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Henri Guaino: "Toute l’Afrique n’a pas rejeté le discours de Dakar"
28/07/2008
 

Le conseiller de Nicolas Sarkozy revient dans une tribune du journal « Le Monde » sur le discours de Dakar qui déchaîna les passions en il y a un an, en juillet 2007, et dont il était l’instigateur. Il ne le renie pas franchement, réglant même au passage quelques comptes avec ses détracteurs
 
Par Paul Yange
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Henri Guaino  
Henri Guaino
© jdd.fr
 

Il y a un an, le 26 juillet 2007, Nicolas Sarkozy prononçait à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar un discours qui allait susciter un tollé en terre africaine. Dans les discours, il y a des expressions qui passent à la postérité, et en l’occurence, ce fut le désormais célèbre « l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Vivement critiqué par des intellectuels comme Achille Mbembe ou Adame Ba Konaré, le discours a même suscité un recueil de textes, « l’Afrique répond à Sarkozy », écrits par des intellectuels africains en réponse du discours de Dakar.

Dans sa tribune parue dans le journal "Le Monde" (26 juillet 2008), Guaino donne son point de vue. Selon lui, jamais aucun président français n’était allé aussi loin dans la reconnaissance des crimes que furent la traite négrière et la colonisation dans un discours. Mais en même temps, il ajoute qu’il y eut des colons qui étaient des hommes de bonne volonté dont certains ont construit des ponts, des dispensaires etc (petit clin d’œil aux fameux "aspects positifs de la colonisation"chers à Nicolas Sarkozy ?)

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© 7sur7.be  

Henri Guaino ajoute aussi que le discours de Dakar s’inspirait fortement de Senghor (...) "Voila pourquoi il a tant déplu à une certaine intelligentsia africaine qui trouvait Senghor trop francophile" dit-il en précisant "il ne doit en revanche rien à Hegel. Dommage pour ceux qui ont cru y déceler un plagiat". Henri Guaino ne peut s’empêcher d’envoyer une petite pique envers ses détracteurs qui ont vu dans le discours de Dakar une inspiration très Hegelienne (Une Afrique hors du temps, sans histoire etc). Sauf que certains, comme le burkinabé Mahamadé Sawadogo, agrégé de philosophie, affirment que "ce que beaucoup de gens doivent savoir, c’est que de nombreux passages du discours de Sarkozy renvoient pratiquement mot à mot aux analyses hégéliennes sur la position de l’Afrique dans l’histoire".

Henri Guaino reprend un argument à la Stephen Smith "Faut-il avoir une couleur de peau particulière pour pouvoir parler de l’Afrique sans être accusé de racisme" ? Et pour réfuter lesdites accusations de racisme, convoque Claude Levi-Strauss qui disait en 1971 que le racisme était une doctrine précise : Un : une corrélation existe entre le patrimoine génétique d'une part, les aptitudes intellectuelles et les dispositions morales d'autre part. Deux : ce patrimoine génétique est commun à tous les membres de certains groupements humains. Trois : ces groupements appelés "races" peuvent être hiérarchisés en fonction de la qualité de leur patrimoine génétique. Quatre : ces différences autorisent les "races" dites supérieures à commander, exploiter les autres, éventuellement à les détruire."

 
 

Et Henri Guaino de déduire que le discours de Dakar n’est pas raciste puisqu’il ne correspond pas aux quatre critères définis par Claude Levi-Strauss. On pourrait cependant lui rétorquer que le même Claude Levi-Strauss dit aussi que "le barbare est d’abord celui qui croit à la barbarie " pour décrire les réactions suscitées par des habitudes culturelles, religieuses, sociales, éthiques éloignées de celles du sujet qui se considère comme la référence. En d’autres termes, des expressions comme "l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire" peuvent être considérées comme un expression du sentiment de supériorité, d’un mépris, voire d’un racisme, même si Guaino s’en défend en prenant moultes précautions ("L’homme africain est aussi logique et raisonnable que l’homme européen").

Henri Guaino revient d’ailleurs sur le fameux passage "qui a déchaîné tant de passions", "l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire". (Voir la citation complète en fin d’article). Pour lui, ce passage ne signifie pas que l’Afrique n’a pas d’histoire, "mais que l’homme africain est entré dans l'histoire et dans le monde, mais pas assez. Pourquoi le nier ?"


Henri Guaino souligne aussi que le discours de Dakar s’adressait à la jeunesse africaine et "non à l’intelligentsia". Qu’il soit permis d’en douter. Pour commencer, une petite partie du discours, sur le thème "les africains vendaient autres africains à l'époque de l'esclavage" a été supprimée de la version initiale. Une bonne décision à postériori!

Comment ne pas percevoir dans certaines parties du discours une allusion au débat franco-francais sur le rôle positif de la colonisation, le refus de la repentance (thème cher à Nicolas Sarkozy) etc L’essentiel du discours est consacré à l’histoire, et au passé. Non pas que cela soit inutile bien au contraire, mais consacrer une plus grande place à l’Afrique contemporaine, à l’éducation scolaire et universitaire, à l’emploi, à la science, à un rééquilibrage des rapports entre la France et les pays africains aurait sans doute plus parlé à la jeunesse africaine qu’un discours de Dakar qui a complètement raté sa cible. Et cela Henri Guaino n'a pas l'humilité de le reconnaître même si le discours de Dakar est sans doute plus nuancé qu'on n'a voulu le dire.

Henri Guaino souligne qu’on a beaucoup parlé de ceux qui ont critiqué son discours (c'est-à-dire la quasi-totalité des médias et des intellectuels africains, voire français), tandis qu’on a peu parlé des personnes (assez rares il faut bien le dire) qui ont approuvé : "comme le président Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud, (...) On n'a pas parlé du livre si sérieux, si honnête d'André Julien Mbem, jeune philosophe originaire du Cameroun."

 
 

Et Henri Guaino d’ajouter : "Parlera-t-on du livre si savant à paraître bientôt à Abidjan de Pierre Franklin Tavares, philosophe spécialiste de Hegel, originaire du Cap-Vert ?"

Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy cite aussi l'éditorial du quotidien sénégalais Le Soleil du 9 avril 2008: ‘Et si Sarkozy avait raison ? (...) Bara Diouf, grande figure du journalisme africain, qui fut l'ami de Cheikh Anta Diop (1923-1986, historien et anthropologue sénégalais), écrivait : i "‘Le siècle qui frappe à notre porte exige notre entrée dans l'histoire contemporaine.’" Et Guaino d’ironiser : "Raciste, Bara Diouf ou mauvais connaisseur de l'Afrique ?"

En conclusion, Henri Guaino appelle à la "bonne foi", à une discussion "sans mépris et sans insultes", en disant que "toute l’Afrique n’a pas rejeté le discours de Dakar". Reste que c'est une minorité qui n'a pas rejeté le discours de Dakar. Et qu'attribuer la situation actuelle du continent africain au fait que les africains recherchent un passé "mythique pour échapper au présent" (un argument également avancé par Stephen Smith) c'est au minimum aller un peu vite en besogne.

Quelques liens

Lire le Discours de Nicolas Sarkozy à Dakar le 26 juillet 2007

Lire la tribune d'Henri Guaino dans "Le Monde"

Lire l’interview d’André Julien Mbem sur le blog d’Etienne de Tayo

Lire les félicitations de Thabo Mbeki à Nicolas Sarkozy pour son discours à Dakar

La lettre de remerciements de Nicolas Sarkozy adressée à Thabo Mbeki après les félicitations de ce dernier suite au discours de Dakar

Lire Mahamadé Sawadogo : Sarkozy a revisité Hegel dans son discours

Lire Bara Diouf et le Soleil donnent raison à Sarkozy

La Citation

"Le drame de l’Afrique, c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire. Le paysan africain, qui depuis des millénaires, vit avec les saisons, dont l’idéal de vie est d’être en harmonie avec la nature, ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et de mêmes paroles. Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n’y a de place ni pour l’aventure humaine, ni pour l’idée de progrès.

Dans cet univers où la nature commande tout, l’homme échappe à l’angoisse de l’histoire qui tenaille l’homme moderne mais l’homme reste immobile au milieu d’un ordre immuable où tout semble être écrit d’avance. Jamais l’homme ne s’élance vers l’avenir. Jamais il ne lui vient à l’idée de sortir de la répétition pour s’inventer un destin"
,

Nicolas Sarkozy, discours de Dakar, 26 juillet 2007

       
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