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Côte-d'Ivoire, Élections présidentielles
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hormheb
Grioonaute 1


Inscrit le: 31 Déc 2005
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MessagePosté le: Ven 28 Jan 2011 03:52    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Ensuite, je ne comprends pas qu'ils affirment qu'il est aujourd'hui impossible de déterminer qui a gagné en Côte d'Ivoire : c'est bel et bien possible. Pour le reste, je suis d'accord avec leurs arguments sur le sens de l'alternance démocratique en Afrique aujourd'hui.


En fait ils veulent dire que le resultat sera toujours fortement conteste par une des deux parties. C'est une election quand meme a 50/50. et chaque moitie est vraiment campee sur ses positions.

Ils proposent que la sortie de crise peut se faire via une conference nationale qui va jeter les bases d'une nouvelle organisation politique et sociale du pays. Mais cela pre-suppose que LK sera president durant cette phase interimaire. Et bien sur le camp Ouattara n'acceptera pas. Et vice versa si c'est Ouattara qui est considere comme president. Donc la mise en oeuvre de cette bonne idee ne depend que de la bonne volonte de ADO et LK. Et comme le risque est qu'au sortir de la conference on est rien qui soit panafricain, je prefere que le pays soit libere d'abord et ensuite faire la conference nationale.
Elle est de toute facon indispensable car il faut recreer un contrat social.

Sur le terrain, si ADO et Sorro ne declenchent pas la guerre d'ici le 30, ca sera plus complique pour eux. En effet la reunion de l'UA du 30 s'annonce houleuse. On voit deja les grosses pointures de la SADEC (Angola, AF du sud et Ouganda) fair bloc. Et comme la France et les USA ont annonce officiellement qu'ils sont contre la guerre (comme s'ils pouvaient dire le contraire !) je me demande si ce n'est pas un moyen d'endormir le camp adverse afin de mieux le frapper avant le 30.
Let see...
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SOUVERAIN_CIV
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MessagePosté le: Ven 28 Jan 2011 11:44    Sujet du message: Répondre en citant

Gnata a écrit:
Panafricain a écrit:
Le 1er, en ce qui concerne le choix de leur chronologie : ce n'est pas en 2000 qu'il faut commencer, c'est en 1999, quand il y a le coup d'Etat de Guei que tout le monde laisse passer comme une lettre à la poste, et qu'il y a un infléchissement de la politique africaine de la France qui décide de ne pas intervenir pour rétablir Bédié dans ses fonctions (Gvt Jospin). .

Juste une digression... si Jospin avait activé les accords de défense nous n'en serions pas là en Côte-d'Ivoire, l'adepte des vapeurs éthyliques Bédié allait encore être à la barre, nous ne serions pas entrain de nous débarrasser lentement mais surement de l'emprise francaise... Car c'est par improbablité que Gbagbo est apparut et est devenu président, c'est par improbabilité aussi qu'il est entrain d'être fait de lui un autre Lumumba, l'espace politique était en son temps saturé par Bédié, Allassane et nouveau venu le Gnl Guei, Gbagbo était l'éternel opposant qu'on raillait et moquait...

Aujourd'hui cette crise nous a permis d'avoir en moins de temps qu'il faut pour le dire, une armée pas loin de nos ambitions économiques, un système monétaire bientôt au service de notre économie ( Laughing quelle aubaine !) , un système politique dans lequel les Institutions font leur travail et sont solides, comme quoi à quelquchose malheur est toujours... bon !

Je ne sais pas ce qui te fait penser que Gbagbo est un panafricaniste. Rien de ce qu'il a fait ou dit en période stable j'entends, ne plaide pour son panafricanisme. Les plus agressés par Gbagbo sont les burkinabés et les maliens d'abord parqu'il fait porter dans un premier temps la paternité de la rebellion à ces pays puis les français en 2004 quand l'armée française détruit les avions Ivo. Maintenant pendant ce temps la domination occidentale dans nos économies n'a fait que s'accentuer. Ce qui tue le projet panafricaniste c'est quand on l'utilise à des fin ignobles plûtot que pour le bien des africains. Gbagbo reste au pouvoir et la CIV sera une branche succursale de BOLLORE. Cherchons de vrais panafricanistes pr nos pays et de toute façon en CIV à part Mamadou COULIBALy j'avoue que je n'en vois pas d'autre
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marvel02
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MessagePosté le: Ven 28 Jan 2011 16:10    Sujet du message: Répondre en citant

hormheb a écrit:
Un des papiers les plus eclaires sur la crise en CI.
Normal, il provient de deux intellectuels qu'on ne presente plus.

Kainfri devrait mettre cet article a la une de Grioo..


Eh ben, une analyse ne savait pas mal venue alors... Je me lance.

Citation:
D'autre part, pour sortir de l'impasse, encore faut-il dépasser le dualisme Laurent Gbagbo-Alassane Ouattara. Le projet démocratique en Afrique ne saurait en effet être réduit à une simple mystique électorale, surtout dans les contextes où chefs de guerre sans foi ni loi, vieux fonctionnaires carriéristes et entrepreneurs politiques maniant à la fois l'eau bénite et le feu se servent avant tout des élections comme d'une voie royale pour le contrôle des rentes et toutes sortes d'accaparements.

Ca dépend de quoi on veut parler. S'il s'agit des élections en Côte d'ivoire, on ne peut pas dépasser ce dualisme, puisqu'il s'agit d'un deuxième tour qui a opposé bel et bien ces deux individus. S'il faut commenter la question de la démocratie en Afrique en général, ce dualisme devient alors un simple exemple qu'il faut nourrir d'autres alors. Il faut choisir.
S'ensuit alors une série de questions qui ne concerne que la Côte d'ivoire et son état actuel mais pour lesquels ils demande des règles africaines. Et pire encore, la plupart de ces questions ont été répondues. Suivez:

- Comment détermine et valide-t-on, de manière irrécusable, les résultats d'un scrutin dans un pays dont une bonne moitié du territoire est occupée par des rebelles armés combattant un gouvernement que la communauté internationale n'a pas déclaré illégitime ?
Par des accords de désarmements qui ont été pris pour la CI. Plus tard, Gbagbo ne faisant pas sa partie pour la réalisation pleine de ces accords et les rebelles ont refusé de désarmée. Et le compromis de mettre les casques bleus dans la zone a été trouvé et Gbagbo a trouvé que c'était des conditions satisfaisantes pour aller aux élections. Le premier tour a été pour lui un test pour voir si les mesures fonctionnaient,e t il s'en est dit satisfait. Rien n'a changé après le deuxième tour. Sauf que Gbagbo a perdu. Seule source de tout ce conflit.

- À qui appartient le droit de statuer sur les contentieux électoraux en Afrique ?
Il y'a une charte africaine des élection qui date, je crois de 2007. Je vais vous le retrouver. Mais pour qu'il soit applicable, il faut qu'il soit adopté par 13 pays au moins. Pour l'heure nous en sommes en 9. Bien évidemment la Côte d'ivoire de Laurent Gbagbo, le très panafricain démocrate n'a pas signé ce document d'une avancée extraordinaire en matière de garantie démocratique.
- Comment fonctionne le principe universel de primauté entre droit national et droit international dans un État où la Constitution n'a pas été suspendue ?
Le droit international n'a pas été crée pour des pays ou la constitution serait suspendu. Ce sont des questions de 1ère année de droit comme je l'ai longtemps indiqué.
- L'utilisation de la force militaire par des États voisins ou étrangers pour résoudre des conflits post-électoraux dans un pays indépendant se justifie-t-elle en droit ?
Evidemment!!! Soro lors de sa dernière sortie à l'UEMOA a rappelé les articles des différentes chartes (UEMOA, CEDEAO...etc) qui l'autorise. Mais il ne s'agit pas comme le dit insidieusement cet auteur de régler des conflits électoraux par la force militaire, mais il s'agit d'une menace à la paix et à la stabilité à laquelle les armées des organismes doivent faire face. La nuance est grande sauf si on veut désinformer.
- Si oui, quels critères démocratiques doivent remplir les pays qui y envoient des soldats ?
Quel texte médiocre! on met dans les questions les arguments bloquant et on se croit intelligent et entrain de poser de bonnes questions.
- Et comment se fait-il qu'il y ait eu si peu d'interventions armées alors même que le dévoiement des élections est devenu une pratique courante, et que les contentieux post-électoraux n'ont cessé de se multiplier en Afrique au cours des vingt dernières années ?
Après avoir posé les mauvaises questions, on s'étonne que ses mauvaises réponses ne se soient pas appliquées partout.

Citation:
Sur un plan similaire, quelle valeur faut-il attribuer aux prescriptions morales proclamées urbi et orbi par la communauté internationale sur un Continent où ses principes, son engouement, sa fermeté et ses sanctions s'appliquent différemment selon le pays et le moment, c'est-à-dire de façon inconsistante, voire arbitraire ? Plus précisément, de quelle légitimité peut se prévaloir une ancienne puissance coloniale qui, de jour, embrasse, soutient, finance, arme et décerne des satisfecits à des autocrates répugnants et, de nuit - juge et surtout partie - entretient des bases militaires dans des pays en conflit tout en se posant en donneuse de leçons de morale et en pontife de la démocratie ?

Poser ces questions alors que dans le cas ivoirien qui nous préoccupe la messe semble avoir été dite ne relève, ni de la provocation, ni de l'appel à l'inaction. Il s'agit au contraire de préalables qu'il faudrait intégrer à toute discussion sur la résolution d'une crise politique devenue le symptôme des déficits structurels des marchés politiques africains d'aujourd'hui, des errements d'une communauté internationale qui se rend trop souvent en Afrique avec le dilettantisme de gens qui vont en safari, et de l'immense colère qu'une décolonisation inachevée et pervertie a laissé dans les esprits de nombreux citoyens et intellectuels africains.

Il a oublié une question: qui décide qu'un régime est répugnant? Lui?

L'association rapide entre "communauté internationale" et "ancienne puissance coloniale", faite ici sans hésitation me fait généralement douter de la lucidité du commentateur. Il y'a cette obsession française chez nos intellectuels qui moi me refroidi à la lecture. Car honnêtement, je suis de ceux qui n'ont jamais lu le discours de Dakar, parce que je m'en fiche comme du discours de Hu Xin Tao à Huaping, lors de l'anniversaire de la mort du grand poète Deng Chan en 2009. Vraiment je m'en moque. Ca n'a aucun impact sur rien, sauf sur des esprits souffrant d'une décolonisation mal évacuée.
Je suis avec attention les évènements en Egypte et je vois que le discours américains, entre encouragement de la démocratie et soutien de l'allié joue un grand rôle et ressemble fort à certaines prises de positions françaises ici où là. Les USA n'ont pourtant pas colonisé l'Egypte. Mais un pays démocratie, une puissance, ça s'exprime. Ca a des intérêts, des alliés et des non alliés. Ca a une stratégie et une vision de sa politique. Elle agit en ce sens. J'ai le rêve de voir un jour l'Afrique faire la même chose. Et non voir Jean Ping ne rien dire de ce qui se pase en Egypte, en attendant que ça s'éclaircisse pour répéter ce que vont dire les européens et les américains. Moi j'aurai voulu voir l'Afrique donner son opinion sur les désordre en Thaïland parce qu'il est un partenaire économique important du continent. Mais si nous subissons tout le temps l'histoire et la géopolitique, nous ne grandiront pas.
Simple et bête avis perso.

Citation:
Par ailleurs, ce qui se joue à Abidjan n'est pas qu'une « affaire d'Africains ». Le différend ivoirien interpelle tous les peuples en quête de justice et de liberté. Alors que l'on s'accorde à dénoncer la crise du modèle démocratique y compris dans les vieux pays industriels, les leçons que l'on peut en tirer seraient donc utiles aux citoyens d'autres États de la planète. À l'heure de la mondialisation et des vives contradictions qu'elle ne cesse de produire, il s'agit en effet de redonner vie et substance au projet démocratique à la fois à l'échelle nationale et locale et à l'échelle planétaire, de remettre à jour les termes d'un contrat citoyen qui offre le cadre de stabilité à toute société humaine digne de ce nom, de circonscrire les conditions (forcément extrêmes) dans lesquelles le recours à la force peut être une option dans les relations entre États et au sein des États, et de réévaluer les conditions et modes d'engagement des acteurs internationaux dans les crises régionales et nationales.

J n'ai pas compris grand chose sauf la première phrase à laquelle je ne suis effectivement pas d'accord. Ce qui se passe en Cote d'ivoire c'est un mec qui se cramponne au pouvoir. Peut importe qui l'a dit perdant, mais il avait accepté les règles du jeu. Ca n'a rien de révolutionnaire ni d'éclairant pour le monde dont la plus grande partie connait l'alternance depuis fort longtemps. De quelle justice nous parle t-on? Quitter le pouvoir après l'avoir exercé 10 ans durant, dont 5 uniquement grâce à la volonté de cette même communauté internationale? On perd le sens des réalité!


Citation:
Deux vérités incompatibles

Une élection a donc bel et bien eu lieu en Cote d'Ivoire. Officiellement, l'organisation des opérations pré électorales et du scrutin présidentiel ont duré trois ans (2007 à 2010). Elles auraient coûté 261 milliards de francs CFA, soit environ 57.000 francs CFA par votant. Sur cette somme, l'État de Cote d'Ivoire (c'est-à-dire les pauvres contribuables de ce pays où le revenu mensuel par habitant est de moins de 60.000 francs CFA aurait payé 242 milliards, soit 93%.


J'ai un immense problème avec ces chiffres. Ils sont à l'évidence faux. Prend-il en compte le coup des efforts de sécurité? Sait-il combien coute un casque bleu par jour? C'est une blague j'espère.

Citation:
Élu en octobre 2000 lors d'un scrutin qu'il n'avait pas organisé, Laurent Gbagbo avait été finalement reconnu et accepté comme Président de la République par la classe politique ivoirienne.

Mouais... quelle manière élégante de dire que l'élection était injuste, calamiteux, et contestée, a causé des morts avant que la France n'impose ce Gbagbo et n'oblige peut à peu les autres à l'accepter.
C'est le problème avec les intellectuels africains. On croit que l'intelligence c'est de savoir maquiller la vérité. Aucun honneur, aucune foi.

Citation:
Moins de deux ans plus tard, alors que personne ne remettait plus en cause sa légitimité, son régime avait été la cible d'une sanglante tentative de coup d'état. Ni Alassane Ouattara, ni Henri Konan Bédié, ni la CEDEAO, ni la France, ni la communauté internationale n'avaient, à l'époque, proposé une intervention militaire pour protéger un gouvernement dont tous reconnaissaient pourtant la légalité.

A partir du moment où on a décidé d'omettre des faits pour construire son propos on peut tout dire.
Enfin Bref, l'opération Licorne n'est pas venu pour faire tomber Gbagbo mais bien de stopper l'avancée des rebelles, ce qu'elle a fait. Par ailleurs, cette manière d'ignorer les sévices subis par les originaires du nord de la Côte d'Ivoire et au delà est une complicité de racisme. Aujourd'hui encore, les gens sont assassinés dans le sbarrages dde Gbagbopour avoir porté un nom à consonance nordiste. Mais bon, puisque quelqu'un a décrété que Gbagbo est panafricain, ces morts ne valent plus rien.

Citation:
Au contraire, les promoteurs du putsch avorté de septembre 2002 ont bénéficié des honneurs de la République. Ils ont occupé militairement la moitié nord du pays qu'ils ont gouverné à leur guise, et leur chef a fini par se faire nommer Premier ministre. Le mandat présidentiel de Laurent Gbagbo s'étant achevé en 2005, il est quand même resté au pouvoir, estimant à tort ou à raison que le contrôle d'une partie du territoire par la rébellion armée lui imposait de demeurer à la magistrature suprême jusqu'à ce qu'une solution de sortie de crise soit trouvée.

Mais là, tu ne poses pas uen de tes géniales questions toute faite, quelle est la règle pour s'estimer en obligation de conserver un pouvoir dont le mandat est fini...

Citation:
Nul ne conteste que l'élection présidentielle de 2010 s'est déroulée dans des conditions peu optimales


ha bon? J'étais plutôt persuadé que tous les observateurs et les acteurs de cette élection ont affirmé que les conditions étaient optimales (et même Gbagbo jusqu'à ce qu'il perde! L'observateur de l'UE, mené par le roumain Dan Preda (qui fut mon prof de philosophie politique, et j'ai la fierté de le rappeler parce que c'est un bon) a rendu son rapport définitif la semaine dernière et il confirme la victoire sans aucun doute possible d'Alassane Dramane Ouattara, dans des conditions optimales de clarté. Il déclare d'ailleurs qu'il est inutile de recompter les voix, car toutes les erreurs possibles et imaginables prises en compte, Ouattara reste largement vainqueur.

Citation:
- la « partition » de fait du territoire national, une souveraineté passablement ébréchée en conséquence de divers compromis boiteux, et un processus inachevé de désarmement de la rébellion. La Commission Électorale Indépendante (CEI) chargée, d'après la Constitution et la loi électorale d'organiser les élections et d'en proclamer les résultats provisoires selon le mode du « consensus » n'a pu le faire dans le délai officiel des 72 heures après la fermeture des bureaux de vote. Ses 31 membres n'ayant pas pu trouver le « consensus » requis par les accords signés par les parties, son Président s'est fait conduire en pleine nuit par deux ambassadeurs occidentaux au siège de campagne du candidat Alassane Ouattara pour proclamer unilatéralement ce dernier vainqueur.

Ca a été analysé et jugé par des expert de plsuieurs organisme qui ont affirmé que cela n'était pas en mesure d'entacher le résultat.

C'est vraiment pas intéressant. Mais j'essayerai de commenter petit à petit.
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hormheb
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MessagePosté le: Ven 28 Jan 2011 20:05    Sujet du message: Répondre en citant

SOUVERAIN_CIV a écrit:
Gnata a écrit:
Panafricain a écrit:
Le 1er, en ce qui concerne le choix de leur chronologie : ce n'est pas en 2000 qu'il faut commencer, c'est en 1999, quand il y a le coup d'Etat de Guei que tout le monde laisse passer comme une lettre à la poste, et qu'il y a un infléchissement de la politique africaine de la France qui décide de ne pas intervenir pour rétablir Bédié dans ses fonctions (Gvt Jospin). .

Juste une digression... si Jospin avait activé les accords de défense nous n'en serions pas là en Côte-d'Ivoire, l'adepte des vapeurs éthyliques Bédié allait encore être à la barre, nous ne serions pas entrain de nous débarrasser lentement mais surement de l'emprise francaise... Car c'est par improbablité que Gbagbo est apparut et est devenu président, c'est par improbabilité aussi qu'il est entrain d'être fait de lui un autre Lumumba, l'espace politique était en son temps saturé par Bédié, Allassane et nouveau venu le Gnl Guei, Gbagbo était l'éternel opposant qu'on raillait et moquait...

Aujourd'hui cette crise nous a permis d'avoir en moins de temps qu'il faut pour le dire, une armée pas loin de nos ambitions économiques, un système monétaire bientôt au service de notre économie ( Laughing quelle aubaine !) , un système politique dans lequel les Institutions font leur travail et sont solides, comme quoi à quelquchose malheur est toujours... bon !

Je ne sais pas ce qui te fait penser que Gbagbo est un panafricaniste. Rien de ce qu'il a fait ou dit en période stable j'entends, ne plaide pour son panafricanisme. Les plus agressés par Gbagbo sont les burkinabés et les maliens d'abord parqu'il fait porter dans un premier temps la paternité de la rebellion à ces pays puis les français en 2004 quand l'armée française détruit les avions Ivo. Maintenant pendant ce temps la domination occidentale dans nos économies n'a fait que s'accentuer. Ce qui tue le projet panafricaniste c'est quand on l'utilise à des fin ignobles plûtot que pour le bien des africains. Gbagbo reste au pouvoir et la CIV sera une branche succursale de BOLLORE. Cherchons de vrais panafricanistes pr nos pays et de toute façon en CIV à part Mamadou COULIBALy j'avoue que je n'en vois pas d'autre


Je crois que certains ont explique ici que LK n'a jamais mis en oeuvre une politique que les africanistes approuveraient. Il a tjrs dit qu'il etait un francophile et sympathisant de l'internationaliste socialiste.
En revanche comme tu le soulignes dans son parti et parmi ses collaborateurs proche comme celui que tu cites, il y a des panafricanistes averes qui malheureusement ont ete marginalises. L'histoire recente a donne raison au courant panafricaniste par rapport aux caciques du statu-quo.. Le cote pragmatique et nationaliste de LG fera le reste. Et c'est donc une opportunite pour definir, enfin, un agenda panafricain. A LK de la saisir
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marvel02
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MessagePosté le: Sam 29 Jan 2011 00:07    Sujet du message: Répondre en citant

CHARTE AFRICAINE DE LA DEMOCRATIE, DES ELECTIONS ET DE LA GOUVERNANCE


Morceaux choisis:

Article 23:
Les Etats parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union:
(...)
4. Tout refus par un gouvernement en place de remettre le pouvoir au parti ou au candidat vainqueur à l’issue d’élections libres, justes et régulières.
5. Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique.

Article 25:
Au cas où il survient, dans un Etat partie, une situation susceptible de compromettre l’évolution de son processus politique et institutionnel démocratique ou l’exercice légitime du pouvoir, le Conseil de paix et de sécurité exerce ses responsabilités pour maintenir l’ordre constitutionnel conformément aux dispositions pertinentes du Protocole relatif à la création du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine, ci-après dénommé le Protocole.
(...)
4. Les auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement ne doivent ni participer aux élections organisées pour la restitution de l’ordre démocratique, ni occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur Etat.
(...)
8. Les Etats parties ne doivent ni accueillir ni accorder l’asile aux auteurs de changement anticonstitutionnel de gouvernement.

Cet instrument juridique qui passe quasiment inaperçu, est à mon avis une des plus grande avancée de l'UA depuis sa création (bien que trop soft à mon gout, et en comparaison des chartes similaires dans des espaces plus démocratiques). Je la mets au bilan positif de Jean PING. Quand on sait que sur 35 traités adoptés par l'UA (puis l'OUA avant) depuis sa création, seuls 21 sont entrés en vigueur, on peut craindre que cette fois ci encore, le verbiage de leaders populistes ppotunistees, médiocres et assassins comme Gbagbo, puisse étouffer encore une fois une tentative d'avancée du continent.
Je sais que pour beaucoup ici, c'est la politique-spectacle et les déclarations à l'emporte pièce qui doivent constituer les avancées, je ne m'attends donc pas à une pétition ici pour que cette charte soit enfin ratifiée. Hélas, car sous d'autres cieux, c'est la mobilisation sur ce genre de gestions concrète du quotidien qui a été à l'origine de tant d'avanccée, d tant de créativité.
Je suis aussi outré, qu'un tel texte ne soit ni cité, ni évoqué, ni connu par des politistes comme Bembé Achile, qui passe pour un des meilleurs spécialistes du continent, alors qu'il ne lit rien.

A quand des élections au parlement africain au suffrage universel direct? Ne serait-ce pas le meilleur moyen pour que des partis panafricains puissent exister, peser et se faire entendre? Mais qui se bat pour cela? Je connais les quelques représentants qui mènent ce combat à Adis Abeba. Mais ils demeurent de vilains assimilationnistes, fonctionnaires cooptés par les vilains régimes locaux qui ont tué Sankara, pour nos grands savants du panafricanisme parisien qui préfèrent écrire un livre à 12 mains (et autant de pattes) sur le discours de Dakar de Sarkozy aux lèvres duquel ils sont scotchés en permanence. Est-ce parce que le concret fait peur? Le plus important aujourd'hui c'est de faire sa déclaration de foi, pour ou contre le "Sarko-Dakar". C'est ça être décolonisé et libéré de la France, donc voir l'Afrique s'en sortir. C'est malheureux. Simplement malheureux.
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marvel02
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MessagePosté le: Lun 31 Jan 2011 00:12    Sujet du message: Répondre en citant

Débat sur RFI chez Alain Focca, avec Tuburce KONAN, Achille Mbembé (qui défend son chiffon ci haut critiqué) et un professeur de droit et de science politique à l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar. Il vient de s'achever et n'a pas été si passionnant parce que comme je le dis et redis, aucun argument des pro Gbagbo ne tient la route. Mbembé a battu en brèche tout le temps. Il demande des arguments juridiques qui existe et qu'il n'a jamais lu. Il laisse croire qu'il y'a conflit entre le droit national et international et que la souveraineté ivoirienne doit l'emporter, et le spécialiste sénégalais du droit rappelle que le CIV est un pays post conflit, où le fonctionnement de relève est porté à bout de bras par la communauté internationale, les textes juridiques de celle-ci deviennent supérieures.
Konan a rappelé que si les intellectuels de tout bord (qui n'osent jamais critiquer leurs propres président d'ailleurs NDLR) ont leurs problèmes à régler avec la France ou la Communauté internationale, poser cela à la CIV c'est déplacé el débat. La Communuaté internationale est là invité par les ivoiriens, pour assister et se prononcer pour certifier en soutenant et protégeant la parole du souverain primaire, prise en otage par des bandes armées dont celle Gbagbo, président arrivé au pouvoir par des émeutes il y'a 10 ans.

Tout ce que j'ai dit ici depuis le début. Il y'a des combats que l'on mène avec hésitation, mais dans celui-ci, j suis certain que la loi, la logique, la morale, le bon sens, la majorité des ivoiriens et Dieu, sont avec Ouattara. Il n'y a aucun doute.
Mais ces divergences laisseront des traces. Parce que je vois difficilement les démocrates indécrottables continuer à partager des verres avec des gens qui marchent sur la démocratie et la souveraineté ivoirienne en niant son vote, sous prétexte que Gbagbo avait déclaré en 1980 "Houphouet voleur". Je ne me vois pas personnellement recommander des lectures de gens comme Achille Mbembé, qui a brillé avec autant de médiocrité pour soutenir l'insoutenable, ou lire des Beyala qui un jour se passer pour une francophonistes acharné, et ici nous la joue soutenant des dictateurs qui tuent parce qu'on un nom à consonnance dioula.

Il reste quoi après les tergiversations de l'U.A. (qui s'avère être un autre "machin")? que Ouattara prenne ses responsabilités pour protéger la souveraineté ivoirienne, c'est à dire faire respecter la voix de son peuple en allant déloger seul Gbagbo? C'est ce que veulent les anti intervention, une bonne vieille guerre civile à l'Africaine, bien souveraine et tout, pour déplorer les morts et accuser l'attitude tardive des casque bleus et de la France? C'est ce qui va arriver je le crains. Mais s'il va négocier un partage du pouvoir avec Gbagbo, c'est la victoire de la force sur la souveraineté populaire. Ca sera une honte monumentale et historique. Gbagbo a perdu, et ça, c'est définitif.
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Merikama
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MessagePosté le: Lun 31 Jan 2011 14:18    Sujet du message: Répondre en citant


Les chiffres de Choi sont truqués! - M Aref (observateur UA)
envoyé par legrigriinternational. - L'actualité du moment en vidéo.
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"L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir". THOMAS SANKARA

[Sankara = S ˁnḫ Rˁ]
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Jofrere
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MessagePosté le: Mar 01 Fév 2011 15:51    Sujet du message: Répondre en citant

Ce qui me surprend dans les diverses réactions notamment celle conjointe de Achille Mbembe et Celestin Monga et celle de gaston Kelman c'est que contrairement à ce que promettent implicitement les auteurs elles ne prennent pas de hauteur par rapport au débat en reprenant à leur compte les arguties juridiques des uns et des autres. Et le plus grave c'est qu'elles évitent soigneusement le vrai débat pour entrer dans une critique un peu facile facile de la "communauté internationale".
Dans les 2 textes, il est évoqué un président élu 2000 dont le pouvoir légitime aurait été déstabilisé par une rebellion armée en 2002. C'est aller un peu vite en besogne me semble-t-il sur précisément le point d'achoppement dans cette histoire.
Nous savons bien qu'Houphouet pour asseoir son "miracle économique" avait non seulement fait appel massivement aux populations du nord(allogènes) pour travailler dans la "boucle cacaotière" mais aussi largement ouvert son pays aux ressortissants des pays autour. Selon le recensement de 1998 la Côte d'Ivoire comptait 4 millions d'étrangers soit 26.5% de la population totale avec des pics de densité dans la "boucle du cacao" et autour d'Abidjan.
L'instauration de la carte de séjour et l'irruption du concept d'ivoirité dans le débat politique correspondent une crispation d'une partie de la population en réponse à la crise économique que doit affronter le pays à la fin des années Houphouet.
C'est sur ce sujet qu'on aimerait entendre nos intellectuels. On ne peut pas se contenter d'une vague condamnation morale et de passer à autre chose.
Le texte de Monga et Mbembe se perd un peu dans des banalités lorsqu'il en arrive aux solutions. Je suis un peu étonné par les précautions oratoires et les euphémismes utilisés.
Lorsqu'ils proposent l'introduction de la proportionnelle dans les scrutins afin disent ils
Citation:
d'assurer une représentation minimum de la diversité des « terroirs »

qu'est ce que ça veut dire? Au delà de tout mode de scrutin, 2 candidats qui se présentent l'un contre l'autre à une élection représentent le même camp. Parcequ'ils reconnaissent implicitement qu'ils appartiennent au même espace démocratique. Et le problème est là.
Nos pays sont tous à construire,il ne faut pas se leurrer là dessus. Le problème se révèle plus aigu en Côte d'ivoire à cause d'un problème démographique plus fort, mais il est le même au Cameroun ou à fortiori en RDC. 50 ans après les indépendances, je n'ai pas l'impression que nos intellectuels aient saisi la mesure du problème.
Pour finir sur la Côte d'Ivoire, ce pays est en crise à cause de la conjonction de 2 facteurs, un problème démographique lié à la politique migratoire menée par Houphouet et le choc de 2 destins aux histoires personnelles, trajectoires, les formations totalement différentes. Ceux qui se soucient de ce pays devraient commencer dès maintenant à réfléchir à l'après Gbagbo et Ouattara pour qu'un tel blocage ne puisse plus de produire à l'avenir.

PS: la "communauté internationale" dans cette affaire n'existe pas. Il n'existe que des nations avec des intérêts. USA, Chine, France, Nigéria, Angola, Lybie, Afrique Du sud, Ghana, Guinée equatoriale, Sénégal, Kenya, etc ....
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MessagePosté le: Mar 01 Fév 2011 21:31    Sujet du message: Répondre en citant

Jofrere a écrit:
Nous savons bien qu'Houphouet pour asseoir son "miracle économique" avait non seulement fait appel massivement aux populations du nord(allogènes) pour travailler dans la "boucle cacaotière" mais aussi largement ouvert son pays aux ressortissants des pays autour. Selon le recensement de 1998 la Côte d'Ivoire comptait 4 millions d'étrangers soit 26.5% de la population totale avec des pics de densité dans la "boucle du cacao" et autour d'Abidjan.
L'instauration de la carte de séjour et l'irruption du concept d'ivoirité dans le débat politique correspondent une crispation d'une partie de la population en réponse à la crise économique que doit affronter le pays à la fin des années Houphouet.
C'est sur ce sujet qu'on aimerait entendre nos intellectuels. On ne peut pas se contenter d'une vague condamnation morale et de passer à autre chose.

La carte de séjour a été instauré par Allassane Dramane Wattra et non par le Pr. Koudou Laurent Gbagbo, c'est plutôt ce dernier qui l'a supprimé une fois élu en 2000. Le Concept de l'Ivoirité est une INVENTION d'Aimé Henri Konan Bédié, concept d'ailleurs défendu bec et ongle par les Venance Konan et autre Tiburce Koffi qui tentent aujourd'hui de se refaire une nouvelle virginité en Côte d'ivoire. Ce concept a été théorisé par un ethnologue PDCIste formé à l’ethnologie COLONIALE de l'école Africaniste Eurocentriste Raciste française, à savoir le Pr. Georges Niangoran Bouah, le "père" de la drummologie Africaniste. Koudou Laurent Gbagbo a toujours condamné ce concept car appréhendant très top le danger.

Merci donc de ne pas ramener les fondements de la "crise post-électorale" en Côte d'Ivoire, à ces questions. Le problème en Côte d'Ivoire, n'est ni un problème de carte de séjour, ni encore moins celui de l'Ivoirité. Il s'agit d'un PROJET international et plus spécifiquement français de choisir qui doit être le président de la Côte d'Ivoire. Sans la France, il n'y aurait jamais eu de Rébellion dans ce pays. Sans la France il n'y aurait jamais eu un "président hôtelier" en Côte d'Ivoire.
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MessagePosté le: Mer 02 Fév 2011 02:02    Sujet du message: Répondre en citant

Article que j'ai bien apprécié, surtout le rappel des propos de Gbagbo lors du débat télévisé, s'engageant à respecter "les résultats prononcés par la CEI"lol

http://www.bonaberi.com/ar,le_crepuscule_du_boulanger_comment_laurent_gbagbo_est_sorti_du_train_de_l%E2%80%99histoire,8173.html

Voilà plusieurs semaines que la Côte d’Ivoire retient l’attention du monde entier. Les âmes sensibles et les personnes de bonne volonté se demandent ce qui va s’y passer. Des élections présidentielles y ont eu lieu, donnant des résultats controversés, avec 2 vainqueurs : Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, les deux adversaires du second tour des élections. Le premier a obtenu 54% des suffrages, selon les résultats donnés par la Commission Electorale Indépendante (CEI). Quand au second, il est crédité de 51,4% des suffrages. D’évidence, l’un des « vainqueurs » ne l’est pas. Avant d’exprimer – et d’expliquer – ma déception face à Laurent Gbagbo, qu’il me soit permis d’évacuer – rapidement – trois points importants.

D’abord, je ne suis pas de ceux qui ne prennent pas clairement position. Si j’étais ivoirien, j’aurais certainement voté pour Gbagbo. J’ai admiré et soutenu celui qu’on appelait « l’opposant historique » d’Houphouët-Boigny ; celui qui avait résisté à une rébellion et à la partition de son pays ; celui qui expliquait à Chirac que le temps de la colonisation était fini ; celui qui brillait par son absence aux sommets France-Afrique, celui qui refusait la place qu’on lui réservait à la tribune parisienne lors des célébrations du cinquantenaire des indépendances africaines. J’ai admiré cet homme pour mille autres raisons que j’ai évoquées ailleurs. Mais le fait est là : je ne suis pas ivoirien. Je ne peux que me contenter de prendre acte des résultats, tels qu’ils ont été annoncés par la CEI, à savoir, la victoire d’Alassane Ouattara, que je n’aime pas, pour de multiples raisons, au premier rang desquelles trônent ses options libérales et ses accointances avec le monde de la haute finance internationale.


Ensuite, je suis soupçonneux, comme beaucoup, de l’indignation quasi-unanime du « machin » qu’on nomme pompeusement la Communauté Internationale. C’est une indignation à géométrie variable. Comment des gens qui ont soutenu les pires régimes dictatoriaux, qui ont avalisé des successions familiales (Eyadema père et fils, Bongo père et fils) ; qui ont cautionné des élections truquées un peu partout en Afrique, et qui ont rétabli, par la force, des dictateurs déchus ; comment, disais-je, ces « donneurs de leçons » seraient-ils crédibles dans leurs hurlements au détournement de la souveraineté populaire des ivoiriens ? Il suffit de comparer l’attitude d’une Michelle Alliot-Marie, actuelle ministre des affaires étrangères, proposant le savoir-faire de la police française pour secourir l’ex-dictateur Ben Ali, quand la même, hier ministre de la défense, autorisait l’armée française à détruire l’aviation ivoirienne de… Laurent Gbagbo.

Dernier point à évacuer : les tirs croisés que la Communauté Internationale reçoit de la part des intellectuels. Il leur suffit qu’Alassane Ouattara soit présenté comme le candidat de « l’Occident » pour que Laurent Gbagbo devienne un saint. Certains, comme Calixthe Béyala, y vont carrément : « Non, Gbagbo n’est pas seul ! ». Et de s’empresser de rappeler que l’ONU et les démocrates du monde entier n’ont pas levé le petit doigt devant l’usurpation de pouvoir de George Bush face à Al Gore. Bien sûr, elle oublie de souligner la belle phrase de ce dernier qui, bien que contestant la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis de suspendre le recomptage des voix, déclara : « Je désapprouve fortement la décision de la Cour, mais je l’accepte ». On aurait aimé voir le contestataire Laurent Gbagbo faire preuve d’autant de fairplay… D’autres, comme Tierno Monenembo, s’exclament : « L’ONU recolonise l’Afrique ! ». Ici, il s’agit de dire clairement que « l'ONU n'a pas à décider qui est élu et qui ne l'est pas à la tête d'un pays ».

Peu importe que l’ONU se contente de reconnaître en Alassane Ouattara le président démocratiquement élu. Pour le Prix Renaudot, la chose est claire : l’ONU décide. Oh ! bien sûr, on ne prend parti pour personne, courage oblige ! D’ailleurs, ajoute le même, « Henri Konan Bédié, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, où est la différence ? Ils forment le trio maléfique qui a ruiné le pays d'Houphouët-Boigny. A Bédié, le poison de l'ivoirité, à Ouattara, celui de la sécession, à Gbagbo celui de la confiscation du pouvoir ». On voudrait noyer le poisson qu’on ferait difficilement mieux… Hier, certains – parfois les mêmes – défendaient mordicus le dictateur Mugabé, victime lui aussi de l’acharnement de la Communauté Internationale. Et ils sont nombreux, ceux qui ont porté aux nues Kadhafi, voyant en lui le panafricaniste qui tutoie l’Occident. Il faut croire que la « haine de l’Occident » – pour reprendre une expression chère à Jean Ziegler – est tellement forte chez les Africains qu’ils en viennent à se ranger en bloc derrière des dirigeants peu recommandables, pour peu que ceux-ci fassent vibrer la fibre nationaliste…

Et l’Histoire, dans tout cela ?

L’Histoire, elle, est en marche. Une longue marche, tatillonne, hésitante, bizarre. Car voilà un homme qui avait tout pour rentrer dans l’Histoire : il était jeune, il avait osé défier le « Vieux » Houphouët-Boigny, allant même jusqu’à le surnommer le « grilleur d’arachide », en réaction au satrape qui invoquait un proverbe local interdisant de regarder « dans la bouche de celui qui grille des arachides ». Il avait connu la prison, grâce à la bienveillance d’un certain… Alassane Ouattara, alors premier ministre du « vieux ». Gbagbo n’a pas sa langue dans la poche, atout important, parait-il, dans les sphères politiques, quand on veut donner l’impression d’être « nationaliste ». Il a rongé son frein, et a fini par occuper la plus haute marche du podium en 2000, même s’il reconnaissait avoir été élu « dans des conditions calamiteuses ». Quoique courageux, il ne poussa pas l’audace jusqu’à organiser des élections dans de meilleures conditions, afin de battre « à la régulière » son adversaire, Alassane Ouattara. Déjà !

La suite, tout le monde la connaît : rébellion, partition du pays, affrontement musclé avec la France… L’homme a tenu bon, tant bien que mal, avec des méthodes ou la violence et le crime le disputaient à la démagogie et la victimisation. Et au chantage : « pas de désarmement des rebelles, pas d’élections ». Gbagbo obtiendra, par ces procédés, une « rallonge » de 5 ans, soit au total dix ans de pouvoir.

Pour un vrai démocrate, une décennie de pouvoir, ça devrait suffire ! Pas pour Gbagbo, qui estime que la rébellion l’a empêché de bien gouverner ! Mais un vrai démocrate doit se soumettre au passage par les urnes. Gbagbo finit par organiser les élections, en étant certain de les gagner. Son Dieu et les gourous des sondages l’ont assuré d’une victoire certaine, possiblement dès le premier tour. Là encore, on connaît la suite : la CEI proclame son adversaire vainqueur à 54%. Immédiatement, l’homme fait tomber le masque. Il a oublié ce qu’il avait promis : le respect de la décision de la CEI. Qui, parmi ses soutiens, s’en souvient encore ? C’était lors du débat télévisé entre les deux vainqueurs du premier tour : [i « je suis heureux de l’entendre [Alassane Ouattara] dire que nous allons tous nous plier aux décisions que la CEI va dire. Vraiment, ça me fait plaisir »]. Se croyant malin, il ajouta même : « Mais en 2000, les résultats proclamés par la Commission électorale me donnaient gagnant, et ça se trouve dans le Journal Officiel. Et ce sont ces résultats qui ont été confirmés par la Cour Suprême ».

Et c’est ici que cette crise ivoirienne est affligeante. Car elle montre les limites de ceux qui, opposants irréductibles hier, face à des despotes inamovibles, tentent, par tous les moyens, de se maintenir au pouvoir dès qu’ils y accèdent. On aurait pu attendre de l’opposant historique devenu président qu’il résistât à la tentation de s’accrocher au pouvoir. A la place, on découvre non seulement un « boulanger » – c’est lui qui le dit ! – capable de rouler tout le monde dans la farine ; on découvre un vulgaire homme politique qui ne songe qu’à se maintenir au pouvoir, et qui n’hésite pas à faire levier sur « le complot contre la Côte-d’Ivoire » – dixit Calixthe Béyala, qui oublie un peu trop vite que l’Occident n’a pas eu à se plaindre pendant la décennie de la présidence Gbagbo, au contraire !

On découvre un président qui, bien qu’ayant la charge de l’organisation des élections, accuse le camp adverse de truquages. En cela, Gbagbo innove assurément : désormais, c’est le pouvoir en place qui accuse l’opposition de truquer les élections ! C’est à croire que le gouvernement ivoirien a volontairement saboté le président sortant, ce qui serait la preuve que celui-ci ne peut même pas compter sur les siens. Bigre !

Mais au fait, pourquoi n’avoir pas, tout simplement, tiré sa révérence ? Pourquoi n’avoir pas fait comme le démocrate Al Gore qui, bien que contestant le décompte des voix, a accepté de se plier à la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis ? Pourquoi n’avoir pas fait comme Mandela qui, après avoir combattu le régime raciste de Pretoria, fit un seul mandat à la tête du pays, et renonça à une candidature qui lui aurait ouvert la porte vers un autre mandat ? Et pourquoi Gbagbo, qui souscrit pourtant au concept de « solutions africaines aux problèmes africains » de Thabo Mbeki, n’a-t-il pas suivi le conseil du Prix Nobel Wole Soyinka, qui préconisait, comme solution honorable, de « quitter le pouvoir » ?

Il faut se rendre à l’évidence : Malgré son arrivée « calamiteuse » de 2000, et surtout, après son vigoureux bras de fer avec Paris, beaucoup d’africains ont pensé : « enfin un homme politique africain qui ose s’attaquer à la France ». Ce n’était pas Sankara, certes, mais ce n’était pas mal. Beaucoup ont pensé : « vivement que l’exemple ivoirien fasse tâche d’huile sur le reste du continent ».

Comment n’a-t-il pas vu dans les dernières élections présidentielles l’occasion de rentrer définitivement dans l’Histoire, celle des grands leaders africains qui redonnent à ce continent une dignité maintes fois flouée ? Pourquoi n’avoir pas choisi de tirer sa révérence en refusant d’être candidat ? Il aurait évité, du même coup, l’humiliation de se faire battre par Ouattara, son ennemi juré. Et une fois choisie l’option de la candidature, pourquoi ne pas respecter le verdict des urnes ? Que dirait-on d’un pâtissier qui, au moment de mettre la cerise sur le gâteau qu’il vient de confectionner, choisit unilatéralement de tout détruire, dès qu’il apprend que le gâteau sera mangé par d’autres ?

Soyons clairs sur un point : il y aurait beaucoup à redire sur le déroulement des élections présidentielles, en Côte-d’Ivoire comme partout ailleurs. Il suffirait de rentrer dans l’arrière-cour de chaque processus pour en voir les failles, les truquages, les bourrages des urnes, les falsifications, etc. Il suffirait d’un banal recomptage des bulletins pour que Gbagbo devienne le président élu, ce qu’Alassane Ouattara contesterait tout de suite, exigeant à son tour un nouveau recomptage qui, naturellement, le remettrait en tête.

Ainsi de suite. Qui arrêterait cette valse de mauvais goût ? Le premier qui placerait l’intérêt de son pays au dessus du sien propre. Le premier qui aurait à cœur de consolider la marche de la démocratie dans son pays. Le premier qui donnerait ses lettres de noblesses aux institutions. Le premier qui aurait une haute idée de la politique. Le premier qui s’élèverait au dessus du politicien lambda. En somme, le premier capable de faire le pas en arrière qui ferait faire un bond en avant à la démocratie et à la solidité des institutions républicaines. J’aurais tant aimé que ce fût Laurent Gbagbo. Mais le « boulanger » se cramponne à son fauteuil, prêt à aller jusqu’à la guerre civile, parce qu’il a, dit-on, le Droit, Roland Dumas et Jacques Vergès pour lui. Mais l’historien, auteur, jadis, d’un livre intitulé Côte-d’Ivoire : pour une alternative démocratique, n’a que faire de l’Histoire. Il ne partira que sous la contrainte – non militaire, je l’espère. Honni, affaibli et isolé, on lui organisera alors une négociation de façade, pour lui ménager une porte de sortie « honorable ». Une toute petite porte. Et l’homme s’en ira tout droit aux oubliettes de l’Histoire. Quel gâchis !

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MessagePosté le: Mer 02 Fév 2011 12:02    Sujet du message: Répondre en citant

@Merikama
Ce qui est plus intéressant c'est vraiment ce qui se passe au niveau des populations. A-t-il existe et existe-t-il encore en Côte d'Ivoire une forme de Xénophobie à l'égard des étrangers et de ce qu'on nomme les allogènes?
le débat actuel polarise-t-il ou non totalement les ivoiriens selon une fracture géopgraphique ou ethnique?
Quand on discute avec des ivoiriens et quand suit les débats c'est quand même' assez frappant.
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MessagePosté le: Mer 02 Fév 2011 13:15    Sujet du message: Répondre en citant

Panafricain a écrit:
Article que j'ai bien apprécié, surtout le rappel des propos de Gbagbo lors du débat télévisé, s'engageant à respecter "les résultats prononcés par la CEI"lol

De quel résultats de la CEI parles-tu ? La CEI dont on parle en Côte d'Ivoire n'a JAMAIS donné de résultats. La CEI ne se réduit pas à Youssouf Bakayoko. Le Pr. Koudou Laurent Gbagbo n'a jamais dit qu'il se plierait aux résultats émis par un INDIVIDU fusse-t-il président de la CEI en dehors de toute légalité. Un peu de sérieux quand même ...
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MessagePosté le: Mer 02 Fév 2011 13:32    Sujet du message: Répondre en citant

http://www.lanouvelleexpression.info/index.php?option=com_content&view=article&id=2096&catid=60&Itemid=79

Suzanne Kala-Lobé dans La Nouvelle Expression

La question de l’usure du pouvoir s’est posée dans l’absolue habilement agitée par des thuriféraires déçus des régimes combattus, pour qu’ils reprennent leur place, là où ils étaient. La lutte contre la pauvreté a remplacé le combat contre un système inégalitaire et ses tares structurelles. L’Etat de droit est devenu un substitut conceptuel commode qui au fond ne désigne rien de bien précis quant à l’orientation de cet Etat voire mêmes des classes sociales qui en ont le contrôle. En quelque sorte les candidats au changement ayant renoncé à se placer sur l’orbite d’une idéologie révolutionnaire, les idées populistes et vagues sont devenues des leitmotivs et un cadre de référence analytique. Le vocabulaire politique s’est mis à l’étroit dans une gangue, où les concepts n’ont plus aucune saveur.


En témoigne la logorrhée des intellectuels comme Achille Mbembé et Célestin Monga, deux docteurs ex cathedra à la plume alerte et à la gouaille incisive, qui se sont fendus d’une longue intervention, pour expliquer où va la dame Afrique. Pour eux, lever est dans le fruit depuis longtemps parce que personne n’a su penser le changement. (Y compris eux!).Puisque comme salut ils disent “ qu’il faut entreprendre la consécution d’une liberté neuve en Afrique. Celle-ci doit redevenir son propre centre, sa force propre. Si pour y parvenir la guerre est inévitable, alors le continent devra apprendre à choisir judicieusement ses guerres, faute de quoi consciemment ou non, il est chaque fois enrôlé dans celles d’autrui avec les conséquences chaque fois plus catastrophiques pour son avenir » !!!


En d’autres termes, rien de précis ! Et c’est justement de ce déficit dont l’Afrique a souffert depuis 20 ans. Depuis que les marxistes se sont tus, pour laisser la place à une parle éthérée, sans consistance. Pour rallier un consensus destructeur. Pour faire oublier les aspérités de la guerre des classes qui continuent à se dérouler sur le champ international, et à diviser jusqu’aux grandes puissances. Madame l’Afrique a abrité ces dernières années une paresse intellectuelle, qui s’est distillée au sien même du mouvement social. Celui-ci s’est assoupi, se contentant de quelles éruptions avec des larves qui brûlent juste l’asphalte sans s’attaquer au goudron.
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MessagePosté le: Mer 02 Fév 2011 13:47    Sujet du message: Répondre en citant

Jofrere a écrit:
@Merikama
Ce qui est plus intéressant c'est vraiment ce qui se passe au niveau des populations. A-t-il existe et existe-t-il encore en Côte d'Ivoire une forme de Xénophobie à l'égard des étrangers et de ce qu'on nomme les allogènes?
le débat actuel polarise-t-il ou non totalement les ivoiriens selon une fracture géopgraphique ou ethnique?
Quand on discute avec des ivoiriens et quand suit les débats c'est quand même' assez frappant.

Avant l'avènement d'Aimé Henri Konan Bédié et d'Allassane Dramane Wattra sur la scène politique ivoirienne, les gens du Nord n'avaient aucun problème en Côte d'Ivoire. Beaucoup de hauts cadres du PDCI (ex : Lamine Fadiga) comme du FPI (ex : Aboudramane Sangaré, Mamadou Koulibaly) étaient des ressortissants du Nord. La climat s'est dégradé lorsqu'un monsieur, assoiffé de pouvoir à savoir Mr Wattra a trouvé opportun de jouer sur la fibre "ethnico-réligieuse" pour atteindre son but : devenir président. Un monsieur totalement inconnu au Nord et se prétendant musulman alors qu'il ne sait absolument rien de l'Islam. Ce monsieur à réussi à s'enkysté dans ce pays grâce à la France et sa soi-disant communauté internationale. C'est tout ...

Je dis et le répété, le problème en Côte d'Ivoire n'est pas un problème "ethnico-religieux", ce dernier n'est qu'une CONSÉQUENCE, découlant de la méthode colonialiste très bien connue du "diviser pour mieux régner". Il n'y a qu'un seul problème en Côte d'Ivoire : LA FRANCE.

N'aurait cette France, les Rebelles auraient été proprement matés et un processus de réconciliation nationale déjà entamé en 2000 par le Pr. Koudou Laurent Gbagbo aurait été mis en place. Le pays aurait été ainsi réconcilié avec lui même après les errements Wattaro-Bédiéiste des 17 dernières années.
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MessagePosté le: Mer 02 Fév 2011 15:32    Sujet du message: Répondre en citant

Jofrere a écrit:
@Merikama
Ce qui est plus intéressant c'est vraiment ce qui se passe au niveau des populations. A-t-il existe et existe-t-il encore en Côte d'Ivoire une forme de Xénophobie à l'égard des étrangers et de ce qu'on nomme les allogènes?
le débat actuel polarise-t-il ou non totalement les ivoiriens selon une fracture géopgraphique ou ethnique?
Quand on discute avec des ivoiriens et quand suit les débats c'est quand même' assez frappant.


ET ca justifie de prendre des armes pour faire valoir ses opinions ?
Qui a pris les armes ?
Le conflit arme est-il resolu ?

Il ne faut pas tourner en rond. Il est clair que les elections ne sont pas une solution a la crise en CI sans un minimum de prealables, parmi lesquelles la fin du conflit arme.
C'est ce que Mbembe et Monga rappellent judicieusement.
Et surtout ils attirent notre attention sur le fait que nous devons faire preuve d'imagination pour resoudre nos problemes et ne pas simplement faire du copie-coller avec le model occidental !
Par example, lorsque le contrat social est dechire comme c'est le cas en CI, comment devons-nous resoudre ce probleme grave ?
toi, panafricain, MArvel02 et autres balayez cette question fondamentale de la main..

Et entre nous, on a pas besoin d'etre panafricain pour comprendre que l'ONU ou les interets occidentaux ne sont pas pour notre salut ! l'histoire est la pour nous le rappeller. Donc la encore c'est notre imagination qui est interpelle quand il y aun conflit chez nous avec tous ces acteurs impliques. Il faut prendre du recul, analyser, trouver des solutions africaines qui vont dans notre interet et qui surtout evitent de retomber dans la meme situation a l'avenir.

C'est tout ! Mbembe et Monga n'ont pas dit qu'ils avaient une solution miracle ! Ils interpellent notre intelligence collective...
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 00:18    Sujet du message: Répondre en citant

Je me suis relu du début jusqu'à la fin de ce topic. Bizarrement, j'ai prédis un à un les évènements. Je me suis permis de dire à 5 jours du second tour, que la campagne de Ouattara ne devait plus s'axer que sur le fait de demander à Gbagbo de ne pas refuser les résultats.

Mon analyse de la question ivoirienne est simple.
La succession au trône d'Houphouët pousse Bédié à attaquer Ouattara sur le point qui lui semble faible, et qui permet de stigmatiser son électorat en l'écartant. Cette mise en ban provoque naturellement le putsch de noël 1999 commis par les stigmatisés. Je ne les blâme pas et ce n'est pas une spécificité ivoirienne: les putshistes viennent presque toujours de l'ethnie opprimée. Avec ou sans l'aval de leur hautes personnalités. D'où la question de savoir si c'est Ouattara le commanditaire n'a que peu d'importance. Il y'avait une chasse aux ivoiriens du nord pour permettre à Bédié de rester au pouvoir, et les chassés ont abattu le chasseur.
Guéi est arrivé, mais au lieu d'être le conciliateur, il s'est mué en acteur de plus. Dans ce nouveau costume, il a compris l'intérêt de la stratégie d'exclusion de Bédié d'exclure ou de douter d'un électorat adverse important, et a donc aggravé le problème. Dans ses élections où il exclu les plus dangereux, un opportuniste sans scrupule nommé Gbagbo accepte de profiter du vide, et grand à un manque de soutien militaire à Guéi et à l'appui de la France, prend le pouvoir.
Mais pourquoi renoncerait-il aux formules qui ont si bien servis Bédié, puis Guéi, et lui même, c'est à dire, stigmatiser le même coin, les mêmes hommes et leur même représentant? trop facile: l'occasion fait le larron. Ainsi, le problème de base n'est toujours pas régler mais sert désormais de facilité d'accès au pouvoir.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, comme Bédié à noël 99, c'est Gbagbo qui est secoué par un putsch en 2002.

Aucun des deux putsch n'est le problème de base, mais ils ne sont que les conséquences de cette politique d'exclusion qui fait réagir les exclus. Autant quand on décide d'annuler les voix du nord pour passer en force (et ceux contre toutes les lois, nationales ou internationales), c'est la poursuite de la même stratégie inventé par Bédié, sur le même mouton noir, le nordiste. Iln'y a pas de problème "France" en CIV, car sous le plus francophile président que l'Afrique ait connu que ce pays a eu son essor. Et ce n'est pas la France qui a créé l'ivoirité ni qui est arrivé au pouvoir grâce à cette théorie. C'est un raccourcis facile qui n'a aucun fondement. La France a agit comment, par qui? Elle a téléphoné à quelle heure, il a sorti l'argent de quelle ligne budgétaire, pour faire quoi, décidé et piloté par qui? mais tous on le sait, même sur de grandes questions sensibles, comme le processus de la décision qui a fait refuser à la France d'accompagner Bush en Irak. Y'a des fuites. Mais là rien. On décide que c'est la France, par populisme, en interprétant un discours public, et on s'engage avec des éléments aussi légers.

Et là, j'approuve pleinement le discours de Suzanne Kala-Lobé, sur la dominance de ces théories et thèses toutes faites, creuses et sans fondement qui dominent l'action politique (économique et philosophique aussi) africaine depuis 20 ans. Oh, je susi un anticommuniste irréductible et indomptable. Mais je reconnais à ce modèle sa vertu dans la formation. Et comme dit un de nos intervenant ici, vaut mieux un ennemi intelligent à un ami sot.
"Monsieur le président, vous avez perdu dit-on à Gbagbo le 30 novembre". Réponse:"C'est la France qui fait ça. Je ne me laisserai pas faire". Et voilà qu'une bande de zozos qui se targuent d'être des intellectuels montent au front à partir de cette humeur injustifiable. On oublie que des africains sont exclus par ce régime, qui pour passer en force a décidé que les habitants du nord de la Côte d'Ivoire sont négligeables. Parce que le clou idéologique du combat politique aujourd'hui en Afrique, c'est tenir tête à la France!!! C'est trop bas. Et quand je vois que la plupart de ceux qui nous conduisent vers cette stupide idéologie s'accrochent à la même France qu'ils engraissent sans limite, je vois que le mal est grave.
L'époque ou les convaincus quittaient le confort étatsunien ou européen pour accepter le maquis en Afrique et appliquer ce qu'ils professent est bien loin de nous. Peut-être qu'essaieraient-ils qu'ils comprendraient la stupidité de leurs certitudes.

Un jour je demandais à ceux qui voient la France partout, combien de personnes à l'Elysée constituent la cellule Afrique? Personne ne pouvait répondre, et je répondais qu'ils étaient 4 à l'époque. 4 pour téléguider 53 gouvernements, il faut le faire! ceux chargé des questions européennes dans les différentes structures européenne sont plus 2000. D'autant que pour nos africanistes de l'Elysée, à l'époque de l'étude (mais ça n'a pas bien changé) tous ne ne connaissaient rien à l'Afrique avant d'y avoir été affecté: une venait de chez Peugeot où elle était chargée de la com, un était un boutonneux qui n'avait jamais quitté la Gironde avant d'avoir connu la "Commanderie Saint-Jean" (nom du bâtiment de l'ENA à Strasbourg) d'où il est sorti 101ème sur 120 avant de passer par le quai d'orsay ou il s'occupait de la formation à la direction des ressources humaines. Et 5 ans plus tard, tous avaient été affecté à des postes, qui n'avaient rien à voir avec l'Afrique. Par quelle technologie ou stratégie de pilotage à distance inventée par le seule France dont elle a le succès (stratégie qui ne l'emmene pas à être première puissance du monde, bizarrement), réussissent-ils à faire cela? Autant de précisions que personne ne veut donner, où personne ne veut aller s'aventurer parce que la mode comme le dit Kala-Lobé, c'est le superficiel. On tire des parallèles à deux balles, comme comparer l'ONU en RDC où le mandat était d'éviter une sécession, celle du Katanga (et mission finalement accomplie!) à son rôle en Côte d'Ivoire où il s'agit de réussir un processus démocratique inclusif et qui n'a échoué que parce qu'un des acteurs qui détient les armes, a refusé les conclusions après avoir approuvé tout le processus jusqu'après la fin.
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marvel02
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 01:00    Sujet du message: Répondre en citant

J’ai mon quotidien « les dépêches de Brazzaville » d’aujourd’hui, où s’exprime Sassou Nguesso après son retour d’Adis Abeba. Il y dit qu’il a dit à ce sommet, que « nos Etats créés pour l’intérêt du colon ne sont pas viables. Que nous allons droit vers un mur si nous ne poussons pas à grande vitesse l’intégration africaine pour créer les Etats Unis d’Afrique, un idéal qui doit être celui de chaque africain. Face aux grands ensembles qui se forment autour de nous, continuer comme ça, c’est la mort assurée. »
Que dites-vous ? génial n’est ce pas, on est sur la même longueur d’onde. Mais le problème c’est que j’ai bonne mémoire. Ce texte est tiré d’une interview que le même Sassou Nguesso avait donné en… 1990, à deux mois de la conférence nationale du Congo. Il y’a 20 ans.

Comme les bons discours des uns et des autres ici, dans 20 ans nous les entendront encore, et le fossé entre ces discours et l'application réelle par ceux qui les portent sera encore plus important.
je ne sais pas si vous réalisez qu'il n'y a pas de cabinet conseil d'études panafricaines basé à Adis Abeba chargé d'apporter l'expertise et la stratégie aux décideurs continentaux en matière d'intégration panafricaine. Pas de réseaux dans tous les gouvernements et institutions (ceux qui ont le pouvoir de décider), qui promeut les valeurs panafricaines. On parle dans le vent. Des cas comme Obama sont nés seuls, ne sera pas capitalisés par un intérêt perceptible faute d'avoir préparé des structures de relais.

Mais comme Marcel-Duclos Efoudebe, je ne suis pas comme ces courageux qui ne prennent pas partie. Ou comme dirait Hormheb de Mbembé, je n'interpelle pas la conscience collective sans dire ce que je veux qu'elle voit. J'ai ma petite idée derrière la tête, et aussi idiote soit-elle, je me permet de la sortir, quitte à la corriger dans 5 ans.

Il faut peser sur les institutions nationales et panafricaines pour que les choses bougent. Pas dire "qu'elles doivent bouger", mais le faire concrètement. Pas en engueulant des acteurs (domaine préféré de l'extrême gauche: toujours critiquer, ne jamais participer) mais en le faisant.
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samuel
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 12:08    Sujet du message: Répondre en citant

Face aux contorsions de plus en plus ridicules de certains d'entre nous sur ce forum, il conviendrait peut-etre de recadrer les choses. Heureusement qu'il ne manque pas en Afrique des hommes suffisamment dignes pour le faire.

Citation:
Vérification Et Evaluation Du Processus Electoral En Côte D’ivoire - Me Hermann Yaméogo (opposant burkinabé) : - «La décision de l’Ua démasque l’imposture de la communauté internationale»

Publié le mardi 1 février 2011 | Le Temps


Crise en Côte d’Ivoire, révolution démocratique dans le monde arabe, réformes au Burkina Faso. Tels sont les sujets d’actualité que nous avons évoqués avec le président du parti de la panthère. Comme à l’accoutumée, Me Hermann Yaméogo, président de l’Union nationale pour la démocratie et le développement (Undd), y a apporté des réponses sans langue de bois. Interview.

CRISE EN COTE D’IVOIRE

Etes-vous étonné par la crise post-électorale que vit la Côte d’Ivoire ?

Me Hermann Yaméogo (HY) : Pas le moins du monde ! J’ai souvent employé le concept de coup d’Etat électoral dans le contexte de la crise ivoirienne pour prévenir que malgré l’Accord politique de Ouagadougou, on pourrait bien recourir à la fraude pour convertir cette tentative de putsch du 19 septembre 2002 en coup d’Etat électoral.

Qu’est-ce qui vous faisait penser à cela ?

Dans toutes les Résolutions du Conseil de sécurité comme dans tous les accords relatifs au dossier ivoirien, il était régulièrement mentionné la réunification, le désarmement, la reconnaissance de la primauté de la Constitution, des lois et Institutions ivoiriennes. Le 4e accord complémentaire de l’Accord de Ouagadougou du 22/12/2008 précisait bien, concernant le désarmement, ce qui suit en son Article 3 : « Afin de favoriser l’organisation des élections dans de bonnes conditions, les deux Parties ont convenu de relancer, sans délai et sous la conduite du Cci et la supervision des Forces impartiales, le désarmement, le stockage des armes des deux Forces ex-belligérantes, ainsi que la démobilisation des ex-combattants; des Forces nouvelles. En tout état de cause, ces opérations devront être achevées au plus tard deux mois avant la date fixée pour l’élection présidentielle ». Eh bien, malgré toutes ces garanties, le désarmement n’a pas eu lieu. Pour moi, le simple fait que l’on n’ait pas vu s’exercer des pressions de la part de la communauté internationale pour que la rébellion rentre sincèrement dans la République , indiquait qu’il y avait anguille sous roche. On entendait utiliser la partition de fait du pays pour influencer le moment venu, le vote.

Mais alors, pourquoi d’après vous, Laurent Gbagbo a-t-il tout de même accepté d’aller à l’élection ?

En tout cas, il se sera battu pour faire respecter la Constitution ivoirienne qui dit que les élections ne peuvent s’organiser quand le pays est divisé. Mais la pression était trop forte, et pour le contraindre à aller à la guillotine électorale, on a mis à contribution les médias pour le faire apparaître comme un pleutre, celui qui se défile tout le temps pour organiser les élections parce qu’il sait qu’en le faisant, il ne peut qu’en sortir perdant. Il a fini par s’y plier, se disant sans doute qu’il avait certaines cartes maîtresses en main: un peuple avec lui, l’engagement de la communauté internationale à faire respecter la Constitution ivoirienne, celui de son adversaire de respecter les décisions de la Commission électorale indépendante comme celles du Conseil constitutionnel.

Ne peut-on pas quelque part, dire qu’il se prévaut maintenant de sa propre turpitude ?

L’argument pour moi est puéril et juridiquement faible. De prime abord, à la limite, ce n’est pas parce que quelqu’un accepte d’être victime d’une infraction pénale que cela efface automatiquement la commission de l’acte délictueux et éteint toute action pénale. Si l’on peut transiger sur tout ce qui intéresse le civil, on ne peut –sauf rares exceptions- le faire pour le pénal. En outre, Laurent Gbagbo n’a jamais accepté le bafouement de la primauté du Conseil constitutionnel ni le transfert de la légitimation populaire du peuple souverain de Côte d’Ivoire à une communauté internationale, juridiquement incapable.

Mais, et cet article 64 du Code électoral qui montre que le président du Conseil constitutionnel s’est trompé parce qu’il aurait dû faire rependre les élections… ?

D’emblée, nulle part, il n’est fait interdiction à ce Conseil d’évoquer un différend électoral et de le vider en dernier ressort. D’ailleurs, la loi organique relative au Conseil constitutionnel prévoit ces cas de figure. Mais à supposer même que votre observation soit fondée, encore qu’on en soit loin, on ne ferait là que commenter une décision de justice revêtue de l’autorité de la chose jugée, non susceptible de quelque recours que ce soit. Voyez-vous, il n’existe pas une instance à laquelle est reconnu le pouvoir d’élever le contentieux électoral pour réformer la décision du Conseil constitutionnel. Même l’Etat le plus puissant du monde ne le peut. Les Nations unies n’y sont pas davantage habilitées encore moins la fameuse « communauté internationale » qui n’est même pas un « machin » mais un attrape-nigaud pour ne pas dire une couillonnade.

Et la certification, ça compte pour rien d’après vous ?

La certification, je vous le rappelle, devait se faire à la fin de tout le processus comme cela s’est fait au premier tour. La Cei a tenté de doubler le Conseil constitutionnel, ce qui révèle encore plus à posteriori la préméditation du coup d’Etat électoral. En tout état de cause, le jeu ici n’était pas de faire de M. Choi celui qui en dernier recours, légitimerait le vainqueur. La Résolution 1765 des Nations unies, ainsi que l’a rappelé Me Marcel Ceccaldi, avocat du Barreau de Paris, n’a pas fait droit aux demandes d’extension des compétences de M. Choi mais a plutôt limité ses pouvoirs par rapport à ceux qui étaient reconnus à son prédécesseur Gérard Stoudman, Haut représentant des Nations unies pour les élections en Côte d’Ivoire. Et il a été réaffirmé que la certification ne saurait s’entendre d’un transfert de la compétence du pouvoir de légitimation du peuple ivoirien au Sieur Choi. En somme, je vous rappelle qu’un collectif d’avocats entend même demander une sanction contre M. Choi pour détournement de pouvoirs, violation de la charte onusienne…. Je ne vois pas, si le Droit est bien dit, comment Ban Ki-moon lui-même n’y laisserait pas des plumes !

Pour vous donc, Laurent Gbagbo est bien dans son droit ?

Laurent Gbagbo est tout à fait dans son droit. Absolument. La communauté internationale a été embarquée dans une entreprise foireuse par des politiques qui pensaient que de la même manière qu’ils foulent sans conséquence aux pieds les Constitutions de bien de pays africains pour y réaliser des putschs électoraux et placer ceux qu’ils voulaient à la tête des Etats, ils pouvaient ensemble et de concert, en bande organisée, faire la même chose en terre éburnéenne. C’est le bide honteux. Nicolas Sarkozy, Ban Ki-moon, ont oublié qu’ils avaient affaire à un homme vissé à la tête d’un Etat, en parfaite symbiose avec une Armée patriotique, un peuple mobilisé, et non à des opposants malmenés, sans le sou, dans le silence de la «communauté internationale». Un homme, qui n’est pas, leur en déplaise, arrivé accidentellement au pouvoir et qui incarne une Cause dans laquelle il lui suffisait de savoir se concilier le temps pour en faire éclater la noblesse aux yeux du monde. Nous y sommes actuellement, et on peut imaginer l’humiliation, pour ne pas dire plus, qui en résultera pour tous ceux qui se sont précipités dans cette aventure en osant même semer la graine de la désorganisation dans certaines organisations comme la Cedeao, l’Uemoa, la Bceao…

Quel sens en définitive donnez-vous au combat qu’il mène ?

Je situe son combat dans une triple dimension. La première est nationale et concerne la mobilisation de ses compatriotes pour sauver les Institutions, l’identité de la Côte d’Ivoire, l’indépendance -au sens entier du terme- de son pays. La seconde est africaine et elle s’attache à sensibiliser tous les Africains à la nécessité d’engager le véritable combat libérateur qui passe par la reprise en main des richesses du continent. La dernière dimension est mondiale et s’attache à l’atteinte portée au droit international par des Nations gardiennes de fait de l’ordre public international en tant que membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies. Le fait incriminé ici, c’est la reconnaissance par les Usa, la France, l’Union européenne, les Nations unies, de l’élection d’un candidat en violation de la Constitution et des lois d’un pays en lieu et place de la volonté d’un peuple, des standards démocratiques internationaux en matière électorale, et ce, par des manœuvres dolosives. Il y a ici un combat transfrontière qui interpelle tous les citoyens du monde soucieux de la primauté du Droit.

Quels risques voyez-vous si son combat n’aboutit pas ?

Pour la Côte d’Ivoire, ce serait un virage vers la mise à l’encan des richesses du pays, la captation de sa souveraineté nationale et pour l’Afrique, ce serait une nouvelle ère d’exploitation avec encore plus de mépris et de néantisation de l’homme noir. Ce serait la voie royale pour la corrosion du Droit, sa domestication par des forces maffieuses, politiques, médiatiques, financières… Ce serait l’amorce d’un processus d’insécurisation du monde car si le Droit, qui est la poutre maîtresse de toute collectivité humaine organisée, est corrompu, c’est toute la collectivité qui le sera.

Que pensez-vous de la décision prise à Addis-Abeba de confier à un panel de cinq chefs d’Etat le soin de trouver, dans le délai d’un mois, une solution de sortie de crise contraignante pour les deux protagonistes ?

Elle va dans le sens de certains pays africains (Afrique du Sud, Angola, Malawi, Gambie, Cap Vert, Zimbabwe…) qui ont toujours préconisé le dialogue en lieu et place de la guerre, et surtout une solution typiquement africaine au règlement de la crise. C’est le lieu pour moi de souligner la position tout à fait sage et courageuse prise par Alpha Condé à Ouagadougou et à Luanda par rapport au règlement de ce dossier par des voies négociées. Cette décision de l’Ua, je dirai qu’elle me contente mais m’inquiète aussi. Elle me réjouit d’emblée car elle recadre les va-t-en guerre, démasque l’imposture de la communauté internationale, fait droit contre Ban Ki-moon, à la demande de vérification et d’évaluation du processus électoral demandé par le Président Laurent Gbagbo. C’est dire que, plus que les fraudes proprement dites à l’encontre de ce dernier, c’est le complot international contre la Côte d’Ivoire, à travers toutes ses péripéties, qui risque d’être mis à nu.

D’un autre côté, j’imagine les tsunamis que peuvent provoquer ici et là, jusqu’au sein des Nations unies, les preuves rapportées de ce complot. Je me représente aussi les litiges qu’il faudra éventuellement traiter à la faveur du rapport de ce panel comme des décisions des différentes juridictions déjà saisies ou en voie de l’être, qui sont entre autres la Cour de Justice de l’Uemoa, le Tanu (Ndlr : Tribunal administratif des Nations unies), la Cour de justice internationale…Il y a tant de pertes en vies humaines, de dégâts matériels, de violations de droits professionnels, économiques et sociaux, à cause de cette habilitation illégale d’un candidat (qui s’est permis de donner des mots d’ordre ravageurs pour le pays) qu’on peut légitimement être angoissé devant les réparations qui vont suivre. Combien tout cela va-t-il coûter ? Qui va payer la facture? En même temps, je me réjouis d’être du bon côté de l’Histoire et de défendre une cause dont je trouve qu’elle servira les intérêts de l’Afrique avec ce leadership de Laurent Gbagbo que je n’ai pas pour rien comparé à NNkrumah et à Lumumba au plus fort de la rébellion.

Ban Ki-moon vient de dire qu’un recomptage des voix serait injuste pour M. Ouattara ?

Ban Ki-moon a eu la réaction du noyé qui s’accroche à un brin de paille. Il ne voudrait pas ce recomptage qui va dévoiler le pot aux roses. Je comprends… Mais de là à se rabattre sur le caractère injuste du recomptage, c’est lamentable ! Car qui peut, honnêtement, s’opposer à une mesure aussi élémentaire, destinée à éclairer les décisions à prendre ? Il aurait mieux fait, comme les Forces nouvelles, de rejeter directement la création de ce panel. Ici, il a fait une sortie totalement décalée qui le décrédibilise encore plus.
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 14:08    Sujet du message: Répondre en citant

@hormheb
Ce que je leur reproche comme aux autres c'est leur opportunisme. Chez les intellectuels comme dans la presse, il y a une forme de suivisme. En ce moment la sujet ivoirien est celui qui donne le plus de visibilité. Et ils s'en donnent à coeur joie avant de passer au sujet suivant.
Où étaient ils lors de la rebellion? lors des accords de Marcoussis, de Pretoria ou de Ouagadougou?
Il faut à un moment donné dire que ces gens ne servent pas à grand chose tout simplement parecqu'ils ne sont engagés nulle part.
Ils ont réussi à délimiter un petit espace de discussion bien confortables. Et ils ronronnent dedans.
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 14:18    Sujet du message: Répondre en citant

@Merikama
en tous cas ces errements comme tu dis représentaient au 1er tour des élections près de 60% de la population ivoirienne en âge de voter. Les gens qui ont voté Ouattara au second tour n'étaient pas tous dans le nord. Rappelle toi des scores dans l'ouest ou même à abidjan.
la théorie du complot que vous défendez serait plus crédible si Gbagbo avait fait de très hauts scores dans les zones non contrôlées par les rebelles.
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 14:27    Sujet du message: Répondre en citant

@samuel
C'est arguties juridiques ont fait leur temps dans ce débat. ça n'a plus aucun intérêt aujourd'hui parceque dans le fond le conseil constitutionnel n'a été qu'un épisode. le vrai rapport de force et à la fois militaire et diplomatique. Si ça n'avait pas été ça, ça aurait été autre chose.
Le droit ce n'est pas de parler à vide pendant des heures sur des concepts vidés de leur sens. Le droit c'est objectiver la réalité et parler le même langage.
Ces textes, les gens s'en sont délecté au début pour essayer de comprendre le comment des chose, mais là plus personne ne les lit car totalement hors sujet.
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samuel
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 18:31    Sujet du message: Répondre en citant

Bozize, president putchiste parachute par la France vient de se faire reelire avec plus de 66% des voix...au premier tour! Pour ses opposants la chose est si ridicule qu'ils disent ne meme pas avoir ecoute l'annonce. Bien entendu, ''les observateurs internationaux'', apres avoir regrette quelques ''problemes mineurs qui ne peuevent en aucun cas invalider les resultats globaux'', saluent le deroulement des elections ''dans le calme et la transparence''. Ce qui denote de la grande maturite du peuple Centrafricain et son attachement aux valeurs sacrees de la democratie. Du cote de la France et de la ''communuate internationale'', evidemment on n'a rien vu. Ces messieurs sont trop occupes a faire partir Gbagbo.

Je n'attends donc plus que les commentaires eclaires de Jofrere et autres ''experts en relations internationales'' pour trouver des circonstances attenuantes a Bozize dont le cas, bien sur, est a distinguer de cette abomination absolue et unique dans les annales de l'histoire africaine que constitue le refus de Gbagbo de quitter son fauteuil apres la proclamation de faux resultats. Pourvu que la dizaine d'autres pays africains qui iront aux aurnes cette annee n'aient pas l'idee de suivre le president et le peuple ivoiriens dans leurs errements. Comme disent les Anglais, Let's hope and pray!

Citation:
PRÉSIDENTIELLE CENTRAFRICAINE : Bozizé réélu président au 1er tour avec 66,08%
MERCREDI, 02 FÉVRIER 2011 18:57 VUS: 31

LE CHEF DE L’ETAT SORTANT FRANÇOIS BOZIZÉ
Le chef de l’Etat sortant François a été réélu président de la Centrafrique au 1er tour avec 607.184 voix soit 66,08% des suffrages, selon les résultats provisoires annoncés mardi soir par la Commission électorale indépendante (CEI).

Ces résultats doivent encore être validés par la Cour constitutionnelle dans les quinze jours après ce scrutin qui s’est déroulé le 23 janvier.

L’ex-président Ange-Félix Patassé, renversé par Bozizé en 2003, arrive 2e de l’élection avec 184.716 voix soit 20,10% des suffrages.

Suivent l’ancien Premier ministre Martin Ziguélé 6,46% (59.370), l’économiste Emile Gros-Raymond Nakombo 4,64% (42.591) et l’ex-ministre de la Défense et représentant l’ex-rébellion de l’Armée populaire pour la restauration de la démocratie et le développement (APRD) Jean-Jacques Demafouth 2,72% (24.980).

M. Ziguélé, Nakombo et Demafouth avaient déjà annoncé qu’ils rejetaient les résultats du scrutin en raison de nombreuses "irrégularités".

Le taux de participation est de 54,01%. 1.825.735 personnes étaient inscrites, 986.030 ont voté, pour un total de suffrages exprimés de 919.841 selon la CEI.

"C’est la victoire de la démocratie pour quelqu’un qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat (en 2003) et qui l’a légitimé par les urnes en 2005", a déclaré Fidèle Ngouandjika, le porte-parole du gouvernement.

"C’est la récompense d’un travail bien fait, le peuple l’a jugé et l’a sanctionné après cinq ans de pouvoir", a poursuivi M. Ngouandjika, également directeur adjoint de la campagne du chef de l’Etat centrafricain.

"On lui donne raison. Il a travaillé comme un vrai président, pas comme un militaire, je suis fier d’être Centrafricain, bravo au peuple centrafricain et que le président respecte la Constitution", a-t-il conclu.

M. Ziguélé a lui affirmé n’avoir "même pas écouté ou suivi (l’annonce)".

"C’est un non événement. C’est tellement grossier et ridicule", a-t-il poursuivi. Maintenant, nous allons porter plainte et déposer un recours devant la Cour Constitutionnelle mais nous ne sommes pas dupes. La Cour va valider les résultats".

Le président de la CEI le pasteur Joseph Binguimalé, dont le travail a été très critiqué, a "remercié le peuple centrafricain pour sa patience, sa compréhension, sa tolérance et surtout sa participation massive".

Un représentant de la rébellion de la Convention des patriotes pour la justice et la paix (CPJP), Joachim Kokaté, active dans le nord du pays et qui n’a pas intégré le processus de paix, a affirmé à l’AFP : "Nous serons obligé de reprendre les armes afin de faire rétablir une réelle démocratie en Centrafrique".

"Nous avions observé une trêve dans l’intérêt du peuple centrafricain. Nous dénonçons la fraude massive. Le président Bozizé a tourné le dos à la jeunesse et à tout le peuple", a-t-il poursuivi.

Arrivé au pouvoir par un coup d’Etat en 2003, Bozizé avait été élu pour un premier mandat en 2005.

1,8 million des 4,4 millions de Centrafricain étaient appelés aux urnes le 23 janvier lors des élections présidentielle et législatives. Le double scrutin qui devait avoir lieu en avril 2009 avait été reporté à deux reprises après de nombreuses tergiversations.

La paix a été au centre de la campagne de ce pays riche en matières premières (uranium, diamants, bois, or), mais ruiné par des années d’instabilité et dont la population vit dans la pauvreté.

Ce scrutin devait être l’aboutissement du dialogue national amorcé en 2008 entre pouvoir, opposition et groupes rebelles.

Source : AFP
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Jofrere
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 18:58    Sujet du message: Répondre en citant

@samuel
Smile
1)qu'est ce que tu conseillerais au mouvement des rebelles de la Convention des patriotes pour la justice et la paix?
2)l'opposition va faire des recours devant la cours constitutionnelle. Considères tu cet organe comme garant absolu de la démocratie en Centrafrique?
3)en cas de confirmation de l'élection du sortant, serais tu favorable à une intervention armée de la "communauté internationale"?
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 19:52    Sujet du message: Répondre en citant

Jofrere a écrit:
@Merikama
en tous cas ces errements comme tu dis représentaient au 1er tour des élections près de 60% de la population ivoirienne en âge de voter. Les gens qui ont voté Ouattara au second tour n'étaient pas tous dans le nord. Rappelle toi des scores dans l'ouest ou même à abidjan.
la théorie du complot que vous défendez serait plus crédible si Gbagbo avait fait de très hauts scores dans les zones non contrôlées par les rebelles.

J'attends donc toujours le SOULÈVEMENT POPULAIRE tant souhaité par les Rebelles, de ces fameux 60% comme en TUNISIE ou en EGYPTE, prouvant la justesse politique de la théorie de l'Ivoirité du PDCI et de la chasse aux étrangers de Dramane Wattra, l'inventeur de la Carte de Séjour en Côte d'Ivoire ...
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"L’esclave qui n’est pas capable d’assumer sa révolte ne mérite pas que l’on s’apitoie sur son sort. Cet esclave répondra seul de son malheur s’il se fait des illusions sur la condescendance suspecte d’un maître qui prétend l’affranchir". THOMAS SANKARA

[Sankara = S ˁnḫ Rˁ]
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MessagePosté le: Jeu 03 Fév 2011 23:32    Sujet du message: Répondre en citant

Hormheb, la rupture du contrat social c'est quand le peuple a décidé, et qu'on lui discute son choix parce qu'on s'autoinvestit du rôle de le protéger.

Samuel, tu oses douter de la parole du conseil constitutionnel centrafricain? Shocked
C'est l'autorité constitutionnel là bas. Non? J'ai loupé quelque chose? Laughing

Non, il faut des certificateurs partout où l'on vote en Afrique. Pour moi c'est la leçon à tirer de la crise de la Côte d'ivoire. On pourrait mettre en place un collège permanent de certificateurs, composé d'anciens président africains, ayant la particularité d'être arrivés démocratiquement au pouvoir et de l'avoir quitté tout aussi démocratiquement. Certes, y'en a pas beaucoup pour l'instant: Mbeki, Kérékou, Konaré, les anciens présidents du Botswana et du Cap vert et ça va être à peu près tout. Mais c'est déjà ça.
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Jofrere
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MessagePosté le: Ven 04 Fév 2011 11:09    Sujet du message: Répondre en citant

Merikama a écrit:

J'attends donc toujours le SOULÈVEMENT POPULAIRE tant souhaité par les Rebelles, de ces fameux 60% comme en TUNISIE ou en EGYPTE, prouvant la justesse politique de la théorie de l'Ivoirité du PDCI et de la chasse aux étrangers de Dramane Wattra, l'inventeur de la Carte de Séjour en Côte d'Ivoire ...

Smile
c'est clair que depuis 20 ans la CI a systématiquement réglé ses différents par de soulèvements populaires plus ou moins spontanés. Sur le modèle de l'élection de 2000. Tu sais les tunisiens ont supporté ben Ali pendant 30 ans sans se révolter et quand leur heure est venue, ils l'ont fait.
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samuel
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MessagePosté le: Ven 04 Fév 2011 12:53    Sujet du message: Répondre en citant

Jofrere a ecrit:

Citation:
@samuel

1)qu'est ce que tu conseillerais au mouvement des rebelles de la Convention des patriotes pour la justice et la paix?
2)l'opposition va faire des recours devant la cours constitutionnelle. Considères tu cet organe comme garant absolu de la démocratie en Centrafrique?
3)en cas de confirmation de l'élection du sortant, serais tu favorable à une intervention armée de la "communauté internationale"?


Salut Jofrere. Tu devrais te poser ces questions d'abord et te demander pourquoi la France ferme ostensiblement les yeux ici et veut en revanche passer sur les cadavres de milliers d'Ivoiriens pour installer Ouattara au pouvoir. Non! Je ne serai pas favorable a une intervention armee en Centrafrique ni ailleurs en Afrique. Je ne cropis pas que la resolution de querelles post-electorales vaillent une guerree, ni en Cote d'Ivoire, ni en Centrafrique, a moins qu'on ne cherche en realite autre chose. Par ailleurs, je crois que le peuple centrafricain est un peuple majeur. Certes, il est confronte a une dictature sanguinaire mais il saura trouver la voie de sa propre liberation, quel que soit le temps que cela prendra. Je ne cautionnerai donc jamais des opposants qui seraient installes au pouvoir par ''la communaute internationale''. Si, dans le cadtre de la solidarite entre les peuples ces opposants sont aides par d'autres pays ou militants progressistes et s'ils arrivent a imposer la reconnaissance de la justesse de leur cause au niveau international, j'applaudirai des deux mains je ne supporterai jamais les valets africains de qui que ce soit pour prendre le pouvoir chez nous.

Je suis Africain et je crois en nos propres capacites de resoudre nos problemes par nous-memes sans l'intervention de qui que ce soit. Si les problemes chez nous deviennent frequemment ''intraitables'', c'est justement a cause des interventions exterieures de puissances telles que la France qui ne veulent qu'elles soient resolues que dans le sens qui leur convient et qui ont interet a entretenir la division entre Africains.
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Merikama
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MessagePosté le: Ven 04 Fév 2011 13:50    Sujet du message: Répondre en citant

Jofrere a écrit:
Merikama a écrit:

J'attends donc toujours le SOULÈVEMENT POPULAIRE tant souhaité par les Rebelles, de ces fameux 60% comme en TUNISIE ou en EGYPTE, prouvant la justesse politique de la théorie de l'Ivoirité du PDCI et de la chasse aux étrangers de Dramane Wattra, l'inventeur de la Carte de Séjour en Côte d'Ivoire ...

Smile
c'est clair que depuis 20 ans la CI a systématiquement réglé ses différents par de soulèvements populaires plus ou moins spontanés. Sur le modèle de l'élection de 2000. Tu sais les tunisiens ont supporté ben Ali pendant 30 ans sans se révolter et quand leur heure est venue, ils l'ont fait.

Le model des élections de 2000 dont tu parles et qui a vu plus d'1 millions d'Ivoiriens sortir dans les rues pour braver les tires des soldats du général Guéi Robert, ne s'est pas fait spontanément. Il fait suite à un APPEL AU SOULÈVEMENT POPULAIRE de celui qui est toujours le président de la Côte d'Ivoire, à savoir son Excellence Koudou Laurent Gbagbo. Or depuis le début de cette "crise", le chef Rebelle Alassane Dramane Wattra qui prétend par ailleurs sur France 24, que l'armée aurait voté pour lui à 64%, appelle le peuple Ivoirien à se soulever contre le soi-disant dictateur Gbagbo.

J'ai utilisé "1000 torches" pour rechercher ces soi-disant 60% des Ivoiriens "pro-RHDP" ayant répondu aux différents appels de Mr Wattra, je n'ai rien trouvé, à part quelques désœuvrés en armes dans la commune d'Abobo. Lorsqu'on a l'adhésion de son peuple, il suffit d'un seul mot d'ordre (comme par exemple celui de Charles Blé Goudé contre les chars français) pour que celui-ci sort massivement dans les rue pour manifester. Ce qui n'est pas le cas du couple Wattra/Bédié ...
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MessagePosté le: Ven 04 Fév 2011 14:04    Sujet du message: Répondre en citant

en substance plutôt que d'organiser des élections pour évaluer les forces politiques en présence dans le pays, il faudrait organiser des guerillas. Avec ce genre de raisonnements, ce n'est pas étonnant que les transitions politiques pacifiques soient si rares en Afrique.
En Egypte en ce moment, on a des combats entre les manifestants et les milices pro-Moubarack. ça a été aussi le cas en Tunisie. ce n'est pas parceque tu es capable de mettre du monde dans la rue que tu es légitime pour autant.
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MessagePosté le: Ven 04 Fév 2011 14:32    Sujet du message: Répondre en citant

@samuel
je suis assez d'accord avec le tonalité de ton post, comment ne pas l'être?
Dans ce débat ivoirien, il y a plusieurs problèmes qui se chevauchent.
Ne pas être favorable à une intervention armée ne préfigure en rien de l'opinion qu'on a sur la validité de l'élection. C'est 2 choses différentes.
Que les problèmes africains soient réglés par les africains, ça aussi c'est OK. mais dans le processus ivoirien ce n'est pas 1 mois après le second tour qu'il faut se réveiller et critiquer l'ONU. Il y a quelque chose de l'ordre du respect des règles qui est en jeu ici aussi. Encore une fois, où étiez vous lors de la signature des accords de Pretoria ou de Ouaga?
Dans le cadre de ce conflit, je suis heureux que l'UA et la CEDEAO soient impliqués. je le réjouis des tentatives de médiation qu'il y a eu pour l'instant. Simplement j'ai noté que chaque fois qu'un chef d'état prenait position pour Ouattara, il était automatiquement accusé de toutes les turpitudes et d'être un supplétif de la France et des USA. ce n'est pas une façon de discuter.
Notre problème dans le fond c'est qu'on a du mal, que ce soit dans les états ou entre états, à accepter la voix de la majorité lorsque cette voix ne va pas dans notre sens.
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MessagePosté le: Ven 04 Fév 2011 19:37    Sujet du message: Répondre en citant

une article qui reflète ce que je pense avoir compris de la situation

http://www.afrik.com/article21933.html

Moi ou le chaos », stratégie suicidaire pour la Côte d’Ivoire
Une analyse de Gilles Yabi, directeur du Projet Afrique de l’Ouest d’International Crisis Group

Que peut-on écrire de nouveau sur la crise postélectorale en Côte d’Ivoire ? Rarement aura-t-on lu, au sujet d’un évènement politique en Afrique, autant d’articles de presse, d’éditoriaux, de tribunes et de commentaires furieusement postés sur les sites Internet d’informations et sur les blogs. La confrontation des idées est féconde et bienvenue. L’intérêt, la passion, la fibre panafricaine, la qualité de juriste ou de politologue ne suffisent cependant pas pour articuler un propos définitif sur ce qui se passe en Côte d’Ivoire. Lorsque l’enjeu n’est ni plus ni moins que la survie d’une nation africaine dans ses frontières actuelles et l’avenir de dizaines de millions d’habitants d’une sous-région, la responsabilité commande de ne pas céder à la facilité et de s’assurer de disposer d’un minimum de connaissances sur la politique intérieure ivoirienne au cours des quinze dernières années, sur la psychologie des acteurs et sur leurs stratégies.

Non, la crise postérieure au scrutin présidentiel du 28 novembre 2010 ne tient pas d’un simple contentieux électoral comme il y a beaucoup d’autres en Afrique et ailleurs. Non, cette crise ne relève pas de la chronique d’un échec annoncé dont la responsabilité serait partagée à parts égales par tous les acteurs nationaux et internationaux du processus de paix. Non, elle n’est pas le dernier acte en date d’une lutte de libération de l’Afrique des diktats néocoloniaux. Non, ce qui se joue à Abidjan n’est pas la confrontation de projets de société entre les agents locaux d’un libéralisme mondialisé, le camp d’Alassane Ouattara, et les défenseurs de la souveraineté d’un pays africain, de la deuxième indépendance du continent et d’un certain socialisme, celui de Laurent Gbagbo.

Au bord de la guerre civile

Pendant que nombre d’intellectuels africains ou non se servent du cas de la Côte d’Ivoire pour disserter sur des grands thèmes certes importants comme ceux du rapport de l’Afrique à l’insaisissable communauté internationale ou des limites de l’exercice électoral dans le contexte d’une culture politique rétive aux principes démocratiques, la société ivoirienne se délite dangereusement, les derniers garde-fous moraux succombent à l’appel de l’affrontement, les milices armées s’organisent dans les quartiers de ville et les villages, des voisins présumés pro-Gbagbo et pro-Ouattara se regardent en chiens de faïence, le bilan des morts et des disparus s’alourdit chaque semaine et les ingrédients de la vraie et sale guerre civile, celle qui n’a pas eu lieu en 2002, n’attendent plus que le craquement d’une allumette pour embraser le pays.

Il est tentant de revenir sur le second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre 2010. Sur l’absence de crédibilité des allégations de fraudes systématiques pouvant justifier l’annulation des résultats de tous les bureaux de vote de sept départements du nord et du centre du pays. Sur la violation par le conseil constitutionnel du code électoral ivoirien qui ne prévoyait en aucun cas qu’une annulation massive de suffrages pût changer le nom du président élu sans que tous les électeurs ne fussent convoqués à nouveau dans les 45 jours. Sur l’incongruité de l’argument définitif qui voudrait qu’une décision du conseil constitutionnel aussi ouvertement illégale fût-elle, ne puisse souffrir d’aucune contestation même dans le contexte d’une élection censée clore un processus de paix et placée sous un régime de certification internationale prévu par des accords de paix et intégré dans le code électoral.

Il est tentant de revenir également sur l’effrayante clarté du message politique adressé aux 600 000 électeurs du nord et du centre dont les suffrages ont été passés par pertes et profits. Ou encore sur le verrouillage sécuritaire implacablement mis en route par le président sortant dès la veille du jour de vote par la décision du couvre-feu et sur les pressions exercées sur la commission électorale indépendante pour l’empêcher de proclamer sereinement les résultats provisoires dans le délai prescrit.

Mais à quoi cela servirait-il ? Parmi les défenseurs de la position inflexible de Gbagbo, nombreux sont ceux qui savent qu’il a perdu mais considèrent qu’il a le droit de s’accrocher au fauteuil présidentiel comme beaucoup d’autres avant lui en Afrique et dans le monde l’ont fait sans que personne n’en fasse un casus belli. Il y a ceux qui savent qu’il a perdu mais qui se sont laissé convaincre depuis longtemps que Ouattara était une figure diabolique qui ne devrait jamais diriger la Côte d’Ivoire. Il y a ceux qui savent qu’il a perdu mais estiment qu’il est moralement inacceptable que la victime de la rébellion armée de septembre 2002 soit battue dans les urnes par un rival fortement soupçonné d’avoir eu partie liée avec les rebelles de Guillaume Soro. Il y a ceux pour lesquels la question de savoir qui a réellement gagné le 28 novembre 2010 est largement accessoire, le seul combat qui mérite d’être mené étant celui du respect de la souveraineté de la Côte d’Ivoire et du refus d’une recolonisation de l’Afrique. Il y a enfin ceux qui pensent que Gbagbo a remporté le scrutin ou du moins qu’il aurait gagné si les Forces nouvelles n’avaient pas maintenu leur contrôle militaire dans une partie du territoire. S’efforcer de convaincre arguments à l’appui ces différents groupes que le président sortant a perdu nettement l’élection au plan national (45,9 %) tout en gagnant dans la capitale économique Abidjan (51,9 % des voix) ne sert pas à grand-chose.

Entre Dieu et Diable

Simone Gbagbo a au moins le mérite de la franchise dans la déclinaison de la stratégie de son clan. Celle qui a permis de mettre en place les différents éléments du piège qui s’est refermé en décembre sur les adversaires politiques du président sortant et désormais sur l’ensemble des acteurs extérieurs impliqués dans le processus de sortie de crise. Le 15 janvier dernier, la première dame a déclaré que Gbagbo était « vigoureusement installé au pouvoir » et invité ses compatriotes à « tourner la page de l’élection ». Dans son propos allégorique, elle a astucieusement choisi de ne pas qualifier Ouattara de « diable », réservant cette amabilité au président français Nicolas Sarkozy. Elle a opté pour l’image plus amusante de « chef bandit » pour désigner celui que les organisations africaines et les Nations unies considèrent comme le président légitime.

Ceux qui n’ont pas découvert la crise ivoirienne à l’occasion de l’élection de novembre savent que les décideurs du camp Gbagbo ne font pas que jouer avec les mots. Leur stratégie repose depuis de nombreuses années sur la diabolisation de l’adversaire, - sommant le peuple ivoirien réputé croyant à faire un choix simple entre le diable et l’élu de Dieu-, sur le chantage à la violence et sur le recours effectif à la violence par des unités spéciales des forces de défense et de sécurité, par des miliciens armés et entraînés ainsi que par des civils prétendument « aux mains nues » parfaitement organisés et mobilisables à tout moment.

Cette combinaison magique a probablement privé irrémédiablement Gbagbo du soutien populaire minimal au nord et au centre qui, ajouté à sa popularité incontestable dans la métropole d’Abidjan et dans ses environs, aurait pu lui ouvrir la voie d’une réélection régulière, que cela plût ou non à ladite communauté internationale. Le bras de fer entre Gbagbo et Ouattara fait aujourd’hui oublier que ce dernier n’aurait eu que peu de chances d’obtenir la majorité des suffrages sans l’appui d’une coalition de partis emmenée par le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Henri Konan Bédié qui lui a été radicalement hostile pendant des années. L’incapacité des personnalités influentes du Front populaire ivoirien (FPI), le parti historique de Gbagbo, à sortir de la logique de la vengeance a fini par les couper de toutes les autres élites politiques et économiques du pays et d’une large partie de la population fatiguée des conséquences économiques d’une bagarre politique sans fin et spectatrice du fossé entre le discours nationaliste et populiste des « refondateurs » de Gbagbo et l’étalage de leurs fortunes individuelles accumulées en un temps record.

Un round de plus dans un combat à mort

Ces derniers n’ont jamais considéré que l’élection présidentielle était l’occasion de mettre fin à la crise politique et au conflit armé en redonnant la parole aux Ivoiriens, où qu’ils vivent et quels qu’ils soient. Elle n’était qu’un round de plus dans le combat à mort engagé entre Gbagbo et ses adversaires depuis la tentative de coup d’Etat de septembre 2002. Le plus important n’était pas de gagner la majorité des suffrages dans une compétition régulière mais de rester à la présidence, quoi qu’en fût le prix à payer par la Côte d’Ivoire. La puissance de l’argument moral, - la conviction des meneurs du camp Gbagbo qu’ils n’ont été que des victimes innocentes de la rébellion armée de septembre 2002 et de la marche forcée vers une élection présidentielle trop ouverte et donc injustement risquée-, est rarement évoquée dans les analyses de l’impasse actuelle. Cet argument est pourtant crucial pour comprendre l’importance du soutien interne dont dispose encore Gbagbo malgré l’évidence du hold-up électoral et de ses conséquences humanitaires désastreuses.

La faille énorme de l’argumentaire moral de Gbagbo, c’est qu’il est arrivé au pouvoir en octobre 2000 au terme d’une élection caractérisée par l’exclusion de tous les acteurs politiques de poids à l’exception d’un général putschiste, et qu’il a couvert du sceau de l’impunité les crimes graves commis par ses partisans, au lendemain de ce scrutin présidentiel et à l’occasion des législatives de décembre 2000 sur des civils présumés favorables à Ouattara et ciblés sur la base de critères ethniques, religieux et géographiques. Bien que ces violations graves des droits humains antérieures à la rébellion de septembre 2002 aient été documentées dans plusieurs rapports d’enquêtes, elles ne sont jamais évoquées par les partisans de Gbagbo pour qui tout allait bien en Côte d’Ivoire comme dans le meilleur des mondes jusqu’à l’irruption des combattants de Guillaume Soro.

Après septembre 2002, l’argument moral n’a cessé de prendre la forme de la plaidoirie couramment entendue dans les cours de récréation partout dans le monde : « ce n’est pas moi qui ai commencé ». Des crimes graves relevant de la catégorie de crimes de guerre voire de crimes contre l’humanité ont été commis par les rebelles des Forces nouvelles ainsi que par les militaires, mercenaires et miliciens loyaux à Gbagbo, mais ce sont les rebelles qui seraient les seuls coupables parce que ce sont eux qui ont attaqué la République. Depuis 2002 et jusqu’à la campagne électorale de 2010, « la guerre » est brandie par Gbagbo comme justification imparable à toutes les violences politiques infligées aux civils par les forces de sécurité, y compris la répression sanglante et préemptive de la marche de l’opposition en mars 2004 (120 morts décomptés par l’ONU).

Le scrutin présidentiel a été organisé après dix ans sans élection sur la base d’une série d’accords politiques entre tous les acteurs. La formule du désarmement partiel des ex-rebelles, celle de l’intégration d’une partie d’entre eux dans un dispositif de sécurisation de l’élection aux côtés des forces de défense et de sécurité loyales à Gbagbo, la mise en place d’un mécanisme de certification de toutes les étapes du processus électoral par le représentant des Nations unies, la composition de la commission électorale, l’élaboration du fichier électoral, les ajustements au code électoral, relèvent tous des compromis acceptés par les cosignataires de l’accord de Ouagadougou de mars 2007 et par les candidats à l’élection présidentielle.

Garder le pouvoir par tous les moyens

Mais tout ceci ne compte pas pour le président sortant. Il s’agit de s’installer vigoureusement au pouvoir et surtout de ne pas le quitter pour laisser s’y installer celui contre lequel les cadres historiques du FPI nourrissent une détestation d’une profondeur insoupçonnée depuis son arrivée sur la scène politique ivoirienne, Alassane Ouattara. Ce dernier n’est pas un ange et il a une part de responsabilité conséquente, avec Henri Konan Bédié, le défunt général Robert Guéï, Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, dans la descente aux enfers du pays. Le fait est qu’il y a eu un long processus de paix qui a abouti à une élection crédible et la majorité des électeurs a finalement choisi Ouattara qui a su s’appuyer sur une coalition à l’assise politique large. Parmi ceux qui ont voté Ouattara au second tour, nombreux sont ceux qui ne l’apprécient guère mais qui ne voulaient surtout pas d’un nouveau mandat Gbagbo.

Ce qui est inacceptable dans le comportement du clan Gbagbo, ce n’est pas seulement le refus de se plier au choix de la majorité des électeurs au terme de huit années d’un processus laborieux et incroyablement coûteux. C’est aussi et surtout la mise en œuvre d’une stratégie qui a volontairement approfondi les fractures existantes au sein de la société ivoirienne, dangereusement politisé les forces armées, banalisé la formation de milices et de groupuscules violents, empoisonné le cerveau de milliers de jeunes hommes déscolarisés, désœuvrés et frustrés, et donc sérieusement compromis les perspectives d’une paix durable en Côte d’Ivoire et dans son environnement régional immédiat. Cette stratégie conduit à fermer une à une les issues de sortie de crise pacifiques.

Ayant rejeté toutes les offres de retrait digne et assorti de garanties de sécurité, ayant montré trop de fois à ses interlocuteurs intérieurs et extérieurs que la tentation de la ruse l’emportait systématiquement chez lui sur la parole donnée et sur tout engagement sur l’honneur, le président sortant et le noyau dur qui l’entoure semblent avoir déjà franchi le seuil de non retour. Il est à craindre que leur motivation ne soit plus la confiscation du pouvoir mais la détermination à faire en sorte que le pays soit ingouvernable pendant longtemps s’ils sont contraints de quitter le palais. L’enjeu n’est plus le respect du résultat d’une élection et la défense de la démocratie mais bien la paix, la sécurité et la stabilité de l’Afrique de l’Ouest. Le pire n’est heureusement toujours pas une certitude mais il n’a jamais été aussi probable.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit soutenir un nouveau renforcement conséquent des troupes internationales sur le terrain au nom de la responsabilité de protéger les civils, dans un objectif de dissuasion et pour se tenir prêtes à répondre aux attaques des unités spéciales, des mercenaires et des milices activés par les chefs militaires de Gbagbo. Le risque qu’on ait passé huit ans à reporter une guerre civile qui aura finalement lieu est aujourd’hui très élevé. Si celle-ci a lieu, les armées des pays voisins qui disposent de centaines de milliers de ressortissants en Côte d’Ivoire ne resteront pas longtemps l’arme au pied. Ce serait un revers monumental pour la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et ses efforts soutenus en matière de prévention et de résolution de conflits dans la région. L’implication de l’Union africaine (UA) qui vient de constituer un panel de cinq chefs d’Etat pour faire une ultime proposition de sortie de crise pacifique ne doit pas inutilement prolonger un statu quo synonyme de pourrissement de la vie quotidienne des populations. Le durcissement des sanctions économiques et financières contre le régime Gbagbo et le renforcement simultané des forces internationales qui doivent s’adapter à l’environnement hostile dans lequel elles opèrent désormais sont une absolue nécessité pour donner à la Côte d’Ivoire une chance d’échapper au scénario du pire.


Gilles Yabi est le directeur du Projet Afrique de l’Ouest de l’organisation non gouvernementale de prévention et de résolution de conflits International Crisis Group.
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MessagePosté le: Ven 04 Fév 2011 20:03    Sujet du message: Répondre en citant

Jofrere a écrit:
en substance plutôt que d'organiser des élections pour évaluer les forces politiques en présence dans le pays, il faudrait organiser des guerillas. Avec ce genre de raisonnements, ce n'est pas étonnant que les transitions politiques pacifiques soient si rares en Afrique.
En Egypte en ce moment, on a des combats entre les manifestants et les milices pro-Moubarack. ça a été aussi le cas en Tunisie. ce n'est pas parceque tu es capable de mettre du monde dans la rue que tu es légitime pour autant.

Tchié on aura tout lu venant de toi ... Ce sont donc des rebelles en armes qui ont délogé Ben Ali dans une guérilla urbaine ? Rolling Eyes

Avec 64% de l'armée dont il prétend être acquise à sa cause, appuyé par 60% de la masse populaire ivoirienne, je suis désolé, Mr Dramane Wattra, aurait dû être au palais depuis longtemps ...
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MessagePosté le: Sam 05 Fév 2011 09:49    Sujet du message: Répondre en citant

Yabi a ecrit:

Citation:
Il y a ceux pour lesquels la question de savoir qui a réellement gagné le 28 novembre 2010 est largement accessoire, le seul combat qui mérite d’être mené étant celui du respect de la souveraineté de la Côte d’Ivoire et du refus d’une recolonisation de l’Afrique. Il y a enfin ceux qui pensent que Gbagbo a remporté le scrutin ou du moins qu’il aurait gagné si les Forces nouvelles n’avaient pas maintenu leur contrôle militaire dans une partie du territoire.


Salut Jofrere. Ces deux phrases de Yabi resument totalement mes propres convictions. Je suis d'abord convaincu que Gbagbo a gagne les elections et qu'on a voulu lui voler sa victoire par l'organisation de fraudes massives et la complicite du ''certificateur''. Et d'ailleurs quel besoin avait-on d'un ''certificateur'' si on avait confiance aux Ivoiriens et a leurs institutions? L'existence meme d'un ''certificateur'' est un mepris pour la souverainete ivoirienne. Comme en toute chose je peux cependant me tromper mais quels que soient les resultats ou la realite des choses je ne vois pas la raison pour laquelle il faudrait une guerre en Cote d'Ivoire. Mieux encore, pour moi, les intetets du peuple ivoirien l'emportent sur toute autre consideration et je refuse que par ''democratisme'' on remette la Cote d'Ivoire a un individu teleguide de l'exterieur. Pretendre faire cela ''par respect pour la verite'' n'est que pure hypocrisie. La verite n'est pas transcendantale. Elle est relative et presque toujours le resultat d'un rapport de forces. Dans ces conditions, le principe qui doit nous guider est d'abord et avant tout de savoir ou sont les interets fondamentaux des Ivoiriens et par rapport a ca je confesse ma totale partialite. Je suis d'abord pour les Ivoiriens et leurs interets avant que de me consacrer a la recherche d'une verite desincarnee. Mais ici la tache m'est d'autant plus facile que la verite est, heureusement, de mon cote. Laurent Gabagbo a gagne les elections. On a tente de lui voler sa victoire.
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MessagePosté le: Lun 07 Fév 2011 11:21    Sujet du message: Répondre en citant

Merikama a écrit:

Avec 64% de l'armée dont il prétend être acquise à sa cause, appuyé par 60% de la masse populaire ivoirienne, je suis désolé, Mr Dramane Wattra, aurait dû être au palais depuis longtemps ...

Ben Ali est resté combien de temps au pouvoir? avec quelle légitimité populaire? Moubarack fait aujourd'hui de la résistance, avec quelle légitimité populaire?
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MessagePosté le: Lun 07 Fév 2011 11:37    Sujet du message: Répondre en citant

salut @samuel,
Ce que l'auteur montre très bien c'est les catégories de gens qu'il sera impossible de convaincre quelque soient les faits proposés. Il montre de ce fait que le vrai blocage n'est pas idéologique comme certains essaient de nous le faire croire mais purement politicien. Il parle d'un combat à mort.
Lors du débat entre les 2 candidats du second tour, tout le monde s'est réjoui de la teneur des échanges, parcequ'une élection c'est la compétition entre personnes appartenant au même espace politique. c'est l'impression qu'on a eu ce soir, hors on réalise aujourd'hui que c'était un leurre.
Ce qu'il montre aussi c'est la façon dont certains tentent de rendre ce pays ingouvernable à l'avenir.
Les ivoiriens ont signé je ne sais combien d'accords et ne les ont jamais respecté. C'est une lutte politique à mort et c'est bien ce que montre le texte. qu'est ce que tu préconises aujourd'hui? que toutes les forces étrangères se retirent afin que les ivoiriens puissent régler leurs comptes?

Quant à la démocratie. Tu es en droit d'avoir les opinions que tu veux et c'est tout à fait respectable. mais rien ne nous dit que ta vision est la bonne pour l'avenir de la Côte d'ivoire. Dans la vie on peut tout à fait se tromper de bonne foi. Une démocratie bien appliquée a pour fonction de dégager le consensus d'une nation par l'aggrégation des votes individuels. la démocratie sert à dégager un espace mainstream qui sera l'espace de débat des sujets de société.
De même tu te déclares partial et c'est tout à fait normal. Tu penses au fond de toi que Gbagbo a réellement gagné les élections. Mais ce n'est ni à toi ni à un autre individu d'en décider. C'est par des procédures, des instances indépendantes acceptées de tous. Force est de constater qu'en Afrique l'apprentissage est difficile. Nous sommes dans le règne de la suspicion généralisée et c'est de ça qu'il faut sortir.
En Afrique, on a eu notre lot de despotes soit disant éclairés. Beaucoup d'entre nous se disent aujourd'hui qu'il faut associer les populations aux processus de décision. Et ça passe par la démocratie nationale et locale.
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MessagePosté le: Mar 08 Fév 2011 11:38    Sujet du message: Répondre en citant

http://www.connectionivoirienne.net/?p=50102&cpage=1

Le complot international contre Gbagbo » : Les raisons secrètes de ce slogan

Les prémices des évènements indiquent clairement que la scène ivoirienne risque de reproduire une de ces longues tragédies des crimes incommensurables impunis qui ont installé l’Afrique dans la permanence du ressentiment. C’est pour cela que tenter de dévoiler l’imposture qui se cache dans l’anticolonialisme et le panafricanisme tonitruants du régime, et qui dirige obstinément le cours des choses vers sa fin personnelle, recèle une valeur pédagogique indispensable.

...

Le slogan final du « complot international contre Gbagbo » révèle plus la colère d’un acteur agissant dans la tromperie, qui été lui-même trompé dans une transaction et un marchandage, que la révolte d’un révolutionnaire sincère affrontant l’injustice de l’ordre du capitalisme international. Comme toutes les dictatures africaines pro-occidentales qui se maintiennent au pouvoir par des truquages électoraux, il s’attendait à bénéficier de la part de l’associé Occidental de la même mansuétude dont bénéficient ses pairs. Cette règle tacite, non écrite, qui devait être respectée lors du braquage électoral dissimulé sous la forme de la légitimité à l’aide d’un conseil constitutionnel partisan, ne l’a pas été.

...

Nous préférons croire dans ces conditions que les fissures qui se font jours, ces derniers temps, dans le front africain, et qui relèvent prosaïquement de la solidarité entre dictateurs tropicaux luttant contre l’intérêt des peuples africains et contre le cours de l’histoire, n’entameront pas la défiance internationale envers le régime. Le respect du verdict des urnes doit être imposé à tout prix en Côte d’Ivoire. Le régime dictatorial et mensonger de Gbagbo qui a perdu les élections présidentielles doit céder la place au vainqueur des élections. Son départ fera jurisprudence et servira à l’inauguration d’un nouveau mode de gouvernance en Afrique où la voix et l’intérêt des peuples compteront désormais.

Alexis D. Kumalo
Durban
Afrique du sud
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Abiola
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MessagePosté le: Mar 08 Fév 2011 13:51    Sujet du message: Répondre en citant

Je ne comprends pas que vous puissiez poster des articles aussi peu argumentés. Les forces nouvelles constituent-t'elles un régime démocratique dans le nord de la Côte-D'Ivoire ? Alassane Ouattara est-il impliqué dans cette rébellion et le régime dictatorial et corrompu qu'elle tient au nord, oui ou non ? Il faut grandir un peu et réfléchir en prenant en compte toutes les variables !

Le seul point défendable "en faveur" de Ouattara est qu'il aurait remporté la majorité des voix. C'est véritablement le seul point d'argumentaire valable. Parce-que sur tous les autres aspects, ce gars est un criminel anti-démocratie.

Bref, encore un article tout à fait vide d'arguments, de preuves.
Soutenir que Gbagbo et son régime sont pires qu'Alassane Ouattara et sa rebellion est ridicule !

http://www.france24.com/fr/20110204-reporters-cote-divoire-jeunes-patriotes-charles-ble-goude-gbagbo-ouattara-presidentielle-crise-politique-cedeao
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Jofrere
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MessagePosté le: Mar 08 Fév 2011 14:57    Sujet du message: Répondre en citant

@Abiola,
ton post aurait gagné à être plus précis. Tu émets une critique dont j'aurais aimé avoir plus précisément les contours, tu poses des questions dont je ne saisis pas très bien la portée.
Le texte de Gilles Yabi a le mérite de répertorier les principaux arguments utilisés dans ce débat. Il évoque d'ailleurs la position que tu viens d'exprimer, à savoir que même si ADO a gagné dans les urnes, il n'est pas moralement qualifié pour diriger la Côte d'Ivoire. C'est en ça que ce texte apporte quelque chose de plus que tout ce qu'on entend ou lit depuis quelques semaines, je pense notamment à Mbembe ou Kelman.
Quant au second texte, je discutais avec un compatriote récemment qui m'affirmait l'existence d'un complot ourdi par les grandes puissances contre LG parceque ce dernier avait l'intention de renégocier les termes des contrats entre la Côte d'Ivoire et les grandes multinationales. C'est un argument qu'on entend souvent. J'ai trouvé intéressant de publier ici cet article qui traite de la soit disant stature anticoloniale et panafricaniste de LG. Dans un autre post, j'avais demandé à Ogotommeli de fournir des faits étayant ce point de vue, le seul argument qu'il m'ait donné c'est l'absence de LG à la cérémonie du 14 juillet marquant les 50 ans d'indépendance. J'attendais plutôt des arguments d'ordre économique et financier.
Ces 2 textes sont des points de vue, ils ne me semblent pas énoncer des faits qu'on ne connaitrait pas ou livrer des scoops. je ne vois donc pas trop quelles preuves et quels arguments tu attendais.
Comme je disais à samuel, tu as le droit l'opinion que tu veux, mais c'est au peuple ivoirien de choisir ses dirigeants. Une élection n'a pas vocation à trouver le dirigeant parfait.
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Abiola
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MessagePosté le: Mar 08 Fév 2011 15:20    Sujet du message: Répondre en citant

Salut Jofrere !
Je parlais du deuxième texte. Je pense que dans un débat, il ne suffit pas de donner son "point de vue", mais il faut argumenter. Sinon, ça finit en discussion de café.

L'idée, qui transparaît, en substance dans le texte, est la suivante : Gbabgo est un dictateur qui essaie de se maintenir au pouvoir en affichant une posture anti-colonialiste et panafricaniste. Comme on l'a souligné précédemment Gbabgo est un francophile et n'est pas panafricaniste, ne s'est jamais prétendu comme tel. L'auteur de l'article, ne semble pas faire l'effort d'analyser la position de Ouattara dans cette affaire...

Mais, aucun n'est encore arrivé à montrer en quoi Ouattara est plus démocrate que Gbagbo. Pour moi c'est une lutte politique à mort non pas entre deux projets de société, mais entre deux hommes, entre plusieurs organisations, clans et intérêts économiques.

En ce qui me concerne, le démocratisme, très peu pour moi. La démocratie est un élément du mix, pas le seul ni le plus important dans notre contexte. Toi, Marvel et Panafricain, on ne vous entend jamais sur les autres éléments du mix. Jamais. Désolé, mais la démocratie, ça ne se mange pas, ça n'envoie pas les enfants à l'école, ça ne finance pas l'agriculture les entreprises et l'économie, ça ne donne pas d'hopitaux ni de routes. C'est une condition favorable mais non nécessaire.
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MessagePosté le: Mar 08 Fév 2011 18:04    Sujet du message: Répondre en citant

@Abiola,
je n'ai jamais prétendu qu'ADO était plus ou moins démocrate de LG, en vérité je l'ignore. Et je suis bien d'accord avec le fait que ce soit un combat à mort entre 2 destins, je l'ai même déjà écrit sur ce topic. Le but a toujours été de comprendre du mieux possible ce qui jouait vraiment.

Moi, il y a quelque chose qui m'a profondément choqué dans la façon de faire et de communiquer du camp Gbagbo c'est une forme de cynisme assumé. C'est la rouerie invoquée comme qualité ultime en politique. C'est ce fameux sobriquet de boulanger employé par les supporters à tous propos. C'est aussi lorsque dans une interview on demande à LG s'il promet de ne pas s'accrocher au pouvoir en cas de défaite et qu'il répond: "je ne promets rien à personne". C'est encore ce processus cousu de fils blancs qui a conduit jusqu'à l'annonce du conseil constitutionnel. Je sais que beaucoup sont séduits par cette mythologie, ce n'est pas mon cas, c'est même le contraire. Je préfère encore que nous ayons en Afrique des idéalistes que des cyniques.
Quant à ADO peut-être a-t-il été plus malin dans cette affaire pour apparaitre comme le démocrate qu'il n'est peut-être pas, encore une fois je l'ignore. Je lisais hier soir sur connectionivoire.net un article de SERGE-NICOLAS NZI qui n'a pris parti pour aucun des 2 camps et qui est résolument contre une intervention armée. cet article est titré:Laurent Gbagbo ou la naïveté en politique. Un article très intéressant.
Arrow pourquoi LG n'a-t-il pas sécurisé les frontières du pays en 2000?
Arrow pourquoi n'a-t-il pas pris ses distances avec le concept d'ivoirité?
Arrow pourquoi a-t-il accepté d'aller au vote sans désarmer le nord?

Mais je vais me répéter, un processus démocratique n'a pas pour but de coopter le candidat parfait, c'est un moyen de faire un arbitrage entre des forces en présence.

Concernant justement la démocratie, je suis bien d'accord que ce n'est pas une fin en soi. A choisir entre des pays démocratiques et des pays dynamiques économiquement et souverains, je n'aurais pas une seconde d'hésitation. Mais je ne crois pas que le problème se pose en ces termes.
On a 50 ans d'indépendance derrière nous. Nous avons eu notre lot d'hommes providentiels, de régimes forts et de partis uniques. Force est de se rendre compte que les objectifs fixés qui étaient la consolidation de nos jeunes nations a été n'ont pas été atteints loin de là. La Côte d'Ivoire en étant un bon exemple.
Dans cette affaire ivoirienne, personne n'a la naïveté de croire que les choses vont s'arranger et ce quelque soit l'issue. On espère juste la moins mauvaise issue. Il ne s'agit même pas d'un débat sur la démocratie vu les conditions dans lesquelles se ont déroulées les élections. Mais il faut aller au bout du processus et espérer une issue pas trop tragique.
Tout est à faire dans ce pays, comme tout est à faire dans tous nos pays. J'ai même envie de dire que tout est à réinventer. Je ne crois pas au modèle de nos pays tels qu'ils existent aujourd'hui, je ne crois pas non plus au panafricanisme, idéologie de l'incantation qui depuis 50 ans n'a pas démontré de réelle capacité à s'ancrer dans le réel et à résoudre les problèmes spécifiques de l'Afrique.
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