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  <content:encoded><![CDATA[<p>L'archipel des Comores est composé de quatre îles : Anjouan, la Grande Comore, Mayotte, et  Mohéli. Le 22 Décembre 1974, une consultation nationale sur l&#8217;indépendance du territoire est organisée. Le résultat du référendum est sans appel en faveur de l&#8217;indépendance. Au prétexte que les résultats doivent être considérés île par île, la France s&#8217;incruste à Mayotte... Commence alors pour le pays nouvellement indépendant une longue période d'instabilité politique avec les interventions répétées de l'illustre mercenaire français Bob Denard, faisant et défaisant les présidents au gré de ses humeurs, avec la bénédiction de Paris. Par contraste, Mayotte apparaît comme un îlot de paix et de prospérité.</p> <p>Pour autant les autorités comoriennes ne taisent pas leurs revendications. Tant et si bien qu'à leur initiative, une résolution adoptée par l&#8217;ONU le 28 novembre 1994 rappelle à la France que « conformément aux accords signés le 15 juin 1973 entre les Comores et la France, relatifs à l'accession des Comores à l'indépendance, les résultats du référendum du 22 décembre 1974 devaient être considérés sur une base globale et non île par île&#8230;» (1)</p>


<p>Dans ces conditions, le référendum du 29 mars 2009 souvent présenté dans les médias comme l'expression démocratique d'une adhésion populaire des Mahorais à la République française, en faisant le 101 nième département (horizon 2011), n&#8217;est qu&#8217;une mascarade. Organisée par Nicolas Sarkozy. En effet, le président français a rusé, et même abusé, pour en arriver là.</p>


<p>Avant son élection, il approche le président comorien Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, aux affaires depuis 2006, pour que ce dernier retire de la table de l&#8217;ONU la revendication des Comores sur Mayotte. La carotte : la promesse d&#8217;un règlement à l&#8217;amiable. Ce dernier accepte. Le bâton&#8230; Peu après son élection, Sarko lance le processus du référendum sur Mayotte et le programme pour mars 2009&#8230;</p>


<p>Au XII è sommet de la Francophonie qui se tient au Québec du 17 au 19 octobre 2008, le président Sambi s&#8217;ouvre à ses homologues africains. Le président algérien Bouteflika, et son homologue sénégalais Abdoulaye Wade notamment, prennent à parti le président français. Ce dernier annonce pour « après le Sommet », une réponse en vue d&#8217;une négociation. « Plus tôt que ça ! », lui enjoignent les Africains. Alors « Demain, après avoir consulté Paris », promet Sarkozy. Le lendemain, les chefs d&#8217;Etat africains se rendent à l&#8217;hôtel où est descendu le président français. Pas de Sarko. « Il a pris l&#8217;avion pour les Etats-Unis », leur annonce-t-on.</p>



<p>(Source : <em>Tam Tam Magazine</em> du 12 avril 2009, Radio FPP -10h00 à 12h00, 106.3 FM)</p>


<p>Note : (1) http://www.malango-mayotte.com/histoire-resolution_onu_mayotte_comores.htm</p>]]></content:encoded>
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  <content:encoded><![CDATA[<p>Le III è colloque d&#8217;Afrique SA s&#8217;est tenu dans l&#8217;enceinte du Sénat français le 24 avril dernier. Cette association présidée par Mahamadou Sako, ancien Ministre des privatisations du Niger et membre du Conseil d&#8217;administration de Deloitte France, est vouée au développement du secteur privé en Afrique. La table ronde autour de laquelle se sont retrouvés des praticiens dans le cadre de cette manifestation, et qui a constitué le clou de la matinée dès 10h30, a permis de dresser un état des lieux de ce chantier porteur d&#8217;espoirs en Afrique.</p> <p><ins>Success story</ins>.
Stéphane Eholie est chef d&#8217;entreprise. Il dirige la SIMAT, société ivoirienne de manutention et de transit, créée en mai 2001 avec un effectif de 40 personnes. Sept ans après, l&#8217;entreprise qui réalise un chiffre d&#8217;affaires de 9.65 millions d&#8217;euros, emploie 150 personnes. En décembre 2007, elle est introduite sur l&#8217;Euronext (le marché libre français), et devient la première entreprise africaine à être cotée sur cette place. Cette opération est réalisée par la cession de 320000 actions à 4.38 euros. L&#8217;action vaut aujourd&#8217;hui 12.50 euros !</p>


<p>Si Mr Eholie 47 ans, ancien de Bolloré où il s&#8217;est senti à l&#8217;étroit après 10 ans d&#8217;activité peut savourer son succès, c&#8217;est qu&#8217;il n&#8217;a pas ménagé sa peine. Notamment vis-à-vis des banques, dont il se plaint qu&#8217; « elles ne nous suivent pas. » Par exemple « elles prêtent sur 3 ans pour des machines amorties en 10 ans&#8230; » L&#8217;accusation est lancée. Mme Tall la reçoit de plein fouet, mais ne bronche pas ! Ou plutôt si !</p>


<p><ins>La frilosité des banques</ins>.
Pour cette directrice régionale Ecobank de la zone UMOA et du Cap Vert qui ne s&#8217;en laisse pas conter, les PME-PMI africaines (a priori excepté la SIMAT, vu son succès fulgurant&#8230;) cumulent souvent plusieurs handicaps qui rendent les banques frileuses : un actionnariat essentiellement familial, peu de garanties, pas d&#8217;informations financières... En somme beaucoup d&#8217;informel ! De plus, poursuit cette sénégalaise qui a passé 17 ans à la Citibank de Dakar, les banques ne peuvent pas financer l&#8217;investissement, parce que l&#8217;épargne dont elles disposent est courte.</p>


<p><ins>Le rôle attendu de l&#8217;Etat</ins>.
Un conseiller du président béninois Yayi Boni, intervenant dans le débat, pense quant à lui que l&#8217;attitude des banques peut s&#8217;expliquer par « les frissons » laissés en Afrique par la faillite des banques de développement. Dans ces conditions, l&#8217;investissement en Afrique devrait être financé par l&#8217;extérieur à travers l&#8217;IDE (investissement direct étranger). A charge alors pour l&#8217;Etat, d&#8217;améliorer l&#8217;environnement juridique et financier des entreprises pour rassurer ces capitaux étrangers. Des paroles qui font écho à celles prononcées plus tôt dans la matinée par Mr Raimi, PCA de Deloitte, pendant son allocution : « l&#8217;Etat doit s&#8217;assurer que le bon droit est appliqué&#8230; »</p>


<p>Les clés du problème se trouvent aussi pour Mme. Evelyne Tall entre les mains de l&#8217;Etat. Ici, il doit aider les PME-PMI à parler aux banques, par exemple en créant des structures d&#8217;accompagnement des entreprises. Ainsi seraient créées pour les entreprises, des passerelles entre la microfinance et la banque. Ecobank est déjà présente sur ce créneau, reste à l&#8217;Etat d&#8217;amplifier et de systématiser la démarche.</p>


<p>Chargé de conclure la matinée, Ibrahim Mayaki (Directeur exécutif du Hub, Plate forme pour le développement rural en Afrique de l&#8217;Ouest et du Centre et ancien premier ministre du Niger) saisit la balle au bond pour remarquer l&#8217;émergence au cours de la période actuelle de post-ajustements structurels, d&#8217;un contexte nouveau qui se décline en une « stratégie » : celle de « réduction de la pauvreté ». Alors qu&#8217;ils étaient quasi inexistants dans les cadres précédents, deux acteurs font irruption sur la scène : la société civile et l&#8217;entreprise privée. Mais pour que l&#8217;essai soit transformé, ils doivent apprendre à se connaître et s&#8217;apprivoiser mutuellement, pendant que parallèlement l&#8217;Etat s&#8217;imprègne de la culture d&#8217;entreprise.</p>


<p>Comparativement aux années 60 où l&#8217;Etat bureaucratique était omniprésent, et à la période qui a suivi où ce sont les bailleurs de fonds qui quadrillaient tous les terrains dans le cadre des ajustements structurels, ce contexte nouveau qui concerne la matrice de définition de nos politiques publiques est, de l&#8217;avis de Mr Mayaki, favorable au développement du secteur privé. A condition que l&#8217;entreprise privée aide l&#8217;Etat à assainir le climat des affaires, par exemple en s&#8217;impliquant dans la lutte contre la corruption qui gangrène plusieurs appareils de nos Etats.</p>]]></content:encoded>
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  <content:encoded><![CDATA[ <p><strong>L&#8217;Afrique idéalisée aux Etats-Unis.</strong></p>


<p>Molefi Kete Asanté relate l&#8217;expérience « il y a quelques années » d&#8217;un « Africain Américain, vêtu d&#8217;un agbada Yorouba et se présentant sous le nom d&#8217;Olaitan Olayide&#8230; Il « fut salué avec respect dans le Sud, dans des endroits dont l&#8217;accès aurait été interdit à James L. Smith. Vêtu d&#8217;un &#8216;Botany 500&#8217; et se présentant comme James L. Smith, ou même Dr. James L. Smith, on aurait refusé de servir ce même Africain Américain. (&#8230;) » (Afrocentricité, Ed. Menaibuc, p.p. 61-62). Le cas n&#8217;est pas général, mais dans ce patelin, ce jour-là, l&#8217;Afrique a été honorée, à la seule vue d&#8217;un vêtement qui l&#8217;évoquait.</p>


<p><strong>Et méprisée en France.</strong></p>


<p>En France, il n&#8217;aurait pas été nécessaire à l&#8217;ami James L. Smith de mettre un costume africain pour susciter égards et considération : sa seule origine afro américaine aurait suffit (le mythe de l&#8217;Amérique, sûrement !)&#8230; Au contraire son accoutrement africain lui aurait sans doute attiré des ennuis du genre : « Vos papiers&#8230; ». Car en France, ce qui évoque l&#8217;Afrique typique provoque la méfiance, inspire le mépris ; au mieux, dicte la condescendance, à l&#8217;image de ces statuettes africaines délicatement posées sur des coins de bureaux comme pour caresser l&#8217;ego colonial. Ce sentiment de supériorité a parfois des résurgences saisissantes.
C&#8217;est lui qui dicte cette sortie de Nicolas Sarkozy au Tchad à l&#8217;occasion de laquelle il déclare au sujet de ses compatriotes impliqués dans l&#8217;affaire de l&#8217;arche de Zoé que, quoi qu&#8217;ils aient fait, il irait les chercher. Et il y est parvenu ! C&#8217;est encore en vertu de ce mépris du continent africain, voire de ses habitants que les pirates du Ponant ont pu être exfiltrés de Somalie pour venir rendre compte devant la justice française, pour un forfait pourtant commis dans leur pays.</p>


<p>Alors la question est : pourquoi ce qui est africain suscite ces attitudes contradictoires en France et aux Etats-Unis ?</p>


<p><strong>Voici pourquoi !</strong></p>


<p>On pourrait avancer l&#8217; &#8216;affirmative action&#8217; comme piste pour tenter une explication. Aujourd&#8217;hui aux Etats-Unis et quoi qu&#8217;on en dise en France, l&#8217;affirmative action montre ses résultats. On n&#8217;y est plus à mener (seulement) des combats pour la dignité et le respect. Désormais, tout y est possible. Au pays de l&#8217;Oncle Sam, la couleur de la peau n&#8217;est plus un obstacle pour accéder aux plus hautes fonctions. Il suffit d&#8217;être pertinent, convainquant, compétent. Comme Barack Obama. Pendant que les Etats-Unis la promouvaient, en France, on &#8216;assimilait&#8217;, c&#8217;est-à-dire infériorisait les Africains en les qualifiant de &#8216;primitifs&#8217; et taxant leurs arts de &#8216;premiers&#8217; ! La supercherie dure encore&#8230; Et pour que la leçon rentre bien dans les crânes, un matraquage médiatique subtil et organisé achève le travail.</p>


<p><strong>Deux stratégies de l&#8217;homme noir en France.</strong></p>


<p><ins>Le reniement de Gaston Kelman.</ins>
C&#8217;est pour échapper à cette petite condition du Noir en France que Gaston Kelman s&#8217;est cru obligé de renier le manioc, 'absent' de son nouvel environnement d'adoption. Depuis en effet, il a accès aux plateaux de télévisions occidentales. Pour débiter des inepties. Comme de dire qu&#8217;avec la mort d&#8217;Aimé Césaire, « c&#8217;est une page qui se tourne. » Non, frère Kelman, ce n'est pas une page qui se tourne, c'est une vérité qui éclate ! Et qui crève les yeux, puisque le magazine économique Challenges du 24 avril 2008 le remarque à travers l'éditorialiste Ghislaine Ottenheimer : « un des moments forts des obsèques d'Aimé Césaire fut la lecture des textes du poète disparu. A l'issue de la cérémonie, nombre de Martiniquais ont regretté de ne pas les connaitre, de ne pas les avoir appris en classe... »</p>


<p><ins>La revendication de sa singularité, d&#8217;Aimé Césaire.</ins>
La faute à l'école « imprégnée de grands principes datant de Napoléon, poursuit Ghislaine Ottenheimer. Par souci d'unification, ce dernier voulait que tout le monde fasse la même dictée à la même heure. Aujourd'hui, dans un univers mondialisé, uniformisé, l'école doit au contraire donner des racines, distinguer des modèles auxquels peuvent s'identifier les élèves. Et ce ne sont pas forcément les mêmes à Fort-de-France, à Bobigny ou à Rennes. »
Alors, plutôt que d&#8217;inviter au reniement auquel Césaire n&#8217;a pas cédé, Gaston Kelman devrait s&#8217;arrêter un peu pour se replonger dans l'oeuvre du grand poète et dans l&#8217;histoire de l&#8217;Afrique. Cela lui éviterait d&#8217;être approximatif sur le sujet comme l&#8217;autre jour dans l&#8217;émission d&#8217;Alain Foka. Surtout, il baignerait heureusement dans un univers autre, qui le changerait de l&#8217;ébahissement perpétuel devant la tour Eiffel et autres symboles du même acabit. Avec l&#8217;espoir qu&#8217;il reviendrait un peu changé de cette immersion, et enfin instruit de ce que : tout ce qui s'élève n'atteint pas Dieu, comme tout ce qui brille n'est pas or ! Bling Bling&#8230;</p>]]></content:encoded>
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  <content:encoded><![CDATA[<p>Les praticiens de l&#8217;histoire ont généralement affaire à deux types de publics. Les adeptes sont convaincus de son caractère incontournable. Quant à ceux qui se définissent souvent comme des pragmatiques, l&#8217;enthousiasme des premiers les exaspère, eux qui ne voient pas dans cet investissement, autre chose qu&#8217;une perte de temps, eux pour qui tout se joue au présent avec l&#8217;avenir pour projet. Cette opposition n&#8217;est peut-être que le résultat d&#8217;une mauvaise approche de la discipline, que les uns et les autres considèrent comme une accumulation de connaissances sur le passé par un être désincarné. Et si l&#8217;histoire était un regard sur le passé, qui permet de structurer un individu&nbsp;?</p> <p>Les sages africains l&#8217;ont bien compris, qui honorent ceux des leurs qui excellent en la matière. Les griots en ont vécu&nbsp;; la confrérie des chefs traditionnels en pays Bassa du Cameroun fait de la connaissance de la généalogie et de l&#8217;histoire familiale une condition d&#8217;entrée dans leur cercle, qui est un gouvernement de la société traditionnelle. La France a aujourd&#8217;hui un président touche à tout dont les propos sur l&#8217;histoire font visiblement peu référence à l&#8217;histoire de l&#8217;&#8217;humanité&#8217;, au vécu des hommes et des femmes.</p>


<p>L&#8217;autre jour au Sénégal, il disait que l&#8217;homme africain n&#8217;était pas entré dans la modernité et se contentait de perpétuer le passé au lieu d&#8217;inventer l&#8217;avenir. La seule posture qui permet de dire cela est de regarder l&#8217;histoire des hommes comme on contemple une photographie. Sur une photo, tout est figé, tout est immobile&nbsp;: le temps ne passe pas&nbsp;! A l&#8217;évidence, ceci ne correspond pas à la réalité. Ce que Nicolas Sarkozy ne perçoit pas (ou fait semblant de ne pas voir), c&#8217;est que la photographie fixe un instant. Et si les choses ont l&#8217;impression de se renouveler à l&#8217;identique en Afrique, une démarche rigoureuse voudrait qu&#8217;on émette plusieurs hypothèses pour l&#8217;expliquer. Le président français a une explication toute trouvée qui l&#8217;arrange, qui l&#8217;exonère. Une autre pourrait être le poids résiduel de la France sur les choix stratégiques dans son ex empire colonial.</p>


<p>L&#8217;homologue ivoirien de Nicolas Sarkozy, Laurent Gbagbo, se félicitait récemment sur les antennes d&#8217;une radio parisienne, du départ de Jacques Chirac de l&#8217;Elysée. C&#8217;est peut-être bien que des pesanteurs du passé colonial de la France s&#8217;accommodent mal de dirigeants qui veulent s&#8217;en affranchir. Et que de chemin parcouru sur le chemin de la paix en Côte d&#8217;Ivoire depuis la défaite de Jacques Chirac aux dernières élections présidentielles&nbsp;! N&#8217;est-ce pas une coïncidence troublante que cette évolution de la situation en Côte d&#8217;Ivoire et le retrait de Jacques Chirac des affaires&nbsp;?</p>


<p>Alors, à l&#8217;échelle d&#8217;une nation, le présent, autrement dit, le futur passé, le passé à venir, semble résulter de choix d&#8217;acteurs, de conjonctures, de pesanteurs diverses internes et externes. La responsabilité des dirigeants est de mettre en harmonie toutes ces variables en vue d&#8217;une progression régulière des citoyens vers un mieux être.</p>


<p>Après sa sortie sur l&#8217;homme africain au Sénégal, Nicolas Sarkozy vient d&#8217;aller reconnaitre sur les rives algériennes de la méditerranée, que la colonisation était une mauvaise chose. Il a bon dos de le dire, maintenant qu&#8217;il n&#8217;a plus besoin du vote des sympathisants Pieds Noirs de Jean Marie Le Pen installés dans le sud de la France. Les aspects positifs de la colonisation&nbsp;? C&#8217;est de l&#8217;histoire ancienne et tant mieux&nbsp;; c&#8217;est aussi du discours sur mesure en fonction des auditoires et des conjonctures politiques&#8230;</p>


<p>Alors, que comprendre quand Nicolas Sarkozy parle d&#8217;histoire, et plus généralement, que retenir quand les hommes politiques font référence à cette discipline&nbsp;? Rien&nbsp;! Restons en donc au regard sur le passé qui permet de structurer l&#8217;individu en l&#8217;inscrivant dans un groupe et le situant &#8230; dans l&#8217;histoire.</p>]]></content:encoded>
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  <title>Le CRAN est 'mal parti'...</title>
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  <content:encoded><![CDATA[<p>Le 27 janvier 2006, Le Parisien consacre une page aux Noirs de France à l&#8217;occasion d&#8217;une double actualité. La première clôt un incident en faisant mention de l&#8217;abrogation par Jacques Chirac de l&#8217;article 4 de la loi du 23 février 2005 sur le rôle positif de la colonisation. La polémique qui prend ainsi fin est bien résumée par Louis Georges Tin au cours d&#8217;un magazine sur la question noire en France, diffusé le 24 janvier 2006 sur Arte. Cet universitaire et enseignant à l&#8217;Institut Universitaire de Formation des Maîtres d&#8217;Orléans invite à imaginer des colons qui arrivent dans un village, installent une nouvelle autorité, massacrent les hommes qui se rebellent, prennent leurs femmes et leurs champs. La contrée ainsi &#8216;pacifiée&#8217;, ils agrandissent le jardin qu&#8217;ils ont trouvé, obligent les paysans à cultiver les produits dont ils ont eux besoin, à construire des routes vers les ports pour acheminer ces produits dans leurs pays d&#8217;origine, ajoutent des pièces à la maison qu&#8217;ils ont occupée, construisent un dispensaire pour soigner les paysans blessés sur leurs chantiers&#8230; Peut-on considérer ces aménagements comme des faits positifs&nbsp;? C&#8217;est en tout cas ce que nous invitait à faire le texte adopté par des députés français&nbsp;! Il n&#8217;en sera rien, grâce à la forte mobilisation que cette initiative malheureuse a suscitée au sein et en dehors de la communauté noire de France.</p> <p>Ragaillardis par ce succès, certains de ses membres regroupés au sein du Conseil représentatif des associations noires (CRAN) se sont retrouvés dans un grand hôtel parisien le 27 janvier 2006 dans le cadre de la première rencontre publique organisée par cette instance. A cette occasion, ils invitent les Français à entrer dans une ère nouvelle au cours de laquelle «&nbsp;il faudra compter sur les Noirs&nbsp;» puisque désormais, et c&#8217;est le titre de l&#8217;article, «&nbsp;Les élites noires donnent de la voix.&nbsp;» Le quotidien français le plus lu de France observe que les états-majors politiques de droite comme de gauche et du centre ne sont pas restés insensibles à ce réveil. Certains feront lire / visionner des messages au cours de cette rencontre, d&#8217;autres ont déjà callé des rendez-vous avec les nouveaux interlocuteurs&nbsp;: l&#8217;Elyzée début février, la rue de Solferino, siège du Parti Socialiste, le 20 du même mois.</p>


<p>L&#8217;initiative ne laisse donc pas indifférent, et ceux qui riaient sous cape se verront peut-être obligés de dire «&nbsp;Chapeau bas&nbsp;! » «&nbsp;Chapeau bas&nbsp;! » comme aime tant à le dire Dieudonné pour exprimer son respect. A en croire Malek Boutih en charge des questions de société au parti socialiste français, la création du CRAN n&#8217;est pas du genre à inspirer ce sentiment à l&#8217;humoriste. L&#8217;ancien président de SOS Racismes présente en effet cette initiative comme contraire à sa démarche. Pour lui qui s&#8217;exprime dans Le Parisien, «&nbsp;il y a une question noire en France. Elle a longtemps été occultée. Il est désormais urgent de répondre aux attentes, au risque de laisser prospérer le radicalisme noir de Dieudonné.&nbsp;» Le mot est lâché, l&#8217;ennemi désigné, la sentence prononcée.</p>


<p>Mais que vient faire le nom du vaillant humoriste dans cette affaire&nbsp;? Ce nom qu&#8217;on a abusivement chargé de tous les maux est maintenant agité comme un épouvantail et brandi comme une menace. Tony Mardaye le fait observer à juste titre.</p>


<p>Auteur d&#8217;une contribution à ce débat publiée par grioo et intitulée &#8216;Le CRAN ou les nouveaux servants ?&#8217;(1), ce grioonaute base son argumentation sur la convergence d&#8217;une série d&#8217;articles qui présentent la création du CRAN comme une stratégie visant à briser l&#8217;élan provoqué par l&#8217;action revendicative de Dieudonné relative à l&#8217;attribution à l&#8217;histoire des Noirs de France, de la place de choix qu&#8217;elle mérite dans la conscience collective via les médias et les programmes scolaires. C&#8217;est d&#8217;abord Le Monde qui observe que «&nbsp;le CRAN a pour but de marginaliser Dieudonné et les associations antillaises militant pour la reconnaissance du crime toujours sans coupable.&nbsp;» (2) C&#8217;est ensuite Le Point qui s&#8217;interroge sans ambages&nbsp;: «&nbsp;Le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a-t-il été conçu comme un antidote à Dieudonné&nbsp;? » (3)</p>


<p>Alors qu&#8217;il est si difficile pour les Noirs de France de faire des faits qui les concernent des évènements pouvant intéresser les médias (réputés aux mains de la communauté juive), certains s&#8217;interrogent sur l&#8217;apparente facilité avec laquelle le CRAN y parvient. Et le pot aux roses est vite découvert. Sur la base des informations du Monde et du Point, Tony Mardaye fait mention du «&nbsp;&#8216;partenariat&#8217; du CRAN avec Amitié judéo-noire. Son cofondateur, Yves Kamani, membre du Conseil représentatif des institutions juives de France CRIF, explique au Point avoir soutenu la naissance du CRAN. Il ne figure pourtant dans aucun organigramme. Mais preuve des liens étroits entre ces associations, le vice-président d'Amitié judéo-noire, Edouard Nduwa, est aussi le vice-président du CRAN&#8230;&nbsp;» En somme «&nbsp;C&#8217;est cette proximité entre le CRIF et le CRAN qui explique sa présence sur les grands médias nationaux.» Mais dans quel but&nbsp;? Quel est le projet commun au CRAN et au CRIJF&nbsp;? C&#8217;est une invitation à un grand écart difficile à réaliser. Il faudrait plutôt se demander quel est l&#8217;intérêt de l&#8217;intelligentsia française&nbsp;?</p>


<p>Dans le même article cité plus haut, Françoise Vergès livre quelques clés en faisant un rapprochement entre la France et les Etats-Unis&nbsp;: «Comme en France, face au silence, les thèses sur le racisme du pays ou sur le complot juif ont prospéré. Les Etats-Unis sont parvenus à briser cette spirale en donnant largement la parole à de grandes voix reconnues. Des intellectuels comme Cornel West ou Henry Louis Gates, des personnalités culturelles comme Toni Morrison ou Spike Lee, des gens de télé comme Oprah Winfrey."&nbsp;» (4) On pourrait prolonger l&#8217;argument et ajouter à cette liste&nbsp;: Colin Powell, Condoleeza Rice&#8230; Parenthèse&nbsp;: Qui en France a la dimension de ces personnalités&nbsp;? Quitte à faire comme les Etats-Unis, autant le faire bien, c'est-à-dire en mettant d&#8217;abord en oeuvre l&#8217; &#8216;affirmative action&#8217;&nbsp;! Ce ne semble pas être demain la veille de cette réforme, encore moins celle de ses résultats. Par contre, là il y a urgence, et la riposte doit être prête&nbsp;: puisque la communauté noire se réveille, il faut canaliser ses énergies pour contenir le mouvement.</p>


<p>Finalement, il faut croire qu&#8217;avec la création du CRAN, «&nbsp;dans les coulisses, des individus fabriquent une élite nègre censée parler en notre nom, au nom des Noirs, comme cela a été fait aux USA, afin de museler les voix contraires ou divergentes.&nbsp;» (5) Avec la diabolisation de Dieudonné (un certain christianisme ne nous a-t-il pas enseigné que le diable était noir ?) dont «&nbsp;les dérives antisémites transformaient en haine et en irrationalité la cause des descendants de la traite, de l'esclavage et de la colonisation&nbsp;» (6), on pourrait penser être seulement dans le registre du crime commandité du chien Dieudonné accusé de rage antisémite. Si les analyses de Libération, du Point et du Monde s&#8217;avèrent justes, on a dépassé cette limite pour entrer dans quelque chose de plus tordu que rappelle la récente sortie (11 février) d&#8217;un membre du parti socialiste français et président du Conseil régional de Languedoc-Roussillon, Georges Frêche, qualifiant les Harkis ayant trahi leurs compatriotes algériens pendant leur guerre d&#8217;indépendance, d&#8217; 'hommes sans honneur'. Si les analyses de Libé, du Point et du Monde sont de l&#8217;intox, elle a bien fonctionné, parce qu&#8217;elle semble avoir réussi à faire envisager à l&#8217;opinion la dépossession des initiateurs du CRAN de leur initiative, renvoyés au statut de simples marionnettes&#8230; Dans tous les cas le CRAN est mal parti&#8230;</p>


<p>Mal parti, oui&nbsp;! A cause d&#8217;un démarrage trop timide qui laisse la place à toutes sortes d&#8217;interrogations. Mal parti, oui, mais pas pour de bon&nbsp;! Qu&#8217;attendent les Noirs de France&nbsp;? Peuvent-ils le formuler clairement sans la nécessaire unité de leur communauté&nbsp;? Pourront-ils l&#8217;obtenir sans cette cohésion qui est déjà mise à rude épreuve par des assauts répétés venus de toutes parts pour ouvrir des brèches destinées à instiller le venin de la division&nbsp;? Il faut espérer que les premières assises des populations noires de France qui se tiendront sous l&#8217;égide du CRAN le 29 avril 2006 tenteront une réponse claire à ces questions pour taire les suspicions qui sont en train de naître, risquant de faire de ce bébé un mort-né.</p>


<p>Notes&nbsp;:
(1) http://www.grioo.com/info6215.html
(2) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-719424@51-633431,0.html
(3) http://www.lepoint.fr/societe/document.html?did=172343
(4) http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3230,36-719424@51-633431,0.html
(5) Tony Mardaye, &#8216;Le CRAN ou les nouveaux servants ?&#8217; http://www.grioo.com/info6215.html
(6) http://www.liberation.fr/page.php?Article=345934</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/actuafricaine/index.php/2005/12/17/655-la-grandeur-des-nations-une-imposture-dangereuse">
  <title></title>
  <link>http://www.grioo.com/blogs/actuafricaine/index.php/2005/12/17/655-la-grandeur-des-nations-une-imposture-dangereuse</link>
  <dc:date>2005-12-17T13:10:35+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>JB</dc:creator>
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  <content:encoded><![CDATA[<p>Le livre de Claude Ribbe sur Napoléon froisse la fierté de certains Français d&#8217;appartenir à cette nation. Dans l&#8217;émission &#8216;Ça se dispute&#8217; sur Itélé ce 16 décembre, Eric Zemmour qualifie l&#8217;historien et philosophe guadeloupéen de &#8216;rigolo&#8217;, très en dessous de &#8216;vrais historiens&#8217; qu&#8217;il cite en exemple comme Olivier Petré Grenouilleau dont il conseille le livre sur les traites négrières comme idée de cadeau en cette période de fin d&#8217;année. Le crime de Claude Ribbe&nbsp;: avoir osé exhumer des faits qui soutiennent la comparaison de Napoléon à Hitler.</p> <p>Le même Claude Ribbe a eu fort à faire mercredi 14 décembre dans l&#8217;émission &#8216;Cultures et dépendances&#8217; de Frantz-Olivier Giesberg, face à un Max Gallo agité sans pour autant être convainquant, un historien de la décolonisation notamment algérienne, Benjamin Stora trop consensuel, un présentateur, Frantz-Olivier Giesberg partisan, une chroniqueuse, Elisabeth Lévy, excessive. Elle ira jusqu&#8217;à lui demander s&#8217;il veut, à l&#8217;image du procès du Nazisme dans cette ville à la fin de la Seconde guerre mondiale, un Nuremberg pour la France !! On voudrait culpabiliser et finalement museler un intellectuel, on ne s&#8217;y prendrait pas autrement. Le philosophe guadeloupéen aurait visité l&#8217;histoire pour glorifier l&#8217;objet de sa quête, jamais on ne lui aurait reproché ce voyage dans le temps. Mais parce que le résultat est inhabituel, il dérange Frantz-Olivier Giesberg qui demande ironiquement&nbsp;: «&nbsp;Jusqu&#8217;à quand faut-il remonter&nbsp;? A l&#8217;invasion de la Gaulle par les romains&nbsp;? » «&nbsp;On peut se contenter de remonter jusqu&#8217;en 1635, début de la colonisation de la Guadeloupe par la France », répond tranquillement Claude Ribbe.</p>


<p>Plus sérieusement, Max Gallo interdit à CR de parler de chambre à gaz quand il évoque le traitement que Napoléon réservait aux résistants à l&#8217;esclavage quand il l&#8217;a rétabli en 1802, soit huit ans après sa première abolition (1794)&nbsp;: «&nbsp;C&#8217;est un anachronisme&nbsp;! » soutient-il, parce qu&#8217;à cette époque le terme n&#8217;a pas la signification qu&#8217;il a aujourd&#8217;hui après la Shoah, ce drame spécifique que Max Gallo ne veut comparer à rien d&#8217;autre. Mais, l&#8217;esclavage aussi est spécifique, lui répond un Claude Ribbe regrettant l&#8217;évocation habituelle teintée de fierté du Code civil de Napoléon, et le passage sous silence de sa réactivation en 1802 d&#8217;un Code noir concocté en 1685 par Colbert, et qui a enlevé à l&#8217;homme noir toute humanité pour le réduire à l&#8217;état d&#8217;objet.</p>


<p>L&#8217;historien et philosophe guadeloupéen fait l&#8217;objet de cet acharnement parce qu&#8217;il est jugé coupable de s&#8217;attaquer à un symbole national, une icône qui requiert une dévotion absolue. Mais l&#8217;objet du culte est visiblement abusivement élevé à ce statut. Le réveil est brutal et douloureux, de ceux qui réécrivent l&#8217;histoire des vainqueurs en occultant les turpitudes dont ils ont pu se rendre coupables. Comment se taire face à cette injustice&nbsp;?</p>


<p>Les Indigènes de la République ont eux aussi donné de la voix il y a quelques mois. Silence&nbsp;! ordonne Max Gallo, qui les accuse de surcroît. Leur crime&nbsp;: accuser leur pays en inscrivant dans leur pétition que «&nbsp;la loi anti-foulard est une loi d&#8217;exception aux relents coloniaux », et s&#8217;exclure volontairement de la nation en se réclamant d&#8217;ailleurs, dans la mesure où, en vertu de leur qualité de descendants de leurs parents mis en esclavage et colonisés, ils estiment dans le même texte que «&nbsp;Dien Bien Phu est leur victoire. Dien Bien Phu n&#8217;est pas une défaite mais une victoire de la liberté, de l&#8217;égalité et de la fraternité&nbsp;! » Comment osent-ils comparer une dictature comme celle du Vietnam à la France, pays des droits de l&#8217;homme&nbsp;? s&#8217;étrangle Max Gallo. Tarek Ramadan tente une explication de leur démarche en invitant à s&#8217;interroger sur l&#8217;origine de l&#8217;exclusion&nbsp;: n&#8217;est-ce pas au contraire parce que ces Indigènes ne se reconnaissent pas dans l&#8217;histoire officielle de leur pays qu&#8217;ils cherchent des références ailleurs&nbsp;? Max Gallo n&#8217;en démordra pas. Pour lui, ils ont une seule chose à faire&nbsp;: s&#8217;intégrer dans le pays qui les accueille, et s&#8217;inscrire dans son histoire. Pendant ce temps, il s&#8217;attache, lui, à en montrer la grandeur à travers ses ouvrages&nbsp;: L&#8217;Empire, Napoléon, Bleu blanc rouge, Charles de Gaulle, Le Grand Jaurès&#8230;</p>


<p>Max Gallo est obnubilé par la grandeur de son pays et de ses hommes. Son obsession l&#8217;aveugle. Il cultive cette idée comme un champ. Mais il utilise des engrais artificiels sans se préoccuper de leurs effets à long terme. La menace est là. Elle frappe à la porte. Elle s&#8217;appelle guerre des mémoires. Les épées sont sorties de leurs fourreaux, prêtes à frapper. Claude Ribbe est resté prostré pendant une bonne partie du débat après son éclairage de la face sombre de Napoléon. Il a déployé beaucoup d&#8217;énergie, et peut-être reçu un coup. Stéphane Pocrain pourrait lui venir en aide. Mais l&#8217;historien et philosophe, adepte (peut-être plus pour longtemps) de l&#8217;universalisme, accepterait-il cette main tendue de l&#8217;alterrépublicain qu&#8217;il a lui-même poussé dans ses derniers retranchements sur un autre plateau de télévision&nbsp;? &#8230;</p>]]></content:encoded>
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<item rdf:about="http://www.grioo.com/blogs/actuafricaine/index.php/2005/12/14/648-et-si-le-cran-roulait-pour-ludf">
  <title>Et si le CRAN roulait pour l'UDF...</title>
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  <dc:date>2005-12-14T23:25:23+00:00</dc:date>
  <dc:language>fr</dc:language>
  <dc:creator>JB</dc:creator>
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  <content:encoded><![CDATA[<p>Sur le plateau de &#8216;Mots croisés&#8217; (France 2) ce 12 décembre, l&#8217;animateur Yves Calvi somme Jacques Marseille, historien, de citer quelques exemples d&#8217;aspects positifs de la colonisation. L&#8217;amélioration de la situation sanitaire dans les pays colonisés, avance-t-il, et conséquemment, la chute de la mortalité infantile&nbsp;: &#8216;les bidonvilles dans ces pays, sont peuplés d&#8217;enfants qui devaient mourir, et qui, maintenant vivent&#8217;&#8230; Calixte Beyala est interloquée&nbsp;! Pascal Bruckner, philosophe, s&#8217;attache, lui, à mettre en évidence ce qu&#8217;il trouve être un apport essentiel de la culture occidentale, à savoir le développement de l&#8217;esprit critique. Pas moins&nbsp;! Et du coup, le meilleur apport de la colonisation est la fourniture aux peuples colonisés d&#8217;armes conceptuelles qui leur permettent de se défendre et de chasser le colonisateur.</p> <p>Cette lecture met Christiane Taubira hors d&#8217;elle&nbsp;: &#8216;Sans vouloir blesser personne&#8217;, commence-t-elle&#8230; Pendant la Seconde guerre mondiale, l&#8217;Allemagne nazie a occupé la France. Cette situation a suscité des phénomènes de résistance. Des leaders ont émergé, des individus se sont distingués. Peut-on dire que ce phénomène de résistance est un aspect positif de l&#8217;Occupation&nbsp;? Demande la députée de Guyane à un auditoire médusé qui ne s&#8217;attendait pas à ce parallèle et a eu du mal à reprendre ses esprits. L&#8217;argument fait donc mouche. La suite du débat sur la question n&#8217;est que bruit. Un bruit qui a au moins eu le mérite de réveiller Calixte Beyala.</p>


<p>La romancière souhaite une France réconciliée avec elle-même. En même temps, elle abhorre les confrontations, les explications ponctuées d&#8217;éclats de voix, qui y conduisent. Autant dire qu&#8217;elle veut arriver sans partir. Elle est donc comme ces gens qui veulent aller au ciel, mais qui ne veulent pas mourir&nbsp;! Elle, qui a choisi la France comme son pays sans renier le Cameroun qui l&#8217;a vue naître, a tranquillement accepté l&#8217;histoire de France dans sa globalité, avec ses pages glorieuses mais aussi les épisodes qu&#8217;on préfèrerait oublier. Elle ne veut pas de cette France où le regard des voisins de palier se charge de non dits accusateurs pour les uns, coupables pour les autres. Elle s&#8217;en prend à ces gens qui mettent la République en accusation et qui ne cessent de rabâcher l&#8217;histoire de France en se jetant des noms d&#8217;oiseau sur la figure. Christiane Taubira ne se reconnaît pas dans ce portrait. Pour François Bayrou, ce sont les déclarations des hommes politiques qui donnent ce sentiment, par exemple quand Nicolas Sarkozy déclare à ce sujet qu&#8217;on assiste &#8216;à une dérive préoccupante. Tout semble bon désormais pour instruire le procès de la France et faire assaut d'auto dénigrement&#8217;.</p>


<p>L&#8217;historien Pascal Blanchard qui explique le malaise de la République par ses propres contradictions (c&#8217;est la République qui colonise), rappelle aussi à la romancière que si la marmite explose, c&#8217;est qu&#8217;on a trop longtemps laissé monter la pression. En abordant la question plus tôt, poursuit-il, au lieu d&#8217;avoir la &#8216;crise&#8217; des banlieues, on aurait eu des &#8216;crisettes&#8217;. Et puis, ajoute l&#8217;auteur de Paris noir (1) et de La fracture coloniale (2), ce n&#8217;est pas se perdre en conjectures de proposer qu&#8217;un gamin de banlieue ouvre son livre d&#8217;histoire et y lise que son ancêtre kabyle a participé à la construction du métro parisien&nbsp;! Et j&#8217;ajouterais pour ce même lecteur de banlieue, que ce n&#8217;est pas construire une usine à gaz de proposer que soit inscrit dans ce même livre, que son ancêtre africain a sauvé la cité du sacre des rois de France (Reims) de l&#8217;envahisseur allemand pendant la Première guerre mondiale&nbsp;! Ce sont des faits concrets relatifs à l&#8217;histoire, qui inscrivent les jeunes dans la République, ce ne sont pas des revendications fumeuses, ni des attitudes victimaires qui empêchent d&#8217;avancer, n&#8217;en déplaise à Calixte Beyala.</p>


<p>Yves Calvi invite à élargir la perspective en citant le cas d&#8217;autres pays européens, tout autant que la France, anciennes puissances coloniales, mais dans lesquels le débat n&#8217;oppose pas deux visions contrastées de l&#8217;histoire. Il faut se réjouir, observe Christiane Taubira qui se méfie des homogénéisations et des nivellements comme ceux prescrits par les promoteurs des aspects positifs de la colonisation, que le problème se pose et se règle différemment en France. François Bayrou souligne à l&#8217;endroit des révisionnistes qui ont pondu ce texte, que l&#8217; &#8216;histoire officielle&#8217; est un attribut des totalitarismes. Plus généralement, poursuit-il, on ne peut comprendre le phénomène colonial sans en référer à Jules Ferry, qui inscrit cet expansionnisme dans la course aux débouchés économiques, en avertissant&nbsp;: «&nbsp;si nous n&#8217;y allons pas, ce sont les Espagnols et les Anglais qui le feront.&nbsp;» Des motivations similaires que cet ancien ministre de l&#8217;Education transpose dans le débat actuel&nbsp;?</p>


<p>L&#8217;électorat noir de France s&#8217;organise. Il est à séduire. A conquérir&nbsp;? Patrick Lozes, président du CRAN, est un lieutenant de François Bayrou. Le président de l&#8217;Union pour la Démocratie française (UDF) qui ne fait pas mystère de sa volonté de faire exploser la frontière entre la Droite et la Gauche françaises s&#8217;est montré bien proche dans l&#8217;argumentation, de la députée de Guyane. On se souvient que la Gauche française s'est refondée autour de la décolonisation de l'Algérie. Une stratégie visant à inscrire le vote noir au Centre, se mettrait-elle en place pour booster l'UDF avec la mise en orbite du Conseil représentatif des associations noires&nbsp;?</p>


<p>Notes&nbsp;:
(1) Hazan, 2001&nbsp;; avec Eric Deroo et Gilles Manceron.
(2) La Découverte, 2005&nbsp;; avec Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire.</p>]]></content:encoded>
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  <dc:date>2005-12-10T14:03:46+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>JB</dc:creator>
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  <content:encoded><![CDATA[<p>Après avoir regardé ce 7 décembre 2005 la rediffusion sur TV5 du magazine 'Un &#339;il sur la planète' de Thierry Thuillier (première diffusion le 5 décembre sur France 2) dont l'édition explore les relations entre la France et l'Afrique, je prends mon zappeur et tombe sur 'Ça se discute' (Jean-Luc Delarue). On parle des 'rondes'. Je remarque sur le plateau la présence d'Odon Valley. C'est un spécialiste des religions qui intervient souvent sur ce sujet. Certes j'ai pris l'émission en cours, mais j'ai cru comprendre qu'on parle des femmes. Je me demande donc ce qu'il peut bien faire là&#8230; A un moment il prend la parole et dit en substance&nbsp;: «&nbsp;Je ne sais pas moi, d'où vient le dictat de la minceur. Ici en France les femmes politiques sont minces. Mais regardez en Afrique, le continent de la faim. Toutes les femmes qui font la politique sont enrobées&nbsp;: c'est pour marquer la victoire sur la faim&nbsp;! » Je tombe des nues&nbsp;! Une psychanalyse de comptoir, vous en conviendrez avec moi. Je venais pourtant d'entendre des analyses lucides sur la relation France-Afrique&nbsp;; et là, patatras, on ressert des clichés. Hélas, les soirées se suivent, et ne se ressemblent pas sur France 2&nbsp;! Mais c'est accorder trop d'importance aux propos d'un expert en religions sur un sujet qui ne les concerne pas. Alors passons.</p> <p>Au cours de son émission exploratoire, Thierry Thuillier donne la parole à plusieurs intervenants invités à s'exprimer sur l'évolution du 'pré carré' français en Afrique. Tous ont jugé la France au moins en partie responsable de la dégradation de la situation politico-économique dans cet espace. Aminata Traoré, ancienne ministre malienne du Tourisme, se demande pourquoi son pays est plus pauvre qu'en 1970, alors que tout ce qui a été entrepris avec le concours de la France et des institutions financières internationales l'a été pour accroître les richesses du pays. Alors elle dénonce les réformes néolibérales entreprises sur le continent, en même temps que la volonté (couronnée de succès) de la France de maintenir ses anciennes colonies dans le statut exclusif de fournisseur de matières premières et de marché pour les nations occidentales. Mais elle est lucide et admet que c'est de bonne guerre pour la France, qui n'a pas intérêt à promouvoir de vraies politiques de développement en Afrique&nbsp;: peut-on raisonnablement scier la branche sur laquelle on est assis&nbsp;? Alors pour s'en sortir, il faut se libérer, défaire les chaînes mentales qui immobilisent, se désaliéner, 'arrêter de vous imiter', 'défaire la cravate avec laquelle vous tenez nos hommes politiques'. Pour Abdullah Coulibaly, il ne faut pas s'étonner que les Américains et les asiatiques prospèrent en Afrique. Ils dament le pion à la France parce que son industrie est incapable de s'adapter au marché local en compressant ses coûts&#8230;</p>


<p>Pour cet 'ami de la France qui lui dit tranquillement ses vérités', ce n'est pas parce qu'elle aime les Africains que la France investit l'Afrique. Elle y est parce qu'elle y a des intérêts. Se retirer serait pour elle suicidaire dans la mesure où ce serait rompre avec la source de son rayonnement mondial. Pourtant, elle n'assure pas. Depuis des siècles, elle se sert de l'ascenseur africain (esclaves, matières premières, et prochainement matière grise à en croire Sarkozy) pour prospérer, en oubliant de le renvoyer. Cheikh Modibo Diarra cite l'exemple d'un centre de formation des jeunes qu'il a mis en place, et qui a été entièrement équipé par les Américains alors que les Français étaient les premiers sollicités. De ces derniers, il n'a pas reçu un kopek&nbsp;! Le scientifique de renommée mondiale qui a piloté, dans le cadre d'une mission de la Nasa, le robot Sojourner (du nom de la militante noire Sojourner Truth) chargé d'explorer la planète Mars, nuance son propos en disant que la France aide peut-être, elle aide sans doute&nbsp;; mais elle aide les Etats. 'Et ça, ça ne se voit pas'. Au contraire d'une aide américaine souvent destinée à soutenir des projets concrets des ONG. Pour Modibo Diarra, le continent africain se trouve à un carrefour. Il espère qu'il choisira la voie du développement durable. Et ayant recouvré sa capacité financière et son autonomie, il reconnaîtra ses amis et se souviendra de ses tortionnaires&#8230;</p>


<p>Thierry Thuillier dans la posture du Français moyen convaincu de la mission civilisatrice de son pays, ose que pour ainsi tourner le dos à la France, en Côte d&#8217;Ivoire par exemple, l&#8217;Afrique est ingrate. «&nbsp;Non, ça ne marche pas comme ça », proteste JC Ruffin qui poursuit en substance&nbsp;: «&nbsp;Il ne s&#8217;agit pas de remercier. C&#8217;est justement ça le problème de la France. Le lobby francophone vote avec la France aux Nations unies&nbsp;? Il faut remercier les pays&nbsp;! Ça ne marche plus comme ça. Les autres pays essayent de tisser des relations &#8216;normales&#8217; avec l&#8217;Afrique et discutent d&#8217;égal à égal, alors que la France garde la nostalgie de relations de subordination.&nbsp;» Pour Antoine Glaser (La lettre du Continent), Patrick de St Exupéry (Le Figaro) et Jean-Christophe Ruffin (Action contre la faim), la France a péché en voulant isoler l&#8217;Afrique francophone des soubresauts de la planète, et en exportant son modèle jacobin.</p>


<p>JC Ruffin souligne que l&#8217;Afrique est redevenue un enjeu stratégique. C&#8217;est le continent de l&#8217;énergie, de la population, des ressources, de l&#8217;espace... Les Chinois l&#8217;ont compris qui se positionnent. Plus généralement, il considère qu&#8217;il faut comparer la situation actuelle de l&#8217;espace francophone à l&#8217;Afrique australe et orientale qui, il y a quelques années, était un champ de bataille. Aujourd&#8217;hui ce sont des pays qui prospèrent parce que leurs dirigeants ont résolu le problème de la légitimité. Le pré carré français avait pendant les années de Guerre froide, revêtu une camisole de force (un Etat dirigé de l&#8217;extérieur par les réseaux Foccart) à l&#8217;instigation de la France, pour faire barrage au communisme. Les interventionnismes les plus osés étaient alors tolérés. La chute du mur de Berlin en 1989 installe une nouvelle donne, qui contraint la France à lâcher du lest. Du coup, des foyers de tension s&#8217;allument ici et là. JC Ruffin se défend d&#8217;être un partisan de la guerre, mais il est obligé d&#8217;admettre que les dirigeants africains devront peut-être en passer par là (les déboires de Gbagbo en Côte d&#8217;Ivoire ?) pour acquérir cette légitimité, et faire oublier les &#8216;dirigeants fantoches&#8217; actuels (dont Eyadéma fils soutenu par Paris ?). Quel aveu !!</p>]]></content:encoded>
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  <title>Cinq profils politiques de Noirs en France ?</title>
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  <dc:date>2005-12-03T15:58:47+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>JB</dc:creator>
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  <content:encoded><![CDATA[<p>Quand je m&#8217;installe devant ma télé ce 3 décembre 2005 pour regarder le magazine L&#8217;Hebdo sur France Ô après avoir aperçu autour d&#8217;une table Claude Ribbe, Stéphane Pocrain, Jean-François Kahn etc., je m&#8217;attends à passer un bon moment de télévision. Ma surprise (déception ?) est grande quand au bout d&#8217;un moment j&#8217;assiste à un affrontement entre l&#8217;universaliste Claude Ribbe et l&#8217;alterrépublicain Stéphane Pocrain.</p> <p>Le premier, que la récente naissance du Conseil représentatif des Associations noires (CRAN) met mal à l&#8217;aise à cause de son principe fondateur, un rassemblement basé sur la couleur de la peau, a une vision idéalisée de la République où Blancs et Noirs vivent en parfaite harmonie. Que penseriez-vous, demande-t-il naïvement à Stéphane Pocrain, d&#8217;un rassemblement des associations blanches&nbsp;? Réponse intelligente de l&#8217;ex-porte parole des Verts&nbsp;: «&nbsp;Les situations ne sont pas comparables. Les blancs ne sont pas en France une minorité discriminée pour le logement et pour le travail.&nbsp;» Fin de la polémique et avantage à SP. Je ne suis pas sûr que Stéphane Pocrain ne veuille pas de cette République idéale, mais il est las de l&#8217;attendre. Alors il veut une autre République qui reconnaisse tous ses enfants avec leurs spécificités. Si le communautarisme est un repli sur soi, il n&#8217;en veut pas. S&#8217;il s&#8217;engage sur cette base de la couleur de peau, c&#8217;est parce qu&#8217;il croit à l&#8217;action militante. Rien n&#8217;est donné, il faut prendre&nbsp;! C&#8217;est parce que les Noirs de France ont toujours cru comme Claude Ribbe aux bons sentiments des champions de l&#8217;humanisme déclaré, qu&#8217;ils en sont encore à construire des cadres d&#8217;expression.</p>


<p>Mais pourquoi ces sujets relatifs aux Noirs (&#8216;Noir&nbsp;: ce n&#8217;est pas un gros mot.&#8217; Patrick Lozes, président du CRAN) bénéficient-ils d&#8217;une nouvelle attention aujourd&#8217;hui en France, avec par exemple la relance de la polémique sur l&#8217;enseignement des côtés positifs de la colonisation française&nbsp;? La plupart des observateurs (ici Kahn et Pocrain) s&#8217;accordent à penser que l&#8217;enjeu est électoral. Il s&#8217;agirait notamment pour les politiques de droite à l&#8217;initiative de ce texte, de mettre dans leur escarcelle, les rapatriés d&#8217;Algérie du sud de la France. Alors, puisqu&#8217;on parle d&#8217;élection, tentons une typologie des votants noirs. Stephane Pocrain et Claude Ribbe sont peut-être deux profils différents. Cherchons-en d&#8217;autres.</p>


<p>A l&#8217;occasion du Festival du cinéma des mondes métissés (4-&gt;9 novembre 2005), l&#8217;émission de <strong>France Ô</strong>, Studio M de Marie José Alie installe ses quartiers en Guyane. Dans un décor de plage et sur un plateau balayé par le vent, elle reçoit Raoul Peck (auteur-réalisateur), Alex Descas (comédien) et Philippe Niang (scénariste). Question&nbsp;: croyez-vous en un cinéma militant&nbsp;? Se sentant sûrement le plus concerné pour avoir réalisé &#8216;Lumumba&#8217;, Raoul Peck se lance pour dire qu&#8217;il se méfie de cette notion de militantisme. Il préfère, lui, celle de citoyenneté. Car, ignorant ou négligeant son pouvoir, la masse du coup silencieuse se cache derrière ses leaders auxquels elle laisse porter le chapeau (le drapeau ?), en se dédouanant de tout engagement. Second concerné, Alex Descas reconnaît que oui, il est militant dans la mesure où il n&#8217;accepte pas n&#8217;importe quel rôle, ce qu&#8217;il appelle, les rôles &#8216;serpillière&#8217;. P. Niang qui a écrit plusieurs scénarii pour la télévision française à l&#8217;instar du film &#8216;Un bébé noir dans un couffin blanc&#8217; dans lequel il convie à l&#8217;amour en invitant à voyager au delà des préjugés et des a priori, lui, n&#8217;est pas militant. Il ne se lève pas le matin en se disant &#8216;Qu&#8217;est-ce que je vais faire pour mes frères aujourd&#8217;hui ?&#8217; Les autres non plus je crois, mais bon&#8230;</p>


<p>Autre question adressée à Philippe Niang, diplômé de philosophie&nbsp;: quelle est votre philosophie&nbsp;? P. Niang, n&#8217;est pas dans la transcendance, il est dans l&#8217;immanence&#8230; S&#8217;il fallait choisir une formule, il dirait comme la publicité de Nike&nbsp;: «&nbsp;Just do it.&nbsp;» Il est pour l&#8217;action. Seule, elle compte. Raoul Peck, décidément méfiant, émet une réserve sur des formules toutes faites qui n&#8217;expriment peut-être pas le fond d&#8217;une pensée nécessairement complexe. Pour lui, il faut agir, certes, mais dans un cadre bien déterminé, qui prend en compte notre passé, notre présent et engage notre futur. De fait nous sommes le produit de quelque chose, d&#8217;une expérience spécifique à laquelle nous ne pouvons/devons nous dérober. Le positionnement de P. Niang obéit en fait à cette exigence, lui qui est bourguignon (oui, lui aussi !) de par sa mère et sénégalais par son père. Mais c&#8217;est de culture française qu&#8217;il s&#8217;est nourri. Alors, il n&#8217;a, lui, pas de problème d&#8217;identité. Il n&#8217;a même pas eu à choisir, il a eu un parcours rectiligne en ayant réussi ses vies scolaire et professionnelle comme n&#8217;importe quel Français ordinaire. Trois parcours, peut-être deux, qui font partie du spectre des profils que j&#8217;ai ébauchés plus haut. Achevons le tableau.</p>


<p>Si l&#8217;on voulait emprunter une classification compréhensible avec des références françaises actuelles, l&#8217;Extrême Droite pourrait être représentée par la Tribu Ka et son mentor, Kémi Séba. La droite par les fameux &#8216;Egyptologues&#8217; et profils du type de Stéphane Pocrain ou Raoul Peck (qu&#8217;ils partagent ou non ces idées)&nbsp;; le Centre par une masse indéterminée moins cohérente (constante ?) idéologiquement et de ce fait difficilement cernable, à l&#8217;image de Claude Ribbe qui exhibe le côté détestable de Napoléon tout en critiquant le CRAN, ou Serge Bilé qui se désolidarise de Dieudonné tout en s'investissant dans sa négrité pour révéler la présence des Noirs dans les Camps nazis. Ces Centristes oscillent entre la Droite, et une Gauche représentée par les partisans de l&#8217;entrisme comme Lonsi Koko (PS) ou Patrick Lozes (UDF)&nbsp;; enfin l&#8217;Extrême Gauche représentée par les assimilés notoires croyants et adeptes de l&#8217;intégration à la française (tous 'Gaulois'), à l&#8217;image des bourguignons Gaston Kelman et Philippe Niang. Cinq parcours possibles, cinq profils que je vous invite à méditer, à critiquer, à corriger, à considérer ou à rejeter.</p>]]></content:encoded>
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  <title></title>
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  <dc:date>2005-12-03T01:40:18+00:00</dc:date>
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  <dc:creator>JB</dc:creator>
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  <content:encoded><![CDATA[<p>Au moment où on célèbre le bicentenaire de la victoire de Napoléon à Austerlitz ce 2 décembre 2005, Claude Ribbe commet un livre qui détonne&nbsp;: Le crime de Napoléon (Editions Privé, 2005). L'historien et philosophe d'origine guadeloupéenne est invité sur le plateau de Itélé pour présenter son ouvrage. D'entrée de jeu, la journaliste Sophia Synodinos minimise l'originalité de l'&#339;uvre&nbsp;: «&nbsp;Napoléon a rétabli l'esclavage, Ok&nbsp;! Moi je l'ai appris à l'école.&nbsp;» «&nbsp;Vous avez la chance, madame, d'avoir été à une bonne école. Ce n'est pas le cas de tous les Français.&nbsp;» L'empoignade s'annonce rude.</p> <p>Parce que la couverture de ce livre est une photo d'Hitler s'inclinant devant la tombe de Napoléon aux Invalides, la journaliste reproche à l'auteur ce parallèle. Il retient à peine ses nerfs&nbsp;: «&nbsp;Mais madame, ce n'est pas moi qui ai pris la photo&nbsp;! Ce qui vous gène ce sont les faits.&nbsp;» Seulement, quand il faut en discuter, «&nbsp;on ne m'envoie que des seconds couteaux », se plaint-il. Et ces derniers reconnaissent très vite «&nbsp;avec gêne&nbsp;» qu'ils savaient tout. «&nbsp;Ils savaient, mais ils se sont tus&nbsp;! » A l'image de Max Gallo, auteur d'une biographie de Napoléon, adaptée en plusieurs épisodes pour la télévision française, sans un mot sur le rétablissement de l'esclavage.</p>


<p>L'auteur de <em>Le chevalier de Saint-Georges</em> (Editions Perrin, 2004) se retient de bondir sur la journaliste et montre son agacement quand elle l'accuse d' «&nbsp;appeler à la haine&nbsp;» à travers ses écrits, alors que la France sort difficilement d'une crise dans les banlieues. «&nbsp;Mais madame, s'insurge-t-il, qu'est-ce que la vérité a à voir avec les banlieues&nbsp;? Au contraire, si on avait dit la vérité un peu plus tôt, peut-être que la crise n'aurait pas eu cette ampleur.&nbsp;» Et j'ajoute que les intellectuels sont les premiers à organiser ce camouflage.</p>


<p>On peut lire dans <strong>Le Figaro</strong> (1) une contribution d'Emmanuel Le Roy Ladurie estampillé 'De l'Institut', dans laquelle il s'offusque de la volonté d'interdire d'honorer la mémoire des &#8216;grands hommes&#8217; sous prétexte que certains de leurs profils sont moins glorieux&nbsp;: «&nbsp;Et voilà maintenant qu'on boycotte tout anniversaire de Napoléon (Austerlitz, etc.), parce que ce personnage fut, comme tant d'autres, esclavagiste pendant la plus grande partie de son règne&nbsp;! » Jacques Garnier, historien et Administrateur de l&#8217;Institut Napoléon renchérit dans <strong>Le Parisien</strong>&nbsp;: «&nbsp;Que reproche-t-on à Napoléon&nbsp;? Essentiellement d&#8217;avoir rétabli en 1802 l&#8217;esclavage (aboli par la Convention de 1794) à un moment où les Anglais pourtant ne l&#8217;avaient même pas encore supprimé. Et bien sûr d&#8217;avoir fait la guerre.&nbsp;» (2) Mais non, Messieurs de l'Institut, certes c&#8217;est déjà grave, mais ce n'est pas (&#8216;seulement&#8217;) de cela qu'il s'agit&nbsp;! On parle d'un homme, Napoléon, qui dès 1802 a utilisé l'oxyde de souffre dans les cales des bateaux de la Marine française, pour gazer les Guadeloupéens et les Haïtiens qui refusaient le rétablissement de l'esclavage&nbsp;!</p>


<p>Sophia Synodinos dans un rôle difficile ici de contradictrice, ose que «&nbsp;Napoléon a quand même défendu la France contre l'envahisseur.&nbsp;» «&nbsp;Certes, concède Claude Ribbe. Mais d'autres, pour les mêmes faits n'ont pas eu droit aux mêmes honneurs.&nbsp;» Et l'auteur d' <em>Alexandre Dumas. Le dragon de la reine</em> (Editions du Rocher. Monaco 2002) poursuit&nbsp;: «&nbsp;Le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres refuse de célébrer l'année prochaine le bicentenaire de la mort en 1806 du général Alexandre Dumas », père de l'écrivain bien connu. Pourtant ce ne sont pas les faits d'arme qui manquent.</p>


<p>Voici ce que dit le poète et romancier Anatole France (1844-1924), d'Alexandre Dumas, alias Thomas-alexandre Davy de La Pailleterie, né esclave en 1762 dans la colonie française de Saint-Domingue (aujourd'hui République d'Haïti) fils d'une Africaine déportée et d'un Normand&nbsp;: «&nbsp;Le plus grand des Dumas, c'est le fils de la négresse, c'est le général Alexandre Dumas de La Pailleterie, le vainqueur du Saint-Bernard et du Mont-Cenis, le héros de Brixen. Il offrit soixante fois sa vie à la France, fut admiré de Bonaparte et mourut pauvre. Une pareille existence est un chef-d'oeuvre auquel il n'y a rien à comparer.&nbsp;» (3) Claude Ribbe est l'auteur d'une lettre (4) à Jacques Chirac, demandant que Thomas-alexandre Davy de La Pailleterie, soit décoré de la légion d'honneur.</p>


<p>Il faut se réjouir du débat qui naît en France autour de l'Histoire, notamment de l'esclavage. Olivier Petré Grenouilleau  vient d'être encensé pour son livre sur le sujet. Si Claude Ribbe ne le goûte pas («&nbsp;Olivier Pétré-Grenouilleau n'est pas dans un débat. Il assène une vérité officielle. Jusqu'à aujourd'hui, la plupart des médias colportaient ce qu'il dit comme une vérité officielle. C'était l'homme qui savait. (&#8230;) OPG a le droit d'écrire les livres qu'il veut mais il a aussi le droit d'être contesté »), Emmanuel Le Roy Ladurie l'adule («&nbsp;Plusieurs prix littéraires de très haut niveau ont récompensé l'&#339;uvre majeure de Pétré, considérée historiquement et politiquement correcte, au vrai sens de cet adjectif »).</p>


<p>Avec un peu d'intelligence, cette guéguerre ne devrait pas durer. Si chaque peuple a son histoire, la France a encore à inventer la sienne. En même temps que lui (le peuple)&#8230;. Il y a du boulot&nbsp;! Jusqu'ici, les histoires de chasse glorifiaient le chasseur. Les lions se sont mis à écrire la leur. Il faut les réconcilier. En ne retenant que la vérité. Toute la vérité.</p>

<hr />

<p>Notes&nbsp;:
(1) «&nbsp;Napoléon boycotté, l&#8217;histoire amputée », <strong>Le Figaro</strong> 1er décembre 2005.
(2) «&nbsp;Il ne faut pas avoir honte de notre passé », <strong>Le Parisien</strong> 2 décembre 2005.
(3) http://noiresmemoires.rfo.fr/imprimer.php3?id_article=36.
(4) http://www.afrik.com/article8507.html.</p>]]></content:encoded>
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