, et poser les jalons qui diminueront les misères, la maladie et la pauvreté, donc réduiront les émigrations en terre française qui vous irritent tant.

Monsieur Sarkozy, cette Afrique peut éclore sous vos propres yeux, avant la fin de votre présidence. Et alors que vous ne voyez rien de positif aujourd'hui dans ce que l'Afrique peut apporter à la France, vous seriez surpris de découvrir que le seul capital humain de l'Afrique francophone est en fait, pour la France, la plus grosse ressource qui soit, celle-là même qui n'a jamais été réellement vue à sa juste valeur et qui pourtant demain pourrait sauver la France.

Monsieur, les économistes vous diront que les 300 millions de personnes qui vivent dans l'aire francophone aujourd'hui, une aire dont l'Afrique représente le plus gros morceau, sont une mine d'or inexploitée pour l'économie française. Au jour d'aujourd'hui, l'Afrique francophone n'est pas solvable, donc elle est en effet économiquement inutile à la France non pas parce qu'elle ne lui apporte rien (ce qui est faux), mais parce qu'elle est incapable de consommer français.

Imaginez pourtant demain une Afrique francophone débarrassée de ses dictateurs, grisée par ses nouvelles libertés et lancée à la conquête des nouvelles opportunités nationales et internationales qui en découleraient; imaginez demain cette Afrique devenir solvable, réduire ses dettes et commencer à consommer les productions françaises à des niveaux non seulement individuels, mais aussi industriels; imaginez demain ses économies grandir, devenir soutenables et porter une Afrique francophone économiquement forte vers une mondialisation dont elle saura, comme d'autres, tirer les dividendes. Monsieur, cette Afrique libre qui se lèverait pour devenir un partenaire valable est celle qui enrichira la France car il y a un marché de 300 millions de francophones à développer.

Oubliez, Monsieur Sarkozy, l'Europe dans laquelle la France se débat péniblement aujourd'hui. C'est dans une Afrique libre et rénovée que se trouve le salut économique de la France, pas ailleurs. Mais pour parvenir à créer cette Afrique des renouveaux et des espoirs, il n'y a qu'une seule chose à faire, Monsieur Sarkozy: Lâchez les dictateurs et les faux démocrates que la France a contribué à fabriquer un peu partout dans son ancienne chasse gardée et n'intervenez plus dans les affaires africaines, ni pour apporter de l'aide, ni pour vous impliquer dans ses affaires politiques.

Au Gabon, les patriotes s'apprêtent à lancer l'assaut révolutionnaire contre les courants anti-démocratiques qui maintiennent le Gabon sous dictature depuis 40 ans. Et comme l'implication démesurée de la France dans la politique gabonaise crée chez nous une situation où s'attaquer au régime Bongo devient obligatoirement synonyme de s'attaquer à la France et à ses intérêts au Gabon, une seule question reste posée: la France saura-t-elle se désengager de son soutien inconditionnel à la dictature d'Omar Bongo pour laisser les Gabonais reconquérir librement leurs libertés confisquées, sans craindre une intervention militaire française? La France se gardera-t-elle, comme elle le fait souvent, de mettre son armée dans les rues du Gabon pour prévenir la chute du régime et ainsi compromettre l'accès des Gabonais à une démocratie similaire à celle que vit la France?

Nous voulons des garanties, Monsieur Sarkozy, pas des mots. Ce n'est pas à la France que les Gabonais veulent faire la guerre, mais au régime Bongo. La France est-elle prête, à cause de son entêtement auprès des dictateurs, à porter sur elle la responsabilité d'un Gabon instable et ensanglanté par la guerre, comme en Côte d'Ivoire? Combien de Côte d'Ivoires la France est-elle prête à voir exploser en Afrique avant de comprendre qu'il est temps désormais de se plier aux exigences démocratiques des jeunes africains déroutés par les misères politiques et économiques qui paralysent leurs pays, une paralysie dont une part de responsabilité incombe à la France des racismes fossilisés? Le crime commis par vos prédécesseurs, Monsieur Sarkozy, fut de croire que parce qu'elle est noire, l'Afrique n'a pas droit à la démocratie, démocratie qui serait ainsi la seule prérogative, et le seul luxe, des nations blanches d'Europe. Cette vision de l'Afrique doit cesser.

Nous savons l'Afrique capable de se prendre elle-même en charge. Il y a aujourd'hui en Afrique des richesses économiques et humaines qui pourraient lui assurer, dès les premières dix années d'autonomie et de démocratie réelles, la stabilité et les transformations nécessaires à sa brave évolution vers le développement durable. Bref, Monsieur le Président Sarkozy, nous sommes optimistes pour l'Afrique. Mais pour que la nouvelle Afrique voulue par les jeunes francophones puisse éclore, elle a besoin que la France la laisse en paix.

Serez-vous alors, Monsieur, le premier président français à réellement sortir des discours creux sur la France des droits de l'homme, pour enfin, par de vrais actes et des paroles claires, mener le combat qui s'impose auprès des forces réformatrices qui aujourd'hui sont persécutées un peu partout sur le continent africain par l'action conjuguée des forces anti-démocratiques occidentales et celles qui, en Afrique, leur servent de relais.

Que ferez-vous demain si nous, Gabonais, décidions de faire nôtres les articles 11 et 35 de la Déclaration française des Droits de l'homme et du citoyen de 1793 qui stipulent que " Tout acte exercé contre un homme hors des cas et sans les formes que la loi détermine, est arbitraire et tyrannique ; celui contre lequel on voudrait l'exécuter par la violence a le droit de le repousser par la force " (Article 11) et que " Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l'insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré et le plus indispensable des devoirs " (Article 35) ? Oseriez-vous, Monsieur, vous opposer à un tel élan légitimé à une époque où la France avait elle-même dû reconquérir sa dignité humaine face aux despotismes de ses monarchies ?

C'est donc au mot que l'Afrique vous prendra, Monsieur Sarkozy. La France vient de connaître son renouveau démocratique, l'Afrique a désormais droit au sien. Nous saluons votre élection à la présidence de la république française parce que nous reconnaissons le droit des Français à vous choisir comme président de la république.

Mais accordez-nous que nous voulions aussi pour le Gabon et les autres pays d'Afrique ce que la France vous a permis, c'est-à-dire votre élection sans ambiguïté dans un contexte démocratique avéré. En Afrique francophone, des régimes soutenus par la France bafouent chaque jour les droits les plus élémentaires de leurs citoyens et pervertissent l'esprit démocratique au profit d'intérêts machiavéliques. Ne nous dites donc plus que nous n'avons droit qu'à des simulacres de démocratie parce que la démocratie est incompatible avec l'Afrique. Ce serait une insulte que les jeunes africains ne peuvent plus, ne veulent plus accepter.

Si nous avions été Français, Monsieur, nous Gabonais aurions sans doute voté pour Nicolas Sarkozy car nous aimons les valeurs de réforme, de travail, de mérite, de libéralisme économique, d'honneur citoyen et de nationalisme patriotique que vous défendez au nom des Français. Ce sont ces mêmes valeurs que, demain, nous voudrions voir s'instaurer dans un Gabon démocratisé et rénové. Ces valeurs, nous les voulons aussi pour le Gabon.

Monsieur le Président, l'Afrique est prête pour un nouveau partenariat que vos prédécesseurs n'ont ni su ni voulu respecter. La France que vous allez désormais incarner en sera-t-elle capable?

Fait à Montclair, le 26 juillet 2007.

Dr. Daniel Mengara
Président, BDP-Gabon Nouveau

P.O. Box 3216 TCB
West Orange, New Jersey, 07052, USA
Tel: 973-447-9763 / 973-655-5143
Fax: 973-447-9763 / 973-655-7909
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Didier_Daan
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MessagePosté le: Sam 28 Juil 2007 00:09    Sujet du message: Répondre en citant

Benny Da B' a écrit:
Ce discours de Sarkozy a des relents de Rama YADE, ma main a coupé qu'elle a aidé sa team à en écrire une grande partie !

Moi aussi j´y ai pensé. Surtout qu´il y a dans ce discours plein de thèmes chers à la dame, et aussi le ton humaniste (même s´il est fictif) qu´elle souhaitait que son mentor adopte surtout pour les noirs émotifs.
Mais j´ai également pensé à Elie Zemmour, comme la muse de ce discours (la non-répentance oblige), que son auteur et sa coure ont pensé être historique. Mais hélas, il n´en est rien. Et si les africains, bien que émotifs, n´en sont pas emballés, alors c´est vraiment raté.

En outre, choisir Dakar comme lieu pour s’adresser à l’élite de la jeunesse africaine FRANCOPHONE n´est pas ex nihilo. En effet, le Sénégal garde sa mission (assignée par la France coloniale) de phare démocratique et de modernité pour les pays francophones. Il suffit de revisiter le rôle proéminent de Senghor sur la scène politico-littéraire afrofrancophone. Ou encore d´aller passer quelques temps dans le pays de la Teranga et observer les comportements des sénégalais et leurs discours vis-à-vis des autres afrofrancophones pour s´en rendre compte. Je n´ose même pas évoquer le fait que les archives de l´AOF y sont encore...

Enfin, ce discours démontre une fois de plus le désir hégémonique de la France sur l´Afrique francophone, de renouvellement et renforcement de cette impérialisme, et surtout d´imposer sa vision du monde dans cette triste partie du monde. A mon avis, cette Eurafrique n´a pas sa raison d´être tant qu´il n´existe pas une uninon africaine.
Qu´en pensent même les autres Européens de cette Eurafrique? C´est même quoi l´Eurafrique, alors que la "France n´a pas besoin de l´Afrique"?
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MessagePosté le: Sam 28 Juil 2007 10:28    Sujet du message: Discours de Sarko Répondre en citant

Le discours de Sarko ne va choquer que les naïfs. Et la lettre de l'opposant gabonais déborde de naïveté et d'illusions (Pour quelle raison la France lâcherait son bout de pain? simplement pour nos beaux yeux?).

Le discours de Sarko est à placer dans son contexte; il ne s'adresse pas à un de ses pairs (encore j'eus été heureux qu'il puisse parler ainsi à ses pairs africains), mais à des jeunes, donc à ses enfants. Le ton, le relativisme, l'épheumisme qu'il peut adopter sont à mettre dans ce contexte. Et pour le contenu même du discours, en toute honnêteté, pas grand chose à enléver; au lieu de glosser, il faut plutôt pousser cette jeunesse africaine à appliquer certaines stratégies qu'il précaunise, en homme pragmatique.

Nous nous plaignons qu'il prescrit l'oubli; c'est plutôt actuellement que l'Afrique vit dans l'oubli; car comment perpétuer les mémoires si on est incapable de bâtir en Afrique ces temples de la mémoire de l'africain? (je ne sais si vous connaissez bcp en Afrique)Dans l'insécurité TOTALE (physique, matérielle,intellectuelle, cultuelle, etc.), nous ne pouvons qu'oublier; dans la lutte contre cet oubli, nous nous abrevons de brouillard mémoriel qui nous aveugle et anihile nos esprits face à la construction du futur; c'est de ce brouillard qu'il faut sortir, bâtir réelement l'avenir, et devenir CAPABLE de perpétuer les mémoires.

L'Afrique (francophone) est dans un jeu de stratégie avec la France où la France fera toujours partie des gagnants; l'Afrique peut perdre ou gagner, mais la France gagnera TOUJOURS. Il est donc du ressort de l'Afrique de trouver l'astuce pour gagner avec la France. Aujourd'hui l'Afrique perd; le discours donne qq indications à la jeunesse africaine pour être aussi gagnante. Pour le moment çà lui (Sarko) coûte de faire plus, surtout sans être sûr du résultat; aujourd'hui sans rien faire, la France gagne dans le jeu; si elle sent l'Afrique bouger dans un vrai sens d'évolution, la France va se secouer pour l'accompagner, ele fera plus qu'aujourd'hui, mais elle gagnera aussi plus, car l'a bien dit l'opposant virtuel gabonais, c'est 300millions de consommateurs solvables qu'on risque avoir, et malgré tout leur partenaire naturel sera la France.

Maintenant relisez le discours de Sarko,sautez les parties où il blesse nos égos si vous voulez, et voyez ce que vous pouvez faire pour ce continent pour gagner aussi. Surtout vous de la diaspora, qu'il a si bien épinglé.
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afrocalipse
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MessagePosté le: Sam 28 Juil 2007 14:10    Sujet du message: Répondre en citant

voici la réaction du professeur Bwemba Bong à l'allocution de Nicolas Sarkozy à dakar et un article
source www.thotep.com

http://www.thotep.com/article.php3?id_article=337


et l'article
Sarkozy insulte la mémoire africaine !

Paris, le 27 juillet 2007

L’insulte ignoble de Sarko à toute la mémoire Africaine sur les lieux même de l’université Cheik Anta DIOP de Dakar au Sénégal est disponible sur le site de la présidence de la République française. Par la voix de son président élu, donc en France non occupée, l’Etat français se place dans la continuité des colons pilleurs et destructeurs de civilisations et d’Histoire.

Après tous les crimes de la FrançAfrique, "Ce que veut faire la France avec l’Afrique, c’est préparer l’avènement de l’Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique" déclare Sarko, le nouvel homme fort de l’Europe qui "rêve du retour des empereurs du saint empire" pour "refaire la politique de civilisation" de Napoléon qui a rétabli l’esclavage des Noirs.

Il déclare encore : " Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour, c’est de prendre conscience que l’âge d’or qu’elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas pour la raison qu’il n’a jamais existé "

Pourquoi Sarkozy ressasse-t-il à chaque fois qu’il parle de l’Histoire Africaine, qu’il ne faut pas ressasser le passé ? qu’il n’est pas là pour la repentance ? Mais de quoi a-t-il peur ? N’est-ce pas ce même président qui multiplie les opérations de mémoire pour la propre communauté dont il se réclame ? Mais qui est plus concerné par le "mythe de l’éternel retour" ? L’âge d’or, Monsieur Sarkozy, a bel et bien existé, et vous le savez comme tous vos conseillers scientifiques ; mais peut-être confondez-vous, sciemment ou inconsciemment, les peuples et les histoires ?

Quand vous dîtes "Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l’amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait autant.", Vous avez osé reprendre, sur cette terre d’Afrique, sur des lieux symboliques, la teneur de votre discours de Toulon où vous expliquiez que les seules personnes envers qui la France a une dette morale et à qui elle doit excuses et réparations sont celles qui sont revenues des colonies avec leurs souvenirs de jeunesse. Vous récidivez avec des circonstances aggravantes.

En insultant l’Afrique et les Africains, sur ces lieux symboliques, Monsieur Sarkozy vous avez gravement troublé le repos sacré de nos ancêtres.

Source du discours www.elysee.fr

Autres extraits :

"Je veux, ce soir, m’adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n’ont pas la même langue [NDLR, qui a divisé l’Afrique en 1884 à la conférence de Berlin, et comment ?] , qui n’ont pas la même religion [NDLR, qui a amené ces religions ?] , qui n’ont pas les mêmes coutumes, qui n’ont pas la même culture, qui n’ont pas la même histoire [NDLR, esclavage et colonisation par différents pays européens] et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains. Là réside le premier mystère de l’Afrique"

"Oui, je veux m’adresser à tous les habitants de ce continent meurtri, et, en particulier, aux jeunes, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères, frères dans la souffrance, frères dans l’humiliation, frères dans la révolte, frères dans l’espérance, frères dans le sentiment que vous éprouvez d’une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, foi qui se transmet de génération en génération et que l’exil lui-même ne peut effacer."

"Ils [les colons] ont coupé vos pères de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l’Afrique.Ils ont eu tort. " [NDLR : et aujourd’hui avec Arno Klarsfeld, Sarko interdit aux enfants d’origine africaine en France d’être connectés à leur langue et à leur culture : Il "s’étonnait" que des Africains vivant en France porte encore des "boubous"]

"Il a pris mais je veux dire avec respect qu’il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles." [NDLR : pour qui, pour quoi ?. pour par exemple piller l’or et le diamant]

"Jeunes d’Afrique, ne vous coupez pas de ce qui vous enrichit, ne vous amputez pas d’une part de vous-même. La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme."[NDLR, l’homme de la "préférence européenne", en écho à la "préférence française", met en garde les Africains contre la pureté.

Gilbert Leonard
_________________
De dire que je suis Africain relève pour beaucoup de l'hérésie, du mensonge, d'affirmer que mes racines sont en Afrique demeure une ineptie. Les juifs survivants de Auschwitz n'en sont pas ressortis Polonais. Alors moi je suis et resterais Africain et c'est en tant que tel que je serais soumis à la critique ou à l'approbation.
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hormheb
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MessagePosté le: Sam 28 Juil 2007 16:26    Sujet du message: Sarko nous a insulte et alors ? Répondre en citant

Brother and sister,

Ce forum devient une chambre de lamentations.
Sarko nous a insulte dans la terre de nos ancetres, oui !
Maintenant vous avez tous compris pourquoi il tenait tant a aller a Dakar !
Lorsqu'un multi-recidiviste (Sarko en est un, recidiviste de theses racialistes...) arrive dans une ville et commet un autre forfait, la premiere reaction est d'en vouloir a ceux qui ont laisser perpetrer ca.
Donc ne nous trompons pas de cible ici.
Je lis partout dans tous les forums, Sarko a encore frappe !
- ou etaient les panafricains et/ou diopistes a Dakar pour preparer une contre-visite. La passivite des etudiants de l'UCAD est edifiante !
- ou etaient dans la presse locale (radio, tele), et le senegal en compte, des reactions et des conferences explicatives sur la francafrique avant son arrivee et apres ?

la visite de Sarko vient d'etaler au grand jour la faillite totale du reseau panafricain incapable de forcer l'interlocutaire (ici Wade et Sarko) a tenir compte de l'agenda des panafricains dans cette visite. Cela demontre clairement que le panafricanisme (theses de CAD en particulier) n'est plus operationel au Senegal. C'est pas la peine de faire le voyage la-bas pour le constater. On pourra me dire que Wade a etouffer le ou les groupuscules panafricains du pays. peut-etre mais en tout cas ca montre que l'universite CAD aujourd'hui forme pas mal de beni-oui-oui et pas des panafricains !
Ce sont les suites a donner a cette visite qui devraient canaliser les energies: comment capitaliser sur cette nouvelle sortie de route du nouveau maitre de la francafrique pour mieux renforcer l'ideal panafricain dans la jeunesse en Afrique. C'est la seule facon de "castrer" a jamais tout multirecidiviste des theses de Gobineau.

Le reste c'est de la lamentation inutile....
je vous y laisse
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Chabine
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MessagePosté le: Sam 28 Juil 2007 18:31    Sujet du message: Re: La Françafrique selon SARKOZY : quelle rupture ? Répondre en citant

Très très très fort ce discours, qui que ce soit qui l'aie rédigé. On appuie sur tous les leviers, affectifs, poétiques, mystiques, on passe un bon coup de pommade à l'auditoire en reconnaissant la grandeur de l'Afrique et le Crime de la colonisation, puis on embraye sur la manoeuvre de séduction, genre "nos destins liés" avec des trémolos dans la voix et des envolées lyriques (traduire : svp, ne nous foutez pas dehors, même si nous l'avons bien cherché Laughing ) en finissant quand même (chassez le naturel...) par un TUTOIEMENT aussi condescendant que déplacé (toi y'en a comprendre ? Rolling Eyes ).

Bref. Du grand art, il faut le reconnaître. DE LA MANIPULATION DE HAUTE VOLEE. Y'en a d'ailleurs par ici (et j'imagine encore plus là-bas) qui ont mordu à l'hameçon.

Celà dit, au delà de la rouerie du personnage (je me demande combien de temps elle étonnera encore), et cette manoeuvre de diversion, ce que je retiens :

- c'est le changement de discours, absolumment incontestable Confused Le président français, à la suite de son prédécesseur avec l'Holocauste juive, reconnait les crimes de la colonisation. Avec des bémols, quelques contre-vérités encore présentes dans son argumentation (les hôpitaux et les écoles construits... encore un peu de patience, et ils reconnaîtront que ce n'était certainement pas pour les AFricains Twisted Evil ), il y a une vraie rupture dans le discours porté sur l'Afrique et sur la colonisation. Exit la mission civilisatrice de l'homme blanc. Venant de la France, crassement en retard sur ce sujet, as usual, celà mérite d'être souligné.

- ce changement de ton, il ne vient certainement pas d'une soudaine prise de conscience, et d'une tardive grandeur d'âme. Oh non Confused Tout ceci, ce sont les fruits de la libération de la parole sur la mémoire de l'esclavage et la remise en question de la colonisation. Cette parole, c'est nous, descendants de colonisés, voire résidus de colonisés (dans mon cas Embarassed ) qui l'avons reprise, et ça a fini par porter ses fruits. Désormais, on ne peut plus raconter n'importe quoi, et ces gens-là le savent.

- enfin, la tournure rhétorique extrêmement vicieuse du discours du nabot montre qu'ils savent que la jeunesse africaine est maintenant informée, qu'elle n'est pas disposée à avaler les mêmes sornettes que la génération post-fausse indépendances, et que la France sait son influence en danger sur le continent. D'où la POMMADE après des décennies de BÂTON Twisted Evil Car les principaux enjeux de la planète, à partir de maintenant, et puisque que pratiquement tous les continents ont épuisé ou sont en voie d'épuiser leurs ressources se trouve sur le continent Mère Confused La concurrence est là (Chine, USA), la France sait qu'elle perd du terrain, donc elle tente le tout pour le tout. A nous de ne pas tomber dans le panneau...Faut dire qu'il est tellement grossier que, déjà au Gabon, le nabot a évoqué les désaccords qui lui sont déjà revenus aux oreilles sur l'impact de son discours. Change de disque, mec ! Twisted Evil

Aujourd'hui, plus que jamais, les vrais savent, et ils préviennent tout le monde Twisted Evil Malgré tous les beaux discours du monde, combien de ces Africains surdiplômés, de la diaspora ou non, vont continuer à avaler longtemps l'énorme couleuvre (plutôt le BOA CONSTRICTOR Mad) que représente le Franc CFA ?

Enfin bref, j'ai beaucoup de choses à dire sur le sujet, mais c'est sous cet éclairage que je reçois ce discours aujourd'hui. Donc je ne suis pas très énervée, à vrai dire Twisted Evil Je me marre presque Laughing

J'ai mis en grand ce que je retiens comme messages forts marquant un changement de cap de la politique française (enfin, en façade, ne nous y trompons pas) en Afrique, et en petit ce qui relève de la manipulation grossière. Quand au passage surligné en rouge, il est tellement culotté que j'y reviendrai en détail Twisted Evil

En tous cas, vu comme ça, même si ce n'est qu'un discours, ça montre qu'on change d'époque. Ne compte pas sur moi pour pleunicher ni pour fulminer, hormheb. Le discours, il est très bien fait, très joli, tout ça, tout ça... DEMONTONS-LE POINT PAR POINT Twisted Evil (même pas mal Laughing )

La lutte continue ! Wink

Citation:
Sénégal: Discours de M. Nicolas Sarkozy, Président de la République française
Le Soleil (Dakar)

DOCUMENT 27 Juillet 2007 Publié sur le web le 27 Juillet 2007


« Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est préparer l'avènement de l'Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique »

Permettez moi de remercier d'abord le gouvernement et le peuple sénégalais de leur accueil si chaleureux. Je veux aussi remercier l'université de Dakar qui me permet de m'adresser pour la première fois à l'élite de la jeunesse africaine en tant que président de la République française.


Je suis venu vous parler avec la franchise et la sincérité que l'on doit à des amis que l'on aime et que l'on respecte. Entre le Sénégal et la France, l'histoire a tissé les liens d'une amitié que nul ne peut défaire. Cette amitié du Sénégal et de la France, elle est grande et belle. Elle est forte. Elle est sincère. C'est pour cela que j'ai souhaité adresser de Dakar le salut fraternel de la France à l'Afrique tout entière.

Je veux m'adresser à tous les Africains qui sont si différents les uns des autres, qui n'ont pas la même langue maternelle, pas la même religion, pas les mêmes coutumes, pas la même culture, pas la même histoire et qui pourtant se reconnaissent les uns les autres comme des Africains.

Oui, je veux m'adresser à vous, habitants de ce continent meurtri et aux jeunes en particulier, à vous qui vous êtes tant battus les uns contre les autres et souvent tant haïs, qui parfois vous combattez et vous haïssez encore mais qui pourtant vous reconnaissez comme frères dans la souffrance et dans l'humiliation, frères dans la révolte et dans l'espérance, frères par le sentiment que vous éprouvez d'une destinée commune, frères à travers cette foi mystérieuse qui vous rattache à la terre africaine, qui se transmet de génération en génération et que l'exil luimême ne peut effacer.

Je ne suis pas venu, jeunesse africaine, pour pleurer avec toi sur les malheurs de l'Afrique. Car l'Afrique n'a pas besoin de mes pleurs.

Je ne suis pas venu, jeunesse africaine, pour m'apitoyer sur ton sort parce que ton sort est entre tes mains. Que feraistu fière jeunesse de ma pitié ?

Je ne suis pas venu effacer le passé car le passé ne s'efface pas.

Je ne suis pas venu nier les fautes ni les crimes car il y a eu des fautes et il y a eu des crimes.

Il y a eu la traite négrière, il y a eu l'esclavage, les hommes, les femmes, les enfants achetés et vendus comme des marchandises. Et ce crime ne fut pas seulement un crime contre les Africains, ce fut un crime contre l'homme, un crime contre l'humanité,

Et l'homme noir qui éternellement « entend de la cale monter les malédictions enchaînées, les hoquettements des mourants, le bruit d'un qu'on jette à la mer ». Cet homme noir qui ne peut s'empêcher de se répéter sans fin « Et ce pays cria pendant des siècles que nous sommes des bêtes brutes ». Cet homme noir a le visage de tous les hommes. Cette souffrance de l'homme noir c'est la souffrance de tous les hommes. Cette blessure ouverte dans l'âme de l'homme noir est une blessure ouverte dans l'âme de tous les hommes.


Mais nul ne peut demander aux générations d'aujourd'hui d'expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères.

Jeunesse d'Afrique, je ne suis pas venu te parler de repentance.
Je suis venu te dire que je ressens la traite et l'esclavage comme des crimes envers l'humanité. Je suis venu te dire que ta déchirure et ta souffrance sont miennes. Je suis venu te proposer de regarder ensemble, Africains et Français, audelà de cette déchirure et de cette souffrance.

Je suis venu te proposer, jeunesse d'Afrique, non d'oublier cette déchirure et cette souffrance qui ne peuvent pas être oubliées, mais de les dépasser.

Je suis venu te proposer, jeunesse d'Afrique, non de ressasser ensemble le passé mais d'en tirer ensemble les leçons et de regarder ensemble vers l'avenir.

Je suis venu, jeunesse d'Afrique, regarder en face avec toi notre histoire commune. L'Afrique a sa part de responsabilité dans son propre malheur. Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d'autres Africains. Et l'on s'est entretué en Afrique au moins autant qu'en Europe. Mais il est vrai que jadis, les Européens sont venus en Afrique en conquérants. Ils ont pris la terre de tes ancêtres. Ils ont banni les dieux, les langues, les croyances, les coutumes de tes pères. Ils ont dit à tes pères ce qu'ils devaient penser, ce qu'ils devaient croire, ce qu'ils devaient faire. Ils les ont coupé de leur passé, ils leur ont arraché leur âme et leurs racines. Ils ont désenchanté l'Afrique.

Ils ont eu tort.

Ils n'ont pas vu la profondeur et la richesse de l'âme africaine. Ils ont cru qu'ils étaient supérieurs, qu'ils étaient plus avancés, qu'ils étaient le progrès, qu'ils étaient la civilisation.


Ils ont eu tort.

Ils ont voulu convertir l'homme africain, ils ont voulu le façonner à leur image, ils ont cru qu'ils avaient tous les droits, ils ont cru qu'ils étaient tout puissants, plus puissants que les dieux de l'Afrique, plus puissants que l'âme africaine, plus puissants que les liens sacrés que les hommes avaient tissés patiemment pendant des millénaires avec le ciel et la terre d'Afrique, plus puissants que les mystères qui venaient du fond des âges.

Ils ont eu tort.

Ils ont abîmé un art de vivre. Ils ont abîmé un imaginaire merveilleux. Ils ont abîmé une sagesse ancestrale.

Ils ont eu tort.

Ils ont créé une angoisse, un mal de vivre, Ils ont nourri la haine. Ils ont rendu plus difficile l'ouverture aux autres, l'échange, le partage parce que pour s'ouvrir, pour échanger, pour partager, il faut être assuré de son identité, de ses valeurs, de ses convictions. Face au colonisateur, le colonisé avait fini par ne plus avoir confiance en lui, par ne plus savoir qui il était, par se laisser gagner par la peur de l'autre, par la crainte de l'avenir.

Le colonisateur est venu, il a pris, il s'est servi, il a exploité, il a pillé des ressources, des richesses qui ne lui appartenaient pas. Il a dépouillé le colonisé de sa personnalité, de sa liberté, de sa terre, du fruit de son travail.


Il a pris mais il a aussi donné. Il a construit des ponts, des routes, des hôpitaux, des dispensaires, des écoles. Il a rendu fécondes des terres vierges, il a donné sa peine, son travail, son savoir. Car tous les colons n'étaient pas des voleurs, tous les colons n'étaient pas des exploiteurs.

Il y avait parmi eux des hommes mauvais mais aussi des hommes de bonne volonté, des hommes qui croyaient remplir une mission civilisatrice, des hommes qui croyaient faire le bien, des hommes généreux et courageux. Ils se trompaient mais ils étaient sincères. Ils croyaient donner la liberté, ils créaient l'aliénation. Ils croyaient briser les chaînes de l'obscurantisme, de la superstition, de la servitude. Ils forgeaient des chaînes plus lourdes, ils imposaient une servitude plus pesante, car c'étaient les esprits, c'étaient les âmes qui étaient asservis. Ils croyaient donner l'amour Rolling Eyes sans voir qu'ils semaient la révolte et la haine.

La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n'est pas responsable des génocides. Elle n'est pas responsable des dictateurs. Elle n'est pas responsable du fanatisme. Elle n'est pas responsable de la corruption et de la prévarication. Elle n'est pas responsable des gaspillages, de la pollution.

Mais la colonisation fut une grande faute qui fut payée par l'amertume et la souffrance de ceux qui avaient cru tout donner et qui ne comprenaient pas pourquoi on leur en voulait tant.

La colonisation fut une grande faute qui détruisit chez le colonisé l'estime de soi et fit naître dans son coeur cette haine de soi qui débouche toujours sur la haine des autres.

La colonisation fut une grande faute mais de cette grande faute est né l'embryon d'une destinée commune.

La colonisation fut une faute qui a changé le destin. de l'Europe et le destin de l'Afrique et qui les a mêlés. Et ce destin commun a été scellé par le sang des Africains qui sont venus mourir dans les guerres européennes.

Et la France n'oublie pas ce sang africain versé pour sa liberté.

Nul ne peut faire comme si rien n'était arrivé.

Nul ne peut faire comme si cette faute n'avait pas été commise

Nul ne peut faire comme si cette histoire n'avait pas eu lieu.


Pour le meilleur comme pour le pire, la colonisation a transformé l'homme africain et l'homme européen.


Jeunesse d'Afrique, tu es l'héritière des plus vieilles traditions africaines et tu es aussi l'héritière de tout ce que l'Occident a déposé dans le coeur et dans l'âme de l'Afrique.

Jeunesse d'Afrique, la civilisation européenne a eu tort de se croire supérieure à celle de tes ancêtres, mais désormais elle t'appartient aussi.

Ne cède pas à la tentation de la pureté qui est une maladie de l'intelligence et qui est ce qu'il y a de plus dangereux au monde.

Ne te coupe pas de ce qui t'enrichit, ne t'ampute pas d'une part de toimême. La pureté est un enfermement, la pureté est une intolérance. La pureté est un fantasme qui conduit au fanatisme.
Je veux te dire, jeunesse d'Afrique, que le drame de l'Afrique n'est pas dans une prétendue infériorité de son art ou de sa pensée, ou de sa culture. Car, pour ce qui est de l'Art, de la pensée et de la culture, c'est l'Occident qui s'est mis à l'école de l'Afrique. Car l'art moderne doit presque tout à l'Afrique. Car l'influence de l'Afrique a contribué à changer non seulement l'idée de la beauté, non seulement le sens du rythme, de la musique, de la danse, mais même dit Senghor, la manière de marcher ou de rire du monde du XXème siècle.

Je veux te dire, Jeunesse africaine, que le drame de l'Afrique ne vient pas de ce que l'âme africaine serait imperméable à la logique et à la raison. Car l'homme africain est aussi logique et raisonnable que l'homme européen. C'est en puisant dans l'imaginaire africain que t'ont légué tes ancêtres, c'est en puisant dans les contes, dans les proverbes, dans les mythologies, dans les rites, dans ces formes qui depuis l'aube des temps se transmettent et s'enrichissent de génération en génération que tu trouveras l'imagination et la force de t'inventer un avenir qui te soit propre, un avenir singulier qui ne ressemblera à aucun autre, où tu te sentiras enfin libre, libre d'être toimême, libre de décider pour toimême.

Je suis venu te dire que tu n'as pas à avoir honte des valeurs de la civilisation africaine, qu'elles ne te tirent pas vers le bas mais vers le haut, qu'elles sont un antidote au matérialisme et à l'individualisme qui asservissent l'homme moderne, qu'elles sont le plus précieux des héritages face à la déshumanisation et à l'aplatissement du monde.

Je suis venu te dire que l'homme moderne qui éprouve le besoin de se réconcilier avec la nature a beaucoup à apprendre de l'homme africain qui vit en symbiose avec elle depuis des millénaires.

Je suis venu te dire que cette déchirure entre ces deux parts de toimême est ta plus grande force et ta plus grande faiblesse selon que tu t'efforceras ou non d'en faire la synthèse.


Mais je suis aussi venu te dire qu'il y a en toi deux héritages, deux sagesses, deux traditions qui se sont longtemps combattues : celle de l'Afrique et celle de l'Europe.

Je suis venu te dire que cette part africaine et cette part européenne de toimême forment ton identité déchirée.

Je ne suis pas venu, jeunesse d'Afrique, te donner des leçons.

Je ne suis pas venu te faire la morale.

Mais je suis venu te dire que la part d'Europe qui est en toi est le fruit d'un grand péché d'orgueil de l'Occident mais qu'elle n'est pas indigne.

Car elle est l'appel de la liberté, de l'émancipation et de la justice.

Car elle est l'appel à la raison et à la conscience universelles.

Le drame de l'Afrique, c'est que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l'idéal de vie est d'être en harmonie avec la nature, ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles.

Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l'homme échappe à l'angoisse de l'histoire qui tenaille l'homme moderne mais il reste immobile au milieu d'un ordre immuable ou tout est écrit d'avance.

Jamais il ne s'élance vers l'avenir. Jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin. Le problème de l'Afrique est là. Le défi de l'Afrique, c'est d'entrer davantage dans l'histoire. C'est de puiser en elle l'énergie, la force, l'envie, la volonté d'écouter sa propre histoire.

Le problème de l'Afrique, c'est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l'éternel retour, c'est de prendre conscience que l'âge d'or qu'elle ne cesse de regretter, ne reviendra pas parce qu'il n'a jamais existé. Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. Le problème de l'Afrique, c'est que trop souvent elle juge le présent par rapport à une pureté des origines totalement imaginaire et que personne ne peut espérer ressusciter. Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de s'inventer un passé plus ou moins mythique pour s'aider à supporter le présent mais de s'inventer un avenir avec des moyens qui lui soient propres. Le problème de l'Afrique, ce n'est pas de se préparer au retour du malheur, comme si celui-ci devait indéfiniment se répéter, mais de vouloir se donner les moyens de le conjurer.


Le défi de l'Afrique, c'est de rester fidèle à ellemême sans rester immobile. Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à regarder son accession à l'universel non comme un reniement de ce qu'elle est mais comme un accomplissement. Le défi de l'Afrique, c'est d'apprendre à se sentir l'héritière de tout ce qu'il y a d'universel dans toutes les civilisations humaines. C'est de s'approprier les droits de l'Homme, la démocratie, la liberté, l'égalité, la justice comme l'héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes.

C'est de s'approprier la science et la technique modernes comme le produit de toute l'intelligence humaine.

Le défi de l'Afrique est celui de toutes les civilisations, de toutes les cultures, de tous les peuples qui veulent garder leur identité sans s'enfermer parce qu'ils savent que l'enfermement serait mortel.

Les civilisations sont grandes à la mesure de leur participation au grand métissage de l'esprit humain.

La faiblesse de l'Afrique qui a connu sur son sol tant de civilisations brillantes, ce fut longtemps de ne pas participer assez à ce grand métissage. Elle a payé cher ce désengagement du monde qui l'a rendue si vulnérable. Mais de ses malheurs, l'Afrique a tiré une force nouvelle en se métissant. Ce métissage, quelles que fussent les conditions douloureuses de son avènement, est la vraie force et la vraie chance de l'Afrique au moment où émerge la première civilisation mondiale.

La civilisation musulmane, la chrétienté, la colonisation, audelà des crimes et des fautes qui furent commises en leur nom et qui ne sont pas excusables, ont ouvert les coeurs et les mentalités africaines à l'universel et à l'histoire. Ne te laisse pas, jeunesse d'Afrique, voler ton avenir par ceux qui ne savent opposer à l'intolérance que l'intolérance, au racisme que le racisme.

Ne te laisse pas, jeunesse d'Afrique, voler ton avenir par ceux qui veulent t'exproprier d'une histoire qui t'appartient aussi parce qu'elle fut l'histoire douloureuse de tes parents, de tes grandsparents et de tes aïeux.

N'écoute pas, jeunesse d'Afrique, ceux qui veulent faire sortir l'Afrique de l'histoire au nom de la tradition parce qu'une Afrique ou plus rien ne changerait serait de nouveau condamnée à la servitude.

N'écoute pas, jeunesse d'Afrique, ceux qui veulent t'empêcher de prendre ta part dans l'aventure humaine, parce que sans toi l'aventure humaine sera moins belle.

N'écoute pas non plus, jeunesse d'Afrique, ceux qui veulent te déraciner, te priver de ton identité, faire table rase de tout ce qui est africain, de toute la mystique, la religiosité, la sensibilité, la mentalité africaine, parce que pour échanger il faut avoir quelque chose à donner, parce que pour parler aux autres il faut avoir quelque chose à leur dire.

Ecoute plutôt, jeunesse africaine, la grande voix du Président Senghor qui chercha toute sa vie à réconcilier les héritages et les cultures au croisement desquels les hasards et les tragédies de l'histoire avaient placé l'Afrique.


Il disait, lui l'enfant de Joal, l'enfant qui avait été bercé par les rhapsodies des Griots, il disait : « nous sommes des métis culturels et si nous sentons en nègres, nous nous exprimons en français, parce que le français est une langue à vocation universelle, que notre message s'adresse aussi aux Français et aux autres hommes ».

Il disait aussi : « le français nous a fait don de ses mots abstraits si rares dans nos langues maternelles. Chez nous les mots sont naturellement nimbés d'un halo de sève et de sang ; les mots du français eux rayonnent de mille feux, comme des diamants. Des fusées qui éclairent notre nuit ». Ainsi parlait Léopold Senghor, ce grand poète et ce grand Africain qui voulait que l'Afrique se mit à parler à toute l'humanité et qui écrivait en français des poèmes pour tous les hommes.


Des poèmes qui étaient des chants et qui parlaient à tous les hommes des êtres fabuleux qui gardent les fontaines, chantent dans les rivières et se cachent dans les arbres. Des poèmes qui leur faisaient entendre les voix des morts du village et des ancêtres. Des poèmes qui leur faisaient traverser des forêts de symboles et remonter jusqu'aux sources de la mémoire ancestrale, que chaque peuple garde au fond de sa conscience comme l'adulte garde au fond de la sienne le souvenir du bonheur de l'enfance.

Car chaque peuple a connu ce temps de l'éternel présent, où il cherchait non à dominer l'univers mais à vivre en harmonie avec lui. Temps de la sensation, de l'instinct, de l'intuition. Temps du mystère et de l'initiation. Temps mystique ou le sacré était partout, où tout était signes et correspondances. Temps des magiciens, des sorciers et des chamanes. Temps de la parole qui se répète de génération en génération et transmet de siècle en siècle des légendes aussi vieilles que les dieux. L'Afrique a fait se ressouvenir à tous les peuples de la terre qu'ils avaient partagé la même enfance. Elle en a réveillé les joies simples, les bonheurs éphémères et ce besoin de croire plutôt que de comprendre, de ressentir plutôt que de raisonner, d'être dans l'harmonie plutôt que dans la conquête. Ceux qui jugent la culture africaine arriérée, ceux qui tiennent les Africains pour de grands enfants, tous ceuxlà ont oublié que la Grèce antique, qui nous a tant appris sur l'usage de la raison, avait aussi ses sorciers, ses devins, ses cultes à mystères, ses sociétés secrètes, ses bois sacrés et sa mythologie qui venait du fond des âges et dans laquelle nous puisons encore un inestimable trésor de sagesse humaine.

L'Afrique, qui a aussi ses grands poèmes dramatiques et ses légendes tragiques en écoutant Sophocle, a entendu une voix plus familière qu'elle ne l'aurait crû et l'Occident a reconnu dans l'art africain des formes de beauté qui avaient jadis été les siennes et qu'il éprouvait le besoin de ressusciter. Entends, Jeunesse africaine, combien Rimbaud est africain quand il met des couleurs sur les voyelles comme tes ancêtres en mettaient sur leurs masques, « masque noir, masque rouge, masque blancetnoir ». Ouvre les yeux, Jeunesse d'Afrique et ne regarde plus, comme l'ont fait trop souvent tes aînés, la civilisation mondiale comme une menace pour ton identité mais comme quelque chose qui t'appartient aussi. Dès lors que tu reconnaîtras dans la sagesse universelle une part de la sagesse que tu tiens de tes pères et que tu auras la volonté de la faire fructifier, alors commencera la Renaissance africaine.

Dès lors que tu proclameras que l'homme africain n'est pas voué à un destin qui serait fatalement tragique et que partout en Afrique il ne saurait y avoir d'autre but que le bonheur, alors commencera la Renaissance africaine. Dès lors que tu déclareras qu'il ne saurait y avoir d'autres finalités pour une politique africaine que l'unité de l'Afrique et l'unité du genre humain, alors commencera la Renaissance africaine.

Dès lors que tu regarderas bien en face la réalité de l'Afrique et que tu la prendras à bras le corps, alors commencera la Renaissance africaine. Car le problème de l'Afrique, c'est qu'elle est devenue un mythe que chacun reconstruit pour les besoins de sa cause.

Et ce mythe empêche de regarder en face la réalité de l'Afrique. La réalité de l'Afrique, c'est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible. Evil or Very Mad Evil or Very Mad Evil or Very Mad

La réalité de l'Afrique, c'est encore trop de famine, trop de misère. La réalité de l'Afrique, c'est la rareté qui suscite la violence. La réalité de l'Afrique, c'est le développement qui ne va pas assez vite, c'est l'agriculture qui ne produit pas assez, c'est le manque de routes, d'écoles, d'hôpitaux.

La réalité de l'Afrique, c'est un grand gaspillage d'énergie, de courage, de talents, d'intelligence.

La réalité de l'Afrique, c'est celle d'un grand continent qui a tout pour réussir et qui ne réussit pas parce qu'il n'arrive pas à se libérer des mythes. La Renaissance dont l'Afrique a besoin, toi seule Jeunesse, tu peux l'accomplir parce que toi seule en auras la force. Cette Renaissance, je suis venu te proposer que nous l'accomplissions ensemble parce que de la Renaissance de l'Afrique dépend pour une large part la Renaissance de l'Europe et la Renaissance du monde.


Je sais l'envie de partir qu'éprouvent un si grand nombre d'entre vous confrontés aux difficultés de l'Afrique. Je sais la tentation de l'exil qui pousse tant de jeunes Africains à aller chercher ailleurs ce qu'ils ne trouvent pas ici pour faire vivre leur famille.

Je sais ce qu'il faut de volonté, ce qu'il faut de courage pour tenter cette aventure, pour quitter sa patrie, la terre où l'on est né, où l'on a grandi, pour laisser derrière soi les lieux familiers où l'on a été heureux, l'amour d'une mère, d'un père ou d'un frère et cette solidarité, cette chaleur, cet esprit communautaire qui sont si forts en Afrique. Je sais ce qu'il faut de force d'âme pour affronter le dépaysement, l'éloignement, la solitude.

Je sais ce que la plupart d'entre eux doivent affronter comme épreuves, comme difficultés, comme risques. Je sais ce que seront leurs souffrances. Je sais qu'ils iront parfois jusqu'à risquer leur vie pour allerjusqu'au bout de leur rêve. Mais je sais que rien ne les retiendra. Rien ne retient jamais la jeunesse quand elle est portée par ses rêves. Rien ne retient jamais la jeunesse quand elle veut partir à la découverte du monde. Je ne crois pas que la jeunesse africaine ne soit poussée à partir que pour fuir la misère. Je ne crois pas que les difficultés de l'Afrique soient la seule raison qui pousse la jeunesse africaine à partir. Je crois que la jeunesse africaine s'en va parce que, comme toutes les jeunesses, elle veut conquérir le monde. Comme toutes les jeunesses, elle a le goût de l'aventure et du grand large. Comme toutes les jeunesses, elle veut aller voir comment on vit. comment on pense, comment on travaille, comment on étudie ailleurs. Comme toutes les jeunesses, elle veut échapper à la pesanteur des habitudes, elle veut s'émanciper, elle veut voler de ses propres ailes. L'Afrique n'accomplira pas sa Renaissance en coupant les ailes de sa jeunesse. La Renaissance de l'Afrique commencera en apprenant à la jeunesse africaine à vivre avec le monde, non à le refuser.

La Renaissance de l'Afrique commencera quand la jeunesse africaine aura le sentiment que le monde lui appartient comme à toutes les jeunesses de la terre. La Renaissance de l'Afrique commencera quand la jeunesse africaine aura le sentiment que tout deviendra possible comme tout semblait possible aux hommes de la Renaissance. Jeunesse africaine, tu ne dois pas être la seule jeunesse du monde assignée à résidence. Tu ne dois pas être la seule jeunesse du monde qui n'a le choix qu'entre la clandestinité et le repliement sur soi. Jeunesse africaine, tu dois pouvoir acquérir hors d'Afrique la compétence et le savoir que tu ne trouverais pas chez toi.

Tu dois aussi à la terre africaine de mettre à son service les talents que tu auras développés. Il faut revenir bâtir l'Afrique ; il faut lui apporter le savoir, la compétence le dynamisme de ses cadres.

Tu n'as pas besoin qu'on te prenne par la main. Tu n'as pas besoin que l'on te fasse la charité. Ce que tu veux, c'est avoir les moyens de réaliser tes rêves. Ce que tu veux, c'est que l'on te respecte, c'est que l'on te comprenne. Ce que tu veux, c'est ne pas être à la merci des passeurs sans scrupules qui jouent avec ta vie. Ce que tu veux, c'est que ta dignité soit préservée. Ce que tu veux, c'est pouvoir faire des études, c'est pouvoir travailler, c'est pouvoir vivre décemment. C'est au fond, ce que veut toute l'Afrique. L'Afrique ne veut pas de la charité, elle ne veut pas d'aide, elle ne veut pas de passe droit. Ce que veut l'Afrique et ce qu'il faut lui donner, c'est la solidarité, la compréhension et le respect. Ce que veut l'Afrique, ce n'est pas que l'on prenne son avenir en main, ce n'est pas que l'on pense à sa place, que l'on décide à sa place. Ce que veut l'Afrique, ce que veut la France, c'est la coopération, c'est l'association, c'est le partenariat. Jeunesse africaine, tu veux la démocratie, tu veux la liberté, tu veux la justice, tu veux le Droit ? C'est à toi d'en décider. La France ne décidera pas à ta place. Mais si tu choisis la démocratie, la liberté, la justice et le Droit, alors la France est prête à s'associer à toi pour les construire. Jeunesse africaine, la Mondialisation telle qu'elle se fait ne te plaît pas Rolling Eyes . L'Afrique a payé trop cher le mirage du collectivisme et du progressisme pour céder à celui du laisser-faire. Jeunesse africaine, tu crois que le libre échange est bénéfique mais que ce n'est pas une religion. Tu crois que la concurrence est un moyen mais que ce n'est pas une fin en soi. Tu ne crois pas au laissez-faire. Tu sais qu'à être trop naïve l'Afrique serait condamnée à devenir la proie des prédateurs du monde entier. Et cela tu ne le veux pas. Tu veux une autre Mondialisation, avec plus d'humanité, avec plus de justice, avec plus de règles. La France la veut aussi. Elle veut se battre avec l'Europe, elle veut se battre avec l'Afrique, elle veut se battre avec tous ceux qui dans le monde veulent changer la Mondialisation. Jeunesse africaine, tu veux le développement, tu veux la croissance, tu veux la hausse du niveau de vie.

Mais le veuxtu vraiment ? Veuxtu que cesse l'arbitraire, la corruption, la violence ? Veuxtu que la propriété soit respectée, que l'argent soit investi au lieu d'être détourné ? Veuxtu quepartout l'Etat se remette à faire son métier, qu'il soit allégé des bureaucraties qui l'étouffent, qu'il soit libéré du parasitisme, du clientélisme, que son autorité soit restaurée, qu'il domine les féodalités, qu'il domine les corporatismes ? Veuxtu que partout règne l'État de droit qui permet à chacun de savoir raisonnablement ce qu'il peut attendre des autres ?

Si tu le veux, alors la France est prête à le faire avec toi. Tu veux qu'il n'y ait plus de famine sur la terre africaine ? Tu veux que sur la terre africaine il n'y ait plus jamais un seul enfant qui meure de faim ? Alors cherche l'autosuffisance alimentaire. Alors développe les cultures vivrières. L'Afrique a d'abord besoin de produire pour se nourrir. Si c'est ce que tu veux, Jeunesse africaine, qui tient entre tes mains l'avenir de l'Afrique, alors la France est prête à y travailler avec toi. Tu veux lutter contre la pollution ? Tu veux que le développement soit durable ? Tu veux que les générations actuelles ne vivent plus au détriment des générations futures ? Tu veux prendre des précautions ? Tu veux que chacun paye le véritable coût de ce qu'il consomme ? Tu veux développer les technologies propres ? C'est à toi de décider. Mais si tu le décides, la France le fera avec toi. Rolling Eyes


Tu veux la paix sur le continent africain ? Tu veux la sécurité collective ? Tu veux le règlement pacifique des conflits ? Tu veux mettre fin au cycle infernal de la vengeance et de la haine ? Décidele et la France sera là.

Tu veux l'unité africaine ? La France le souhaite aussi. La France souhaite l'unité de l'Afrique qui rendra l'Afrique aux Africains. Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est regarder en face les réalités. C'est faire la politique des réalités et non plus la politique des mythes. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est le codéveloppement, c'estàdire le développement partagé. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, ce sont des projets communs, ce sont des pôles de compétitivité communs, ce sont des universités communes, ce sont des laboratoires communs. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est élaborer une stratégie commune dans la Mondialisation. Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une politique d'immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse africaine puisse être accueillie en France et dans toute l'Europe avec dignité et avec respect.

Ce que la France veut faire avec l'Afrique, c'est une alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur.

Ce que veut faire la France avec l'Afrique, c'est préparer l'avènement de l'Eurafrique, ce grand destin commun qui attend l'Europe et l'Afrique. A ceux qui, en Afrique, regardent avec méfiance ce grand projet de l'union méditerranéenne que la France a proposée à tous les pays riverains de la Méditerranée, je veux dire que dans l'esprit de la France il ne s'agit nullement de mettre à l'écart l'Afrique qui s'étend au sud du Sahara mais qu'au contraire, il s'agit de faire de cette union le pivot de l'Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prospérité qu'Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble. Alors l'enfant noir de Camara Laye, à genoux dans le silence de la nuit africaine, saura qu'il peut lever la tête et regarder avec confiance vers l'avenir. Et il sentira réconcilié en lui les deux parts de luimême. Et il se sentira enfin un homme comme tous les hommes.

_________________

"Car il n'est point vrai que l'oeuvre de l'homme est finie que nous n'avons rien à faire au monde"
Alfred LARGANGE 8-12-1971 / 18-09-2007
Pasé nou ka pasé, pasé an lè tè a Crying or Very sad Crying or Very sad Crying or Very sad


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MessagePosté le: Sam 28 Juil 2007 19:01    Sujet du message: Re: Sarko nous a insulte et alors ? Répondre en citant

hormheb a écrit:
Ce sont les suites a donner a cette visite qui devraient canaliser les energies: comment capitaliser sur cette nouvelle sortie de route du nouveau maitre de la francafrique pour mieux renforcer l'ideal panafricain dans la jeunesse en Afrique. C'est la seule facon de "castrer" a jamais tout multirecidiviste des theses de Gobineau.

Le reste c'est de la lamentation inutile....
je vous y laisse
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Il ne faut pas prendre le peuple pour plus couillon qu'il ne l'est, il ne faut jamais désespérer de lui, hormheb Twisted Evil

Wade n'a certainement pas vérrouillé tout le monde chez lui, apparemment (évidemment, si vous ne lisez que la presse gauloise, vous ne serez jamais au courant Laughing )
http://www.edicom.ch/fr/news/international/1188_4089222.html

Citation:
27.07.2007
Des impressions mitigées après le discours de Nicolas Sarkozy à Dakar

Le discours du président français Nicolas Sarkozy, prononcé jeudi à Dakar, a provoqué des réactions contrastées au Sénégal, où il a été plutôt mal perçu sur les questions du rejet de toute repentance après la colonisation et la responsabilisation des Africains.


"En visite d'Etat au Sénégal, Sarkozy fait la leçon aux Africains", déclarait vendredi en Une le journal privé Walfadjri, tandis que Le Quotidien (privé) ironisait sur une "adresse aux Africains" muée en "leçon de français".

A l'adresse des "jeunes d'Afrique", le président français a affirmé jeudi que s'ils voulaient sortir de "l'arbitraire", de "la corruption", de "la violence", du "parasitisme" et du "clientélisme", c'était à eux "de le décider".

"La France ne peut pas vouloir à la place de la jeunesse d'Afrique", a-t-il encore affirmé devant un millier de personnes réunies à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Ce discours a suscité la réprobation d'une partie de l'assistance, qui a à peine relevé la proposition de "projets communs" comme des universités ou des laboratoires, ou l'élaboration d'"une stratégie commune dans la mondialisation".


En outre, l'évocation par M. Sarkozy de l'avènement futur de "l'Eurafrique", un vaste ensemble dont son projet d'Union méditerranéenne serait, selon lui, "le pivot", est quasiment passée inaperçue. Laughing

"Il n'a pas été à la hauteur de nos attentes. Ca a été un discours docte qui a voulu donner une pédagogie aux Africains pour sortir de leurs problèmes. Mais les Africains sont conscients de leurs problèmes", a ainsi estimé Aïssata Tall Sall, membre du Parti socialiste sénégalais (PS, opposition).

"Sarkozy n'est pas allé au fond des choses", lui a reproché Mamadou Lamarana Barry, étudiant en Sciences politiques et juridiques, résumant ainsi le sentiment général d'une assistance en grande partie restée sur sa faim.

Mouhamadou Mbodj, coordinateur de l'ONG Forum civil, a en revanche estimé qu'"il ne fallait pas attendre de M. Sarkozy qu'il formule aux Africains leurs propres attentes".

"M. Sarkozy est issu d'une nouvelle génération avec laquelle il y a moins de personnalisation, d'émotion vis à vis de l'Afrique et de nouveaux intérêts dictés par la globalisation: la situation nécessitait une rupture", a expliqué M. Mbodj.

Par ailleurs, le rejet de toute repentance affiché par le président français au sujet de la colonisation, qu'il a toutefois qualifiée de "grande faute", a révolté plusieurs observateurs au Sénégal.

"C'était un discours insultant pour l'Afrique, (...) le président français se fait passer pour un homme au franc-parler et développe des thèses révisionnistes en dénonçant des hommes +mauvais+ et non un système, ce qui est désespérant de sa part", a accusé le journaliste et essayiste Abdou Latif Coulibaly.

Le président français avait pourtant fait amende honorable notamment sur le thème de l'immigration choisie, sur laquelle il est partiellement revenu.

"Si les Africains les mieux formés s'en vont, qui restera pour développer le continent ? Sur cette question (de l'émigration clandestine, NDLR), j'ai beaucoup appris du président (sénégalais Abdoulaye) Wade. Les discussions que nous avons eues m'ont fait évoluer sur une question dont je n'avais pas compris la profondeur, la sensibilité et la portée", avait notamment déclaré M. Sarkozy jeudi en conférence de presse.

"Le discours a démontré beaucoup d'audace dans l'appréciation globale de la situation en Afrique aujourd'hui", a estimé l'opposant Abdoulaye Bathily, qui a par ailleurs salué la rencontre entre M. Sarkozy et l'opposition.


Après la presse suisse, la presse belge Twisted Evil

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extrait
Citation:
Après une étape en Libye au lendemain de la libération des infirmières bulgares, M. Sarkozy a effectué une visite éclair jeudi et vendredi au Sénégal et au Gabon, deux pays emblématiques de l'ancien pré-carré français en Afrique.

Dans ces deux pays, il a proposé un nouveau partenariat entre l'Europe et l'Afrique et appelé les Africains à tourner la page de la colonisation pour "relever les défis de la modernité" et à s'engager dans la voie de la bonne gouvernance.

Mais le président français a pu mesurer la difficulté de l'exercice en suscitant les critiques contradictoires de nombreux Africains: certains attendaient une rupture plus marquée alors que, à l'inverse, d'autres dénonçaient "la leçon" faite aux Africains.

Une contradiction assumée par M. Sarkozy qui a revendiqué le fait de tenir le même langage de "vérité" à Paris et sur le sol africain, en particulier sur l'immigration.

Toutefois, en choisissant pour ce premier déplacement le Sénégal et le Gabon, deux pays où l'influence politique, économique et militaire - avec deux importantes bases - de la France est toujours très forte, il a inscrit ses pas dans ceux des précédents présidents français.


Oups Embarassed J'ai parlé trop vite de la presse gauloise trop orientée, apparemment, le vernis n'est pas (plus ?) si lisse que ça Twisted Evil (attention, petit Journal du Dimanche, arrête de franchir la ligne Laughing )

http://www.lejdd.fr/cmc/international/200730/les-couacs-de-la-tournee-africaine_42278.html
extrait
Citation:
(...)
La vision africaine de Sarkozy décriée à Dakar

Après l'escale libyenne, Nicolas Sarkozy s'est rendu mercredi au Sénégal, pour rencontrer Abdoulaye Wade, son homologue. Le président français a tenu à livrer sa vision de l'Afrique et expliquer la politique qu'il entend y mener, en rupture supposée avec celle proposée par la France depuis 50 ans. Exit donc la "Françafrique", son paternalisme et son interventionnisme. Mais son discours à la jeunesse africaine, prononcé à l'université Cheikh Anta Diop, à Dakar, a créé beaucoup de remous si ce n'est des vagues de récriminations unanimes. Si le chef de l'Etat a reconnu que "la colonisation fut une grande faute", il est plusieurs passages qui ont mis le feu aux poudres: "La colonisation n'est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l'Afrique. Elle n'est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux", ni des "génocides", des "dictateurs", du "fanatisme", de "la corruption et de la prévarication (...), des gaspillages, de la pollution." Une manière de renvoyer les Africains à leur sort et de nier le rôle qu'on pu jouer les occidentaux dans les diverses guerres survenues sur ce continent.

Autre morceau choisi: "Le paysan africain, qui depuis des millénaires (...) vit avec les saisons (...) ne connaît que l'éternel recommencement du temps rythmé par les répétitions sans fin (...) Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a pas de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès (...) Jamais il ne s'élance vers l'avenir, jamais il ne lui vient à l'idée de sortir de la répétition pour s'inventer un destin", a-t-il dit. Des mots qui ont choqué la presse locale. "En visite d'Etat au Sénégal, Sarkozy fait la leçon aux Africains", titrait en une le quotidien Walfadjri. L'observateur met l'accent sur le côté politique spectacle du président français: "Show à Dakar: Sarko sur scène". Le Populaire, quant à lui, faisait un constat sévère: "Les vérités de Sarkozy aux Africains: Arrêtez de pleurnicher." Laughing Sud Quotidien a jugé que le président français était "en mission civilisatrice" et de railler: "A défaut de la Françafrique qu'il honnit, place à la Sarkafrique".

L'ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré, le président de la commission de l'Union Africaine a réagi vendredi: "Ce discours n'est pas le genre de rupture qu'on aurait souhaité. Ce discours n'est pas neuf dans le fond, il rappelle des déclarations forts anciennes, d'une autre époque, surtout quant à l'appréciation sur les paysans que je n'approuve pas", a-t-il dit sur RFI, estimant également que le président français "a besoin de mieux connaître l'Afrique".

Sarkozy en visite chez la figure de la "Françafrique", Omar Bongo

Pas de discours chocs, pas de marché sulfureux au Gabon mais un geste symbolique décrié. Si rupture avec la "Françafrique" Nicolas Sarkozy voulait, il aurait peut-être fallu éviter d'adouber Omar Bongo, visé par une enquête en France sur l'origine de sa fortune, en allant le rencontrer au Gabon. "Vous savez qu'en Afrique, l'ancienneté d'un chef d'Etat, ça compte. Pas un chef d'Etat africain n'aurait souhaité qu'on humilie le doyen", s'est-il justifié, continuant dans le cliché Rolling Eyes . S'il avait un moment réfléchi à l'opportunité de "zapper" de sa tournée africaine la case Libbreville et Bongo, au pouvoir depuis quarante ans, Nicolas Sarkozy a cédé aux demandes répétées du président gabonais. Et peut-être également aux impératifs économiques des entreprises françaises très présentes dans ce pays. "Le Gabon est un partenaire privilégié de la France, au-delà de toutes les alternances politiques", a-t-il d'ailleurs rappelé. Ainsi, au-delà des mots, il est des réflexes que la France a du mal à perdre, loin de la rupture et de la "relation décomplexée" que le candidat Sarkozy voulait instaurer avec ce continent.


J'ai la forte impression que tous y voient de plus en plus clair dans le petit jeu du bonimenteur en chef Confused

bon, c'est sûr, dans la presse gauloise mainstream, c'est sonnez trompettes, hein... Rolling Eyes
Arrow http://www.grioo.com/forum/posting.php?mode=quote&p=109574
"Accueil populaire haut en couleurs pour Nicolas Sarkozy à Dakar" selon le grand quotidien négrophobe du soir... Laughing Ce serait marrant de voir ce qu'ils titraient lors de la crise du canal de Suez, ces empaffés là, tiens... Rolling Eyes
Celà dit, même le Figaro ose un regard critique :
Lien
Citation:
(...)Nicolas Sarkozy a mis en garde à sa façon ceux qui seraient tentés de lui faire la leçon. Il a aussi réfuté les critiques adressées à son discours « à la jeunesse africaine » prononcé la veille à Dakar, y voyant le témoignage de la pluralité démocratique sénégalaise : « On ne va pas se plaindre qu'il n'y ait pas assez de démocratie et, quand il y a des critiques, dire qu'il y en a trop. » Hier, les journaux de Dakar étaient sévères avec les propos du président sur la colonisation, lui reprochant de vouloir « faire la leçon » aux Africains.


J'ai fait tour rapide de la presse sur ce fameux discours de Dakar, et ben franchement, on peut pas dire que ce soit une réussite, hein ! Shocked

Même pas mal ! Laughing
_________________

"Car il n'est point vrai que l'oeuvre de l'homme est finie que nous n'avons rien à faire au monde"
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Didier_Daan
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MessagePosté le: Sam 28 Juil 2007 21:58    Sujet du message: Re: Sarko nous a insulte et alors ? Répondre en citant

Chabine a écrit:
J'ai fait tour rapide de la presse sur ce fameux discours de Dakar, et ben franchement, on peut pas dire que ce soit une réussite, hein ! Shocked

Je viens de voir Mame la Secretaire au JT de 20h de la 2, et on ne lui a même pas posé une seule question sur les raisons de ce voyage au Sénégal et Gabon.... C´est donc dire toute son importance.
En tout cas, n´en déplaise aux beaux gosses, comme hormheb, voici ce que je retiens de NOS lamentations:
[...]L'Afrique n'a plus vraiment besoin ni de l'aide de la France, ni de sa présence, surtout si cette présence continue à soutenir l'animalisation du continent par dictateurs interposés. L'Afrique n'a que trop souffert de ces paternalismes qui, sous prétexte d'aide, l'ont enfoncée un peu plus. Ce qu'elle veut, c'est qu'on la laisse en paix et qu'on arrête de la prendre pour une Afrique mendiante en constante quête d'aumône.[...] Dr. Daniel Mengara
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bamiléké
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MessagePosté le: Dim 29 Juil 2007 18:29    Sujet du message: Répondre en citant

La RUPTURE de Sarkosy vient du fait qu'il nous fait comprendre qu'il est au courant du sentiment qui anime une très grande majorité de la population française à la peau basanée, un point c'est tout.
Mème s'il continue à nous asséner SES vérités et SES certitudes!! Sad

Avant ,les présidents français se contentaient de venir louer l'amitié entre lea France et l'Afrique, passer de la pommade sur le dos des autocraties locales et verser quelques larmes de crocodiles sur le sort du continent. Confused

Sarko est prisonnier de son histoire,et de sa generation ,qui, bien que né à la fin des colonies, et n'ayant pas vécu directement les évènements liés à la décolonisation, est quand mème l'héritiers des de ceux qui ont menés ces politiques .
Elu par une nébuleuse de gaulistes traditionels, néo gaulistes, néo fasciste, conservateurs bon teint, nosalgiques de l'Algérie française et ultra libéraux, ne vous attendez pas à des miracles de sa part.
Il à un rapport juste un peu moins complexé voir un peu moins néo colonialiste que ses prédecesseurs face à ses pairs africains.
Les livres scolaires d'histoire ne peuvent que l'amener à penser comme il pense...
(Jusqu'au début des années 80 dans la presse française les articles sur l'Afrique suintaient generalement d'un racisme primaire bon enfant, ou meme souvenez vous de l'accent ridicule qu'on donnait à tout personnage noir dans les films!!),tout cela vous formate.
Il a donc baigné dans tout cela et ce n'est pas à 55 ans qu'il va changer.
Etant aussi l'archétype du candidat soutenu par les lobbies industrio- financiers , qui font tant de mal en Afrique, ne lui demandez pas de mordre la main de ses sponsors.
Son séjour sur le yacht de Bolloré devrait vous vacciner de toute surprise sur la politique de Sarko en Afrique.
Seules l'offensive americaine et surtout chinoise en Afrique oblige la France à tenter d'ètre un peu moins arrogante et à brosser dans le sens du poil "la jeunesse africaine" que l'on continue à tutoyer allègrement (les mauvais réflexes ont la vie dure Shocked )

C'est une rupture dans la continuité Rolling Eyes
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hormheb
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MessagePosté le: Dim 29 Juil 2007 19:08    Sujet du message: les jouranlistes francais donneurs de lecons Répondre en citant

Sarko s'est arrange pour mettere les journalists francais dans la poche.

Avait-il vraiment besoin de ca, tant on sait que la presse francaise a vendu son ame depuis belle lurette aux pouvoirs de l'argent.
En tout cas lisez cet extrait tire du blog de Delugio, qui lui-meme cite l'auteur de l'article Douda Thiam. C'est Un blog que je conseille vivement a tout africain panafricain et engage.

http://coupercoller.wordpress.com/

Citation:
un billet fort éclairant de Daouda Thiam du journal sénégalais l’AS. Voici l’intégralité de l’article:


NICOLAS SARKOZY AFFRETE UN VOL SPECIAL À CENT JOURNALISTES NOURRIS ET BLANCHIS : Pour s’assurer une couverture médiatique mémorable

Le Président de la République française ne compte pas lésiner sur les moyens pour s’assurer une couverture médiatique qui restera gravée pour longtemps dans sa mémoire. En effet, Nicolas Sarkozy, qui est attendu demain à Dakar, a affrété un vol spécial à une centaine de journalistes munis d’une impressionnante logistique propre à la couverture des grands évènements. Nos confrères, qui foulent le tarmac de l’aéroport Léopold Sédar Senghor aujourd’hui vers midi, seront logés à l’hôtel Méridien. Chose bizarre, c’est la France qui prend en charge tous les frais liés au déplacement des dizaines de journalistes devant accompagner le chef de l’Etat français. Tout comme c’est l’Elysée qui assure les frais d’hôtel et de restauration des pisse-copies devant couvrir la visite du successeur de Jacques Chirac. Quid du paiement des perdieums aux journalistes par Paris ? Une source digne de foi joue la carte de la prudence : «certes, nous ne pouvons pas être catégoriques pour affirmer que Nicolas Sarkozy versera aux journalistes des perdieums, mais c’est lui qui paie tout le reste de la note liée au déplacement de la presse ». Et d’ajouter : «les journalistes, qui doivent l’accompagner pour le reste de sa tournée, seront également nourris et blanchis par le chef de l’Etat français». En tout cas, l’acceptation par la presse française de se faire prendre en charge par leur Président n’aurait pas enchanté la presse sénégalaise. Car, lors de la dernière Présidentielle, une manne financière que le candidat de la Coalition «Sopi 2007» aurait voulu offrir aux pisse-copies qui l’accompagnaient avait suscité de vives condamnations.

Auteur: Daouda THIAM


Ca c'est une autre piece a verser au dossier des lecons a tirer du sejour de Sarko.
Et ca confirme ce que nous savons tous: les journalistes francais ne peuvent/doivent plus nous donner des lecons de liberte de la presse car eux, ca fait un bon bout de temps qu'ils ont moneyes leur deontologie comme de vulgaires mercenaires.
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Chabine
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MessagePosté le: Lun 30 Juil 2007 05:44    Sujet du message: Re: les jouranlistes francais donneurs de lecons Répondre en citant

hormheb a écrit:
Sarko s'est arrange pour mettere les journalists francais dans la poche.

Eh ben j'espère qu'il a du budget parce, côté africain, c'est vraiment pô gagné, hein ! Laughing Ouuuuuuuuha la, la catastrophe pour lui, vu les réactions dans la presse africaine, vu du net Shocked Très sincèrement, je suis morte-de-rire Laughing Laughing Laughing Le nabot comptait faire un effet boeuf et embrouiller les jeunes cervaux africains en les traitant à TU et à TOI, et bien c'est ra-té !!! Twisted Evil

http://www.icicemac.com/news/index.php3?nid=8157&pid=39&cid=1 : intéressante analyse du discours du nabot

http://www.liberation.fr/actualite/monde/269527.FR.php : lisez les commentaires de cet article sans grand intérêt, vous allez vous marrer : entre l'ignorance crasse du gaulois moyen et les ripostes - très nombreuses - d'Africains bien informés Twisted Evil

J'ai même honte de m'y être laissée prendre, en indiquant que le discours était bien construit Embarassed Non, en fait, c'était MEDIOCRE de bout en bout... à l'image du personnage Twisted Evil

hormheb a écrit:
En tout cas lisez cet extrait tire du blog de Delugio, qui lui-meme cite l'auteur de l'article Douda Thiam. C'est Un blog que je conseille vivement a tout africain panafricain et engage.

http://coupercoller.wordpress.com/

Merci pour cette excellente référence, hormheb Razz J'ai trouvé très percutante cette analyse (ou, d'ailleurs, il nous épingle au passage, en renvoyant à ce topic du forum Laughing Non mais, EHHHHHHH !!! Twisted Evil Ou pa ni respé ! Laughing )

http://coupercoller.wordpress.com/2007/07/29/lennemi-intime/

Citation:
L’ennemi intime


Pendant les deux tours des élections présidentielles françaises, les Abidjanais ne cessaient de me questionner au sujet de celui qui est devenu, depuis, le locataire de l’Elysée. Je trouvais qu’ils accordaient trop d’importance à cet homme qui avait, après tout, une connaissance très limitée de l’Afrique en général, et de la Côte d’Ivoire en particulier. Sa familiarité avec le continent est manifestement bien plus limitée que celle de Chirac, qui s’est pourtant cassé les dents sur la crise ivoirienne de la manière que l’on sait.

Les semaines qui ont suivi, et sa récente tournée au Sénégal et au Gabon, me donnent provisoirement raison. Aussi suis-je légèrement agacé par l’ampleur des réactions qu’il a suscité ces derniers jours auprès des internautes panafricains* et ailleurs dans les médias et la blogosphère. Dans la mesure où je considère qu’on accorde trop d’attention à ce monsieur, je ne vais pas me lancer dans une exégèse de son discours de Dakar. Cependant, je dois répondre à mes amis qui me demandent ce que j’ai pensé de ce verbiage d’un autre temps. Vous voulez connaître ma réaction à la lecture du discours de Dakar? Je me suis tenu les côtes tant ce discours est d’un comique involontaire. J’ai tellement ri que j’en avais les larmes aux yeux. Very Happy Ceux qui le liront comprendront peut-être ce que j’ai pu trouver de si drôle dans ces paroles qui en ont pourtant énervé plus d’un. Pour les autres, il me suffira de m’en tenir au contexte.

Il faut commencer par se demander où un tel discours n’aurait pas pu être tenu: par exemple, en Afrique du sud (à cause de l’Apartheid qui est passé par là) et de manière général dans l’Afrique anglophone (où on se fout bien de ce que pensent les Français); par exemple, au Rwanda (à cause du Génocide et de la rupture des relations diplomatiques); par exemple, en Côte d’Ivoire (où les Patriotes veillent aux grains et ne comptent pas laisser les dirigeants faire les malins avec l’ancienne puissance coloniale); et enfin, par exemple, dans les Banlieues françaises - où l’ami des stars passe tellement mal qu’il n’y passe pas du tout. En d’autres termes, hormis à la rigueur le Gabon (je dis bien à la rigueur), le Sénégal était le seul pays d’Afrique où un tel ramassis de sottises pseudo-intellectuelles pouvait passer. Et l’on sait désormais qu’il ne passa pas, ou du moins qu’il fit un bide - bide rétentissant jusque dans les colonnes du quotidien le Monde:

Citation:
Le “discours de Dakar” ne sera sans doute pas à Nicolas Sarkozy ce que celui de Brazzaville avait été au général de Gaulle en 1944. Alors que le président français avait lui-même évoqué ce parallèle la veille, les applaudissements à peine polis que lui ont réservés les 1300 auditeurs triés sur le volet à l’université Cheikh Anta Diop, jeudi 26 juillet, ont sonné le glas de cette ambition. (…) Le président a promis qu’il effectuera prochainement “une autre tournée” africaine, différente.


Un exemple parmi d’autres qui a provoqué mon hilarité: l’expression “destin commun” est conjuguée à toutes les sauces dès le début du discours; mais c’est seulement à la fin qu’il précise sa pensée. On comprend alors qu’il parle en fait de sa vision de l’Eurafrique, qui n’est en réalité qu’une extension sub-saharienne de son projet d’Union Méditérranéenne dont même les Turcs ne veulent pas. En d’autres termes, non seulement l’Eurafrique sera pilotée par nos amis d’Europe du Sud et d’Afrique du Nord, mais ce sera le club des recalés: tous ceux qui ne sont pas jugés dignes du Club Europe. Quelle générosité!

Pour le reste, c’est un catalogue des clichés coloniaux les plus éculés - une sorte de compil à prix discount, de “best of” proposé en télé-achat par le roi du bling bling politique, le petit prince des médias hexagonaux. Laughing Laughing Laughing Et c’est sur cet aspect que je souhaite revenir, en faisant un détour par Ashis Nandy. Son essai, The Intimate Enemy, est devenu un classique des études post-coloniales dès sa publication en 1983, mais n’a été traduit et publié en français qu’au printemps 2007. Outre ce que ce retard dit sur le sérieux avec lequel on traite de ces questions en France, il signifie aussi que des générations de penseurs francophones, notamment en Afrique, ont été coupés de ce travail remarquable. On comprend mieux à la lecture de L’ennemi intime le grotesque et la violence de l’exercice auquel s’est livré le président français à l’Université de Dakar.

A la suite de Fanon et Memmi, Ashis Nandy nous explique en effet en quoi le colonialisme fut aussi et avant tout une guerre cognitive, et que c’est par là qu’il se poursuit au-delà des Indépendances - jusqu’aujoud’hui, jusqu’au discours de Dakar: la colonisation est toujours colonisation des esprits, et cette dernière ne s’arrête pas avec l’exploitation économique et politique. La résistance au colonialisme se doit donc d’être psychologique, cognitive. Car, pour citer la Mafia K’1 Fry** , C’est dans la tête que ça s’passe“. C’est la guerre, mon frère.

La réaction de l’auditoire dakarois montre donc que malgré leur francophilie parfois exarcerbée, les Sénégalais ne sont plus aussi sensibles que par le passé aux caresses dans le sens du poil de l’ancien maître. Le bide du discours de Dakar constitue une preuve supplémentaire que la mayonnaise (néo)-coloniale ne prend plus. Achille Mbembe, qui n’est pas cité dans le discours, l’exprime de manière limpide dans La république désoeuvrée, la France à l’ère post-coloniale (2005):

Citation:
Plus fondamentalement, la France est en train de perdre (ou, dans certains cas, a déjà perdu) une très grande partie de l’influence culturelle qu’elle exerçait autrefois sur les élites africaines. Cette perte s’explique en partie par son incapacité à soutenir les mouvements de démocratisation et, en partie aussi, par sa politique d’immigration.


Sarkozy a en fait été victime d’un phénomène qui a été bien analysé par Ashis Nandy, qui nous explique que le colonialisme avait “encouragé les colonisateurs à s’arroger des vertus magiques d’omnipotence et de permanence”. Cela l’a poussé à croire qu’en adressant aux Sénégalais et aux Africains francophones des paroles truffées de références dépassées, et qui sont en fait de véritables insultes à notre intelligence, il obtiendrait l’approbation de son auditoire. Hélas, les temps changent. Il reproche aux Africains de refuser d’entrer dans l’histoire alors que c’est lui qui est incapable de voir qu’ils ont changé. C’est ainsi qu’il a pu, dès le lendemain à Libreville, faire cette déclaration qui suffit à discréditer sa tournée:

Citation:
‘’Je ne pense pas que le Gabon soit un pays qui puisse rougir du fonctionnement de sa démocratie interne, par la pluralité de la presse et la pluralité des forces politiques’’.


Avouez que c’est la classe, non? Laughing En croyant mettre les Sénégalais et les Gabonais dans sa poche, le président français s’est fait de nouveaux ennemis. Le sadique en lui pensait frapper les Africains là où ça fait mal sans en payer le prix, mais c’est à son amour-propre qu’il a infligé un juste châtiment. C’est une petite caillera sans consistance qui ne vit que par l’image et périra de même Twisted Evil .

*(NDLa Chabine : il parle de nous, là ! Surprised Voir lien vers ce topic dans son article, en ligne)

**(NDLa Chabine : hey, Yugo, c'est un groupe de Rap français !!! Very Happy )


Allez, bon début de semaine, les gars Wink Arrow
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TjenbeRed
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MessagePosté le: Lun 30 Juil 2007 11:26    Sujet du message: Re: les jouranlistes francais donneurs de lecons Répondre en citant

Chabine a écrit:

hormheb a écrit:
En tout cas lisez cet extrait tire du blog de Delugio, qui lui-meme cite l'auteur de l'article Douda Thiam. C'est Un blog que je conseille vivement a tout africain panafricain et engage.

http://coupercoller.wordpress.com/

Merci pour cette excellente référence, hormheb Razz J'ai trouvé très percutante cette analyse (ou, d'ailleurs, il nous épingle au passage, en renvoyant à ce topic du forum Laughing Non mais, EHHHHHHH !!! Twisted Evil Ou pa ni respé ! Laughing )

http://coupercoller.wordpress.com/2007/07/29/lennemi-intime/

Citation:
L’ennemi intime


Pendant les deux tours des élections présidentielles françaises, les Abidjanais ne cessaient de me questionner au sujet de celui qui est devenu, depuis, le locataire de l’Elysée. Je trouvais qu’ils accordaient trop d’importance à cet homme qui avait, après tout, une connaissance très limitée de l’Afrique en général, et de la Côte d’Ivoire en particulier. Sa familiarité avec le continent est manifestement bien plus limitée que celle de Chirac, qui s’est pourtant cassé les dents sur la crise ivoirienne de la manière que l’on sait.

Les semaines qui ont suivi, et sa récente tournée au Sénégal et au Gabon, me donnent provisoirement raison. Aussi suis-je légèrement agacé par l’ampleur des réactions qu’il a suscité ces derniers jours auprès des internautes panafricains* et ailleurs dans les médias et la blogosphère. Dans la mesure où je considère qu’on accorde trop d’attention à ce monsieur, je ne vais pas me lancer dans une exégèse de son discours de Dakar.

Il ne faut certainement pas rester scotché indéfiniment aux paroles de SARKOZY, prophète de la Rupture.

Cependant, pour nous qui sommes en France ou dont le sort est encore influencé par la France (et c'est malheureusement encore le cas d'une grande partie de l'Afrique francophone), les discours de SARKOZY sur l'Afrique ne peuvent être négligés.

Puisque les médias français ne semblent retenir que l'aspect le plus politiquement correct des disours de SARKOZY, je crois qu'il nous appartenait de relever les incohérences, la propagande, les préjugés et les contre-vérités les plus graves, de façon à pouvoir répondre à ceux qui ne manqueront pas de nous opposer la rupture sarkozienne avec la Françafrique.

On pouvait certes deviner que cette rupture annoncée serait une mascarade. Mais avec le discours de SARKOZY, c'est écrit et on ne pourra pas nous accuser de caricaturer ou de faire un procès d'intention.

Rien n'interdit effectivement de passer à autre chose.
_________________
"Qui a peur de peuples noirs développés ?"
(Mongo BETI, La France contre l'Afrique)


Pour éviter tout malentendu, je précise que je suis blanc.
Pour les "anciens" du Forum, mon prénom n'est pas François. Enfin, je ne suis pas lié à l'association "Tjenbé Rèd".[/color]
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Chabine
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MessagePosté le: Lun 30 Juil 2007 14:16    Sujet du message: Re: les jouranlistes francais donneurs de lecons Répondre en citant

TjenbeRed a écrit:
Puisque les médias français ne semblent retenir que l'aspect le plus politiquement correct des disours de SARKOZY, je crois qu'il nous appartenait de relever les incohérences, la propagande, les préjugés et les contre-vérités les plus graves, de façon à pouvoir répondre à ceux qui ne manqueront pas de nous opposer la rupture sarkozienne avec la Françafrique.

On pouvait certes deviner que cette rupture annoncée serait une mascarade. Mais avec le discours de SARKOZY, c'est écrit et on ne pourra pas nous accuser de caricaturer ou de faire un procès d'intention.

Le plus drôle dans tout ça, ce sont les commentaires CRETINS des gaulois d'une inculture crasse, dans la presse mainstream, ou le web alternatif bien-pensant (genre Agoravox), qui en rajoutent dans le ton moralisateur le plus sérieux, genre "prenez vos responsabilités pour une fois" ou encore "oui, lâchez-nous, et finie l'aide au développement"... Rolling Eyes Ces gens y croient vraiment, c'est ça le pire... pour eux Laughing

Enfin bref, quand les Africains en auront fini avec le racket Françafricain, j'espère être là pour voir qui va pleurnicher (50% des réserves monétaires des pays CFA, ça risque de faire un sacré trou dans les finances gauloises, sans compter qu'il faudra désormais acheter les ressources africaines à de vrais tarifs Twisted Evil ).

En attendant que "TOI, jeuness africaine" Rolling Eyes suive le conseil du nabot en prenant son "destain z'en main" Laughing (clin d'oeil aux Inconnus, "c'est ton destain ! " Razz ), décryptage, suite :



http://www.icicemac.com/news/index.php3?nid=8157&pid=39&cid=1

Citation:
Le discours de Nicolas Sarkozy ou un véritable délit de l’altérité
[Ottawa - ] - 30-07-2007 (M.Mba Talla)

Le président de la république française, Nicolas Sarkozy, a raté l’occasion de dire la vérité devant les jeunes africains à Dakar. Alors que son discours se voulait une leçon de franchise comme il le prétendait, on a plutôt assisté à un étalage d’inexactitudes et de démi-vérités, bref un tissus d’insultes.L’ homme qui voulait nettoyer les banlieues françaises au karcher s’est aventuré sur un terrain qu’il maîtrise peut.«Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d’autres Africains.La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte. Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire.Nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées.La colonisation n’est pas responsable des dictateurs.»


Le président de la république française, Nicolas Sarkozy, a raté l’occasion de dire la vérité devant les jeunes africains à Dakar. Alors que son discours se voulait une leçon de franchise comme il le prétendait, on a plutôt assisté à un étalage d’inexactitudes et de démi-vérités, bref un tissus d’insultes.

L’homme qui voulait nettoyer les banlieues françaises au karcher s’est aventuré sur un terrain qu’il maîtrise peu. Il s’est contenté d’affirmations péremptoires. Des demi-vérités, le président Nicolas Sarkozy veut voir émerger ce qu’il appelle l’ Eurafrique, un projet qui n ’est pas en soit nouveau. « Ce grand destin commun qui attend l’Europe et l’Afrique. » Et Dieu seul sait combien de projet clé à main les Spins doctors ont souvent proposé aux Africains.



«Ce sont des Africains qui ont vendu aux négriers d’autres Africains. » Peut-on partir du fait qu’il y a eu quelques négrions africains pour affirmer péremptoirement ce que dit M. Sarkozy. Comment comprendre que les Africains arrachés à leur terre fussent-ils avec la complexité de quelques négrions noirs, aient été pendant plus de 4 siècles maintenus en esclavage dans les Amériques et les Antilles françaises ?


Cette volonté de vouloir relativiser, de «désubstantialiser » le crime le plus monstrueux que fut : LA TRAITE NEGRIERE- L’ESCLAVAGE participe à cette volonté de banalisation et de victimisation à rebours des peuples noirs. Sarkozy vient de s’ajouter à la liste de ceux là pour qui le passé est le passé. Et que les Noirs pleurnichent beaucoup. Alors que fait-on de l’exigence de mémoire ?

Revenant à l’eclavage, la France devrait pour une fois, par la voix de son premier citoyen reconnaître sa part majeur de responsabilité dans les tragédies africaines. Sarkozy dans son discours à tout simplement oublié que cet infâme crime qu’est l’ESCLAVAGE est au cœur de l’hyperaccumulation, rampe de lancement et de construction du capitalisme. Un commerce triangulaire organisé,planifié sur une grande échelle par de nombreux pays européens sur ce que Fernand Braudel appelle la longue la durée. L’ESCLAVAGE doublée de la traite négrière a ainsi participé à la mise à mort de nombreux royaumes africains tout en créant artificiellement en 1885 à Berlin des États-nations faibles et assistés. Tous incapables aujourd’hui de s’incrire dans ce qu’il faut désormais appeler la marche forcée vers le développement.


On ne peut non plus rester indifférent à cette autre affirmation de M. Sarkozy «La colonisation n’est pas responsable de toutes les difficultés actuelles de l’Afrique. Elle n’est pas responsable des guerres sanglantes que se font les Africains entre eux. Elle n’est pas responsable des génocides. Elle n’est pas responsable des dictateurs. Elle n’est pas responsable du fanatisme. Elle n’est pas responsable de la corruption et de la prévarication. Elle n’est pas responsable des gaspillages, de la pollution. » Les citoyens Camerounais, Togolais, Centrafricains, Gabonais, Rwandais, Malgaches, Algériens, Tchadiens, Comoriens, Congolais de Brazzaville comme de Kinshasa, sont prêt à dire le contraire. Si Sarkozy est si certain de ces propos qu’il ouvre les archives de la France. En attendant l’ ouverture de ces archives, la complaisance de la France dans ses relations avec les présidents africains est connue. Le rôle de la France dans le génocide des Bamilékés au Cameroun, dans les tueries à Madagascar, Algérie, Sénégal se passent de commentaire. Du soutien au régime d’Habyarimana on sait ce qu’il en est arrivé par la suite au peuple rwandais. Des affaires Elf etc.…sans doute Sarkozy n’en sait rien. Les jeunes Africains ne sont pas dupes.


«Mais nul ne peut demander aux générations d’aujourd’hui d’expier ce crime perpétré par les générations passées. Nul ne peut demander aux fils de se repentir des fautes de leurs pères. »


Alors M. Sarkozy qu’en est-il de la responsabilité des États? Ce discours est si on en voulait encore une preuve, le vibrant reflet Du refus de «la critique de soi [France]et de la pensée de la responsabilité. » Ce que la France demande à la Turquie lorsqu’il s’agit de reconnaître son crime et dans ce cas : Le génocide arménien. Cette reconnaissance ne pourrait –elle pas s’appliquer au cas des Africains ? Ce refus de responsabilité n’est-il pas comme l’affirme l’historien et le politologue Achille Mbembe (2000 :VII) « un refus de l’aveu et une volonté active de l’oubli. »



«La réalité de l’Afrique, c’est une démographie trop forte pour une croissance économique trop faible. »

Ha ! La fameuse question de la fécondité derrière laquelle se cache celle de la migration. La déclaration de Sarkozy est une fois de plus le reflet des statistiques de la peur avec son corollaire qui est le réflexe du containment. Selon le compatriote de M. Sarkozy, le démographe français Jacques Vallin, le continent africain ne connaîtrait pas de stabilisation démographique avant qu’il n’ait atteint environ 3 milliards d’habitants ou même un peu plus. Actuellement la population de l’Afrique est estimée à environ 700 à 800 millions. Les propos de Sarkozy à Dakar, masque assez habilement le refus de reconnaître les profonds déséquilibres et les injustices structurelles qui dans le système économique international, diffusent et produisent la misère en Afrique.


Alors que jamais dans le monde, il n’y a jamais eu tant de richesses concentrées entre les mains d’un groupe de pays. En passant Sarkozy affirme que la colonisation n’est pas responsable des gaspillages, de la pollution en Afrique. « Alors qu’aucun organisme n’insiste sur le fait qu’un seul américain consomme en moyenne autant d’énergie que 168 tanzaniens, les prévisions alarmistes sur l’ avenir de la planète s ’accumulent autour des effets catastrophiques de l’exubérance démographique des indigènes d’Afrique .(Ela 2006 : 91-101). Qu’en est-il de la part de la France sans doute autant ?



«Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. »

Pour tous ceux qui connaissent le discours hégélien sur l’Afrique on peut sans coup péril trouver un parallèle avec le discours du président français. Que veut dire «Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. » Si non une façon subtile d’affirmer comme Hegel en son temps «L’Africain n’en est pas encore arrivé à la distinction entre lui, individu singulier, et son universalité essentielle. (…) L’homme, en Afrique, c’est l’homme dans immédiateté» (Hegel 1965 : 260-251)



Plus loin une autre affirmationde Sarkozy. «Le problème de l’Afrique, c’est de cesser de toujours répéter, de toujours ressasser, de se libérer du mythe de l’éternel retour»

Généralement lorsque les Africains parlent de l’éternel retour à l’instar des leaders comme Marcus Garvey, il ne faut pas comprendre cela dans le sens d’un quelconque retour physique. Il faut saisir cette assertion dans le sens d’introspection, de questionnement sur son origine. De savoir d’où l’on vient pour mieux vivre le présent et envisager sereinement l’avenir. L’éternel retour doit se comprendre dans ce sens et non dans celui de Sarkozy. Et dans le cas de nombreux Africains autant d’Afrique que ceux arraché de leur terre cette interrogation s’impose. L’on n’a qu’à voir la part de cette tragique histoire dans les programmes des écoles africaines et françaises pour mieux comprendre qu ’il y a d’énormes efforts à faire. Parce que complètement dépossédé de notre histoire.


Même si nous ne pouvons pas taire la responsabilité des classes dirigeantes en Afrique, des élites mercenaires qui instituent des systèmes de contrôle du pouvoir et d’appropriation des ressources, les jeunes africains doivent refusent plus que jamais que l’on continue éternellement à les intantiliser, à les insulter. La jeunesse africaine n’a pas besoin de béquille. Elle doit plus que jamais s’assumer.


Sarkozy qui raffole des polémiques vient une fois de plus de réussir un beau coup. Heureusement que le discours de Sarkozy qui ne comporte rien de nouveau. Il s’inscrit une fois de plus dans ce qu ‘il faut appler une nouvelle tentative de diversion. Et les Africains en sont habitués. Le défi de la France aujourd’hui, ne serait-il pas d’apprendre à se sentir l’héritière et responsable de nombreuses tragédies africaines. En intériorisant ce fait, cette attitude ne contribuerait- elle pas à l’aider à participer à l’aventure commune des civilisations humaines et de s’approprier d’avantage les droits de l’Homme, la démocratie, la liberté, l’égalité, la justice comme l’héritage commun de toutes les civilisations et de tous les hommes ?


Ela Jean Marc et Anne Sidonie Zoa, Fécondité et migrations africaines : Les nouveaux enjeux, Paris, Harmattan, 2006.

Hegel, Friendrich, La raison dans l’histoire, Paris, Plon, 1965.

Mbembe Achille, De la Postcolonie, Paris, Kharthala, 2000.

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Chabine
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MessagePosté le: Lun 30 Juil 2007 15:23    Sujet du message: Répondre en citant

Décryptage, suite : le Pr Bwemba BONG réagit en live au discours du nabot, en le démontant point par point :

http://www.thotep.com/article.php3?id_article=337

Attention, baissez le son, le Pr est très énervé ! "Non mais c'est quoi ??? Eeeeeeeehhhh, comment !!!" Twisted Evil Very Happy Surprised

"Ne vous occupez pas des charlatans qui sortent des Universités françaises, des docteurs en doctorat ni des agrégés en agrégation !"

Moi, je continue à rire... Laughing


EDIT : bon, je n'avais pas encore écouté la fin de l'enregistrement, là, ça rigole déjà moins... Embarassed
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Nkossi
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Messages: 715

MessagePosté le: Lun 30 Juil 2007 16:11    Sujet du message: Répondre en citant

Konaré critique violemment Sarkozy in le Nouvel Observateur

Pour l'ancien président du Mali, qui est à la tête de la Commission de l'Union africaine, le discours du chef de l'Etat français à Dakar "n'est pas le genre de rupture" souhaitée.

L'ancien président du Mali Alpha Oumar Konaré, président de la Commission de l'Union africaine (UA), a jugé vendredi 27 juillet dans une interview à Radio France Internationale (RFI) que le discours prononcé à Dakar par le président Nicolas Sarkozy "n'est pas le genre de rupture" qui était souhaitée.
"Ce discours n'est pas le genre de rupture qu'on aurait souhaitée. Ce discours n'est pas neuf dans le fond, il rappelle des déclarations fort anciennes, d'une autre époque, surtout quant à l'appréciation sur les paysans que je n'approuve pas", a commenté Alpha Oumar Konaré.
Nicolas Sarkozy a déclaré que "le paysan africain ne connaît que l'éternel recommencement du temps, rythmée par la répétition sans fin des mêmes gestes et de mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine, ni pour l'idée de progrès".

"Exigence de mémoire"

Alpha Oumar Konaré a également réagi au rejet de toute repentance affiché par Nicolas Sarkozy au sujet de la colonisation, qu'il a toutefois qualifiée de "grande faute".
"Une bonne partie du retard de l'Afrique est liée à cela et cette réalité, je suis sûr que le président le sait, (...) personne n'a le droit de la nier, et cela n'a rien à voir avec la repentance. Cette exigence de mémoire ne peut pas être simplement le fait des Africains", a-t-il dit.
"Je le dis clairement, cette page, nous ne la déchirerons jamais (...)", a-t-il ajouté.
A l'adresse des "jeunes d'Afrique", le président français a affirmé que s'ils voulaient sortir de "l'arbitraire", de "la corruption", de "la violence", du "parasitisme" et du "clientélisme", c'était à eux "de le décider".

Sarkozy "a besoin de mieux connaître l'Afrique"

"Cet appel à la jeunesse africaine est un appel important (...) mais ce discours n'est pas nouveau en Afrique. Beaucoup de dirigeants africains le tiennent, les jeunes africains le savent et beaucoup de ces jeunes depuis longtemps se battent", a réagi M. Konaré, tout en reconnaissant que M. Sarkozy "avec raison, a mis à nu une responsabilité de l'Afrique".
"Si cet appel nous interpelle (...), c'est pour qu'on se dresse, et que nous même prenions nos affaires en mains", a poursuivi M. Konaré.
"Je suis certain que le président souhaite la rupture (...). Je pense que pour l'aider dans la rupture, il a besoin de mieux connaître l'Afrique et nous sommes prêts dans ces échanges avec lui", a-t-il conclu.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/international/afrique/20070728.OBS8459/konare_critique_violemment__sarkozy.html
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Didier_Daan
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Messages: 527

MessagePosté le: Mar 31 Juil 2007 00:15    Sujet du message: Répondre en citant

Chabine a écrit:
Décryptage, suite : le Pr Bwemba BONG réagit en live au discours du nabot, en le démontant point par point :

http://www.thotep.com/article.php3?id_article=337

Merci, Chabine!!
Discours plus clair et plus sensé, il n´y en a pas.
Puisse que cette interview ne soit JAMAIS effacée!!!
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youngsoldier
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Inscrit le: 07 Juil 2005
Messages: 599

MessagePosté le: Mar 31 Juil 2007 11:35    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Merci, Chabine!!
Discours plus clair et plus sensé, il n´y en a pas.
Puisse que cette interview ne soit JAMAIS effacée!!!


QUE CETTE INTERVIEW SOIT LARGEMENT DIFFUSEE!!!

Voila un Africain digne de ce nom, il a raison sur toute la ligne et notamment sur le fait que les Africains d'Afrique et des Amériques sont faibles aujourd'hui, s'ils n'étaient pas faibles, on ne leur marcherait jamais sur les pieds. Les Petré-Grenouilleau et autres Karam ne diraient pas n'importe quoi sur nous!!! Nous sommes faibles!! Bossons alors!!
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