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L'industrie pharmaceutique (I.P) en Afrique subsaharienne : réalité et devenir
03/07/2007
 

Analyse de l'état de l'industrie pharmaceutique en Afrique subsaharienne et des perspectives pour les acteurs et consommateurs africains
 
Par Guy Njambong (ABC)
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A la bourse, on classe les entreprises du secteur de l’I.P. dans les indices sectoriels. Ce secteur fait partie des "biens de consommation non cycliques", au même titre que la "production agricole et alimentaire, l’hygiène, les produits cosmétiques et produits ménagers". Il représentait en 2002 une capitalisation boursière mondiale de 2 300 milliards d’euros .

Depuis 1960, le marché pharmaceutique a enregistré des taux de croissance annuels supérieurs à 10% pendant plus de trente ans . Le Cabinet PriceWaterhouse précisait en 2005 que cette évolution ne sera effective dans les prochaines années, que pour les 20 premiers laboratoires pharmaceutiques mondiaux, en chiffre d’affaires. Le marché de l’industrie Pharmaceutique est dominé en 2006 par Pfizer (USA), GlaxoSmithKline (UK) et Sanofi-Aventis (FR).

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L’I.P. : secteur stratégique contrôlé par les USA et l’Europe et en Afrique par les sociétés Sud-Africaines.

Selon Claude Le Pen, le médicament est "un objet étrange entre science, marché et société". Il précise également, "économiquement, le médicament s’apparente davantage à un produit de l’esprit, comme une œuvre littéraire ou mieux, un logiciel, qu’à un produit industriel classique". Cette industrie a la particularité d’employer principalement des pharmaciens, médecins, ingénieurs, universitaires scientifiques. La recherche et le développement (R&D) sont les fondamentaux de l'activité de l’I.P. Selon Cyrienne CLERC, c’est "le nerf de la guerre". Yves MAMOU rajoute dans le même sens, c’est son "cœur de métier" - mais malheureusement, le point faible du continent africain.

80% du chiffre d'affaires mondial de l'I.P est généré par 20% de la population
Guy Njambong


Marché estimé à 195 milliards de dollars en 1991, L’I.P. génère 406 milliards de dollars en 2001 , dont 42% en Amérique du Nord, 27% en Europe, 13% à l’intérieur du groupe Afrique, Asie et Moyen-Orient, 11% au japon, et 7% en Amérique Latine. Ce secteur est présumé croître de 10 % chaque an, passant de 440 milliards d’euros en 2003 à 587 milliards d’euros d'ici à 2007. L’information la plus importante pour les pays émergents est qu’au regard de la répartition de la population mondiale vis-à-vis de la consommation des médicaments, 80% du chiffre d’affaires de l’I.P. mondial est réalisé par 20% de sa population.


L'I.P. regroupe des enjeux en matière de santé publique, d’emplois, d’équilibre des finances nationales ou de développement : à l’image de l’immixtion de l’Etat français dans la fusion des groupes Sanofi-Synthelabo et Aventis pharma. Les coûts inhérents à l’élaboration d’un médicament initialement estimés à 500 millions d’euros en 2001, ont été réévalués à 802 millions de dollars par le Tufts Center. On comprendra dans un tel contexte les difficultés éprouvées par les états africains (tout comme les autres pays en voie de développement), qui, par opposition aux pays développés, ont un pouvoir d’achat très faible.
La question qui se pose dès lors est de savoir quelle politique doivent mener les acteurs privés et publics pour la fixation du prix de commercialisation d’un médicament ?

De même, alors qu’ils les développent généralement en Europe, quelle stratégie devraient adopter les laboratoires qui mettent leurs produits à disposition des populations africaines ? De nombreuses questions de ce type peuvent être posées suivant les centres d’intérêts. Au demeurant, les épidémies dégénèrent, au delà des frontières, bien plus que dans le passé. Et fatalement : "les malades sont au Sud et les traitements au Nord".

Selon Christian D’Alayer, qu’il s’agisse de fabrication, d’exportation ou de distribution, c’est dans le domaine des produits pharmaceutiques que l’on observe le plus grand dynamisme sur le continent africain. Pourtant, aucun des acteurs africains de l’I.P., excepté le distributeur ivoirien Laborex, n’est dans le classement (élaboré en 1998) des 23 premières entreprises du secteur de la pharmacie. Notons au passage que dans cet univers pharmaceutique, les firmes sud-africaines sont les plus cotées.

Le médicament en Afrique francophone – réalité et solution d’avenir.
 
 

A la fin du 20ème siècle, de nombreux acteurs publics et privés de la santé d’Afrique subsaharienne se sont réunis en France, à l’occasion d’un colloque sur la santé, avec leurs homologues européens. Ledit colloque a mis en évidence et confirmé par la même l’alignement de la politique de santé africaine sur le modèle européen.

Le marché pharmaceutique des pays de l’Afrique francophone est majoritairement approvisionné par les industriels de la Pharmacie française. Compte tenu de son système et du prix faible du médicament, la France est la plate-forme d’exportation de nombreuses formes pharmaceutiques internationales. Néanmoins, l’I.P. française, malgré son statut de principal fournisseur des pays de la zone Franc, accuse une politique de R&D dérisoire en matière de thérapeutiques : ce qui est perceptible dans le cas d’une épidémie comme le SIDA. Il faut relever que le chiffre d’affaires pharmaceutique dans les quatorze pays de la zone subsaharienne est compris entre 360 et 460 millions d’euros par an, et le secteur privé représente environ 90% de ce montant.

En 2002, le marché pharmaceutique de sept pays d’Afrique subsaharienne – Sénégal, Cameroun, Côte d’Ivoire, Togo, Gabon, Bénin, Burkina-Fasso – était de 228 millions d’euros . Les dix premiers laboratoires pharmaceutiques en chiffre d’affaires y détiennent 57% de part de marché. Ce marché était en évolution de 0.8% par rapport à l’année précédente. Dans cette zone en 2002, Aventis Pharma était le leader en chiffres d’affaires, suivie de BMS-UPSA, et de Sanofi-Synthélabo. En 2005, Aventis et Sanofi ont fusionné pour former Sanofi-Aventis qui réalise actuellement le plus gros chiffre d’affaires en Afrique.
On remarque également à l’intérieur de cette zone que le produit le plus vendu est un antalgique, suivi de deux antipaludéens et d’un antibiotique alors que les maladies qui déciment l’Afrique subsaharienne sont principalement, et selon l’OMS, le SIDA, les infections respiratoires (tuberculoses et autres), le paludisme et les diarrhées .


En Afrique francophone, environ 30% de la population utilisent les produits pharmaceutiques et 60% n’ont pas régulièrement accès aux médicaments essentiels. Au terme du colloque évoqué plus haut, il ressort que le développement de la consommation de médicaments en Afrique passera par une maîtrise du coût des produits et une distribution beaucoup plus efficiente.

En effet, des acteurs clés du colloque (Pr. Lo, Bamba D. K., Hervio G., Bismuth,...) confirment qu’un problème de structure des approvisionnements et de distribution existe en Afrique francophone. La création sur le territoire de centrales d’achats nationales serait une solution pour faciliter une meilleure pénétration et une meilleure répartition des médicaments. De plus, la vente fractionnée des médicaments, dont le volume correspondrait à la durée exacte de traitement ou à la dose d’urgence, serait source d’économie. Selon eux, la production locale de médicaments n’est opportune que si les coûts des matières premières permettent d’obtenir un prix de revient inférieur à celui des produits comparables et importés. Cette production locale, grâce aux respects des normes de fabrication internationales pourrait-être, par la suite, exportée vers les pays limitrophes.

 
 

De plus, le marché du médicament africain doit devenir un marché régional, non seulement en matière d’achats mais également de consommation locale des produits fabriqués. Des esprits avisés tel le Pr. LO, pensent qu’il est illusoire de demander à la production locale d’être compétitive ou même d’avoir des prix concurrentiels.
Des groupes pharmaceutiques français et internationaux ont investi au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Cameroun, dans des unités de production qui sont actuellement en conformité avec les normes internationales en matière de fabrication de médicaments.
Récemment, une nouvelle unité de fabrication de médicaments antipaludiques à été créée au Gabon à partir d’un partenariat avec des sociétés belges. Le fait de répondre aux normes internationales signifie que ces unités sont en mesure de fabriquer des produits satisfaisants non seulement pour l’Afrique, mais également, pour une exportation en Europe, comme c’est déjà le cas au Sénégal. Les analyses de ce colloque rapportent également que lesdites sociétés ont actuellement une capacité de production qui permettrait de couvrir 20% des besoins des pays où elles sont installées et d’exporter dans les pays voisins.


Le principal obstacle à la création d’un marché transfrontalier et panafricain, comme démontré dans « Pharmafrica : modèle de développement pour l’I.P. en Afrique-subsaharienne » (thèse de pharmacie industrielle – Paris XI), est le manque d’institutions supranationales et régulatrices des produits de santé à visée humaine et animale. De même, l’absence d’associations de représentants de l’Industrie Pharmaceutique et Vétérinaire en Afrique, qui pourraient être organisées suivant une approche marché générique/éthique/ biotechnologique et prestataires de service (agence de communication santé, centre de recherche clinique, dépositaire et répartiteur pharmaceutique).

Enfin, il serait temps qu’il y ait un regroupement - par le biais de fusion et acquisition - des acteurs privés africains, dans le but de créer une multinationale orientée sur le marché continental et ses pathologies.



www.africanbusinessclub.org

Références

Tableau de bord – Indices sectoriels - La Tribune édition électronique, vendredi 11 octobre 2002, http://www.latribune.fr/Archives.html.
CHALMET E. - Les valeurs de la santé conservent un potentiel intact - La Tribune, mardi 16 avril 2002, page VII.
EUROSTAF. - Perspectives stratégiques et financières : Les grands groupes mondiaux de la pharmacie, analyse et conclusions - novembre 1999, 111pages.
PriceWaterHouse - Pharma 2005; An industrial revolution in R&D - 1998, 20 pages.
LE PEN C. - Le médicament, une économie de software - Science et Vie, numéro 218, mars 2002, hors série, p 144 - 149.
SNIP et Observatoire des métiers - L'industrie pharmaceutique : Les pharmaciens, médecins, ingénieurs et diplômés de formation supérieure - Chromatiques éditions, juin 2000, 11 pages.
SNIP - Industrie pharmaceutique : Carrières et métiers - Edition SEFEFIM, 1993, 28 pages.
CLERC C. (2004). Sanofi-Synthélabo et Aventis, OPA-OPE aux multiples facettes, Pharmaceutiques, numéro114, pages 17 – 19.
MAMOU Y. - La fusion à marche forcée de Sanofi-Aventis - Le Monde, 28 septembre 2004, http://www.lemonde.fr.
IMS Health - Global Pharmaceuticals Sales by Region, 2001 -
LEFEVRE G. - Industrie major et start-up - Science et Vie, numéro 218, mars 2002, hors série, p 150 - 155.
DEMENET P. - L'affaire stavudine, ou les profiteurs du sida - Le Monde diplomatique, Février -Mars 2004, pages 72-76
BEJA J-P - Le régime de Pékin au miroir du SRAS - Le Monde, 3 juillet 2003, http://www.lemonde.fr
VELASQUEZ G. - Les médicaments, un bien public mondial ? - Le Monde diplomatique, Février - Mars 2004, pages 67 -70
D’ALAYER C - Diversifications en cours- Economia, numéro 2, décembre 2000, p 98
ECONOMIA, décembre 2000
NJAMBONG G. - Rapport de stage : Sanofi Synthélabo en Afrique subsaharienne - Centre des Etudes Supérieures de Commerce Internationales, décembre 2002.
The World Health Report 2001 - World Health Organisation


       
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