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Coupe du Monde 2010 / Afrique du Sud
 
Coupe du Monde 2010Coupe du monde : la Chronique de Célestin Monga (7) : Esp Suisse et Afsud uruguay
 
Coupe du monde : la Chronique de Célestin Monga (7) : Esp Suisse et Afsud uruguay
17/06/2010
 

Célestin Monga revient sur la 6ème journée de la coupe du monde ainsi que les matchs Chili Honduras, Afsud Uruguay et Espagne Suisse
 
Par Celestin Monga
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Les Chiliens célèbrent le but de Jean Beausejour
 

Ceux qui ont choisi de négliger le match Chili-Honduras sous le prétexte qu’il s’agissait d’une affaire de Sud-américains ont eu le tort de mal connaître leur géographie, mais aussi de manquer une partie de football enlevé, pétillante, nerveuse, engagée, et jamais ennuyeuse.

Entre ces deux équipes qui, visiblement, étaient chacune convaincues de pouvoir infliger une sévère correction à l’autre, les choses sérieuses ont commencé dès le coup d’envoi, et la température n’a jamais baissé. Cela s’est joué à 200 kilomètres à l’heure, comme sur un circuit de formule 1. Ceux qui regardaient n’avaient même pas le temps d’aller chercher une bière au réfrigérateur—de peur de manquer quelque chose d’électrique. Dans ce duel d’hispaniques, les Chiliens ont montré plus d’assurance, de vivacité et de talent. Ils ont offert un jeu rapide, efficace, construit sur des passes linéaires entre défenseurs, milieux de terrain et attaquants.

Les ballons en profondeur au ras du sol dans le dos de la défense de Jorge Valdivia, les envolées lyriques d’Alexis Sanchez et les démarrages meurtriers d’Isla sur l’aile droite, et l’activisme de Vidal au milieu de terrain ont logiquement conduit au but victorieux du bien-nommé Beausejour. Leur coach argentin Mario Bielsa doit simplement se demander s’ils n’on pas dépensé un peu trop d’énergie pour un premier match, surtout contre une équipe que personne ne considère comme étant une des plus impressionnantes du tournoi.

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Xabi Alonso effectue un contrôle sous le regard de Blaise Nkfufo
© getty
 

En face, Guevarra, Carlos Pavon, Ramon Nunez, le gardien de but Vailladares et leurs coéquipiers n’ont pas démérité. Ils ont joué avec conviction et talent, montrant à la face du monde que le Honduras, c’était bien plus que les frasques du président déchu Manuel Zeleya ou les coups d’état militaires. En fait, pendant 90 minutes, personne n’a pensé ni au récent tremblement de terre au Chili ni à l’instabilité politique du Honduras. La beauté du spectacle a même permis d’oublier que le stade où se déroulait la rencontre a coûté 171 millions de dollars, et que seuls quatre matches y sont prévus—soit environ 43 millions de dollars par match…

Des Suisses qui jouent au football ? Pourquoi pas. Il y a bien des Sénégalais qui font du ski ! Espagne-Suisse, la deux16 juinième affiche du jour suscitait a priori des haussements d’épaule chez ceux qui ne suivent pas attentivement les mystères du ballon rond. L’arrogance de l’équipe d’Espagne, parée de toutes ses vedettes, s’est vite traduite par un excès d’individualisme à l’approche des dix-huit mètres. Talentueux, dominateurs mais cherchant chacun à faire tout seul la différence, les Espagnols sont apparus fébriles et maladroits non seulement en attaque mais également en défense—il faut dire que le courage et l’engagement du capitaine et libéro Carlos Puyol ne lui n’ont jamais suppléé à son déficit de talent.

En face, il y avait des Suisses très regroupés dans leur camp dans un rigide système 5-4-1, pratiquant la stratégie du bunker et jouant d’ailleurs parfois avec la roublardise des banquiers de Zurich. Même Blaise Nkuffo, leur avant-centre importé du Congo, s’est transformé surtout en milieu de terrain défensif, ne sortant de ce rôle que pour piloter des contre-attaques meurtrières, comme celle qui conduit au but de Gelson Fernandes. Au final, une victoire suisse en forme de coup de théâtre, susceptible de perturber profondément les équilibres de pouvoir dans ce tournoi que certains croyaient joué d’avance.

 
Les Bafana Bafana ont perdu presque toute chance d'aller au second tour
 

Le match Afrique du Sud-Uruguay ce 16 juin, jour anniversaire des soulèvements et des massacres de Soweto. L’on eût pu penser donc que les jeunes footballeurs sud-africains avaient en mémoire le souvenir des sacrifices de leurs aînés, dont le combat avait permis de changer le cours de l’histoire du pays. Pourtant, les Bafana Bafana n’ont pas abordé la rencontre comme s’ils avaient une idée claire de leur mission. Ils ressemblaient plutôt à des touristes cherchant leur chemin.

L’arbitre du jour, visiblement complexé ou alors victime de la pression de l’enjeu, ne les a pas aidés. Il a paru obsédé par des fautes imaginaires et leur a infligé des coups-francs dangereux dès le début de la rencontre. Ceci a probablement contribué à perturber leur rythme de jeu—en supposant d’ailleurs qu’ils en avaient un. Et ni le coach, ni le capitaine n’a rapidement mobilisé les troupes pour procéder aux ajustements psychologiques nécessaires.

Cette naïveté s’est révélée notamment dans le marquage au milieu de terrain, où le magicien uruguayen Diego Forlane avait toute la liberté de contrôler le ballon, de se promener, de pivoter sur lui-même au milieu de trois adversaires, regarder le placement du gardien Khune, et prendre le temps d’ajuster une frappe imparable de l’extérieur du pied pour ouvrir le score.

 
Le capitaine des Bafana Aaron Mokoena a déçu
 

Jouant à leur niveau normal (c’est-à-dire proche de zéro), les Bafana Bafana ont fait preuve de leur habituel manque d’inspiration en attaque, où l’avant-centre Mphela s’époumonait en courant dans toutes les directions sans jamais éviter de perdre les quelques rares ballons qui lui parvenaient d’ailleurs par inadvertance. Steven Pienaar, présenté comme le maître à joueur de cette sélection, est passé comme toujours en travers de l’événement, abandonnant ses camarades dans les tranchées.

Khumalo et Mokoena, les deux défenseurs centraux, donnaient l’impression de courir après les attaquants uruguayens pour leur demander des autographes, pas pour les empêcher de marquer des buts. Même si l’on peut déplorer le saut de cabri et la scène de théâtre de l’avant-centre uruguayen Juarez, qui offrent un pénalty à son équipe et un carton rouge au gardien Khune, une chose est indiscutable : cette équipe sud-africaine n’était pas la hauteur de ses proclamations.

Six jours après le début de la compétition, le bilan préliminaire des équipes africaines et bien médiocre : 6 matches et seulement deux buts marqués, dont un sur pénalty. Peut-on faire pire ? Bien sûr, il ne s’agit que de matches de football, c’est-à-dire d’un jeu. Mais d’un jeu financièrement fort coûteux, que l’on présentait comme d’un investissement...




 
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afrique du sud   chili   coupe du monde 2010   espagne   suisse   uruguay   
 
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