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Leonora Miano : l'Afrique a besoin d'entendre un discours de responsabilité, même si cela déplaît
  Salué par la critique, "L'intérieur de la nuit" est paru en 2005. Leonora Miano, son auteur, a répondu à nos questions
Par Paul Yange
 
 
"L'intérieur de la nuit" de Leonora Miano
 

Votre premier roman "L'intérieur de la nuit" a été publié en septembre 2005. Comment vous est venue l'idée d'écrire un tel roman que d'aucuns ont qualifié de "terrifiant", "sombre", "pessimiste"...?

L'intérieur de la nuit a été publié en août 2005. Sa rédaction a été inspirée par un reportage sur les enfants de la guerre au Libéria, dans lequel un des interrogés racontait qu'une milice avait tué son frère et forcé la population à le manger. Le texte recrée cette nuit, à sa façon. Quant aux qualificatitfs que vous mentionnez, ne peut-on les appliquer à la vie elle-même?

Ayane, un des personnages principaux du livre, qui se pose des questions sur la scène dont elle a été le témoin dans son village (sacrifice humain avec cannibalisme) a longtemps vécu à l'étranger. Est ce le fait d'avoir vécu à l'étranger qui lui donne une vision différente de la plupart des villageois ?

Non, le fait qu'Ayané ait vécu ailleurs ne lui donne pas une plus grande acuité d'esprit qu'aux autres. ses jugements sont hâtifs, faciles. Je m'étonne qu'on la retienne comme la voix de la raison. Si sa vision est différente, c'est avant tout parce qu'elle a une autre sensibilité, ayant été élevée par des parents marginaux.



 
Leonora Miano
 

Votre roman a reçu un excellent accueil en France, mais beaucoup ont retenu essentiellement le thème du cannibalisme. Est ce qu'en choisissant ce thème comme l'un des points principaux de votre roman, vous ne contribuez pas à alimenter même sans le vouloir les vieux clichés sur l'Afrique cannibale, barbare, sur l'étrangeté de la culture africaine "inférieure" à la culture occidentale ?

Je n'ai pas choisi le thème du cannibalisme. Il y a une scène de cannibalisme dans le texte, et ce n'est pas la même chose. Par ailleurs, je n'innove pas en la matière. Quant à l'image de l'Afrique que cela peut donner, je ne me suis pas posé la question. Toute vérité romanesque est partiale, partielle, parcellaire. Si on veut connaître l'Afrique, il faut y aller. Elle n'est pas dans les livres.

Votre roman est de portée universelle, mais au fond, n'adressez-vous pas, sans prendre de gants un message spécifique aux africains en leur disant qu'il faut qu'ils prennent leur responsabilité, qu'ils deviennent acteurs de leur propre destin et se débarassent d'une partie de leur culture qui les handicape ?

Oui, je crois que l'Afrique a besoin d'entendre un discours de responsabilité, même si cela déplaît. Il n'y a qu'en acceptant d'être responsable des choses, qu'on peut prendre des initiatives. Et oui, il faut accepter de chasser les ombres, peu importe qu'elles nous viennent de loin. Tout n'est pas utile dans nos usages.


Pourquoi, à la fin du livre, faire pointer par un de vos personnages la responsabilité des africains concernant la traite négrière ?

Pour mettre ce trafic ancien en parallèle avec ceux qui ont cours aujourd'hui. Ils aboutissent tous à nous priver de nos forces, et cela, par notre propre faute. Des gamins sont razziés dans les villages comme d'autres le furent jadis, et si ce n'est pas à l'extérieur qu'ils sont vendus, leur destin (et le nôtre) est tout de
même entravé.

Avez-vous eu des réactions de lecteurs africains (résidant en Afrique ou en dehors d'Afrique) au sujet de votre livre ?

Oui, des réactions diverses. On m'a insultée. On m'a remerciée. De nombreuses personnes me traitent de vendue. D'autres me trouvent courageuse. Cette diversité me sied. Je n'aurais pas aimé faire consensus.


Vous préparez actuellement un prochain livre. Peut-on savoir de quoi il traitera ?

Il sera encore dans une veine africaine, et interrogera encore la conscience de soi de l'Afrique contemporaine, mais sur un mode moins réaliste.

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Leonora Miano : l'Afrique a besoin d'entendre un discours de responsabilité, même si cela déplaît

Nombre de messages
:  7
Pages:  1  

 
Nogo ( 24/05/2006 07:29 )

En voilà une Calixte Beyala bis. C'est de plus en plus vrai que quand les occidentaux t'applaudissent, il faut se demander quelle bêtise on a faite.
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MBTEU ( 24/05/2006 20:22 )

arrêter d'accuser les blancs penchez vous sur vos corrompus, vos tueurs vos violeurs, les structures archaiques qui font que l'asie, l'inde décollent et l'afrique sombre, 3 milliards de terriens et plus ne sont pas blancs,
le racisme que vous avez envers les blancs vous em^pêche de vous prendre en charge et regarder les réalités tragiques de l'afrique.......pas besoins des blancs pour se massacrer entre nous, plus facile de se trouver des excuses, oui les africains ont pratiqués la traite et l'esclavage comme les arabes......
le monde n'attendra pas que l'afrique bouge la chine est le nouveau colonisateur de l'afrique cause: ressources rares économies et pétrole...............peut être pire que les blancs dans quelques années.....
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lam toro ( 25/05/2006 21:45 )

ne te fatigue pas à discuter sache que nous sommes une peuple très suceptible. Il ne faut pas parler de nous qu 'avec grandeur sinon tu est un traite. On aime la complaisance t surtout les flatteries. Mais le reste est toujours de la faute d'autrui.

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  Right on Iam toro!
Leneg'Penda ( 26/05/2006 00:12 )

"flatteries?"

-Cosign here Brutha!

..."SOME" negroes are knee-deep in those "pointing fingers" & "blame others" games.

& they go to bed mumbling to themselves: "yeah we are not faulty at all, if not we are INNOCENT; now we can rest easy on our laurel & since the oppressor owe us some damage, he is going to correct his misdeeds and work things out for us".


....Yet SALIVATION is the best form of flattery, as the saying goes!
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  MBTEU
Nogo ( 26/05/2006 01:53 )

Si le débat était serein, je ne redoute nullement de montrer aux africains qui se dénigrent, fuient l'Afrique et ont horreur de leur culture, qu'ils ont tord. De même que les faux africains et vrais blancs qui essayent de perpétuer l'esclavage mental, ayant échouer avec l'esclavage physique. D'abord, une remarque: ce n'est pas parce qu'on est pauvre que toutes nos coutumes et nos traditions sont mauvaises ou en sont responsables. Personnellement j'ai suivi un feuilleton semblable en RDC sur RFI, des congolais auraient vu leurs proches massacrés et auraient été obligés de les manger. On a repété ça pendant près de trois mois avant que ceux dont on disaient avoir été mangés apparaissent. RFI a rectifié évidemment l'information mais vous savez, un proverbe de chez nous, vestige de la sagesse multiséculaire des africains affirme que "Si on salit ton nom au marché, tu ne peux le laver en faisant du porte à porte".
Loin d'être passéiste, je trouve légitime de remettre en cause certaines de nos coutumes,. De toute façon même sans être au contact avec les autres peuples les sociétés africaines évoluaient et changeaient de règle à chaque fois qu'une règle montrait la preuve de ses limites, à plus forte raison en ces jours de globalisation où nous influençont aussi les autres.

Mais Chamoiseau, à juste titre disait qu'un peuple défaille et meurt quand pour lui s'invalide ses traditions, s'il les perçoit comme archaïques et réfuse d'avancer, riche d'elles, en y puisant de quoi se créer un monde nouveau. Contrairement aux fausses informations, les indiens et les chinois n'ont jamais abandonné leur culture et traditions, en inde on parle et écrit en hindou avant l'anglais, en chine ou utilise les caractères chinois très peu adaptés au monde actuelle, en afrique on a abandonné nos langues au profit de celles du colonisateur. si se déculturer était signe de progrès, il y' a bien logtemps que les africains étaient les plus puissants du globe. Il n' y a pas plus conservateur que les européens. Un jour ne se passe sans qu'on en commémore un ancêtre de quatre siècle dont personne ne devrait plus se rappeler. S'il faut copier les autres, d'accord mais faisons le avec intelligence.

Ceux qui nous disent de nous oublier sont nos plus mauvais conseillers car eux ils ne s'oublient pas.
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  comme d'hab
EMA ( 26/05/2006 17:55 )

Félicitation déjà à Nogo qui à très bien vu le probleme. Je rajouterai juste que ce n'est ni un système traditionel, ni une technologie et politique traditionelle qui pille les richesses de l'Afrique, tuent l'agriculture et l'artisanat et le reste. C'est plutôt des pseudos système occidentaux. Mais bon le nègre à toujours besoin de se dénigrer, d'être le responsable de la barbarie mondial, même quand ce n'est pas la sienne. Au final quand on regarde de près dans les systèmes traditionels tout le monde travaillaient étaient soigner et participaient à la vie social et politique. Sache qu'ils étaient plus civilisés que nous qui singeons la république et la démocratie. Et leur richesse dépendait de leur travail et terre; pas de celle du pétrol du voisin. Mais bon ils étaient archaique quand même que veux tu Nogo. Le nègre esclave n'est pas près de mourrir.

Pour ce livre je n'ai qu'une question. Pourquoi c'est seulement quand on parle de noirs cannibal, esclavagiste que les livres sur l'Afrique ont du succès?

Le noir responsable de la barabarie de l'humanité. Franchement on a nos responsabilité mais on est pas aveugle au point de ne pas voir qui nous pousse dans le fossé! Qui au final a les manettes de la corruption et décadance africaine. Et qui écrit pour qu'on oublie qui manipule ces dictateurs et fait ces guerres horribles! Et cette traite négrière et le reste.
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  L'Afrique et les médiocrités
bouf ( 30/05/2006 14:02 )

Le sujet pose bien... Il faut que les africains prennent des responsabilités pour enfin avancer un jour.

La mentalité, les moeurs, la nonchalence et autres rentrent l'Afrique dans les ténèbres alors que tous les autres continents avancent.

Comme soulignait une réaction d'Africalta, le continent avancera quand il aura laissé tous ses tabouts.

Félicitations à Léonora MIANO qui comme d'autres auteurs, a osé provoqué les cannibales, mais, est-ce normal de mener une vie de sauvage à notre aire ?
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