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  10/11 et 12 mai 2006: "chants d'Haïti, chants graffitis"
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10/11 et 12 mai 2006: "chants d'Haïti, chants graffitis"

Nombre de messages
:  1
Pages:  1  

 
soleilnoir ( 10/05/2006 02:33 )
À Montreal / Canada

OBJET :
Paroles d’Ebène
Présente
Dans le cadre de la Journée de Commémoration de l’Esclavage

\"chants d\'Haïti, chants graffitis\"
============================

LE MONDE NOIR ET \" H A Ï T I \"
À L’ÉPREUVE
DE L’UNIVERSALISME OCCIDENTAL

« La couleur ne peut se comprendre qu’en relation avec le sujet qui la perçoit », écrit un physicien bien connu à Montréal et ailleurs dans le monde, monsieur Pierre Demers, dans la préface du site Web \" Contact Canada-Haïti \";(voir \"BILL A RI ET VOICI LA LUMIÈRE, http://www.contact-canadahaiti.ca\"). Il confirme clairement la pertinence de notre présent sujet. Nous avons, en effet, cru utile de nous pencher d’abord sur l’attitude civilisationnelle (politico-religieuse) de l’Occident face aux Noirs, avant de déceler les carences de la Science actuelle — à prédominance occidentale — dans sa perception de l’univers noir.

L’attitude politique de l’Occident vis-à-vis des Noirs est, sans conteste, conditionnée depuis de nombreux siècles par la relation perverse dominant — dominé, maître — esclave, exploiteur — exploité. Et, afin de normaliser sa politique d’asservissement économique des Noirs, nous constatons que la civilisation judéo-chrétienne est allée même jusqu’à utiliser le christianisme pour légitimer ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui des « crimes contre l’humanité », tel le système \"d’esclavagisme raciste\" propre à l’Occident. État de choses qui fut, il est vrai, facilité par le fait que cette religion monothéiste, originellement universaliste, avait très tôt limité ses vastes horizons universels aux seuls contours de l’Occident, tandis que les autres peuples, qu’elle croit avoir attirés vers elle, semblent être là malgré eux. D’aucuns pourraient se demander si un tel abandon par l’Occident de l’universalisme du christianisme n’explique-t-il pas déjà cette incapacité de la civilisation judéo-chrétienne à se doter d’une attitude universaliste, non seulement au niveau politique, mais aussi dans le domaine de la Science.

En effet, la Science actuelle, dominée depuis quelques siècles par l’Occident, peut difficilement prétendre à l’universalisme, profondément entachée qu’elle est par le « sujet occidental » qui la perçoit ; lequel sujet a, nous le savons, perdu toute dimension authentiquement universaliste. N’a-t-il pas, en usant et abusant de la Bible, tenté de prouver la supériorité du Blanc occidental sur le Noir et sur les autres « peuples de couleur », limitant là aussi les vastes horizons universalistes de la Science aux seuls contours de l’Occident ? De fait, tout semble indiquer que la Science n’est plus universelle ; elle est
« occidentale », avec toutes les conséquences que cela implique pour l’humanité et plus spécialement pour le Monde noir.

En d’autres termes, « l’optique occidentale », « l’approche occidentale » est loin d’être scientifique, neutre, objective ; elle est subjective et déformante. Subjectivité et déformation qui se manifestent avec encore plus d’évidence, comme nous l’avons constaté, dans le domaine des couleurs et plus particulièrement lorsqu’il s’agit du concept « noir ». Il faut dès lors faire appel aux sciences sociales (histoire, psychologie, psychanalyse, sociologie, sciences politiques, etc…) pour comprendre ce handicap occidental. En effet, dès qu’il s’agit de Noir, la raison occidentale vacille pour laisser place à l’irrationnel et à son cortège de phantasmes.

Notre préfacier physicien, dans le sujet intitulé \"BILL A RI ET VOICI LA LUMIÈRE\", dit avoir effectué un « virage vers la couleur » en 1974. Il affirme avoir été « de plus en plus séduit par le caractère multidisciplinaire et profondément humain de ce domaine », le domaine de la couleur. Il souligne aussi que « la connaissance rationnelle de la couleur ne peut s’appronfondir qu’en faisant intervenir toutes les sciences : chimie, biologie, physiologie, mathématiques ». Or, insite-t-il, « encore une fois l’être humain intervient, il est à la fois le créateur et le porteur obligé de toute science : il est doublement vrai qu’il n’y a pas de connaissance rationnelle de la couleur en dehors de l’humanité ». Il reconnait ainsi avec nous, quoique de manière indirecte, que l’actuelle connaissance de la couleur laisse beaucoup à désirer. N’est-elle pas conditionnée par la civilisation dominante contemporaine, depuis longtemps polluée par les préjugés à l’égard des « peuples de couleur », et de couleur noire, bien sûr ?

Un tel grave handicap occidental compromet, évidemment, la bonne marche de la Science universelle comme de l’humanité entière, toutes deux victimes d’une vision raciste et donc anti-scientifique, égoïste et limitée du monde. Le cas d’Haïti, mon pays d\'origine - pour ne prendre que cet exemple que nous connaissons bien - est symptomatique de l’attitude non-universaliste de ceux qui dominent aujourd’hui le monde, les Occidentaux. Car s’il est encore possible d’apporter assez rapidement, au niveau scientifique, des correctifs à la vision erronée de la « chose Noire », il est bien plus difficile, sur le plan social, d’améliorer du jour au lendemain les comportements humains, les mentalités n’évoluant qu’avec lenteur. En attendant, nous ne pouvons que le constater : l’Occident continue toujours à trainer derrière lui son boulet de préjugés anti-noirs et ce, aussi bien au détriment du Monde occidental que du Monde noir.

Ce malheureux état de choses a déjà été dénoncé par l\'ex-Président légitime d’Haïti Jean Bertrand Aristide. S’en prenant alors courageusement au comportement du Pape Jean-Paul II face au problème haïtien, il s’est indigné dans l\'un de ses discours à l’Assemblée générale de l’ONU, le 29 septembre 1992, du fait que « rejetés par tous les États du monde, ces criminels, les innommables putschistes haïtiens, se trouvaient alors pourtant reconnus par le Vatican, le seul État qui avait choisi de bénir les crimes qu’il aurait dû condamner au nom du Dieu de justice et de paix ». Il se demandait également avec beaucoup de pertinence : « Quelle aurait été l’attitude du Vatican si Haïti était habitée par des Blancs ? Quelle aurait été l’attitude du Pape Jean-Paul II à cette époque si Haïti était polonaise ? ». Mieux encore, dans un autre discours, celui fait à Washington en janvier 1993, il dénonçait sans ambiguïté la perpétuation de la domination politique et économique de l’Occident sur son pays : « Haïti, disait-il, continuera-t-elle, à l’aube du XXIième siècle, deux cents ans après la Déclaration des Droits de l’Homme, à vivre comme au XVIIIième siècle ces relations maîtres-esclaves dont l’apparence seulement à changé, puisque 80% du peuple haïtien vit dans des conditions abjectes, privé du simple droit à l’éducation, sans parler des libertés les plus élémentaires ? ».

Profonds et graves propos que ces interpellations !

Dans ses relations avec les « peuples de couleur », l’Occident n’a-t-il pas souvent soutenu des dirigeants qui, tout en lui étant de véritables esclaves dociles, s’affirment comme des tyrans de leurs propres peuples ? C’était en Haïti le cas d’abord du régime dictatorial des Duvalier, puis celui des putschistes militaires du 30 septembre 1991. Or, de toute évidence, Aristide ne correspondait pas - à bien des yeux - à cet archétype de « maître-esclave, esclave-tyran ». Ce qui expliquerait, bien sûr, l’attitude ambigüe de l’Occident face à ses fonctions de Président légitime d’Haïti.

En d’autres termes, « l’optique occidentale », « l’approche occidentale » est loin d’être scientifique, neutre, objective ; elle est subjective et déformante. Subjectivité et déformation qui se manifestent avec encore plus d’évidence, comme nous l’avons constaté, dans le domaine des couleurs et plus particulièrement lorsqu’il s’agit du concept « noir ». Il faut dès lors faire appel aux sciences sociales (histoire, psychologie, psychanalyse, sociologie, sciences politiques, etc…) pour comprendre ce handicap occidental. En effet, dès qu’il s’agit de Noir, la raison occidentale vacille pour laisser place à l’irrationnel et à son cortège de phantasmes.

Notre préfacier physicien, disant avoir effectué un « virage vers la couleur » en 1974, affirme avoir été « de plus en plus séduit par le caractère multidisciplinaire et profondément humain de ce domaine », le domaine de la couleur. Il souligne que « la connaissance rationnelle de la couleur ne peut s’appronfondir qu’en faisant intervenir toutes les sciences : chimie, biologie, physiologie, mathématiques et surtout astronomie ». Or, insite-t-il, « encore une fois l’être humain intervient, il est à la fois le créateur et le porteur obligé de toute science : il est doublement vrai qu’il n’y a pas de connaissance rationnelle de la couleur en dehors de l’humanité ». Il reconnait ainsi avec nous, quoique de manière indirecte, que l’actuelle connaissance de la couleur laisse beaucoup à désirer. N’est-elle pas conditionnée par la civilisation dominante contemporaine, depuis longtemps polluée par les préjugés à l’égard des « peuples de couleur », et - parlant surtout de Physique et d\'Astronomie - de couleur noire, bien sûr ?

Ainsi en parle d\'ailleurs un récent article de www.Cnn.com :


Cnn.com
96 percent of cosmos puzzles astronomers
Friday, June 20, 2003 Posted: 1629 GMT (12:29 AM HKT)

Luminous matter accounts for only about 0.4 percent of the universe.

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WASHINGTON (AP) -- The Earth, moon, sun and all visible stars in the sky make up less than one percent of the universe. Almost all the rest is dark matter and dark energy, unknown forces that puzzle astronomers.

Observations in recent years have changed the basic understanding of how the universe evolved and have emphasized for astronomers how little is known about the major forces and substances that shaped our world.

Astronomers now know that luminous matter -- stars, planets and hot gas -- account for only about 0.4 percent of the universe. Nonluminous components, such as black holes and intergalactic gas, make up 3.6 percent. The rest is either dark matter, about 23 percent, or dark energy, about 73 percent.

Dark matter, sometimes called \"cold dark matter,\" has been known for some time. Only recently have researchers come to understand the pivotal role it played in the formation of stars, planets and even people.

\"We owe our very existence to dark matter,\" said Paul Steinhardt, a physicist at Princeton University and a co-author of a review on dark matter appearing this week in the journal Science.

Steinhardt said it is believed that following the Big Bang, the theoretical beginning of the universe, dark matter caused particles to clump together. That set up the gravitation processes that led to the formation of stars and galaxies. Those stars, in turn, created the basic chemicals, such as carbon and iron, that were fundamental to the evolution of life.

\"Dark matter dominated the formation of structure in the early universe,\" Steinhardt said. \"For the first few billion years dark matter contained most of the mass of the universe. You can think of ordinary matter as a froth on an ocean of dark matter. The dark matter clumps and the ordinary matter falls into it. That led to the formation of the stars and galaxies.\"

Without dark matter, \"there would be virtually no structures in the universe,\" he said..........


Un tel grave handicap occidental compromet, évidemment, la bonne marche de la Science universelle comme de l’humanité entière, toutes deux victimes d’une vision raciste et donc anti-scientifique, égoïste et limitée du monde. Le cas d’Haïti, pour ne prendre que cet exemple que nous connaissons bien, est symptomatique de l’attitude non-universaliste de ceux qui dominent aujourd’hui le monde, les Occidentaux. Car s’il est encore possible d’apporter assez rapidement, au niveau scientifique, des correctifs à la vision erronée de la « chose Noire », il est bien plus difficile, sur le plan social, d’améliorer du jour au lendemain les comportements humains, les mentalités n’évoluant qu’avec lenteur. En attendant, nous ne pouvons que le constater : l’Occident continue toujours à trainer derrière lui son boulet de préjugés anti-noirs et ce, aussi bien au détriment du Monde occidental que du Monde noir.


Prenons ici le cas de ce qu\'on appelle en Amérique du Nord\"LES BOAT PEOPLE\", cette « marée noire » que l’Amérique blanche préfère contenir à distance, en Haïti. N’est-ce pas là un prélude à des comportements irrationnels touchant les politiques occidentales face au mouvement migratoire mondial et aux rencontres inévitables des « peuples de couleur » avec les sociétés de civilisation judéo-chrétienne ?

Quoi qu’il en soit, à l’instar du domaine de la Science dont l’universalisme est actuellement très contestable, la réalité de la politique mondiale de l’Occident ne s’éloigne-t-elle pas de l’universalisme pour tomber dans un quasi particularisme, œuvrant uniquement pour la promotion et la suprématie du Monde blanc ? Le Président Aristide avait raison en citant le philosophe universaliste Anaxagore qui affirme : « le visible ouvre nos regards sur l’invisible ». La Science, à l’instar de la couleur, ne peut se comprendre qu’en relation avec le sujet qui la perçoit.

Lucien Bonnet
http://www.contact-canadahaiti.ca


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