 |
  |
| "Négrologie, pourquoi l'Afrique meurt" de Stephen Smith
|
| |
L'Afrique est-elle condamnée comme l'affirme Stephen Smith ? |
| Par Paul Yange |
|
| |
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
Stephen Smith pense que "le présent n'a pas d'avenir en Afrique"
©
calmann-levy |
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

"Negrologie, pourquoi l’Afrique meurt de Stephen Smith, éditions Calmann-Levy"
Journaliste responsable de la couverture de l'Afrique au sein du prestigieux journal "Le Monde", Stephen Smith a écrit "Négrologie, pourquoi l’Afrique meurt" publié aux éditions Calmann-lévy, un livre dans lequel il expose sa vision de "l'échec collectif des africains". Smith l'affirme lui même, son livre s'adresse en priorité au grand public européen qu'il imagine "aussi grand que le désarroi provoqué par l’actualité africaine" et avec l'idée "de cesser de travestir les réalités de l'Afrique en mêlant ce qui serait souhaitable à ce qui existe". Pour Stephen Smith, et c'est ce qu'il écrit dans son introduction, "l'Afrique est un Ubuland sans frontières, terres de massacres, de famine, mouroir de tous les espoirs." Le journaliste du "Monde" dit vouloir mettre fin à une double hypocrisie : "celle des occidentaux (...)qui ne disent pas la vérité aux africains qu’ils savent pourtant condamnés et celle des africains, bien conscients de leurs limites, mais qui juchés sur leur "dignité d’homme noir et, en cela, aussi racistes que l’ont été certains colons, rejettent toute critique radicale pour ne pas perdre la pension alimentaire qu’ils tirent de la coulpe de l’Occident."
 |
l'Afrique est un Ubuland sans frontières, terre de massacres, de famine, mouroir de tous les espoirs |
 |
|
| Stephen Smith |
Stephen Smith affirme ne pas se positionner pas comme un "afro-pessimiste" (nous n’avons aucunement l’intention de faire l’éloge de l’afro-pessimisme dit-il. Nous nous autoriserons une totale liberté de ton pour rapporter des faits "négatifs" et pour les ouvrir au débat). Le but n’est pas de provoquer, mais de poser les problèmes de l’Afrique "en termes déchromatisés et contradictoires" pour reprendre les termes d’Axelle Kabou ajoute t-il. Pourtant après avoir lu "négrologie", il est difficile de ne pas classer Smith dans le camp des afro-pessimistes. Si "Négrologie" ne constitue pas de l’afro-pessimisme, il y ressemble fort ! Il est tout aussi difficile de dire que Stephen Smith parle de l’Afrique en termes contradictoires puisqu’il ne rapporte QUE les faits essentiellement négatifs (certes bien réels) qui vont dans le sens de son argumentation, mais il ne rapporte pas grand chose du positif (lui aussi bien réel) qui existe aussi en Afrique. Il élimine d’emblée la problématique de l’apparition d’une nouvelle génération d’africains disposée à prendre les choses en main (allusion au sondage de "Pèlerin Magazine" dans lequel 12 % seulement des français estimaient possibles de voir émerger une nouvelle élite intellectuelle et économique dans l’Afrique contemporaine). |

Rendant compte du "désastre" que connaît le continent, il ne fait pas forcément dans la sobriété en affirmant (p 24) "des africains se massacrent en masse, voire -qu’on nous pardonne !- se bouffent entre eux" (allusion "humoristique" au supposé cannibalisme africain qui peut aussi être considérée comme une pointe de provocation pas forcément nécessaire). Il souligne à juste titre le nombre élevé de victimes des guerres dans certains pays du continent qui ont fait des millions de morts (plus de 3 millions au Congo Kinshasa, plus de 800 000 lors du génocide au Rwanda...) Critiquant -encore une fois à juste titre- le président sud-africain Thabo Mbeki pour son obstination et son aveuglement à ne pas reconnaître les dangers que représente le SIDA pour l’Afrique du Sud, Stephen Smith ajoute "dans le débat interne de l’ANC (…) la thèse d’une conjuration des tenants de l’apartheid pour brider la vitalité génésique de la majorité noire continue à avoir la vie dure -même dix ans après la fin du pouvoir blanc". Si une telle thèse (celle du "complot") vue de loin peut sembler ridicule, Smith n’est certainement pas sans ignorer que des travaux comme ceux du sinistre docteur Wouters Basson visant à créer un arsenal bio-chimique contre la population noire étaient bien réels (voir à ce sujet l’interview de Tristan Mendes France sur Grioo Lire l'article). On comprend que dans ce cas, même dix ans après la fin d’un apartheid officiellement instauré en 1948, certains membres de l’ANC soient restés méfiants.
Rappelant que la malaria demeure la première cause de mortalité en Afrique, notamment parce que "l’usage de moustiquaires imprégnés ne rentre pas dans les mœurs africaines". Stephen Smith se lance dans une prédiction apocalyptique en déclarant (p 44) que "dans sept pays d’Afrique australe, l’épidémie entraînera des conséquences comparables aux ravages de la peste bubonique dans l’Europe à la fin du moyen âge" (...) "l’Afrique australe est au cœur du problème. Mais il ne viendrait à personne de prétendre qu’il y a un SIDA "mondial", un SIDA "africain" ou un SIDA "afro-austral" dit-il encore. Pourtant un observateur africain ne manquerait pas de faire remarquer que le SIDA est quasiment présenté dans les médias aujourd’hui comme une "maladie africaine" ne sévissant plus qu'en Afrique, ce qui n'est pas tout à fait exact puisque le SIDA est présent sur tous les continents.
 |
Depuis une génération, l'Afrique au Sud du Sahara est la seule partie du monde qui ait reculé dans sa marche vers le mieux être |
 |
|
| Stephen Smith |
Stephen Smith constate (p 48) que "L’échec collectif des africains est en effet indéniable : depuis une génération, l’Afrique au Sud du Sahara est la seule partie du monde qui ait reculé dans sa marche vers le mieux être". Il cite quelques chiffres à l’appui : l’Afrique subsaharienne ne compte que pour 1 % du commerce mondial et Afrique du Sud exclue, elle n’a pas produit plus de richesses que l’Espagne en 2002... Stephen Smith se livre encore à ce qui peut (au mieux) passer pour de la provocation lorsqu’il affirme que si on remplaçait la population du Nigeria par celle du Japon, "il n’y aurait plus d’inquiétude à se faire pour le géant de l’Afrique Noire" reprenant ainsi une thématique qui veut que "l’Afrique irait beaucoup mieux si elle n'était pas peuplée d’africains". Il fait remarquer un peu plus loin que "300 milliards de dollars de recettes pétrolières sur 25 ans n’ont pas beaucoup aidé à la prospérité du Nigeria qui est même plus pauvre qu’en 1980." Il souligne (P68) que sur 10 enfants, 4 ne sont pas enregistrés à l’Etat civil au Sénégal (ce qui signifie que 60 % le sont même si le chiffre est insuffisant pour un Etat moderne). "En Ethiopie 95 % des naissances ne seraient pas enregistrées par l’Etat et dans toute l'Afrique au Sud du sahara 70 % des nouveaux nés seraient ignorés"...ajoute t-il encore. |
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
Gorée, une imposture selon Stephen Smith
©
whitehouse.gov |
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

On entre avec le chapitre 4 dans un des chapitres les plus contestables du livre de Smith, "les portes de l’oubli". Smith cite Keith Richburg, (ce dernier serait selon Smith "tout le contraire d’un provocateur") un journaliste noir américain qui dans un livre explosif intitulé "Out of America. A black Man confronts Africa" (1996) remerciait littéralement "les négriers qui avaient transportés son ancêtre pour l'emmener jusqu’aux Etats-Unis" et aussi "Dieu qui a fait que son ancêtre ait survécu au voyage !" Si ce n'est pas de la provocation, ça y ressemble...Stephen Smith a beau jeu de citer Keith Richburg et d'affirmer que celui-ci n’est pas un provocateur. Pourtant Lynn Duke, une autre journaliste, noire américaine, a aussi été correspondante du Washington Post en Afrique, mais n’en est pas revenue avec le même livre que Keith Richburg ! Elle a en effet publié un livre intitulé "Mandela, Mobutu & Me" dans lequel elle affirme ne pas se définir comme une afro-optimiste , ni une afro-pessimiste, mais garder espoir en l'avenir du continent où elle a rencontré beaucoup de gens très dignes vivant et désireux de se battre malgré des conditions de vie difficiles ! Son livre, certainement moins sulfureux que celui de Richburg, conduit à relativiser les assertions de Smith. Selon Smith (p 87), l'historiographie africaine dominante exonère le monde arabe de sa participation à la déportation séculaire d'esclaves noirs pour "des raisons politiques opposées à celles visant à aggraver la culpabilité des Blancs". Ce silence devient imposture lorsqu'il couvre des "impostures telles que la "maison des esclaves" de l'île de Gorée, au large de Dakar".A supposer que Gorée ne soit pas un lieu d'où aient été déportés massivement des esclaves, cela signifie t-il pour autant que la traite négrière n'a pas existé ? Que les européens n'ont pas profité et bénéficié du trafic d'esclaves dont ils tiraient les ficelles même si la traite arabe est bel et bien une réalité ?
 |
Les fantasmes regagnent du terrain: les chaos africains résument toute l’Afrique qui retrouve ses habits de contrée mystérieuse, dangereuse, sauvage |
 |
|
| Sophie Bessis |
Dans le chapitre 5 intitulé "le temps du backlash" (qui peut se traduire par "le retour de bâton") de son livre "l’Occident et les autres, histoire d’une suprématie", l'historienne Sophie Bessis mentionne (p 94) le fait que "les crimes perpétrés par les régimes dictatoriaux du Sud permettent d’oublier ceux de la colonisation" et que certains journalistes en profitent pour "glorifier l'époque de paix coloniale." Elle rappelle également que "l'existence en Afrique de royaumes négriers ayant joué le rôle de rabatteurs d’esclaves pour la traite européenne permet à certains de renverser la charge de la responsabilité en faisant des africains les principaux responsables du commerce de bois d’ébène (...) Le géographe Yves Lacoste, rappelant à juste titre l’importance de la traite arabe dans l’Afrique tropicale du XIXè siècle entreprend du même coup de réhabiliter les européens en attribuant l’essentiel de la responsabilité des tragédies africaines aux appareils négriers locaux et à la traite intra-africaine (...)"
Sophie Bessis ajoute que L'histoire qui se réécrit à partir des années quatre-vingt présente ainsi la période coloniale comme une belle aventure, malheureusement ponctuée de quelques regrettables bavures, qui n'enlèvent cependant rien au bilan globalement positif qu’elle serait en droit de présenter (...) La nostalgie imprègne le plus souvent l’ensemble de ces discours qui ont connu, en France, un écho considérable et trouvé de puissants relais dans la presse (...) Dans les descriptions qui en sont faites, la simplicité de l’imaginaire recouvre à nouveau la complexité des réels, qui, il est vrai, n’avaient jamais réussi à s’imposer. Les fantasmes regagnent du terrain : les chaos africains résument toute l’Afrique qui retrouve ses habits de contrée mystérieuse, dangereuse, sauvage et décidément incapable de se gouverner, ce qui fait décrire par un autre journaliste (le journaliste en question étant Stephen Smith qui écrit à l’époque en 1999 dans Libération NDLR) la tragédie sierra-léonaise "comme la tombe de quelques idées généreuses que l’Afrique laissée aux seuls africains n’est pas en mesure de défendre." |

Stephen Smith souligne la gabégie du régime de Mobutu, sans préciser (ce qui a son importance) que ce dernier n'a jamais été choisi par les congolais (zaïrois) à l’époque. Dans ses analyses, il laisse étonnamment certains faits de côté. Les africains ont vu certains de leurs dirigeants et grands hommes politiques disparaître ou être évincés du pouvoir rapidement au sortir des indépendances (et même avant celle-ci pour certains) : qui songerait sérieusement à nier que Patrice Lumumba, Kwame Nkrumah, Sylvanus Olympio le togolais, l'indépendantiste camerounais Um Nyobé, Barthelemy Boganda ou beaucoup plus tard Thomas Sankara aient été réduits au silence ou évincés du pouvoir sans la complicité ou la volonté de certains pays occidentaux ? Bien évidemment, il ne s'agit pas de dire qu'ils étaient parfaits et qu'ils auraient forcément réussi dans la tâche titanesque de tirer leurs pays vers l'avant au sortir de la colonisation. Mais nulle part dans le monde on ne conteste le fait qu'un peuple a besoin d'un grand leader surtout à un tournant de son histoire. En France c'est De Gaulle, en Grande Bretagne Churchill, aux Etats-Unis Roosevelt, en Afrique du Sud Mandela, en Inde Gandhi...Quelques uns de ces leaders africains précocement disparus auraient pu devenir d'autres Mandela. Comment s'étonner du devenir du Zaïre (Congo RDC aujourd’hui) quand on sait qu’un Lumumba démocratiquement élu a été "remplacé" par un dictateur de type Mobutu sans l’avis des congolais ?
Le cas de Sylvanus Olympio peut également être révélateur : diplômé de la prestigieuse London School of Economics et d’abord directeur d’une filiale d’Unilever installée au Togo dans les années 30, Olympio devient très rapidement le leader de son pays. Polyglotte et indépendant d’esprit, il veut créer une monnaie togolaise étant donné que le Togo est un pays souverain. Il est "malencontreusement" assassiné quelques temps avant de mettre à exécution son projet. (Près de 40 ans plus tard, l’indépendance monétaire de certains pays africains est toute relative quand on songe que la dévaluation du Franc CFA fut imposée sans que les africains aient leur mot à dire. Vous avez dit "indépendance" ?) Pour en revenir au sujet, Hitler arrivé démocratiquement au pouvoir n’est pas considéré comme l’archétype du dirigeant allemand, ni du dirigeant européen. Par contre Mobutu et les dictateurs africains installés au pouvoir sans l'accord des africains seraient représentatifs du dirigeant africain.
 |
Le NEPAD est une évidemment une chimère, une de plus |
 |
|
| Stephen Smith |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
Le NEPAD est une chimère pour Stephen Smith
|
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

Le NEPAD, initiative prise par sept chefs d’Etat africains, ne trouve pas grâce aux yeux de Smith (p 114) puisqu'il le qualifie de "chimère". Smith qui trouve que (l’Afrique qui était autrefois un "continent bon enfant") est devenue un coupe gorge d'autant plus que des crimes inconnus à l’époque ont été commis (nombre de "blanches" y ont été violées, un geste vengeur que les ambassades occidentales tentent d’isoler comme un mauvais germe en étouffant le "scandale" écrit le journaliste p115). Stephen Smith ne précise pas le contexte de ces viols , ni dans quels pays ils ont été commis, ce qui tout compte fait n’est guère étonnant puisque l’Afrique se résume pour lui à un magma informe, un continent où les Noirs s’entretuent -"se bouffent" entre eux pour reprendre son expression- et où les occidentales sont violées. (Pour la symbolique du viol, on peut lire "peaux noires, masques blancs" de Frantz Fanon) Dans le chapitre 6 intitulé "Au paradis de la cruauté" Smith rend compte de l’horrible et atroce guerre civile en Sierre Leone et au Libéria avec son cortège de morts et de mutilés (On se souvient du sinistre "manches courtes ou manches longues"). Il avait déjà considéré la tragédie sierre léonaise comme "la tombe de quelques idées généreuses selon lesquels les africains pouvaient eux-même gérer leurs affaires".
Sous couvert d’objectivité et de débat "déchromatisé", Stephen Smith présente une Afrique qui ne sort guère des stéréotypes (massacres, viols, guerres, famines, maladies, Ubuland, paresse...). Il aura certainement réussi à convaincre le grand public occidental francophone (auquel son livre s’adresse en priorité) qu’en Afrique "le présent n'a pas d’avenir". Avec "Négrologie", il choisit la voie de la facilité et va- quoiqu’il en dise- dans le sens de l'opinion dominante (les africains sont décidément incapables de se gouverner). Négrologie est un livre à lire, pas forcément parce qu’on est d'accord avec tout ce qui y est écrit, mais parce que Stephen Smith est un faiseur d’opinion de part la position journalistique qu’il occupe. L'Afrique, nous l'avons déjà dit, ne se résume pas uniquement (heureusement) à ce qui est décrit dans Négrologie. Les africains prennent leurs responsabilités, n’en déplaise à Stephen Smith. Au Nigeria, l'actuelle ministre des finances a quitté un poste de vice-présidente et secrétaire générale de la banque mondiale pour s'installer dans un environnement difficile et apporter sa contribution à l’avancée de son pays. Elle déclarait d'ailleurs "qu’on ne peut jamais considérer avoir réussi personnellement tant que son propre pays n’a pas réussi". Toujours au Nigeria, Olu Adeniji a quitté un poste de Haut diplomate à l'ONU pour devenir ministre des affaires étrangères. Quelle mouche a bien pu piquer ces hauts fonctionnaires internationaux à la carrière réussie pour qu'ils retournent dans cet "ubuland" enfer sur terre (où ils n'ont rien à gagner) qu'est le continent africain ?
 |
Ce qui adviendra au cours des vingt et quelques prochaines années dépendra de ce que nous africains ferons |
 |
|
| Thabo Mbeki |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
Le Botswana un exemple de pays africain bien géré
|
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

Stephen Smith ne cite le Botswana que lorsqu'il parle des ravages causés par le SIDA en Afrique australe. Le lecteur occidental de Négrologie ne saura malheureusement pas que selon l’indice de perception de la corruption 2003 élaboré par l’ONG Transparency International, le Botswana fait partie des 30 pays les moins corrompus du monde à égalité avec Taïwan. Qu’il est perçu comme moins corrompu que des riches nations industrielles comme l’Italie ou la Corée du Sud. Le lecteur de Négrologie ne saura pas non plus que le Botswana constitue en Afrique un modèle de pays dont les ressources (principalement le diamant) ont été bien gérées depuis son accession à l’indépendance en 1966. Qu'il est le pays africain le mieux noté par l’agence internationale Moody’s qui émet une opinion concernant la solvabilité financière des Etats. Mieux classé que l’Afrique du Sud, la Tunisie, l’Egypte et aussi bien classé qu'Israël (ce qui ne manque pas de piquant quand on lit la phrase de Stephen Smith qui reprend son thème favori de l’Afrique sans africains) p 49 lorsqu’il affirme que si "six millions d’Israéliens pouvaient par un échange standard démographique, prendre la place des tchadiens à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait et une Mésopotamie africaine naîtrait sur les terres fertiles entre le Logone et le Chari" : ce n’est pas la peine, six millions de botswanais auraient suffi !
Le lecteur de Négrologie ne comprendra pas qu'en Afrique, des centaines de millions d’africains essayent de vivre ou de survivre dans un environnement quotidien difficile, que les parents en Afrique sont comme partout ailleurs dans le monde : ils se battent chaque jour pour que leurs enfants aient un avenir meilleur, grâce à l’école et l’éducation. Le lecteur de Smith ne comprendra pas non plus qu’Abidjan ne se résume pas aux bidonvilles que nous montrent les chaînes de télévision occidentales pour rendre compte de la crise en Côte d’Ivoire. Il n’aura pas compris que les africains ne se reconnaissent pas plus dans Charles Taylor, Mobutu ou Amin Dada que les européens ne se reconnaissent dans Hitler ou Staline. Que de multiples initiatives sont prises chaque jour par les africains en Afrique et en dehors de l’Afrique pour faire avancer le continent, mais qu’elles ne trouvent pas toujours d’échos puisque ce qui va bien en Afrique n’intéresse personne ou pas grand monde. Smith affirme que le problème de crispation identitaire des élites africaines constitue un frein à l’avancée de l’Afrique. Possible. L'aliénation des africains en Afrique aussi. Sinon comment expliquer qu’au 21ème siècle l’anecdote suivante (aisément généralisable dans beaucoup de pays africains) puisse encore exister : une africaine créatrice d’une entreprise très performante dans le domaine des nouvelles technologies (et nominée parmi les 100 jeunes leaders les plus prometteurs du monde de demain au forum de Davos) envoie des consultants (noirs africains) dispenser des formations au Gabon. Arrivés sur place, ceux-ci s’entendent dire que pour le prix payé, l’organisme s’attendait à avoir des consultants blancs ! |
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
L'Afrique un continent condamné dans "Négrologie" ?
|
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

Si l’Afrique se résume à un chaos, on se demande ce qu’y font toutes les entreprises (occidentales notamment employant des cadres locaux pas tous improductifs) qui y sont présentes et qui ne sont pas là par philanthropie mais simplement parcequ’elles savent qu’en Afrique, comme ailleurs, on peut gagner de l’argent. Le boom de la téléphonie mobile qui a frappé le continent au point de dépasser très largement les prévisions les plus optimistes est encore là pour le prouver.
Les africains ne manquent pas de sens critique vis à vis de leur continent. Il y a à peine plus d'un an, le congolais Bolya a écrit "Afrique, le maillon faible", très "smithien" dans ses thèmes, la provocation et le débat identitaire en moins. Les plus fervents détracteurs de Smith n'ont pas manqué de dire qu’il faisait du Gobineau à peine réactualisé et qu'il concluait son livre en affirmant que l'Afrique était condamnée car sa civilisation était incapable de s’adapter aux impératifs du monde moderne. Cependant Smith cite tout de même Thabo Mbeki lorsque celui-ci après avoir pris connaissance des prévisions d’un rapport très pessimiste sur l’Afrique en 2025 affirme que la "prévision d’un avenir désastreux ne doit pas être rejetée parce que désastreux (...) un tel avenir ne doit pas non plus être considéré comme écrit. Ce qui adviendra au cours des vingt et quelques prochaines années dépendra de ce que nous africains ferons." "On ne peut qu'être d’accord avec lui" écrit Smith. Les africains d'Afrique et de la diaspora aussi.
Stephen Smith, "Négrologie, pourquoi l'Afrique meurt" éditions Calmann Levy
Bolya, "Afrique, le maillon faible" editions le Serpent à plumes
Sophie Bessis, l'occident et les autres, histoire d'une suprématie édtions La Decouverte |

|

|

|
|
|
  |
 |
|
Ecrire
une réaction
|
"Négrologie, pourquoi l'Afrique meurt" de Stephen Smith |
Nombre de messages:
203
Pages:
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
ben voyons |
|
(
14/04/2004 08:55 à / France ) |
ce monsieur voudrait nous faire croire que si l on n est pas integre a l economie de marche on est voue a l echec.....moi je lui reponds: l afrique serait voue a l echec le jour ou elle oubliera ces vrais valeurs qui n en deplaisent a ceux qui aboient "occident,occident" dans tous les coins de rue ne suivra jamais le modele americain qui a pour seule culture la maille la maille...C MEM PERSON BIENVEILLANT NE MONTRE JAMAIS A LEUR PETIT ENFANTS BLCS LA FEUILLE DE ROUTE DE LA PROCHAINE DOMINATION ASIATIQUE .PAS BON CA COMME IMAGE CELA FOUTERAIT UN COUP A L IMAGE DOMINANT QU IL S VEULENT LEUR FAIRE INTEGRE DES LEUR PLUS JEUNES AGES .BIEN ENTENDU SI C PERSONNE KI KRI AFRIQUE FAMINE FAMINE AVAIT DE NOBLE INTENTION ENVERS L AFRIQUE IL SE BOUGERAIENTN LE CUL NE SERAIT CE QUE POUR LA SOLIDARITE INTERNATIONALE CONGRE LE SIDA PAR EXEMPPLE...EN FAITE C GENS SON SEULEMEN LA POUR EXIBER NOS /MORT?NOS MALADIE,BREF NOS FAIBLESSE...ET PUIS KAN ON EST ECRASE PAR L AMERIQUE IL EST TOUJOURS BON DE SAVOIR KIL Y A PLUS MINABLE QUE SOIT...MAIS SE QUI FAUT RETENIR C EST QUE C GENS MONTENT UNE ENTREPRISE DE DEMOLITION PAS DE L ECONOMIE AFRICAINE PAS DES MALADIE EN AFRIQUE MAIS PUREMENT ET SIMPLEMENT DE L IMAGE AFRICAINE. PS:VOUS REMARQUEREZ QU AUJOURD HUI ON DIT KIL EST DANGEREUX DE DIRE DES VERITES A LA TELE SOUS PEINE D ATTISER LES CONFLITS COMMUNAUTE A KAN LA CENSURE ANTI DENIGREMENT DE PERSONNE DE DIFFERENTS NIVEAU SOCIAL KE LA NOTRE CAR CELA AUSSI EST DANGEREUX POUR CEUX D ENTRE QUI EVOLUE EN EUROPE CELA ATTISE LE RACISME ENVERS EUX PUISKE NOU SERIONS LA POUR LEUR PIKER LE PEU KIL ONT...ENFIN C JUSTE MON AVIS |
|
 |
 |
|
|
(
14/04/2004 10:05 à Bonn / Germany ) |
je remercie la redaction de Grioo pour ce resumé du livre de Smith. l'analyse faite est très pertinente. j'ai beaucoup souri en lisant le livre de Smith. les prejugés et autres stereotypes etaient tellement grotesques que c'en etait risible. oui le livre est vraiment destiné à un public occidental (celui qui se fait son opinion sur l'Afrique uniquement a travers le journal de France2 et TF1).
mais c'est dommage que ce soit ce genre d'ecrit sur l'Afrique qui ont bonne presse. |
|
 |
 |
|
|
(
14/04/2004 11:20 à Le Mans / France ) |
Merci de ce résumé.
Grâce à vous je ne vais pas enrichir ce bonhomme.
J'en sais suffisamment maintenant sur son bouquin. C'est bien l'idée que je m'en faisais aprés avoir vu l'auteur dans une émission de tv.
Faites comme moi !
Negrologie dit-il ? Ne nourissez pas ce charognard alors en achetant son bouquin.
|
|
 |
 |
La négroconnerie de Stephen Smith |
|
Lottagame (
14/04/2004 11:53 à Larmor-plage / France ) |
je suis dubitatif quand au but recherché par cet auteur. son oeuvre présente une image caricaturale de l'Afrique et le sentiment que j'ai eu à la lecture de ce pamphlet était le même vis-a-vis de l'oeuvre de Gaston Kelman. la provocation, les maladresses intellectuelles, les confusions historiques, les amalgames, le regard subjectif outrancier, irrespectueux, et injurieux de cet ouvrage, doit nous poussés, à prendre notre destin en main et à joindre nos forces pour rompre les traits de cet avenir morose qui s'annonce pour notre peuple.
il faut se servir et se nourrir de la haine, du péssimisme de ce type d'oeuvre pour nous élever face au reste du monde car des oeuvres comme celui là il en sort tout le temps!
Lotta! |
|
 |
 |
|
|
(
14/04/2004 12:35 à Aubervilliers / France ) |
L'auteur de livre est comme tous les blancs bourrés de haine et du racisme envers les noirs. ils n'ont qu'un seule objectif cherché par tous les moyens à detruire les noirs.
pas etonnant que l'on lui a decerne un prix pour sa haine des noirs.
Mais l'afrique est entraine de renaitre. |
|
 |
 |
opinion |
|
mp (
14/04/2004 13:04 à Paris / France ) |
Au risque de ne pas partager l'opinion dominante ici, tout ce que dit stephen smith dans son livre n'est pas faux.
Seulement, il choisit de ne montrer que la face sombre de l'Afrique (qui est bien réelle). ça ne signifie pas pour autant qu'il soit raciste. Il critique en donnant son point de vue.
si on n'est pas d'accord avec lui, il faut contrer ses arguments (et pour ça commencer par lire son livre) au lieu de se contenter de le traiter de raciste. Les insultes ne constituent pas une argumentation...
|
|
 |
 |
|
|
(
14/04/2004 13:04 à Madrid / Spain ) |
Cette revue de lecture est tout simplement epoustouflante.
Rien à ajouter.
|
|
 |
 |
|
|
BMW (
14/04/2004 13:05 à Madrid / Spain ) |
Ah si: mon pseudo !!! |
|
 |
 |
Smith...omanie |
|
(
14/04/2004 13:54 à Saint Etienne / France ) |
Monsieur SMITH, l'africaniste américanophile du Monde, qui distille régulièrement dans cette respectable publication d'énormes erreurs de fond sur l'Afrique, nous pardonnera cette petite erreur d'orthographe française ...
Certes, un « y » eut été préférable pour parfaire ce néologisme-titre d'un article consacré au dernier de ses mensonges, une manie, commis sous la forme d'un livre, NEGROLOGIE, mais nous tenions à ne pas déformer le nom du coupable de ce regrettable, à plus d'un titre, ouvrage à n'offrir qu'aux « révisionnistes » de tous poils ... blonds de préférence ! .
En mythomane qui se respecte, Monsieur SMITH réduit le monde, le vrai, à l'échelle de son imagination ! En dehors de son titre provocateur, commercial et de mauvais goût, le contenu de ce livre serait en fait insignifiant s11 ne révélait le véritable visage de Monsieur SMITH, celui d'un individu qui n'aime ni l'Afrique, ni les Africains, qui nient leur culture et qui voudrait réécrire l'histoire d'un Continent de plus de 50 Etats en niant à la fois l'esclavage, le pillage des ressources, les découpages coloniaux arbitraires, la climatologie et j'en passe ... Pour peu Monsieur SMITH nierait même l'existence du SIDA à l'exemple de certains dirigeants sud africains, les seuls qui semblent bénéficier de son indulgence !
Pour son confort intellectuel Monsieur SMITH nie l'histoire du Continent comme certains américains ont nié le fait que le développement de leur pays reposait sur le massacre de centaines de millions d1ndiens ... (250 millions au total du nord au sud du Continent américain ... Quand on aime on ne compte pas !).
De son chapelet de contre vérités, surmédiatisées, deux « perles » navrantes :
La comparaison d'un Continent de plus de 50 Etats et de plusieurs centaines de millions d'habitants, soumis à la sauvagerie d'une certaine mondialisation, avec l'Etat d1sraël et ses quelques millions d'habitants qui bénéficient à la fois d'une aide coopérative scandaleusement supérieure à la moyenne des Etats Africains et d'un « chèque » mensuel des Etats Unis ... - La réduction du conflit ivoiro-ivoirien aux simples conséquences d'un problème économique moderne de besoin et de répartition ... Niant, là encore, l'histoire et la construction économique de cette partie de l'Afrique de l'Ouest basée sur des déportations massives dans les années 30 et des fluctuations de frontières au gré des intérêts coloniaux !
S'il avait traité de l'histoire « blanche » sur le même ton, il est probable que Monsieur SMITH aurait été accusé de crime contre l'humanité ... A défaut d'évoquer cette notion, dans une période où il est de bon ton, à défaut de bon goût, de l'évoquer à tort et à travers, jusqu'à la banaliser, je ne vois pas d'autre qualificatif à appliquer à ce tissu de mensonges que celui de « révisionniste » ou mieux encore de crime contre 1'ntelligence !
Ce livre, que je déconseille une nouvelle fois à tous ceux qui aiment l'Afrique, m'aura au moins permis de comprendre pourquoi Monsieur SMITH n'aime pas le Burkina Faso et pourquoi ce pays est tant l'objet de toute son attention en matière de désinformation. La dernière désinformation était relative à une affirmation, parue dans le Monde, selon laquelle Charles TAYLOR du Libéria était attendu avec les plus grands égards à Ouagadougou où il aurait (confortable et hypocrite conditionnel) trouvé une zone de non droit pour se refaire une santé ...Un mensonge de plus !
A moins que Monsieur SMITH connaisse si peu l'Afrique qu'i1 confonde Burkina et Nigeria ? Monsieur SMITH n'aime pas le Burkina Faso parce que ce petit pays par son développement démocratique et économique vient contredire toutes ses théories « afro-méprisantes ».
Ce ne sont pas les négociations du Burkina Faso avec le P.A.M. (Programme d'Alimentation Mondial) qui vont arranger les théories de Monsieur SMITH ... En effet, avec plus de 65% de la production Ouest Africaine de céréales, le pauvre Burkina Faso sera peut être demain le premier contributeur africain au P.A.M. afin d'aider ses riches voisins !
Si le mépris, Monsieur SMITH, est le masque des faibles, rien n'empêche qu'il le soit aussi des mythomanes, « négrophages » de surcroît.
Jean R. GUION
|
|
 |
 |
Il s'agit bel et bien de racisme... |
|
(
14/04/2004 13:57 à Saint Etienne / France ) |
EN AFRIQUE, NEGROLOGIE (1), LIVRE DE NOTRE CONFRERE STEPHEN SMITH PUBLIE CHEZ CALMANN-LEVY, A SUSCITE, A TOUT LE MOINS, UN SENTIMENT D’INDIGNATION CHEZ NOMBRE DE LECTEURS. PARCE QU’UNE PART DU DISCOURS DEVELOPPE DANS L’OUVRAGE S’INSCRIT DANS UN CLIMAT ACTUEL QUI FAVORISE UNE BANALISATION DU PROPOS RACISTE ET LA RESURGENCE DE THESES REVISIONNISTES ET NEGATIONNISTES DONT L’AFRIQUE DEVIENT UNE CIBLE PRIVILEGIEE. ALERTE ET AVIS DE VIGILANCE.
Négrologie. Pourquoi l’Afrique meurt, de Stephen Smith, aurait pu être rangé dans la masse indistincte d’ouvrages publiés de nos jours et dont l’intérêt littéraire demeure souvent improbable. Pour l’éditeur, l’opération devait, dès l’origine, tenir ses promesses commerciales. La recette tenait à quelques ingrédients : un journaliste “spécialiste de l’Afrique” du grand quotidien français Le Monde, appelé à plancher sur les misères du continent – qui font recette de nos jours –, avec, de préférence, une “accroche novatrice”, quelque chose d’inédit qui frappe le sens commun, et garantisse le “succès médiatique”. L’auteur allait trouver, dans cette dernière exigence, l’occasion de coucher sur le papier quelques humeurs personnelles révélant une inspiration aux ressorts obscurs. En guise de réponses à des situations aussi diverses que complexes auxquelles se trouve confronté le continent africain, Stephen Smith s’est donc lancé dans une entreprise manifestement impossible pour lui-même. En effet, on peut lire dès les premières lignes d’introduction de l’ouvrage : “C’est seulement au cours de cette rédaction que j’ai découvert que le journalisme, même spécialisé, ne prépare guère à répondre aux questions essentielles.” Une marque de lucidité qui aurait dû dissuader l’éditeur de se lancer dans cette aventure.
Ainsi, l’ouvrage se présente comme une étrange navigation entre un essai géopolitique impossible, une chronique journalistique incongrue et un traité historique douteux. Le tout relié par une compilation de faits et de chiffres, destinée à servir de support à une démarche analytique désespérément inexistante. Mais au-delà de la forme, on découvrira que certaines affirmations – ou des interrogations de style – développées par l’auteur pour étayer son propos constituent en réalité la somme de ses réponses, celles qu’il a décidées, avec le “courage” dont il se réclame, de verser au compte de l’intelligence universelle. Dans l’exposé des motifs du livre et dans sa conclusion, on retient que le livre de Stephen Smith devrait faire date, car, refusant d’être “gentil” (sic), il a voulu ici se départir de toute complaisance et entreprendre une démarche critique à l’endroit des Africains, en soulignant leur part de responsabilité dans les drames qui déchirent leur continent.
Aurait-il échappé à Stephen Smith que l’Afrique et sa diaspora hébergent depuis plusieurs années un courant littéraire et une presse parmi les moins complaisants à l’égard des dirigeants et, plus généralement, des conditions d’existence de leurs compatriotes ? En même temps que les Africains – citoyens, journalistes, écrivains – se sont montrés singulièrement critiques à leur égard, les dirigeants africains sont devenus, par un processus d’imprégnation, ouverts à la critique la plus virulente. Ainsi, l’observation des paradoxes – et l’Afrique actuelle en abonde – nous permet de constater que c’est sur ce continent que l’on trouve aujourd’hui l’une des plus vives expressions de la critique citoyenne et intellectuelle, de même qu’une remarquable inclinaison des responsables politiques à la reconnaître et l’intégrer à leur gestion de l’espace public et des opinions.
L’auteur de Négrologie devrait le savoir, car, non seulement le “courage” dont il se prévaut peut s’exercer davantage en Afrique qu’ailleurs, mais il trouve dans ce continent, qui selon lui “se meurt”, de quoi renforcer sa notoriété. Non, les Africains ne découvriront pas la critique grâce à ce livre qui, de ce point de vue, ne révèle rien de bien nouveau, car des milliers d’écrits rapportent quotidiennement, en Afrique et dans le monde, des faits qui appartiennent désormais aux lieux communs de l’actualité africaine. Ce qu’il faut dire, c’est qu’alors que la critique exprimée par les Africains – avec une absence de complaisance rare – participe, nécessairement, de la reconstruction d’un destin collectif, il est à craindre que cette perméabilité de l’Afrique à la critique ne serve, par ailleurs, de fonds de commerce facile à tous ceux pour qui l’espace africain actuel ne constitue qu’une terre d’aventures, dispensatrice de jouissances diverses, tour à tour soumise aux pulsions passionnelles les plus fantasmatiques, puis aux plus ignobles marques de mépris.
Toujours dans l’exposé des motifs, l’auteur de Négrologie oppose à l’afro-optimisme de ceux qui ne chercheraient qu’à “positiver” les nouvelles venant d’Afrique, sa propre clairvoyance, son implacable réquisitoire. Mais la clairvoyance dont il se réclame a ceci de particulier qu’elle emprunte invariablement au registre du Jugement dernier. Partout, dans le livre, une obsession quasi névrotique de la mort, celle du continent africain. L’Afrique est, sans la moindre précaution intellectuelle, décrite comme un “Ubuland, sans frontières, terre de massacres et de famines, mouroir de tous les espoirs”. A défaut d’apporter un éclairage nouveau sur l’histoire immédiate ou ancienne du continent, Négrologie innove essentiellement par la violence et l’excès. Pas de doute, “l’Afrique agonise, quoi qu’en disent, une fois l’an, au creux de l’actualité, les optimistes forcenés des dossiers spéciaux sur ‘l’Afrique qui bouge. […]’ Et si l’auteur concède que le cadavre “bouge encore” , c’est pour rétorquer aux optimistes qu’“à long terme, nous serons tous morts…”
Pour Stephen Smith, l’histoire de l’Afrique, celle-là même qui la condamne à ce destin tragique, se base sur une période de… dix ans. La vie et la mort d’un continent seraient donc appréciées à l’aune des faits s’étendant sur cette période durant laquelle l’auteur a pu, grâce à son métier de journaliste, observer tous les drames annonciateurs de l’Apocalypse, qu’il énumère, souligne et rappelle encore : le génocide rwandais avec le bilan de huit cent mille morts, trois millions de victimes de la guerre en République démocratique du Congo, trois cent mille morts au Burundi…
LE PROPOS NE SACRIFIE A AUCUNE NUANCE. RIEN QUI VIENNE RAPPELER QUE TOUTE L’AFRIQUE N’EST PAS A FEU ET A SANG, ET QUE LA VIE ORDINAIRE EXISTE AUSSI, EN D’INNOMBRABLES LIEUX, SUR CE CONTINENT, ET QUE DES MILLIONS DE PERSONNES S’ATTELLENT CHAQUE JOUR A LA FAIRE TRIOMPHER.
Mais ce que veut dire et démontrer Stephen Smith, c’est que les tragédies qui ont cours en Afrique relèvent d’une spécificité africaine. Résumé de la “pensée” et l’“explication” de l’auteur de Négrologie : les violences dans cette Afrique qualifiée de “paradis de la cruauté” et où les Africains “se bouffent entre eux” (sic) procéderaient d’une forme de déterminisme. L’Afrique – celle du Sud du Sahara, précise-t-on, avec une obsession raciale manifeste tout au long du livre – détiendrait donc, dans l’histoire de l’humanité, le funeste monopole de la violence avec une prédisposition “naturelle” à l’exercer...
Stephen Smith ignore-t-il volontairement l’infinie variété de violences commises par l’Occident – pour ne citer que cet exemple – contre les siens et les autres ? Devrait-on rappeler les horreurs si récentes de la Deuxième Guerre mondiale, la morbide comptabilité des horreurs et des victimes, sans compter les traumatismes et les rancœurs qui en sont issues et perdurent ? Quelle différence entre les “horreurs” des guerres en Afrique et celles du Kosovo ou de la Tchétchénie ? Si l’on se référait, ainsi que le fait Stephen Smith, aux violences commises par les hommes pour juger de l’imminence de la mort d’un pays ou d’un continent, l’Europe aurait plusieurs fois disparu de la surface du globe. Dans la compétition de l’horreur, nul ne sort gagnant…
Que veut donc démontrer Stephen Smith ? Devrait-on rappeler ici que l’Afrique est une terre d’humains, et que les Africains ne sont ni pires ni meilleurs que les autres ? A moins que l’auteur de Négrologie ne soit, comme d’autres avant lui, victime d’un syndrome bien connu : une forme de racisme tendant à angéliser les Africains, à “aimer l’Afrique” à tout prix, comme un paradis perdu et, donc, disposé à toutes les désillusions. Décidément aux prises avec ses obsessions, l’auteur de Négrologie indique, au nombre des dangers qui menacent l’Afrique, la résurgence de “fléaux ataviques” (sic), parmi lesquels… la tuberculose ! Opposant une “modernité”, dont l’Occident détient le modèle, à l’obscurantisme des traditions africaines, il fustige tout au long du livre l’émergence d’une revendication identitaire – “le mythe de l’homme noir” – qu’il estime être le seul argument que les Africains opposent à leur échec… Et l’on se demande dans quel songe tourmenté Stephen Smith a vu se répandre dans le monde cette nouvelle revendication qu’il qualifie de “repli identitaire” et qu’il juge néfaste et régressif en l’assimilant à “un racisme à l’envers” (cherchez l’endroit !).
On atteint des sommets, lorsque l’auteur écrit : “Si l’on remplaçait la population – à peu près équivalente – du Nigéria pétrolier par celle du Japon pauvre, ou celle de la République démocratique du Congo par celle de la France, il n’y aurait plus guère de souci à se faire pour l’avenir du ‘géant de l’Afrique noire’, ni de l’ex-Zaïre. De même, si six millions d’Israéliens pouvaient, par un échange standard démographique, prendre la place des Tchadiens à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait et une Mésopotamie africaine naîtrait sur les terres fertiles entre le Logone et le Chari. Qu’est-ce à dire ? Que les Africains sont des incapables pauvres d’esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement, leur civilisation matérielle, leur organisation sociale et leur culture politique constituent des freins au développement…” Stephen Smith se “lâche”. Expression délibérée d’un racisme ordinaire, “réhabilité”, rendu au domaine du politiquement correct ? A défaut d’une analyse sérieuse – replacée dans une rigoureuse historicité – des situations actuelles en Afrique, l’auteur de Négrologie a choisi d’user des poncifs les plus primaires pour dire “sa” vérité. Et, à le lire, les difficultés et drames auxquels l’Afrique fait face aujourd’hui s’expliquent par la nature, les Noirs étant ontologiquement prédisposés à l’échec, comme d’ailleurs, à la violence. Les négrologues sortent du bois…
Si la critique la plus utile aujourd’hui consiste à ne pas exonérer les Africains de leurs responsabilités, il est par ailleurs suspect de voir comment le propos de Négrologie évacue ou minore toutes les causes extérieures – pourtant majeures et déterminantes – du mal africain. Insidieusement, puis grossièrement, l’interprétation personnelle de l’histoire se transforme en une série de contre-vérités pour aboutir au pur révisionnisme, voire au plus scandaleux négationnisme. Le colonialisme ? Stephen Smith reprend à son compte, notamment, une citation d’Anatole France datant de 1906 et rendant hommage aux administrateurs coloniaux “qui, sous un climat perfide, se sont gardés de la mélancolie, de la fureur, des perversions mentales, des terreurs et des hallucinations homicides, ont su rester justes et modérés”. Selon Smith, “cet hommage a le mérite de mettre en relief la folie propre à un continent…” A coups de manipulations de citations d’auteurs détournés de leur contexte, il extirpe d’un livre du Centrafricain Jean-Paul Ngoupandé cette phrase: “Cette école coloniale ne valait-elle pas mille fois mieux que l’analphabétisme et l’ignorance dans lesquels nous étions plongés depuis des siècles dans certaines parties reculées du continent ?”
Conclusion de l’auteur de Négrologie : “La soumission de si vastes étendues outre-mer n’a été possible qu’en raison de l’important écart de civilisation entre colonisateurs et colonisés. Ceux-ci ne sont pas en retard parce qu’ils sont passés sous le joug colonial, mais l’inverse : ils ont été conquis aisément parce qu’ils étaient sous-développés…”
On pourrait donc en dire autant de tous les peuples dans le monde qui, à travers l’histoire, furent vaincus par des expéditions coloniales dévastatrices… La colonisation, cette violence systémique fondée sur la négation absolue de la liberté et de la détermination d’autrui, et qui constitue une des formes lourdes de la violence humaine – à l’instar de la guerre – se trouve, sous la plume de Stephen Smith, enfin justifiée et réhabilitée dans son droit et sa raison. Par ailleurs, Stephen Smith fait étrangement l’impasse sur le mensonge des indépendances et la structuration du système néo-colonial en Afrique francophone, avec ses implications dans le quotidien africain… Simplisme coupable, ignorance haineuse, ou vulgaire ignominie ? Voire. Révisionnisme, certainement.
Négationnisme aussi, lorsque l’auteur revisite les lieux de la traite négrière. Classique de la pensée négationniste, Stephen Smith met en doute les chiffres d’esclaves noirs victimes de cette entreprise : “La ponction démographique que les traites négrières ont représentée pour l’Afrique est disputée…” La traite négrière se résume, sous sa plume, au fait que “ce sont les Africains qui ont vendu d’autres Africains”. La maison des esclaves située sur l’Ile de Gorée, au Sénégal, est qualifiée d’“imposture” et de “falsification au profit d’une rente de situation”…
Autrement dit, la colonisation, la traite négrière ne sont, au regard de la situation actuelle de l’Afrique, qu’un “détail” de l’histoire, terme employé en France par Jean-Marie Le Pen, le leader du Front national (extrême droite), pour qualifier les chambres à gaz où furent exterminés des millions de Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.
Au terme de la lecture de ce livre, on pourrait conclure au drame de l’inculture, à l’imposture intellectuelle, à l’ineptie ou à une régression de la pensée. Mais, l’obsession raciale et raciste – que ne renierait pas, par endroits, le comte de Gobineau, auteur, en 1853, d’un Essai sur l’inégalité des races humaines – qui traverse tout le livre, et à laquelle s’ajoute une révision tendancieuse de l’histoire, semble relever d’une entreprise orientée. Et il n’échappera à personne que nombre de propos inscrits dans cet ouvrage édité en France tombent, normalement, sous le coup de la loi. On peut alors légitimement se demander si la communauté noire est aujourd’hui la seule à l’encontre de laquelle on peut exprimer les pires provocations et abjections en étant assuré de l’impunité ? Autre interrogation : à quelle “pensée”, montante ou rampante, ce livre est-il destiné ?
Car il est vrai que l’on sent se développer ici et là un courant négationniste, dont le but est d’absoudre les nations puissantes de certaines de leurs responsabilités dans l’histoire passée et, partant, au regard de l’état actuel du monde. L’Afrique, continent vaincu, en phase de pénible reconstruction, pauvre et démunie quant à sa capacité de “riposte médiatique”, serait alors une cible idéale pour une opération universelle de révision et de “blanchiment” de l’histoire. La conférence sur la traite négrière à Durban en 2000 illustrait bien ce refus des puissances occidentales de “reconnaître” cette massive agression perpétrée contre un continent et qui non seulement relevait du crime contre l’humanité, mais fut conçue et mise en œuvre sur des fondements idéologiques. Justifiée par le postulat de la “race (noire) inférieure”, la traite négrière fut conçue comme l’un des vecteurs participant de l’épanouissement du capitalisme…
Le livre Négrologie aurait pu être inutile. Il est dangereux, notamment dans une France où on assiste en certains lieux, à une réécriture insidieuse de l’histoire. En guise d’exemple, le manuel d’histoire actuellement à l’usage des élèves de classe de Première, dans les lycées français. Un manuel édité en 2003, dirigé par Guillaume Bourel et Marielle Chevalier. En page 60, en introduction au chapitre consacré à la colonisation, ce titre : “Pourquoi coloniser ?” Jules Ferry, père de l’école française et présenté comme l’un des maîtres à penser de la colonisation, est mis à contribution avec un texte intitulé “Jules Ferry justifie la colonisation”. Morceaux choisis : “Ce qui manque de plus en plus à notre grande industrie, ce sont les débouchés. […] Or ce programme est intimement lié à la politique coloniale. […] Il y a un point que je dois aborder, c’est le côté humanitaire et civilisateur de la question. Les races supérieures ont le devoir de civiliser les races inférieures. Je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur…” Page suivante, un texte daté de 1877, livré ici sans le moindre commentaire ou renvoi à un contexte déterminé, et ayant pour titre “une certaine vision des ‘races’ humaines”. Extrait : “C’est en vain que certains philanthropes ont essayé de prouver que l’espèce nègre est aussi intelligente que l’espèce blanche. Quelques rares exemples ne suffisent point pour prouver l’existence chez eux de grandes facultés intellectuelles. Un fait incontestable qui domine tous les autres, c’est qu’ils ont le cerveau plus rétréci, plus léger et moins volumineux que celui de l’espèce blanche, et comme, dans toute série animale, l’intelligence est en raison directe des dimensions du cerveau, du nombre et de la profondeur des circonvolutions, ce fait suffit pour prouver la supériorité de l’espèce blanche sur l’espèce noire…” Le reste à l’avenant, pour “éclairer” les élèves de France. Il y a vingt-cinq ans, ces écrits étaient archivés dans un excellent Dictionnaire de la bêtise. Aujourd’hui, en 2003, ils servent en France de support à une lecture “orientée” de l’histoire et du monde. Banalisation insidieuse des pans tragiques et des horreurs de l’histoire, promotion des tentations révisionnistes et des provocations irresponsables. Prenons garde aux conséquences toujours imprévisibles de ces aventures de l’esprit.
(1) Contrairement à ce qu’affirme Stephen Smith, le terme Négrologie, ne provient pas de son invention personnelle. S’il l’assimile volontiers à une provocation “personnelle”, le mot “négrologue” fut employé il y a plusieurs années par l’écrivain Stanislas Spero Adotevi dans son livre Négritude et Négrologues, dans lequel le terme est mis au service d’un travail d’une toute autre envergure
|
|
 |
 |
Mr smith de quoi avez-vous peur? |
|
ramses (
14/04/2004 14:32 à Ratisbon / Germany ) |
|
|
 |
 |
l'afrique c'est la notre!!! |
|
ramses (
14/04/2004 14:37 à Ratisbon / Germany ) |
Que l'afrique recule d'un siecle ou non pour rien je ne l'echangerai contre un autre continent!! L'afrique va mal,nous l'aimons malgre tout,car aimer c'est aussi assumer! |
|
 |
 |
Un raciste et ami des interahamwe |
|
NEZA (
14/04/2004 15:23 à Saint-orens-de-gameville / France ) |
Monsieur Smith est raciste , on le sait depuis longtemps vous avez q'à voir ses articles sur le Rwanda.
Jamais il dit la vérité , il ne reconnais pas le génocidé et il va tjrs cherché des sujets qui permet des brouillés les pistes sur l'implication de la France au Rwanda. moi je vous conseille de lire plus tôt l'inavouable de Patrick sait Exupéry. Vou aurais des informations et vous comprendre mieux pourquoi et pour qui mr Stephan travaille. Vive l'Afrique |
|
 |
 |
|
|
anna (
14/04/2004 16:25 à Milan / Italy ) |
C'est bien de faire des critiques. regardons les au delà de leurs aspects hideux. loin de nous inutile victimisme et rancoeur et je ne sais quoi d'autre. le regard europeen voit l'africain par rapport à ses standards et nous devons pouvoir vivre entre les 2 exactement comme le font les japonnais. Actuellement je pense que nous sommes un peu confus! Chaque peuple a ses qualites et defauts. Essayons de batir avec nos qualité et à notre rythme. Il faudra du temps certes mais commençons à semer. Peut-etre nos enfants ou petits enfants recolteront. Bonne chance à tous |
|
 |
 |
C de la publicité détournée pour négrologues |
|
Botibo (
14/04/2004 17:01 à Paris / France ) |
Smith...omanie incapable d'enquêter par exemple, deux ans après la tentative de putsch en C.I., sur le financement de la seule rebellion appelée "forces nouvelles". HRW a déjà sorti un rapport sur un pan de cette affaire.
Sans parler de la falsification de la vérité dans le drame Rwandais comme le fit, avant lui, le regretté Christian Baldensperger, alias Jean Hélène.
Pleurer sur les apparences, c'est bien. Pleurer sur les causes, c'est encore mieux! |
|
 |
 |
je suis blanche |
|
Sophie Grego (
14/04/2004 17:54 à Cambridge / United States ) |
je suis blanche mais cela ne m'empeche pas de m'interesser a ce qui se passe en afrique. j'ai lu le fameux livre mais pas en entier, j'etais ecoeuree. je trouve qu'il raconte beaucoup de cracs, un peu trop a mon gout. les seules verites qui sont dites le sont avec mepris et injures envers les africains. dire que les africains sont producteurs de rien et heritiers de peu me choque beaucoup. c'est vraiment dommage qu'on continue a s'attarder sur du superficiel au lieu de remonter dans le passe, beaucoup comprendrait comment l'afrique en est la aujourd'hui.
je ne vais pas m'attarder dessus car je suis vraiment ecoeuree quand je pense a ce con.
mais ce qui me depasse le plus, c'est le prix qu'il a recu pour cette infamie, c'est a croire que pour peu qu'on denigre les africains on est recompense en france, ou va le monde?
mon trophee n'a peut etre aucune valeur, mais je le decerne a Francois Xavier verschave et son equipe Survie pour le vrai travail scientifique et rigoureux qu'on peut lire dans Noir Silence ou dans la Francafrique.
Honte a la france qui se fait complice de tous les racistes, non fascites ambulants. j'invite vraiment les africains qui pensent que ceux qui incriminent l'occident sont parano, a lire ces deux ouvrages. ce n'est aps un mythe, il y a variment des choses epouvantables qui se passent en afrique. ok, vos dirigeants sont complices mais le peuple n'est pas complice et moi quand je dis : les africains, je parle du peuple, non des dirigeants.
d'ailleurs, en son temps plus lucide, le cher smith a ecrit un livre avec Antoine Glaser ou il disait la verite c'est l'afrique sans africains le titre.
mais bon, a vous qui restez sceptiques, je trouve que c'est vraiment dommage de reduire le probleme a la victimisation.
bien a vous,
Sophie
|
|
 |
 |
reaction |
|
florence ze (
14/04/2004 18:19 à Steenokkerzeel / Belgium ) |
c'est vraiment révoltant que des personnes comme stephen smith parle de l'afrique alors qu'il ne sait rien de l'Afrique; sait-il que c'est grace à l'Afrique qu'il bénéficie de certains privilèges dans son pays?je l'invite à lire les oeuvres d'un grand érudit japonais du vingtième siècle,Daisaku Ikéda, qui lui pense que le vingt et unième siècle c'est le siècle de l'afrique,alors qu'il n'a jamais été en Afrique.le problème c'est que les africains eux-même n'y croient pas. |
|
 |
 |
A Sophie |
|
(
14/04/2004 18:51 à / France ) |
Merci de votre cri du coeur, si poignant et si juste. Laloupo du Nouvel Afrique Asie a déjà répondu point par point à Smith. Le prix de France Télévision et les papiers de Smith au moment du 10e anniversaire du génocide des Tutsi donnent la mesure de l'AFFAIRE.
Verchave et Survie proposent suffisamment d'éléments pour comprendre la nature et l'ampleur du racisme et du complot qui en découle: même des millions de morts ne sauraient les arrêter.
Malheur aux esprits confus, ils seront manipulés puis écrasés.
Hope |
|
 |
 |
Il faut accepter la critique |
|
Vision (
14/04/2004 19:28 à / United States ) |
C'est Sa vision de l'Afrique. Et ma foi, il n'a pas trop tord. Il faut accepter la critique. C'est la seule maniere de progresser. Tous ces problemes sont bien reels. Je ne pense pas qu'il ment. Avec des gens comme vous qui refusent la critique, l'Afrique n'ira pas loin. D'ailleurs elle ne va nulle part ! |
|
 |
 |
prophete juif |
|
mariam abdullah (
14/04/2004 19:33 à Évry / France ) |
Eh oui mes freres et soeurs ne nos affolons pas ce n'est qu'un prophete juif ,vous savez du genre un messie qui delivre Israel des romains alors qu'Israel sera detruit et les Israeliens partiront en exile.ils predisent la mort de l'Afrique alors
qu'ils ont une peur bleu de ce continent ils ont conscience d'avoir fait leur possible pour l'assassiner...
Alors ils leur reste plus qu'a annoncer sa mort prochaine esperant que nous allons nous affoler....alors rions !ce prophete c'est tout simplement volontairement trompe de continent! |
|
 |
 |
Nombre de messages:
203 Pages:
1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11
|