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1er Décembre 1944: Le massacre du Camp de Thiaroye
  Retour sur un massacre perpetré par les gradés français contre les anciens "tirailleurs sénégalais"
Par Hervé Mbouguen
 
 
Des images de "tirailleurs" au Camp de Thiaroye extraites du film "Camp de Thiaroye" (1988) de Sembène Ousmane
© http://r7a.free.fr
 

Cet article est le premier d'une série que grioo.com consacre au rôle, par trop méconnu voire parfois nié, des africains pendant la seconde guerre mondiale.

Il est consacré à une journée qui a sombré dans l'oubli, et que le talentueux sénégalais Sembène Ousmane a immortalisée dans un film sorti en 1988.

Novembre 1944. La seconde guerre mondiale n'est pas terminée, mais grâces aux alliés américano-britanniques et... à son armée de tirailleurs, la France a pu être libérée, et les "tirailleurs sénégalais" doivent rentrer chez eux.

Précisons que les "tirailleurs" n'étaient pas uniquement sénégalais, mais venaient de toutes les anciennes colonies françaises, on y trouvait donc outre les sénégalais, des camerounais, des ivoiriens, des tchadiens, des soudanais, des nigériens, etc...

Bien que la guerre ne soit pas finie, la France a été libérée, et les tirailleurs, recrutés par De Gaulle doivent rentrer chez eux, reprendre une vie normale avec les remerciements de la France.

 
Des images de "tirailleurs" au Camp de Thiaroye extraites du film "Camp de Thiaroye" (1988) de Sembène Ousmane
© africaatthepictures.co.uk
 

Le "Camp de Thiaroye" est un camp de transit dans lequel les tirailleurs ont été amenés, avant de retourner chez eux.

Il s'agissait essentiellement de tirailleurs ayant séjourné en camp de concentration nazis.
En y arrivant, certains avaient probablement déjà des appréhensions sur les intentions réelles de la France.
Leurs frères d'armes "français de souche" (sous-entendre: "blancs") avec lesquels ils avaient partagé les joies, les peines et les souffrances de la guerre avaient déjà touché leur solde, et les diverses primes liées à leur statut.
Bien qu'ils aient pris les mêmes risques, et que nombre d'entre eux y avaient laissé la vie, ou contracté des handicaps définitifs, les tirailleurs n'ont pas (encore) été payés, mais on leur a assuré qu'ils le seraient une fois en Afrique.

Une fois en Afrique, ils sont entassés dans le camp de Thiaroye où dès le début le racisme et l'amnésie de certains gradés français doivent déçevoir ces hommes qui sont allés défendre un autre pays que le leur, mais qui sont désormais traités comme des sous-hommes, par des personnages souffrant encore du complexe de supériorité colonial.
On leur retire d'ailleurs les uniformes militaires qu'ils avaient pour les remplacer par une tenue plus ordinaire et un chapeau rouge identiques à ceux tristement popularisés par la "pub" "y a bon banania".

Leurs craintes ne tarderont pas à se confirmer quand ils voudront changer leurs francs français en monnaie locale africaine.
Oubliant leurs hauts faits guerriers, l'administration militaire refuse de procéder au change au taux légal, mais à la moitié de celui-ci, comme si l'équité aurait mis en péril les finances républicaines.

Les humiliations et la mutinerie
 
Des images de "tirailleurs" au Camp de Thiaroye extraites du film "Camp de Thiaroye" (1988) de Sembène Ousmane
© new.spot.be
 

Il ne s'agira pas de la seule humiliation subie puisque l'administration militaire se montrera évasive au sujet du paiement des indemnités des soldats, prétextant parfois (déjà!) des difficultés budgétaires.
Rappelons le, leurs camarades "français de souche" avaient déjà été payés, eux.

Ce sera plus que ce que ces hommes pouvaient supporter, et ils ont décidé de se mutiner, et ont pris en otage un général français, le 30 Novembre 1944 qu'ils libéreront quelques heures plus tard, après que ce dernier ait affirmé les avoir compris, que leur argent serait changé au taux officiel, et qu'ils reçevraient leurs indemnités avant d'être démobilisés.

Mal leur en prit car, quelques heures plus tard, le 1er Décembre 1944, sur ordre de ce même général et avec l'approbation de la hiérarchie, l'armée française, bien que sachant que les tirailleurs étaient désarmés, a donné l'assaut au camp en utilisant son artillerie lourde, dont des chars d'assaut.
Le camp fut détruit, et un grand nombre de tirailleurs y laissèrent la vie, non pas du fait de canons nazis, mais de canons français, çes français dont ils avaient libéré le territoire.

Les survivants durent enterrer à la hâte les malheureux disparus, puis rentrer chez eux, sans toucher les primes promises.
Presque 60 ans plus tard le problème des primes demeure épineux, mais grioo.com vous en parlera dans un prochain article.

L'humilation continue

Comme si l'humiliation n'était pas totale, une bonne partie des survivants ont été condamnés à des peines de prison fermes pour "insubordination". Certains y ont purgé jusqu'à 2 voire 3 ans, peu de temps après avoir passé quelques années dans les camps de concentration nazis.

On lira dans le livre de Charles Onana une "justification" de la tuerie par des gradés français qui fustigeaient la prétention qui aurait conduit les colonisés sénégalais à se prendre pour les égaux des autres, tout simplement parce qu'ils ont combattu ensemble, et qui estimaient la tuerie "nécessaire" pour le prestige de l'armée française.

Cette tuerie fut un bien triste épilogue à un engagement sans faille, qui ne peut que conduire à se demander si la France a jamais eu de la considération pour ces hommes qu'elle est allée chercher dans LEURS pays...

Le film de Sembène Ousmane
 
Sembène Ousmane
© mtholyoke.edu
 

Le film "Camp de Thiaroye" de Sembène Ousmane rappelle avec sérieux et application cette journée historique, qui montre les traitements qu'ont subis les tirailleurs, et nous permet de nous plonger, parfois avec dégoût, dans cette journée historique.
On se rappelera avec émotion de la scène, quelques heures avant la tuerie, où les tirailleurs, heureux de l'annonce de l'acceptation de leurs revendications, ont entamé une fête sans musicien, aux rythmes africains, en utilisant parfois des gamelles comme tambours, dans une joie et une simplicité toute africaine.
Le fait que ce fut la dernière danse pour beaucoup, tués par ceux à qui ils ont redonné la liberté, lui donne un relief particulier.

Ce film a été boudé par les médias français, mais a reçu un bon accueil en festival.
Pour le commander, www.cine3mondes.com

"La France et ses tirailleurs" de Charles Onana
 
"La France et ses tirailleurs" de Charles Onana
© afrik.com
 

Le journaliste camerounais Charles Onana, qui a été interviewé par grioo.com vient de publier un livre consacré à la France et à ses tirailleurs.

On y apprendra quel rôle ont joué les tirailleurs dans la guerre, comment la France a recruté certains d'entres eux, ainsi qu'un point sur le dramatique problème des pensions des anciens "tirailleurs".

Quelques faits de guerre très intéressants, mais relativement méconnus, par de grands personnages, comme par des anonymes, sont relatés tout au long du livre.

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1er Décembre 1944: Le massacre du Camp de Thiaroye

Nombre de messages
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  histoire quand tu nous tiens !!
LONGNON eric ( 27/04/2004 09:15 )

Bonjour, je suis féru d'histoire et je ne connaissais pas ce drame. Il ne m'étonne pas, la France d'alors était colonialiste, raciste et paternelle avec l'Afrique.
Elle l'est toujours ; pour cela il suffit de voir la politique africaine des différents gouvernements pour "apprécier" la façon méprisante dont sont traités les poliques africaines.
Néanmoins même s'il ne faut pas nier l'apport des troupes "forcées" noires durant la libération, il ne faut oublier les Marocains et les Algériens qui sont morts, eux aussi, pour libérer notre pays. Merci donc à tous ces soldats, noirs, blancs, maghrébins, asiatiques pour leur sacrifice.
Une pensée particulière va aux soldats assassinés du camp de Thiaroye.
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  PARDON! mille fois pardon!
( 27/04/2004 18:22 )

Adjudant-chef des Troupes de Marine en retraite.
J'ai honte pour mon pays. J'ai toujours pensé que nos glorieuses troupes coloniales avaient droit au respect des Français métropolitains pour les avoir aidé dans des moments difficiles de notre histoire. Je connaissais l'affreuse histoire des Harkis, l'abandon des vietnamiens fidèles à la France; Thiaroye, c'est un coup de trop. Pendant les six années que j'ai vécu en Afrique, j'espère avoir donné à mes camarades Africains, une autre image. Jacky HEIM
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  M. Jacky HEIM
NEHEM ( 21/05/2004 14:28 )

Voilà toute la différence entre vous M.HEIM, un être humain normalement constitué, qui semblez avoir vécu l'époque, qui avez peut-être vu les troupes de tirailleurs aller vers le front en croisant les populations en exode vers le sud ...

Voilà la différence entre vous et cet immondice de 18ans qui ose s'asseoir sur un épisode aussi grave que tabou dans l'histoire de France !

Voila un "Chevalier de la liberté" puisqu'il ose prendre ce pseudomyme, qui aurait volontier servi le régime nazi pourvu qu'on ne lui fasse pas Honte ! C'est à VOMIR !
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  c'est la france
NKOUNGA HILAIRE ( 19/07/2004 22:52 )

en fait je savais la france negationiste et avare mais genocidaire depuis des generations ? je crois que tous les dirigeants français n'ont jamais été des humain bien qu'ils penseront que c'est de la politique et non de la philantropie
le monde le sura un jour
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  Un poème
( 11/08/2004 12:22 )

Bonjour!
Je m'appelle Bana Barka et j'ai lu avec intérêt l'article sur les tirailleurs. C'est une question à laquelle j'ai toujours été sensible, et qui m'a inspiré le poème que je vous envoie.

Que fais-tu là,
brave garçon dioula
dans ces trous à rats
sous la pluie des Boches
blotti contre le froid et la mort ?
-Ah, Camarade de moi !
Si je l’accepte cette souffrance
C’est pour la France !

Mais que dis-tu là,
Insensé garçon dioula ?
Ne vois-tu pas ces canons
Jeter sur tes frères leur crachat de mort ?
Où sont Konaté, Moussa et Traoré ?
-Ah , Camarade de moi !
Faut pas qu’on y pense
Cela n’a pas d’importance,
Puisqu’ils sont morts pour la France

Que fais-tu là,
Brave guerrier dioula
Au bout d’une corde,
Les yeux ouverts, la langue tirée,
Dans ce camp de Thiaroye ?
-Ah, Camarade de moi !
J’ai voulu un peu de reconnaissance
Pour le sang versé
Mais au fond, quand on y pense,
Qui tue pour la France périra par la France.


Yaoundé, le 06 juillet 2004

Bana Barka



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  Pourquoi célébrer la journée du tirailleur le 23 août et non le 1er décembre ?
( 20/08/2004 10:48 )

Le Sénégal célébrera désormais la journée du tirailleur sénégalais le 23 août de chaque année. L’histoire retiendra que Me Wade est le premier président de notre pays à avoir pensé, tant soit peu, revivifier le souvenir des milliers de soldats noirs de l’ex A.O.F. Lesquels auront pris une part active à toutes les campagnes militaires où la France, à la bourre, humiliée, rarement triomphante en tout cas, a dû faire appel à leur gros esprit de sacrifice : invasions coloniales, conflits mondiaux (14-18, 39-45), épisodes de décolonisation (1954-1960), voire pour les plus anciens, bataille de Prusse en 1870. Passons sur les guerres d’invasion et de décolonisation durant lesquelles ils ont, sous la contrainte, il est vrai, combattu leurs propres frères à qui - tout comme à eux – cette même France n’accordait aucune dignité en tant qu’homme : populations africaines et asiatiques, peu ou prou résistantes. Notre propos se limitera ici à leur participation aux deux grandes guerres mondiales.
La célébration des deux dernières fêtes de l’indépendance nationale, 2003 et 2004, annonçait déjà un certain regain pour la cause des tirailleurs. En effet, des militaires d’active, habillés et coiffés d’époque, arborant fière allure, nous ont tant soit peu rappelé a leur bon souvenir. Le Musée des Forces Armées, pas en reste, à travers une exposition étalée dans le temps, a retracé leurs faits et gestes. On semble en être restés là…Jusqu’au jour où la France a cru bon devoir célébrer le 60ème anniversaire du débarquement de la Provence, le 15 août dernier. Et parallèlement – pudiquement, dirions nous – rendre un hommage aux fameux Régiments de Tirailleurs Sénégalais (RTS) qui se sont distingués durant cet assaut meurtrier. Coïncidence ou simple hasard ? En tout cas, le chef de l’état sénégalais a retenu la date de l’entrée des troupes du 6ème RTS à Toulon, survenue 8 jours plus tard, soit le 23 août, pour magnifier la geste des tirailleurs. Qui ose alors imaginer que le jour où la France daignera mentionner le massacre de Thiaroye - 60 ans au 1er décembre prochain - le Sénégal, pris d’un subit accès de mémoire et de frénésie, ne lui emboîtera le pas? En décorant ici et là des rescapés pas loin de rendre l’âme, inaugurant stèles et statues, etc. Bref, en versant dans toutes choses qui ne sauraient masquer notre séculaire, assourdissant et scandaleux silence autour de ce drame.
Où est donc notre dignité, peuple, ô beau peuple sénégalais?
Osons le dire : la reconquête de Toulon intéresse beaucoup plus la France que le Sénégal, sous domination coloniale en 1944, comme on le sait. De plus, cette date ne saurait réhabiliter nos chairs à canon de pères et grands-pères, recrutés de force le plus souvent, contraints de se battre, décimés par la rigueur climatique et/ou les maladies, «cristallisés» à vie avec des pensions indécentes car inéquitables. L’amalgame, comme quoi ils luttaient aussi contre le nazisme, est ulcérant car, y a t-il une différence entre nazisme et colonialisme? En réalité, les historiens de l’alternance, ont fait là un choix piètre, politicien pour le moins, afin de ne pas trop offusquer la France.
Le seul choix censé a nos yeux et que la raison du commun des africains de l’ex AOF comprend fort bien, est la date du 1er décembre. En effet, cette date traduit tout a la fois le vain sacrifice des tirailleurs et le peu de considération accordé à eux par la France. Victimes du «blanchiment» des troupes françaises, rapatriés sans être désintéressés, certains d’entre eux ont été sauvagement massacrés. L’impunité de cette barbarie court à ce jour, sans aucune protestation officielle des nations potentiellement concernées (ex AOF), le Sénégal en tête. Eclaircir les contours de cette infamie, situer les responsabilités, statuer sur le nombre, la nationalité et le nom des morts, localiser effectivement leurs sépultures, exiger enfin des excuses de la France – c’est l’air du temps – demeurent un minimum. Faute de quoi, le 23 août retenu risque de tourner court avec des parades et défilés non indiqués, des activités festives aux antipodes de la désillusion de nos anciens, une visite mal venue au prétendu «cimetière des martyrs de Thiaroye» (pour mémoire, il y aurait 35 morts officiels alors que 202 tombes anonymes s’y trouvent). A un tel tableau, il ne manquerait alors que la bouffonnerie et le rire hilare du tirailleur sénégalais « Y’a bon banania». Image caricaturale que le colon lui a toujours collé et qu’amplifiera, malheureusement, notre refus de la dignité. De plus, célébrer la journée du tirailleur le 23 août, c’est faire ombrage à la journée internationale de commémoration de l’esclavage et de son abolition. Qui plus est, le 1er décembre a toujours été considéré, jusqu’ici en tout cas, comme la journée du combattant africain.

samba_ndiaye@sunumail.sn
Professeur de lettres, Dakar




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  Enfin
boubou traore ( 14/09/2004 19:08 )

Enfin que des faits pareils puissent etre soulevés 60 ans après.Mais n'est-il pas raisonnable de se demander si d'autres Thiaroye existent ailleurs en Afrique?Je crois personnellement que des Thiaroye , il y a en eu dans tous les pays d 'AFRIQUE ayant soutenus la france lorsqu'elle fut tétanisée par les Allemands.
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chevalier de la Liberté ( 18/09/2004 21:56 )

Ohhhhhh j'ai honte! je suis Français, j'ai honte. Je suis Occidental: j'ai Honte!
Je vous remercie: vous m'avez donné la Honte! C'est vrai, comment ne pas avoir Honte! Que mon pays n'a-t'il pas fait? Le deuxième empire le plus grand j'ai Honte! L'ethnocentrisme occidental j'ai Honte... Vous: vous être Coupables. Moi: je suis Coupable. Nous SOMMES Coupables d'avoir appauvri des Nations et des gens qui auparavant vivaient dans le bonheur d'enfant le plus absolu et étaient repus d'une abondante nourriture j'ai Honte!
Vous voyez si ce n'est pas malheureux je n'ai pas 20 ans et j'ai déjà Honte je me sens Coupable. Vous m'avez donné la Culpabilité comment pourrais-je être suffisamment reconnaissant envers vous? J'ai Honte mais au même instant au fond de mon âme j'ai la Paix! Saviez vous, et je l'ai appris il y a quelques jours, que les Occidentaux sont Responsables de toute la misère du monde? Ils EXPLOITENT saviez-vous je l'ai appris il y a 3 jours... Avant les pays "en développement" étaient riches: ils avaient à manger ils avaient la joie, mais surtout ils avaient cette richesse infinie qu'est un mode de vie simple et non corrompu par l'argent et le libéralisme néo. Et si les professeurs d'école, de collège, de lycée et d'université ne nous le disaient pas constamment -il faudrait inventer un grand Système qui nous l'apprendrait dès le plus jeune âge pour nous donner encore plus la Honte- qu'est-ce qu'il se passerait? Je vais vous le dire moi: ça recommencerait! dans dix ans dans vingt ans et je tiens à vous le répéter vous m'avez donné la Honte!
Je fais, pour terminer cette ode au relativisme culturel, mienne cette phrase de monsieur Robert Mugabe, Président du Zimbabwe, au sujet de nous tous, si pales que nous sommes... : "ils ont le coeur dur: on dirait qu'ils sont juifs...".
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  c'est vraiment honteux
marogha emma ( 12/11/2004 16:51 )

C'est vraiment honteux de la part des français de traiter ainsi les personnes qui les ont aidées à délivrer leur "cher et précieux " pays.De toute maniére,cela ne m'étonne pas venant de leur part!!!
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  nuances
Françoise DEGERT ( 14/11/2004 18:58 )

L'histoire de la colonisation mérite d'être approfondie dans nos programmes d'enseignement, c'est vrai. La vérité doit être rétablie sur ce que nos gouvernants et notre armée ont fait dans l'ancien empire colonial, c'est tout à fait vrai... "Le Monde" aurait pu se fendre d'une enquête sur la question en évoquant le 60ème anniversaire du débarquement en Provence, et dévoiler l'affaire de Thiaroye. Et parler des anciens combattants "d'Outre-mer", qui reçoivent aujourd'hui, dans le meilleur des cas, une pension dérisoire perpétuant la période coloniale... Seul le quotidien "Sud-Ouest" évoque cette question, en raison des réclamations de ces anciens combattants, souvent originaires du du Maroc, qui viennent occuper les locaux attribuant ces pensions.
"le Monde" aurait pu rappeler la lourde responsabilité des occidentaux dans cette guerre, pour avoir refusé d'arrêter Hitler lorsqu'il en était encore temps (refus de soutenir les républicains espagnols contre Franco, ce qui a permis aux Allemands de tester leur armement en Espagne, la droite française qui répétait "plutôt Hitler que le front populaire", le traîté de Munich signé par la France et l'Angleterre avec Hitler, le régime de Vichy et la collaboration en France). Faut-il rappeler que la Grande-Bretagne a vacillé jusqu'à la déclaration de guerre et que les Etats-Unis sont restés neutres jusqu'en 42 ? Les affaires de la famille Bush avec les nazis sont un exemple parmi d'autres...
Quelques individus n'ont pas attendu le débarquement pour résister envers et contre le gouvernement de Pétain. C'est le cas de De Gaulle, de quelques communistes qui ont désobéi au pacte germano-soviétique. Guingoin a monté le 1er maquis en Limousin, la section de la main d'oeuvre immigrée (Moi) du Pc, composée surtout de juifs d'Europe centrale, a immédiatement fait parler d'elle. Les dirigeants communistes n'ont appelé à la résistance qu'après l'invasion de l'Urss, en 41. Il aura fallu attendre Pearl Harbour, Stalingrad et l'avancée des soviétiques sur le front de l'Est pour que les alliés se réveillent et débarquent pour se partager le gâteau.
Il est vrai que cette guerre, pas plus que celle de 14-18 n'était la vôtre, vous autres Africains. Que ces deux guerres mondiales de Blancs ont été inouies dans leurs atrocités, comme le rappelle avec humour Amadou Hampaté Bâ, au point d'avoir rendus fous des artilleurs africains, bien qu'ils fussent de valeureux guerriers... Aucune cérémonie ne pourra effacer ces faits.
Une chose est sûre : les débarquements nous ont libérés. Au delà de la récupération politique de ces cérémonies d'aujourd'hui, la moindre des choses, est d'honorer ceux qui ont participé aux combats, de la même manière, Africains, français, asiatiques... La moindre des choses est de rémunérer les anciens combattants des colonies équitablement, comme les français et de leur verser au besoin un rappel des pensions. La moindre des choses est de compenser les atrocité de l'armée française au camp de Thiaroye et d'en informer les jeunes générations. Cela dit, il faudrait éviter de jeter tous les blancs dans le même sac, dans une sorte de racisme parallèle. Certains ont lutté contre l'occupation, contre le racisme, pour la décolonisation. Et continuent à la faire, en soutenant les sans-papiers.
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  super grioo
pape ( 06/12/2004 12:49 )

merci de nous transporter en arrière pour repenser cette page d'histoire.
Vous faites un travail exceptionnelle dignes des professionnelles de l'info.
On peut pardonner mais on ne doit pas oublier, ceci pour travailler plus et mieux à la construction d'une civilisation qui respecte l'HOMME sans distinction
Bravo
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  Pas vraiment étonnée, consternée
Améline ( 07/12/2004 12:21 )

Le devoir de mémoire, c'est une obligation pour les européens, pour les africains c'est un droit.
Le droit de la victime est l'obligation de l'auteur (collectif) du crime. Je pense que les lieux de mémoire doivent être institués en europe et en afrique, à l'usage des deux populations, et à l'initiative aussi bien de l'une que de l'autre. C'est comme pour la Shoah; c'est en Europe qu'on devrait d'abord fixer cette mémoire, à l'usage des Européens. Ce n'est pas en Palestine que ça a eu lieu! dans tous les lycées de France, des élèves ont disparu de la circulation! les professeurs d'histoire pourraient engager les élèves à faire des recherche la-dessus. Pour les tirailleurs, même chose; recherche sur leur présence dans les lieux des combats etc et érection de monuments,livres, docus, fictions. j'ai vu un téléfilm sur cette question l'an dernier, un vieil africain revenait hanter les lieux d'une bataille de la guerre de 14 et finissait par imposer sa parole aux commémorations officielles, si quelqu'un l'a vu, j'aimerais retrouver les références.
Merci pour cet article.
CD
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  "Tirailleurs: un devoir de mémoire"
Améline ( 07/12/2004 14:19 )

du 12 au 22 janvier 2005 MJC à Chambéry
photographies de Hervé de Williencourt
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  la premeire fois
gerdes ( 07/12/2004 15:24 )

Nous constatons que ce n'est pas la premiere fois que l'armée francaise tire sur des personne à mains nues.
le 06 novembre 2004 , elle a récidivisée sur le pauvre peuple ivoirien avec des armes de guerre.
Bilan 65 morts et plus de milles blessés.
Et elle refuse de reconnaitre les faits comme en 44.
Les francais doivent avoir honte de leur armée , une armée qui n'a jamais gagné de guerre.
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  Pauvre de nous
SERGIO ( 08/12/2004 02:23 )

Afrique berceau de l'humanité et tombeau de l'humanité.
Quand va-t-on changer les livres d'Histoires et de géographie, ou plutôt les rendre plus objectifs?
A quand la vérité?
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  Pas content des negres.
( 08/12/2004 20:50 )

Les africains sont toujours en train de blamer le blanc.

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SOSSOH ( 09/12/2004 17:40 )

D'abord, je vais repondre à cet abruti qui affirme que "les africains toujours en train de blamer le blanc"! Ny'a-t-il pas,dans ce cas d'espèce, matière même pas à blamer,mais à comdamner?

En ce qui concerne les "tirailleurs" africains,je puis vous dire qu'ils n'ont reçu,jusqu'à ce jour,la reconnaissance pour fait d'armes d'aucun gouvernement français.

Le pire est que leur solde était perpétuellement diminuée et il aura fallu la persévérance d'un avocat français pour contraindre le gouvernement français non seulement d'arrêter cette dégréssivité,mais d'aligner la pension de ces "tirailleurs" africains sur celle de leurs homologues français et à payer tous leurs arriérés!

Je trouve parfois ridicule de voir ces pauvres grands- parents être invités à la fête nationale française alors que l'on ne respecte même pas leur statut.
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  les tirailleurs sénégalais
khadidiatou ( 09/12/2004 23:50 )

Eh! oui bien triste histoire que celle des tirailleurs sénégalais.
Chaque fois que je me rends au Sénégal, je vais toujours me recueillir dans le cimetière de Thiaroye.
Je trouve décevant l'attitude de la France pendant 60ans, 60 ans longues années pendant lesquelles la France a essayé de cacher cette horrible fin reservée à ceux qui par leur courage nous ont aidé à rester français.
Ah! la France colonialiste.
Que de durs souvenirs de soumission sont encore dans les mémoires des colonisés.
N'oublions pas.

Paix à leur âme et qu'ils soient remerciés pour tout ce qu'ils ont fait.
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MOUSSA NDIAYE ( 17/12/2004 06:59 )

Remerciements à Françoise Grebert pour sa contribution qui est trés loin de ce chapelet de "réactions" de la plupart des intervenants.
Même au Sénégal, peu de gens connaisent l'histoire de ces valeureux soldats.
Savez-vous que le pére du film dont il est question s'appelle BEN DIOGAYE BEYE? Il a été poussé à la porte pour que Sembéne le réalise aprés avoir retouché le scenario initial!
J'espére que le vrai "Camp de Thiaroye" sera un jour projeté sur les écrans.
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  pas surpris
rialza ( 17/12/2004 16:48 )

Merci de m avoir fait découvrir ce fait honteux mais je sais pourquoi je ne suis pas surpris
Fils de résistant espagnol (ftp moi de Toulouse) mon père comme pas mal de ses camarades arrête en 46 par les mêmes gendarmes qui l avait arrête qql mois avant pour le compte des nazis et remis a la police de franco
Jamais aucune reconnaissance pour leur participation a la résistance
C est évident que tous les français étaient tous résistant et qu il n on eu aucun besoin d étranger pour ce libérer
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