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Un sommet pour réinventer le néocolonialisme

 
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samuel
Grioonaute régulier


Inscrit le: 28 Jan 2005
Messages: 447

MessagePosté le: Mer 06 Oct 2021 11:26    Sujet du message: Un sommet pour rĂ©inventer le nĂ©ocolonialisme Répondre en citant

C’est demain que s’ouvre à Montpellier le « sommet » françafricain qui s’est donné pour objectif de réinventer le néocolonialisme. Il s’agit, pour la France, de voir quelles concessions elle pourrait nous faire et quelles dispositions elle pourrait prendre pour continuer à piller nos richesses et nous maintenir dans la misère et la sujétion sans avoir à remettre en cause le principe même de la relation qui nous lie à elle. Pour la circonstance, Achille Mbembé, qui n’est plus vraiment jeune, s'est improvisé en porte-parole attitré de la jeunesse africaine qu'il est « allé écouter aux quatre coins du continent » et dont il présentera les doléances à Macron dans l'espoir que celui-ci voudra bien entendre les cris de détresse de ses sujets africains. Au passage, ni les parlements africains, ni les citoyens africains n’ont été consultés. Quant aux chefs d’Etat, ils ont été mis à l’écart sans autre forme de procès. On décidera du sort de tout ce beau monde pour les décennies à venir sur la base des élucubrations de quelques essayistes abscons, d’une poignée d’organisations de la société civile à la recherche de subsides et d’une coterie d’intellectuels médiocres, avides de reconnaissance et de flatteries. Tout le monde sait pourtant que de telles promesses (pourquoi d’ailleurs devrions-nous attendre des promesses de quelqu’un ?) ont été toujours faites sans être suivies d’effets et que ce genre d’exercice a été répété mille fois de par le passé sans résultat probant. Mais cette fois-ci sera la bonne nous dit Achile Mbembé, la main sur le cœur, car « on ne peut plus continuer comme ça". En effet, on ne peut plus continuer comme ça et ceci vaut aussi pour les intellectuels de service.

Il est donc utile de rappeler un certain nombre de faits qui montrent que cette farce grotesque n’est même pas un début de solution à nos problèmes et que l’idée même qu’il faille attendre le salut de Macron auprès de qui il faut aller plaider notre cause, présenter nos doléances, témoigne d’une absence totale de fierté et de dignité chez ces nouveaux affidés de la puissance impérialiste. Elle témoigne aussi d’une méconnaissance totale des mécanismes de domination et d’exploitation grâce auxquels la France nous maintient en esclavage. Toute idée de « réforme » ou de démantèlement de ces mécanismes à brève échéance est une plaisanterie de mauvais goût. Ces mécanismes, les voici :

1. L’occupation militaire de nos territoires par l’installation de bases militaires permanentes dans des pays comme le Tchad, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, Djibouti, le Gabon, le Niger, le Mali, etc., ainsi que le contrôle de nos armées au travers de la formation des officiers et du recrutement en leur sein d’agents dormants au service de la France qui peuvent intervenir à tout moment pour renverser les régimes qui ne se montrent pas suffisamment dociles. Le dernier coup d’Etat en date fomenté par la France est celui intervenu en Guinée où le Bob Denard local tente de se faire passer pour un rrrrrévolutionnaire. En outre, les territoires dans lesquels des bases militaires ne sont pas installées sont mis sous surveillance militaire permanente grâce aux forces aériennes d’intervention qui peuvent décoller à tout moment et frapper n’importe où dans le « pré-carré ».

2. Les accords de coopérations monétaires léonins, notamment le système mafieux du franc CFA-ECO grâce auquel la France contrôle l’économie de ses néocolonies et les maintient dans la dépendance et le sous-développement. Nous ne voulons pas d’une réforme du franc CFA. Nous voulons la fin du franc CFA, c’est-à-dire la fin de tout accord de coopération monétaire avec la France.

3. L’exclusivité de l’exploitation des ressources minières africaines et leur pillage par des entreprises multinationales françaises.

4. La mise sous tutelle diplomatique et politique des États africains, notamment à l’ONU où la France va jusqu’à initier et faire voter toute résolution concernant les « pays du champ » lors des crises récurrentes qu’elle fomente.

5. L’impérialisme culturel et le génocide culturel du peuple africain au travers du français et de la francophonie qui condamnent les langues et les cultures africaines à une mort lente mais certaine. D’ores et déjà, dans certains pays africains (Gabon, Côte d’Ivoire, etc.), au moins un tiers des enfants ne parle plus aucune de leurs langues maternelles, ne parlent aucune langue africaine, ne connaissent et ne s’expriment qu’en français, une langue dont le maintien et le renforcement en Afrique n’est pas qu’un enjeu culturel pour la France mais constitue d’abord et avant tout un enjeu économique. Nous y reviendrons.

6) Les multiples formes de soutien apportées aux dictatures installées dans nos pays et dont la reproduction tend maintenant à devenir héréditaire notamment au Tchad, au Gabon, au Togo, et bientôt au Congo, au Cameroun et au Niger où les rejetons de Sassou, de Biya et d’Issoufou sont annoncés pour les prochaines échéances électorales.

7) Le dévoiement de la démocratie africaine par l’interférence constante de la France dans les affaires intérieures des pays africains dont la politique est en réalité dictée depuis Paris. Les dirigeants politiques adoubés par la France peuvent s’adonner à toutes sortes de triturations des votes avec la bénédiction de la France qui les protège contre leurs propres concitoyens et déclenche des campagnes médiatiques qui leur sont favorables ou défavorables selon ses intérêts du moment. Ceux qui refusent de se montrer dociles sont délogés des palais présidentiels, si nécessaire par des bombardements massifs comme ce fut le cas avec le Président Laurent Gbagbo, des assassinats ciblés ou des morts suspectes.

8. Il faut ajouter à tout cela une guerre psychologique quotidienne et permanente menée contre l’Afrique et les Africains dans tous les médias français où jamais rien de positif n’est dit à propos de ce continent et de ses habitants (si l’on exclue bien sûr les domaines mineurs de la danse, de la musique ou du sport) et dont l’objectif est de développer un complexe d’indignité et de d’infériorité chez les Africains, notamment en occultant toujours et systématiquement leurs performances intellectuelles, en particulier dans le domaine des sciences, aussi bien sur le plan historique que dans le présent. Cette guerre psychologique s’accompagne aussi d’accusations récurrentes de corruption des dirigeants et citoyens africains, accusations qui servent d’écran de fumée pour occulter les responsabilités de la France dans la situation économique du continent. Elle vise également à insinuer qu’il y une espèce de supériorité morale des Français sur les Africains et que les victimes sont en réalité des bourreaux qui doivent porter le blâme de leurs propres turpitudes.

Passons maintenant en revue ces mécanismes en commençant par les bases militaires.

Entre 1960 et aujourd’hui de multiples coups d’État ont été organisés par la France et de nombreux leaders nationalistes et panafricanistes ont été physiquement éliminés par la France. La fonction essentielle de ces bases militaires et de ces agents est donc d’exercer une intimidation permanente sur nos dirigeants en les mettant sous la menace d’une déstabilisation possible à tout moment. Il n’y a pas de différence entre cette situation et celle où un malfrat vous mettrait en joue et vous enjoindrait de faire ceci ou cela sous la menace des armes. A côté de ces troupes d’occupation néocoloniale, la France entretient également des réseaux dormants de « rebelles » ainsi que des groupes terroristes qu’elle « réveille » ou « rendort » au gré de ses besoins pour déstabiliser les régimes africains. Par sa présence, elle rend possibles leur entrainement, leur financement et leurs opérations sur nos territoires aussi bien par les renseignements que par l’assistance qu’elle leur procure. Elle paralyse aussi nos armées en leur faisant perdre toute initiative sur le terrain et les maintient sous tutelle permanente en empêchant toute action indépendante de leur part. Ces manoeuvres sont complétées par des efforts visant à maintenir nos armées sous-équipées en hommes et en matériels de façon à justifier la présence de la France à leurs côtés en invoquant leur incapacité à juguler les menaces sans son aide. C’est ainsi par exemple que la France organise à l’ONU des embargos sur les armes en direction de pays comme la Centrafrique ou la Côte d’Ivoire sous Gbagbo de façon à les mettre dans l’incapacité de se défendre par elles-mêmes. Quant aux autres pays, leurs armées n’ont pas la latitude d’acheter et d’utiliser toute arme qu’elles désirent. Ils doivent faire appel à la France pour certaines opérations telles que des frappes aériennes. Enfin, les armées africaines sont équipées pour l’essentiel, par l’industrie de l’armement française qui s’assure ainsi un marché captif de plusieurs millions d’euros par an et restreint par la même occasion la possibilité de choix des armées africaines en matière d’équipement. C’est aussi la présence de l’armée française qui garantit l’approvisionnement de la France en matières premières stratégiques tel que l’uranium et cela aux dépens d’un pays comme le Niger qui produit ce minerai mais qui demeure classé depuis 15 ans et sans interruption au dernier rang de l’indice de développement humain (IDH), soit 189eme sur 189 pays classés. Cela n’empêche pourtant pas Macron, contre toute évidence, de présenter les dirigeants de ce pays (Bazoum et Issoufou) en modèles de gouvernance vertueuse tout simplement parce qu’ils sont aussi les plus serviles des plus serviles dirigeants africains. (A suivre).
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