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| L'esclavage : un système économique abouti
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Découvrez l'économie de la traite des esclaves |
| Par Belinda Tshibwabwa Mwa Bay |
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Esclaves employés à l'extraction des diamants, Minas Gerais, Brésil, 1812.
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Chap. I. "De l’esclavage des Nègres"
Contrairement à ce que l’histoire de la traite et de l’esclavage laisse à penser, le trafic négrier et l’asservissement des peuples noirs ont été des opportunités et des enjeux économiques avant de devenir des systèmes de pensée. Autrement dit, ce n’est pas le racisme qui a provoqué l’esclavage et la traite, mais c’est la mise en place d’un système économique lucratif, qui a entraîné la déshumanisation d’une catégorie d’hommes et leur réduction au rang d’objets. Les Africains sont devenus des " Nègres" parce que les Européens voulaient des esclaves, et ensuite ils sont devenus des esclaves parce qu’ils étaient des " Nègres ". L’exploitation d’hommes par d’autres hommes a nécessité, après coup, la construction d’un système de représentations qui permettait sa justification morale et formelle.
Afin qu’il existe des maîtres et des esclaves, il a fallu démontrer la supériorité et l’infériorité " naturelles " des uns et des autres, en leur conférant un cadre symbolique ( la race) et institutionnel (la traite négrière et l’esclavage) La " race noire " était un prétexte, une invention qui a servi à légitimer la traite, l’esclavage puis le colonialisme. Elle a été façonnée et définie au fil des siècles, à partir de théories et de justifications religieuses, philosophiques, scientistes, sociales, politiques, juridiques et économiques. Elle est devenue à ce point indissociable de la représentation biologique, morale et hiérarchique des individus, qu’elle a survécu aux institutions qui lui ont donné naissance, qu’elle a traversé les siècles et les générations, et reste vive dans notre inconscient collectif. La traite négrière puis l’esclavage, ont permis à la civilisation occidentale, celle de l’Europe et celle des Amériques, d’établir une corrélation, une causalité, mieux, une confusion, entre la couleur des Noirs et la condition servile. Elle a bâti ses intérêts et abrité sa conscience derrière un postulat simple, érigé en "loi naturelle ": Le Nègre ne peut être autre chose qu’un esclave, et un esclave ne peut être autre chose qu’un Nègre.
L’alibi théologique. 1550-1551. La controverse de Valladolid fait rage. Le moine dominicain Bartholomé de Las Casas plaide devant les représentants du Saint-siège la cause des Indiens, et dénonce les atrocités que leur infligent conquistadors et colons espagnols. Pour les gouvernants et les hommes d’église, l’enjeu de ce débat est moins de déterminer si les Indiens ont une âme ou non, mais bien d’assurer aux colons une main-d’œuvre pour leurs plantations et leurs mines. |
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Africae nova descriptio. - W. & J. Blaeu, ca.1634-1664.
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Le moine dominicain propose alors de substituer l’asservissement des Indiens par l’esclavage des Nègres, qu’il juge inférieurs aux autochtones des Amériques, et dont il vante : « l’ incroyable robustesse ». Bartholomé de Las Casas est considéré par la plupart des historiens, comme celui qui a " signé " l’arrêt officiel de déportation massive des Africains vers le Nouveau monde, à une époque où ce phénomène était encore marginal. De fait, pour l’Eglise et la Papauté, la traite et l’esclavage des Nègres n’avaient au départ d’autre motivation que les profits économiques liés à la découverte et à l’exploitation du Nouveau monde.
C’est seulement par la suite que le discours théologique va prendre forme, pour " bénir " et légitimer le commerce et la servitude des Nègres. Il va essentiellement s’appuyer sur le récit biblique de la malédiction de la descendance de Cham, père de Canaan, fils de Noé, qui vit la nudité de son père, et pour ce, fut condamné à être : « pour ses frères, le dernier des esclaves ». Le "noircissement ", au propre comme au figuré, de la descendance de Cham dans le langage ecclésiastique, avait commencé dès l’époque gréco-romaine. Les exégèses bibliques, par une logique " impénétrable ", déplacèrent Canaan de la Palestine pour situer la lignée de Cham au-delà de l’Egypte, dans une région dont la caractère lointain et totalement inconnu, enflammait l’imagination et suscitait terreurs et délires de toutes sortes. Les Européens débarquèrent donc sur les côtes africaines, précédés par ces fantasmes, que l’Eglise romaine apostolique, Anglicane, puis l’ensemble des mouvements protestants, achevèrent d’ériger en vérité. Vérité qu’ils prêchèrent inlassablement, en justifiant l’esclavage par la malédiction, et en accomplissant cette malédiction (c’est-à-dire la volonté de Dieu) par l’esclavage. La malédiction de Cham devint donc l’argument fondamental de tous les esclavagistes.
La désinvolture philosophique. Que penser du silence et de l’insouciance quasi-générale des grands penseurs du " siècle des lumières ", chantres d’un nouvel humanisme "universel ", face à la question et à la pratique de l’esclavage ? Que pour eux aussi, la raison économique primait sur le principe d’humanité, et que surtout, ce principe ne s’appliquait pas aux Nègres. L’ambiguïté du discours des philosophes français pourrait se résumer ainsi: L’esclavage est un mal nécessaire. C’est une institution barbare, mais elle est juste pour certains hommes.
Montesquieu, dans L’esprit des lois, est certainement celui qui illustre le mieux ce double langage. Il décrète que l’esclavage est inadmissible dans les sociétés européennes :« Inutilité de l’esclavage parmi nous » ; mais qu’il est justifié pour d’autres sociétés : « Il faut borner la servitude naturelle à certains pays particuliers de la terre », « Il y a des pays où la chaleur énerve le corps et affaiblit si fort le courage que les hommes ne sont portés à un devoir pénible que par la crainte du châtiment : l’esclavage y choque donc moins la raison ». |
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Armoiries de la Compagnie des Indes Occidentales, 1664
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Le philosophe fonde l'esclavage sur la raison économique : « le sucre coûterait très cher si on ne faisait pas travailler des esclaves dans les plantations ». Et dans le souci de mettre en accord le droit avec la raison économique, il énumère les conditions dans lesquelles il est permis au maître d'ôter la vie à l'esclave. Ultime argument : « ces individus sont noirs, des pieds à la tête, et ils ont le nez tellement écrasé qu'il est presque impossible de les plaindre ».
La preuve scientifique. La science a longtemps hésité avant de retirer les Nègres de la catégorie des bêtes, pour les replacer dans celle des hommes, mais avec toutefois, fort nuances et restrictions. Dès sa genèse, le concept de " races humaines " s’est construit autour de la notion de hiérarchie. Il est apparu à la fin du 17ième siècle, mais c’est au 18ième siècle que le premier grand " classement " et les principaux schémas sur lesquels s’appuieront toutes les théories raciales, seront élaborés par le médecin et botaniste suédois Charles Linné, qui publie en 1735, un Systema Naturae qui aura un immense retentissement. L’humanité y est subdivisée en 4 grands groupes différenciés, appelés " type ", établis selon des critères où se mêlent inextricablement, caractères physiques et moraux, us et coutumes.
L’Africain y est décrit comme : « Noir, indolent, de mœurs dissolues ; cheveux noirs crépues ; peau huileuse ; nez simien ; lèvres grosses ; femmes ont le repli de la pudeur, des mamelles pendantes ; vagabond, paresseux, négligent ; s’enduit de graisse ; est régi par l’arbitraire. » Par contre l’homme de race blanche est : « Blanc, sanguin, ardent, cheveux blonds, abondants ; yeux bleus ; léger, fin, ingénieux ; porte des vêtements étroits ; est régi par les lois. » Ces théories racialistes s’inscrivent dans un contexte d’exploration, de conquête et de colonisation du monde par la civilisation occidentale. Elles ont pour ambitions de trouver une cause " naturelle " à la supériorité des Blancs, donc une cause tout aussi naturelle à l’infériorité des autres peuples. Les traités sur la hiérarchie des races, parmi lesquels se trouve le célèbre Essai sur l’inégalité des races humaines du comte Joseph-Arthur de Gobineau, vont se multiplier comme des petits pains au 18ième et 19ième siècle, apportant de l’eau au moulin intarissable des défenseurs de la traite et de l’esclavage.
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Pont arrière du bateau négrier anglais "le wildfire", 1860
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La raison politique. La traite et l’esclavage se sont imposés et ont perduré pour des raisons économiques. Ils étaient étroitement liés à la course pour la colonisation du Nouveau monde, que se livraient entre-elles les nations européennes. Le commerce négrier a toujours été réglementé par les gouvernants, car il était un monopole royal. Les gouvernements européens faisaient sous-traiter ce commerce par des entreprises de transport et commerce maritimes, privés pour la plupart, dont la célèbre Compagnie française des Indes occidentales, la Compagnie du Sénégal et la Compagnie de Guinée, qui décrocha pour la France en 1701, l’exclusivité de l’Asiento espagnol. L’Asiento était un " contrat d’utilité publique ", une licence accordée par les Rois d’Espagne, qui fixait la déportation aux Amériques, d’un nombre déterminé de Nègres pendant un certain nombre d’années.
L’Asiento Gaverrod, accordé à un financier flamand, marque le début de la sous-traitance à grande échelle, car le roi Charles Quint passe commande de 4 000 Nègres pour ses colonies. Les contrats et leurs comptabilités portaient sur du bois d’ébène, des pièces d’Inde ou plus ouvertement, des Têtes de nègres. Les gouvernements européens, soucieux de faciliter le troc négrier, consentaient à ces compagnies des abattements allant jusqu’à 50% sur les taxes, si les marchandises avaient pour origine le commerce d’esclaves. Ce qui ne constituait en rien une perte, car le trafic négrier était tellement rentable, à court et à long terme, que tous les protagonistes de ce commerce, dont une majorité d’actionnaires de la noblesse, de la grande et de la petite bourgeoisie européenne, étaient assurés d’avoir leur part du gâteau.
La logique économique à l’œuvre durant près de 4 siècles (le dernier bateau négrier est arrivé à Cuba en 1873), a arraché des dizaines de millions de personnes, dont au moins un quart ont péri au cours de la persécution et la réclusion de la traversée maritime. En réalité nous ne connaîtrons certainement jamais l’étendue du massacre. Mais pour les Africains qui y ont survécu, la traversée de Kalunga ( le grand océan), n’a été que la première étape de leur descente aux enfers. |
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Gravure publicitaire d’une compagnie de tabac, Virginie, Sud des Etats unis,18ième siècle.
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Chap. II. L’esclavage : Un système capitaliste abouti
Le produit. Dès sa capture, l’esclave devenait une marchandise dont le " conditionnement " avait une répercussion non négligeable sur le prix de vente. Tous les 3 à 4 jours, les Africains entassés au fond des bateaux négriers étaient remontés sur le pont par petits groupes, afin de détendre leurs membres ankylosés à cause de leur disposition, allongée, accroupie ou assise pour un meilleur gain de places, dans l’obscurité et l’étroitesse des cales. On les obligeait alors à danser, au rythme du fouet, pour raffermir leurs muscles. Ils recevaient 2 fois par jour un bol de soupe de fève et une ration d’eau. Les soins médicaux étaient abondants, et il y avait toujours un médecin à bord, qui avec des recettes de grand-mère, était chargé d’enrayer les épidémies de dysenterie qui sévissaient à bord des vaisseaux négriers.
Les esclaves trop malades étaient jetés par-dessus bord avec ceux déjà morts, à la fois parce qu’ils étaient " invendables " et parce qu’ils risquaient de contaminer les autres captifs. En 1781, le capitaine du bateau négrier anglais le Zong, qui ramenait des captifs d’Afrique de l’Ouest vers la Jamaïque, jeta à la mer 131 esclaves malades et affaiblis par une épidémie, en seulement 3 jours. Le médecin des bateaux négriers avait également pour rôle de masquer les brutalités des hommes d’équipage sur la " marchandise ". Un mélange d’huile de palme et de cendre noire servait à dissimuler les plaies causées par les coups de fouet et les entraves en fer, que les esclaves portaient quasiment en permanence aux chevilles, aux poignets et souvent autour du coup. Connaissant les exigences des Colons, et afin de s’assurer les meilleurs bénéfices, les armateurs veillaient à débarquer aux Amériques la marchandise la plus " présentable " possible.
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“ Danse des Nègres ” sur le pont d’un bateau négrier français, début du 19ième siècle.
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De l’autre côté de l’Atlantique, les attendait un réseau commercial bien organisé. Les Négriers européens revendaient principalement leurs captifs à des " grossistes ", propriétaires de dépôts où les esclaves étaient brièvement nettoyés, nourris et acclimatés, avant d’être revendus à des particuliers, lors d’enchères publiques où privées. En 1803, un commerçant de Liverpool du nom de Thomas Leyland, propriétaire de 6 bateaux négriers, dont l’Entreprise, qui lui ramena des côtes africaines une cargaison de 392 esclaves, qui avaient survécu à la traversée, les revendit entre 25£ et 60£ la " tête ", et en obtint 6 428£, ce qui pour l’époque était une véritable fortune.
A Rio de janeiro, la rua de Valongo était le plus grand marché d’esclaves du pays. On y trouvait des magasins et surtout des Casas de leilões ( littéralement : maisons de braderie) destinés à l’exposition, à la vente et l’achat d’esclaves africains fraîchement déportés. Les " braderies " d’esclaves étaient annoncées au grand public par des affiches spéciales ou alors des petites annonces dans les journaux. Les marchands d’esclaves de petite envergure, recouraient généralement au porte à porte avec leur petit "lot" de captifs, qu’ils proposaient aux habitants de la ville. Mais il existait des systèmes de vente bien plus sauvages, comme les ventes " à la curée ", qu’un chirurgien britannique de la Jamaïque décrit en ces termes :
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Esclaves malades et affaiblis jetés à la mer; gravure du 18è siècle
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« Au jour fixé, on a débarqué les nègres pour les emmener dans une grande cour appartenant aux consignataires du navire. A l’heure dite on a ouvert brusquement les portes de la cour, une quantité considérable d’acheteurs s’est précipitée à l’intérieur, avec une férocité de brutes. [… ] Certains prenaient immédiatement autant de nègres qu’ils pouvaient tenir de leurs mains. D’autres avaient noué des mouchoirs de couleur et entouraient de cette chaîne improvisée autant d’esclaves que possible. On peut difficilement décrire la confusion que produit cette méthode de vente »
Ces modes de commercialisation existaient dans toutes les colonies des Antilles et des Amériques. Si le phénomène de le traite a perduré presque aussi longtemps que celui de l’esclavage, c’est essentiellement en raison de la mortalité élevée des esclaves et leur très faible taux de natalité. L’alimentation constante du marché de l’esclave par des apports extérieurs, visait à compenser ces hécatombes. Au 18ième siècle, pour la seule île de Saint-Domingue, les administrateurs coloniaux évaluaient la mortalité annuelle des Noirs à 30 000. L’analyse d’un certain Fénelon, homme d’église et grand philosophe des Lumières, gouverneur de la Martinique en 1764, permet de comprendre le phénomène :
« Un de mes étonnement a toujours été que la population de cette espèce n’ait pas produit, depuis que les colonies sont fondées, non pas de quoi se passer absolument des envois de la côte d’Afrique, mais au moins de quoi former un fond, dont la reproduction continuelle n’exposerait pas à être toujours à la merci de ces envois. […] Mauvaise nourriture, excès de travail imposé même aux Négresses enceintes, maladie très fréquente des Négrillons et des Négrittes. On ne fait aucune attention même à leur « éducation animale » : on les voit en particulier exposés tout le jour dans les champs au soleil brûlant. »
Certains pays, comme le Brésil, considéraient au contraire que la traite était plus rentable que la reproduction " naturelle " des esclaves, qui exigeait d’attendre que l’esclave atteigne au moins 10 ans pour être vraiment exploitable. De plus, l’arrivée permanente de captifs africains permettait de maintenir le prix de l’esclave au plus bas. Ce qui faisait qu’il coûtait moins cher à acheter qu’à " élever "
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Achat d’esclaves dans un barracone, marché d’esclaves, Havane, Cuba, 1837.
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Le prix d’un esclave était fixé selon 2 critères essentielles : Le sexe et l’âge. D’autres considérations, d’ordre esthétique et moral surtout, jouaient également un rôle selon la tâche à laquelle l’esclave était destiné (les " beaux " esclaves étaient préférés pour les services domestiques), la classe sociale des acheteurs ( les Mulâtres étaient surtout des esclaves "décoratifs", donc les meilleurs indicateurs de la position sociale) ou le cadre de la société coloniale (les femmes étaient proportionnellement plus nombreuses en milieu urbain). Les hommes étaient bien entendu plus " quotés " que les femmes, car c’était eux qu’on préférait pour les plantations, entreprises coloniales les plus rentables. A âge égal, un homme pouvait valoir le double du prix d’une femme. Entre 1863 et 1882, sur le marché de Rio de Janeiro, 70% des esclaves de sexe masculin atteignaient la valeur de 2 contos de réis contre seulement 30% d’esclaves de sexe féminin. La tranche d’âge la plus demandée était celle des 20-30 ans, puis celles des 15-20 ans. Les marchands d’esclaves trichaient très souvent sur l’âge de leurs " marchandises ", pour les rajeunir au maximum.
Mais les acheteurs se faisaient leur propre opinion en " examinant " minutieusement et physiquement les esclaves mis en vente. Sur les inventaires d’esclaves des Antilles anglaises ( Inventory of Blacks) ou les actes de vente et d’achat d’esclaves du Brésil ( Escrituras de compra e venda de escravos), les appréciations des acheteurs, tout particulièrement les planteurs, accompagnent souvent leurs estimations. Dans un inventaire de femmes esclaves d’une plantation anglaise du 18ième siècle, les 2 esclaves les plus chères Cooba et Kathy ( 100 £ chacune) sont décrites comme : « de bonnes Négresses de plantation, qui se reproduisent vite ». Les esclaves les moins " rentables" de l’inventaire (25£, 35£, et 40£), souffrent de « rhumatismes » ou de « déformations ». |
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Une page de petites annonces de vente et location d’esclaves, Jornal do commercio, Rio de Janeiro, Brésil, seconde moitié du 19ième siècle.
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Les consommateurs. Les plus gros acheteurs d’esclaves étaient bien entendu les planteurs, qui pouvaient posséder entre 100 et 300 esclaves travaillant sur des hectares de plantations. Mais l’esclavage était une pratique qui s’étendait à toutes les couches et les catégories sociales. Les prêtres, les religieuses, les artisans, les particuliers, les femmes, les enfants, tout homme blanc était en droit de posséder un esclave. Même les plus pauvres, se faisaient un devoir d’en acheter au moins un, qui était très souvent leur seul source de revenu. L’armée, la marine, les travaux publiques, les hôpitaux, les églises, etc., achetaient ou louaient également un grand nombre de captifs. Les esclaves étaient commercialisés sous tous les modes : vente, location. Ils servaient à régler toutes les formes de transactions de la vie courante. Ils pouvaient être l’objet d’un prêt, d’un acompte, d’un gage, d’un cadeau, d’une créance, d’une hypothèque, d’un héritage, d’une saisie judiciaire, etc. Ils constituaient l’investissement et la valeur économiques les plus sûrs de cette époque.
Les sociétés coloniales, qu’elles soient anglaises, françaises, espagnoles, portugaises ou hollandaises, ont été jusqu’au bout de la logique esclavagiste. Elles n’ont épargné à leurs captifs aucune forme d’exploitation, d’asservissement, quelque soit leur âge et leur genre. L’esclave servait à tout. Du service militaire à la prostitution, de l’allaitement des enfants blancs au ramassage des excréments, l’instrumentalisation de l’esclave a atteint des degrés de perversité et de complexité qui pourraient paraître surréalistes de nos jours.
Mais à l’époque, l’esclave était la réponse à tous les besoins, donc à tous les désirs et caprices humains. Les enfants en bas âge étaient achetés, sans leurs mères le plus souvent, pour servir de camarades de jeux, où plus précisément de jouets, aux enfants des familles blanches. Des enfants auxquels leurs parents achetaient de petits fouets spécialement conçus pour " s’entraîner " à châtier leurs futurs esclaves. La tradition patriarcale de la plupart des sociétés coloniales, voulaient que les femmes esclaves servent au dépucelage des jeunes garçons des familles de maîtres, et les petites négresses vierges de moins de douze ans étaient sensées guérir les hommes de la syphilis et leur "purger le sang".
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Culture de la canne à sucre, Antilles anglaises, 1840
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Une page de petites annonces de vente et location d’esclaves, Jornal do commercio, Rio de Janeiro, Brésil, seconde moitié du 19ième siècle.
Quelques extraits de petites annonces prises au hasard dans les quotidiens paraissant dans la ville de Rio de Janeiro : le Jornal do Commercio et le Diario do Rio de Janeiro dans le seconde moitié du 19ième siècle
« On loue un esclave, parfait travailleur de plantation ; rue de la Miséricorde, n°86, 2ième étage »
« On loue une Noire bonne nourrice, très douce avec les enfants, elle sait faire tous les travaux domestiques, pour 25$ ; rue de lavradio, 186 »
« On vend dans une maison particulière, deux esclaves de très bon caractère, dont une mulâtresse qui sait bien laver, cuisiner et amidonner, elle sait faire les achats ainsi que tout les travaux domestiques. L’autre, Noire, sait laver, cuisiner et amidonner, elle a une fille de 9 à 10 ans très mignonne ; Campo de acclamação n°9A. »
« On loue une Négresse pour allaiter des bébés, elle a beaucoup de bon lait, elle a accouché il y a seulement trois semaines d’une première grossesse. »
« On vend une mulâtresse claire avec un enfant qui marche déjà ou sans lui. Elle sait tailler les vêtement des dames, amidonner, laver, faire des points et cuisiner. (Diario do Rio de Janeiro 27 janvier 1853)
« On vend, pour payer une dette, deux Noirs, bons travailleurs, un cordonnier et l’autre maçon, il rapporte chacun 1$600 de revenus journalier, on peut leur faire confiance, ils sont de bonne conduite et en bonne santé ; rue de lavradio n°6A »
« On vend une noire de 30 ans, robuste, elle sait laver, cuisiner et amidonner. On ne la vend pas cher parce qu’elle a un petit défaut ; on vend aussi une Noire Mina, bonne vendeuse ambulante ; rue de Carme n°53 »
« On cherche à louer pour la maison d’une famille, une esclave pour servir de nourrice, néanmoins on demande qu’elle vienne d’une maison compétente et avec les conditions suivantes : qu’elle soit très fidèle, sans vices, qu’elle ne sorte pas dans la rue et qu’elle soit châtiée lorsqu’elle le mérite. Celui à qui cela convient peut s’adresser à ce journal. »
« On vend une très jolie et saine petite négresse de 12 ans pour en faire ce que vous désirez ; rua do Sabão n.36. » |
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Récolte de coton, Mississipi, Sud des Etats unis, 1870.
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Le capital. Les principales fortunes et profits économiques bâtis par les esclaves des îles et du continent américain sont essentiellement liés aux cultures du sucre, du café, du tabac et du coton. Mais il existait également des cultures et de produits régionaux et secondaires, comme celles de l’indigo, le rhum, l’eau-de-vie, les épices, le rocou, le cacao ( principalement aux Antilles), la patate douce, le manioc, etc. les esclaves étaient également exploités dans les mines d’or, de diamants, de fer, de charbon, etc.
Du 17ième au 19ième siècle, l’économie des Antilles anglaises était dominée par la culture du sucre. A la fin du 19ième siècle, la Barbade comptait près de 1 500 plantations, où près de 700 000 esclaves produisaient 80 000 tonnes de sucre par an, destinés au marché européen. L’Europe était en effet totalement dépendante des denrées coloniales à cette époque, et absorbait la quasi-totalité des productions des Amériques. La concurrence étant de mise entre les colonies anglaises, portugaises, espagnoles et françaises, les esclaves étaient contraints à sur-produire pour permettre à chacune de se tailler la meilleure part du marché. Lorsque celui-ci était saturé, au point que l’Europe faisait interdire certaines cultures aux colonies (notamment le sucre), les esclaves servaient à recycler l’économie vers d’autres types de profits.
En milieu urbain, c’était essentiellement un marché de services qui prédominait, donc des bénéfices à court termes pour les propriétaires d’esclaves. Ces derniers devaient exercer dans la rue toutes sortes de métiers et d’activités pécuniaires. Au Brésil par exemple, la plupart des esclaves urbains étaient des escravos de ganho, c’est-à-dire des " esclaves de gain ". Ils étaient chargés de rapporter chaque jour une somme d’argent fixée par leurs propriétaires, et ce par n’importe quel moyen. L’esclave devait la plupart du temps chercher par lui-même le moyen de réunir cette somme. C’était pourquoi les rues de ville de Rio de Janeiro étaient littéralement envahies d’esclaves, proposant toutes sortes de services et de marchandises. La majorité d’entre eux étaient des vendeurs ambulants de sucreries, d’aliments, de volaille, d’étoffes, d’eau, etc. |
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Esclaves vendeurs ambulants, dits " de gain ", Rio de Janeiro, 1819-1820
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Les hommes étaient souvent des porteurs qui vidaient les cargaisons des bateaux, transportaient des meubles, voir des personnes. Les esclave de gains " nourrissaient " leurs propriétaires au quotidien, et les familles qui possédaient plusieurs de ces " sources de revenus" jouissaient d’une vie plus que confortable. Pour être plus " productifs ", beaucoup d’entre eux étaient loués à la journée ou au mois, pour des travaux domestiques, des travaux publics, de la maçonnerie, menuiserie, etc. L’esclave était une double source de revenus, pour ce qu’il pouvait rapporter à son propriétaire et pour ce qu’il valait en lui-même. Dans les pages économiques des journaux, les ventes et les locations d’esclaves représentaient jusqu’à 80% de " transactions économiques" de la ville de Rio de Janeiro au 19ième siècle. Entre 1870 et 1875, la ville a connu un record de 60 000 à 65 000 esclaves vendus ou loués annuellement, sur une population esclave estimée à moins de 49 000 individus. Et ce uniquement par le biais des petites annonces, puisque ces chiffres ne comprennent pas les autres réseaux commerciaux (ventes aux enchères, maisons de notaires, etc.) Ce qui laisse toutefois deviner l’ampleur des profits économiques et financiers.
L’esclave était donc le bien le plus lucratif de son temps, à la fois produit et moteur économique. La main-d’œuvre esclave était omniprésente dans tous les secteurs de l’activité économique et sociale, et a constitué le moteur de développement et la source de richesse de l’ensemble des sociétés coloniales. Le commerce triangulaire et l’esclavage ont également été l’un des principaux " tiroirs-caisse" de l’Europe durant près de 4 siècles. Avec une rentabilité estimée à 30%, la traite a directement contribué à l’essor de villes comme Bordeaux et surtout Nantes. Conjuguée à l’économie esclavagiste des Antilles anglaises, elle est à l’origine de la révolution industrielle de l’Angleterre au 19ième siècle. Ce ne sont que deux exemples parmi tant d’autres villes et pays, d’Europe et d’Amérique, bénéficiaires de l’exploitation d’êtres humains. Mais tous ont un point commun : Ils n’ont eu aucun mal à oublier les larmes, la sueur et le sang, que les Noirs ont dû verser pour leur prospérité.
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Sources
-The Story of the Sea , Arthur Thomas Quiller-Couch ed., London, 1895-96.
-La France Maritime , Amédée Gréhan ed , Paris, 1837.
-John Mawe, Travels in the Interior of Brazil, London, 1812.
-Henry Chamberlain, Views and costumes of the city and neighborhood of Rio de Janeiro...during the years 1819 and 1820, London, 1822.
* Les statistiques ( ainsi que la photographie) sur le commerce des esclaves à Rio de Janeiro au 19ième siècle ont été établis par mes soins, à partir des journaux et des livres de ventes et d’achats d’esclaves, conservés à la Biblioteca nacional et aux Arquivo Nacional de la ville de Rio de Janeiro.
Bibliographie
-Jean MEYER, Esclaves et Négriers, Découvertes Gallimard, Paris, 1997.
-Susanne EVERETT, history of slavery, Chartwell Books inc., New Jersey, 3ième ed., 1999
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L'esclavage : un système économique abouti |
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vous avez dit la traverse du kalunga |
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ne-kongo (
28/06/2004 19:41 à Edinburgh / United Kingdom ) |
a la fin du premier chapitre vous avez dit "apres la traversee du kalunga"
KALUNGA est un mot kongo qui est le nom du Dieu des choses cachees et de la mort
dans la tradition kongo , les ancetres donc les morts vivent dans les eaux, ils deviennent des SIMBI
en etant emportes dans ces bateaux des negriers les kongo croyaient etre transporte dans le monde des ancetres, le monde des morts par des blancs , le blanc , la couleur de la mort , la couleur de kalunga
au royaume kongo quand les europeens sont arrivees , on croyait que s etaient les ancetres qui sont revenus, alors les kongo etaient tres docile
en haiti,dans le vodoo, a cuba, dans le palo mayombe on invoque les simbi , des esprits qui vivent dans les eaux............
cfr jhon thornton, the kongolese saint anthony,cambridge university press 1998.
(C EST JUSTE UN COMPLEMENT D INFORMATION. S.V.P) |
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j'ai une question |
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29/06/2004 11:50 à Bologna / Italy ) |
Bonjour Fleur de question, j'aimerais poser une question . Il m'est arrivé de lire que le Pape Italien Nicholas 5 est celui qui aurait signé l'autorisation d'organiser la traite Négrière. Est-ce vrai ? |
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Quand la mauvaise foi arrange tout |
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29/06/2004 21:33 à Dilbeek / Belgium ) |
AUcune référence du Pape qui a inauguré la déportation et la mise en esclavage des Indiens d"Amérique et les Noirs d'Afrique. Rien! Niente. Nuts!!
Par contre, les liens suivant sont explicites sur la félonie de la chrétienté dans son acharnement pour avoir le pouvoir et l'argent. Pauvre Judas!
http://www.cscv.qc.ca/ecole/eco010/sec4/argumentatif/a81.html
Le lien suivant est une parodie de l'honnêteté de la France face à son passé macabre. C'est un éloge de sa magnanimité ....constitutionnelle dans un effort sur-humain (bien entendu tant que les autres restent des sous-humains pour ces manichéens)!
http://maissa.chez.tiscali.fr/esclavage.html
Il y a un autre texte de bla-bla navrant de Danielle Bidard-Reydet et Paul Vergès pour exprimer quoi?
Les crimes contre l'humanité et de génocide, tout en étant imprescriptibles, ne peuvent s'appliquer à la France! Et sa responsabilité au Rwanda-Burundi-Congo?
http://www.groupe-crc.org/article.php3?id_article=180
En définitif, la contreverse de Valladolid, sous la supervision du Pape Jean III, décide que les Indiens ont une âme mais pas les Nègres.
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Quelques liens ... |
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29/06/2004 21:35 à Bissen / Luxembourg ) |
"Un Africain considère l'esclavage islamique infligé aux Africains"
http://debate.org.uk/gesu-corano/francese/t12_f.htm
http://www.quid.fr/2000/Q051240.htm
"Quelques dates. 1415 les musulmans expulsés d'Espagne se réfugient en Afrique. Les Portugais en font des prisonniers et les vendent à Lisbonne comme esclaves. Les parents des captifs offrent en rançon des esclaves noirs. 1498 selon la bulle du pape Alexandre VI, la Terre appartient au Christ et le vicaire du Christ a le droit de disposer de tout ce qui n'est pas occupé par les chrétiens. Les infidèles ne sauraient être possesseurs d'aucune partie de la Terre. 1512 Isabelle la Catholique puis Ferdinand ne permettent de réduire en esclavage que les cannibales. 1517 Charles Quint autorise le recrutement d'esclaves en Afrique en se prévalant de la thèse du dominicain Las Casas : afin que leur service aux mines et dans les champs permette de rendre moins dur celui des Indiens. Madrid confie leur transport aux marchands flamands. 1537 les papes Paul III, 1568 Pie V, 1639 Urbain VIII condamnent l'esclavage. 1640 accords roi d'Espagne / marchands de Lisbonne. 1685 "Code noir" de Louis XIV (1re protection des esclaves). 1741 le pape Benoît XIV le condamne. ..." etc...
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Evitons la vengeance |
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30/06/2004 11:08 à Bologna / Italy ) |
J'ai beaucoup apprécié l'article de Fleur de kasai. Non seulement l'Europe a oublié ce passé honteux, mais leurs médias semblent avoir pris le relais des grands penseurs de l'époque, ceux qui s'acharnaient à diffuser des idées méprisantes sur les Noirs. Ces penseurs sont tous aujourd'hui dans l'au-delà, mais les médias occidentaux continuent l'oeuvre destructrice de ces derniers en diffusant quotidiennement des reportages-catastrophes sur l'Afrique.
Pour finir, j'aimerais inviter mes frères Africains à éviter des expressions telles que "Nous nous vengerons", ou bien " Ces Salauds de Blancs". Ce n'est pas de cette façon que nous allons changer le passé. |
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Et la résistance ? |
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30/06/2004 11:51 à Montpellier / France ) |
Je vous remercie d'abord de votre belle initiative .Seulement en aucun moment vous ne faites référence à une quelconque résistance du peuple noir face aux esclavagistes; or à mon avis c'est un acte naturel ,j'aimerai donc savoir comment celle si 'sorganisait. |
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La vengeance pourquoi? |
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Kamatari (
30/06/2004 12:45 à Braine-l'alleud / Belgium ) |
La vengence est un plat froid donc, indigeste et qui ne répare rien. Mais alors, rien du tout. Il aboutit à une forme d'auto-destruction que même les animaux ne font pas.... C'est aveu de faiblesse et de peur instinctif sans futur clair.
L'énergie dépensée pourrait être mieux utilisée à s'auto-édifier et à se dévélopper.
Il faut privilégier ce que l'Angalais exprime mieux: "capacity of retalliation". Si tu veux la paix, prépare la guerre. Sous entendu qu'il faut se faire respecter au besoin par la crainte, tout simplement.
Bekale, s'il est sincère et franc, ne devrait pas remettre à demain ce qu'il peut faire tout de suite. Mais que va-t-il faire? Rien sinon s'en prendre à un pauvre passant ou voisin blanc qui n'a rien à cirer et qui est dans la même situation que lui: un mouton à tondre. Tous les deux sont des dépendants.
En revoyant ce qui s'est passé au Rwanda, en Angola, au Libéria et ailleurs, il faut se dire que les Africains se rangent du côté des "salauds" et ce, sans vergogne. Ooh! Bien entendu, ils n'en savaient rien .... Bien essayé de se disculper ainsi. Or, c'est dans notre actualité.
L'histoire d'hier que nous lisons aujourd'hui doit nous servir à comprendre le présent et ses contentieux. Elle doit nous aider à trouver des voies et moyens pour pallier aux problèmes vitaux que les nations et les peuples vivent et endurent. C'est la principale bonnification que nous pouvons tirer de l'histoire.
Il est marrant de voir un Dos Santos, un Gbagbo, un Bongo, le descendant d'un rescapé de l'esclavage, traiter du pétrole ou d'autres produits vendus à perte, avec le descendant d'un marchand de ces mêmes esclaves, frères et soeurs du rescapé. Qu'est-ce cela vous dit?
D'atre part, écoutez ce que dit un Oromo de ses doléances. Mais qui connait un Oromo? Peu d'articles nous parvient au sujet des Oromo ou Galla de l'Ethiopie. Que savons-nous de leurs problèmes? Rien ou peu de choses. Or, comme d'autres nations, ils ont beaucoup à nous apprendre.
Ceci est pour dire que l'Afrique doit se créer de nombreux liens des plus tenus entre ses composantes de proximité. Elle doit trouver ses solutions à ses problèmes sans intervention ni prise de part tierce.
Il ne faut pas oublier que certains personnages tiennent à ce que la bulle papale d'Alexandre VI reste en vigueur tout comme d'autres traités faits sur le dos du Tiers monde et de l'Afrique en particulier.
C'est en cela que le texte ci-à côté, est très intéressant et nous interpèle, Européens et Africains. |
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BRAVO_Réaction à "QUELQUES LIENS" |
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Lat (
30/06/2004 13:01 à Paris / France ) |
Tout d'abord bravo à FLEUR DU KASAI. L'article est solide et agréable à lire. L'iconographie est d'une extrême richesse (pas étonnant que vous dites que vous els avez obtenez dans des fonds d'archives). C'est dommage que vous n'ayez pas signé avec votre vrai nom afin de nous permettre de suivre par ailleurs vos travaux sur la question.
Sur Montesquieu je suis bien aise que vous ayez relevé les contradictions du bonhomme dont la phrase sur le nez écrasé est enseigné au collège à nos enfants comme monument de l'ironie (pour nous faire croire que Monsquieu... critique l'esclavage). C'est la grande malhonnêteté intelectuelle qui est entretenue sur cette question qui concerne pas seulement les Noirs ou les Blancs, mais tous les peuples, car l'horreur continue (Rwanda, Congo, la Côte d'Ivoire qui se découvre du pétrole en même temps qu'une rebellion même si le régime de Gbagbo est contestabe....).
Sur CANAAN néanmoins, il faudrait (re)lire Cheikh Anta DIOP, notamment CIVILISATION OU BARABARIE (Présence Africaine, 1981). Canaan est descendant de CHAM, tout comme MIZRAIM (les fils de l'Egypte). D'où les confusions de certains historiens quand ils parlent de chamito-sémitiques car si la Bible nous enseigne que Abraham s'est établi en pays de Canaan, il y a trouvé des habitants, les descendants de Cham. Les peuples Noirs et juifs se sont alors mélangés avant l'immigration juive en Egypte où de 70 immigrés, ils sont sortis fortement multipliés.
LE CODE NOIR ne saurait être pris comme une PROTECTION DES ESCLAVES au contraire, c'est à but purement économico-théologique pour préserver et la marchandise et la bonne conscience de la fille aînée de l'Eglise, La France (et partant sa mère, l'Eglise).
Bravo GRIOO pour la qualité des articles. |
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Toutes mes Félicitations |
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vlezz (
04/07/2004 08:39 à Milan / Italy ) |
Il faut continuer d'informer les populations descendantes. Aujourd'hui lorsque vous faites une comparaisons entre ces deux mondes, il y a eu une grande evolution, mais le schemat reste le meme:
-Le nègre a évolué, il n'est plus poursuivi dans la foret fait prisonier et embarqué sur le bateau. Il est (LIBRE) de se sacrifier, de voler ou de vandre toutes les richesses de sa famille, payer son VISA et libre aussi dans le choix de sa destination.
-Les chefs de cercles ont évolué, il sont la plupart chefes de parti politique, en étroite collaboration avec avec les colonisateurs.
-Les Colonisateurs sont les plus heureux,il n'ont plus besoin de voyager, il n'ont plus besoin meme de parler. Il ont des ordinateurs, il suffi d'appuier sur certaines touches pour avoir 1000 fois les résultats pour lesquels ils étaient obligé souvant de se rendre sur place.
Toutes nos félicitation à votre journal, il faut informer les jeunes génération et particper à leur instruction pour que l'africain décide en fin de se prendre en compte.Encore une fois merci. Vlezz |
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Reparations |
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Claude Marcel (
04/07/2004 10:06 à Jouy-en-josas / France ) |
Pour ma part, au risque de paraître décalé, j'aimerais que nous revendiquions des réparations. Cà doit être un moyen de pression que nous devons pas laisser tomber.
Il ne faut pas écouter les conneries des whites qui invitent à oublier le passé. Eux, ils ne renoncent jamais au moindre droit. On doit les harceler jusqu'à la fin des temps. |
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Entre revendiquer et exiger |
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Kamatari (
04/07/2004 12:38 à Plancenoit / Belgium ) |
Il y a un monde entre revendiquer et exiger d'avoir ou d'être, que ce soit en droit ou en simple relation humaine.
Ici, nous rencontrons un obstacle de taille, un handicap majeur qui n'est pas encore prêt d'être lévé. C'est la position de force soit de loi, soit de fait. La France a pu exiger des réparations à l'Allemagne parce qu'elle s'était mise avec les Alliés qui ont vaincu l'Allemagne. Sinon, elle pouvait toujours courir sans résultats comme l'Italie ou l'Autriche. Aujourd'hui, le Rwanda demande des réparations, même pas, des excuses, à la France pour son implication dans le génocide des Tutsi; elle n'est pas en mesure de l'exiger même de façon légale devant l'ONU qui est une organisation truandée, sans lois ni règles déontologiques.
Il en va de même des descendants des esclaves et des rescapés de ce acte abominable.
Le Pape a reconnu, et en a demandé pardon, l'implcation de l'Eglise catholique et apostolique dans cet acte de barbarie infame. A-t-il fait amende honorable et réparé les domages et intérêts aux victimes ou à leurs ayant-droits? Que non! Une chose qui est absence dans les Evangiles sans doute dès que le pardon est acquis par défaut de déni!! A-t-il promis que son organisation ne va plus persévérer dans cette conduite? Chacun pourra répondre à sa façon à la question.
Afin de rendre effectif cette démarche, il y a lieu aussi de procéder à des estimations, même approximatives, des réparations qu'une personne physique, morale ou jurique est en droit de revendiquer ou d'exiger.
Et pour couronner ces pré-requits, il faut dire, prononcer qui est le réquérant et qui est celui qui est requis.
Ceci implique un travail difficle d'inspection et de recherche qui peut durer une éternité; càd qu'il a peu de chance d'aboutir dans une échéance raisonnable.
L'adage, "un tien vaut mieux que deux tu auras" est de mise et est le seul applicable dans des délais satisfaisants. Il existe des dols et domages actuels qu'il y a lieu de rectifier et d'en exiger (ou de revendiquer s'il l'on préfère) réparation. Mais la position de faiblesse et de client soumis fait que les descendants des rescapés de l'esclavage n'ont aucune voie ni moyen de le faire.
Le harcelement moral ou moralisant trouve des parades si évidentes que cette tentative est vouée à l'échec. La solution viendra le jour où les pays et les nations dominés auront la capacité de s'auto-suffire et de s'entendre sans intrusion tierce. Amen/Amin |
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les noirs americains ont demandes mille milliards de dollards de dedomagement |
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democratie occidentale (
05/07/2004 13:25 à / France ) |
ben laden a cote de ses terroristes economico-racites parait etre ujn bebe |
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Mensonge par omission |
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bidule (
06/07/2004 01:31 à Melbourne / Australia ) |
L'article est intéressant et bien documenté. Il est clair que l'esclave est d'abord considéré comme une matière première qui permet de gagner (beaucoup) d'argent. Là où l'article est malhonnête, c'est quand il "oublie" de parler des autres grands esclavagistes en Afrique que sont les Arabes. En effet, les Arabes ont commencé l'esclavagisme en Afrique dès le VIIème siècle. Beaucoup d'historiens considèrent que les Arabes ont fait encore plus d'esclaves noirs que les Blancs (cf le numéro d'Historia, magazine historique de référence, dans son numéro hors-série consacré à l'esclavagisme en Afrique). Les Français étaient présents sur l'île de Gorée et les Arabes à Zanzibar (mot arabe qui signifie "l'île aux Noirs"), île au large de la Côte aux Esclaves en Afrique de l'Est... En outre, les Arabes n'ont pas été tendres avec les Noirs. Faut-il rapeler que les Arabes (et plus généralement les musulmans,comme par exemple les Ottomans, grands esclavagistes de Blancs entre autres) émasculaient à vif les esclaves ? Beaucoup mourraient de cette ablation atroce des testicules. Les Européens ne le faisaient pas, non pas par humanisme bien entendu mais tout simplement parce que les esclaves devaient se reproduire aux Amériques. En Afrique de l'Est les anciens esclaves se sont rebellés et ont massacré les Arabes et les Indiens présents sur Zanzibar. L'esclavagisme arabe a duré plus de 12 siècles....
En outre, l'article passe sous silence la collaboration des Africain en Afrique de l'Ouest. En effet les peuples côtiers capturaient et vendaient les esclaves aux Blancs. Les Blancs étaient malins et avaient compris que c'était plus rentable d'acheter à bas prix des esclaves aux populations locales que de risquer sa peau dans un pays mal connu et face à des populations beaucoup plus nombreuses. Plus de 1 million d'esclaves semble-t-il ont été vendus aux Blancs, ce qui n'empêche pas aujourd'hui les descendants de Sénégalais par exemple d'avoir le culot se faire passer pour des descendants d'esclaves... alors que leurs ancêtres ont capturé et vendu des milliers de Maliens et de Mauritaniens aux Blancs ! Seuls les Noirs et métis d'Amérique sont à coup sûr des descendants d'esclaves.
Bref, l'histoire de l'esclavagisme en Afrique nous enseigne deux choses : En Afrique de l'Ouest les Noirs ont capturé et vendu d'autres Noirs aux esclavagistes blancs. A l'Est c'étaient les Arabes qui pratiquaient l'esclavagisme de masse. Les Blancs ne sont pas seuls coupable de ce crime contre l'humanité.
Enfin je vous invite à lire l'excellent édito de Calixte Beyala paru il y a peu dans l'hebdomadaire Marianne et le hors-série de Historia.
Quand il y a de l'argent en jeu les couleurs disparaissent et l'homme de toute époque est prêt à tous les crimes... |
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information-désinformation |
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gourévitch (
08/07/2004 19:12 à Athis-mons / France ) |
Dommager qu'un travail q
(Pré aux Clercs 2004) sous-titré cinq siècles de présence vérités et mensonges . ceci non pas pour faire de la pub (ce n'est pas ainsi qu'on vend un ouvrage ) mais pour fournir des références (et il y en a d'autres que les miennes) à ceux qui veulent approfondir le débat et ferrailler contre la désinformation d'où qu'elle vienne .
Je maintines qu'en assimilant la traite négrière à l'esclavage on transforme l'analyse d'un échange économique en une condamnation morale et on occulte de ce fait les profits qu'en tirent les négociants qui la commanditent, les mandataires qui l'organisent et les chefs locaux qui la couvrent.Cordialement . JPG |
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Gourévitch (
08/07/2004 19:32 à Athis-mons / France ) |
Désolé mais un bug informatique a rendu le début de ma réaction illisible. Je précisais seulement que je trouvais dommage qu'un texte qui apparait si documenté confonde traite négrière et esclavage, passe sous silence la traite arabo-islamique qui a précédé et suivi la traite atlantique et a fait presque autant de déportés que la traite négrière (11, 5 millions contre un peu plus de 12 selon les statistiques convergentes) et ne traite que par raccroc le problème de la traite détournée et camouflée. J'ai abordé ces sujets dans la France en Afrique (Le pré aux clercs 2004) et je ne dis pas cela pour faire de la pub (ca ne fera pas vendre un ouvrage supplémentaire ) mais comme références. Je remerciais également Grioo.com de contribuer ainsi à ouvrir un débat sur un sujet largement pollué par la désinformation et qui est pourtant aussi utile pour les descendants de ceux qui ont été les promoteurs de la traite négrière que pour ceux qui en ont été les victimes.. le reste sans changement. Cordialement. JPG |
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Motivations, allégations et modalités de l'esclavage des africains |
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Kamatari (
08/07/2004 21:20 à Herent / Belgium ) |
La dernière réaction de ce forum est en effet intéressant à plus d'un titre. Comparer deux systèmes esclavistes en montrant les moteurs respectifs qui les ont poussés à pratiquer la traite des Noirs et leur séquestration en esclaves.
Par le titre de cet article, il est clair que notre lecture se trouve dans le contexte un système économique dit abouti. C'est la recherche de revenus à peu de frais et un rendement maximum.
L'auteur veut nous révéler une économie centrée sur le négoce et la production agricole avec une main-d'oeuvre à coûts minimalisés.
On peut supposer que le système arabo-islamique avait les mêmes motivations.
Mais qu'en est-il des allégations et des modalités et méthodes de prises d'esclaves?
D'autre part, quels en furent les incidences tant économiques que culturelles chez ces Arabo-musulmans et dans les pays qu'ils ont écumés?
Le fait est que les traces des Noirs esclaves chez les Arabo-musulmans sont peu évidentes et se confondent dans une population plutôt métissée. Il est difficile de retrouver des groupes ethniques africains dans les pays arabo-musulmans.
Qu'en est-il aussi des positions des religions concernées dans ce contexte? Sont-elles convergentes ou pas du tout?
Il est difficile de comparer le nombre des Noirs déportés d'un côté comme de l'autre. Mais ce serait intéressant d'estimer l'incidence de cette déportation sur les économies africaines. |
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Ilongo Ismael (
09/07/2004 11:01 à Courbevoie / France ) |
Bonjour.
Je tiens d'abord à vous féliciter pour cet article que je me ferai un plaisir de diffuser le plus abondamment que possible. Je suis moi meme un descendant d'esclaves puisque je suis des Antilles françaises. J'ai eu l'occasion de lire certains commentaires de lecteurs et je pense comme eux qu'il est inutile de penser à la vengeance. En effet, il est honteux de penser que des hommes aient ainsi pensé à un tel système pour assouvir leur soif de pouvoir et de richesse, qu'ils aient pu imaginer le profit qu'ils pouvaient en tirer, allant jusqu'à trouver des justifications aussi honteuses que ridicules. Les esclaves noirs n'étaient pas considérés comme des hommes pour des raisons physiques mais pourtant des petits mulatres ont réussi à voir le jour. Je ne comprends pas que des hommes de race supérieure aient pu s'abaisser à commettre de tells actes avec des animaux, il faut croire que ces derniers esthétiquement n'avaient rien d'inférieurs.
Aujourd'hui, il règne un climat très mitigé aux Antilles. En Guadeloupe et en Martinique, les jeunes sont de plus en plus attirés par cette vérité qu'on leur a bien dissimulée. En effet, il n'y a pas si longtemps (j'ai 23 ans) en histoire, on nous parlait de 'nos ancetres les gaulois'... Certains Antillais ont hone de leur couleur, ils en parlent avec mépris car après l'esclage, il y eu la colonisation, période pendant laquelle les européens détenteurs des savoirset de l'intelligence ont perpétué cette image de l'homme supérieur. Avoir la peau trop foncée était donc comme une malédition. En Guadeloupe, le 'Ka' descendant des tam tam africains étaient il y a encore une vingtaine d'années considéré comme un instrument à "vyé nèg" (de nègres sauvages non civilisés).
Fort heureusement, aujourd'hui, grace aux travaux qui ont été faits pour découvrir le fin mot de l'histoire (et je vous félicite encore pour cet article très bien fai), les jeunes sont de plus en plus au courant des conditions dans lesquelles vivaient leurs ancetres, mais aussi des raisons pour lesquelles cela s'est produit et ils savent également qu'ils ne sont pas victimes d'une malédiction divine mais qu'ils sont plutot les victimes d'une société de profit sans morale.
Certains aujourd'hui éprouvent de la ranqueur vis à vis des européens, mais dans la plupart des cas ils se rendent compte que ce serait tout aussi honteux de vouloir se vanger; que cela reviendrait à s'abaisser au meme niveau que ces gens qui se croyaient supérieurs mais qui ne l'étaient pas; que ne pas chercher à se vanger et essayer d'en tirer une leçon de ça est au contraire une forme non pas de supériorité mais simplement d'intelligence, ce qui est normal pour les humains que nous sommes.
Malheureusement, aujourd'hui subsistent encore subsistent des gens qui pensent que nous les noirs sommes inférieurs à eux, et cela malgré les exemples quotidiens qu'ils voient de leurs yeux. Ainsi, en France on n'est pas encore pret de voir un journal télévisé sur les grandes chaines présenté par une personne de couleur. Cela montre le travail qu'il reste encore à faire pour qu'on accepte enfin de passer ce mur qu'est la couleur de la peau. Toutefois, comme je l'ai dit, il y a des gens qui se battent en essayant simplement de tracer leur route, je pense par exemple aux sportifs de haut niveau, aux étudiants, aux chercheurs et à tous ceux qui se battent pour accomplir leurs reves. C'est selon moi la meilleure manière de faire, c'est bien mieux que n'importe quelle vangeance. |
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c est la vie |
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10/07/2004 15:40 à / Norway ) |
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je souhaiterais un jour voir l'homme blanc esclave d'un black |
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10/07/2004 15:42 à / Norway ) |
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Akissi (
10/07/2004 17:26 à Paris / France ) |
Je remercie d’abord Fleur du Kasaï et grioo.com d’ouvrir ce forum. L’article est effectivement bien mené et documenté malgré quelques raccourcis inévitables en si peu de place.
Je voudrais d’abord contribuer à éclaircir un point : celui de la responsabilité des Africains dans la vente d’esclaves : je pense qu’ils ne pouvaient imaginer le sort qui allait être celui des esclaves vendus, très différent de ce qui était pratiqué en Afrique à la même époque. Je vais tout d’abord, apporter quelques précisions à propos de deux formes d’« esclavage » pratiquées dans les sociétés traditionnelles africaines. Ma référence est l’Afrique de l’Ouest. Puis, je dénoncerai l’idéologie qui sous-tend souvent certains propos : en « dévoilant » la responsabilité de certains Africains dans la traite, et en passant sous silence les nombreuses révoltes d’esclaves, il s’agit d’apporter des arguments à l’arriération des civilisations traditionnelles africaines et montrer leur incapacité à, même, concevoir un autre état social que l’état servile.
Il existe, traditionnellement en Afrique, la possibilité, dans certains cas, de vendre des personnes, pourtant ressortissantes de la communauté qui les vend. Dans les sociétés occidentales ces personnes sont emprisonnées. Dans nos sociétés traditionnelles africaines, il n’existe pas de prison, ni d’« asiles de fous » : les originaux, les délinquants, les « fous » sont ordinairement pris en charge par la communauté. Il peut être décidé que des personnes ayant commis une lourde faute et n’ayant pas de possibilité de changer ou de se racheter dans leurs circonstances présentes soient exilées ou même vendues : cela constitue pour elles une occasion de recommencer leur vie dans une autre communauté devant laquelle elles ne doivent pas se justifier. Un tel esclave (puisqu’il y a vente au départ) est traité comme un enfant de la famille d’accueil, c’est-à-dire un membre de la famille qui n’a pas l’entière responsabilité de lui-même, mais qui mérite tout le respect et le soin. Ses rôles seront divers selon ses compétences et, normalement, s’il est apprécié, il peut se racheter par ses actes, être adopté par la communauté et y fonder sa propre famille comme tout autre membre. Si, en tant qu’esclave, il a un rôle de conseiller auprès d’un chef, par exemple, il n’est pas rare que lui ou ses descendants prennent le relais de celui-ci à sa mort. Le cas des captifs de guerre qui devenaient les esclaves des vainqueurs peut être assimilé à ce premier cas.
Il existe aussi des sociétés castées. Il faut alors savoir clairement ce que signifie qu’une caste est « esclave » d’une autre. Il peut s’agir, par exemple, d’une caste de griots qui est à la solde d’une caste royale. Ses membres ont alors un rôle d’organisateurs, d’élogieurs et aussi de conseillers, puisqu’ils en connaissent beaucoup sur l’histoire, sur la diplomatie et sur le gouvernement en général. Ils sont partie intégrante de la réussite des nobles et les relations sont telles entre les deux castes que les nobles ne peuvent les contredire ni leur faire du tort. Vue leur compétence, ils peuvent arriver, eux aussi, à remplacer, dans certains cas, un chef. Cependant, tout est fait pour que le pouvoir soit justement balancé et évalué par les membres d’une classe sociale qui ne peuvent avoir d’ambition de pouvoir direct.
En tout état de cause, on n’a jamais vu, dans les sociétés traditionnelles africaines, des esclaves enchaînés pour le repos ou le travail, marqués au fer rouge pour avoir tenté de s’échapper, considérés comme des non-hommes, comme cela s’est passé en Amérique.
En ce qui concerne la participation des Africains dans la traite par la capture et la vente d’autres Africains, il n’y a là plus grand chose à dévoiler : c’est un fait bien connu (du moins en Afrique). Nous savons bien que des aristocraties guerrières ont été fondées et ont reposé, entre le 16e et le 19e siècle, sur la capture et la vente d’hommes (une des dernières est bien connue : celle du roi Béhanzin, farouche résistant à la conquête coloniale française par ailleurs). N’oublions pas, toutefois, que les autorités responsables de ces razzias étaient probablement à mille lieux d’imaginer ce que serait le sort des captifs une fois vendus aux étrangers. Sur les côtes, les captures ne sont pas toujours le fait d’aristocraties guerrières, mais parfois tout simplement d’hommes, métis et Africains formant une nouvelle classe sociale, corrompus par l’alcool et autres commodités apportées par les bateaux européens peu organisée socialement mais sachant fomenter ce genre de chasse à l’homme.
Nous savons, de mieux en mieux, mesurer la ruine et la décadence produites, du fait des captures et du commerce d’hommes, quels que soient les auteurs, dans de nombreuses cultures africaines.
Outre ces mises au point, on peut ajouter que certains propos dénonçant la complicité des Africains dans le commerce d’esclaves veulent faire croire que l’abolition de l’esclavage a été par la suite le fait des seuls pouvoirs coloniaux. Ils passent aussi sous silence les nombreuses révoltes des Noirs emprisonnés dans les forts côtiers africains, sur les bateaux négriers, et en Amérique. Il est vrai que ces révoltes ont toujours échoué, mais c’est faute de moyens proportionnés au combat à mener. Des personnalités comme Toussaint Louverture ne sont pas à négliger dans une rétrospective de la lutte contre l’esclavage des Noirs. Il existe aussi de nombreuses manifestations du combat des esclaves pour leur libération : la danse de la Capeira, par exemple, était en fait un art martial dissimulé pour contourner l’interdiction de toute forme de lutte dans les sociétés négrières du Brésil. La première insurrection de très grande ampleur d’esclaves en Martinique a eu lieu le 31.08.1789, suivie les 22-23.08.1791 par des insurrections au Nord de Saint Domingue. A cette époque, deux Etats, la Pennsylvanie et le Massachusetts avait déjà aboli l’esclavage mais ces révoltes ne sont pas pour rien dans le changement des mentalités qui conduira à l’abolition progressive par les autres Etats : en 1792 par le Danemark et le New Hampshire, en 1803 par le Canada, puis les USA en 1807, l’Angleterre en 1808. (En 1794 avait eu lieu une abolition par la France, mais en 1802 la traite et de l’esclavage sont rétablis par Napoléon).
Plus récemment, la suppression des travaux forcés dans les colonies française a été la première victoire de Félix Houphouët Boigny, dès son élection comme député à l’Assemblée Constituante de l’Union Française en 1946.
IL y a un autre point qui me gêne dans le débat : il s’agit d’une trop grande facilité à mélanger l’Eglise à l’esclavage. On ne peut nier la responsabilité de certains chrétiens, y compris des ecclésiastiques. Cependant, il faut faire là aussi la part des choses. L’Eglise en tant qu’autorité religieuse et doctrinale est à distinguer de ses ressortissants et de leurs agissements.
L’Eglise n’a pas une société modèle à proposer, mais elle propose des critères et dénonce normalement les injustices et tout ce qui s’oppose à la dignité humaine. Mais elle n’a pas toujours eu l’autonomie nécessaire à sa mission, surtout à des époques où les autorités religieuses étaient très contrôlées et même nommées par les pouvoirs civils. Lorsque le pouvoir ecclésiastique était faible, il ne faut pas s’attendre à des prises de position très courageuses. Lorsque des Papes forts et réels hommes de Dieu sont apparus, au contraire, ils ont dénoncé l’esclavage. C’est le cas de Paul III qui en 1537 interdit sous peine d’excommunication l’esclavage dans le nouveau monde : tous les hommes ont une âme immortelle. En 1542, il condamne la répartition des terres par les colons. Deux autres papes, Pie V en 1568 et Urbain VIII en1639 ont condamné l’esclavage. Ils sont peu écoutés. En 1839, une encyclique de Grégoire XVI condamne l’esclavage, la France ne l’a pas encore aboli à cette date. En 1890 : le Pape Léon XIII donne le chiffre de 400 000 d’Africains vendus par an durant la traite.
Rappelons un dernier fait pour montrer que les sociétés esclavagistes étaient souvent des sociétés complètement déchristianisées malgré une apparence de traditions chrétiennes. Les gouvernants en particuliers s’en sont parfois pris aux religieux qui suscitaient des courants de pensées et des pratiques contraires aux politiques esclavagistes. Entre 1609 et 1770, les Jésuites fondent des Reducciones particulières à La Plata, Paraguay, dans lesquelles 150 000 Indiens ne sont plus exploités et vivent en collectivité. En 1750, les gouvernants de l’Urugay expulsent les Jésuites qui s’opposent à l’esclavage pour pouvoir continuer à le pratiquer.
En espérant que ma contribution servira à éclaircir les faits, je remercie encore grioo.com.
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