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Faites ce je dis, ne faites pas ce que je fais

 
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samuel
Grioonaute régulier


Inscrit le: 28 Jan 2005
Messages: 473

MessagePosté le: Lun 16 Fév 2026 08:38    Sujet du message: Faites ce je dis, ne faites pas ce que je fais Répondre en citant

Démographie et développement : faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais.

L’augmentation rapide de la population africaine est devenue une véritable obsession pour les élites occidentales qui sont moins préoccupées par la croissance démographique mondiale en soi que par celle des Africains en particulier. De plus en plus de citoyens européens sont convaincus que cette croissance démographique africaine fait courir un péril imminent sur l’Europe et qu’y mettre fin est un enjeu existentiel. On se rappelle que Jean-Marie Lepen est allé jusqu’à préconiser de nous jeter une bombe atomique dessus pour régler définitivement la question : ‘’De nombreux problèmes seront résolus si on annihile le continent africain’’, disait-il. On peut croire que ces outrances langagières sont marginales et confinées à l’extrême droite. En réalité si elles ne sont pas exprimées sous la même forme, ces préoccupations sont néanmoins partagées par de larges segments de la population européenne, y compris dans certains cercles ‘’scientifiques’’. Par exemple le 15 mai 2015, le très sérieux Institut de Géopolitique des Populations a organisé un colloque à Paris dont le thème sans nuance était : ‘’Afrique : le cauchemar démographique’’. Les actes du colloque ont plus tard été publiés sous le titre suivant : ‘’ Les 4,2 milliards d’Africains pourront-ils submerger l’Europe ?’’. Les thèmes de ‘’l’invasion’’, de la ‘’submersion’’ et du Grand Remplacement sont inévitablement et constamment évoqués à propos de tout sujet qui se rapporte à l’Afrique, même lorsqu’il n’est en rien lié à la démographie, par des milliers de citoyens ordinaires dans tous les commentaires et les débats publics quotidiens à la radio et à la télévision, dans toutes les sections des journaux de la presse écrite qui se rapportent à l’Afrique et sur toutes les plateformes des réseaux sociaux par des citoyens ordinaires et souvent de bonne foi.

Pire, aujourd’hui des milliards de dollars qui normalement devraient aller à la santé, à l’éducation, à l’agriculture et à la création d’usines sont consacrés, par les officines antinatalistes occidentales et des milliardaires ‘’philanthropes’’ à mettre sur pied d’innombrables ONGS, des programmes et projets dits ‘’de développement’’ consacrés à ‘’la santé reproductive’’ (secteur qui reçoit le plus de financements, comparé à n’importe quel autre) pour tenter de freiner cette croissance démographique. Par ailleurs, des pressions constantes sont exercées sur les dirigeants africains pour les amener à adopter des politiques de ‘’contrôle des naissances’’ ou des campagnes de stérilisation de masse des Africaines, y compris parfois clandestines comme dans le cas du Kenya (Voir ici : https://firstfactcheck.substack.com/p/fact-check-who-gave-tetanus-shots).

Au vu de cette forte attention portée aux questions reproductives dont on n’arrête pas de nous dire tous les bénéfices, on pourrait croire que les pays européens ont mené de par le passé ou mènent encore aujourd’hui des politiques antinatalistes chez eux, puisque charité bien ordonnée commence par soi-même. Eh bien, figurez-vous que non. Tous les pays européens, je dis bien TOUS LES PAYS EUROPÉENS SANS AUCUNE EXCEPTION, MÈNENT DES POLITIQUES FORTEMENT PRONATALISTES CHEZ EUX TOUT EN PRÉCONISANT EXACTEMENT LE CONTRAIRE CHEZ NOUS. Attitude parfaitement hypocrite et de mauvaise foi. Une mauvaise foi assumée.

Pour preuve, en 2021 les Nations Unies ont publié un rapport à ce sujet, un rapport intitulé « World Population Policies 2021 » (Politique en matière de population 2021) que vous pourrez aisément trouver sur le Net. L’objectif central du rapport était de recueillir l’opinion (positive ou négative) de chaque gouvernement en matière de fécondité. Il s’agissait de savoir si le gouvernement était favorable à une politique nataliste (visant à accroître sa population) ou à une politique antinataliste (visant à réduire la fécondité) et ce, dans toutes les régions du monde. Eh bien, pour ce qui est de l’Europe et de l’Amérique du Nord, tous les gouvernements qui ont donné leur avis, sans aucune exception, se sont déclarés favorables à une politique visant à accroître la natalité chez eux. Tous les gouvernements de tous les pays européens et d’Amérique du Nord se sont déclarés favorables à une politique nataliste, c’est-à-dire à l’augmentation du nombre de naissances et de la population. Curieux, n’est-ce pas ? Surtout quand on sait que ce sont ces mêmes gouvernements qui nous encouragent à réduire la natalité chez nous.

En effet, les pays africains sont les seuls pays au monde à qui on demande aujourd’hui encore de réduire leur natalité. Je le répète : LES PAYS AFRICAINS SONT AUJOURD’HUI LES SEULS PAYS AU MONDE A QUI ON DEMANDE DE RÉDUIRE LEUR NATALITÉ. Les théories malthusiennes de la ‘’bombe démographique’’ des années 60 et 70, qui ont été complètement infirmées par l’histoire, les chiffres et la réalité, ne sont plus en vigueur nulle part à l’exception de l’Afrique où on continue à parler ‘’d’explosion’’ démographique alors même que l’Afrique, comme tous les continents et pays du monde, connait une inquiétante baisse de la fécondité. PARTOUT ON S’EST MAINTENANT CONVAINCU QUE LE MONDE N’EST PAS MENACÉ PAR LA SURPOPULATION, MAIS PAR LA DÉPOPULATION, SAUF EN AFRIQUE où pourtant la fécondité baisse aussi.

Prenons le cas de la France comme exemple typique de cette hypocrisie. En mai 2024, Emmanuel Macron qui on le sait fustigeait les grandes familles africaines, annonçait un plan de ‘’réarmement démographique’’ de la France (‘’parce qu’il y va de l’avenir de nos familles’’ disait-il). Voir ici : https://video.search.yahoo.com/search/video?fr=yhs-invalid&p=r%C3%A9armement+d%C3%A9mographique+Macron#id=1&vid=ccdca6b53656446c9f396f04e1fc967d&action=click En fait, les Français qui découragent la natalité chez nous mènent chez eux la politique nataliste la plus forte d'Europe. En France, de généreuses allocations familiales sont octroyées aux familles pour les encourager à avoir plus d’enfants : on peut citer entre autres, l’Allocation de logement à caractère familial (ALF) ; la PAJE : prime à la naissance et à l'adoption ; Les Allocations familiales ; le Complément familial ; l’Allocation de soutien familial (ASF) ; la Carte Enfant famille ; la Carte Famille nombreuse, etc. La France a en fait une tradition pronataliste ancienne (depuis la IIIᵉ République), marquée par la peur du « déclin démographique » par rapport à l’Allemagne (après la défaite de 1870, puis après celle de 1945). Aujourd’hui, le discours, tout en nuances, est plutôt social-démocrate et universaliste (pour ne pas heurter les sensibilités, notamment féminines): la natalité est présentée comme un enjeu de justice sociale, de soutien à l’égalité hommes-femmes, et de pérennité de la sécurité sociale (système par répartition). Les gouvernements récents (Macron, Borne, Attal) insistent tous sur « permettre aux couples d’avoir les enfants qu’ils désirent », étant donné que le nombre d’enfants désiré est toujours plus important que le nombre d’enfants par femme en âge de procréer. Mieux, dans le débat public, la France se distingue par une acceptabilité élevée des politiques natalistes car elles sont perçues comme partie intégrante de la politique familiale et sociale (allocations, crèches, école maternelle gratuite, etc.), mais aussi de l’influence, de la présence et de la puissance de la France.
La France n’est d'ailleurs pas la seule à mener une politique pronataliste affirmée tout en décourageant les Africains de faire des enfants. C’est le cas dans tous les autres pays européens, sans aucune exception. Si vous connaissez une seule exception, dites-le-moi.

C’est ainsi par exemple qu’en Italie, le Sénat a voté, il y a quelques mois, à la quasi-unanimité, une allocation mensuelle de 250 euros par enfant et par famille et ce, jusqu’à l'âge de 21 ans. En d'autres termes, pour inciter les familles italiennes à avoir plus d'enfants et enrayer le déclin démographique du pays, elles recevront gratuitement de l’État chaque mois pendant 21 ans une somme équivalente à 163.000 francs CFA et ce...dès le septième mois de grossesse ! Le gouvernement et les parlementaires italiens ont pris avec enthousiasme et optimisme cette incitation financière coûteuse mais salutaire pour leur pays et il est annoncé que d'autres initiatives du même genre suivront. En Italie comme ailleurs en Europe, le narratif dominant a trait à « l’hiver démographique » (inverno demografico), c’est-à-dire la baisse constante de la natalité, voire de la population qui est devenue une angoisse permanente pour tous les dirigeants européens. Partout, les gouvernements, de gauche comme de droite, mettent en avant une « urgence nationale » face à l’effondrement de la natalité. Sous Giorgia Meloni (Fratelli d’Italia), le discours a même pris une tonalité identitaire et nataliste-conservatrice : « remettre la famille au centre », protéger « l’italianité » face à la dépopulation et à l’immigration, etc. Meloni a déclaré à plusieurs reprises que « sans enfants, l’Italie n’a pas d’avenir », mais elle ne dira bien sûr, jamais la même chose de l’Afrique.

Il faut savoir que des initiatives similaires sont d'ailleurs prises dans tous les autres pays européens, je dis bien TOUS LES AUTRES PAYS EUROPÉENS SANS EXCEPTION, et les élites dirigeantes de ces pays considèrent comme une question de survie l'augmentation de leur population alors qu'ils considèrent comme une question de survie la diminution de la population chez nous. Mieux, on observe exactement la même tendance dans tous les pays asiatiques, surtout ceux d’Asie de l’Est.

C’est ainsi qu’en 2015, la Chine avait décidé d'inverser sa politique de l'enfant unique, en vigueur depuis 1979 bien qu'elle ne concernait pas tous les segments de la population. Les couples chinois étaient désormais autorisés à avoir plus d'enfants. C’était dans une tentative désespérée de stopper le déclin (en nombre) de la population et son vieillissement rapide qui menace désormais de réduire à néant les espoirs pour le pays de devenir la première puissance économique mondiale annoncée. Mais le mal était déjà fait. En effet, dans les années 90s déjà, le taux de remplacement (2,1 enfants), c'est-à-dire le nombre moyen d'enfants par femme en âge de procréer en dessous duquel les nouvelles générations ne sont plus assez nombreuses pour remplacer les vielles générations et maintenir une population stable ou en croissance, avait commencé à chuter. Or, ce chiffre est actuellement de 1,6 enfant en Chine alors même que l’espérance de vie s'est considérablement accrue et que de plus en plus de citoyens chinois atteignent des âges avancés. Face à cette situation, après avoir institué une politique des « trois enfants », provinces et villes chinoises offrent maintenant des primes à la naissance, des allongements de congés maternité (souvent 158 jours et +), des aides au logement et à la garde d’enfants et des crédits fiscaux ainsi qu’un paquet largement décentralisé et cumulatif aux familles toutes incitées à faire plus d’enfants.

Au Japon, pays ‘’menacé’’ selon les termes de ses propres dirigeants par une baisse drastique de sa population, le gouvernement a récemment annoncé un plan de relance 2024–2025 qui se décline en doublement du budget familles, en abrogation du plafond de revenus et en extension de l’allocation enfant jusqu’au lycée, avec hausses d’allocations par enfant et l’ambition d’élargir la gratuité crèche/éducation précoces.

Et il en est de même dans tous les pays asiatiques et tous les pays européens.

Il est donc d’une importance absolue pour nous autres pays africains de maintenir une croissance démographique forte, d’autant plus que notre croissance à nous est la seule qui semble apparemment poser problème à tout le monde, on ne sait trop pourquoi. Or, l’augmentation rapide de sa population est une chance pour l’Afrique. C’est non seulement un gage de développement économique en raison de la jeunesse de la population et du marché intérieur qu’elle représente pour l’écoulement des produits d’une industrialisation future, mais une population nombreuse représente aussi un atout important pour l’innovation et la créativité, c’est-à-dire une masse critique d’ingénieurs, de chercheurs, de consommateurs qui représentent plus de capacité à innover dans des domaines plus divers tout comme aujourd’hui, en raison de sa démographie, la Chine est passée devant les États-Unis en nombre de publications scientifiques, de brevets, d’ingénieurs formés et d’innovations technologiques (notamment dans les domaines des TIC, de la robotique et de l’intelligence artificielle. C’est d’ores et déjà la Chine qui pilote la Quatrième révolution industrielle). C’est donc ce qui déterminera le rang de l’Afrique dans le monde de demain car sur le plan politique, géopolitique et économique, les enjeux liés à la puissance démographique d'un pays, au plus ou moins grand nombre de ses habitants, ont toujours joué un rôle central. A l’échelle internationale, la population influence directement le poids d’un État et affecte les rapports entre nations par de multiples biais souvent invisibles. Ce n’est pas pour rien que les puissances européennes consacrent des efforts inouïs pour nous diviser en petites entités insignifiantes dont le développement ne représente aucune menace pour elles. Par exemple les évolutions de type souverainiste que nous observons aujourd’hui au Sahel sont directement liées à la forte croissance démographique et à l’importance grandissante de la population africaine qui affecte les mentalités, les comportements (y compris les comportements de soumission ou non) et la puissance symbolique dans les représentations de soi et des autres.


A titre d’exemple, en 1960, le Niger comptait 3 millions d’habitants et la France 45 millions d’habitants. La France était donc 15 fois plus peuplée que le Niger. Avec près de 28 millions et demi d’habitants aujourd’hui pour le Niger et 67 millions pour la France, cette dernière n’est plus qu’un peu plus de 2 fois plus peuplée que le Niger. Pire, en 2025 en France, le solde naturel (le nombre de décès comparé au nombre de naissances) est devenu négatif avec plus de morts que de naissances, entamant ainsi une baisse importante et inéluctable de la population. En 2065, dans moins de 40 ans, le Niger et la France auront à peu près le même nombre d’habitants et en 2070 le Niger est prévu dépasser largement la France en nombre d'habitants. Quant à l’AES, avec un peu moins de 80 millions d’habitants aujourd’hui, elle est d’ores et déjà de loin plus peuplée que la France alors qu’elle était 5 fois moins peuplée aux indépendances. Il faut savoir qu’au moment des invasions coloniales, la population de la France à elle seule était plus nombreuse que celle de toutes ses colonies africaines réunies (notamment celles de l’AEF et de l’AOF). C’est l’une raisons qui expliquent la relative ‘’facilité’’ avec laquelle la France a conquis nos pays. Or, le Sahel est la zone géographique la plus riche en ressources minérales d’Afrique et peut-être même du monde. L’exploitation de ces immenses ressources n’a même pas été entamée. Les 56 ans de pillage de l’uranium nigérien par la France ne représentent rien en comparaison de l’uranium que renferme encore le sous-sol nigérien, sans compter le pétrole, de l’or en abondance et une multitude d’autres minerais qui attendent d’être exploités. Associée à une population nombreuse et éduquée, une jeunesse véritablement entrée dans le 21eme siècle, et à une puissante armée (aussi bien en effectifs qu’en équipements), elle fera du Sahel demain une puissance démographique et économique que personne ne pourra plus soumettre comme cela a été le cas depuis plus de 5 siècles.
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