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Paris-Bangui : Pétrole contre barbouzes et ambiance houleuse
  Fraçois Bozizé devrait être reçu à l'Elysée le 19 novembre par Nicolas Sarkozy alors que l'ambiance entre Paris et Bangui est pour le moins houleuse
Par Bakchich.info
 
 
François Bozize
© cen-sad.org
 

Le président centrafricain, putschiste légalement élu, François Bozizé a enfin reçu son invitation à Paris. Ce sera pour le 19 novembre prochain si tout va bien. "C’est trop tôt pour confirmer sur l’agenda du président Sarkozy, on ne fonctionne pas à plus de cinq jours", s’amuse une secrétaire de l’Élysée. Le rendez-vous est toutefois capital. Tant pour le maître de Bangui que pour sa Majesté Sarko Ier, ou du moins pour les fleurons françafricains, Areva et Total.

Après des années de bons et loyaux services, l’ami centrafricain a des velléités d’indépendance, l’effronté. À l’image du Niger, qui a – enfin – brisé le monopole d’Areva sur son exploitation des mines d’uranium. Bozizé, lui, se paie le luxe de faire mariner le géant nucléaire français et son acolyte pétrolier Total. Comme l’a raconté l’excellent Lettre du continent (toujours pillée jamais citée), "Bozizé a fait, le lundi 16 juillet un bras d’honneur à Paris". Le plus simplement du monde, en maintenant son neveu à la tête du ministère des mines et de l’hydraulique, un neveu honni des patrons de Total et d’Areva. Pire, le président s’est permis, le 14 juillet dernier, toujours selon la Lettre du continent, de laisser ses nervis passer à tabac les gendarmes de l’ambassade de France.

La légende ne dit pas s’ils leurs ont fait siffler la Marseillaise. Bref une ambiance de franche camaraderie entre la France et la Centrafrique, avec Paris qui se sent un peu cocu dans l’histoire. Pour lutter contre les divers rebellions qui prolifèrent dans le pays, l’Élysée, notamment sous la férule de Chirac, a sorti la grosse artillerie. Commandos d’opérations spéciales. Le Ier régiment de Rpima de Bayonne a même été dépêché en décembre dernier pour aider les forces armées centrafricaines (Faca). Des rotations d’avions de transports Transall et des Mirages en vol de reconnaissance avaient déblayé le terrain.

Et une nouvelle nounou, le général Guillou, spécialiste entre autres du renseignement militaire et des forces françaises sur place, lui a été octroyé. Tout ça pour ça...
Étrangement, depuis l’été, les COS ont quitté le palais de Bangui. Une mesure de rétorsion, si tel est le cas, sans grand effet. Sitôt déguerpis, les Français ont été remplacés par une centaine d’instructeurs militaires sud-africains, le tout dans un contrat très officiel de partenariat pour trois. Et au cas où, les Israéliens, via Philippe Hababou-Salomon, homme d’affaires au CV judiciaire long comme l’Oubangui, sont prêts à arriver. Plutôt que d’aller plus avant dans l’épreuve de force, Sarko Ier a dégonflé les muscles et choisi d’enfin inviter l’ami François qui ne demandait que ça. Au moins, ils auront bien des sujets de discussion. La palabre françafricaine n’est pas morte. Ouf !




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