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Conséquences de la violence éducative
18/05/2003
 

Cet article est le second d'une série de trois, écrit par Olivier Maurel, auteur de "La Fessée, Cent questions-réponses sur les châtiments corporels" aux Editions La Plage
 
Par Olivier Maurel
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Le premier article de la série: Faut-il frapper les enfants pour bien les élever?.

Du point de vue collectif, social, politique et même économique, les retombées de la violence éducative sont aussi nocives, voire catastrophiques.

Le rapport de l’OMS déjà cité montre que la délinquance, la criminalité, la violence conjugale sont aussi, en partie au moins, les aboutissements de la violence éducative. La violence subie dans la petite enfance devient naturellement violence commise, délinquance et dans les cas les plus graves criminalité.
Il suffit de lire la rubrique des tribunaux dans les journaux pour voir que presque tous les grands criminels ont été victimes de violences dans leur enfance. L’OMS cite d’ailleurs les «châtiments corporels sévères» parmi les «facteurs qui encouragent les jeunes à rejoindre les gangs».


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Alice Miller  
Alice Miller
© http://www.alice-miller.com
 

Alice Miller, une spécialiste de l’enfance et de l’effet sur la vie adulte des souffrances endurées par les enfants, a été la première à faire remarquer que Hitler, Staline, Mao Tsé Toung, Ceaucescu, qui n’ont pas hésité à faire mourir ou laisser mourir des millions d’hommes, dans leur propre pays ou dans les pays qu’ils ont envahis, ont aussi en commun le fait d’avoir été des enfants terriblement maltraités. Et, de plus, ils ont gouverné des peuples chez qui le niveau de la violence éducative était ou est encore très élevé. Les hommes et les femmes qui entendaient leurs discours violents et démagogiques y retrouvaient des échos de la violence de leurs propres parents et de leurs maîtres à qui ils avaient appris à obéir. C’est sans doute une des raisons pour lesquelles on a vu des peuples qui avaient parfois atteint un haut niveau d’éducation, comme le peuple allemand, obéir à des discours aberrants et se rendre coupables ou complices, essentiellement par obéissance, de crimes collectifs horribles.
De véritables fléaux sociaux comme l’alcoolisme et la toxicomanie figurent aussi, dans le rapport de l’OMS, comme les conséquences des châtiments corporels.


L'OMS: Organisation Mondiale de la Santé  
L'OMS: Organisation Mondiale de la Santé
© http://www.who.int
 

Toutes ces retombées de la violence éducative, déjà graves en elles-mêmes, alourdissent aussi, toujours selon l’OMS, le fardeau financier que doivent porter les sociétés, c’est-à-dire en définitive les contribuables. Et l’OMS énumère quantité de dépenses collectives qui résultent des conséquences de la violence éducative.
Il faut encore citer, parmi les conséquences de la violence éducative le fait qu’elle se reproduit d’elle-même. L’enfant frappé ne peut pas comprendre par lui-même qu’en réalité il est maltraité, puisque, dans les sociétés où la violence éducative est la règle, presque tous les enfants sont frappés. Il grandit donc avec l’idée qu’on l’a frappé pour son bien et que c’était bien de le frapper. Il est donc convaincu qu’il faut frapper les enfants. C’est ainsi que la violence éducative se reproduit de génération en génération, de siècle en siècle depuis des millénaires.

C’est pourquoi aussi, quand on entreprend de lutter contre la pratique de la violence éducative, on se heurte à de grandes résistances. La plupart du temps, quand on a été frappé soi-même, on pense de bonne foi qu’une bonne fessée ou une bonne bastonnade «n’a jamais fait de mal à personne». On se dit qu’on est devenu un adulte «comme les autres». Mais si on trouve tout à fait normal que les enfants soient frappés alors qu’ils sont faibles et fragiles, on serait indigné d’être soi-même frappé par un policier, en cas de contravention au code de la route, bien plus grave pourtant que les sottises pour lesquelles nous frappons les enfants. Cette contradiction devrait nous faire réfléchir sur la normalité de notre attitude. De même trouverions-nous normal de frapper notre père ou notre mère retombé en enfance sous l’effet de la vieillesse et refusant, par exemple, de se laver comme le font parfois les enfants?
En réalité, la seule chose qui fait que nous trouvons normal de frapper les enfants, ce n’est pas que ce soit normal ni nécessaire (on peut élever les enfants sans les frapper), c’est que nous avons été frappés nous-mêmes et avons adopté, à une époque où nous ne pouvions pas faire autrement, le point de vue de nos parents.


Olivier Maurel est l'auteur de "La fessée, cent questions-réponses sur les châtiments corporels"  
Olivier Maurel est l'auteur de "La fessée, cent questions-réponses sur les châtiments corporels"
 

Il se pourrait bien qu’une bonne partie de nos pires comportements que nous attribuons aux défauts de la «nature humaine» aient pour origine le fait que la plupart des enfants sont élevés comme aucun animal n’élève ses petits.
Les parents humains sont les seuls à utiliser la violence pour élever leurs enfants. Chez nos cousins les plus proches, les singes bonobos, les mères ne frappent jamais leurs petits. Quand ils ont un comportement qui risque de les mettre en danger, elles les éloignent, mais sans les «punir». Des chiens ou des chevaux qui, par impossible, subiraient de la part de leurs parents des traitements semblables à ceux que nous autres hommes infligeons à nos enfants deviendraient, s’ils survivaient, pathologiquement peureux ou agressifs. Quand nous frappons nos enfants, nous allons contre notre nature et celle de nos enfants que rien ne prépare à subir des coups de la part de leurs parents, c’est-à-dire des personnes qui représentent leur base de sécurité.
Heureusement, notre rapport avec les enfants ne se limite pas aux coups que nous leur donnons. La tendresse que nous leur apportons, les échanges d’affection que nous avons avec eux compensent partiellement notre violence et permettent à l’enfant de se faire un certain équilibre. Il arrive souvent qu’un des parents frappe mais que l’autre ne frappe pas et offre à l’enfant un refuge sûr, ou bien qu’il puisse trouver ce refuge chez un autre membre de la famille. Et ce sont ces refuges qui permettent aux enfants de tenir le coup malgré les châtiments qu’ils subissent. Mais ils deviendraient des hommes bien plus équilibrés si, tout en apprenant de leurs parents les limites qui tiennent au respect de soi et des autres, ils ne recevaient pas des coups pendant toute leur enfance et parfois leur adolescence et leur jeunesse.

Par Olivier Maurel, auteur de La Fessée, Cent questions-réponses sur les châtiments corporels (La Plage, 2001)

Pour joindre l'auteur par e-mail : omaurel@wanadoo.fr.



       
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