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samuel
Grioonaute régulier


Inscrit le: 28 Jan 2005
Messages: 440

MessagePosté le: Dim 15 Déc 2019 03:58    Sujet du message: Répondre en citant

Le complot français au Sahel est en train de faire flop

Comme vous le savez, Macron, pour ne pas perdre la face, vient de renoncer à convoquer les chefs d’Etat sahéliens à Pau. Officiellement, c’est en raison du deuil observé au Niger suite aux pertes subies par l’armée nationale de ce pays lors de la dernière attaque djihadiste sponsorisée par la France. La vérité est tout autre : c’est qu’il est très probable que cette réunion se serait soldée par un échec humiliant pour Macron vu que les vassaux appelés à venir confirmer leur loyauté et renouveler leur allégeance à l’empereur ne se seraient sans doute pas déplacés. D’où les mouvements et initiatives désordonnés de la France qu’on observe ces derniers jours. Dans un premier temps, Macron a adressé sa convocation sur un ton ferme et sur le mode de l’injonction. Quand il est rapidement apparu que cette attitude arrogante et insultante a été très mal reçue sur tout le continent africain et au sein de toutes les couches sociales et que les présidents étaient partout sous pression, leur opinion exigeant qu’ils ne se rendent pas à la réunion, Macron s’est trouvé contraint d’envoyer un émissaire porteur, cette fois-ci, d’une invitation officielle. Toutefois, là aussi, l’initiative de l’Elysée s’est soldé par un échec. Malgré l’attitude obséquieuse et contrite de l’envoyé spécial, le président tchadien a fait savoir qu’il ne se rendrait pas à Pau car il avait un agenda plus important qui l’attendait. Au Burkina Faso, il semble que les choses ne se soient guère passées mieux car l’entretien entre l’envoyé spécial français et le président burkinabè a duré pas moins de… deux heures ! On devine que l’envoyé en question a déployé toutes ses ressources diplomatiques pour persuader son interlocuteur de faire le déplacement. En vain. Car le lendemain même Kaboré annonçait qu’une réunion des cinq chefs d’Etat devait se tenir le 15, c’est-à-dire la veille du jour où ils devaient se rendre à Pau. Les nouvelles n’étaient donc pas bonnes pour les Français qui n’attendaient qu’une occasion pour annuler la réunion au risque de se faire humilier publiquement. Cette occasion, ils l’ont malheureusement eue et de la façon la plus dramatique qui soit, au Niger.

Toutefois, à quelque chose malheur est bon. Malgré les dénégations et l’apparente certitude affichée, il est clair aujourd’hui que le complot français est en train de faire flop et que les milieux dirigeants français sont en plein désarroi quant à la stratégie à suivre pour se sortir du bourbier où ils se sont mis.

Tout d’abord, cette aventure a coûté à la France un échec diplomatique humiliant, dans la mesure où aucun pays européen, à l’exception de la petite Belgique, de la minuscule Tchéquie et de la microscopique Estonie, n’a accepté de les suivre. Au contraire, partout les demandes françaises ont été reçues avec suspicion et dérision. Ensuite, l’armée française est en train de s’enliser dans une opération coûteuse en pertes humaines et financières. Pire, un profond et durable rejet de la présence française en Afrique peut être noté dans tous les pays africains, dans toutes les couches sociales et au sein de toutes les opinions. Ce ne sont plus seulement les Maliens qui demandent le départ des forces d’occupation françaises de Kidal. Kidal est devenue l’affaire de tous les Africains. On a même vu des milliers de femmes nigérianes descendre dans la rue et défiler devant l’ambassade de France à Abuja. Cette contestation, qui prend de plus en plus une forme organisée et soutenue, est donc maintenant devenue continentale (panafricaine).

Pourtant, l’élite française ne semble pas encore se rendre compte de la gravité de la situation. Les journaux, les intellectuels et les dirigeants français continuent comme depuis toujours à commenter ce qui se passe en Afrique sur le même ton condescendant, arrogant et méprisant. Au lendemain de la convocation lancée par Macron, on a vu refleurir dans la presse française les mêmes titres racistes et méprisants à l’égard des Africains : « Sahel : Emmanuel Macron tape du poing sur la table ». « Sahel : Macron met fin à la recréation. » « Sahel : Emmanuel Macron exige des clarifications ». Etc. Etc. Tout ceci montre que si rien dans ce bas-monde n’échappe à la loi éternelle du changement, la vision que les Français ont de l’Afrique fait encore exception à cette règle.
Ainsi, dans tous les journaux, sur toutes les radios et toutes les télévisions, les Français continuent de répéter que ces bons à rien d’Africains seraient incapables de se défendre, même un seul jour, sans la présence de leur armée à eux. Cet argument sonne étrangement comme celui que l’écrasante majorité de l’élite française et même africaine tenait à la veille des indépendances : « Si nous nous en allons, ils ne seraient jamais capables de se gouverner eux-mêmes ». Il est aussi celui que certains dirigeants européens (notamment Jacques Chirac et quelques autres en France) ont toujours tenu face aux demandes pressantes pour des réformes démocratiques en Afrique : « les Africains ne sont pas mûrs pour la démocratie ». Il est encore que celui que les racistes Sud-Africains tenaient, durant l’apartheid, face à la majorité noire et pour convaincre l’opinion internationale qu’il est indispensable que le pouvoir soit détenu par les Blancs. Tout le monde sait quel sort l’histoire a réservé à ces déclarations stupides.

Aujourd’hui non plus, contrairement à ce que colportent les médias français qui font croire que la situation est désastreuse et que c’est ce qui rend indispensable une présence prolongée de la France, cet argument raciste et méprisant ne tient pas la route. Les terroristes ne sont pas en train de gagner du terrain et l’armée française n’est pas seule à se battre au Sahel. Les soldats sahéliens se battent chaque matin sur tous les fronts et remportent des victoires éclatantes. Il devient même clair et évident, chaque jour qui passe, que jamais le terrorisme au Sahel ne pourra prospérer comme il a prospéré en Syrie ou ailleurs dans le monde et ce, pour des raisons qui sont essentiellement socioculturelles et géopolitiques. Répétons-le : le terrorisme n’est pas en train de « s’étendre » et la situation sur le terrain lui est beaucoup moins favorable que ce que laissent entendre les médias français.

Au Nigeria, Boko Haram a été totalement décimé par la puissante armée locale. Il n’en reste plus grand-chose aujourd’hui. Rien que le 23 novembre dernier, 500 terroristes de cette organisation se sont rendus et chaque jour qui passe apporte son lot de redditions des derniers combattants en débandade. En fait, il ne reste de Boko Haram que quelques cellules aux abois, affamées, désespérées et constamment harcelées. Sur le territoire nigérian, elles ont perdu de leur capacité de nuisance car chacune de leurs dernières attaques s’est soldée par une riposte foudroyante et dévastatrice des forces armées. La situation n’est guère meilleure pour elle au Cameroun ou au Tchad voisin où, pas plus tard que le 2 Décembre, l’armée tchadienne a abattu 20 terroristes et a repris, le 3 décembre, Dikwa, ville natale du chef de Boko Haram. Pourtant la presse française et les « experts » de service continuent de faire croire que le Cameroun et le Tchad sont devenus des pays invivables où les terroristes font régner leur loi.

Vous avez certainement entendu dire que le Burkina Faso aussi est devenu une zone rouge fortement déconseillée aux voyageurs. Eh bien, contrairement à ce que vous pourriez croire, les terroristes n’y font pas la loi. Ce sont là des légendes créées par les Français pour faire croire que la situation se détériore au Burkina Faso en raison du refus obstiné du gouvernement burkinabè d’accepter une base militaire française sur son sol ou de céder, comme le Mali l’a fait, le commandement de son armée sur le terrain aux officiers Français. Voici le bilan des dernières attaques terroristes au Burkina. Vous pourrez en juger vous-mêmes :

- Pas plus tard que le 11 décembre dernier, à Pama, dans la région du nord-est, 15 terroristes ont été « neutralisés » comme on dit en langage militaire, sans que l’armée burkinabè ne subisse aucune perte.
- Le 4 décembre, au moins 28 terroristes ont été abattus dans des frappes aériennes de l’armée burkinabè, dans la province du Yatenga, au nord du pays.
- Entre le 2 et le 3 décembre, une contre-attaque de l’armée burkinabè a permis d’éliminer 20 terroristes dans les localités de Boeni et Bahn. En revanche 3 soldats ont perdu la vie.
- Dans la province de Po, le 29 novembre, un leader terroriste et cinq de ses hommes ont été abattus par l’armée qui ne déplore aucune perte au cours de cette attaque.
- Le mercredi 20 novembre 18 terroristes ont été abattus dans le nord, à Arbinda. Un gendarme a perdu la vie.
- En fin Septembre 12 terroristes ont été tués dans l’attaque de la gendarmerie de Foutour, etc.

Bien entendu, ces victoires des armées africaines vous n’en entendrez jamais parler dans la presse française. En revanche, chaque fois qu’un soldat africain tombe, c’est comme un cri de victoire qui s’élève dans toute l’hexagone. Et pourtant les Français continuent de dire qu’ils ne sont pas derrière le terrorisme au Sahel alors même que la manière dont ils magnifient les forfaits des terroristes et passent sous silence les exploits de la résistance africaine montre clairement pour qui va leur sympathie.

Bref ! Voilà donc comment les choses se présentent sur le front au Burkina, un pays où les médias français décrivent la situation comme « hors contrôle ». Si l’on fait fi de ce qui se passe au Mali, il est clair que les terroristes sont en train d’être décimés au Sahel avant même de s’y être implantés.

Bien entendu, un évènement comme la dernière attaque au Niger qui a fait 71 morts parmi les soldats nigériens est une tragédie mais elle ne signifie nullement que les terroristes sont en train de gagner la guerre. Contrairement à ce qu’on peut croire, c’est une plus grande défaite pour les terroristes et leurs sponsors que pour l’armée nigérienne. Les djihadistes étaient venus à 100 et ils ont perdu 57 hommes. Proportionnellement à leurs effectifs (évalués à quelques milliers d’individus, trois à quatre tout au plus), la perte de 57 hommes (rappelons aussi que la veille ils avaient perdu 14 hommes dans une autre attaque au Niger) n’a pas la même signification que celle de 71 hommes pour l’armée nigérienne qui peut compter sur une population de 23 millions d’habitants et 15.000 soldats. A ce rythme il est facile d’imaginer qui tiendra le plus longtemps. D’ailleurs, a l’exception du Niger, on n’observe de telle pertes dans aucun pays du Sahel. Et la situation du Niger s’explique largement par le fait que leur président, qui a peur de sa propre armée, refuse obstinément de lui donner les équipements qui pourraient li permettre d’éradiquer les terroristes qui d’ailleurs ne contrôlent aucun centimètre-carré du Niger mais viennent du Mali voisin où ils ont leurs bases. Aujourd’hui la garde présidentielle nigérienne compte à elle seule le quart des effectifs de l’armée nationale et est dotée de l’armement le plus sophistiqué qu’on puisse imaginer au détriment du reste des forces de défense. Le président de ce pays continue donc à envoyer ses jeunes gens se faire régulièrement immoler par centaines (presque tous les deux à trois mois) sur le théâtre des opérations, juste pour pouvoir dormir tranquille le soir sans souci de coup d’Etat. Triste sort que celui du Niger, pays le plus malheureux du monde, aussi bien sur le plan économique que sur le plan social.

Mais tout ceci ne suffit pas à assurer la victoire des terroristes sur le terrain car leurs organisations ont d’énormes difficultés à recruter au sein des populations malgré les salaires astronomiques proposés aux jeunes désœuvrés et drogues. Les raisons en sont d’ordre à la fois sociale et culturelle. Nous y reviendrons. En réalité, seule l’insuffisance en équipements et en effectifs maintient l’illusion d’un terrorisme tout-puissant au Sahel, une toute-puissance qui est un phénomène médiatique entretenu en France dans un climat où c’est la propagande de guerre de « l’ennemi » qui est amplifiée pendant que les arguments des supposés « amis » sont systématiquement passés sous silence. Pire, la France a initié et maintenu à l’ONU un embargo sur les armes au sahel afin d’empêcher les armées africaines de se doter des moyens de faire face aux terroristes, mais elle a aussi entamé une vaste campagne diplomatique auprès de plusieurs puissances européennes afin de les dissuader de leur vendre des armes, car c’est de la faiblesse en équipements des armées africaines que la France tire les raisons qui légitiment sa présence au Sahel. C’est ce qui explique qu’elle fasse croire que sa présence y est indispensable. Au point où Madame Merkel, agacée par cette attitude, a récemment tapé du poing sur la table en déclarant ceci :

«Je ne pense pas que nous puissions encourager la stabilité et la paix en Afrique, tout en refusant de fournir des armes" (aux Africains). "Nous ne pouvons pas former les personnes qui doivent combattre des terroristes, et simplement leur dire que c'est à elles de voir où elles obtiendront leurs armes", a-t-elle ajouté. On ne peut être plus clair et plus véridique.

La réalité est que le complot français au Sahel est en train de faire flop. La France a besoin de trouver rapidement une issue car le temps joue contre elle et contre ses terroristes. C’est ce qui explique le tintamarre médiatique et le bavardage des « experts » de service tendant à faire croire que, sans la France, ce sera demain l’apocalypse. Opération qui a pour but de pousser les Africains à paniquer et à abdiquer en rase campagne. Or, vu le réalités sociales et culturelles de ces pays, il est impossible, strictement impossible, que les terroristes remportent la victoire contre les Etats. Cette aventure stupide et inutile, entreprise par la France pour se prépositionnel pour le contrôle des immenses richesses minières sahéliennes découvertes mais qui attendent d’être exploitées et qu’elle entend garder pour elle seule dans un contexte de rivalité avec d’autres puissances tout aussi alléchées (Russie, Chine, Turquie, etc.) et au détriment des peuples de ces pays, finira donc dans la honte pour la France.
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