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Coupe du Monde 2010 / Afrique du Sud
 
Coupe du Monde 2010Coupe du monde : la Chronique de Célestin Monga (4) : Algérie Slovénie Ghana Serbie
 
Coupe du monde : la Chronique de Célestin Monga (4) : Algérie Slovénie Ghana Serbie
14/06/2010
 

Célestin Monga revient sur la troisième journée de la coupe du monde ainsi que les deux matchs
 
Par Celestin Monga
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Nadir Belhadj face à Aleksandar Radosavljevic
 

La Guerre de libération de l’Algérie a-t-elle jamais eu lieu ? L’on pouvait en douter en regardant la performance de la sélection nationale de football lors de leur match contre les Slovènes ce 13 juin. Les onze joueurs de l’entraîneur Rabah Saadane (les Fennecs) étaient dominés physiquement, tactiquement et psychologiquement.

Ahmed Ben Bella, Houari Boumedienne et les autres pères de l’indépendance algérienne ont dû se demander ce qui était advenu de l’héritage moral et du stock de fierté nationale qu’ils croyaient avoir lassé aux générations futures. Les adversaires slovènes de l’Algérie ont joué comme s’ils n’avaient jamais entendu parler du FLN, ou comme s’ils méprisaient l’histoire de cette grande nation de football.

La Slovénie ? 2 millions d’habitants seulement ? Bien moins que la seule ville d’Alger ? Mais quelle dose de méchanceté et de confiance en soi dans le regard de ces joueurs pourtant très moyens. Comme le Général de Gaulle qui avait proclamé aux Algériens à Alger en juin 1958 «Je vous ai compris» pour les endormir et les dominer politiquement, les Slovènes ont fait comprendre aux Fennecs dès le début de la rencontre qu’ils les savaient apeurés, et qu’ils en profiteraient pleinement. Simplement, le message était subliminal.

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Kevin Prince Boateng
 

Il a cependant eu l’effet escompté. L’Algérie n’a pas été à la hauteur de ses propres ambitions. Sanctionnée par l’expulsion logique d’Abdelkader Ghezzal suite à une faute de main stupide, et à une erreur grossière du gardien Faouzi Chaouchi, elle a logiquement perdu un match fade, qu’elle devra rapidement oublier si elle veut sauver sa crédibilité sportive.

Le deuxième match de la journée était beaucoup plus gai. Les Ghanéens ont du pétrole, ce qui ne les empêche pas d’avoir aussi des idées. Et ils ont clairement des ambitions à la hauteur de leur riche histoire. De son cercueil, Kwame Nkrumah était probablement fier de voir la manière dont les Black Stars ont abordé leur premier match de coupe du monde. Ils n’ont ni cligné l’œil ni baissé la garde.

Les choses ont pourtant commencé par un vigoureux coup de semonce de l’excellent attaquant slovène Marko Pantelic qui, seulement deux secondes après le coup d’envoi, a décoché un tir tendu à plus de quarante mètres des buts de Richard Kingson. Il l’a fait avec une froideur criminelle. Le ballon a frôlé la lucarne et transmis de l’électricité jusque chez le coiffeur Ghanéen de Silver Spring, Etats-Unis, où de nombreux supporters africains s’était réunis pour jouir du spectacle. Un acte grave de sorcellerie blanche caractérisée !

 
Les Black Stars du Ghana face à la Serbie
© getty
 

Et surtout, quelle arrogance dans le jeu. Un jeu froid, calculateur, mature, et complexe. Un jeu avec des combinaisons plusieurs, combinaisons que l’on croirait héritées des joueurs d’échec du KGB soviétique—ceci notamment sur les coups de pied arrêtés.

Il faut dire qu’ils ont l’histoire de la Yougoslavie qui coule dans leurs veines, et la mémoire habituée à des conflits bien pires qu’un vulgaire match de football. Mais les Ghanéens ont joué sans complexe, faisant preuve d’imagination (Andre Ayew), d’audace (Asamoah Gyan), de puissance (Kevin Prince Boateng). Au final, ils ont gagné, ayant crée le plus d’occasions nettes de but. Reste à savoir si les Black Stars n’ont pas dépensé trop d’énergie pour arracher ces trois précieux points. La Coupe du monde est un très long tournoi et il faut savoir économiser ses forces.

Le match Allemagne-Australie était comme un vieux film sans le moindre suspense qu’on ne se fatigue pourtant pas de visionner—un remake du spectacle habituel que nous offre le Mondial, et consigné dans les ouvrages d’humour sur la définition du sport-roi : «le football est un jeu qui se joue avec deux équipes de onze joueurs, en deux mi-temps de quarante-cinq minutes, et dans lequel c’est toujours l’Allemagne qui gagne.»

 
Mesut Oezil face à l'Australien Carl Valeri
 

Précisons tout de même que, malgré sa force brute et son mental de bourreau, l’équipe allemande a bénéficié comme souvent de la présomption de compétence : les arbitres ne se sont pas gênés à siffler des hors-jeu de façon… arbitraire, laissant parfois les rapides attaquants Lukas Podolski et Miroslav Klose se positionner derrière la pauvre défense australienne.

Cet arbitrage incohérent n’enlève rien cependant à leur impressionnante performance. Dopés par l’ambition de gagner, les joueurs allemands étaient physiquement bien préparés, tactiquement sûrs d’eux, et concentrés comme des possédés. Visuellement, la séance de torture qu’ils ont imposée aux courageux australiens ressemblait parfois à une séquence d’un opéra de Richard Wagner. Ils auraient tort cependant de croire que le trophée leur appartient déjà.

 
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afrique du sud   algérie   coupe du monde 2010   diaspora africaine   ghana   serbie   
 
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