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Sénégal: dur, dur, d'obtenir un premier emploi
  Comme dans d'autres pays, le Sénégal n'est pas particulièrement clément pour les jeunes diplômés en quête d'emploi. Tour d'horizon
Par Carole Mandello
 
 
Le Sénégal
© cia.gov
 

Depuis bientôt six, voire sept ans des "chasseurs de tête" ont ouvert des cabinets de recrutement et de conseils dans la capitale sénégalaise. Cela dans le but d'apprendre aux jeunes diplômés à mieux se vendre, d'une part, et d'aider les entreprises sénégalaises à changer leurs manières de gérer les ressources humaines d'autre part.

Comme l'enfer est pavé de bonnes intentions, le chemin pour décrocher un emploi l'est également pour un jeune diplômé au chômage. Quels profils recherchent les chefs d'entreprises sénégalais aujourd'hui? Est-ce peine perdue pour un jeune diplômé avec un bac + 2, 4 ou 5 de déposer des CV et des demandes d'emploi de gauche à droite dans l'espoir de décrocher un entretien?

En vérité, sur le terrain, on constate que parmi la masse de jeunes sénégalais à la recherche d'un premier emploi, la plupart ignorent qui sont leurs interlocuteurs sur le marché du travail. Ils ne savent souvent pas à qui ils adressent leurs CV et surtout quelle est la personne, chargée d'en faire la lecture.
Une chose est sûre, ces demandeurs d'emploi auraient tout intérêt à mieux cerner ces "décideurs", ceux-là qui ouvrent et ferment les portes. Malheureusement, le plus inquiétant dans cette histoire, c'est que dans beaucoup trop d'écoles de formation de la place, ni à l'Université Cheikh Anta Diop, n'en parlons pas, on n'a toujours pas introduit des modules pour apprendre aux étudiants à développer ce que les experts en techniques de recrutement appellent "le comportement en entreprise".

 
L’Université Cheikh Anta Diop n’apprend pas à ses étudiants le « comportement en entreprise »
 

Au sein de la Fondation emploi-jeunes créée par le M.E.D.S (Mouvement des entreprises du Sénégal), des consultants et des formateurs en management ont mis en place des cursus pour développer chez les jeunes diplômés leur "employabilité". On les forme également à exploiter ce qu'on appelle les candidatures spontanées.
Naturellement, il faut que les jeunes chercheurs d'emploi aillent vers l'entreprise et sachent aussi se vendre. Cela veut dire aller rencontrer un dirigeant pour détecter les besoins de l'entreprise en matière de compétences.
Aboubacar Guèye, consultant et formateur a créé en 1998 un cabinet spécialisé en ressources humaines, qui est situé en plein coeur de Dakar. Il déclare: "Nous formons les jeunes diplômés à rencontrer celui qu'on appelle le 'man', c'est celui qui a les moyens, qui a l'autorité et la nécessité ".

Pour cela, il existe des techniques et des outils que seuls les experts en recrutement maîtrisent parfaitement. C'est lorsque le demandeur d'emploi est rôdé à la démarche de recherche qu'il peut atteindre ses objectifs. En tant que recruteur, Aboubacar Guèye, est sollicité par les entreprises pour recruter de jeunes diplômés.
Dans son cabinet il utilise une approche assez originale qui consiste à choisir la personne qui correspond au profil de l'emploi et ajouter une formation en termes de comportement en entreprise.

 
Le président sénégalais
© cnn
 

"J'essaie de développer son employabilité dans le but de donner des chances à cette expérience professionnelle de réussir. Je lui inculque quelques notions en comportement en entreprise, c'est une valeur ajoutée qu'on apporte. On s'assure que l'individu pourra réellement faire la mission".
Le cabinet de recrutement que dirige Aboubacar Guèye a développé également le concept d'intérim d'insertion. il s'agit de pérenniser l'emploi et faire de telle sorte que si un intérimaire donne satisfaction, qu'il soit embauché définitivement.

Pratiques informelles et secteur informel

Lorsqu'on fait la part des choses, il n' y a pas que les demandeurs d'emploi qui ont des choses à apprendre. Les entrepreneurs sénégalais ont aussi beaucoup de choses à corriger dans le domaine des ressources humaines. Les règles ne sont pas toujours clairement définies. Une jeune fille, mariama, 30 ans, titulaire d'un Brevet de Technicien Supérieur en communication en sait quelque chose sur le flou artistique qui règne dans certaines entreprises. "Ne trouvant pas de boulot dans mon domaine,j'ai tenté ma chance dans une grande pâtisserie de Dakar, qui recrute des vendeuses tout au long de l'année. On m'a dit de venir passer un entretien d'embauche et un test d'aptitude, un dimanche matin. A ma grande surprise c'est le comptable de la boîte qui m'a reçue. Après m'avoir posé quelques questions sur mon parcours, il m'a fait savoir que la direction lui avait confié le volet recrutement parce qu'on avait confiance en son jugement pour trouver des vendeuses de qualité".

 
© AOL  

On ne sait jamais très bien quelle est la personne qui a en charge officiellement du recrutement des candidats à un poste. En outre, le profil que l'entreprise recherche n'est pas toujours clairement précisé.

Une chose qui fait sourire certains experts en recrutement, ce sont les offres d'emploi qu'on peut lire dans les quotidiens sénégalais.
Ibrahima Kassé, marketing manager et formateur, donne son avis: "ce sont des gens qui recherchent des moutons à cinq pattes. Ils recherchent un profil introuvable, ils mettent la barre tellement haut qu'on se demande s'ils cherchent réellement quelqu'un. On ne peut pas décrire un profil et le trouver à 100%.C'est facile de décrire un profil sur un papier mais on ne peut pas trouver quelqu'un avec un bac + 5, ayant 10 ans d'expérience et qui a 25 ans".

On le voit, les entreprises ayant élu domicile au Sénégal, et pourquoi pas ailleurs sur le continent africain, devraient en prendre de la graine. Aboubacar Guèye qui a créé un cabinet spécialisé dans le recrutement veut sensibiliser les entreprises sénégalaises à adopter des démarches de qualité. Ainsi, elles seraient aux normes, respecteraient les principes de base qui consistent à rendre aptes leurs produits et services, à satisfaire les besoins de la clientèle dans les meilleurs délais et à moindre coût. "Cela suppose que les hommes changent de mentalité. Il faut aider certains esprits tordus. Ce sont des pratiques informelles plus qu'un secteur informel qui peuvent exister. Des comportements informels qu'il faut réduire au minimum. L'objectif est de ne plus parler de secteur informel mais de parler d'entreprises qui fonctionnent bien avec des règles précises et efficaces".

En matière d'emploi et de lutte contre le chômage, tout le monde doit mettre le pied à l'étrier. Chacun doit se remettre en question. Tout le monde est concerné, l'entreprise et l'individu. Les entreprises, par leur désir de créer une dynamique. Pour en arriver là, il faudrait qu'elles soient des entreprises "citoyennes" qui ont le désir de créer des emplois et d'améliorer leur gestion. Quant aux jeunes diplômés ambitieux et qui sont hypermotivés, il serait temps pour eux d'apprendre à a se vendre.

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Sénégal: dur, dur, d'obtenir un premier emploi

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  bravo
pape cissoko ( 06/05/2005 22:42 )

Pour se vendre il faut trouver un acheteur digne de ce nom.
Le clentélisme dans sa splendeur est la chose qui corrompt le système de recrutement au sénégal et dans toute l'Afrique.On a beau pêtre compétent, si on n'est pas fils de , neveude, membre du parti politique ou orgabisation etc on ne peut m^me pas çetre reçu de plus être entendu.
Votre article pose un sérieux problème et il faut que la compétence soit reconnue en priorité pour une certaine efficacité et c'est cette mentalité clientéliste ( mentalité dont parle le Professeur BEBBE-NJOH voir interview dans grioo) qui nous freine dans notre développement. Les africains sont formé dans tous les domaines , ils excellent dans tous les domaines, pourquoi les bons doivent -ils faire ala courbette pour être entendu et recrutés.
Nous ne sommes pas rigoureux et nous le savons donc travaillons à reconnaitre la compétence au détriment de la famille et ainsi les jeunes pourront mieux se vendre puyisqu'il y a des techniques pour se former dans ce domaine.
Bravo d'avoir osé soulever la question du recrutement.
Ce genre de travail crève l'abcès et nous permet de voir clair pour envisager avec la bonne volonté constructive les changements nécessaires et radicaux pour notre émancipation et notre développement .
ENCORE BRAVO
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  j'ai peur de l'avenir des jeunes diplomé(e)s sénégalais(e)s
Souaré ( 08/05/2008 21:48 )

Avant tout permettez de me présenter à vous tous ,je suis un étranger étudiant au Sénégal(Dakar) depuis cinq(5) ans .
Si aujourd'hui je réagit sur la politique de non recrutement c'est pas parce que j'ai été victime de plusieurs refoulement au sein de plusieurs entreprises de la place en quête de stage
mais ce que je voulais dire sait que les sénégalais qui étudient chez eux et en sont fiers n'arrivent pas à trouver un stage ou un boulot pour pouvoir mettre en valeur leur connaissances afin d'aider leur pays dans différents domaines ;alors je vous demanderais de m'Excuser d'être très grossier mais "j'ai peur de l'avenir des jeunes
diplômé(e)s sénégalais(e)s si pour avoir un stage ou boulot il faut avoir des bras long ou être dans des association ou des lobbies c'est très regrettable alors je vous demande de vous peser la question à savoir l'avenir de vos enfants .
Que Dieu nous vienne en aide si on est pauvre et n'ayant pas de soutiens c'est pas parce que l'on a voulu "
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