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Un auteur à découvrir: Chester Himes
19/04/2005 |
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Grioo.com vous présente cette semaine l'auteur américain Chester Himes, qui après des débuts difficiles est devenu un très important auteur, récompensé par quelques prix  |
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Par
Aïssatou Baldé |
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Né le 29 juillet 1909 à Jefferson City dans le Missouri, Chester Himes est le fils d'un professeur et fait des études universitaires dans l'Ohio, ce qui est extrêmement rare pour un Noir dans les États-Unis des années 1920. Pour les financer, il travaille comme barman et liftier dans un hôtel. Une chute dans une cage d'ascenseur vide l'obligera à porter un corset toute sa vie. À Cleveland, il fréquente une bande de voyous, vend de l'alcool clandestin et, à l'âge de dix-neuf ans, se retrouve condamné à vingt ans de prison pour vol à main armée. C'est derrière les barreaux qu'il découvre les livres de Dashiell Hammett, Raymond Chandler, Fédor Dostoïevski, lit un numéro du célèbre magazine policier Black Mask et décide d’écrire des nouvelles pour raconter la condition des Noirs. Ses premiers textes paraissent dans la revue I'Esquire.
Sorti de prison en 1935 pour bonne conduite, il se marie avec Jean, une jeune femme de la bourgeoisie noire, mais ils divorcent quelques années plus tard. Installé en Californie, il vit grâce à une bourse. Son premier roman S'il braille, lâche-le... boudé par la critique américaine, qu'elle soit blanche ou noire, qui apprécie peu son humour et sa dénonciation du racisme, est finalement publié en 1945 et est vivement soutenu par l’auteur de Black Boy, Richard Wright. L'accueil en France est beaucoup plus chaleureux. Himes s'embarque en 1953 pour l'Europe et, après un bref séjour à Paris, vit quelque temps à Arcachon, Londres et Majorque et écrit La Fin d'un primitif. |
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De retour à Paris, sans un sou, il rencontre l'un de ses traducteurs, Marcel Duhamel, fondateur de la « Série noire », qui le persuade d'écrire des romans policiers pour sa collection. Chester Himes crée alors les inspecteurs noirs Ed Cercueil Johnson et Fossoyeur Jones dans ce chef-d’œuvre : La Reine des pommes en 1958. Le roman obtient le Grand Prix de littérature policière et est salué par des écrivains français tels que Giono, Cocteau et Sartre.
Les aventures dans le ghetto de Harlem des deux policiers sans illusions se poursuivent entre humour et désespoir à travers plusieurs autres romans parmi lesquels Couché dans le pain et Imbroglio negro en 1959, Tout pour plaire en 1961... L'écriture de Himes, dans la lignée des Black Panthers, se fait peu à peu plus politique et il prône l'idée d'un retour sur la terre ancestrale, en Afrique. En 1979, il publie son autobiographie, Regrets sans repentir, qui condense Le Prix de la souffrance (1971) et Ma vie d'absurdité (1976), rejetant les étiquettes d'écrivain noir et d'auteur de romans policiers. Installé en Espagne, il meurt à Alicante le 12 novembre 1984. |

Bien que peu tendre pour la société blanche, il n’a été reconnu qu’assez tardivement par la culture noire américaine, à cause, sans doute, de son ironie corrosive et de la dénonciation d’une certaine « ingénuité » noire.
Chester Himes est un auteur qui n’a pas été reconnu à sa juste valeur. La critique voudrait l’enfermer dans un ghetto et faire de lui un écrivain mineur qui dépeint Harlem avec humour, mais Chester Himes écrit bien plus que des romans policiers classiques. Il témoigne du racisme et de l’irréductible détresse de la société américaine à travers ses deux anti-héros, drôle, retors, et attachants que sont Ed Cercueil et Fossoyeur Jones.
Chester Himes nous transporte à l’intérieur de paysages hallucinés et énigmatiques. Comme poussé par le temps, comme conscient que dans sa condition d’homme noir vivant dans un milieu hostile, la mort n’est jamais loin, dès les premières pages il nous plonge dans l’action et jamais au fil de ses œuvres le suspens ne s’essouffle. Chester Himes dépasse les frontières du roman policier dans lequel on l’a cantonné, il est un « historien poétique » en dehors du temps. Dénonçant sans relâche la condition des Noirs aux États-Unis, Chester Himes a su s'imposer comme le romancier le plus original du problème racial. |

Toute l’œuvre de Chester Himes aurait pu être cinématographique. La mise en scène, les personnages, l’intrigue, les dialogues, tout l’univers des romans de Chester Himes nous rappelle celui de la blaxploitation s’éloignant des clichés pour se rapprocher d’une vive réalité. Les dialogues sont accrocheurs, grinçants et argotiques emprunt d’un symbole et d’un climat d’une société américaine au bord de l’apoplexie. A l’image des films de Spike Lee, les noirs aussi y sont critiqués, et leurs névroses analysées de manière poignante et courageuse.
Il serait impossible ici de citer toutes les œuvres de Chester Himes tant elles sont nombreuses. Il a écrit de nombreux romans policiers ou non en passant par des recueils de nouvelles et des articles de magazines. Cependant, pour vous faire une petite idée de l’univers « Chesterien », je vous invite à lire son autobiographie Regrets sans Repentir et les trois romans dont voici un résumé : |
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©
perso.wanadoo.fr/roger.martin.ecrivain |
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1945 : S’il braille, lâche-le…
« Un livre précurseur sur la question noire aux Etats-Unis. Un nègre ne cesse de brailler, or il est jeune, fort, il a une Buick, un bon emploi sur un chantier naval, une fiancée à peine noire. Il pourrait être tranquille, heureux même, s’il acceptait de rester à sa place. Mais il veut être reconnu en tant qu’homme comme les autres. Au premier incident qui l’oppose à une blanche, on l’accuse de viol, il n’échappe au lynchage que pour être envoyé à la guerre : c’était en 1943. » Edition Folio. |

1958 : La reine des pommes (Grand Prix de littérature policière)
« Employé des pompes funèbres, Jackson est un naïf. Il fait confiance à Hank, un aigrefin qui lui a fait croire qu'il possède, comme Jésus, le pouvoir de multiplication. Sauf qu'ici, il ne s'agit ni de pain, ni de vin, mais de billets de banque. Jackson y perd tout son magot et, par la même occasion, son épouse Imabelle. Pour retrouver Hank, ses complices et aussi sa femme, Jackson fait appel à son frère Goldy, un indicateur qui met la police sur la piste. » Amazon.fr
1983 : Plan B (livre qu’il vous faudra commander dans la plupart des librairies)
« Plan B (B comme Black), le plan qui met Harlem à feu et à sang, le plan qui déclenche une guerre raciale dans toute l’Amérique. Au racisme blanc ; celui des fantasmes sexuels et de la culpabilité, répond tout d’un coup un racisme noir ; celui de la violence pure. C’est loin dans l’histoire des Noirs américains, dans les cases des esclaves et sous les draps des putes blanches que les détectives Ed Cercueil et Fossoyeur iront chercher la réponse aux questions qu’ils se posent, tandis que les Etats-Unis sombrent dans l’apocalypse. » André Dimanche Editeur. |
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__________Et si l'Afrique devait malgré tout mourir, si l'Afrique était condamnée, et si notre destin était alors de préparer cette mort, d'apprendre à mourir, de nous préparer pour ainsi dire à cette fatalité ? __L'Afrique n'existe pas parce que l'Afrique actuelle — du moins l'Afrique subsaharienne politique, économique, géographique — n'est qu'un produit de la stratégie occidentale ; car l'Afrique reste un déchet, une sorte de « vomissure » du monde occidental __________Le français de souche est mort, Il n'est pas sûr que le Noir d'origine ne renaîtra pas de son pseudo écrasement. L'Afrique est morte, vive l'Afrique ! Yes we can pour une nouvelle Afrique, sans complexes et sans frontières. __________Guerre sainte : Pourquoi une guerre sainte, Pourquoi les hommes font-ils la guerre ? Est-elle une fatalité humaine, ou y a-t-il des espoirs envisageables ? “Que la paix ne soit pour vous que le moyen de nouvelles guerres.” __________Le terrorisme apparaît là où la contradiction s'aggrave, là où il y a un changement dans les relations sociales ou un changement de régime, là où il y a une instabilité politique, économique ou sociale, là où il y a une décadence morale, __________Dans la conception du monde, le noir n'existe pas. J'étais immaterialisé avant de naître, la conception de l'”identité noir n'existe pas… Ici, où la guerre, devenue banale A rendu votre monde noir __________Il faut distinguer l'amour comme passion de l'âme, l'amour comme dieu impassible et l'amour comme démon, sujet à la passion amoureuse. La passion d'amour est la cause par laquelle naît dans les âmes l'idée de s'unir aux belles choses. __________existence - liberté / déterminisme - responsabilité - valeur - nature humaine - délaissement - initiation - existentialisme - Dieu - homme - humanité - passion - Faut-il renoncer à l´idée que l´homme a une nature ? __________L'existence est insérée dans des conditions auxquelles il ne tient qu'à lui de donner un sens: l'homme n'est donc que l'ensemble de ses actes. ..."l'existence précède l'essence"? __________Suffit-il de vivre pour exister ? dont toutes les vérités que nous pouvons connaître ici bas ne sont que des reflets partiels et dégradés. La vérité est comme le soleil alors que la réalité terrestre n'est en fait qu'un jeu d'ombre |
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