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Blaise Diagne (1872-1934), premier député noir à l'assemblée nationale française
  Député, membre des cabinets de Clémenceau et de Laval, maire de Dakar, Blaise Diagne fut l'un des hommes politiques d'Afrique noire francophone les plus influents de son temps
Par Paul Yange
 
 
Blaise Diagne (1872-1934)
 

Premier député noir africain à rejoindre l'assemblée nationale française, constamment réélu de 1914 à 1934, membre des cabinets de Clemenceau et de Laval, maire de Dakar de 1924 à 1934, Blaise Diagne fut un des hommes politiques les plus importants de son temps et exerça plus d'influence que n'importe quel autre africain francophone à son époque.

Blaise Adolphe Diagne est né le 13 octobre 1872 dans l'île de Gorée. Il est d’ascendance lebou et wolof. Diagne est très tôt adopté par la famille Crespin, une famille respectée de métis originaires de Gorée et de St-Louis. Diagne apprend très tôt à lire et à écrire, bénéficie d’une éducation, il étudie à l'école des frères de Gorée, puis à l'école laïque de St-Louis. Il figure au palmarès de la distribution des prix en août 1884. Boursier du gouvernement, le jeune Diagne va poursuivre ses études en France, à Aix-en-Provence. Il a le mal du pays et revient poursuivre ses études à l’école secondaire des frères de Ploërmel puis prépare le concours d’entrée dans la fonction publique au service des Douanes où les places réservées aux africains sont assez peu nombreuses à l'époque.


Quand j'avais les moyens de faire attribuer au Sénégal deux députés et un sénateur comme aux Antilles et en Guyane, je n'y ai pas pensé : maintenant je ne peux pas l'obtenir faute de pouvoir compter sur des concours qu'on n'accorde pas à un mort en sursis
Blaise Diagne, 1934










Le début de carrière
 
La mère de Blaise Diagne et ses trois petits-enfants
 

Diagne est reçu au concours en 1892 et pendant les années qui vont suivre travaille comme fonctionnaire des Douanes, occupant des postes dans des localisations géographiques variées au Sénégal, au Dahomey (jusqu’en novembre 1892), au Congo jusqu'en 1898, à la Réunion (1898-1902), puis Madagascar (1902-1903)... En 1914, il est nommé Contrôleur des Douanes en Guyane. Au début de sa carrière, il est bien noté par ses supérieurs qui estiment néanmoins qu’il manque par trop de respect envers les hommes d’affaires et les fonctionnaires français, ce qui lui vaut deux mois de suspension en 1899 pour insubordination (un de ses supérieurs le décrit comme un "caractère indiscipliné et frondeur.").

Son séjour à Madagascar s’avère important pour lui car il est reçu par la Franc-maçonnerie (Ordre du Grand-Orient) particulièrement influente en milieu colonial, ce qui lui permet d'accéder à la Haute administration. Il entre par ailleurs en conflit avec le gouverneur général Augageur qui veut le faire muter. Diagne réalise à l’occasion de cette crise qu’il peut tenir tête à un fonctionnaire de Haut rang. Conscient que sa carrière de fonctionnaire ne lui permet pas d'envisager une carrière politique, Blaise Diagne décide de se présenter à la députation à Dakar.

Les "Quatre communes" du Sénégal (St-Louis, Rufisque, Dakar et Gorée) jouissent d’un statut spécial unique dans l'empire colonial africain de la France qui confère à leurs habitants la possibilité de voter lors des élections, (ils peuvent élire des conseillers municipaux et un député) et le gagnant des élections législatives représente les quatre communes au palais Bourbon, qui abrite l’assemblée nationale française.



Mai 1914 : Diagne est élu député
 
Diagne en 1931
 

Avant Diagne, aucun noir africain n’a jamais été élu député. Ce dernier part avec un désavantage : il est inconnu de la plupart des électeurs (il a quitté le pays en 1892). Il bénéficie néanmoins du soutien de Galandou Diouf, un africain membre du conseil général qui s’est fait remarquer par ses prises de position hostiles à l’administration. Il est aussi soutenu par Cheikh Amadou Bamba, le chef de la communauté Mouride (qu'il a rencontré lors de l’exil de ce dernier au Gabon). Il est également appuyé par Assane Ndoye, un des chefs de la communauté Lebou dont le soutien compense son manque de notoriété.

Enfin, il est épaulé par Amadou Duguaye Cledor qui restera un fidèle parmi les fidèles.Diagne cristallise les espoirs d'une génération qui rêve de se voir représenter par un Noir au palais Bourbon. Diagne a parfaitement compris l’espoir qu’il représente chez les électeurs africains des quatre communes, mais ses adversaires ne le prennent pas au sérieux (On se demande dans les cercles bien informés qui du clan Carpot, de la famille Devès ou du candidat des gros négociants bordelais l'emportera). Mais Diagne est tenace, il convainc le groupe des "jeunes africains", menés par Lamine Gueye, de se rassembler derrière sa candidature et obtient le soutien des petits commerçants français, parmi lesquels Jean Daramy D’oxoby, qui dirige le journal "la démocratie", un journal qui deviendra l'organe officiel de la campagne de Diagne. Les élections sont houleuses car le poste risque d’échapper, pour la première fois, aux Français et aux Métis qui se le "partage" depuis 1897.

Au premier tour, le 26 avril 1914, Diagne est arrivé en tête avec 1910 voix contre 671 à son concurrent direct le député sortant Carnot. Lors du second tour qui a lieu 10 mai, Diagne l’emporte avec 2424 voix, le second, Heimburger obtient 2249 voix, contre 472 à Carnot, le député sortant qui ne finit que troisième. A Paris c’est la surprise. Le ministre des colonies ne comprend pas ce qui se passe, les marchands de Bordeaux protestent auprès de William Ponty, le gouverneur général. Les adversaires de Diagne manoeuvrent pour faire invalider l'élection, le destabiliser, l’acheter...Mais l’élection de Diagne est malgré tout respectée, ce qui est à mettre au crédit de William Ponty, gouverneur de l’AOF. Blaise Diagne arrive au palais Bourbon en juillet 1914.


L'entrée dans le cabinet de Clemenceau
 
Diagne devint membre du gouvernement de Clemenceau lorsque celui-ci le sollicita pour le recrutement de troupes africaines
 

En août 1914, la France entre en guerre. En 1915, Diagne réussit à faire voter une loi conférant la nationalité française aux sénégalais issus des quatre communes, notamment parce que ceux qui en étaient originaires étaient incorporés dans les troupes coloniales sans bénéficier des mêmes avantages que les troupes françaises. En 1917, un tournant intervient pour le député Diagne. L'armée française a besoin de "forces vives" et de renfort dans les tranchées du Nord de la France. Diagne bénéficie de la confiance des Africains, et en Afrique, il y a eu plusieurs révoltes contre l'enrôlement destiné à pourvoir la France en hommes. Il est donc sollicité par Clemenceau qui crée un poste spécial dans son gouvernement (commissaire général des troupes africaines) pour lui et l'envoie en mission en Afrique.

Joost Van Vollenhoven, nouveau gouverneur général de l'AOF s’oppose au recrutement des africains (plusieurs tentatives de rébellion se sont produites) et met en jeu sa carrière dans la balance. Désavoué, il va sur le front où il est tué au combat (situation paradoxale où un gouverneur blanc de l'AOF défend la non-participation des africains alors que Diagne doit les convaincre de participer à l’effort de guerre). Au Sénégal, le nouveau gouverneur Gabriel Angoulvant qui rechigne à le recevoir est prié par Clemenceau d’accueillir Diagne à sa descente de bateau avec tous les honneurs dus à son rang. Diagne réussit à convaincre ses interlocuteurs africains du bien-fondé de sa démarche et plus de 80 000 africains rejoignent les rangs de l’armée française.

A son retour, il sera sollicité pour recevoir la légion d’honneur, récompense qu’il refusera d’accepter considérant n’avoir fait que son devoir. Le rôle de Diagne en cette fin de première guerre mondiale l'installe désormais comme un personnage incontournable dans les rapports entre la France et les colonies. Il ne fait cependant pas l'unanimité et ses détracteurs ne manquent pas de l'attaquer. Le journal "Les Continents" l'attaque en disant qu’il aurait reçu de l'argent pour avoir recruté des africains. Blaise Diagne poursuit l'éditeur en justice et Clemenceau témoigne en sa faveur, déclarant que Diagne avait mis fin à la "révolte des africains par la seule force de sa personnalité et que la question d'une quelconque récompense financière ou autre pour services rendus n'avait jamais été soulevée."


Les rencontres avec WEB Du Bois et Marcus Garvey
 
La maison des Diagne en Haute Savoie. Assis à gauche, Léopold Sedar Senghor
 

En 1919, Diagne participe au premier congrès panafricain à Paris (il a convaincu Clémenceau d’autoriser sa tenue en France). Bien que président du Congrès, Diagne n’est pas "emballé" par les idéaux de WEB Du Bois qui prône le panafricanisme sans tenir compte des frontières. A une question de Marcus Garvey, avocat du panafricanisme et du "Back to Africa", Diagne répond : "Nous africains de France avons choisi de rester français puisque la France nous a donné la liberté et qu’elle nous accepte sans réserves comme citoyens égaux à ses citoyens d’origine européenne. Aucune propagande, aucune influence de la part de Noirs ou de Blancs ne peut nous empêcher d’avoir le sentiment que la France seule est capable de travailler pour l’avancement de la race noire."

En 1921, Du Bois et Diagne se retrouvent pour le second congrès panafricain, mais se quittent avant la fin car Diagne considère décidément ce mouvement comme trop radical. Il soupçonne même Garvey (à tort) d’être un agent de Moscou...Haut commissaire des troupes noires, Diagne est le porte parole des africains, mais aussi représentant du gouvernement français. Diagne se signale à plusieurs occasions par ses prises de position : en 1919 deux touristes américains font expulser deux officiers africains d'un bus (Ne comprenant pas que la ségrégation raciale ne soit pas appliquée en France), Diagne proteste au parlement ce qui conduit le président Poincaré à se prononcer publiquement contre les discriminations liées à la couleur.


Diagne homme politique influent
 
 

En 1922, il se signale une nouvelle fois au parlement prenant la parole au lendemain d'un scandale sportif qui a fait grand bruit : le boxeur Battling Siki, originaire du Sénégal (St-Louis), est dépossédé de son titre après sa victoire sur Marcel Carpentier par la fédération française qui revient sur la décision de l'arbitre. (Siki a gagné par KO, l’arbitre l’a déclaré perdant, mais les protestations du public contre une injustice flagrante l'ont conduit à redonner la victoire à Siki). "Si je m’exprime aujourd'hui" dira Diagne, "c’est pour que ce genre de choses ne se reproduisent pas à l’avenir. Il est inconcevable qu’on ait privé Siki de sa victoire simplement parce qu'il est Noir". Le titre sera finalement redonné à Siki malgré les critiques.

Diagne continue à ne pas laisser indifférent et est qualifié par certains de traître pour avoir amené des africains combattre aux côtés de la France pendant la première guerre mondiale. D'autres le louent pour avoir renforcé la position des "peuples de couleur" dans l'empire. Les milieux coloniaux conservateurs le juge trop pro-africain et hostile à l'administration. Diagne est en 1921 président de la commission sur les colonies, négocie avec les riches commerçants bordelais (qui lui étaient hostile à ses débuts), ce qui ne plaît pas à ses détracteurs. Une opposition composée de jeunes africains a même essayé de lui faire mordre la poussière lors des élections en 1918, sans succès.

Lamine Guèye qui a bénéficié de l'aide de Diagne à ses débuts à Paris, entame sa propre carrière politique et devient un opposant à Diagne. Gueye pousse Paul Deferre (père de Gaston Deferre, futur maire de Marseille), avocat à Dakar à se présenter contre Diagne. Ce dernier bat facilement Deferre et sera constamment réélu (en 1928 face à son ancien compagnon Galandou Diouf qui s’est retourné contre lui, et en 1932 notamment grâce à son action en faveur des paysans). Il reçoit chez lui le jeune Leopold Sedar Senghor qu'il considère comme son correspondant à Paris et qu'il emmène à l'occasion en randonnée avec sa famille.


Diagne livre ses dernières batailles
 
Le buste de Blaise Diagne sur sa tombe à Dakar
 

Il livre au début des années 30 la "bataille de l’arachide" en usant de toute son influence politique et en mobilisant tous ses réseaux économiques et politiques pour que la chambre des députés accorde une subvention à l'arachide sénégalais victime de la crise mondiale qui sévit en ce début des années 30. Cependant, à la même période, Diagne adopte une position plus controversée puisqu'il prend la défense de la France lorsqu'elle prône le travail forcé dans les colonies. Aux réunions du Bureau International du Travail à Genève dans les années 30, Diagne soutient que la France a le droit d'exiger l'aide des africains pour tracer des routes, améliorer l’hygiène, et exécuter d'autres travaux du genre.

Pour qui a entendu parler de la construction du chemin de fer Congo Océan au cours de laquelle des milliers d'africains perdirent la vie (André Gide en rendra compte dans son fameux "voyage au Congo"), les propos de Diagne résonnent étrangement (même si celui-ci est conscient de l'ambiguité de sa position). Diagne est sollicité en 1931 par Pierre Laval pour entrer dans son cabinet comme sous-secrétaire d’Etat aux colonies, fonctions qu’il conservera dans les 2ème et 3ème cabinet de Laval. Ses détracteurs l'accuseront d’être un vieux politique coupé des réalités africaines dans son ministère...La bataille livrée pour obtenir des subventions pour l'arachide sénégalais a affaibli Diagne qui est malade. Alors qu'il est en voyage officiel en AOF, Diagne ressent un malaise et est rapatrié en France où il décède le 11 mai 1934.

Défendant à la fois les intérêts africains tout en étant "assimilé", présent au coeur des rouages de la vie politique française, Diagne préfigure ce que seront les carrières d’autres députés africains au lendemain de la seconde guerre mondiale comme Galandou Diouf, Léopold Sedar Senghor, Lamine Gueye ou encore Félix Houphouët-Boigny qui hériteront tous du "style Diagne". Tous ses lieutenants, même si certains sont devenus ses adversaires par la suite, deviendront des ténors de la politique sénégalaise. La carrière de Diagne permet aussi d'une certaine façon de comprendre la relative facilité avec laquelle un certain néo-colonialisme se mettra en place dans les pays d'Afrique francophone après les indépendances puisque parmi les nouveaux chefs d'Etat africains, beaucoup étaient d'anciens députés du palais Bourbon...Toujours est-il que la mort de Diagne marque la disparition de celui qui fut peut-être le Noir le plus notoire de son temps, et un des hommes politiques africains les plus influents de la première moitié du 20ème siècle.



Diagne vu par Lamine Gueye
 
 

Dans une autre rencontre avec Blaise Diagne, à la veille de mon admission dans la magistrature coloniale, je lui fis part de mon désir d'être nommé conseiller à la cour d'appel de l'Inde(...) Il estima qu'un poste de conseiller à la Cour d'appel de la Réunion était mieux indiqué parce que, là-bas, l'administration de la justice obéissait aux mêmes règles qu'en France et que, dès lors, je pouvais y apprendre plus de choses nouvelles qu'à Pondicherry ; que si, d'autre part, je tenais à étudier sur place le fonctionnement des institutions politiques, le résultat pourrait me servir, le cas échéant, à mon retour au Sénégal. J'ai donc opté pour la Réunion où, dès mon arrivée, je fus chargé de cours à l'école de droit de Saint-Denis, cumulativement avec les fonctions de président de la Chambre correctionnelle de la Cour d'appel (...)

"L'âpreté de la lutte dans laquelle ses amis pourraient se trouver engagés à sa disparition semblant le préocupper au plus haut point, je lui demandai si, pour limiter ce risque, il ne jugeait pas opportun de faire attribuer au Sénégal deux députés et un sénateur comme aux Antilles et en Guyane. "Quand j'en avais les moyens, me dit-il, je n'y ai pas pensé : maintenant je ne peux pas l'obtenir faute de pouvoir compter sur des concours qu'on n'accorde pas à un mort en sursis". Quelques semaines plus tard, c'est le départ pour le Sénégal et le Soudan. Il en revint dans un état de complet épuisement et dut se rendre en traitement à Cambo-les-Bains (Basses-Pyrénées) où il mourut le 11 mai 1934.



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Blaise Diagne (1872-1934), premier député noir à l'assemblée nationale française

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  et la france reconaissante !!!
( 16/03/2004 11:18  à Eaubonne / France )

ne lui donna jamais ( à ma connaissance) un nom de rue, de place, de boulevard...

A t il seulement un monument quelque part, cet homme qui fit basculer la guerre de 14 18 ?

Si les africains n'étaient pas venus en masse et en première ligne, les alliés n'auraient pas gagné !

Merci pour ce bel article, qui éclaire mieux notre histoire.

Christian
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  Des Africains comme il n'en faut plus
Sylvain LEKAKA ( 20/03/2004 17:41  à Nogent-sur-marne / France )

Le seul mérite que cet illustre personnage a en politique c'est d'avoir été le premier. Pour le reste je considère qu'il avait choisi son camp. Celui de la metropole. Quand à son regret relatif aux représentants supplémentaires. Je crois que ce n'est pas faute d'y avoir pensé mais parce qu'il ne le voulait pas.
Le travail forcé pour ses frères était un acte de traitrise. Ce qui s'est passé sur le chantier du chemin de fer Congo-Océan n'est rien d'autre qu'un ccrime contre l'humanité. Jamais un chemin de fer n'a été aussi homicide. N'oublions pas que ce chemin de fer ne mesure que 511km.
Blaise Diagne, comme ses disciples Senghor, houphouët et compagnie ont fait un mal irréparable à notre continent. Leurs réussites sociales ont contribué à produire des homme politiques qui leurs sont semblables. Vous avez dit néocolonialisme?
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  l europe n est pas l amerique
( 21/03/2004 09:52  à / Germany )

il n y a pas de noir europeen:quel interet pour le continent africain quels sont les grands HOMME qui oeuvrent pour que nos concitoyen marche la tete haute partout dans le monde premier noir ou dernier dans un pays etranger quel interret lorsque l on regarde l etat du continent c la ou les choses se passent
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  Oui, nous avons droit a la connaissance de notre histoire
Ahmadou_Lamine S. KONATE ( 24/03/2004 20:47  à Binghamton / United States )

Le texte sur Blaise Diagne vient a point nomme en ce sens qu'il intervient a un moment ou l'afrique est de plus belle entre les serres des faucons imperialistes et neo-coloniaux dont on se croyait defait! L'histoire de Mr. Diagne est plus parlante et sera plus efficace si elle nous inspire a nous defaire de ces elements qui contribuent a enraciner les empires occidentaux chez nous par leur accointances ignobles avec les dirigenat Europeans qui ne pensent que les ideaux de democracies et de droits inalienables ne s'eappliquent qu'a eux seuls. A bas les alterophobes! A bas, les racismes de tout genres et que l'afrique se reveille sous la lumieres des actes de grandeurs des gens comme Blaise Diagne, Lamine senghor, Fili Dabo Cissoko pour ne citer que ces illustres-la!
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Redaction Grioo.com ( 29/03/2004 11:49  à Paris / France )

-Il semble que Blaise Diagne ait fréquenté diverses sections de la Franc-maçonnerie au gré de ses affectations

-Le buste sur sa tombe se trouve effectivement à Dakar (et non à Gorée comme mentionné dans l'article)

-C'est bien Blaise Diagne qui a pris l'initiative de réclamer la citoyenneté française pour les originaires des quatre communes (ceux ci n'étaient pas intégrés dans les troupes coloniales, mais effectivement dans l'armée française)

Une des principales sources de l'article est un texte de George Wesley Johnson qui a écrit sur Blaise Diagne et sur la naissance de la vie politique moderne au Senegal.

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( 20/04/2004 10:59  à Versailles / France )

Je me suis demandé pourquoi Blaise Diagne, ne figure pas dans les manuels d'histoire. J'en suis arrivé à la conclusion que c'est peut être parcequ'il fut membre du gouvernement de pierre Laval et que Ce dernier devint par la suite honni pour cause de collaboration avec les Allemands lors du regime de vichy.

A part ça, je ne vois pas ce qui expliquerait l'absence de Blaise Diagne des manuels d'histoire...au vu de son immense parcours et de ses realisations...
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tokos ( 27/04/2004 11:32  à Paris / France )

La grille de lecture d'un événement ou d'un article est importante car comparer celui qui écrit "Des africains comme il n'en faut plus" et l'histoire officielle est instructif. Au delà de sa lacheté voici encore Blaise Diagne en décembre 1953: "L'Europe a sauvé l'Afrique au XIXè siècle en la sortant de l'isolement et mettant ce continent sur le chemin de la modernisation (lire les fantömes du roi Léopold -un holocauste oublié-par Adam Hochschild, Ed Belfond p 24) , et il poursuit :"maintenant l'Afrique doit aider l'Europe qui a perdu sa position dominante dans le monde au profit des deux colosses: les Etats Unis et l'Union Soviétique. La création de l'Euro-Afrique sera la meilleure voie pour lui restituer son passé (lire Voyage aux Isles - Chronique aventureuse des Caraïbes 1693-1705 Phébus, Paris, 1993, p 288, cité)
Le moins que l'on puisse dire est qu'il appartient au groupe que Fela Kuti avait appelé la deuxième génération des esclaves!!!! A montrer comme mauvais exemple et à oublier!!!!!!!!!!!!!
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  à Tokos
panafricain ( 28/04/2004 02:45  à Saint-priest / France )

la citation de 1953 n'est certainement pas de Blaise Diagne qui était mort depuis bien longtemps!!!! et il faut aussi vérifier celles que tu lui attribues...

Il a pris parfois des positions discutables, mais plutôt que de le classer dans la catégorie des "traitres" comme les africains aiment à faire, on peut aussi remarquer qu'il fut quasiment à lui seul l'initiateur de la vie politique moderne en Afrique francophone.

Diagne a été le 1er noir député et ministre en France en 1914 à une époque où le racisme était une idéologie largement dominante (lire "peaux noires masques blancs" de Frantz Fanon). 90 ans plus tard comme l'a dit quelqu'un, on debat toujours sur la place du Noir dans la société française! Conservons quand même les acquis laissés par Diagne tout en étant critique vis à vis de ses actions moins glorieuses!
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( 06/07/2004 22:56  à Saint-maurice / France )

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  Etonné
DIOUF GALANDOU ( 09/09/2004 15:34  à Nanterre / France )

Etonné de voir qu'a l'instar de Blaise on ne parle jamais de Galandou DIOUF alors qu'il fut Député du Sénégal et joua un Grand role dans l'histoire politique ou bien est ce qu'il dérange toujours car on sait qu'il est décédé à Cannes dans des conditions qu'on ignore d'autres avance qu'il était en résidence surveillé qu'a t'il fait pour mériter pareil oublie dans l'histoire de son pays et dans l'histoire coloniale pour etre ignoré voir meme inconnu ? il serait nécessaire de rétablir les vérités historiques car déjà plus de 150 ans qu'ils nous ont tous quittés alors quand est ce que l'on saura la vérité.
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  déception!
karim JOUANELLE ( 09/09/2004 23:20  à Kourou / French Guiana )

Avant de lire votre article, je considérais Blaise Diagne comme une de mes références , un de ceux qui me rendaient fier de la couleur de ma peau, de mes origines. Après lecture, Blaise Diagne n'est plus pour moi qu' "nègre à blanc" préoccupé avant tout par son ascension sociale. De plus, il partage avec Félix EBOUE le sinistre "honneur" d'avoir milité en faveur de l'asservissement de ses frères de race en ayant milité pour le rétablissement des travaux forcés. En général, j'ai une opinion favorable de la Franc-Maçonnerie et je me demande pourquoi les deux personnes précitées n'ont pas été exclues avec perte et fracas.
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  Une femme Blanche comme les autres!
kirway ( 09/12/2004 13:33  à Paris / France )

J'avais parié qu'il aurait une femme Blanche, comme tous les autres qui se croient un peu plus Blancs parce qu'ils ont une Femme Blanche . Ce n'est pas que j'ai un problème avec ces femmes qui sont souvent sincères et amoureuses, mais je me démande pourquoi tous ces Noirs dits "émancipés" et soutenus par l'exagone ont souvent fait le choix de décrier la couleur de leur mère? Ce n'est qu'une question. Suivez quand même mes regards...
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  Dommage
( 26/12/2004 13:00  à Billancourt / France )

Moussa Samba
Il y a décidément des gens qui ne comprendont jamais. Les grands hommes se reconnaissent par leur capacité à rendre possible ce qui était impossible. Auriez-vous préféré qu'il prône le retour à la vie précoloniale alors qu'on était confronté à une réalité qui nécessitait ruse et force. La radicalité nous aurait tous coûter la fin ou la soumission à jamais.
REFLEXIONS
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( 28/12/2004 22:01  à Paris / France )

Je suis passionné par l'Histoire, d'autant plus qu'on a tendance à dire que les Africains n'ont pas d'histoire, leur ancêtre étant des gaulois.

La vie de Blaise DIAGNE est un roman, il merait un beau film.
Monsieur Amadou BA
Conseiller du 19ème arrdt de Paris
amadouba19@yahoo.fr
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  Arrêtez votre char
( 11/03/2005 12:42  à / Senegal )

Je crois qu'on ne peut pas à partir des réalités contemporaine juger des personnes qui ont vécu dans un autre contexte. En Histoire cela s'appelle de l'anachronisme. Ces gens ont vécu dans un autre contexte historique ou le monde n'était pas perçu forcemment en Noir et Blanc. Ils étaient des français dans leurs têtes parce que formatés comme tel. Comment voulez vous qu'ils adoptent des positions autres
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fabrice ( 30/05/2005 22:07  à Caunettes-en-val / France )

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  Blaise Diagne est il un traitre ?
fabrice ( 30/05/2005 22:41  à Caunettes-en-val / France )

Blaise Diagne est-il un traitre?

Depuis 2004 , Blaise Diagne n'est pas seulement un personnage historique du passé.Sa réhabilitation par le président Wade , l'a fait réapparaitre au grand jour ..;
Ses plus farouches opposants le sont aussi de Wade ...
Que peux t on reprocher à B Diagne ?
1918 : L'embrigadement de la force noire ?Diagne a peut étre tort mais il n'y a pas de lacheté de sa part . Seulement la volonté d'obtenir l'égalité.
1931: le travail forcé . Blaise Diagne dénonce ce fléau en croyant à tort que sa France est innocente. Son sentiment d'une afrique a construire échappant au sous développement a habilement était utilisé par ses détacteurs communistes pour le discréditer définitivement.
Que peux t on apporter au crédit de Diagne ?
Premier député noir contre la volonté des métis ,des bordelais et de l'administration coloniale.
La loi de 1915 , celle de 1916 qui donne l'égalité aux natifs des quatre communes et à leurs descendants , égalité refusée avec acharnement par l'administration coloniale.
Acteur de la ligue des droits de l'homme , partisan de la négritude avec Candace.
Organisateur du congrés panafricain de Paris avec Web Dubois en 1919.
Défenseur de l'arachide sénégalais pendant la crise de 1929.
Père politique de toute une génération d'hommes politiques africains:Senghor, Lamine Gueye,Clédor ...
Blaise Diagne est présenté en métropole comme un roi négre ,un anthropophage dans la presse conservatrice , Blaise Diagne fut également victime de campagnes menées par le parti communiste . Ainsi ,en 1927,Jacques Duclos lui reprochait d’avoir envoyé ses compatriotes à la guerre et de rester à l’abri. « j’étais ici avec de nombreux collégue ,en 1914,qui sont restés à leur banc pour remplir leur devoir,tout comme moi. J’ai d’ailleurs été mobilisé,bien que je ne dusse aucun service militaire,et je suis resté six mois sous les drapeaux. je ne m’en suis pas fait avantage. je suis plus modeste à ce titre que vous et certains autres ».
Est ce l'histoire qui fait les hommes ou les hommes qui font l'histoire ?Blaise Diagne n'est ni un Bounty ni un Héros . Un homme tout simplement ...
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  1er député noir Hegesippe LEGITIMUS
vittorio ( 15/12/2005 23:30  à Paris / France )

Le premier député de couleur noir (Gouadeloupe et non Afrique), n'était-il pas Hegesippe Jean LEGITIMUS (voir sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Hégésippe_Jean_Légitimus )
Cela n'enlevant rien à l'illustre Blaise Diagne.
Et pourquoi Hegesippe Jean LEGITIMUS n'est-il pas mentionné (ne serait-ce qu'en passant) dans votre liste de personnage illustres ?
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  Quelques inexactitudes
Jean-Louis DOMERGUE ( 17/12/2005 12:19  à / France )

Félicitations pour cet article assez bien documenté. Il comporte cependant un certain nombre d'inexactitudes et il manque une bibiographie et mention des sources.
1/ il a séjourné à Madagascar de 1902 à 1906 (et non 1903) où il était commis des douanes
2/ il a été initié Franc-Maçon à la Réunion en 1899 (et non pas à Madagascar)
3/ le buste de Blaise Diagne présenté en page 4 est bien celui de sa tombe, laquelle ne se trouve pas à Gorée mais à Dakar, à l'extérieur du mur d'enceinte du cimetière musulman de Soumbédioune (un quartier de Dakar) où est enterrée sa mère (lui était catholique et ne pouvait donc pas être à l'intérieur de ce cimetière).

Enfin, je ne suis pas sûr que ce soit lui qui ait pris l'initiative de faire voter la loi conférent la nationalité française aux sénégalais issus des quatre communes.

Je trouve qu'effectivement la France républicaine aurait dû rendre plus d'hommages à Blaise Diagne. A noter que la Grand Orient de France, son Obédience Maçonnique, lui a bien rendu hommage en donnant le nom de Blaise Diagne à une de ses Loges et à un des Temples de son siège à Paris. Pour rendre cet hommage républicain sous la forme d'une rue, d'une place ou d'un monument en France "métropolitaine", il faudrait une initiative, créer une association, faire des démarches, etc.
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  Ne nous trompons pas d'époque
DOMERGUE Jean-Louis ( 17/12/2005 12:19  à Paris / France )

Blaise Diagne a vécu à une autre époque que la notre. Je crois pouvoir affirmer que, pour son époque - et c'est une évidence à travers plusieurs de ses actions - c'était un progressiste, un avant-gardiste, voire un révolutionnaire. Il a d'ailleurs été considéré comme tel, à son époque, dans son milieu professionnel (comme douanier au Gabon par exemple), comme dans son engagement politique (comme Député à l'Assemblée Nationale française), comme enfin par certains de ses Frères (des Loges Maçonniques où il a travaillé). Ne le jugeons pas avec des critères d'aujourd'hui. Il a fait, dans la contexte de son époque, beaucoup de bien pour l'Afrique en général, pour le peuple noir en particulier, pour le Sénégal enfin. Rendons lui donc hommage comme un jalon précieux de l'histoire positive de ce continent.
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