 |
  |
| Frederick Douglass (1818-1895), esclave autodidacte devenu consul des Etats-Unis
|
| |
Né esclave, Frederick Douglass brisa ses chaînes pour devenir porte-parole de la lutte contre l'esclavage, membre de la société abolitionniste, éditeur de journal, puis consul des Etats-Unis |
| Par Paul Yange |
|
| |

Frederick Douglass
Frederick Douglass fut l'un des leaders noirs américains les plus importants du 19ème siècle. Né Frederic Augustus Washington Bailey vers 1818, il est le fils d’une esclave noire et probablement de son maître blanc. Sa mère décède alors qu’il n’a que 7 ans. Il vit à la campagne, sur la plantation de son maître. Son destin prend un tour nouveau lorsque son maître décide de le laisser partir vivre à Baltimore avec un certain Hugh Auld. A Baltimore, le très jeune Douglass est "stupéfait par la bonté de sa nouvelle maîtresse" qui est une femme au bon cœur. "Elle ne jugeait pas inconvenant qu’un esclave la regardât de face" écrira t-il plus tard.
 |
Comment un homme, six ans seulement après être sorti de ses chaînes, et qui n’était jamais allé à l’école pouvait-il parler avec une telle éloquence - avec une telle précision de langage et puissance de pensée ? |
 |
|
| Liberator, 1844 |
Peu de temps après son arrivée chez les Auld, Mme Auld avait commencé à enseigner l’alphabet à Douglass. Dès qu'il l’eut appris, Mme Auld l’aida à épeler des mots de trois ou quatre lettres. Malheureusement pour Douglass, c’est à ce moment que M Auld se rendit compte que sa femme apprenait l’alphabet à un esclave, et lui interdit d’en apprendre davantage : "Si tu donnes le doigt à un nègre, il te prendra le bras. Un nègre ne doit savoir qu’une chose : obéïr à son maître- faire ce qu’on lui dit de faire. Le savoir gâterait le meilleur nègre du monde. Or si tu enseignes à ce nègre (Douglass NDLR) à lire, il n’y aura plus moyen de le tenir. Cela le rendra à jamais inapte à l’esclavage. Il deviendra aussitôt incontrôlable et sans valeur pour son maître" (...) Sous l'influence de son mari, Mme Auld adopta donc le comportement caractéristique des possesseurs d’esclaves et son comportement à l’égard de Douglass changea. Mais les paroles de Auld avaient été une révélation pour Douglass qui comprit que l’apprentissage de la lecture était peut-être sa voie de salut. "Je comprenais à présent ce qui avait constitué pour moi une difficulté insondable- à savoir l'aptitude de l'homme Blanc à asservir l'homme noir. C’était un grand pas que j'appréciai hautement. Désormais je voyais la route menant de l’esclavage à la liberté."
|
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
Anna Murray Douglass 1ère épouse de Frederick Douglass
|
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

Douglass prit donc la résolution de continuer son apprentissage de la lecture seul. Il demeurera sept ans dans la famille de Hugh Auld et réussit pendant cette période à achever son apprentissage de la lecture. Il avait constaté à son arrivée à Baltimore que "l’esclave des villes était presqu’un homme libre par rapport à l’esclave des campagnes (..) Il reste un vestige de respect, un sentiment de honte qui contribue beaucoup à réprimer les pulsions de cruauté atroce si couramment exprimées sur la plantation (...) chaque propriétaire d’esclaves de la ville veille à ce qu’on dise qu’il nourrit bien ses esclaves". Dans cette atmosphère, Douglass se lia d’amitié avec les petits garçons blancs qu’il rencontrait dans les rues et grâce à leur aide, obtenue en différents moments et différents endroits, pu terminer son apprentissage de la lecture. Douglass découvrit parallèlement un livre, "The colombian Orator" dans lequel il tomba sur un discours appelé "le discours de Sheridan " qui provoqua chez lui un nouveau tourment : je pensais parfois que la lecture tenait en effet davantage de la malédiction que de la bénédiction. Elle m’avait offert un aperçu de ma misérable condition sans son remède " dira t-il.
 |
Si tu enseignes à ce nègre à lire, il n'y aura plus moyen de le tenir. Cela le rendra à jamais inapte à l'esclavage |
 |
|
| Hugh Auld, maître de Frederick Douglass, à sa femme |
Douglass était de plus en plus obsédé par sa condition. Il commença à s'intéresser à l’abolitionnisme, mot qu'il apprit à connaître en écoutant des conversations autour de lui. Douglass décida également d’apprendre à écrire, ce qu'il parvint à faire après plusieurs années d’apprentissage et de patience. Nous sommes approximativement en 1834. Au cours de l’année 1836, Douglass tenta de s'évader, mais la tentative d’évasion échoua après qu’elle ait été découverte au mois d'avril. Il passa une semaine en prison, puis fut libéré par Thomas Auld qui le renvoya à Baltimore.
Il décida de travailler à nouveau pour les Auld, puis conclut un accord avec Hugh Auld qui l'autorisa à travailler partiellement à son compte et à payer la location de la chambre dans laquelle il vivait. Parallèlement, Douglass rencontra Anna Murray qui deviendra sa femme. L'accord entre Douglass et Auld fonctionna correctement, mais une fois, Douglass fut incapable de payer Auld. Furieux, ce dernier rompit le contrat. Douglass pris la résolution de s'enfuir sous un délai de trois semaines. (Il avait commencé à fréquenter des Noirs libres à Baltimore et savait qu’il pouvait s'enfuir par bateau) Il emprunta de l’argent à Anna, puis se rendit à Philadelphie par train, puis par bateau (il voyageait sous l'identité d’un de ses amis, un noir libre de Baltimore). Arrivé à Philadelphie, Douglass ne s'y sentait pas en sécurité (les chasseurs d’esclaves fugitifs existaient) et partit pour New-York où il arriva finalement le 4 septembre 1838. Un nouveau monde s’offrait à lui. Quelques semaines plus tard, il devait s'installer à New Bedford dans le Massachusetts avec son épouse (qu'il avait rencontré à Baltimore et épousé à New-York) sous son nouveau nom, Frederick Douglass.
|
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
William Lloyd Garrison
©
pbs.org |
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

Continuant à se battre pour améliorer son éducation, Douglass rejoignit de nombreuses organisations à New Bedford, et se mit à fréquenter les réunions des abolitionnistes. Il s’abonna à l’hebdomadaire de William Lloyd Garrison, (un abolitionniste blanc très actif) "The Liberator". En 1841 il vit Garrison s'exprimer lors d’un discours à l’occasion de la réunion annuelle de la "Bristol Anti-Slavery Society". Douglass fut impressionné par ce discours. Garrison de son côté fut également impressionné par Douglass, qu’il cita dans "The Liberator". Plusieurs jours plus tard, Douglass devait prendre la parole lors d’un discours à l’occasion de la convention annuelle "l’Anti Slavery Society" à Nantucket. Douglass était debout sur le podium, tremblant de nervosité. Devant lui se tenaient en effet la fine fleur des abolitionnistes qui s’étaient déplacés à Nantucket. Agé de seulement 23 ans, Douglass surmonta sa nervosité et prononça avec une grande éloquence un discours émouvant sur l’esclavage.
 |
tuer un esclave, ou toute personne de couleur, dans le comté de Talbot dans l'Etat de Maryland n'est pas tenu pour un crime (...) M. Thomas Lanman, de St-Michael, a tué deux esclaves, dont l'un avec une hache, en la lui plantant dans la cervelle. Il avait coutume de se vanter d’avoir commis cet acte atroce et sanguinaire |
 |
|
| Frederick Douglass |
Un correspondant ayant assisté au discours de Frederick Douglass écrivit que les cœurs les plus durs avaient été percés et les cœurs les plus froids avaient fondu devant tant d'éloquence. Avant qu'il ne quitte la réunion, "l’Anti Slavery Society" demanda à Douglass de devenir conférencier pour la Société lors des trois années à venir. C’était le début d’une carrière de porte-parole et "speaker" qui allait continuer tout au long sa vie. Il devint un membre important du mouvement abolitionniste, capable par la puissance de son discours d'édifier les foules et d'imprimer dans les esprits toute l'inhumanité du sort réservé aux Noirs. Douglass se prononça contre le "retour" de certains esclaves libres en Afrique car il considérait que les Etats-Unis étaient la vraie patrie des esclaves. Il fit la tournée des Etats du Nord, racontant sa vie d’ex esclave et les atrocités commises au nom de l’esclavage. Toutefois, progressivement, certaines personnes se mirent à douter que Douglass fut un ex-esclave : comment quelqu’un qui n’avait jamais été à l’école, qui avait connu l’esclavage, pouvait-il s’exprimer avec une telle éloquence et une telle pertinence quelques années seulement après avoir brisé ses chaînes ?
|
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
"The North Star", le journal fondé par Frederick Douglass
|
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

Malgré la peur d'être reconnu au travers des détails biographiques qu’il donnait, Douglass décida d’écrire et publier son autobiographie "Narrative of the life of Frederick Douglass, an American slave, written by himself". Le livre devint un best-seller aux Etats-Unis et les éditions européennes se vendaient également très bien. C’était en 1845. Trois années plus tard, en 1848, après une série de conférences en Angleterre, en Irlande et en Ecosse, Douglass publia le premier numéro du "North Star", un hebdomadaire de 4 pages à Rochester, New-York où il s’était installé avec sa femme Anna et ses quatre enfants. (A la suite de ses conférences, deux de ses amis anglais avaient réunis assez d’argent pour acheter sa liberté (esclave en fuite, Douglass était toujours susceptible d’être arrêté dans les Etats pratiquant encore l’esclavage). Le 5 décembre 1846 Hugh Auld signa les papiers déclarant le jeune homme de 28 ans libre…(Douglass apprécia le geste même si en tant qu’abolitionniste il ne reconnaissait pas le droit de Hugh Auld à être son "propriétaire").
 |
Nos journaux sont défigurés par les horreurs atroces du lynchage. Le phénomène n'est plus seulement local, mais national, n'est plus confiné au Sud, mais a envahi le Nord |
 |
|
| Frederick Douglass, The lessons of the Hour |
Douglass débuta ensuite une carrière d’éditeur. Après des débuts difficiles, le "North Star" commença à s’autofinancer. Il avait surmonté sa période difficile grâce à l’aide de Julia Griffiths, une amie blanche anglaise de Douglass qui avait récolté assez d’argent pour contribuer au lancement du journal. Ce dernier vivra jusqu’en 1863 (il aura changé de nom en 1851 pour s’appeler le "Frederick Douglass' paper"). Ce journal symbolisait la capacité des Noirs à atteindre tout but qu’ils se fixaient. Ce journal avait permis à Douglass d’être plus indépendant vis à vis des abolitionnistes et de devenir l'éditeur du journal noir le plus connu des Etats-Unis. Un scandale éclatera en 1848 lorsque Julia Griffiths commencera à travailler aux côtés de Douglass s’occupant des finances de son journal, organisant ses tournées et devenant sa plus proche collaboratrice. Les habitants de Rochester s’habituèrent à voir le porte parole noir et la jeune femme blanche marcher bras dessus dessous dans les rues de la ville. Les rumeurs se répandirent d’autant plus rapidement que Griffiths habitait dans la maison de Douglass et de son épouse. En 1852 Griffiths quitta la maison de Douglass pour lui éviter d’autres embarras. Elle demeura une proche associée de Douglass jusqu’à son retour en Angleterre en 1855.
|
 |
|
 |
|
 |
 |
 |
 |
 |
|
 |
 |
Douglass (5ème en partant de la droite) en compagnie du 23ème président des Etats-Unis Benjamin Harrison assiste à une cérémonie avec le maire et des vétérans de la guerre de secéssion
|
 |
 |
|
 |
|
 |
|
 |
 |
|
|

Depuis qu'il l'avait rencontré en 1841, William Lloyd Garrison, le leader abolitionniste blanc avait été le mentor de Douglass. Mais leurs vues commencèrent à diverger. Garrison représentait la branche la plus radicale du spectre abolitionniste et pensait que les Etats-Unis devaient se dissoudre, et que la constitution américaine était pro-esclavagiste. Après sa tournée européenne et le lancement de son journal, les vues de Douglass commencèrent à évoluer : il devenait plus indépendant et plus pragmatique. En 1851, Douglass déclara lors d'une réunion à Syracuse dans l'Etat de New-York qu’il ne pensait pas que la constitution américaine était pro-esclavagiste et qu’elle pouvait même être appliquée "de façon à favoriser l’émancipation, particulièrement dans les endroits étant sous la juridiction exclusive du gouvernement fédéral". Douglass ne prônait pas non plus la partition des Etats-Unis pensant qu'elle isolerait les esclaves du Sud. Ces divergences idéologiques menèrent à un clash entre Douglass et Garrison qui continua jusqu’à la guerre de sécession malgré les efforts de leurs relations communes comme Harriet Beecher Stowe pour les réconcilier.
Au cours des années 1850, Douglass commença à soutenir de plus en plus ouvertement le droit des esclaves à se libérer par la violence, publia sa seconde autobiographie intitulée "My bondage and my freedom". Le 4 juillet 1852, il prononça un discours resté fameux dans lequel il stigmatisait "la supercherie que constitue cette fête nationale qui dissimule l’ignominie des pratiques esclavagistes". En 1858 il séjourna chez l'abolitionniste blanc John Brown qui sera pendu un an plus tard pour avoir essayé de s’emparer d’une fabrique d’armes fédérale afin d’armer des esclaves noirs et de provoquer leur insurrection. Douglass est obligé de s’enfuir car il a échangé une correspondance avec Brown qui lui avait demandé de participer au plan, ce qu’il avait refusé. Il effectua une série de conférences pendant six mois en Angleterre avant de revenir en 1860 suite à la mort de sa fille Annie. Il soutint la candidature d’Abraham Lincoln pendant la campagne présidentielle, appella les Noirs à s’engager au côté de l’Union au début de la guerre de sécession, recruta plus de 100 soldats pour le régiment noir, mais protesta contre les discriminations frappant les soldats noirs au sein de l’armée.
|

En 1865 l’esclavage fut aboli par le XIIIè amendement de la constitution américaine. En 1866 , Douglass réclame le droit de vote pour les esclaves, soutenu par la Société anti-esclavagiste. En 1869, il se félicite du vote du XVè amendement accordant les droits civiques aux gens "de couleur". Il s'installe à Washington après l'incendie criminel de sa maison de Rochester, est pendant 4 ans Marshall du district de Columbia, publie en 1881 sa troisième autobiographie intitulée "The Life and Times of Frederick Douglass". Après la mort de sa femme Anna en 1882 des suites d’une longue maladie, Douglass épouse Helen Pitts son ancienne secrétaire blanche, puis visite des pays comme la France, l’Italie, l’Egypte, la Grèce en compagnie d’Helen. En 1883, un recul des droits des Noirs est observé puisque la cour suprême a annulé la loi sur les droits civiques interdisant la discrimination contre les Noirs dans des lieux publics. En 1889, Douglass est nommé Consul général en Haïti, mais démissionne suite à l’annexion du Môle Saint-Nicolas par les Etats-Unis. En 1894, il prononce son dernier grand discours "The Lessons of the Hour", une amère analyse du lynchage, qui est à l’époque une pratique horriblement banale aux Etats-Unis. Il décède le 20 février 1895 à Cedar Hill et est enterré à Rochester. Ainsi mourut Frederick Douglass, esclave qui avait réussi à devenir par sa ténacité et son intelligence l'une des figures marquantes de l'abolitionnisme aux Etats-Unis.
|

|

|

|
|
|
  |
 |
|
Ecrire
une réaction
|
Frederick Douglass (1818-1895), esclave autodidacte devenu consul des Etats-Unis |
Nombre de messages:
23
Pages:
1 2
la determination des noires |
|
arbrun alezy (
19/04/2004 04:44 ) |
je tiens tout d'abord ate remercier pour cet article si enrichissant.j'ai ete tres content de lire cet article ,ca a auguemente mes connaissances sur l'etudes des noirs .Jai etudie pendant 4 ans a la faculte specialement sur les noirs j'ai ne jamais enttendu parle de Douglas, grace a ton article j'ai pu m'enrichir merci beaucoup de tout coeur,felicitation |
|
 |
 |
|
|
(
19/04/2004 10:20 ) |
vous me donne l impression de traiter des question qui touchent a l esclavage avec une telle legerete que cela me met mal a l aise j ai meme l impression que vous ne voyez pas le cote honteux de la chose vous semblez meme trouvez de la sympatie pour les esclavagistes. ...vous preferez a ce terme" professeur d esclaves"...c pareil vous repetez que douglas en arrivant en ville a frequente les blcs faut croire qu il etait le seul noir a avoir appris a lire a l epoque et par consequent il pouvait frequenter aucun autre noir qui aurait pu l apprendre a lire...c une histoire raconter a mon avis par unblcs quant on est mauvais c a cause de ce que l on est , et le contraire c grasse a eux...ben voyons vous croez ke des gens suffisemment sauvages pour detuire tout un peuple peuvent etres aussi bon en meme temps moi j en doute....de toute maniere c mieux comme ca |
|
 |
 |
Des centaines, des milliers de Frederick Douglass |
|
Kamatari (
19/04/2004 10:43 ) |
L'article est fort intéressant à plus d'un titre.
Il révèle encore un peu plus ce qu'est l'Amérique, du nord au sud. Quand on y pense, il n'y a pas beaucoup de différences entre hier et aujourd'hui comme dans l'Union sud africaine.
Je suis sûr que de tels personnages ont existé et existent par milliers à chaque siècle voire à chaque décennie. Les domaines où les Noirs américains ont excellé sont surtout les techniques et les sciences. les problèmes qui se posent sont toujours la reconnaissance des auteurs et leur propriété en les faisant acter pour un esclave ou un Noir tout court.
Le handicap majeur dans la vie du Noir américain nord-sud fut et reste la Bible, fondement de l'esclavagisme, et ses inférences. Encore une fois, je m'étonne de ctte demi-transparence que nous trouvons dans cette Amérique anglo-saxonne versus l'Amérique latine. |
|
 |
 |
Je précise ... |
|
Kamatari (
19/04/2004 11:00 ) |
La contribution indéniable de certains milieux religieux et blancs surtout du nord des USA à l'abolition de l'esclavage ne peut être occultée ni prise pour insignifiante. Au contraire et il faut la louer et lui en savoir gré.
Ce qu'il faut retenir c'est la sensibilité et les sentiments profonds que ces milieux avaient de l'être humain quel qu'en soit sa couleur. Ceci, même si d'autres motivations pouvaient jouer en faveur ou non du respect humain.
Cette lutte entre "le bien et le mal" continue comme dans la fameuse mythologie brahmique. |
|
 |
 |
Réel impact sur l'Histoire... |
|
Peter De Villbis (
19/04/2004 13:52 ) |
Je découvre ce remarquable personnage, grâce à Grioo.
Mais je suis toujours surpris par la solitude de tels personnages dans la communauté Noire.
On a toujours l'impression qu'ils ont vécu dans leur époque un combat vain. Ils ont lutté contre le système, sans un réel soutien des leurs, sans un réel impact sur la durée...
Finalement, c'est toujours ainsi quand on parle de l'histoire contemporaine des Noirs, des personnages illustres, mais dont la portée ne dépasse pas une décennie après leur mort... |
|
 |
 |
impact sur l'histoire |
|
Redaction (
19/04/2004 14:12 ) |
Frederick Douglass a eu un impact sur l'histoire, notamment grâce à ses autobiographies (il est certainement possible de les trouver dans des bibliotheques) qui donnaient le point de vue d'un esclave et racontaient l'esclavage dans toute son horreur. Elles sont toujours utilisées par les chercheurs dans les travaux sur les conditions de vie des esclaves aux Etats-Unis.
Il a vécu au 19ème siècle, ce qui explique qu'on parle moins de lui aujourd'hui sachant qu'il y a eu beaucoup de leaders noirs qui ont vécu après lui au 20ème siècle aux Etats-Unis (Luther King, Malcolm X...etc)
Un film du genre "racines" sur sa vie serait certainement interessant. |
|
 |
 |
Impact sur l'histoire |
|
Kamatari (
19/04/2004 17:07 ) |
Il est indéniable que pour un problème ségrégationiste, de jalousie si l'on préfère, l'historien, généralement Blanc, n'a pas tpujours cru bon d'insérer certains personnages Noirs Américains dans la trame de l'Histoire avec un grand H.
Les guerres américaines ont connu des héros dont la saga fairait pâlir le dieu Shiva lui-même.
J'ai su qui était Alex Dumas qu'en sortant de l'école sécondaire car nul part, dans sa bibliographie, on ne précisait qui, réellement, il était!
Combien savent qu'un des plus grands, le plus fameux des scouts et trappeurs des USA était un Noir?
|
|
 |
 |
Quand même |
|
Didier (
20/04/2004 18:06 ) |
surprennant que l´on fasse 4 ans d´études sans jamais avoir entendu parlé ou lu F. Douglass!!
Je suis curieux de savoir ou est-ce-que Mr/Mme/Mlle arbrun alezy a étudié.
Lorsqu´on parle de l´esclavage et l´abolitionisme aux USA on ne peut ne pas évoquer F. Douglass. Il s´est d´ailleurs fait remarquer comme un combattant et ses autobiographies (que l´on peut trouver ici http://textual.net/access.gutenberg/Frederick.Douglass).
F. Douglass prouve aussi qu´il a existé des noirs qui ont combattu pour LEUR libération, et que le fait d´abollir l´esclavage n´était pas seulement le résultat d´une certaine "philantropie".
Des bons exemples de personnalités noires aux USA il y en a, Zora Neale Hurston, Toni, Morrison, Alice Walker et j´en passe... Il faut seulement en parler d´elle! |
|
 |
 |
|
|
(
20/04/2004 18:56 ) |
A ces noms de "Noirs illustres" généralement inconnus, je rajouterai volontiers Prince Hall, celui qui a " créé " la franc-maconnerie noire (la très fameuse loge 459) du Massassuchets |
|
 |
 |
on ne voit que ce que l on veut bien voir |
|
(
20/04/2004 21:53 ) |
peter de vilibis devrait alle faire un tour au etats unis cela lui ouvrirai surement les yeux que de reste chez lui a ecouter les medias europeens |
|
 |
 |
USA OK what about elsewhere? |
|
Kamatari (
21/04/2004 13:07 ) |
Ce qui est interpèle le plus dans cette narration n'est pas seulement ce que nous pouvons trouver aux USA où les archives existent et où le travail de mémoire est sérieux.
Je me pose la question sur la situation dans d'autres lieux d'esclavagisme ou de forte colonisation.
|
|
 |
 |
une leçon d'histoire |
|
Motasawa Ekollo (
25/04/2004 19:28 ) |
Chèrs amis
Merci pour cette véritable leçon d'histoire que les faiseurs d'Histoire occidentaux nous toujours cachée.
Continuez votre travail d'Exploration.
Nous finirons par tout savoir des mensonges de ceux qui se reconnaîtrons au travers de la pertinence de vos recherches.
Bientôt, la société bien pensante américaine sera obligée d'admettre qu'un Afro -Américain doit être à leur Maison dite blanche bien que rouge du sang des Africains et des Indiens.
Je note aussi que ces Blancs nous obligent à nous reconnaître comme hommes de couleur. Mais Putain de Merde!!! De quelle couleur sont ces blancs? Ils continuent de croire que tout ce qui n'est pas blanc est couleur. De ce constat-là, il ne peut avoir de ''couleur'' de référence que le blanc. Je refuse cette conception des choses. Reprenez un Blanc à chaque fois qu'il vous appellera homme de couleur. Et puis la couleur est une pure invention car autant l'Occidental n'est pas blanc ni l'Asiatique jaune, autant l'Africain n'est pas noir ni l'Indien rouge. Ne pas réagir serait
de notre part un silence coupable.
Merci encore et encore et à bientôt.
Motasawa Ekollo Djemba from Lille. |
|
 |
 |
rectificatif |
|
motasawa (
25/04/2004 19:40 ) |
A ma précédente réaction, 1er paragraphe, lisez plutôt : .... les mensonges que les faiseurs d'Histoire Occidentaux nous ONT toujours cachées.
Merci de votre indulgence. |
|
 |
 |
|
|
(
25/04/2004 21:20 ) |
c est lamentable |
|
 |
 |
neobantou |
|
(
30/04/2004 19:54 ) |
très enrichissant comme article...
j'avoue que je ne le connaissais pas; peut etre parce qu'il n'a pas été autant médiatisé que malcom x ou luther king..
J'ai juste une question cependant : pourquoi nos grands leaders finissent ils toujours par épouser des blaches? |
|
 |
 |
Pro (et peu) ou prou |
|
Kamatari (
01/05/2004 10:49 ) |
C'est un fait certain que l'Occident européen vient d'occuper une place prépondérante dans l'histoire de l'humanité durant ces derniers 15 siècles. La part prise par les autres civilisations, même africaines ne peut être niée.
Toutefois, il est indéniable que l'occident, dans son initiation, ne part pas de rien et ne peut prétendre qu'il a tout fait tout seul, même intellectuellement.
On dit que le coq qui chante aujourd'hui a commencé dans l'oeuf. Il faut le feu premier, l'étincelle, la bouture (booster) qui embrase le fagot.
Prenons simplement le facteur religieux de l'occident; il vient du Proche orient, dit-on. Or, tout a été fait pour savoir les origines véritables de cette dimension hautement humaine dans son concept premier. Inéxorablement, ce principe part de l'Egypte des Africains, noirs de surcroît. L'histoire d'Abraham ou de Moïse et bien d'autres confirme ce fait aussi sûrement que l'existence du Nil.
Contrairement à ce qui a été dit, les Egyptiens n'étaient pas polythéistes mais avaient plusieurs confessions religieuses qui étaient souvent en conflit pour l'éternel problème des prêtres défendant leur chapelle. Ceci fait penser que l'Egypte était multi-ethnique pour parodier le parlé actuel. L'écriture idéographique, une première des premières, suggère aussi qu'elle fut ainsi pour la rendre transparente.
Si on considère les sciences, il y a lieu de rappeler que, des civilisations grecques à celles des Arabes en passant par les Romains, leurs sources d'inspirations ou d'instructions furent l'Egypte in extenso. La plupart des philosophes et des mathématiciens grecs se rendirent en Egypte pour leurs formations, un peu comme hier et aujourd'hui, les non-européens vont en Europe ou aux USA pour étudier(NB: les Européens se rendent aux USA pour aussi parfaire leurs connaissances). L'Egypte fut le vivier des connaissances de l'Antiquité.
Dire que l'Ancienne Egypte est de culture essentiellement noire n'est plus une idée saugrenue. Le seul problème qui subsiste est de déterminer sa propre origine. Est-elle endogène ou exogène? En toute logique et de par sa propre mythologie, elle est extérieure par son avénénement. Elle a établi une conjonction partant du sud nilotique et de l'ouest sahélien et dans une certaine mesure du nord pour le cas du delta du fleuve Nil.
Pour moi et pour bien d'autres, la partie méridionale est la plus marquante (c'est la patrie d'Osiris). Celle-ci est tributaire de ce qui s'est passé le lng du Nil jusqu'à ses sources.
Quand un pharaon organise des expédition pour reconnaître ses origines, il le nomme le pays du Pount(u), disent les anciens Grecs. L'expédition ramène des animaux sauvages (giraffes, etc) et des hommes de grande taille et surtout d'autres petits de taille et qui dansent comme des dieux. Ceci implique que le sud égyptien et la région soudanaise, adorateur du Dieu Amon représenté par le mouton, est de culture bantoue tout simplement.
Il se fait aussi, qu'en ces temps, les leaders du monde aimaient épouser les filles égyptiennes pour faire bien ou par alliance. |
|
 |
 |
d'accord avec le dernier message de kamatari |
|
(
02/05/2004 21:41 ) |
dans la "recherche de connaissance de soi et d'affirmation/identification" de la nouvelle génération de blacks de france, peut-être faudrait-il " revisiter nos classiques " : je suis quasi certain qu'on trouvera matière à inspiration
|
|
 |
 |
Felicitations ! |
|
Chistiane (
05/11/2004 02:19 ) |
Je suis très contente de lire cet article , aussi de voir que pendant cette période douloureuse de l'histoire il y a eu des grandes figures noires qui ont donné de l'espoir et du courage aux leurs.C'est un exemple de bravoure et d'intelligence.
Thanks. |
|
 |
 |
Allez d'avantage.... |
|
Charles (
06/12/2004 18:04 ) |
Premierement, je voudrais remercier l'equipe de grioo.com pour leur travail exceptionel en matiere d'information et je peux dire d'education en faveur pour la communaute africaine.
Il y a un lot de mensonge et
mauvaise education que l'on a recu particulierement (Je). Quand je pense a mon education scolaire que j'ai recu en Afrique, il semble qu'ont voulait nous faire perceived que l'occident est le centre des super-civilisations. Mais en realite, j'ai decouvert que nous aussi avions ete intelligents.
Ceux qui ne savent pas que nous sommes en "guerre contre l'Europe" sont inconscious.
Merci et je vous souhaite bonne chance dans vos enterprises. |
|
 |
 |
La lecon de l´idole Douglas |
|
Musengeshi Katata (
30/09/2005 11:11 ) |
Personne ne doute que les noirs se soient défendus contre l´esclavage, F. Douglas en est la preuve, comme beaucoup d´autres. Et s´il fut autodidacte, cela ne prouve que d´autant mieux le cri de la liberté qui l´étreignait: avec ou sans école, la volonté de liberté l´a poussé à se structurer lui même afin de porter son combat à bonne fin. Lorsqu´on parcourt l´histoire africaine attentivement, elle est peuplée de cris de révoltes, de larmes interminables. Il est bon de connaître tous ces combattants, leur vie, leurs pensées; mais plus important encore est la lecon que nous en tirons. Et au delà de ses conclusions, définir comment nous nous organisons pour sauvegarder notre liberté, l´intégrité de notre souveraineté, et le plus important: notre réalisation sensible, culturelle, sociohistorique. Car selon toute évidence, si aujourd´hui les blancs se cachent sous des slogans vides et sournois, les inégalités, elles, instaurées par leur passé criminel se perpétuent dans le temps et dans l´espace. Et cette domination raffinée de l´économie internationale ayant pour but de perpétuer leur hégémonie issue de l´esclavage immonde et de la colonisation, ce qui creuse de jour en jour plus grand le fossé qui nous sépare. Ceci ne rend que plus impératif le combat évident de l´homme noir. Selon toute évidence, l´homme blanc ne veut pas lâcher son esclave. Il serait grand temps de briser les rênes définitivement. |
|
 |
 |
Nombre de messages:
23 Pages:
1 2
|