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Le blues: les larmes de l'âme
  Après les racines du Jazz, et avant le Gospel, Grioo vous présente cette semaine le Blues, cet autre art musical nègre
Par Belinda Tshibwabwa Mwa Bay
 
 
Le blues trouve son origine dans les chants des esclaves noirs du sud des États-Unis. Une récolte de coton. Lithographie du xixe siècle.
© Webencyclo
 

Une survivance de la tradition orale. Les origines du blues remontent à l'arrivée des esclaves noirs sur les côtes de Virginie, au début de XVIIIe siècle. Pour tout bagage, ils apportent leur culture orale (qui associe musique, chant et danse) et quelques instruments : tambour, balafon (xylophone africain) et banjar (ancêtre du banjo).
Les grands propriétaires voient d'un mauvais œil les danses, jugées lascives, et interdisent les tambours, suspectés de servir à lancer des messages. En revanche, " un noir qui chante est un bon noir ", ont-ils coutume de dire, alors ils autorisent les esclaves noirs à se créer un autre exutoire, d’autres formes musicales. Cela était sensé donner du cœur à l'ouvrage et rendre les esclaves plus productifs. Ceux-ci inventent alors les worksongs et les field hollers, mélopées rythmant les travaux de plantation.

 
Singing the Blues
© artbychope.com
 

Le blues est né dans les champs de coton du sud des Etats-Unis d’Amérique. Il est le chant des esclaves, un chant de travail et un chant de repos. Il aide à supporter le poids du travail et la condition d’esclave. Il est aussi un mode d’information, via le chant, on communique entre fermes voisines. Le blues exprime certes la douleur et la tristesse mais aussi l’espoir et le divin, il raconte aussi la vie triviale, les beuveries, le sexe. Hors des champs, le soir, certains esclaves ayant un instrument animent les veillées. Ces instruments viennent parfois des maîtres blancs, parfois l’esclave a pu se les acheter ou se les fabriquer. Certains affranchis vont de ferme en ferme et, à la manière des griots africains ou des troubadours, transportent les informations. On ignore souvent ce rôle informatif du blues car il n’y a que peu de traces écrites ou orales de ces chants. N’ont survécu que les chansons et les refrains plus intemporels. C’est avec ces chanteurs itinérants que le blues quitte le Sud pour monter vers le Nord à Chicago, ou bien vers l’Ouest en Californie. Plus tard, une autre vague "migratoire" conduira les noirs des champs du Sud aux usines du Nord. L’espoir des esclaves n’est pas seulement dans le blues, il est aussi en Dieu et nombre de blues expriment cette foi notamment dans ce que l’on nomme gospel ou negro-spiritual.

 
Big Joe Williams, Crawford - Mississippi '78
© dave-goodman.com
 

La mélancolie noire. La définition formelle du blues est simple : une structure harmonique invariable sur un rythme souvent lent à quatre temps. " C'est le schéma régulier à 12 mesures et vous brodez là-dessus ", expliquait le bluesman T-Bone Walker (1910-1975). Le blues signifie également un état d'esprit que l'on traduit imparfaitement par mélancolie, cafard ou, mieux, spleen. " Aucun homme blanc n'a jamais eu le blues ", affirmait Leadbelly (1885-1949), l'un des pionniers de ce genre né d'une expérience qu'un Américain blanc, n'ayant pas d'ancêtre esclave, n'ayant pas subi le racisme du Sud ou connu les ghettos du Nord, ne peut avoir. Les évolutions multiples du blues aboutiront au jazz et au rock.

Les influences et la rhétorique du blues. Le blues tire une part de ses inflluences de la musique occidentale. Les instruments de musique d’origine africaine étant rares et parfois proscrits, les esclaves se sont très tôt approprié le violon et les genres musicaux des colons européens de l’époque, en particulier ceux originaires de l’Europe de l’Est (polkas, mazurkas, valses). Ils les ont ensuite transformés en y ajoutant leurs banjos et leurs percussions. Les minstrels, interprètes de ce métissage musical, obtiennent au milieu du XIXe siècle un certain succès auprès du public noir et blanc. Mais, outre le folklore, c'est essentiellement le choral religieux qui influera sur le blues.

 
La chanteuse Bessie Smith (1894-1937), surnommée l'Impératrice du Blues.
© Webencyclo
 

La diffusion de la mélancolie. À l'origine, le blues est implanté dans les régions de peuplement afro-américain, dans le Sud rural des États-Unis. Il suivra ensuite le peuple noir dans ses migrations vers les zones urbanisées du Nord. Avant d'essaimer sur l'ensemble du territoire nord-américain, il est parti du delta du Mississipi. Et c’est dans ce berceau, qu’il conserve aujourd’hui encore sa forme la plus traditionnelle. Un grand nombre de figures emblématiques sont originaires de cette région : les pionniers Charley Patton (1887-1934), Big Joe Williams (1903-1982) et des légendes vivantes comme B.B. King (né en 1925). Au début du 20ième siècle, le blues se développe dans d'autres parties du Sud. Là où il s'implante, il prend des formes spécifiques. Ainsi, en Louisiane, l'accordéoniste Clifton Chenier (1925-1987) lui donne des accents de la culture cajun, héritée des colons français. Le Texas fournit un important contingent d'excellents musiciens : Blind Lemon Jefferson (1897-1930), Leadbelly, T. Bone Walker.
Enfin, deux villes, Saint Louis dans le Missouri et Memphis dans le Tennessee, constituent deux creusets importants du blues.

Entre les deux guerres mondiales, le blues obtient de plus en plus de succès, notamment grâce à la naissance de l'industrie du disque et à l'essor de la radio. Ainsi, Crazy Blues de Mamma Smith est le premier blues enregistré (le 14 février 1920 à New York). Cette audience sur l'ensemble du territoire est due au départ massif des Noirs vers les zones industrielles du Nord. Chicago, qui dispose de studios d'enregistrement et de radio, en devient le principal centre de création. Le blues connaît son apogée au début des années 1930, avant d'être supplanté par le jazz. Le Saint Louis Blues (1925) de Bessie Smith (1895-1937), accompagnée par Louis Armstrong, en marque la transition.

 
John Lee Hooker
© http://guitar-masters.com
 

Avec le temps, le blues installe ses règles, s’enrichit de rencontres, s’urbanise (surtout à Chicago) tout en restant l’expression d’un peuple opprimé, en lutte, car si l’esclavage est aboli, il est remplacé par la ségrégation raciale.
En 1944 les G.I. débarquent en Europe, on sait bien sûr qu’ils apportent dans leur bagage le jazz, mais on oublie que celui-ci n’est pas arrivé seul et qu’il vient avec ses racines : le blues.

En 1951, Big Bill Broonzy sera le premier à donner un concert de blues en France, c’est le point de départ de ce que l’on baptisera le blues revival avec notamment l’harmoniciste-guitariste John Mayal (auprès de qui débuteront Eric Clapton, Peter Green et le futur Rolling stones Mick Taylor).

Dans les années 70, le blues passe en arrière plan, supplanté par la soul et le rhythm & blues, mais dès les années 80 il revient au premier plan, dans un format plus rock, plus électrique avec des artistes comme Robert Cray et Stevie Ray Vaughan.
Aujourd’hui, le blues est toujours présent grâce, entre autres à Popa Chubby, Tino Gonzales, et Jonny Lang.
Le blues est même entré dans l’univers de l’électro-music avec Moby.

Après la Seconde Guerre mondiale, Chicago demeure la capitale du blues avec des interprètes comme Muddy Waters (1915-1973), Willie Dixon (1915-1992), Otis Spann (1931-1970) et Howlin Wolf (1910-1976). C’est sous l’influence de ces artistes, que de jeunes musiciens blancs, tels que les Rolling Stones, Elvis Presley ou Janis Joplin, inventent le rock’n roll. Mais le blues a sut survivre à ses multiples évolutions, et l'art de B.B. King, de John Lee Hooker ou de Buddy Guy, prouve que le blues est toujours bien vivant.

Glossaire
 
Muddy Waters
© bluesforpeace.com
 

banjo n. m. Instrument à cordes pincées. Muni généralement de cinq cordes pincées à l'aide d'un plectre, le banjo a un manche long et étroit et une caisse de résonance plate, composée d'une peau tendue sur un cadre circulaire et cerclée d'un rebord métallique. Les premiers banjos ont été fabriqués par les esclaves noirs d'Amérique du Nord. Surtout utilisé dans le jazz primitif (ragtime, New Orleans), où il remplit un rôle plus rythmique que mélodique, et dans la musique folklorique nord-américaine, le banjo offre un son âpre et métallique.

gospel n. m. Chant religieux populaire interprété par les Noirs américains lors de la célébration des offices (de l'ancien anglais godspell, " évangile " ; abrègement de l'expression gospel song).

Prochain volet : le Gospel

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Le blues: les larmes de l'âme

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  Johnson
Bèlè ( 27/09/2004 22:24 )

..... et pas un mot sur le légendaire guitariste qui vendit son âme au diable ?????????
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  A fleur du Kasai
Jeff ( 27/09/2004 23:56 )


Votre article m'apparait comme interessant et bien documenté mais il me semble que votre chapitre sur les origines du Blues manquent de clarté. Vous affirmez que le Blues tire une partie de ses influences de la musique occidentale. Ce n'est pas prouvé d'un point de vue musicologique. Ce ne sont pas en effet les instruments qui font la musique mais le rythme ( le balancement ou encore le Swing), l'harmonie et la mélodie qui déterminent le caractère d'une musique. De ce point de vue, le Blues tire l'essentiel de ses influences du continent d'origine, l'Afrique. L'Open tuning des instruments à corde, le but même recherché par cette musique ( que vous développez par ailleurs), la place et l'intensité de de la voix, la fonctionnalité, la spiritualité sont d'essence africaine. Le Blues s'inscrit invariablement dans la cosmologie négro-africaine.
Les noirs ont exprimé avec ce qu'ils avaient sous la main leurs "moods". Le blues s'est sans aucun doute nourri, au fil des années d'autres apports culturels, on peut le concéder sans peine. Mais si vous parlez du Blues originel, celui des champs de coton, du Delta, il baigne entièrement dans sa référencialité négro-africaine. Je crois que d'une manière générale pour tout ce qui concerne le monde Afro-américain et afro-caribéen, on conclut trop vite sur les supposées apports occidentaux dans les réalisations des esclaves et de leurs descendants. Et, même si cela n'est pas votre cas, on encoure toujours le risque d'avaliser les thèses de l'Afrique nue et dépourvue sans histoire et sans civilisation. Oui, les afrodescendants des Caraïbes et des Amériques ont dû se recréer une Afrique mais leurs conditions de vie imposaient surtout qu'ils le fassent avec leurs propres richesses. Au temps de l'esclavage, les apports occidentaux ont été minimes. La culture, les Africains l'ont transportée avec eux, sinon ils auraient été anéantis.
Le tambour est présent dans le blues, peut-être pas en tant qu'instrument ,mais dans l'esprit, dans l'utilisation de l'espace par les musiciens.
Par ailleurs, des découvertes actuelles ( lire Oscar Pfouma entre autre) démontre que l'Afrique pré-coloniale possédait une panoplie d'instruments dont l'architecture et surtout les fonctions en font les précurseurs d'instruments dits "modernes ou comptemporains". Similitudes dans les accordages (d'où l'utilisation de l'open tunning qu'Hendrix utilisait aussi..), donc dans l'harmonie..
Le blues est négro-africain, c'est tout et c'est déjà énorme.

Sinon, je vous réitère mes félicitations pour ces bains historiques et culturels toujours salutaires et régénérants.

Cordialement
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  origines
bert ( 28/09/2004 10:15 )

L'open tuning n'est pas spécifiquement d'origine africaine! le banjo est souvent accordé ainsi, certains instrumenst russes...
Je pense que l'on peut faire la part de ce qui revient à l'Afrique, à savoir la profondeur et la richesse du chant, les harmonies vocales, la rythmique, l'inspiration du chant. L'utilisation de la guitare (6 ou 12 cordes, d'ailleurs, et pas toujours en open, plutôt pour le slide) ou de l'harmonica sont plutôt des apports européens (notamment allemands...).
Le blues est noir, ca c'est évident, toute la richesse d'inspiration des textes, l'interprétation toute en finesse, mais avec une rythmique jouant sur le temps, tout ca, c'est noir 100%. Mais comme pour toute activité humaine, on retrouve de tout, un peu partout.
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  le Blues, aujourd'hui universel
Jeff ( 29/09/2004 00:21 )

A Bert

Salut et merci pour ces précisions.
Mais, lorsque je parlais de l'open tunning, il s'agissait de montrer comment à partir d'instruments d'emprunts culturels, les Négro-Africains des Amériques et des Caraïbes, recherchaient des couleurs harmoniques spécifiques. Des Couleurs et des sons profondément enfouis, interieurs et culturels.
ce n'était pas donc un open tunning pour faciliter le jeu de l'instrument à cordes seulement ,mais bien de se rapprocher de ce que l'oreille interne entendait.
Le Blues est une musique de l'ame donc interieure. Cela signifie que c'est dans l'hémisphère droit que l'on doit rechercher ses origines. Ce n'est pas une musique de "l'acquis". C'est pourquoi, j'ai réfuté la thèse d'une musique qui aurait des influences occidentales.
De plus, le Blues est une musique du sud des US (Mississippi ,Louisianne, et aussi le tennesse) , d'états colonisés principalement par les Britanniques et les Français . Donc l'influence allemande dans le blues me semble quelque peu hâtive...
Mais le Blues est parvenu a devenir la musique de tous ceux qui ressentent ce feeling. Le Blues comme toutes les musiques négro-africaines parlent à tout le monde. Parce que ce sont des musiques spirituelles qui élèvent, des musiques de combat qui galvanisent . Ce sont aussi des musiques de Rebellion.
De plus, comme le Jazz, Le Reggae, le Blues dépasse sa fonction musicale. C'est une attitude, un état d'esprit, une posture. On retrouve donc toute la cosmologie négro-africaine: One is all..

Cordialement
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  open tuning
bert ( 29/09/2004 09:19 )

Pourquoi je parle des allemands?

1) parce qu'ils étaient nombreux, les allemands immigrants aux Etats-Unis. Ils y apportèrent leurs instruments de musiue, guitare, banjos, et autres.
2) que dans les styles musicaux qu'ils jouaient, il y avait par exemple le "folk alpin", comme je l'appelerais, pour lesquels certains instruments s'accordent en open...
3) Idem pour les russes, souvent, par exemple on accorde la balalaika en open...

Je voulais par là montrer que les noirs déportés aux USA ont eu accès à des instruments plutôt européens d'origine, en ont assimilé les techniques, puis les ont transposés et modifiés pour les adapter aux nécéssités du blues.
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  l'open tuning c'est vieux comme hérode.. voir plus...
( 29/09/2004 17:47 )

la sitar et la vitravina sont aussi accordée comme ça. les indiens ( les vraies) on inventés ces instruments il y a plusieurs milliers d"années déjà... et se sont des intruments extremements élaborés, necessiant une grande connaissance des théories du solfège.

Pour le blues comme le jazz, dire que ces racines sont uniquement negro africain est faux.
On retrouve ce type de musique à 4 temps, sur 12 mesures dans presque toutes les musiques traditionnelles.. les chinois, les premiers à avoir ecrit la musique ont écrit des morceaux de ce type... il y a plus de 3000 ans.....certains chants du folklore celte aussi.

Désolé, mais il existe bien une influence occidentale dans l'apparition du jazz et du blues.....

c'est les armées, entre autre allemande et française qui sont arrivé avec des instruments "modernes"
Et quelle est une des spécificité des hamonies militaires : l'improvisation sur un thème donné.

En revanche tout cela ne change pas le fait que c'est bien les noirs américains qui ont inventés le blues, mais il serait faux de chercher des racine africaines à cette musique.. à moins de le faire pour des raisons purements idéologiques.

D'un point de vue historique, c'est bien bert qui a raison.


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  de plus......
( 29/09/2004 17:59 )


ha oui j'oubliais... en rapport au "folk alpin" dont parlais bert.... il existe dans les touts premiers enregistrement connus de blues ( sur rouleau de cire) l'utilisation par des noirs du "yoddle", technique de chant typiquement allemanique. A ce niveau la, l'apport occidental est incontestable.
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  Pour répondre à Jeff
Fleur du Kasaï ( 29/09/2004 19:42 )


Je pense que toutes les musiques et toutes les cultures sont faites d'influences. D'ailleurs sans ces apports extérieurs permanents et enrichissants aucune évolution, aucune tendance, aucun courant musicaux n'existeraient et ne se distingueraient. Sans le jazz le rockn'roll n'existerait pas, sans le swing le jazz n'existerait pas, sans le ragtime le jazz n'existerait pas, et sans le piano, le ragtime n'existerait pas. Or le piano n'est pas un instrument de musique inventé par les Africains, ni les Afro-américains.

Mais ce qui compte ce n'est pas l'instrument en lui-même ni son origine, mais la manière dont les Noirs se sont appropriés des éléments qui n'appartenaient pas à leur culture, voir qui appartenaient à la culture de l'oppresseur, pour enrichir leur propre culture, exprimer leur propre créativité.

Je pense que le danger avec le "purisme" qui consiste à contester tout apport occidental à la culture musicale noire, c'est justement de nier cette formidable capacité d'adaptation qu'ont les Noirs dans les contextes historiques et sociaux les plus difficiles. Ce qu'il faut retenir avant tout c'est leur faculté de transcender l'esclavage, le racisme, la ségrétation et la misère en créant la plus riche des cultures, justement à partir de la souffrance liée à leur condition et avec les armes de leurs propres oppresseurs. Car finalement d'où sont sortis le blues, le jazz, le reggae, le rap, etc sinon des plantations, des ghettos et de la pauvreté ?
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  Faux
Jeff ( 29/09/2004 19:51 )

la précision que j'ai apportée sur l'open tunning n'a visiblement pas été lue. Je disais que l'utilisation de cette technique d'accordage était avant tout de l'ordre de la recherche d'harmoniques connues par les orielles africaines. Et je n'ai jamais prétendu que d'autres ne l'utilisaient pas .
De plus, votre frise chronologique concenrnant l'histoire musicale du monde est à mourir de rire... Je vous renvoie au remarquable ouvrage d'Oscar Pfouma publié chez Menaibuc sur les couleurs et les sons dans l'Egypte phaaronique. Vous y découvrirez l'existence d'instruments qualifiés de "modernes".. Bref
Les civilisations chinoises ou indiennes sont postérieures à celle de l'Egypte. De plus, la culture du peuple tamouls, premiers habitants de l'Inde, est apparentée à la culture africaine ( travaux de chercheurs sont actuellement en cours)...
Je rajouterai que tous les processus culturels sont beaucoup plus complexes que vous avez tendance à le dire.
On ne juge pas d'apports sur la forme mais avant tout sur le fond.
De ce point de vue, le Blues ne peut pas et ne serait être une musique aux influences occidentales.
Le Yoddle ou le Folk alpin n'ont rien avoir musicalement et spirituellement avec le Blues.
Encore, ce n'est pas la gamme alterée qui fait le Blues car dans ce cas là, on peut prétendre que Bach faisait du Blues. Vous n'êtes que sur la forme. Justement, le Blues s'identifie sur d'autres choses. C'est pourquoi, certains musicologues ont pu ranger le Reggae et certains musiques noires des Caraïbes comme étant des "Blues". Il ne s'agissait pas là seulement d'open tunning, de gamme alterée ou de mesures à 4 temps et à 12 mesures....Il s'agissait de cosmologie et de fonctionnalité..
L'analyse des musiques noires doit se faire avec un paradigme négro-africain. C'est bien du côté de l'Afrique qu'i faut rechercher le Blues. D'autant qu'en Afrique de l'Ouest, des "Blues" tant sur la forme que sur le fond dont je parle, des parentés évidentes sont mises en évidence. Pas d'influences mais des origines !
C'est bien une analyse eurocentriste qui tend à toujours trouver dans les réalisations négro-africaines l'influence occidentale.
Le Blues est indissociable de l'histoire du peuple négo-américain. Il est le peuple Africain-Américain sans équivoque.
Vous parlez d'idéologie, c'est même une revendication forte ,d'autant que des travaux scientifiques confirment l'unicité et la spécificité de la culture négo-africaine du continent et de la Diaspora. Surtout pour les musiques qui étaient avant tout des chants d'esclave. C'est mal connaître la résistance et la nature du peuple africain que de penser, que sur des choses aussi profondes que la musique, laquelle touche au spirituel, les influences occidentales auraient été importantes. Et, c'est mal connaître les conditions de vie des esclaves !
Je persiste, si le mot influence recouvre des apports occidentaux dans le Blues, je m'inscrit en faux sur ces dits-apports. Si l'influence tend à dire que les Africains se sont servis de ce qu'ils avaient sous la main et que cela a pu donner des sonorités connues par l'occident. pourquoi pas. Mais je ne vois pas l'utilité ! Et, là on nage en pleine idéologie eurocentriste.
Par ailleurs, je n'ai jamais entendu aux USA les blancs américains revendiquer leur influence sur cette musique. Sachez même que sur ce fameux Country dont l'image renvoie inexorablement à l'image du Cow Boy blanc triomphant, de plus en plus d'études prouvent que les noirs ont été les premiers à jouer cette forme de musique. Les Rastas ont coutume de dire: "half of the story has never been told". Et, cela s'avère vrai !
C'est la musique africaine qui a pénétré toute la musique comptemporaine et non l'inverse (originellement). Aujourd'hui l'interpénétration culturelle ne se conteste pas ( mais avec prudence !).

PS: le banjo, comme la guitare et bien d'autres instruments comme la harpe sont Africains et étaient joués dès l'antiquité égyptienne.
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  Attention primauté du fond sur la forme
DjuDju ( 30/09/2004 00:37 )

Certes le blues et le jazz sont des musiques occidentales mais il sont avant tout l'expression de la sensibilité africaine en prise avec une réalité autre. Le fait que les instruments utilisés soient autres qu'africain ne change rien au problème. De fait plus que l'instrument en soit c'est le rapport a l'instrument quel qui soit qui compte. Aussi je pense que ce qui fait la spécificité des musiques noires qu'elles soient américaines ou africaines c'est la primauté du fond sur la forme et la continiuté qu'il y a entre l'esprit du musicien et la matière c'est à dire l'instrument . La plus courante des définitions voudrait que le jazz ou le blues soit une pratique musicale qui serait constituée aux Etats-Unis grâce à la rencontre des noirs et de la musiques européenne. Cette définition reste boiteuse en ce sens qu'elle tend à présenter le jazz comme le résultat d'une addition mécanique de différentes cultures. Pour ma part bien que reconnaissant qu'il s'agit d'un fait culturel résultant d'une confrontation, je ferai tout d'abord remarquer qu'il avant toute chose le produit de l'Africain et de sa culture en prise avec un autre environnement. Cette culutre qu'elle est elle? Pour l'homme noir jouer juste n'est nécessairement supérieur à jouer faux (au sens occidental du terme), en revanche force est de constater la permanence et la prépondérance de deux choses qui sont d'une part : l'antériorité du chant intérieur et d'autre part l'adéquation de la manière de dire les choses à la chose dite. Il apparaît donc que la technicité instrumentale n'est pas le moteur de l'histoire. L'instrument devient une excroissante de l'être musicien et est de ce totalement soumis au intention de ce dernier.Pepper ethno musicologue français exprime la même chose en disant que l'école occidentale inculque le fini la qualité propre à l'objet. L'école africaine elle enseigne qu'en matière de transmission peu importe la qualité de l'objet pourvu qu'il soit intimement uni aux fibres du corps expressif dont il à la charge de communiquer les désirs les émotions.
Ce qui importe lorsqu'il s'agit de musque africaine de jazz ou de blues ce n'est ni la technicité instrumentale ni la virtuausité mais le sens.Le Roi Jones (Amiri Baraka) dit dans son livre "le monde de la musique noir" " Les notes d'un solo de jazz, quand elles naissent, existent, dans une transcription, que pour des raisons musicales tout à fait accessoirement. les cris graves de Coltrane ne sont pas musicaux mais sont la musique en se sens qu'ils expriment le plus profond de son être".
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  Ou est le faust du blues?
tony ( 30/09/2004 09:15 )

Robert Johnson n'est pas évoqué dans cette histoire du blues, de même que le blues actuel n'est pas bien expliqué.Il n'y a pas que Robert Cray et SRV,il n' y en a d'autres
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Boundjah ( 30/09/2004 16:44 )

Tout ce que je retiens de cet article c'est ce qu'a affirmé Leadbelly, en gros que: seul les personnes et les peuples ayant connu une existance difficile peuvent chanter le blues. Et ça je suis à 200% d'accord. C'est un genre musical qui, lorsqu'on l'écoute, nous donne la chaire de poule même sans avoir compris les paroles.
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  Vouas avez dit Blues?
Kamatari ( 30/09/2004 23:23 )

Je ne m'y connais pas bcp en musique sauf que j'aime la musique traditionnelle ou moderne.
Moi, je range le Blues dans le traditionnel dans ce sens que cette musique est africaine on ne peut mieux. Elle me rappèle toujours les mélodies africaines surtout par le "humming" si caractéristique de ce genre chez Lighting Hopkins, John Lee Hooker, BB King et bien d'autres. Sans oublier les déclamations ou citations/monologues aux intonations profondes accompagnées surtout à la guitare, une sorte de cythare. Fabuleux!!!! Divin!!
Il est vrai que les esclaves africains en Amérique ont dû aussi et d'abord jouer et danser pour leurs maîtres les musiques européennes. D'où par ailleurs cette dimension universelle de la culture américaine qui en est née. Gershwin ne me démentirait point.
Mais cela n'implique pas une influence dominate d'autres apports sans les exclure totalement. Le gospel le vérifie par ailleurs.
Mais alors, faut-il discourir longtemps parce que le Blues, le vrai, est accompagné par des instruments modernes? Non, cela n'a pas bcp d'importance si ce n'est les goûts et l'art de l'artiste.

D'alleurs, que dire de la filière latine, du Pachanga, de la Rumba, du Mambo et des puis-nés que sont la Salsa, le Zouk etc? Africains d'autant que la musique espagnole ne peut se défaire de son cachet andalous. Des régals sincopées, lancinants ou endiablés.
Bref! La différence entre le premier genre et celui-ci est une preuve d'une certaine influence ou d'un départ originale. Le Blues démarre d'un lieu bien précis et particulier!!
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  Le yoddle?
Ma-Lembe ( 02/10/2004 22:54 )

Les sons vocaux interprétés pour des yoddles par quelq'un plus haut sont en fait originaire des mélodies gutturales des pygmées du Kongo.
Ren dons à Cesar ce qui est à César et le Blues aux Africains.
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Mr.Freeze ( 12/10/2004 11:50 )

" Aucun homme blanc n'a jamais eu le blues ",
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  L'aller et le retour
( 13/10/2004 19:13 )

Y a-t-il eu un retour du bleus en Afrique du genre salsa qui a influencé la musique moderne de l'Afrique centrale ?
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oliver ( 05/02/2005 23:45 )

Il est évident que le blues est d'origines Africaines, et qd j'entend des gens dire qu'il est d'origine allemande, ou européenne, sa me fait marrer.
Ecouter la musique d'Afrique de l'ouest, surtout du Mali, monsieur les Eurocentristes. Cé a peine différent du blues. Mem rythmes, sonorité...
Je nsais pas pourquoi certain Européen s'évertue a croire que l'Afrique na aucune culture.
Les instruments de musics modernes sont inventé et on été perfectionné par le blanc, mais sachez que même le violon a ses variantes en Afrique é celà depuis des siècles et des siècles....
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  Et le blues aujourd'hui ?
Blues Lover ( 10/09/2005 01:22 )

Je suis heureux de lire sur votre site un sujet consacré au blues. En revanche, il est dommage de ne pas évoquer l'actualité noire de cette musique. Vous citez en effet, Johnny Lang ou Poppa Chubby, artistes blancs jouant pour le public blanc. Mais savez-vous que cette musique est encore écoutée aujourd'hui par la communauté noire du sud des Etats-Unis, et est représentée par des artistes certes inconnus chez nous mais qui sont des vedettes dans le sud des Etats-Unis. Il s'agit de tous ces chanteurs représentatifs du genre appelé "soul-blues" par la critique. Je veux parler du légendaire Bobby Bland, de Marvin Sease, Willie Clayton, Mel Waiters, Sir Charles Jones et bien d'autres.
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  LE BLUES
Conesa ( 08/12/2005 19:22 )

Au début du 19 ème siècle, ce nouveau style de chant se développe par les musiciens de rues, le mendiants, venant du sud. En 1830, les instruments de musique ne sont pesque^pas utilisés. Le violon et le banjo qui servent à l'accompagnement des danses sont considérés comme instruments "du diable". Durant des réunions secrètes, les noirs utilisent alors leurs voix et les battements de mains. Toutes les influences africaines et européennes vont être à l'origine du blues, marqué principalement par la longue anglaise et le rythme qui lui est donné par les noirs. Les personnages qui ont chanté du blues : Hooker John et King Riley Ben sont deux guitaristes et chanteurs de blues. La page blues super, Chapeau. Ca ma donné envie de vous écrire
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Conesa ( 08/12/2005 19:22 )

Si, le guitariste légendaire qui vendit son âme au diable c'est
Robert Johnson. C'est vrai très bonne remarque !!!
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