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Aimé Césaire (1913-2008)
  Penseur, écrivain, poète et homme politique, Aimé Césaire est l'une des grandes figures littéraires du 20ème siècle
Par Paul Yange
 
 
 

Aimé Césaire (né en 1913), précurseur, écrivain, poète, homme politique, inventeur du concept de "Négritude"

Aimé Fernand Césaire est né le 26 juin 1913 à Basse pointe en Martinique. Le jeune Aimé est issu d’une famille de six frères et sœurs. Son grand-père est le premier Noir enseignant en Martinique, sa grand-mère de façon inhabituelle pour une femme de sa génération, savait lire et écrire et apprit à ses petits enfants à lire très tôt.

Fernand, le père d’Aimé Césaire, était enseignant de formation, mais préféra s’orienter vers des métiers de la fonction publique comme l’inspection des impôts ou la direction de plantation, plus rémunérateurs. Eleonore, la mère de Césaire était quant à elle couturière.

La famille d'Aimé Césaire, notamment son père, attache une grande importance à l'éducation et il n'est pas étonnant que le jeune Aimé Césaire se montre brillant élève. Il obtient une bourse pour le lycée Schoelcher qui est alors le seul lycée dans toutes les colonies françaises de la Caraïbe. Il y cotoie entre autres Léon Gontran Damas et Auguste Boucolon (frère aîné de Maryse Condé).

Avec des prix d’excellence en français, anglais, latin et histoire, Césaire est le meilleur élève de sa classe et obtient une nouvelle bourse pour le lycée Louis-Le-Grand, où il préparera le concours d’entrée a la prestigieuse école normale supérieure. Il se destine alors à l’enseignement.

 
Aimé Césaire
 

Césaire arrive à Paris en 1931, au lycée Louis-Le-Grand. Son arrivée en métropole constitue un choc pour lui puisqu’il réalise qu’il n’est pas considéré comme un égal. Dans sa Martinique natale, la langue utilisée à la maison était le français, et à l’école le classique refrain « nos ancêtres les gaulois » était enseigné. A Paris, il est considéré au mieux comme un Noir (donc inférieur), ou au pire comme un sauvage. Les principes assimilationnistes selon lesquels il a vécu en Martinique volent en éclat.

Mais le séjour parisien de Césaire marque aussi la rencontre avec Leopold Sedar Senghor, un jeune étudiant africain âgé de 25 ans, en provenance du Sénégal (Senghor sera le premier président du Sénégal nouvellement indépendant en 1960). Césaire dira plus tard qu’en rencontrant Senghor, il a rencontré l’Afrique, et a perçu d’une nouvelle façon ce continent pourtant déclaré irrémédiablement sauvage.

Césaire et Senghor deviennent très proches, sont influencés par les écrivains noirs américains de la « Harlem Renaissance » comme Langston Hughes, Claude Mc Kay, Countee Cullen et d’autres. Ils s’intéressent également aux travaux d’anthropologistes tels que Léo Frobenius ou Maurice Delafosse, qui leurs semblent moins hostiles et moins méprisants vis à vis des cultures africaines.

Les deux étudiants, sont également vivement concernés par les débats sur leur identité, cherchent à savoir qui ils sont. Ces questionnements feront de Césaire, de Senghor ainsi que d’un de leurs camarades, le guyanais Léon Gontran Damas, les inventeurs du fameux courant de la Négritude. Césaire sera admis à l'école normale et deviendra président de l'association des étudiants martiniquais en 1934.

Le mouvement de la Négritude affirme la solidarité de la diaspora avec le monde africain
Aime Cesaire


 
Aimé Césaire
 

Ils publient le journal "L’Etudiant Noir" qui paraîtra au cours des années 1935-1936 (6 numéros en deux ans) dans lequel ils défendent le concept de Négritude et essayent de créer un pont entre les étudiants africains et les étudiants originaires de la Caraïbe vivant à Paris. Il s’agissait notamment de corriger le préjugé que les étudiants antillais avaient vis à vis des africains qu’on leur avait appris à considérer comme des sauvages.

En 1936, Césaire retourne pour les vacances aux Antilles, qu’il redécouvre d’un œil nouveau, avec l’œil de l’ étudiant vivant à Paris, mais également à l’aune du concept de la Négritude. De cette vision naîtra le célèbre "Cahier d’un retour au pays natal", le premier pas d’une longue et riche carrière littéraire. Le poème sera publié une première fois en France en 1939, puis en 46, 47, et enfin en 1956, par les éditions « Présence Africaine ». (Césaire rencontrera plus tard André Breton, célèbre poète surréaliste qui enthousiasmé par la poésie Césairienne préfacera la première édition complète de "cahier d'un retour au pays natal", parue en 1946).

Césaire affirme sa vision fondée sur une compréhension nouvelle qu’il a de la "race" noire, de l’Afrique, de sa spiritualité, de ses problèmes...

Il dira plus tard en 1956, lors de la conférence des écrivains et artistes noirs, organisée par Présence Africaine, que "le problème de la culture noire ne peut pas être présentement être posé sans que soit posé simultanément le problème du colonialisme qui a interrompu le cours de l’histoire africaine, détruit la culture, la vie sociale et l’économie africaines, qui a lavé le cerveau des Noirs de la diaspora en leur faisant croire qu’ils étaient inférieurs. Césaire perçoit a cette époque la Négritude comme un mouvement culturel et politique, relié au nationalisme africains et à la libération des Noirs.

Aucune race n'a le monopole de l'intelligence, de la beauté, de la force, et il y a une place pour tous au rendez-vous de la vicoire
Aimé Cesaire



A la suite de la conférence, l’écrivain afro-américain James Baldwin, écrit qu’il a compris qu’il y a un point que tous les Noirs ont en commun : "leur relation douloureuse avec le monde blanc."

A la fin des années 30, Césaire qui s’est marié à Suzanne Roussi (ils se marient en 1937 et auront ensemble quatre garçons et deux filles), une étudiante martiniquaise poursuivant comme lui ses études à Paris, retourne en Martinique. Ils sont tous les deux enseignants au lycée Schoelcher où Césaire aura pour élèves entre autres un futur révolutionnaire, Frantz Fanon, et un futur grand écrivain, Edouard Glissant. Césaire et sa femme éditent un journal, « Tropiques », qui pour la première fois rompt avec la tradition assimilationniste, rappelle les origines de la Martinique, et dans lequel ils vulgarisent le concept de Négritude, abordent les thèmes comme ceux de l’héritage africain, la traite des Noirs (sujet tabou à l'époque dans l'île) ou la critique du colonialisme.

Dans la Martinique dirigée par un envoyé du régime de Vichy, Césaire qui est leader d’opinion est quelque peu harcelé. A la fin de la guerre, il présente sa candidature à la mairie de Fort de France sous l'étiquette communiste. Il est élu maire de Fort-de-France à 32 ans, en 1945, puis un an plus tard, il devient député à l’assemblée nationale française. Comme beaucoup d'ex colonisés, Césaire est attiré par l’idéologie communiste qui prêche l’égalité raciale et l'anticolonialisme.

En 1946, Césaire, allant dans le sens de ce que demandent ses électeurs, défend la départementalisation de la Martinique, de la Guadeloupe, de la Guyane et de la Réunion, ex colonies françaises. Les martiniquais, sous sa houlette, font par leur vote de la Martinique un département français. Si on analyse cette prise de position sous le prisme de la Négritude, du militantisme, de l’engagement de Césaire, il est aisé de se rendre compte que Césaire va à l’encontre des concepts de Négritude, d’affirmation de la personnalité noire qu’il promeut. Il expliquera plus tard qu’il avait espéré être en position de force pour assurer un traitement d'égal à égal à la Martinique. Et il vrai que pour Césaire, départementalisation ne signifie pas assimilation au moule républicain de la France, ni perte de son identité ou sa culture, éléments essentiels pour lui.

 
 

En 1947, Césaire est l’un des fondateurs du journal "Présence Africaine" en compagnie de Léopold Sedar Senghor, Léon-Gontran Damas, Birago Diop et du malgache Jacques Rabemananjara. Le directeur de la publication est Alioune Diop, fondateur de la maison d’édition Présence Africaine (à laquelle Césaire lèguera bien plus tard les droits sur certaines de ses œuvres devenues des classiques). La maison d’édition, qui en est à ses débuts, est soutenue par Richard Wright, qui est un des membres de son conseil d’administration.

En 1950, Césaire publie un texte sur le colonialisme qui fait date, et qui demeure une référence plus d’une cinquantaine d’années après sa publication. Il s’agit du "Discours sur le colonialisme" (réédité en 1955 par "Présence Africaine").

Dans un pamphlet acerbe, Césaire se demande quelle est cette civilisation qui viole, qui pille et qui tue impunément. "On ne colonise pas innocemment" dit-il. Il y dénonce les contradictions occidentales. Césaire s'étonne ainsi qu'Ernest Renan, humaniste de gauche, considère la "race" blanche comme supérieure à toutes les autres, les Noirs se situant au bas de l’échelle alors que les asiatiques sont faits pour être ouvriers! ("J’ai honte de le dire" ironise Césaire, "mais celui qui parle ainsi est l'humaniste occidental, le philosophe idéaliste!"). Césaire est également l’un des premiers, sinon le premier, à dire que ce qu’on ne pardonne pas à Hitler, "ce n’est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, mais le crime contre l’homme blanc". Pour lui, Hitler a accompli au cœur de l’Europe ce que les puissances coloniales occidentales réservaient aux "coolies de l'Inde, aux Arabes d'Algérie et aux nègres d'Afrique" sans que cela n’émeuve grand monde au sein de la bourgeoisie bien pensante ou chez les humanistes distingués de cette première moitié du 20ème siècle.


Nations nègres et Culture, le livre le plus audacieux qu'un Nègre ait jusqu'ici écrit, et qui comptera à n'en pas douter dans le réveil de l'Afrique
Aimé Césaire



Césaire fait également preuve de talents de visionnaire puisqu’ayant lu "Nations Nègres et Culture" de Cheikh Anta Diop, il qualifie le livre de ce dernier de "livre le plus important qu’un Nègre ait jamais écrit jusqu’ici, et qui comptera à n’en pas douter dans le réveil de l’Afrique".

En 1956, Césaire déçu quitte la parti communiste avec fracas, et explique sa démission dans la fameuse "Lettre à Maurice Thorez".

 
La Tragédie du Roi Christophe
 

A son retour de Paris, Césaire qui avait été élu sous la bannière communiste démissionne de ses deux postes de maire et de député, puis crée sa propre formation politique, le parti progressiste martiniquais, et se représente à la mairie et à la députation. Il est réélu, alors que son parti remporte 82 % des suffrages. A partir de ce moment, Césaire fait campagne pour une autonomie de la Martinique, toujours à l’intérieur du système français car il ne voit pas la Martinique survivre sans le soutien économique français. Césaire se retirera de la vie politique en 1993, à l’âge de 80 ans.

Lors de la seconde conférence des écrivains et artistes noirs en 1959 à Rome, les propos de Césaire portent quasi-exclusivement sur les luttes de libération. « La vraie décolonisation sera révolutionnaire ou ne sera pas » tonne t-il.

Au niveau littéraire, Césaire s'attaque au théâtre dramatique. Dans « Et les chiens se taisaient » (1956), il aborde les thèmes des luttes de libération et de décolonisation. Sa pièce la plus connue est sans doute « La tragédie du roi Christophe » (1963): il y raconte comment Henri Christophe, qui hérite d’une île d’Haïti libre en 1807 devient un souverain despotique, et finit par se suicider en 1820. Césaire s’attaque ainsi à un problème qui deviendra crucial, celui du leadership dans les pays « noirs » libérés de la colonisation. « La tragédie du roi Christophe » a été jouée entre autres en 1963, lors du festival de Salzburg, lors du festival des arts nègres de Dakar en 1966, à Montréal en 1967, Milan, en Yougoslavie, en Martinique...

La liberté, c'est bien de la conquérir, mais une fois qu'elle est obtenue, il faut savoir ce qu'on va en faire
Aimé Cesaire


En réponse à l’assassinat de Patrice Lumumba, artisan de l’indépendance du Congo, Césaire écrit « une saison au Congo ». La pièce ne sera jouée pour sa première à Bruxelles en 1966 que grâce à l’intervention d’amis influents de Césaire. Dans la pièce, Césaire analyse l’évolution du Congo, du statut d’ex colonie belge à celui d’Etat indépendant, ainsi que les manipulations mises en œuvre aussi bien par les adversaires de Lumumba (le gouvernement belge et ses alliés dans le monde des affaires), que par ses rivaux congolais qui aboutissent finalement à l’assassinat d’un leader pourtant démocratiquement élu. Il abordera aussi dans « une tempête » le thème de la question raciale aux Etats-Unis. Césaire dira plus tard qu'il aime s'attaquer aux "thèmes chauds".

Dès la fin des années 60, Césaire est considéré comme l’un des plus grands, si ce n’est le plus grand, écrivain du monde afro-caribéen. (Il a par exemple l'honneur de recevoir du Cameroun en 1969 des timbres émis en son honneur dans ce pays).

Césaire conservera une activité politique continue, et sa stature est telle qu’il sera député de la Martinique pendant 47 ans (de 1946 à 1993), et maire de Fort-de-France pendant 56 ans (de 1945 à 2001).

En 1995, un documentaire en trois parties « Aimé Césaire, une voix pour l’histoire » est réalisé par la célèbre cinéaste martiniquaise Euzhan Palcy qui doit en partie sa carrière à Aimé Césaire qui l’a soutenue à ses débuts (faisant notamment voter par la mairie de Fort de France un budget pour l’aider à réaliser son premier film « Rues Cases Nègres », qui connaîtra un énorme succès).

Dans une interview précédant une cérémonie spéciale en son honneur organisée par l’UNESCO en 1997, Césaire réaffirme ce qu’il avait dit lors du festival des arts nègres de Dakar en 1966: "une indépendance purement politique, non accompagnée et soutenue par une indépendance culturelle, s’avère sur le long terme le moins fiable des boucliers (...)"

Toujours vivant en ce début de 21ème siècle, Aimé Césaire a traversé tout le 20ème siècle qu'il a marqué de son empreinte par sa pertinence, sa réflexion, son engagement, son talent littéraire. Les événements récents aux Antilles, en Haïti, en France métropolitaine ou sur le continent africain démontrent l'incroyable actualité de la pensée de Césaire. L'intérêt pour son œuvre désormais intemporelle ne se dément pas, faisant par exemple de Césaire l’auteur non africain le plus étudié en Afrique, et sans doute aussi l'un de ceux avec lesquels la jeunesse de ce continent se trouve le plus d’affinités.

NOTE: Hospitalisé le 9 avril, Aimé Césaire est officiellement décédé le jeudi 17 avril 2008. Après avoir eu droit à des obsèques nationales et des hommages de par le monde, il est enterré en Martinique, comme le souhaitait sa famille, bien que certains aient demandé qu'il soit enterré au Panthéon. Mais personne ne contestera que le géant Césaire a bien mérité la devise "Aux grands hommes la patrie reconnaissante".

Citations

"Ce n’est pas vrai que nous n’avons rien d’autre a faire que d’être des parasites dans ce monde (…) aucune race n’a le monopole de la beauté, de l’intelligence, de la force, et il y a une place pour tous au rendez-vous de la victoire." (Aimé Césaire, cahier d’un retour au pays natal)

"Le mouvement de la Négritude affirme la solidarité des Noirs de la diaspora avec le monde africain."

"On n’est pas impunément Noir, et que l’on soit français –de culture française-ou que l’on soit de culture américaine, il y a la un fait essentiel : à savoir que l’on est Noir et que cela compte . Voilà la Négritude".

"Je parle de millions d'hommes à qui on a inculqué savamment la peur, le complexe d'infériorité, le tremblement, l'agenouillement, le désespoir, le larbinisme" (Aimé Césaire, discours sur le colonialisme)

On me parle de progrès, de "réalisations", de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d'eux-mêmes (...) Moi je parle de sociétés vidées d'elles-mêmes, des cultures confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d'extraordinaires possibilités supprimées (...) Je parle de milliers d'hommes sacrifiés au Congo-Océan. Je parle de ceux qui, à l'heure où j'écris, sont entrain de creuser à la main le port d'Abidjan. (Aimé Césaire, discours sur le colonialisme)

"Les esprits les plus brillants de l’élite haïtienne ont émigré, sont à l’extérieur et n’ont jamais trouvé leur place à Haïti. Je me rappelle en avoir connu plusieurs lorsque j’étais au lycée Louis-Le-Grand à Paris"

"Le sort du Liberia, celui de la Côte d'Ivoire sont effrayants. Nous protestons contre le colonialisme, nous réclamons l'indépendance, et cela débouche sur un conflit entre nous mêmes. Il faut vraiment travailler à l'unité africaine. Elle n'existe pas."

"C’est la jeunesse qui doit dire ce qu’elle va faire, c’est la jeunesse qui fera naître une autre Afrique"


Quelques ouvrages d'Aimé Césaire

"Cahier d’un retour au pays natal", Paris, 1939. Edité par Présence africaine depuis 1956.

"Les armes miraculeuses", Gallimard, Paris, 1946.

"Soleil cou coupé", Edition K, Paris, 1948.

"Corps perdu", Editions Fragrance, Paris, 1949.

"Discours sur le colonialisme", Editions Réclame, Paris, 1950. Réédité par Présence africaine en 1956.

"La tragédie du roi Christophe", Editions Présence africaine, Paris, 1963.

"Une saison au Congo", Editions du Seuil, Paris, 1965.

"Moi, Laminaire", Editions du Seuil, Paris, 1982.



Quelques liens

Galerie Photo Hommage national à Aimé Césaire du 18 au 20 avril 2008

Aimé Césaire interviewé par Maryse Condé dans "Lire" (juin 2004)

Interview d'Aimé Césaire en 1969 dans le "magazine littéraire"

"Césaire et nous", entretien avec Tshitenge Lubabu

Le dernier conseil municipal d'Aimé Césaire

Hommage à Aimé Césaire (photos)




















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Aimé Césaire (1913-2008)

Nombre de messages
:  36
Pages:  1  2 

  UN GEANT!
Le gars de Ngola ( 28/02/2006 14:40 )

Ce type est FOR-MI-DA-BLE! S'il n'existait pas, il aurait fallu le créer! L'un des esprits les plus PENETRANTS, l'une des plumes les plus ALERTES du 20ième siècle. Blancs comme Noirs, Rouges ou Jaunes confondus! CESAIRE... un patrimoine vivant de l’humanité, la huitième merveille de l’humanité! Mes frères je vous en prie... pardon, lisez un seul livre de Césaire et vous serez conquis. "Le discours sur le colonialisme"... c'est en vente à la FNAC en édition livre de poche à 5 euros et 45 centimes. Le livre fait 80 pages format A5... Par pitié pour notre Continent, allez l'acheter et le lire! Tous les charognards qui nous parlent des "aspects positifs de la colonisation" verront leur compte soldé. Le Poète avec une lucidité et une clarté saisissantes démonte l'équation mystique "colonisation = civilisation" fondement du préchi précha de la bourgeoisie occidentale. N'ayant pas mon exemplaire du livre sous les yeux, je ne puis vous en offrir des morceaux choisis... en effet, on ne cite pas CESAIRE de tête sans courir le risque, si ce n'est de carrément la dénaturer, pour le moins d'enlaidir sa pensée. Chères Sœurs, chers Frères, je ne saurais trop vous recommander ce livre dans lequel Aimé CESAIRE règle définitivement et de façon claire et nette la question de trouver quelque aspect positif que ce soit à la colonisation. Vous comprendrez alors la récente reculade de Jacques Chirac dans cette affaire qui a renié les positions incultes de son impudent ministre de l'intérieur et a dénié à sa majorité à l'Assemblée Nationale la capacité de légiférer sur la question... Chirac lui est un Français de souche doublé d'un énarque et à ce titre il connaît la véritable histoire de son pays mais Sarkozy... le populiste hongrois n'y entend pas grand chose et comme sur tout autre débat il suit son instinct politicien et opportuniste.

Merci M. Césaire d'avoir rappelé ce moucheron à l'ordre qui, si tu n'y avais pris garde, aurait d'un revers de la main balayé ce que tu as passé toute ta vie à minutieusement établir, démontrer, enseigner et vulgariser: La colonisation est un crime contre l'humanité de même que la shoah et même pire que la shoah par le nombre bien plus élevé de ses victimes et sa durée bien plus longue dans le temps.


Lui-même


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  Hmm !!!
True Black Brother ( 28/02/2006 15:23 )

"Le mouvement de la Négritude affirme la solidarité de la diaspora avec le monde africain" . (A. Césaire) .
Ouais, ouais . Propos acceptables .
Mais de là à dire que le peuple afro-antillais TT ENTIER est " KORDA "
avec ce GENRE DE PROPOS, franchement, hmm,j'en doute ...
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( 28/02/2006 15:43 )

Et tu crois que les 3/4 des Africains ont lu Anta Diop? Au lieu d'insulter les Martiniquais, dis leur plutôt pourquoi ils doivent lire CESAIRE. Et puis ce que tu dis est bizarre car les martiniquais ont quand même élu Cesaire député pendant plus de 40 ans. Donc ils doivent quand même connaître un peu le bonhomme!

Soyez pas bêtement négatifs. Vous voulez critiquer Césaire... ok, mais faut argumenter ou plutôt contre-argumenter ses écrits! A vos claviers, nous vous lirons!


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  "C'est d'une remontée jamais vue dont je vous parle..." Aimé Césaire dans Toussaint Louverture.
Mary Preud'homme ( 28/02/2006 16:35 )

Aimé Césaire, un homme capable d'écrire à la fois avec son intelligence, son esprit, son coeur, son âme et ses tripes et de se comporter sans faillir en accord avec ses idées. Grand écrivain, grand homme, grand nègre, grand poète et grand penseur, homme de courage et de conviction et néanmoins d'une grande humilité, il est tout simplement un Homme Véritable qui fait honneur à notre grande famille humaine.
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afrogal ( 28/02/2006 19:10 )

un de mes plus beaux souvenirs litteraires au lycee fut la lecture de .cahier d'un retour au pays natal. de cesaire. Merci à l'Homme!
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  UN GRAND MONSIEUR
tra ( 28/02/2006 21:23 )

L'esprit toujours alerte, il est au courant de tout il dit merde a SARKO, le petit Hongrois.

Tu rentrera a " DJALA" et tous les hommes celèbres noirs de "DJALA" apprecie ton ouevre, pour la cause noire.

" DJALA" ce pantheon de tous les grands hommes noirs

Une fois par siècle un homme vient eléver le niveau d'un peuple, et repart comme il est venue.

Merci grand homme, merci mille fois.
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  Rectif.
Marie Preud'homme ( 01/03/2006 00:37 )

La citation : "C'est d'une remontée jamais vue dont je vous parle..." est extraite de la Tragédie du Roi Christophe, et non de la biographie sur Toussaint Louverture dont il est aussi l'auteur.
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  A ???
True Black Brother ( 01/03/2006 01:34 )


( Mardi 28 Février 2006 15h43 )

??? : Et tu crois que les 3/4 des Africains ont lu Anta Diop?
TBB : Une " certaine " élite africaine
(voire afro-américaine) a lu Anta Diop . Ex. Gaston Kelman
ds son livre " Je suis noir & je n'aime pas le manioc " ( Coll. Max Millo, 2003 ) . A la page 20 de ce livre, Gaston Kelman fait les éloges de Cheick Anta Diop . Oui . Tel un BON DISCIPLE ( oui, car les disciples de Cheick Anta Diop, cela
existe TT DE MM !!), il dit que
" L'auteur aura démontré auparavant
le role essentiel de la race nègre dans l'émergence de la civilisation humaine en Egypte . " En clair, C.A.D. a soutenu " la thèse " que
" l'Egypte pharaonique était nègre " .
Une thèse apparemment contestée
jusqu'alors en Occident ...
Mais bon, cela ne m'empèchera pas
de lire ses ouvrages un de ces 4 ...

??? : Au lieu d'insulter les Martiniquais, dis leur plutôt pourquoi ils doivent lire CESAIRE.

TBB : Franchement, si moi, Africain d'origine, je dois faire cela, cela prouve que ds les Caraibes Frcaises ( Guadeloupe & Martinique), on a MIEUX à faire que d'étudier ou d'enseigner CESAIRE ...

??? : Soyez pas bêtement négatifs. Vous voulez critiquer Césaire... ok, mais faut argumenter ou plutôt contre-argumenter ses écrits! A vos claviers, nous vous lirons!

TBB : CRITIQUER les écrits d'Aimé CESAIRE ?? Pourquoi donc ??
" La Tragédie du Roi Christophe " &
" Une Saison au Congo ", pr moi,
euh, " C'ETAIT BIEN, HEIN !! C'ETAIT
MM, EUH, SUPEEER !! "
Cepdt, mon but est de savoir si ses oeuvres, ses pensées ont TOUCHE
le peuple afro-antillais TT ENTIER ou TT SIMPLEMENT L'ELITE, L'INTELLIGENTSIA AFRO-ANTILLAISE ??
Ouais . Après tt, en terme de litt. afro-antillaise, le nom d'Aimé CESAIRE n'est-il pas le plus ILLUSTRE ??




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  CE N'EST PAS ASSEZ DE DIRE QUE CE MONSIEUR EST GRAND
YEDIDIA SKA ( 01/03/2006 13:08 )

Attention, il va partir et nous laisser tous orphelins et coupables de ne pas avoir été assez courageux...
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  Toutes nos villes doivent rendre hommage à AIME CESAIRE
iwdi ( 01/03/2006 20:40 )

AIME CESSAIRE restera l'un des plus grands hommes de notre histoire.je ne suis pas tres inspiré aujourd'hui pour parler de lui mais je l'ai connu surtout par son "discours sur le colonialislme".
Quand on lit ce livre vers l'âge de 17 ans , je vous asssure que celà forge le destin d'un homme.
Deuis que j'ai lu ce texte je suis devenu du jour au lendemain plus sensible aux questions liées à notre race alors que jusque là comme tout ado mes centres d'intérêt c'était le sports , les filles et des trucs de ce genre quoi.Ce livre a provoqué un déclic chez moi et si je suis l'homme que je suis c'est en partie grâce à CESAIRE;

je propose que toutes les capitales africaines aient une avenue ou une grande place "AIME CESAIRE"
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  Post précedent entièrement d'accord
gnangaminan ( 01/03/2006 21:44 )

Quand je pense qu'en Cote d'Ivoire, on a des boulevards Giscard d'estaing, des ponts Général de Gaulle.

Alors que nos grands hommes non pas de rues a leurs noms, cela montre qu' on a encore du pain sur la planche.

L'homme noir sera respecté le jour que le subconscient de nos descendants sera imprègné du nom de nos illustres grands hommes.
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  CESAIRE !
o+ ( 02/03/2006 18:39 )


Bonjour à vous,

L'HOMME est grand.Le cocu de budapest l'a appris à ses dépends, ce qui lui vaut d'être la "mascotte" des carnavaliers à la Martinique.
Enfin, il serait temps que nous prenions nos responsabilités en assumant l'héritage CESAIRIEN. Le fardeau est LOURD donc toute la communauté NEGRE doit s'y mettre.

A+
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  réponse à iwdi
arnaud ( 03/03/2006 10:37 )

voila quelqu un qui explique assez joiliment d ailleurs pourquoi il aime césaire et qui l as lu au moins au lieu de sen revendiquer par défaut comme trop le font
je ne voulais rien dire de plus dans mon précédent message et surtout pas insulter les martiniquais comme quelqu'un la dit (et puis de ma part ca serait un comble .:)
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  Une relation fusionelle
( 03/03/2006 14:19 )


Septembre 2001

Dans la salle d'embarquement de l'aéroport d'orly, mon r^ve devenait réalité. Je n'imaginais pas à quel point, 8h00 plus tard, je serai sur la terre natale D'Aimé Césaire.

J'ai pris soin de prendre avec moi ma "Bible", ce Cahier d'un retour au pays natal . Le chef d'oeuvre de mon père spirituel, qui a fait de moi ce que je suis et et je resterai.

Dés l'annonce par l'hotesse de notre descente sur l'aéroport Le Lamentin à FDF, la seule chose qui ne cessait de me revenir à l'esprit c'était Voir Césaire et mourrir.

Je n'oublierai jamais ma rencontre avec l'Homme. Quelles émotions pour moi.

Entre lui et moi une relation fusionnelle est née.

LDN - Rouen
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  Je suis Ivoirien d' Alsace mon rêve aussi est de rencontrer ce grand homme et lui serer la main
Tra ( 03/03/2006 15:17 )

Jai un amis Antillais qui vient de prendre sa retraite et m'invite dans son ile.

avec un peu de chance je pourrais voir ce grand homme.

Que le grand architecte de l'univers lui prête longue vie.
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  Gaston Kelman quoi?
EMA ( 03/03/2006 17:01 )

Mr a écrit:"Une " certaine " élite africaine
(voire afro-américaine) a lu Anta Diop . Ex. Gaston Kelman
ds son livre " Je suis noir & je n'aime pas le manioc " ( Coll. Max Millo, 2003 ) . A la page 20 de ce livre, Gaston Kelman fait les éloges de Cheick Anta Diop . Oui . Tel un BON DISCIPLE ( oui, car les disciples de Cheick Anta Diop, cela
existe TT DE MM !!), il dit que
" L'auteur aura démontré auparavant
le role essentiel de la race nègre dans l'émergence de la civilisation humaine en Egypte . " En clair, C.A.D. a soutenu " la thèse " que
" l'Egypte pharaonique était nègre " .
Si Gaston Kelman avait lu Cheick Anta Diop, avait été un de ces disciples il n'aurait jamais écrit je suis noir et je n'aime pas le manioc(livre d'ou tu as tiré ton passage). Livre qui ne manque pas de critiqué le racisme en France mais qui d'un autre côté que les noirs sont responsables aussi de cette situation de par l'importation de leurs cultures nègres qui ne sont pas adapté à la civilisation. Il faut comprendre par la que les culures nègres des Antilles et d'Afrique sont trop sauvage. Kelman est un assimilationiste de la pire espèce. Et si il avait lu ou compris Cheick, en tant qu'assimilationiste il ne l'aurait pas cité sans le critiquer. Cela prouve que tout ce que ce bounty sait de Cheick c'est qu'il a prouvé que les égyptiens anciens étaient des noirs. Et ça tu vois ce n'est qu'une partie de la théorie de Diop. Mais ça je crois que ça non plus tu ne le sais pas. Sinon tu ne l'aurait jamais cité à côté d'un type comme Kelman.

Et c'est vrai pas beaucoup de noirs ne connaissent en réalité vraiment ces auteurs qui sont censés être des classiques. Ils en parlent sans les avoir étudiés!

Mais faut que ça change, faut les mettre au programe de toutes les écoles en terre négrières! Comme le dit le Grand Césaire: "une indépendance purement politique, non accompagnée et soutenue par une indépendance culturelle, s’avère sur le long terme le moins fiable des boucliers (...)". Voila nos armes.
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  Le Grand
EMA ( 03/03/2006 17:12 )

Césaire un chef. Il à tout compris, se reconstruire, construire l'esprit nègre. La liberté est importante mais n'aura jamais aucun résultat tant qu'on ne regardera pas nos cultures avec respect. Et surtout tant qu'on utilisera pas la culture Afro pour construire les systèmes d'Afrique et de la diaspora de demain. On ne peut s'épanouir qu'en s'acceptant et qu'en travaillant à partir de soit même.

Merci pour tout et le seul hommage qu'on puisse vous rendre et de suivre votre chemin.
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  Brules ses pancartes de colons en Afrique
( 03/03/2006 22:44 )

Ah oui de Gaule est encore vivant sur votre chemin en Cote d'ivoire.. tu parle d'une saloperie..
ta prochaine visite en Cote d'ivoire.. pourquoi donc ne pas les bruler tous ses noms de toubabs. qui trainent en cote d'ivoire et dans toute l'Afrique.. tous des colons violeurs de nos grands-meres .. des abuseurs..
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PFFF ( 04/03/2006 01:28 )

CESAIRE NOU PARLE DE NEGRITUDE Mé KES KI la fait pour lé negre!!!!!il sait battu pour la departementalisation ce système ki nou a fait perdre toute dignité et notre identité!!!!!!
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  à PFFF
gnangne ( 04/03/2006 02:39 )

Quand on supporte pas le Rhum, on s'abstient de picoler.

Va prendre ta tête ailleurs, pauvre idiot du village.

Il y'a des verités, qui sont difficile a comprendre pour certains clowns, alors on se la boucle.
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